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Podcast / conversationPublic Sénat· 11 juillet 2026 49 minDivertissementCulture, médias & sportNumériqueÉducation & recherche

Destination Francophonie au Maroc

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 100 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 3:00Zuber BenbouchtaFait
    « Le Riyad Sultan prête son nom de ce fameux jardin le plus vieux parmi les... C'est l'un des vieux jardins andalous au Maroc, qui fait partie de l'enceinte du palais du sultan d'Armxin, qui remonte au XVIIIe siècle. »
  • 6:00Stéphanie GahouFait
    « On continue à cultiver des livres en français, malgré une mode très anglophone au Maroc. »
  • 10:00Salma BalawanFait
    « Je travaille actuellement sur la co-création entre IA et la sensibilité de la main des artisans. »
  • 17:00PeggyChiffre
    « Ils vont développer le français et l'arabe, ça c'est un chef. Mais l'anglais, on a certains élèves qui vont aller faire des études en Angleterre, des études aux États-Unis. »
  • 23:00Sarah JabriFait
    « Meknes mérite d'être une destination culturelle à part entière. »
  • 30:00AliaFait
    « La langue française est un canal essentiel pour faire transmettre nos valeurs, transmettre notre culture et notre patrimoine au monde entier. »

Modèle mistral-small-2603 · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Bienvenue à Tanger. Bonjour et bienvenue au Maroc. Je vous propose un voyage inédit, une traversée francophone de ce pays, de Tanger la cosmopolite jusqu'aux confins du Sahara, à Layoun et à Tarfaya.

Du nord au sud, je veux vous emmener hors des sentiers battus de la francophonie ici au Maroc. De l'effervescence urbaine jusqu'aux vastes étendues désertiques, nous allons partir ensemble sur les routes de ce pays francophone où le français n'est ni langue officielle, ni une langue morte, mais bien une langue vivante, une langue d'expression, de création et de transmission. Notre voyage commence tout au nord du pays, tout près du détroit de Gibraltar, dans la ville de Tanger.

Et pour me faire découvrir celle qu'on surnomme justement la ville du détroit, mais aussi la ville blanche ou encore la porte de l'Afrique, j'ai rendez-vous avec un dramaturge et un directeur de théâtre, il s'appelle Zuber Benbouchta, c'est un Tangerois de cœur, il m'a donné rendez-vous dans son théâtre. Avec lui, nous allons explorer cette ville qui a un dernier surnom, c'est la ville des artistes et des écrivains. Alors vous êtes prêts ?

C'est parti pour un voyage en francophonie à travers le Maroc. Zuber est une voix importante du théâtre marocain. Autodidacte, passionné, il s'est imposé comme metteur en scène et auteur, avec des pièces traduites en plusieurs langues.

Sa principale source d'inspiration, c'est Tanger, une ville qu'il connaît par cœur, qu'il explore sans relâche, à l'écoute de ses rues, de ses gens et de ses artistes. Son engagement ne s'arrête pas à la scène. À la tête du théâtre Riyad Sultan, au cœur de la Médina, il a fait de ce lieu un espace ouvert, vivant et accessible.

On y voit du théâtre, on y écoute de la musique, on y lit aussi, grâce à la plus grande bibliothèque théâtrale de Tanger, et des artistes y trouvent refuge pour créer. Zuber défend une idée simple, la culture doit être accessible à tout le monde, et il en fait une réalité jour après jour dans sa ville de Tanger. Bonjour Zuber !

Bonjour Yvan ! Je suis ravi de te rencontrer ! Moi aussi !

Pourquoi ton théâtre s'appelle le Riyad Sultan ? Le Riyad Sultan prête son nom de ce fameux jardin le plus vieux parmi les...

C'est l'un des vieux jardins andalous au Maroc, qui fait partie de l'enceinte du palais du sultan d'Armxin, qui remonte au XVIIIe siècle. Juste après 1979, ça est resté abandonné, non fonctionnel. Et moi j'ai pensé toujours d'installer en terre de proximité, donc voilà, j'ai eu cette chance, je ne voulais pas la lâcher.

Est-ce que la ville de Tanger, elle est réputée pour être la ville des écrivains et la ville des artistes ? Avant c'était une ville qui inspire les écrivains, les artistes, autant qu'aux créateurs. C'est-à-dire c'était une ville de résidence, de création, etc.

