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Interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo (sur Site radio)· 28 février 2023 25 minContradictoireActualité / polémiqueÉconomie & entreprisesAgriculture & alimentationSantéTravail & emploi

Prix dans l'alimentation, marges, "shrinkflation", Nutri-Score... Ce qu'il faut retenir de l'interview de Jean-Philippe André

Source d'origine 3 locuteurs

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 40 %Attaque 30 %Défensif 30 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 73 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:01FerméeRéponse partielle

    Attendez-vous des hausses de 10% dans les semaines qui viennent ?

  • 0:45OuverteRéponse directe

    C'est pas plus tendu que les années précédentes ?

  • 1:31FerméeRéponse partielle

    Vous reconnaissez que les chiffres sont les mêmes des deux côtés, les prix en moyenne vont augmenter 10% ?

  • 2:08FerméeRéponse directe

    Ces 10%, ils s'ajoutent aux 12% d'inflation de l'année dernière ?

  • 3:14FerméeRéponse directe

    12% l'année dernière, est-ce que les 10% qui arrivent vont s'ajouter ?

  • 3:51OuverteRéponse partielle

    La grande distribution vous accuse régulièrement de gonfler les prix.

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 2:11InvitéChiffre
    « Aujourd'hui, vous avez une inflation alimentaire dans ce pays qui est aux alentours de 14%. »
  • 3:07InvitéChiffre
    « Quand les marques augmentent de 12%, et ça c'est un peu pour répondre aux distributeurs, leur propre marque augmente de 18%. »
  • 3:21InvitéChiffre
    « L'inflation glissante aujourd'hui est de 12%. »
  • 3:35InvitéChiffre
    « Si nos demandes de l'ordre de 10% passaient, ça veut dire que vous restez sur une inflation à deux chiffres, aux alentours de peut-être 15%, 16%. »
  • 9:22InvitéChiffre
    « Entre la période de 2021 et sur le premier semestre 2022, les marges des transformateurs que nous sommes, de l'industrie alimentaire, a baissé de 16%. »
  • 10:21InvitéChiffre
    « Ma marge, elle est de 1,52%. »
  • 22:35AuditeurChiffre
    « Près d'un Français sur deux serait en surpoids selon une étude de l'Inserm. »
  • 23:51InvitéChiffre
    « Vous avez à peu près 700 à 800 entreprises qui ont déjà fait le choix du Nutri-Score. »
  • 24:04InvitéChiffre
    « 43% sont passées au Nutri-Score. »

Temps de parole

  • Invité67 %
  • Présentateur15 %
  • Invité 28 %
  • Auditeur7 %
  • Invité 32 %

3,6 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:01
Présentateur

Bonjour Jean-Philippe André, vous êtes le président de l'ANIA, c'est l'association nationale qui regroupe tout le secteur de l'agroalimentaire, ça va des PME aux très grandes entreprises, les négociations avec la grande distribution s'achèvent demain soir à minuit très précisément, les patrons des grandes surfaces disent, on les a entendus dans tous les médias ces derniers jours, attendez-vous amis consommateurs à des hausses de 10% en moyenne dans les semaines qui viennent, ce sont vos chiffres aussi ?

0:28
Invité

D'abord on vit les heures les plus longues de l'année, en termes sportifs on dirait, on est vraiment dans le money time, c'est pas nouveau, il ne faut pas faire semblant de penser que c'est nouveau, on a cette tradition un peu bizarre en France de tout terminer au 1er mars à minuit.

0:45
Présentateur

C'est pas plus tendu que les années précédentes ?

0:46
Invité

C'est pas plus tendu, les enjeux sont différents. Je vais vous donner un exemple, si vous êtes un rapport de fournisseur à client entre tous les deux, et si on a un niveau mensuel du chiffre d'affaires de 10 millions, ce qui n'est pas énorme. Dans l'ancien monde, mais je dis que l'ancien monde c'était avant-hier, c'était dans les années 2019-2020, on négociait en ce moment sur 1%, parce que les hausses de matière et tout ça justifiaient 1%. 1% de 10 millions, c'est 100 000 euros. Aujourd'hui, et pour répondre à votre question, l'enjeu c'est 10%. Et 10% de 10 millions, c'est 1 million.

Donc vous pouvez imaginer que la pression sur une PME, en termes de trésorerie aujourd'hui, c'est de dire, j'ai pas le temps, et je suis obligé de passer ces coups.

