Annette Messager, artiste plasticienne : explorer l'ailleurs dans l'ordinaire
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
notre rencontre quotidienne c'est une conversation à trois voix avec notre invité ce midi elle est artiste plasticienne depuis plus de 50 ans ses œuvres mê peinture photographie broderie collage écriture sculpture mais surtout assemblage et c'est peut-être cela sa marque de fabrique mettre en relation agencer fusionner des objets du quotidien avec des choses vues lues ou vécu une observation du monde qui passe ces dernières années par le dessin son univers est à couvrir ou redécouvrir jusqu'au 11 mai prochain à la galerie Marianne Goodman à Paris dans une exposition intitulée laissz aller bonjour Annette Messager bonjour bienvenue dans lesmi de culture alors ma première question Annette Messager c'est bien sûr sur ce titre énigmatique de cette exposition vous me voyez venir pourquoi laissez aller qu'est-ce que vous mettez derrière cette expression bah ça veut dire que c'est une sorte de de promenade ou de vagabondage euh habituellement normalement non normalement il y a pas de normal alors habituellement euh je travaille par sériis ce qui est réconfortant parce que pendant un an et demi par exemple je travaillais sur des sleeping bags que j'ai plié j'ai fait sortir des éléments diverses voilàouage des sacs de couchage tandis que là ça partait un peu dans tous les sens et alors c'est plus angoissant mais voilà c'est c'est comme ça on découvra effectivement des euh des offres qui n'ont pas de rapport particulier entre elles en tout cas qui sont effectivement réalisés depuis quelques années ce sont des œuvres récentes certaines qu'on a pu déjà voir quelque part ou certaines qui sont exposées de façon inédite mais vous avez vous jouez sur cette idée un peu d'espièglerie de de de ne pas nous expliquer de ne pas nous donner toutes les clés donc quand vous dites vagabondage c'est ça vous nous invitez véritablement à nous à nous balader à nous immerger ainsi dans dans dans votre univers oui et en plus j'aime bien que des éléments s'opposent comme des petites effigies qui sont noir des petites effigies humaines euh qui ont été influencé j'avais participé à une exposition au musée duuk de branl et le musée était fermé j'ai passé l'après-midi à le visiter c'était formidable et je suis rentrée chez moi et voilà j'ai fait des petits personnages humains un peu influencés par cette visite et puis qui après se sont voilà fit leur vie se sont transformé mais ces petits ces petites effphigies comme ça très hiérarchi hiératique pardon euh sont en opposition aux dessins qui sont plus organiques qui sont plus joyeux enfin qui sont plus voilàù je me laisse aller je sais pas trop ce que je vais faire je sais pas trop où je vais aller enfin je dis ça mais c'est pas tout à fait vrai quand même c'est la première re qu'on découvre parce qu'elle est gigantesque dans cette première salle de de la de la galerie Goodman à à Paris effectivement elle fait 7 m de de large si je dis pas de bêti et on a ces petites figurines qui sont donc petites non elles sont d'ailleurs d'une taille moyenne qui sont suspendu avec ces dessins qui sont qui sont aussi confrontés justement on est dans dans l'idée tout à l'heure je parlais de marque de fabrique d'assembler les choses les dessins les matières euh les la structure aussi c'est une façon de rentrer dans dans votre univers comme je le disais tout à l'heure cette première œuvre qui s'appelle en même temps oui oui c'est c'est la la plus ancienne je pens enfin oui de de 2000 je sais pas combien d'ailleurs euh de de l'exposition mais qui toutes ces choses montrées là n n'ont jamais été montrées à Paris et donc oui a cette grande chose euh sur le grand mur de la galerie et après d'autres éléments avec des filets des dessins recouverts et cetera j'aime bien j'aime pas la la pureté j'aime au contraire le mélange voilà presque la saleté qui souvent recouvert par des filets noirs qui à la fois ces filets protègent mais enferme aussi et on retrouve effectivement plusieurs œuvres avec ces ces filets et notamment les personnages dont vous avez parlé aussi qui sont assemblés dans d'autres œuvres avec avec ces avec ces filet on va reparler évidemment des des œuvres que vous nous proposez de découvrir Anette