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Interviewfranceinfo — L'invité éco (sur Site radio)· 8 avril 2025 7 minContradictoireActualité / polémiqueÉconomie & entreprises

"Nous aurons sans doute à répercuter les frais de douane à nos clients américains", prévient Sylvie Grandjean, vice-présidente du METI

Source d'origine 2 locuteurs

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 45 %Attaque 15 %Défensif 40 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 70 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:36OuverteRéponse directe

    Comment concrètement vous préparez-vous à cette hausse des droits de douane ?

  • 2:32OuverteRéponse partielle

    Est-ce que ça fait partie de votre stratégie aujourd'hui?

  • 2:48OuverteRéponse directe

    Est-ce que vous allez également vous tourner vers d'autres marchés?

  • 3:23RelanceÉludée

    Sauf que je voyais dans une interview réalisée au moment de l'élection de Donald Trump que votre mari...

  • 4:20OuverteRéponse directe

    Est-ce que c'est la bonne stratégie, à votre avis?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:55InvitéFait
    « Il n'y a aucun décret d'application. D'un point de vue administratif, rien n'est clair et rien n'est précis. »
  • 1:19InvitéPromesse
    « Nous aurons sans doute à répercuter ces frais de douane à nos clients. »
  • 2:36InvitéPromesse
    « On va forcément répercuter une partie sur notre marge et une partie sur nos prix de vente. »
  • 6:05InvitéPromesse
    « Il faut travailler beaucoup plus de façon très ciblée, très clinique sur nos fondamentaux. »

Temps de parole

  • Invité61 %
  • Présentateur39 %

≈ 1,3 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-nemo:12b · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:01
Présentateur

Bonsoir à toutes et à tous. L'Union Européenne en ordre de marche à quelques heures de l'entrée en vigueur des droits de douane américains, plus 20% sur tous les produits en provenance des 27. Bonsoir Sylvie Grandjean. Bonsoir. Vous êtes la vice-présidente du Métis, mouvement des entreprises de taille intermédiaire en France, directrice du groupe Redex. Parlons de votre entreprise pour commencer car elle sera directement concernée par cette hausse des droits de douane. Vous fabriquez des machines que vous vendez essentiellement hors de France. 80% de votre chiffre d'affaires est réalisé à l'international. Comment concrètement vous vous préparez à cette hausse de droits de douane ?

0:40
Invité

J'étais avec mes équipes américaines juste avant de venir à cet entretien. Effectivement, nous avons passé en revue les actions qui étaient nécessaires. Il y a plusieurs aspects qui viennent interférer dans ces décisions. Déjà, il n'y a aucun décret d'application. D'un point de vue administratif, rien n'est clair et rien n'est précis. Et puis ensuite, nous, nous avons la chance de ne pas avoir de concurrents américains. C'est-à-dire que nos concurrents, ils sont allemands, ils sont italiens, parfois un peu coréens. Et donc, ils seront soumis au même droit de douane, si jamais ils s'appliquent, à l'identique. Et donc, nous aurons sans doute à répercuter ces frais de douane à nos clients.

Alors nous, on est en B2B. Ce n'est peut-être pas la même chose quand on est en B2C.

1:28
Présentateur

Donc, c'est-à-dire que vous allez répercuter cette hausse de droits de douane sur vos prix. Et donc, sur vos clients, vous pensez que vos clients américains vont les absorber ?

1:38
Invité

Ils n'ont pas d'autres alternatives, en tout cas pour notre part.

1:41
Présentateur

Alors, sachant que j'ai vu qu'il y avait des éléments de machine Redex qui servent à fabriquer la fusée SpaceX.

1:46
Invité

Effectivement, la force de l'Europe et la force de la France, c'est d'avoir su maintenir un savoir-faire dans les biens d'équipement, ou dans les machines. Et ce que les États-Unis n'ont plus fait. Ils se sont spécialisés dans la high-tech et dans le service, mais dans la fabrication des biens classiques. Là, ils n'ont plus du tout de compétences. Et nous, nous l'avons gardé en Europe. Et effectivement, à ce titre-là, alors c'est assez anecdotique, mais on aime bien le rappeler. Oui, parce que quand même, ce n'est pas anodin. Et même chose, vous avez en Italie un constructeur de presse d'aluminium qui est le seul à pouvoir faire ça et qui est utilisé par Tesla.

Et donc, ça veut dire concrètement que vous allez augmenter vos prix de 20% ? Alors, on ne va pas le faire de 20% parce qu'on ne tient pas à assassiner non plus nos clients, mais on va forcément répercuter une partie sur notre marge et une partie sur nos prix de vente. Et ça, vous avez commencé à le regarder. Et on a commencé à le regarder. Je suis en train de regarder cela. Est-ce que vous allez également vous tourner vers d'autres marchés ? Est-ce que ça fait partie de votre stratégie aujourd'hui ? Notre stratégie est depuis la création de l'entreprise de travailler à l'international. Et le pôle USA, Canada, Mexique pèse pour à peu près 20%. Ce n'est pas mal.