1:31
Présentateur

Mais c'est bien ce chiffre de 10%, c'est bien celui que vous avez obtenu des grandes surfaces. Vous reconnaissez que les chiffres sont les mêmes des deux côtés, les prix en moyenne vont augmenter 10%.

1:41
Invité

Alors moi, je peux pas préjuger de ce qui va être fait après demain soir. Il y a déjà des accords qui sont signés. Il y a à peu près, ça c'est les sondages que nous on fait aujourd'hui, il y a à peu près 70% des entreprises qui auraient, au conditionnel, déjà signé. Avec des hausses de combien ? Avec des demandes de l'ordre de 10%. D'accord ? De l'ordre de 10%. Est-ce que, mais on le verra très rapidement dans les prochains jours, et dans les rayons au niveau des étiquettes, est-ce qu'on aura obtenu ceci ? Ça, on le verra dans les prochaines semaines.

2:08
Auditeur

Mais ces 10%, ils s'ajoutent aux 12% d'inflation de l'année dernière ?

2:11
Invité

Aujourd'hui, vous avez une inflation alimentaire dans ce pays qui est aux alentours de 14%. Alors 14%, je crois que c'est important pour les gens qui nous écoutent. 14%, c'est tout ce qu'il y a sur la table du petit-déjeuner de ceux qui nous écoutent. C'est la pâte à tartiner, c'est les biscottes, c'est le camembert pour ceux qui en mangent le matin, c'est le jus d'orange, etc. Tout ça coûte plus cher de 14% à peu près. 14%. D'abord, posons-nous la question, est-ce que la France est seule dans ce phénomène-là ? Non. Parce qu'au même moment, en Allemagne, par exemple, vous avez l'inflation alimentaire qui est de l'ordre de 20%.

A l'intérieur de ces 14%, vous avez deux grands blocs, on pourra en reparler peut-être. Vous avez les marques nationales et vous avez les marques de distributeurs. Simplement dire que si on estime que les marques nationales qui augmentent actuellement de 12%, tiens, c'est beaucoup. On peut dire que c'est beaucoup. C'est un avis, il faut l'admettre parce que c'est inattendu, c'est complètement nouveau dans le contexte par rapport aux dernières années. Quand les marques augmentent de 12%, et ça c'est un peu pour répondre aux distributeurs, leur propre marque augmente de 18%.

3:14
Auditeur

Oui, mais alors là, ma question portait sur l'ensemble de l'inflation. 12% l'année dernière, est-ce que les 10% qui arrivent vont s'ajouter ?

3:21
Invité

Non, parce que ce n'est pas mathématique. C'est-à-dire que l'inflation glissante aujourd'hui est de 12%. On peut imaginer, effectivement, si nos demandes de l'ordre de 10% passaient, ça veut dire que vous restez sur une inflation à deux chiffres, aux alentours de peut-être 15%, 16%. Et je pense qu'effectivement, ça va continuer ainsi au moins tout le premier semestre. Donc les prix vont augmenter dans les rayons. Oui, le temps que ça passe dans les étiquettes. Et je pense qu'il faut dire la vérité aux gens. Je pense que sur le premier semestre, ça va être ainsi.

3:51
Présentateur

La grande distribution vous accuse, vous, l'agroalimentaire, régulièrement de gonfler les prix. Alexandre Bompard, le patron de Carrefour, parle même d'augmentations qui sont parfois délirantes. Celui de Systému, Dominique Schelcher, vous reproche, lui, un manque de transparence. Écoutez, c'était hier chez nos confrères de France Inter.

4:06
Invité

Le sujet, c'est qu'on manque, cette année, je dirais, de transparence dans ces négociations. Quand il y a un certain nombre de matières premières qui, depuis plusieurs mois, sont à la baisse, et je pourrais en citer, pourquoi continue-t-on à nous demander des hausses de prix encore et encore et encore ? Cette année, je pense qu'il y a une recherche d'effet d'aubaine de la part d'un certain nombre d'acteurs. On discute, on demande cette transparence. Jean-Philippe André, il y a des profiteurs de crise ? Nous sommes 17 000. Est-ce que dans les 17 000, il y a un ou l'autre qui veut faire des effets d'aubaine ? Je veux dire, on ne lave pas plus blanc que les autres. Donc il y en a.