messager mais on va d'abord écouter ces premières archives je préconise la réhabilitation des géis de café parce que on a on avait l'habitude dans le temps de se moquer énormément des gens qui qui sont tout le temps en train de de discuter dans les bistr qui ont de grands projets qu' ne peuvent pas réaliser oui alors que maintenant nous nous commençons à comprendre dans notre société que tout le monde est un génie de café que pratiquement personne ne peut réaliser toutes les les idées qu'il a hein nous vivons dans dans un système un peu clos un système qui est basé sur moi je crois sur la franchement sur la prostitution l'autre truc qui en fait partie c'est le l'hommage au raté il y a des années que je maintiens que les plus importants dans là ce sont les ratés et au moins il y a quelque chose en leur faveur je vais pas développer ce ce point parce qu'on m'a accusé de d'un tas de choses on me dit que bien sûr moi je suis un raté donc j'esser de de me rendre hommage à moi-même mais surtout dans dans l'idée dans le contexte de oui just je suis contre l'idée d'admiration au moins personne n'admire les ratés Annette messag vous avez peut-être cononnu l'artiste franco-américain Robert filiou et son humour puisque effectivement il se moque de lui-même beaucoup d'autodérision mais il y a quelque chose d'intéressant dans ce qu'il nous dit c'est l'idée du du raté et c'est quelque chose qui euh que vous avez que votre vision aussi dans la pratique du dessin notamment quand on est artiste artiste plasticienne comme vous on a le droit de rater ben de toute manière on ne sait pas soi-même si c'est raté ou pas c'est pourquoi c'est les autres qui jugent que c'est raté peut-être que moi j'ai fait une un dessin que je trouve très très bien et puis que les gens n'aiment pas du tout alors qu'est-ce que c'est que le ratage j'en sais rien moi vous avez dit tout à l'heure à nette messager euh que vous-même vous ne saviez pas où vous allez quand vous commenciez une œuvre enfin mais vous avez semblé après hésiter en disant j'ai quand même un peu une petite idée euh c'est quoi cette idée qui qui qui vous guide et justement qui pourrait peut-être éclairer sur ses ratages quand on veut aller vers quelque part et qu'on y arrive pas là il y a un ratage clairement pour l'artiste je sais pas j'aime bien cette phrase de de cousille qui est pour moi le plus grand dessinateur au monde on lui disait mais pourquoi comment vous avez pu faire ce ce dessin extraordinaire en en 30 secondes il avait 70 ans il dit mais ça fait 70 ans que je prépare et en fait on sait pas d'où ça vient ces choses qu'on a envie de faire de manque de ratach sans doute ou de de d'envie d'être autre d'être différent de de de changer de nature ce qui est pas vraiment possible mais enfin d'aller ailleurs et à chaque fois j'ai envie de faire un petit peu un pas de côté donc c'est ça quand vous dites je sais où je veux aller cette destination n'est pas forcément précise mais c'est un ailleur oui mais ça serait quoi un ailleur pour vous mais je sais pas justement s'il est ailleur et qui me porte mais quand je disais tout à l'heure que ce cette cette visite au qu Branly m'a amené à ailleurs en même temps j'ai retrouvé énormément de choses que que que j'aimais ou je pensais avoir en moi mais en même temps c'était un ailleur je crois que c'est ça aussi par exemple quand je vais au café c'est un ailleur il y a les gens au mistro qui racontent leurs histoires qui lisent le parisiens à la fois on est tous on viit dans le même endroit presque mais c'est un ailleur et ça apporte beaucoup il y a tout de même unêre messager vous derrière un dessin donc quand vous terminer votre dessin tout à l'heure Robert filiou disait les ratés permettent d'échapper à à l'admiration peut-être à l' de de de de sacrer aussi des des des œuvres qu'on peut qu'on peut dessiner par exemple donc si il y a quelque chose que vous vous estimer raté est-ce que c'est possible et qu'est-ce qui se passe à ce moment-là je déchire si vraiment ça me plaît pas du tout pour un essin je le déchire oui c'est pas difficile mais quelqu tu vois j'ai regretté je me suis dit ben moi j'aime pas mais peut-être que mais non j'ai pas regretté c'est comme ça passe à autre chose le dessin a pris une place importante dans vos œuvres depuis une dizaine d'années