Mais maintenant, avec tout ce panel d'infrastructures culturelles, d'installations culturelles qui existent depuis, juste après le Covid à Tanger, Tanger est devenu pour ces artistes et ces écrivains, non seulement un lieu de création ou de résidence, mais aussi de diffusion et de rencontre avec le public et de partage. Bon, tu me fais visiter ta ville de Tanger ? Avec plaisir.

On y va ? On y va. Ah ben c'est parti.

Yallah. Ah, c'est comme ça qu'on dit au Maroc. Yallah.

Ah, c'est magnifique. Donc ça c'est Café Culture et Chiffa, j'aimerais bien t'en parler parce que c'est un romancier et écrivain qui l'a fondé, qui s'appelle Yussef Chivar. Avant c'était un atelier de couture, mais lui il achetait ce coin pour installer un café culturel, voilà.

Donc c'était un atelier de couture, c'est un atelier de culture maintenant. Exactement, c'est pour tisser les liens entre les mentalités et les civilisations. Et les Tangérois.

Et les Tangérois, bien sûr. Voilà, c'est le petit Soko, c'est le lieu où là où se rencontraient pas mal les habitants, les étrangers, les marins, parce que c'était aussi un lieu qu'on découvre dès qu'on arrive de côté mer du port à Tangier. Et ce lieu, il a une histoire aussi littéraire alors ?

Il a une histoire littéraire, bien sûr, parce qu'il était toujours fréquenté par des écrivains, des peintres. Par exemple, dans ce café, il y avait des écrivains qui sont passés. Paul Bowes, Jean Genet, Tennessee Williams par exemple, il a imaginé pas mal de ces pièces ici.

William Boros, bien sûr, Jacques Kerouac, Mohamed Choukri, Mathis, Delucroix, ils sont tous passés par là. C'est toute une histoire, le petit Soko, c'est un village, c'est un village à part. Au cœur de Tangier, il y a un lieu culturel incontournable, la Librairie des Insolites.

En 2021, elle reçoit le prestigieux prix de la Librairie Hors de France, décerné par le magazine Livre Hebdo. Bonjour et bienvenue à la Librairie des Insolites. à Tangier.

Stéphanie Gahou est l'une des Françaises les plus connues de Tangier. C'est elle qui a créé il y a 15 ans cet espace hybride qui allie librairies, galeries d'art et espaces de rencontres. L'idée, quand je me suis installée à Tangier, c'était d'installer un lieu aussi dans la ville qui bouscule un peu ce que j'ai toujours appelé le mythe de Tangier parce que j'avais le sentiment que cette ville, elle était un peu enquistée dans son passé.

Et moi, ce qui m'intéressait à Tangier, c'était que c'était une ville africaine, même si elle a été beaucoup racontée par les Occidentaux, par les Européens, par les auteurs étrangers. Elle a été vue depuis l'extérieur. Mais pour moi, c'était une porte d'Afrique.

Et d'ailleurs, quand on arrive d'Europe, c'est la porte de l'Afrique. Et j'avais envie de réinscrire cette ville dans son africanité. Donc voilà, c'était aussi depuis 15 ans de montrer d'autres regards, d'autres voix, d'autres discours, d'autres récits.

On continue à cultiver des livres en français, malgré une mode très anglophone au Maroc. L'idée, c'est de pouvoir lire le plus possible de livres pour conseiller le mieux possible des clients. La photo, ça fait partie de l'activité galerie de la librairie.

Ce que j'aime particulièrement, c'est mettre en avant des artistes émergents, dont c'est la première exposition aux Insolites. Ça me permet de les accompagner sur la promotion d'une exposition, sur ce qu'on appelle l'éditing. Enfin, je suis un peu une maman pour beaucoup de photographes.

Le terme est un peu trop affectif, mais c'est quand même le cas. Cette collection, elle est intéressante parce qu'elle a été créée à Tangier par une artiste américaine qui s'appelle Elena Prentice. Elle a créé ses livres avec des formats taille-carte postale qui font intervenir des auteurs, des photographes, des témoignages de Tangier.

Donc, c'est une multitude de voix pour raconter Tangier que je trouve vraiment intéressante. C'est une des maisons d'édition qu'on met beaucoup en avant à la librairie. Quand on arrive ici, ce qu'on a en face de nous, c'est l'Espagne.