Je ne sais pas. Je n'en connais pas. Mais je préfère dire qu'on est à l'image de toutes les professions. Il n'y a pas d'effet d'aubaine aujourd'hui. Et Dominique Schelcher, qui est un grand professionnel que je connais, sur le point qu'il évoque, je ne peux pas être d'accord avec lui. Parce que s'il y avait effets d'aubaine, et je reviens à mon point précédent, à ce moment-là, pourquoi les marques de distributeurs, dans la même situation, augmentent de 18% ?

5:10
Auditeur

Non, mais lui, il donne des exemples concrets. Dominique Schelcher, il dit par exemple, le cours du blé, il a baissé de plus de 20%. Celui de l'huile, de 40%. Et le coût des transports a baissé aussi ces derniers mois. Et pourtant, une fois transformé, donc par vous, les grands industriels, l'industrie réclame des hausses. Est-ce que c'est normal ?

5:26
Invité

Parce qu'aujourd'hui, on est sorti du cycle post-Covid. Tout de suite après, il y a eu le choc de la tragique histoire ukrainienne, de la guerre en Ukraine. On a passé, il y a beaucoup d'industriels, à peu près 85% des industriels, sont repassés en négociation. Ce qui, aujourd'hui, n'est pas du tout pris en compte encore, c'est le choc de l'énergie. Moi, j'étais hier, je suis sur le salon en ce moment...

5:54
Auditeur

Ce n'est plus le coût des matières premières qui vous embêtent, c'est le prix de l'énergie pour la fabrication.

5:58
Invité

Les matières premières continuent à augmenter. En tout cas, nous, on a signé des contrats qui font que ces signatures ne sont pas encore répercutées dans les prix actuels. Si demain, et nous, on est les premiers, on pourra parler des effets de l'inflation. Si demain, l'inflation venait à se calmer, ce que nous, on souhaite, à ce moment-là, sachez que la loi, c'est important pour les gens qui nous écoutent, prévoit qu'il y a des clauses de renégociation.

6:22
Présentateur

Vous renégocierez même dans trois mois si ça se calme.

6:24
Invité

Mais on est obligé de le faire de par la loi. Aujourd'hui, simplement, je dis, on n'est pas dans cette situation-là. Hier, j'étais sur le salon de l'agriculture avec un charcutier. Le charcutier, il passe son coût de l'énergie... Parce qu'en parlant en pourcentage, des fois, il faut parler en vrai euro. Le gars, il a 2,5 millions d'euros en 2020. En 2022, il est monté, 2,5 millions, il est monté jusqu'à 6 millions. Sa facture est à 12 millions l'an prochain. Le gars, il n'a pas le choix. Il n'a pas le choix que de transférer ceci dans son tarif. Et donc, c'est ce qui est en train de se passer.

Le jour où l'énergie se calmera, où les autres éléments, notamment le packaging, on parle de verre et de carton, se calmeront, à ce moment-là, on verra une accalmie sur les prix.

7:07
Présentateur

On va parler des marges, si vous voulez bien, dans un instant. Le temps du fil info à 8h40 avec Marie-Maheu.

7:11
Invité

58 milliards d'euros pour le tourisme bleu-blanc-rouge. C'est ce qu'ont dépensé les visiteurs étrangers l'année dernière. Et c'est un record, selon l'agence Atout France. Un milliard de plus qu'avant Covid. Et pourtant, les voyageurs chinois et japonais sont loin d'être tous revenus. Des annonces attendues aujourd'hui d'Emmanuel Macron contre les papillomavirus, responsables de plus de 6 000 cancers par an. Il existe pourtant un vaccin pour lutter contre ces virus qui se transmettent sexuellement. Mais il est très peu administré. chez moins de 40% des filles et 9% des garçons seulement. L'application TikTok bannit des smartphones par la Maison Blanche.

Les scénariés ont 30 jours pour s'en débarrasser. Décision similaire prise par le gouvernement canadien et la Commission européenne la semaine dernière, par crainte que la Chine accède aux données de ses utilisateurs. Le joueur du PSG, Ashraf Hakimi, visé par une enquête pour viol, enquête ouverte par le parquet de Nanterre. Âgé de 24 ans, il a rejoint le club parisien il y a un peu moins de deux ans. France Info

8:12
Présentateur

Le 8.30 France Info Salia Brakia, Marc Fauvel. Toujours avec le président de l'Association nationale des industries agroalimentaires, Jean-Philippe André, on parlait des grandes surfaces il y a quelques instants. Dominique Schelscher, le patron de Système U, dit qu'aujourd'hui, sur un tapis de course de caisse de 100 euros, ces supermarchés font entre 1,50 euros et 2 euros de marge. Là où, dit-il encore, vous faites 10 à 15 euros de marge. Est-ce que c'est exact ?