en quelque sorte même si on va y revenir vous dessinz depuis depuis presque toujours si je puis dire comment vous dessinez comment est-ce que qu'est-ce que ça vous permet aujourd'hui de faire le dessin puisque vous dessinez de manière d'un geste rapide un peu comme tout à l'heure vous l'avez expliqué il faut que ce soit effectivement presque immédiat instantané oui les dessins c'est un peu comme des des fantômes des apparitions comme ça donc je le prépare dans ma tête ou bien sur des petits postites mais pas chez moi c'est souvent mieux pas chez moi ça peut être dans le métro ça peut être au café où je suis justement plus libre que chez moi ou plein de choses mentour où je suis accaparé par des livresin tandis que en dehors voilà je je donc j'ai des postites j'écris un mot je dessine un truc et puis après je le reprends ou je le reprends pas ou je le reprends différemment ça certainement mais c'est un ailleur qui qui me ramène chez moi le dessin je sais pas si j'ai répondu à votre question d'ailleurs parce que j'ai oublié la question l'idée c'est au final avec avec ce dessin là rapide avec cette façon de faire effectivement vous préparez tout à l'heure vous disiez dans l'exposition j'aime bien le SAL moi ce qui m'a surpris dans votre exposition à la galerriie Goodman c'est par exemple les dessins ils sont punaisés au mur ils sont pas encadrés on voit le papier qui est déchiré il c'est pas bien bien découpé il y a quelque chose de voilà peut-être d'instantané de d'organique de naturel de comme si l'œuvre d'art était presque un un objet du quotidien ben moi en tous les cas un dessin c'est c'est revenir enfant c'est justement en plus je suis gauchère contrarié c'està-dire que j'écris de la main droite mais en fait je dessine que de la main gauche mais quelque foois je trouve que je deviens habile je fais une série donc je me sers de la main droite qui dessine mal il faut qu'il reste un truc maladroit un peu maladroit un peu un peu pas bien fait pas bien fini et je trouve que c'est ça ouvre plus l'imaginaire je disais vous expliquiez pas votre dessin il y a pas de discours derrière les œuvres que que vous faites vous nous laissez nous en tant que spectateur justement libre d'imaginer libre d'interpréter ce que vous avez dessiné ce que vous avez sculpté assemblé ce côté un petit peu mal fait qu'est-ce que qu'est-ce que ça apporte c'est une façon de dire aussi aux spectateurs à celui qui découvre votre votre œuvre voilà je je suis comme vous euh c'est c'est une porte d' ouverture oui je vais vous raconter une anecdote très ancienne mon père avait un ami qui qui était peinte mais qui gagnait pas beaucoup d'argent il venait l'été à Berk où j'habitais et donc pour pour lui donner un peu d'argent sans comme ça lui faire la micité il il disait vous allez lui donner des cours de dessin à vous oui et il disait mais surtout ne lui apprenez rien ne la déformez pas donc ce monsieur me mettait des fruits des fleurs et cetera puis il s'endormait à côté de moi ne lui apprenit rien ça veut dire que vous avez pas appris à dessiner non j'ai pas appris à dessiner non je crois que ça je sais pas si ça s'apprend d'ailleurs tous les cas l'art ne s'apprend pas j'étais prof pendant longtemps au beauard ça s'apprend pas d'être alors qu'est-ce qui se passe ça dire qu'on est artiste ou ça veut dire que tout le monde peut l'être vous je le dis pour les auditeurs vous do Liné si on a envie d'être artiste et si vraiment ben on pousse ça on cherche on devient artiste mais il y a pas besoin d'avoir une culture je vois écrit France Culture partout là derrière moi oui franceq France ouais même sur votre micro il y a franceq ah mon Dieu mais non je veux dire que si vraiment on a envie de faire quelque chose ben ben on recommence et puis ça vient et parce qu'il y a quand même des techniques à savoir si on veut faire un peu de sculpture mais ça on l' prend forcément mais comment on sait par exemple si on se dit que on a envie d'être artiste que ça vaut le coup de l'être que que ce qu'on a envie de dire ou peut-être d'exprimer ou de créer c'est c'est important ça vaut le coup d'être montré il y a beaucoup de gens peut-être qui se disent qu'ils ont envie de quelque chose mais qu' disent qu'il valent rien en fait qui qu' ont pas les bah d'abord avoir envie de montrer de avant