Oui, et l'Espagne, c'est notre miroir de chaque jour. Chaque matin, c'est mon chemin quotidien de toujours. On est à combien de kilomètres, là, à peu près ?

C'est 14 kilomètres. 14 kilomètres. Donc, il y a deux côtes qui se miroident, quoi.

On est vraiment dans un bain hispanophone, dans cette partie du Maroc. Hispanophone, mais à Tangier, on a toujours cette...

Quoi ? On a une habitude de parler plusieurs langues dans une phrase. C'est-à-dire, on dit toujours à la Tangéroise.

Tu peux trouver un mot en anglais, un peu en allemand, en italien et en français, en espagnol, en arabe. Bon, il faut que tu m'apprennes à parler Tangéroise. Ben, quand tu veux.

Il faut que je reste ici un peu. Tu vas t'inscrire. Difficile de ne pas tomber sous le charme de Tangier en déambulant dans ses rues aux côtés de Zoubert.

Il me guide avec passion à travers les lieux qui nourrissent son imaginaire. Ruelles sinueuses, façades discrètes, maisons chargées d'histoire, mais aussi des espaces culturels emblématiques, comme la salle Beckett de l'Institut français, qui continue de faire vibrer la tradition théâtrale tangéroise entre ses murs. Pour terminer cette promenade, Zoubert m'amène vers son lieu préféré, l'endroit magique où l'océan Atlantique et la Méditerranée se rejoignent.

Voilà, là, à la fin de cette belle journée que j'ai passée avec toi, je t'amène à cet endroit que j'aime beaucoup. C'est la plage préférée. Je la considère comme ma chambre maritime.

Et en plus, je suis très copain avec le coucher de soleil. Donc, c'est ici que je pars au soleil. Au soleil qui se couche.

Qui se couche parce que je lui confie mes secrets, mes inquiétudes, mes joies aussi. Zoubert, qu'est-ce qui t'inspire le plus, finalement, dans ta ville de Tangier ? C'est le mystère.

Tangier, c'est une ville ouverte sur ses mystères. Comme il est ouvert sur ses deux mers. C'est pourquoi il inspire les écrivains et les peintres.

Parce que quand il y a un mystère, on aime toujours comprendre. C'est pourquoi ça provoque l'écriture, la création et tout, pour comprendre le monde. Ici, on est tout proche de l'Espagne.

Et pourtant, Tangier se vit en français. Qu'est-ce que la langue française apporte dans ta vie d'écrivain, de dramaturge, de directeur de théâtre ? Pour moi, le français, c'est une fenêtre sur le monde.

Sur le monde, c'est-à-dire sur la culture. J'ai fait beaucoup de résidences d'écriture à Paris, par exemple. Je travaillais avec des artistes, etc.

Et c'est là où j'ai eu des opportunités pour perfectionner le français et lire, lire, lire, lire beaucoup. Tu vois, le mystère, c'est que je suis tangérois et je découvre le monde à travers le français et pas à travers l'espagnol. Si tu avais un mot pour définir le Maroc, ton pays, ce serait lequel ?

Je ne trouverais pas mieux que cette signification qui a donné le feu Hassan II au Maroc. C'est-à-dire que le Maroc est un arbre qui a ses racines enracinées dans l'Afrique et qui a ses branches qui s'étalent et s'envolent en Europe et dans le monde. Merci de m'avoir fait découvrir ta ville de Tangier.

C'est la première étape de mon voyage ici au Maroc. Et je crois que si tu es d'accord, on peut profiter ensemble du coucher de soleil ? Je t'invite.

Avec plaisir. Dans la ville de Tétouan, une ville extrêmement réputée pour son architecture andalouse, on l'appelle même la Fille de Grenade. Alors que ce soit à Tangier et encore plus à Tétouan, vous l'avez compris, nous sommes ici dans une zone d'influence espagnole.

Et c'est justement ce qui m'intrigue. Comment vit la francophonie dans cette ville très marquée par l'histoire hispanique et qui est un petit peu en dehors des circuits touristiques ? Pour le découvrir, j'ai rendez-vous avec Salma Balawan, c'est une artiste numérique tétouanaise.