8:39
Invité

Dix fois plus. Le débat sur les marges, fort heureusement, a été un peu arbitré par une autorité qui devrait être indiscutable. Je parle du rapport que Bercy a commandé l'an dernier, enfin cette année, à l'Inspection Générale des Finances. Et donc, ce n'est ni les chiffres de la distribution, encore moins les nôtres. Que dit ce rapport ? Il a une approche d'abord, je crois, qui est très importante, il faudra peut-être qu'on en reparle, en termes de filière. Parce que nous, on n'est jamais qu'au cœur d'une filière qui démarre de l'amont agricole jusqu'au distributeur. Et chacun a son rôle là-dedans. Et donc, ce rapport, pour revenir à lui, dit quoi ?

Entre la période de 2021 et sur le premier semestre 2022, les marges des transformateurs que nous sommes, de l'industrie alimentaire, a baissé de 16%.

9:25
Présentateur

Est-ce que c'est toujours le cas aujourd'hui, un an après ?

9:27
Invité

Alors, nous, on pense que oui. Pourquoi ? Parce que je pense que les négociations qui ont eu lieu l'an dernier, au mois de mars 2022, ne se sont pas bien passées en termes de maintien des marges. Tant et si bien qu'on a demandé à Bruno Le Maire de rééditer la même chose, de refaire le même exercice. Ce à quoi il a répondu positivement. Donc, dans les tout prochains mois, vous allez avoir... Une nouvelle enquête indépendante. Vu de Bercy, indépendante, la situation sur l'ensemble de 2022. Et ce sera intéressant qu'on se revoie ici sur le plateau avec des distributeurs en disant tiens, voilà la réalité. Maintenant, sur les marges...

10:02
Présentateur

Simplement, si tout ce que vous dites est exact, pourquoi Dominique Schacher affirme-t-il que vos marges sont de 15% là où les siennes sont de 2% ?

10:10
Invité

Mais on ne fait pas du tout le même métier. On ne fait pas non plus les mêmes calculs. Mais on ne fait pas les mêmes calculs, on ne fait pas le même métier. Moi, je me félicite quand un très grand distributeur dit tiens, j'ai une excellente performance de marge opérationnelle qui augmente, je surperforme par rapport au CAC 40, ma marge, elle est de 1,52%. C'est 1,5% de quoi ? De 50 milliards, de 90 milliards, de 30 milliards. Faites le calcul, 2% de 50 milliards, c'est 1 milliard de résultats nets. Combien de sociétés aujourd'hui, et vous en avez parlé sous vos antennes, vous avez des très grands de l'agroalimentaire en 2022 qui ont des résultats négatifs.

On ne fait pas du tout le même métier. Les marges, je le redis clairement ici, les marges de l'agroalimentaire sur les 10 dernières années se sont considérablement réduites parce qu'on parlait de déflation. Et là, sur la dernière année, 16% de moins de marge.

10:59
Auditeur

C'est pour ça qu'Emmanuel Macron, lorsqu'il a fait sa visite au Salon de l'agriculture, il a demandé à ce que ce soit les distributeurs qui rognent sur leur marge. Vous l'avez vu, Emmanuel Macron, la semaine dernière à l'Elysée, c'est vous qui lui avez demandé ce coup de main ?

11:12
Invité

Nous, la semaine dernière, on avait une séquence assez intéressante parce que nous, on est sollicités par nos adhérents en disant « Essayons d'expliquer ». On n'est pas des pleureurs, on essaie d'expliquer. On a vu Bruno Le Maire, c'était lundi dernier, en début de semaine.

11:23
Auditeur

Et après, vous avez vu le Président de la République.

11:24
Invité

On a vu Madame Grégoire qui est ministre de la Consommation, il faut le noter. Et après, on a vu le Président de la République. On a simplement réexpliqué, d'une manière un peu différente de ce qu'on fait avec vous ce matin, la situation objective. Il se trouve qu'après, le Président de la République, je crois que c'était samedi lors de sa visite sur le Salon de l'agriculture, a dit « Oui, s'il y a un effort à faire, il invite les distributeurs à faire leur part d'effort ». Parce qu'on a expliqué, à notre manière, à notre manière... Donc, il a fait campagne pour vous. Il n'a pas fait campagne pour nous. Juste un mot. On est la première industrie de ce pays.