Oui, voilà, ce n'est pas anecdotique. Donc, l'Asie 20%, l'Europe 60%. Nous sommes suffisamment et résilients et réactifs pour pouvoir aborder des nouveaux marchés s'il est nécessaire.

3:17
Présentateur

Sauf que je voyais dans une interview réalisée au moment de l'élection de Donald Trump que votre mari, puisque vous dirigez, vous co-dirigez tous les deux cette entreprise, disaient qu'ils ne pensaient pas que cette hausse s'appliquerait aux produits car ils en ont besoin. Il n'y a pas d'alternative. La suite lui a donc donné tard. Sauf que je voyais également qu'ils pensaient qu'il y aurait une augmentation du chiffre d'affaires aux Etats-Unis. Là, ce n'est plus d'actualité.

3:42
Invité

Alors, justement, le jour, le 5 avril, nous avons eu un appel d'un client américain qui est en fait une filiale d'une entreprise italienne, donc qui investit sur le sol américain et qui nous a passé une commande de 5 millions de dollars. Donc, en fait, on est dans une situation actuelle où tout est tellement instable, tout est tellement en train de modifier, toute la chaîne d'approvisionnement est en train d'être complètement revue. Et il y a des décisions qui sont prises à l'heure actuelle aux Etats-Unis de réinvestir dans des usines. Et là, nous, à ce moment-là, voilà.

4:22
Présentateur

Et donc, ça veut dire que vous, vous pouvez profiter d'investissements aux Etats-Unis. Vous avez aussi, si je ne m'abuse, une filiale aux Etats-Unis. Oui, exactement. Vous étiez, le métier en tout cas, était reçu la semaine dernière par le président de la République, Emmanuel Macron, à l'Elysée. Il a fait une sorte d'appel au patriotisme économique en disant que ce n'était pas le moment pour les entreprises françaises d'aller investir aux Etats-Unis. Est-ce que vous vous êtes sentie visée ?

4:49
Invité

Je ne me suis pas vraiment sentie visée et les entreprises ne se sont pas senties forcément visées. Le patriotisme, c'est avant tout au consommateur de l'avoir. Le consommateur citoyen, c'est lui qui va décider s'il veut acheter des Nike ou acheter des Adidas ou acheter autre chose. C'est vous, est-ce que vous utilisez ChapGPT ou est-ce que vous utilisez Mistral ? Où est-ce que vous mettez vos datas ?

5:11
Présentateur

J'ai l'impression quand même qu'il s'adressait aux deux. Il s'adressait peut-être effectivement aux consommateurs, mais aussi aux entreprises que ce n'était pas le moment d'aller investir de l'autre côté de l'Atlantique.

5:21
Invité

Alors, investir, vous ne pouvez pas demander à des chefs d'entreprise de ne pas investir, puisque c'est notre raison d'être, c'est de trouver des marchés, de trouver des façons d'aborder des marchés. Donc des investissements, on en fera forcément. On en fera forcément aux Etats-Unis, on en fera forcément en Chine. Dès que le marché le demande, on est présent. Ce n'est pas une question de patriotisme. Au contraire, c'est justement pour continuer à exister en France qu'il faudra continuer à investir partout.

5:47
Présentateur

Alors justement, l'Union Européenne est en train de préparer sa riposte. On voit qu'il y a une hausse des droits de douane qui est prévue, mais seulement sur certains produits américains, et seulement à partir de la mi-mai. Est-ce que c'est la bonne stratégie, à votre avis ?

6:00
Invité

Et ce sera ma dernière question. Alors, il ne faut pas rentrer dans une guerre de taux, parce que je ne vois pas en quoi ça peut apporter quelque chose de positif pour l'ensemble du monde. Il faut travailler beaucoup plus de façon très ciblée, très clinique, sur nos fondamentaux. En Europe, on a besoin de travailler sur nos fondamentaux, qui sont la compétitivité, faire en sorte que les charges sur les entreprises soient limitées. On peut travailler également sur tout ce qui concerne la simplification. On a commencé, l'Europe a commencé avec la CSRD, la CS3D, mais il y a encore d'autres... Avec des normes, voilà. Il y avait des choses qui étaient complètement démentes.

6:39
Présentateur

Donc, il faut plutôt travailler sur la compétitivité, au niveau européen, sur les normes, et avoir une réponse graduée vis-à-vis de l'Union Européenne, ce qui est aujourd'hui la stratégie qu'elle semble adopter.

6:50
Invité

Oui, une bataille d'égo n'apportera rien à l'Europe. Merci beaucoup, Sylvie Grandjean, directrice du groupe Redex,

7:00
Présentateur

vice-présidente du Mouvement des entreprises de taille intermédiaire. Vous étiez l'invité éco de France Info ce soir. Merci beaucoup.