Mais avant ça, petit détour par le nord-est du pays, direction Gersif, pour vous présenter un projet étonnant. Alors vous êtes prêts ? C'est parti sur les routes marocaines.

Bienvenue dans la région de l'Oriental, en périphérie de la ville de Gersif, pour découvrir un projet culturel unique porté par l'Institut français du Maroc, le Bibliotobis. Ce bus culturel et multimédia itinérant, entièrement conçu à partir d'un conteneur transformé, fait office de véritable médiathèque mobile. Chaque mois, le Bibliotobis parcourt une région du Maroc pour offrir aux élèves des écoles rurales ou périurbaines un accès privilégié à la culture.

Sur ces 56 mètres carrés aménagés, grâce à une collaboration entre entreprises marocaines et françaises, il propose 300 livres en français, arabes et amaziques, des contenus numériques accessibles via des tablettes et des casques de réalité virtuelle et une immersion dans les collections de musées français et francophones. Mois travaille à l'Institut français de Rabat. Il suit ce projet depuis son lancement il y a 4 ans.

Pour lui, le Bibliotobis est une sorte de 13e institut français, à la fois mobile et accessible, qui vient compléter les 12 établissements culturels français permanents présents sur le territoire marocain. Ce qui me plaît dans le Bibliotobis, c'est que plus on découvre une langue, plus on veut la parler, plus on veut regarder des films dans cette langue, etc. C'est ce qui me motive personnellement et puis la médiation culturelle me tient à cœur.

L'idée de ce projet, c'est que ces jeunes derrière moi puissent avoir accès à cette petite dose qui permettra par la suite d'aller voir des concerts, d'aller au cinéma, d'aller au théâtre, et que tout ce champ de possibles puisse être devant eux. Dans la région de Gersif, ce sont les élèves de 17 écoles qui bénéficieront des activités du Bibliotobis pendant 15 jours grâce à un partenariat étroit entre l'Institut français et les autorités éducatives locales. Pour Jamal, le directeur de l'école où le Bibliotobis a fait escale, ce projet est bien plus qu'un événement exceptionnel.

Imaginez notre attente quand on attendait l'arrivée du Bibliotobis, c'était vraiment fantastique. Il est arrivé la nuit, même la nuit, on était tous là. Moi et les habitants, on attendait avec impatience ce projet.

J'étais ébloui par tout le contenant du Bibliotobis, les ateliers, les techniques, le musée artistique, bien sûr. Tout ça va les aider dans leur apprentissage et aussi il va concilier les liens sociaux entre les élèves et essaie de profiter de ce Bibliotobis le maximum possible. Salma est l'une des figures montantes de l'art numérique au Maroc.

Diplômée de l'Institut national des beaux-arts de Tétouan, elle poursuit actuellement un doctorat en arts des images et arts contemporains à l'Université Paris VIII. Depuis plusieurs années, elle développe un projet ambitieux, une visite virtuelle interactive du Centre d'art moderne de Tétouan. Ce dispositif innovant permet au public d'explorer les ateliers d'artisans locaux et de découvrir leurs œuvres depuis un espace numérique immersif.

En installant un pont technologique entre tradition et innovation, Salma met en lumière les savoir-faire patrimoniaux tout en leur offrant une nouvelle vie à travers des outils numériques. Au cœur de sa démarche se trouve une volonté forte de valoriser et de sauvegarder l'artisanat marocain, en particulier celui de Tétouan, sa ville de cœur qu'elle me propose de découvrir avec elle. Salut Salma !

Bienvenue à Tétouan ! Merci, je suis ravi de te rencontrer. Et puis tu m'accueilles dans une place en plein centre de Tétouan.

Ça ressemble un petit peu à l'Espagne quand même. Ah oui, c'est un espace bien animé qui fait partie de l'architecture ensanchée. C'est l'extension de la ville influencée par l'architecture arabo-hendelous et espagnole.

Oui, parce qu'ici on est tout proche de l'Espagne. Les Espagnols sont restés longtemps ici ? Exactement.

Ça se voit à travers le style architectural mélangé entre tout ce qui est hendelous et le style nio-classique. Alors par conséquent, ça donne ce qu'on appelle le nio-arabe. Et puis on a même derrière nous une église.

Ah oui, c'est l'église de la ville. C'est comme Notre-Dame de Tétouan. Tu me fais découvrir ta ville de Tétouan ?