Est-ce qu'on s'en souvient une fois ? Vous ne pouvez pas réunir ici les 17 000 personnes. Si demain, vous faites un sujet sur l'armement ou sur la chimie, il vous faut 4-5 personnes pour avoir 85% des gens. Nous, on est la première industrie. On est dans un métier, si on ne le nomme pas essentiel, du moins indispensable. Tous les 3 ce matin, quand on s'est levé, on a mangé quelque chose. Et il se trouve, mettez-vous à la place de ceci d'Emmanuel Macron ou du gouvernement, on est aussi au cœur d'un certain nombre de politiques publiques. Vous parlez de désindustrialisation ou d'industrialisation. On parle de souveraineté alimentaire et on parle de trajectoire verte.

Vous ne pouvez pas activer ça si vous ne créez pas de la valeur. Or, nous détruisons de la valeur.

12:42
Présentateur

Jean-Philippe André, la loi aujourd'hui impose à la grande distribution de revendre 10% plus cher qu'elle n'achète aujourd'hui. Un produit, un paquet de pâtes qu'elle vous achète 1 euro, elle doit le revendre 1,10 euro par exemple. Est-ce que c'est trop 10% ?

12:56
Invité

Ce n'est pas trop, c'est bien.

12:58
Présentateur

C'est la loi EGalim qui était censée préserver les revenus des agriculteurs.

13:03
Invité

La loi EGalim, qui est d'ailleurs en discussion partiellement hâtre, alors on ne va pas compliquer la vie. Mais sur les 10%. Sur les 10%. L'origine des 10%, c'est de dire que la filière, et vous voyez, je reprends une casquette qui ne devrait pas aller la même, c'est Christian Lambert qui devrait vous expliquer ça. Au départ, le constat qui est fait, c'est que l'amont agricole a souffert ces dernières années d'un manque de profitabilité. Et c'est très grave. Le 10% servait à dire qu'on neutralise ce 10% afin qu'une partie de cette rémunération retourne aux agriculteurs. J'espère que cela a été fait. Donc ce n'est pas à nous de le constater.

Il semblerait, si on lit, qu'il y a une revalorisation du métier agricole, il faut le maintenir.

13:45
Présentateur

Certaines grandes surfaces, comme Leclerc pour ne pas le citer, disent, autorisez-nous, au moins en période d'inflation, à réduire ce chiffre plutôt que de nous obliger à faire des marges.

13:53
Invité

Nous, on pense qu'on n'est pas mûrs sur ça. On n'est pas mûrs sur ça.

13:56
Présentateur

C'est-à-dire, sinon, on relance la guerre des prix ?

13:58
Invité

On relance la guerre des prix ? On détruit de la valeur. C'est la même chose sur les règles sur les promotions. Egalim a eu, en termes de bénéfices, ce mérite de stabiliser un certain nombre de dérives baissières. Si aujourd'hui, vous remettez la pièce dans la machine, vous allez redescendre. Donc nous, c'est vrai qu'on soutient plutôt, on maintient le niveau des promos tel qu'il est actuellement. et on maintient ce 10%.

14:27
Auditeur

Jean-Philippe André, ces derniers jours, en raison des négociations, il manquait pas mal de produits dans les rayons des supermarchés. Est-ce qu'avec l'échéance de demain, il va manquer davantage de produits dans les rayons ? La réponse est non.

14:41
Présentateur

Non. Donc ça veut dire que finalement, tout le monde finira par signer demain à 23h58. C'est ça ?

14:45
Invité

Alors, ça c'est un bon point. A la fin, je pense que pratiquement tout le monde va signer. Après, si je signe avec vous, c'est quelle est la qualité de ma signature ? On dit, et j'entends aussi, tiens, on signe plus facilement avec les très petites entreprises et les PME. Oui, parce que mon rapport de négociation, moi, TPE, avec vous, moi TPE, 20 millions de chiffres d'affaires, avec vous, 30 milliards, vous comprenez que le rapport est déséquilibré. Nous, on a 17 000, il y a...

