Louis Aliot : "Si M. Macron avait bien gouverné la France, il n'y aurait pas de vote de réaction"
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
France Inter, Alibadou, Marion Lourd, le 6-9. 6h23 et à votre micro Marion Lourd, il est vice-président du Rassemblement National, maire de Perpignan et candidat aux élections européennes. Bonjour Louis Alliot. Bonjour. Le président de la République a annoncé hier la cession d'avion Mirage 2000 à l'Ukraine et la formation de 4500 soldats ukrainiens. Qu'est-ce que vous en pensez ?
J'en pense qu'on met un peu plus le doigt dans l'engrenage et que je sens autour de nous beaucoup de gens inquiets parce que c'est un peu plus rentrer dans cette guerre dont il faut évidemment tout faire pour qu'elle s'arrête mais dont on peut s'interroger sur les raisons qui poussent le président Macron à être, j'allais dire, dans cette coalition de plus en plus entreprenant alors que la France n'a même pas les moyens d'assurer sa propre sécurité la plupart du temps.
Alors ça ne vaut pas le coup d'aider l'Ukraine à se défendre ?
Si, ça vaut le coup mais il faut regarder à quel prix et dans quel domaine. Donc je pense que pour que l'Ukraine se défende, oui, ces mirages serviront-ils à ça ? Je ne sais pas.
Mais c'est ça dont ils ont besoin, c'est de matériel, c'est ce qu'ils disent.
D'accord, mais vous savez, moi j'ai siégé à la commission de l'Assemblée Nationale de la Défense et notre armée manque de moyens. Notre armée n'a pas les moyens d'assurer la propre défense de notre propre pays. Et donc encore une fois, je pose la question, qui va payer d'abord ? Et puis quel matériel va-t-on remplacer une fois que ces mirages seront partis en Ukraine ?
Donc qu'est-ce qu'il faut faire pour l'Ukraine ?
À faire tout ce qu'on fait déjà. On est intervenu, on a fourni des canons César, on a formé des gens, etc. Et puis surtout, diplomatiquement, je pense qu'il faut faire pression. Et puis on a aussi beaucoup accueilli de réfugiés ukrainiens, y compris à Perpignan, d'ailleurs, où j'en ai accueilli 300.
C'est très bien, mais ça ne va pas mettre fin à la guerre d'agression de la Russie contre l'Ukraine.
Parce que vous croyez que c'est en fournissant des mirages et des bombes que vous allez mettre fait à la guerre d'agression ?
Non, je vous pose la question de ce qu'il faut faire.
Je vous dis, diplomatiquement, et puis on est un pays aujourd'hui, une puissance moyenne. Et c'est les Etats-Unis aujourd'hui qui sont leaders dans la défense de l'Ukraine. Eh bien, il faut peut-être aussi regarder ce que font les Américains. Et j'ai l'impression qu'au moment où M. Biden fait un pas de retrait, et M. Macron, lui, fait un pas d'avant.
Alors, Louis Alliot, dans un entretien sur France 2 et TF1 hier, le président de la République a mis en garde contre l'arrivée d'un grand nombre de députés européens d'extrême droite à Bruxelles qui pourraient, selon lui, bloquer l'Europe. Il parle d'une minorité de blocage qui empêcherait, d'après lui, l'Europe des vaccins, un plan de relance du type post-Covid, et même la lutte contre l'immigration clandestine. Qu'est-ce que ça vous inspire, ça ?
Écoutez, ça m'inspire que s'il avait bien gouverné la France, je suppose qu'il n'y aurait pas de vote en réaction à la mauvaise gouvernance de la France. Il devrait s'interroger sur la manière dont il gouverne.
Donc, ce n'est pas un vote d'adhésion à votre projet, c'est un vote de réaction ?
Il y a deux choses, vous savez, dans les projets, vous avez des votes d'adhésion et des votes de réaction, et c'est valable pour tout le monde. Je ne pense pas que M. Macron ait été élu deux fois par un fort vote d'adhésion, figurez-vous.
Et donc, qu'est-ce que ça vous inspire ? C'est-à-dire, est-ce que vous pensez effectivement que...
Ça m'inspire que c'est la tarte à la crème de la politique de M. Macron. Dès qu'électoralement, il est en difficulté, l'extrême droite, l'extrême droite, l'extrême droite, ça va se terminer parce qu'il va finir par banaliser l'extrême droite, parce que je rappelle que le Rassemblement National n'est pas l'extrême droite, et que l'Europe a besoin d'une politique...
Il ne parle pas de vous quand il dit ça, donc.
L'Europe a besoin d'une politique alternative à la politique qui est menée maintenant depuis 30 ans par notamment la Commission européenne, dont on a vu les dégâts qu'elle provoque dans la ruralité, dans l'agriculture, dans l'industrie, et j'en passe, et des meilleurs.
Et à ce jour, Louis Alliot, vous faites partie d'un groupe Identité et Démocratie qui est limité par un cordon sanitaire. Ça veut dire que la plupart des postes d'influence échappent à votre groupe et que les coalitions sont compliquées, voire impossibles. Quel impact réel d'un vote RN le 9 juin ? Est-ce que finalement, pour pousser le raisonnement jusqu'au bout, le vote utile, ce n'est pas le vote reconquête qui siège avec un groupe qui ne fait pas l'objet, lui, d'un cordon sanitaire ?
Oui, c'est assez curieux d'ailleurs, parce qu'en France, il ne se reconquête pas pour un parti extrémiste. Et au niveau européen, certains commentateurs le défendent en disant que lui s'intègre à d'autres groupes. Vous savez, on milite aujourd'hui, on travaille d'ailleurs à la constitution d'un grand groupe européen, à la fois patriote et souverainiste, et dont précisément les conservateurs européens font partie.
Alors ce cordon sanitaire, d'abord, ça n'en est pas un, puisque nous avons un groupe, et ensuite, vous savez, ce n'est pas indéfini, les négociations sont permanentes, et je pense qu'à partir du moment où il y a la plus grosse délégation de députés européens sera française, il va bien falloir que les institutions et les autres groupes en tiennent compte.
Louis Alliot, vice-président du Rassemblement National, maire de Perpignan, est candidat aux élections européennes en dernière position de la liste. Merci beaucoup de nous avoir répondu sur Inter.
Louis Aliot