d'avoir envie de le montrer faut le faire et déjà s'ils le font s'ils essaient de le faire le montrer c'est encore autre chose c'est un autre travail si je puux dire faut trouver un endroit pour le montrer le faire partager ça c'est encore autre chose et puis il faut qu'il soit aimé d'une certaine manière validé non en je valider je ne sais pas aimer oui il faut de l'amour partout Anette messager dans votre vagabondage dans cette exposition il y a aussi l'idée du vagabondage de de l'esprit de l'observation de référence à des images qui parle peut-être à à à tout le monde et que vous réinterprétez en tout cas dont vous vous emparez et là je pense par exemple à cette œuvre qui s'appelle iconique qui est composée de de dessins qui rappelle des des photographies que que qu' en décrivant évidemment elles vont venir à l'esprit quasiment de de tout le monde c'est le visage d'Albert Einstein la silhouette de char qui tire la langue oui la fameuse mareline mon et sa robe soulevée la figure de de tevara qui a été diffusé dans le monde entier par par Andy warol ces portraits de notre mémoire collective comment il s il s'insère justement dans dans une création dans quelque chose que vous voulez dont vous voulez vous vous accaparer sous lesquels vous allez sur lesquel vous allez placer d'ailleurs ce fameux filet ben oui je je me disais que quels sont les pour les gens de ma génération en tous les cas les les les photos ou les événements qui qui restent il y a par exemple cette petite fille vietnamienne qui est brûlée qui court toute nu je ne sais pas si pour des gens beaucoup plus jeunes ça leur parle aujourd'hui je ne sais pas mais pour moi c'est aussi iconique que Marieline Mo sous une bouche de métro et avec alors que c'est dégoûtant parce que ces deux images vraiment opposées l'une c'est la souffrance et l'autre c'est au contraire un peu le voyurisme le sexe et c'est Notre culture c'est ma culture en même temps donc je les ai assemblé il y a il y a chez Gevara aussi qui est une image iconique mais n'ont rien à voir ces quatre cinq images n'ont rien à voir entre elles quoi et je les lis par ce elles sont liées par ce filet ce filet qui euh à quelle utilité est-ce qu'il y a il y a il y a cette idée de de de d'enfermement effectivement oui il est no il est noir c'est un filet qui euh évidemment ressort puisque c'est il est installé sur un un mur blanc il y a l'idée d'enfermement d'emprisonnement de de justement de de ne pas pouvoir se se détacher de ces événements aussi marquants de ces personnalités marquantes il y a quelque chose aussi de de peut-être de la de subir aussi tout cela cette mémoire ou bah notre mémoire on l'a subit oui j'ai toutes ces images en tête vous aussi et on peut pas on peut pas les retirer on est enfermé avec ça et donc l'art pour vous c'est aussi cette idée peut-être de dans en faisant cette œuvre de vous en détacher de de de passer à autre chose de comment vous vous voyez cette transmission avec les les gens qui viennent voir vos œuvres ah ben ça c'est c'est encore autre chose le public qui regarde les œuvres c'est des publics de tous les âges donc euh de différents sexes donc je pense qu'on garde pas la même chose comme a dit du champ c'est le c'est le regardeur qui fait l'œuvre peut-être pas totalement mais en fait c'est vrai que peut-être qu'un garçon une fille ne regarde pas les n'est pas intéressé par exactement les les mêmes choses les mêmes sujets et les gens de d'âge différent donc il faut accepter tout ça et moi je fais avec ce que je suis et ce que je reste je peux pas me changer c'est comme ça et avec ce que j'ai en mémoire et avec ce que j'entends ce que les événements ce qui se passe autour de moi aujourd'hui si comti est peut-être l'artiste qui euh le mieux et le plus consciemment a fait sentir que le vide autour d'une œuvre faisait partie de l'œuvre et jeallis dire que le l'exposition fonctionne sur la distance ce qu'il voulait la distance qui est celle probablement psychologique entre entre les êtres mais qui est plus profondément comment dire une vision ou plus exactement le résultat d'une perception c'est dire il est convaincu et tout son travail était là puisque au fond son travail est modeste dans son énoncé il a cherché à saisir le réel ce qui est un énoncé qui avait tellement déconcerté et