15:12
Présentateur

Mais il peut être déséquilibré dans un autre sens. Vous représentez par exemple Coca-Cola aussi, je crois. On a du mal à imaginer M. Leclerc ou M. Schellcher au final, refuser d'accepter des hausses de prix et ne pas avoir de Coca dans ces règles. Et j'allais en arriver là. Vous avez le pouvoir parfois aussi.

15:27
Invité

Et j'allais en arriver là, justement, il faut bien comprendre que c'est à peu près naturel que la discussion soit un peu plus compliquée avec des grandes marques nationales dont le distributeur a besoin qu'avec les petites PME. Mais en fait,

15:40
Présentateur

c'est toujours le gros qui gagne.

15:42
Invité

Non. Que ce soit la grande surface ou le distributeur. Moi, j'ai l'habitude de dire, d'abord, je répète obstinément que moi, je ne dis pas distributeur, je dis client. Parce que dans ce pays, on devrait revenir à des règles saines de commerce. M. Schellcher, M. Leclerc, M. Carrefour, M. Intermarché, M. Bonpart, voilà. Il ne faut pas les citer. Ce sont des clients. Nous avons incroyablement besoin de ces gens-là. Ce sont le porte-avions de nos produits. Mais, la réciproque est vraie également, vous noterez qu'ils ont incroyablement besoin de ces marques nationales.

Parce que quand vous écoutez à la radio les spots de pub, ce n'est pas sur les marques de distributeurs, c'est sur les grandes marques.

16:21
Auditeur

Oui, mais les comportements des consommateurs changent progressivement face à l'inflation. Les Français préfèrent de plus en plus se diriger vers les marques premiers prix, vers les marques distributeurs. Ça, ça vous fait du mal ?

16:32
Invité

Mais bien sûr que ça nous fait du mal.

16:34
Auditeur

Parce que vous êtes trop cher.

16:34
Invité

Et on en revient à notre point précédent. L'inflation, c'est mauvais pour tout le monde. L'inflation, d'abord, c'est mauvais pour le consommateur final qui est victime en termes de pouvoir d'achat. Une fois qu'on a dit ça, l'inflation, elle est mauvaise pour les marques. Et donc, vous comprenez bien qu'on n'est pas devenu dingo du jour au lendemain. On a établi avec vous sur les marques une relation de confiance d'une cinquantaine d'années pour la plupart d'entre elles. Du jour au lendemain, je ne vais pas prendre le risque d'augmenter trop mes marques au risque de vous détourner de ma marque. Ce faisant, je ferai à la limite le jeu d'ailleurs des marques du distributeur.

Et on voit aujourd'hui... Mais c'est le cas aujourd'hui. Et vous voyez aujourd'hui...

17:10
Présentateur

Vous pensez que si ça se calme l'inflation dans quelques mois, les gens vont revenir systématiquement vers les marques après être passés par d'autres produits ?

17:17
Invité

Aujourd'hui,

17:17
Présentateur

il y a... Peut-être que c'est la fin de ce système-là aussi.

17:20
Invité

J'espère que non. Je ne peux que vous répondre ça parce que je pense qu'une marque a quelque chose qui dépasse même le cadre du produit en lui-même. Mais aujourd'hui, et vous avez raison de le citer, et ça apporte de l'eau à mon moulin, c'est-à-dire qu'aujourd'hui, on voit une progression des marques du distributeur. Et nous, on n'a aucun intérêt à ça. Et dernière chose, attention, derrière, je reparlais d'industrie, les 17 000 entreprises, l'inflation, ça peut tuer ces entreprises-là. Parce que si on ne couvre pas nos coûts, on va fragiliser tout un tissu industriel très important.

17:50
Présentateur

Jean-Philippe André, président de l'Association nationale des industries alimentaires et l'invité de France Info ce matin. Oui, je n'ai pas dit... Non ? J'ai mal présenté ? Non, très très bien. Donc les PME, mais aussi les très grands groupes, 8h51, le filinfo, Marie Maët, on poursuit dans un instant. Tout le monde.

18:07
Invité

Il doit annoncer sa démission ce matin lors d'un nouveau comité de la FFF. Selon les informations de France Info, Noël Legrette va quitter la tête de la Fédération française de football, mise en cause par un audit pour des dérives comportement, notamment vis-à-vis des femmes. Interdiction totale d'exercer la médecine pour l'anesthésiste de Besançon, Frédéric Péchier, est mis en examen pour 24 empoisonnements et soupçonné de 8 autres. Il avait jusqu'ici le droit de recevoir des patients, mais pas dans sa spécialité. Plus de 30 milliards d'euros de dégâts en Turquie, estimation de la Banque mondiale trois semaines après les séismes qui ont dévasté le sud du pays et touché la Syrie voisine.