On y va ! Allez, c'est parti ! Alors là Salma, on quitte la ville moderne et derrière les remparts, c'est la Médina.

Oui, c'est l'ancien Médina de Tétouan, construite je pense en 15e siècle. C'est l'une parmi les plus petites Médinas du Maroc, mais il est bien conservé. D'accord.

Bienvenue à l'espace Fuddin avec cette magnifique vue sur l'ancien Médina. En fait Salma, il n'y a pas beaucoup de Médina comme ça au Maroc, à flanc de colline. Justement, ça reflète toute une culture de la cohabitation et reflète aussi la solidarité entre les habitants et les gens tétouanés.

Il y a vraiment une proximité des gens ici à Tétouan. Exactement. Salma, cette place est très grande.

Qu'est-ce qui se passe habituellement ici ? Justement, c'est un espace de croisement et de rencontre de Tétouanais. C'est un espace d'ambiance dans lequel on fait souvent des projections, des films, d'animation et d'autres activités culturelles.

Bon, tu me fais visiter la Médina ? Yalla ! On va vers cette petite ruelle pour entrer l'ancien Médina.

D'accord, là, par la petite porte. Yalla ! C'est très très éte, moi.

Je te suis. Oui. Ah oui, Salma, quand tu arrives ici, il y a un petit contraste quand même entre le vide de la grande place et puis ici, c'est super animé.

Alors, c'est hyper animé, comme toujours. C'est un espace ruel, inspirant. Pour toi ?

Pour moi. Donc, en fait, Salma, tu viens tous les jours ici dans la Médina pour t'inspirer et pour créer ton art numérique. Exactement.

Pour moi, c'est un espace d'interaction entre plusieurs gens qui reflète vraiment cette vie populaire des gens tétoinés et d'autres. Et je me sens vraiment inspirée. Je trouve toujours des trucs, de l'occasion pour les détourner et de toujours créer autre chose.

Alors là, je vois le tamis. C'est un objet parmi mes objets préférés. C'est un objet artisanal 100%.

J'ai travaillé pas mal d'installations avec cet objet parce que je fais le détournement. Je travaille sur le papier blanc, sur plusieurs couches. Et après, je colle tous les cercles du papier sur le tamis.

Et après, je fais une projection de la lumière pour qu'ils puissent traverser l'autre côté et voir le visuel. C'est une sorte d'une co-création entre artisans et artistes. Génial !

Des métiers d'artisanat comme la fabrication des chapeaux, le tissage des papiers, ça donne vraiment une diversité et de la richesse de la ville de Tétouin. Et bien sûr, les tapis. Oui, le tapis m'inspire d'une façon spéciale parce qu'il fait partie de mon projet du doctorat.

Je travaille actuellement sur la co-création entre IA et la sensibilité de la main des artisans. Salma me propose de passer par le musée Bab el-Okla qui offre une immersion profonde dans l'âme de Tétouin à travers ses collections artisanales et ses pratiques culturelles. C'est sur la terrasse du musée qui surplombe la ville que j'ai envie d'en savoir plus sur l'engagement de Salma pour la transmission et l'innovation culturelle.

Le numérique, les nouvelles technologies, pour toi c'est un bon moyen de faire découvrir aussi ce patrimoine marocain qui t'est si cher ? C'est comme une invitation pour les gens pour venir à Tétouin et voir les styles architecturaux qui ont très varié. Voir les artisans faire des collaborations et des créations variées.

Qu'est-ce que tu aimes finalement le plus dans ta ville de Tétouin ? J'aime beaucoup les promenades du matin. Il y a vraiment une sensation de sécurité.

Je me sens à l'aise, comme la nostalgie vers le passé. Je vois que Tétouin reste parmi les villes rares qui préservent le passé et qui gardent aussi cette vision moderne vers le futur. Si tu avais un mot, Salma, pour définir ta ville de Tétouin, ce serait lequel ?

Tétouin, c'est la ville spirituelle pour moi. Je me sens sécurisée. Je me sens qu'il m'inspire pour créer chaque fois.

Et si tu avais un mot pour définir ton pays, le Maroc ? Le Maroc à visiter. À visiter, ça c'est sûr.

Je te remercie de m'avoir fait découvrir ta ville de Tétouin. Je vais continuer ma visite du Maroc. Mais tu sais, tu m'as vraiment donné envie de revenir à Tétouin.