surréalisteit ilavait viré mais en fait la la distance est aussi de C saisir le réel tel qu'on le voit et si je dis ce truisme ça paraît très élémentaire mais en général on saisit le réel tel qu'on le sait tel qu'on le connaît ou éventuellement tel qu'on l'a touché quand il s'agit d'un sculpteur c'était la voix de la conservatrice et historienne de l'art française Suzanne pager c'était le 9 décembre 1991 sur France interre Annette messagie Suzanne pager vous avez travaillé avec elle notamment puisqu'elle vous a exposé à l'époque où elle était au Musée d'Art moderne de la Ville de Paris il y a plusieurs choses dans cette archive il y a évidemment cette cette confiance que vous avez tissé avec elle tout à l'heure on parlait de de montrer ses œuvres de trouver des endroits où les exposer peut-être la deuxème démarche en tout cas après la création d'une artiste d'une artiste comme vous cette démarche de de s'exposer de montrer ce qu'on fait ce qu'on a pensé ce qu'on a réfléchi c'est une démarche évidente pour votre pour vous en tant qu'artiste ou alors c'est venu ensuite bah ensuite je sais pas ce que vous voulez dire par ensuite à quel âge mais comme j'ai toujours dessiné fait des trucs dans ma chambre je pensais pas à des expositions à ce moment-là je dessinais ce qui était je me dis qu'est-ce qui est autour de moi en fait c'est mes mains mes pieds alors je faisais que dessiner mes mes mains et mes pieds et je continue j'ai pas beaucoup changé ma manière de de travailler d'ailleurs mais oui Suzanne pager je me souviens elle ne s'en souvient pas mais ma première exposition elle m'a dit si tu continues comme ça je te ferai une exposition tous les 10 ans moi j'ai pas oublié et en fait il s'est avéré qu'elle m'a fait une exposition tous les 10 ans donc elle a tenu sa promesse ou elle parle de jackometi jackomeetti on va vous allez nous parler de votre relation avec avec cet artiste là mais jaomti elle dit il a cherché à saisir le réel le réel tel qu'on le voit euh opposé à au réel tel qu'on le le connaît ou tel qu'on qu'on le sait est-ce que vous êtes d'accord avec cette façon de voir le travail de jackomti est-ce que vous-même vous vous l'appliquez on a parlé tout à l'heure de l'observation de votre idée de de vous imprégner du dehors de ce qui se passe autour de vous aussi non moi c'est peut-être le dehors mais lui c'était le vide le vide autour des des personnes c'est pour ça qu'elles sont très très qu'ell se réduisent de plus en plus il commencent avec la pâte à modeler puis ça ça se réduit presque un fil euh donc c'est assez différent je l'ai je l'ai croisé je l'ai croisé il mangeait à la coupole il mangeait toujours que des omelettes cétait peut-être pas très bon pour pour la santé et puis il avait son atelier pas loin et retournit travailler il il buvait beaucoup avec Béquette le soir et ils allaient à la Closerie d' Lila parce que c'était le seul endroit où il y avait un whisky il ais que que Becket adorait et lui il prenait le whisky comment ça s'appelle Johnny Walker donc il disputait il disait mais c'est très mauvais Johnny Walker mais il dis mais Johnny Walker c'est l'homme qui marche c'est l'homme qui marche effectivement l'étiquette c'est l'homme qui marche alors on peut se demander si jacometi a eu cette idée de l'homme qui marche en buvant whisky en buvant en étant un peu sous la nuit voilà avec avec bquet peut-être c'est aussi simple que ça peut-être oui d'inventer de créer de de trouver une idée c'est pas une théorie pour les critiques d'art ils aiment pas ça parce qu'il faut que ce soit beaucoup plus idéologique beaucoup plus que matérialiste c'est une explication trop simpliste c'est ça que vous voulez dire ça veut ça veut dire que véritablement tout ce qui vous entoure tout à l'heure vous nous parliez du du café de votre de votre presque routine quotidienne de d'artile c'est-à-dire vous vous réveillez vous allez boire un café à l'extérieur et ensuite vous vous je divulgue pas de de choses trop personnelles mais vous retournez chez vous pour pour travailler chez vous c'est votre votre atelier votre espace de travail c'est comme ça que vous le vous le considérez euh je j'appelle ça mes bases c'est un peu militaire base 1 base 2 et il y a base 3 base 1 c'est là où j'habite base 2 c'est un grand espace où je travaille et base 3 