Le coût de reconstruction, lui, pourrait atteindre le double de ce montant. Le président du jury du 76e festival de Cannes est un Suédois, le réalisateur Ruben Eslund aux deux palmes d'or. Un premier pour le film The Square en 2017, la deuxième pour son filtre l'année dernière. France Info

19:06
Présentateur

Le 8.30 France Info Salia Brakia Marc Fauvel

19:11
Auditeur

Toujours avec Jean-Philippe André, le représentant des entreprises de l'agroalimentaire. Le gouvernement souhaite que les distributeurs mettent en place un panier anti-inflation. 20 ou 50 produits, on ne sait pas. Vous, est-ce que vous savez, est-ce que vous avez plus d'infos sur ce panier anti-inflation ?

19:25
Invité

Non, comme je l'ai dit tout à l'heure, on a eu l'occasion d'évoquer ce sujet la semaine dernière avec Olivier Grégoire qui est à l'origine de cela. On n'est pas premier acteur complètement là-dessus puisque c'est une relation entre distributeurs et leurs consommateurs. On regarde ça avec intérêt parce que c'est notre métier. J'attire juste l'attention sur un point. Il ne faudrait pas que cette initiative amène une perte de valeur et que ça tire tout le monde vers le bas. C'est ce que dit aussi

19:55
Présentateur

la FNSEA.

19:56
Invité

Alors, oui. Christian Lambert dit... On dit la même chose. J'ai cru entendre aussi certains distributeurs de dire tiens, il y a ce risque. Et sur certains produits spécifiques, ça semble déjà être le cas. C'est-à-dire qu'on va mettre en exergue 50 produits. Certains mettent d'ailleurs 150 produits même en exergue. Si certains de ces produits sont complètement déconnectés par rapport aux autres enseignes, il peut y avoir un loop négatif. de manière générale, je dis, nous, quand on fait nos opérations promotionnelles, on ne prend pas en étau nos fournisseurs. Donc, nous, on ne veut pas non plus que nos produits servent à faire la compétition très acharnée. Parce qu'il y a ça aussi.

Très acharnée entre les différentes enseignes. Faisons très attention de ne pas détruire de la valeur.

20:45
Présentateur

Plutôt que d'augmenter les prix, certains industriels réduisent la taille des paquets. C'est ce qu'on appelle la shrink flession. Beaucoup de Français ont découvert ce phénomène ces derniers mois. Des bouteilles d'eau un peu plus petites mais au même prix. Est-ce que c'est une forme d'arnaque ?

20:57
Invité

Non, ce n'est pas arnaque.

20:59
Présentateur

Sachant que quasiment personne ne va, je ne sais pas si vous le faites en faisant vos courses, peser son paquet de pâte ou sa bouteille d'eau.

21:05
Invité

La quantité dans le paquet diminue. Moi, je ne suis pas là Alors, ça, je pense que c'est un bon point. Mais juste, à l'origine, il faut quand même l'expliquer. On vient de parler pendant quelques minutes d'inflation, de coût. Vous comprenez bien qu'à un moment, le prix de vente de mon produit, s'il dépasse un certain niveau, je le vendais 1 euro, demain, il est à 1,50 euro ou 2, ça peut avoir pour effet que vous détourniez de moi.

21:34
Présentateur

Mais est-ce qu'il faut prévenir les consommateurs quand un paquet change ? Par exemple, avec une étiquette en magasin ou sur le paquet ?

21:40
Invité

Non, mais il faut simplement que sur le sachet, il est clairement écrit. Avant, il y avait X articles là-dedans pour X grammes ou X litres, etc. Il faut le dire. Mais sur le fond, ce n'est pas de l'arnaque, c'est une défense. Moi, je le prendrais plutôt comme ça. C'est la défense. C'est normal que vous reprises en France. C'est quand le prix d'un produit augmente ? Oui, mais c'est normal que je vous dise ça.