Mais tu es le bienvenu le temps que tu veux. Merci beaucoup, Salma. Merci.

Cap, maintenant vers le sud, à Meknes, l'une des quatre villes impériales du Maroc. Elle est moins touristique que Fès ou Marrakech et c'est pour cela que j'aimerais vous y emmener. Et pour découvrir cette ville autrement, j'ai rendez-vous avec Sarah Jabri, une jeune femme marocaine qui a Meknes chevillé au cœur.

Fille de Meknes, comme elle aime se définir, Sarah Jabri incarne avec fierté l'attachement à ses racines. C'est sur les bancs de l'école publique de sa ville qu'elle découvre la langue française, qu'elle manie aujourd'hui avec aisance et professionnalisme dans ses reportages pour la chaîne nationale marocaine 2M qui propose de l'information et des programmes en français. Son parcours l'amène d'abord à Rabat, la capitale, où elle se forme au journalisme, puis vient Casa Blanca, où elle affine son expérience au sein des rédactions.

Mais malgré les opportunités des grandes villes, le cœur de Sarah reste à Meknes. Fidèle à sa terre natale, elle y revient pour couvrir l'actualité locale et régionale en français pour la 2M, offrant une voix médiatique à une ville souvent discrète. C'est donc un visage et une voix francophone de Meknes que je m'apprête à rencontrer.

Bonjour Sarah ! Bonjour Yvan ! Ici, c'est trois bises, une d'un côté, deux de l'autre, pour bien accueillir les invités et pour les faire sentir comme s'ils étaient chez eux, parce qu'on a l'art de recevoir ici à Meknes et partout au Maroc.

Ça, je l'ai remarqué ! Et tu m'accueilles dans une place assez impressionnante. C'est la place L'Edim, c'est le cœur battant de la Médina de Meknes, la Médina qui est inscrite au patrimoine mondial de l'UNESCO.

C'est un espace à la fois commercial et aussi historique et culturel. Mais le soir, vraiment, cette place se transforme en véritable théâtre à ciel ouvert, avec des artistes de rue, des conteurs, il y a des charmeurs de serpents, des musiciens, des acrobates. Et Meknes est aussi l'une des quatre villes intérielles du Royaume du Maroc.

Alors tout à fait, elle fut la capitale du temps du sultan Moulaï Smaïl. Et d'ailleurs, tous ses remparts et tous ses monuments historiques témoignent de cette époque glorieuse de la cité. Et en même temps, les touristes ne s'arrêtent pas forcément dans ta ville à Meknes ?

Malheureusement, malheureusement, effectivement, on s'aperçoit que les touristes prennent Meknes pour une ville de passage. Et donc vraiment, Meknes mérite d'être une destination culturelle à part entière. Bon, je sens que je vais adorer Meknes avec toi, que je vais peut-être avoir envie d'y rester.

Tu me fais découvrir ta ville ? Alors, je te propose, pour commencer, un petit tour à la Médina. Allez, on y va !

Bienvenue chez vous, bienvenue, les épices marocaines, c'est de l'art culinaire. Bienvenue au Maroc ! Alors Yvan, je te propose maintenant de visiter, de découvrir un peu le marché de la place Lerdim, de la Médina.

C'est ici que nous, Meknesi, venons pour faire nos emplettes pour les grands jours, les fêtes, le mois de Ramadan, pour s'approvisionner en épices, en gâteaux, en cadeaux aussi, parce qu'il y a des produits de l'artisanat. Et puis, alors, Sarah, ça sent très très bon. Alors, tu peux ressentir toutes les odeurs, ces odeurs d'épices, ces odeurs d'olives, de dates, de gâteaux traditionnels.

Et c'est la fleur de rose, justement ? Voilà, c'est les fleurs de rose de la région du Sahara et du Maroc. Et on a aussi le saffron du Maroc.

Indispensable pour la cuisine. Indispensable pour la cuisine marocaine. C'est très très bon pour la cuisine du Maroc.

Et on a aussi un parfum solide qui s'appelle ombre. Ça, il reste 10 ans de garantie. Tu peux mettre de la valise, de la placard, de les amoirs.

Comment tu trouves ? Génial. 10 ans de garantie, alors.