c'est une petite réserve pas très loin donc euh voilà je circule là et puis je vais au café aussi pour aller dans la rue parce que voir des gens qui marchent j'observe beaucoup les gens moi dans le métro comment comment ils parlent entre eux avec leurs doigts moi je parle aussi beaucoup avec mes mains les Français en général euh sont pas mal pour ça donc j'ai besoin de regarder les autres de voir les autres de voir les gens et puis après de un peu un enfermement volontaire vous avez parlé parler de de jackometti à l'instant à nette messager et notamment sur l'idée de de ce whisky avec l'homme qui marche et vous avez dit mais ça doit peut-être pas trop plaire au critiques d'art parce qu'en fait c'est pas assez théorique c'est pas assez vous avez même dit idéologique le problème c'est que quand par exemple nous on vous reçoit on discute avec vous on a aussi envie en fait presque de d'avoir les raison de pourquoi vous créez pourquoi vous faites telle ou telle chose et c'est presque en fait aussi facile que que que de regarder dehors et de de boire un whisky en fait c'est ça c'est presque impossible de trouver la raison qui vous fait créer en fait bah oui non parce que d'abord je sais rien faire d'autre ça c'est une bonne raison déjà c'est une très bonne raison ou enfin rien faire d'autre vous savez quand même faire puisquon en a parlé tout à l'heure mais de la photographie qui a été d'ailleurs oui mais ça c'est créé oui ça fait partie de la création je sais pas faire la cuisine je sais pas même pas une petite omelette si si une homelette ah pour jacometti j'aurais tout fait un B bourgignon mais il avait une femme qui s'appelait Annette et sa mère s'appelait aneta donc j'ai fait une exposition dans l' l'institut jacomti où je me prends pour la 3e Annette de jacomeetti comme si j'avais vécu avec lui c'est qui comme artiste jacomeetti pour vous il il représentait quoi au-delà de l'anecdote là qu'est-ce que comment vous le considérez d'abord il était il a il a arrêté un moment parce qu'il était avec les surréalistes et puis ça l'intéressait plus plus personne ne voulait ne s'intéressait à lui hein il est resté des années parce que ça marchait bien quand il était sur réaliste il vendait et cetera il a tout arrêté pour reprendre voilà des choses figurative et on lui a reproché beaucoup mais qu'est-ce que tu fais là qu'est-ce que ça signifie et il a continuer c'est ce qu'il vous voulez faire et et ça c'est formidable tout à l'heure vous nous disiez que vous ne saviez rien faire d'autre que de créer que d'être artiste et du coup c'est aussi l'une des questions que que l'on se pose quand on découvre une artiste ses œuvres sur la sur la durée aussi sur la la longueur à à quoi ça sert un être messager à quoi ça sert de créer ça sert à rien c'est ça qui est beau l'art ça sert à rien ce qui sert à rien sert à tout si on veut mais justement ça n'a pas de finalité ça ne sert à rien mais quand vous créez dans votre dans vos bases vous vous dites ce que je suis en train de faire ne sert à rien à personne c'est terrible non je me dis pas ça ça me sert à moi en tous les cas ça m'occupe beaucoup beaucoup mes journées donc ça ça sert à remplir mes journées quelle autre utilité pour vous il y a quelque chose de tout de même de réflexif sur qui vous êtes sur ce qui vous aené jusqu'ici sur le passé sur le présent sur ce qui vous entoure là vous pouvez pas me dire que ça sert à rien il y a quelque chose qui quand même chez vous euh j'allais dire soigne mais c'est peut-être pas le le bon mot en tout cas qui vous apporte quelque chose oui non soigner c'est peut-être un peu fort mais c'est vrai que si j'étais pas devenu artiste je pense souvent que je j'aurais été une femme épouvantable j'aurais divorcé je sais pas combien de fois enfin j'aurais alors que là vous êtes femme bien c'est pas ce que j'ai dit là vous exagérez un peu mais en tous les cas je je n'ai pas embêté trop de monde dans la vie mais je ne sais pas parce que ça je sais même plus que vous me demandiez d'ailleurs qu'est-ce que ça vous apporte cette création si ça sert à rien si voilà si l'art ne sert à rien il y a tout de même un intérêt pour vous au-delà de vous occuper ben vous c'est pareil est-ce que vous servez à quelque c'est une bonne question oui je dois répondre moi aussi ah non non pas du