21:57
Auditeur

Mais pourquoi vous ne dites pas à toutes vos entreprises, aux 17 000 entreprises, quand elles baissent la quantité de produits dans leur paquet mais en gardant la même taille du paquet pour pas que le consommateur s'en aperçoivent ? Il faut bien le noter, en fait.

22:07
Invité

Je crois que systématiquement, maintenant, on encourage les gens à mettre clairement qu'il y a moins de grammage, etc. Mais pour en revenir à l'entrée de votre question, ce n'est pas une arnaque en soi. Malheureusement, c'est une défense.

22:19
Présentateur

Il y a un petit loup quand même.

22:20
Invité

Je ne crois pas. On ne sera peut-être pas d'accord là-dessus. Mais je pense que c'est une réaction. Non, mais je suis sérieux. C'est une réaction par rapport à un environnement qui est très spécial et qui fait qu'il y a un moment où il faut que je baisse mon prix de vente.

22:32
Auditeur

Jean-Philippe André, en France, l'obésité touche de plus en plus les jeunes. Près d'un Français sur deux serait en surpoids selon une étude de l'Inserm. Est-ce que l'industrie agroalimentaire que vous représentez a sa part de responsabilité avec des produits parfois trop salés, trop gras, trop sucrés ?

22:46
Invité

On a une part de responsabilité en tant qu'entreprise qui mette sur le marché. Ensuite, il y a des efforts incroyables qui ont été faits sur les dix dernières années. Les recettes que vous avez aujourd'hui ne ressemblent en rien aux recettes d'il y a quelques années. Vous dites quoi ? C'est plus sain aujourd'hui ? Il y a moins de gras, il y a moins de sel, etc. Et je pense que le maître mot dans tout cela, alors, on a des initiatives qui vont aboutir un jour, telles que le Nutri-Score, par exemple. Qui n'est pas obligatoire. Qui n'est pas obligatoire, mais c'est une initiative qui, je vais en arriver à mon point, qui est, c'est de l'éducation alimentaire.

Je pense que nous, on sera toujours très très porteurs de travailler l'éducation alimentaire et donc, l'équilibre alimentaire depuis le début. Et je pense notamment à l'école. Par exemple,

23:33
Présentateur

il y a plus de la moitié aujourd'hui des marques qui ne l'ont toujours pas mis en place. Pour reparler d'une des entreprises que vous représentez aujourd'hui, Coca-Cola, il n'y a toujours pas de Nutri-Score sur les bouteilles de Coca. Est-ce qu'un jour, il faudra en venir à une forme d'obligation ?

23:48
Invité

Mais on va y arriver. Aujourd'hui, vous avez à peu près 700 à 800 entreprises qui ont déjà fait le choix du Nutri-Score. Ça veut dire que ces entreprises... Sur les 7000 ? Non, sur les marques, même plus encore. Je vais dans votre sens. 43% sont passées au Nutri-Score. Voilà, ça veut dire que ces marques-là se sentent confortables avec le système aujourd'hui. Nous, le Nutri-Score, aujourd'hui, ce qu'on peut lui reprocher, c'est que les habitudes alimentaires des Français ne sont pas toutes aux normes de 100 grammes. Parce qu'on vous dit 100 grammes... Oui, c'est pour une ration de 100 grammes à chaque fois.

La ration de 100 grammes de beurre, vous ne mangez pas 100 grammes de sucre tout le temps, 100 grammes de fromage, pas tout le temps. La deuxième chose, les associations de... Un petit salé tout seul, ça va être des oeufs. Un petit salé avec des lentilles, on va repasser à BC. Vous voyez ? Troisième chose...

24:37
Auditeur

C'est trop simpliste, en fait,

24:38
Invité

le Nutri-Score. Je n'ai pas dit ça, parce qu'il ne faut pas dire ça non plus. Mais je dis, ce n'est pas européen, ce n'est pas européen, mais à un moment,

24:44
Présentateur

ça va arriver... Aujourd'hui, on ne fait pas ses courses en Espagne, en Allemagne, on les fait plutôt... Oui, mais attention

24:47
Invité

au biais de concurrence. Donc, je pense que nous, on est pour un Nutri-Score le jour où ça sera bien normé scientifiquement au niveau européen. Et après, ça allure à tous là-dessus, bien sûr.

24:59
Présentateur

Merci à vous, Jean-Philippe André, président de l'ANIA, l'Association nationale des industries alimentaires. Merci à vous. Invité ce matin de France Info. Bonne journée.