Guerre en Iran : Trump parle
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
- A.Casse: Le baril de Brent a dépassé les 100 dollars. Quel est le plan pour ouvrir le détroit d'Ormuz, par lequel transite un tiers du pétrole mondial?
E.Macron mobilise la marine française. - D.Trump a choisi la Floride, près de l'un de ses golfs, pour donner sa toute 1re conférence de presse depuis le début de la guerre contre l'Iran.
Selon le président américain, son armée est en avance sur le calendrier. - D.Trump: Ca va bientôt se terminer.
Si ça recommence, ils seront encore plus durement frappés. - Vous avez déclaré que la guerre était terminée, mais votre secrétaire à la Guerre dit que ce n'est que le début. Qu'en est-il? - D.Trump: On pourrait dire les deux. - Un message qui brouille les pistes mais qui rassure instantanément les marchés financiers. - Quelle volatilité extrême!
Le Brent a dégringolé sous les 100 dollars alors que le président Trump a dit que ça pourrait se terminer bientôt. - Le prix du pétrole avait atteint 119 dollars le baril. Il redescend à 90 dollars aujourd'hui.
Mais au Moyen-Orient, les Etats-Unis annoncent qu'ils intensifient leurs bombardements. Du côté de leur allié israélien, B.Nétanyahou ne voit pas la fin des opérations pour demain. - B.Nétanyahou: Notre inspiration est de permettre au peuple iranien de se libérer du joug de la tyrannie.
Il ne fait aucun doute que par les actions entreprises jusqu'à présent, nous brisons leurs os et c'est loin d'être terminé. - L'Iran est affaibli, mais les Gardiens de la révolution parviennent toujours à lancer des missiles. Ici, interception de drones par un avion de chasse au Qatar.
Ou encore alerte en Israël. Le Dôme de fer n'arrive pas à tout détruire. L'Iran met la pression à la télévision. - Le porte-parole du Corps des Gardiens de la révolution islamique a déclaré: "Les munitions des ennemis s'épuisent.
Ils cherchent une sortie de guerre honorable, mais c'est l'Iran qui décidera de la fin de la guerre." - L'Iran a toujours un atout et un levier entre ses mains. Il bloque le détroit d'Ormuz, un atout stratégique par lequel transitent 20 % du pétrole mondial et 30 % du gaz liquéfié.
Impossible de traverser. Pour le moment, le passage n'est pas miné. - S'il est rentré quoi que ce soit pour bloquer le flux de pétrole dans le détroit d'Ormuz, il sera frappé. - Les Etats-Unis ont proposé d'escorter avec leurs bateaux de guerre les navires commerciaux sans vraiment détailler un calendrier ni un dispositif.
De son côté, la France Déploie une armada en Méditerranée orientale: son porte-avions Charles-de-Gaulle, 8 frégates et des porte-hélicoptères. Leur mission: protéger les alliés de la France, ses ressortissants dans la région et leur trafic maritime. Un envoi dans le détroit d'Ormuz serait envisagé une fois la situation calmée. - E.Macron: L'objectif serait, quand il y a une baisse de ces conflits, de pouvoir escorter des tankers, des porte-conteneurs et de rouvrir la route du gaz et du pétrole en sortie d'Ormuz pour aller alimenter les marchés mondiaux, et la route des porte-conteneurs pour alimenter des pays de la région, qui sont en train de manquer de certaines denrées ou de certains éléments. - E.Macron convoque ce soir un nouveau conseil de défense à l'Elysée. - A.Casse: Question. - Gal D.Trinquand: A bien écouter le discours du président Macron, il n'a pas dit exactement qu'on allait débloquer le détroit d'Ormuz.
Il a dit que s'il y avait la paix, on pourrait s'en occuper. Le dispositif que je souligne... 8 frégates, 1 porte-avions, probablement 1 ou 2 sous-marins, c'est considérable.
Ca représente pas loin de 40 % de la marine nationale. Elle a pour mission principale de protéger le sud de l'Europe. Chypre a été attaqué.