tout si moi je pense que je ser à rien non plus et ben vous voyez on est tous ici sauf eux les techniciens qui travaillent qui qui font leur boulon on ne sert à rien alors et c'est pour ça qu'on est important parce qu'on est beaucoup plus libre quand on pense qu'on ne sert à rien on peut aller dans tous les chemins diverses moi je pense qu'on est un peu un Tron chacun et puis avec des branchages et chacun va moi j'ai des branches là il y a la photo là il y a le dessin il y a peut-être il y a une sorte d'armature qui a un Tron on a tous un Tron avec des des chemins divers et qui s'opposent souvent qui sont contradictoires vous désirez quelque chose Monsieur oui vous êtes la patronne mais oui est-ce que vous pouvez me dire qui occupe la chambre du second étage sur la façade de ce côté oh je crains de ne pouvoir vous donner un renseignement de ce genre là la discrétion est de règle dans notre établissement vous savez et je crois bien que c'est contraire à la loi bien sûr aucun nos clients ne s'en formaliseraiit mais Seigneur est-ce qu'elle aurait fait une bêtise veuillez répondre à ma question je ne peux m'imaginer qu'avec une F je vous prie de me dire son nom valdè mademoiselle valdè c'est une Espagnole Carlotta Vald oui c'est ça c'est un bien joli nom et qui lu va à merveille depuis quand l'tel cette chambre oh ça peut faire de semaines elle doit régler sa note demain est-ce qu'elle y passe la nuit quelquefois non elle ne vient que dans la journée seulement deux ou trois fois par semaine vous savez je ne pose pas de questions surtout aux gens qui se tiennent bien mais j'avoue que je me suis déjà lui parlez pas de ma visite quand elle redescendra j oh mais elle n'est pas venue aujourd'hui ah non je viens de la voir entré dans l'hôtel il y a à peine 5 minutes vous vous trompez elle n'est pas venue de la journée je l'aurais forcément vu j'ai pas bougé d'ici j'étais occupé à mettre de l'huile d'olive sur mes PL de ver un extrait de surur froide d'Alfred hcock c'était en 1959 Alfred hko qui vous a inspiré à à une certaine époque Annette Messager dans votre façon de travailler de de fragmenter surtout dans le cinéma il y a des gros plans ça c'est c'était une découverte pour moi je travaillais rudulm à l'école des Arts décoratifs mais il y avait aussi la cinéma mat à l'époque dans la même rue donc j'allais pas beaucoup à l'école des ardic mais j'étais tout le temps au cinéma je me souviens warol on m'avait dit que c'était un artiste très très important il y avait le film L'Homme qui dort qui ne bouge pas pendant 4 Hees je me suis je suis resté là je me suis dit il va se passer quelque chose bah non il s'est rien passé c'était le la durée le temps qui comptait voilà mais c'est non le cinéma c'est très très important pour moi oui ça a permis quoi ça vous a permis de notamment travailler la photographie ou alors pas vraiment de rapport à à ou ah si si ça a des rapports avec la photographie avec les fragments de corps avec les les gros plans de corp le noir et blanc oui oui c'est très important ça permet quoi de de fragmenter de découper un corps par exemple on retrouve dans l'exposition notamment à Paris ces fameuses mains on retrouve beaucoup de de parties du corps effectivement dans dans dans vos œuvr ça ça rappelle quoi en vous bah c'est une sorte de de géographie amoureuse pour moi de fragments amoureux par exemple on dit pas j'ai mal à mon corps on dit j'ai mal au ventre j'ai mal j'ai mal aux dents et cetera c'est toujours par fragment au fragment de son corps comment est-ce que aujourd'hui vous regardez en arrière je sais pas si vous vous considérez que vous avez une carrière d'artiste si vous parlez de de travail on a on a dit tout à l'heure que c'était plutôt voilà quelque chose de très quotidien que vous saviez faire que cela euh comment est-ce que vous revenez en en arrière et vous regardez dans les années 70 euh une femme une femme artiste qui s'impose dans des milieux aussi qui sont qui sont très très masculins euh aujourd'hui vous vous dites pour une femme c'est plus facile de devenir artiste que il y a quelques années en arrière ah je pense que oui quand même les les choses s'arrangent parce que dans les années 70 euh euh c'était assez difficile bon le nombre de fois où j'ai entendu mais la création d'une femme c'est la maternité