Alors là, je sens bon pour 10 ans, mais je t'avoue, quand je vois tout ce qu'il y a autour de nous, j'ai quand même un petit peu l'eau à la bouche. Alors, ça tombe bien. Je te propose de goûter des petites douceurs locales que tu ne trouveras nulle part ailleurs.

Je suis certaine, ça ne va pas te laisser demain. Qu'en dis-tu ? J'ai l'impression quand même, Sarah, que tu veux me faire rester à Meknes.

Oui, tout à fait, tu as raison. On y va ? On y va.

Merci Reda, au revoir. Au revoir Reda, merci beaucoup. Au revoir.

Au revoir. Au revoir. Alors, bienvenue Yvan.

Nous sommes dans l'un des ateliers de pâtisserie traditionnels les plus anciens de Meknes. Et c'est tenu par un monsieur qui perpétue une tradition familiale. Et donc, comme tu peux le voir, ces femmes reproduisent des gestes qui sont transmis de génération en génération.

Ils sont en train de préparer un gâteau emblématique de Meknes et du Maroc. Pourquoi tu venais ici quand tu étais petite ? Alors, tout à fait, ça n'a pas changé.

Ça évoque beaucoup de souvenirs d'enfance, puisque j'avais l'habitude de venir ici avec ma grand-mère pour faire nos emplettes avant les fêtes religieuses, avant le Ramadan aussi. Et c'est vraiment, je pense, c'est une volonté des propriétaires. C'est de préserver l'authenticité de ce savoir-faire.

Moi, je suis très impressionné. Je suis en train de les regarder travailler. Il faut quand même beaucoup de dextérité pour faire toute cette jolie fleur en gâteau.

Elles ont appris ça de leur maman, donc c'est vraiment transmis de mère en fille. Et elles reproduisent, elles aussi, ce savoir-faire. Ça te donne peut-être envie de goûter ?

Oui. Oui. J'espère que tu n'es pas au régime.

Non, pas grave. Je suis prêt à prendre beaucoup de kilos avec toi. Ça vaut le détour.

Ça vaut le détour. Alors, on va en cuisine. Ça va.

Alors, Yvan, bienvenue dans les coulisses de cet atelier unique. Nous sommes avec M. Nabil.

Bonjour. C'est l'héritier d'une grande famille de pâtissiers ici. Nabil, qu'est-ce que vous voulez transmettre à travers toutes vos pâtisseries à vos clients ?

Alors, pour lui, trois choses sont sacrées. C'est la recette ancestrale, c'est la qualité des produits et c'est aussi la transmission d'un corps. C'est vraiment sacré dans sa famille et c'est ce qu'il veut faire passer.

Bon, je te propose de goûter. Oui, l'idée. Ah là là.

Merci. Allez. S'habraha.

Bon appétit alors. Merci. Je crois que je vais rester avec la sain.

Qu'en penses-tu ? Paradis. Là, je te fais découvrir un autre visage de Meknes.

C'est la nouvelle ville. C'est un espace beaucoup plus dynamique, beaucoup plus jeune et où l'art urbain vraiment trouve toute son ampleur. Il faut savoir que les premiers graffeurs marocains, ils sont Meknesi.

Ce sont vraiment des artistes talentueux qui pratiquent cet art urbain mais qui, à travers justement ces fresques et ces réalisations, tentent de valoriser le patrimoine de la ville et de rendre hommage et valoriser tout le patrimoine culturel et toutes les traditions de Meknes. Donc voilà, à mi-chemin entre authenticité et modernité. Tradition, modernité.

Tout à fait. Ça, c'est Meknes. Avant, s'il y avait à choisir un seul lieu à te faire découvrir ici à Meknes, ça serait incontestablement ce bassin impressionnant, le bassin Sarij-Souani.

Il a été construit par le sultan Moulay Ismail et donc il sert toujours de réservoir d'eau. Et puis ce qu'il aura encore plus magique, c'est qu'il continue à émerveiller et à vivre. Sarah, ça se voit, tu adores ta ville de Meknes.

Et qu'est-ce que tu aimes le plus finalement dans ta ville ? Alors ce que j'aime le plus, c'est qu'elle soit située à mi-chemin entre modernité et authenticité. Elle a une beauté vraiment impressionnante, mais discrète.