Chypre n'appartient pas à l'Otan mais à l'UE. C'est à l'UE de s'en occuper, d'où les Grecs, les Italiens, les Espagnols et les Français qui s'en occupent. - A.Casse: Nous en première ligne. - Gal D.Trinquand: Oui.
Il faut mesurer le poids que représente la marine française en Méditerranée actuellement. L'autre mission, c'est la mer Rouge. Il y a une mission de l'UE, Aspides, qui doit être renforcée par un bateau grec et un bateau italien.
On parle de 2 frégates françaises en plus. C'est l'escorte des convois qui a relativement fonctionné contre les Houthis. En revanche, Ormuz, il n'y aura pas un bateau qui passera tant qu'il y aura la guerre car les armateurs ne vont pas se permettre d'envoyer des bateaux avec des primes qui ont augmenté de 500 %, avec des équipages qu'il faut payer en prime et qui ont un droit de retrait. - A.Casse: Pourquoi dire qu'on prépare ce dispositif vers le détroit d'Ormuz?
Quel est le calcul du président? - Gal D.Trinquand: C'est la liberté de circulation sur les mers.
On s'occupe de Bab Al-Mandab. Ultérieurement, il faudra s'occuper d'Ormuz car ça a un impact sur le prix du pétrole. - A.Casse: On n'est pas en train, peut-être, de devenir une cible en s'engageant ainsi? - L.Menget: Si on entrait dans le détroit d'Ormuz ou si on s'en approchait, on pourrait devenir une cible.
Les Iraniens ne feraient pas une grande différence entre des navires américains, espagnols ou français. Ce sont des navires de guerre qui tentent de franchir un espace dont ils disent qu'il est fermé. Mais pour l'instant, on n'est pas près du détroit d'Ormuz.
En étant dans la mer Rouge, si les Houthis rentrent dans la bataille, ce qu'ils n'ont pas fait pour l'instant, et qu'ils se mettent à viser des navires français, la situation sera différente. La marine française a l'intention de rester dans une position défensive. En temps de guerre, il suffit de pas grand-chose pour que le défensif cesse d'être défensif.
Les Houthis sont en mer Rouge. Le long des côtes iraniennes, 1700 km de côtes, avec les pasdarans, ça faisait partie des plans anticipés et prévus. On pense qu'il y a entre 1000 et 1500 petites embarcations, soit automatiques, soit pilotées par des marins un peu suicides qui attendent que des navires militaires essaient de rentrer dans le détroit d'Ormuz pour faire un carton et pour dire qu'ils sont capables de descendre un bateau.
Ce ne sera pas un porte-avions, car ils sont extrêmement protégés, mais personne n'est invulnérable, surtout face à des embarcations suicides. - A.Casse: Le dispositif est impressionnant.
A chaque fois, on a ces questions de téléspectateurs qui nous demandent si on n'est pas un peu plus chaque jour en train de s'impliquer dans cette guerre. - A.Schwartzbrod: C'est clair qu'il y a un vrai danger de guerre mondiale.
Il suffirait de pas grand-chose. Regardez ces missiles dirigés vers la Turquie, membre de l'Otan. Certes, ils ont été détournés...
Il y a un danger, bien sûr. C'est là que cette guerre, lancée de façon totalement inconsidérée et pas totalement préparée par D.Trump et B.Nétanyahou, est dangereuse et peut entraîner le monde dans une guerre totale.
Il ne faut pas négliger le côté politique intérieure, pour E.Macron. Depuis qu'il s'occupe plus de l'international, sa cote de popularité est remontée. - A.Casse: C'est le contexte qui est en crise aussi. - A.Schwartzbrod: Oui, mais c'est une posture dans laquelle il est plutôt à l'aise.
Il aime bien se présenter comme un chef de guerre, qu'il est, en tant que chef des armées, d'ailleurs. Il est plutôt pas mauvais dans ces situations. C'est aussi une façon de montrer la force, la puissance militaire de la France, qui est seule capable en Europe de déployer une telle puissance.
Emmanuel Macron