et cetera j'entendais ça ah et on posait la question alors qu'on pose jamais ça à des mecs est-ce que vous voulez avoir des enfants un homme on lui demande pas ça donc ça c'est un peu opprimant mais plus c'est pourquoi je me suis donné puis en plus oui j'aimais bien et j'aime toujours passer de matériaux différents d'une broderie un dessin une photographie et quand j'ai commencé comme ça on me disait mais tu sais faut faire toujours la M même chose pour qu'on te reconnaisse alors toi toi tu utilises plein de matériaux différents ça marchera jamais pour toi et je me suis donné des appellation différentes un être messager collectionneuse un être messager truqueuse un être messager femme pratique que je sais pas vraiment un être messager artiste et cetera pour pour non pas justifier mais disons que j'avais envie de différentes identités que c identité parfois se mélange aujourd'hui elles se sont réunis oui moi il a quelque chose de qui qui me questionne depuis tout à l'heure un messager c'est que vous avez parlé de cette anecdote quand vous étiez petite avec ce cette amie ou voilà qui qui qui était peintre et votre père lui a dit donc ne lui apprenez rien vous avez parlé là des ARD d'ch en disant que vous y étiez jamais vous avez été quand même prof professeur au beauard qu'est-ce que vous leur disiez à vos élèves bah parfois c'est difficile hein parce que je regardais je regardais leur travail il fallait discuter par rapport à ce qu'ils font et qu'est-ce que vous leur disiez à ce moment-là ça ça prend à parler d'ailleurs parce que il faut trouver des choses à dire ah ouais ça prend ben on trouve on essae de de faire parler de de c'est pas vraiment quand ils sont jeunes c'est pas vraiment ce qui montre mais la curiosité qu'ils ont l'intérêt qu'ils ont c'est ça qui est important c'est toujours pas très bien ce qu'il c'est très très rare quand sauf justement ceux qui vont pas vous me parliez de cette anecdote avec mon père et les gens d'art brut ils font des choses formidables mais ils n'ont pas besoin de surtout pas d'aller dans une école et où il n'apprendrait rien les gens qui sont un peu comme ça des outsiders eux ils sont il pas besoin de quoi que ce soit une femme comme aloïise elle a toujours dessiné elle a toujours fait des choses extraordinaires voilà donc là si si au au au au plus jeunes qui voudrai se lancer dans l'art on en a parlé aussi au début vous leur dites aussi n'apprenez rien n'allz pas au beauard non je le dis pas là n'allz pas au beauard parce qu'au contraire c'est un lieu de rencontre de gens du du même âge donc ça c'est important qu'il se voi qu'ils aillent au cinéma ensemble qu'il baisent ensemble ou pas mais qui qui discutent ensemble c'est c'est ça qui est important c'est moins les profs qui sont important beaucoup moins les profs en fait faudrait des écoles sans professeur ouais merci beaucoup Annette Messager d'être venu dans les midi de culture nous parler donc de vos œuvres et notamment de cette exposition laissez aller c'est à la galériie Marianne Goodman à Paris jusqu'au 11 mai prochain et vous avez partir c'est cet été que vous partez exposer en Chine c'est ça oui oui à Shanghai qu'est-ce que vous allez le le montrer vous savez déjà ce que vous vous avez déjà en tête ce que vous avez montré ou pas encore ah ben je vous savez il y a une censure en plus là-bas hein donc c'est tout est contrôlé le moindre dessin le moindre si un utérus je sa pas si c'est bien enfin tout est contrôlé donc oui oui oui oui oui oui c'est c'est compliqué vous savez c'est une grosse c'est très grand le lieu donc c'est une rétrospective et j'en fait pas mal à l'étranger vous pourrez pas vous laisser aller dans le dans le choix le choix de vos œuvres pas tout à fait pour pour finir Anette messager nous avons choisi deux chansons l'une sur les peluches que vous avez intégré à certaines de vos œuvres l'autre sur la photo qui font une des branches de votre arbre laquelle souhaitez-vous écouter des deux chansons donc soit peluche soit photo mais c'est qui ces chansons ah ben vous allez le deviner ou le découvrir en les écoutant peluche ou photo [Musique] Peluche la la [Musique] [Applaudissements] la the wasever enjoy not the only train that was left out in the rain [Musique] not toy monkeys oup qui riseetteion de son ce
Xavier Bertrand