Des monuments historiques impressionnants. Et c'est son image de ville profondément attachée à son histoire aussi, à son patrimoine. Alors tu fais de la télévision en français.

Qu'est-ce que la langue française t'apporte dans ta vie professionnelle mais aussi dans ta vie personnelle ? J'ai choisi de travailler en français. Non pas parce que j'ai renié ma langue maternelle.

Loin de là, je suis toute fière de cette langue qu'est l'arabe et le dialecte. Mais pour moi, le français, c'est une langue d'ouverture, c'est une langue aussi de passion. Et c'est une langue qui me permet de m'exprimer, de raconter Meknes, de raconter son histoire, ses espoirs et de raconter toutes ses histoires et ses initiatives à travers la ville.

Si tu avais un mot, Sarah, pour définir ta ville de Meknes, ce serait lequel ? Alors ça serait incontestablement éternel. Parce que vraiment, je trouve que Meknes, elle est éternel.

Et si tu avais un mot pour ton pays, le Maroc ? Fierté, profondément fière d'être marocaine. Et profondément fière de représenter mon pays et ses multiples faciles.

Bon alors Sarah, je dois partir dans le sud de ton pays. Je vais même passer par Ben Guérir, mais je vais te faire un aveu. J'ai très envie de rester à Meknes.

Alors j'espère t'accueillir très très bientôt, parce que je peux t'assurer qu'il y a beaucoup de choses encore à découvrir ici à Meknes. Écoute, j'espère te revoir. Merci pour tout.

Bon courage, à très bientôt. Merci à toi Sarah. Avant de poursuivre vers le sud du Maroc, je décide donc de m'arrêter à Ben Guérir.

Une ville étonnante, nichée au cœur d'une plaine désertique. Ici s'élève une cité ultra moderne du savoir, dédiée au développement durable et à l'innovation. Véritable projet pionnier au Maroc et en Afrique, cette ville accueille un campus universitaire de 80 hectares, conçu par le célèbre architecte espagnol Ricardo Bofil.

Au centre de ce projet d'envergure, l'Université Mohamed VI Polytechnique, plus connue sous le nom du M6P. Inaugurée en 2017 par le roi du Maroc Mohamed VI, l'université porte son nom et incarne une nouvelle vision de l'enseignement supérieur. Ce qui fait la singularité de l'UM6P, c'est avant tout son modèle académique novateur, centrée sur la recherche appliquée, l'innovation et l'entrepreneuriat.

Elle se distingue également par son ouverture à l'international, en particulier sur l'Afrique, avec l'ambition d'être une terre d'accueil des talents africains de demain. L'implantation de l'UM6P à Ben Guérir ne s'est pas limitée à transformer le paysage universitaire marocain. Elle a également profondément dynamisé le territoire local en générant la création de nouvelles infrastructures, services et naturellement, d'écoles pour les enfants du personnel de l'université.

Parmi ces projets, l'un des plus emblématiques est l'école Majorelle, un établissement scolaire dont la création a été confiée à la mission laïque française. Cette institution reconnue internationalement pilote un réseau de 108 établissements dans 37 pays, dont 12 au Maroc, avec une pédagogie axée sur la laïcité, le plurilinguisme et l'ouverture interculturelle. En seulement 9 mois, l'école Majorelle a vu le jour, implantée dans des locaux à l'architecture à la fois moderne et fonctionnelle.

Elle accueille aujourd'hui une centaine d'élèves en primaire, dans l'attente de l'extension future vers un collège, puis un lycée, avec pour ambition de proposer à terme l'obtention du baccalauréat français. Parmi les premiers bénéficiaires du projet, Abdel, collaborateur à l'université. Chaque matin, il accompagne ses filles à l'école, convaincues que l'accès à l'enseignement en français est une évidence et une opportunité pour leur avenir.

Pour moi, mes enfants, c'est important qu'ils aient une scolarité en langue française, en français. Déjà parce que notre pays, la deuxième langue étrangère, c'est le français. Nos administrations usent la langue française.

Et aussi, je vois que la langue française, c'est l'avenir aussi. Ce n'est pas que l'anglais. Donc c'est très important pour moi que nos enfants aient leur éducation en langue française.

Allez, au revoir. Bonjour, Mme. Mais l'école ne se limite pas à la seule langue française.

Les matières y sont enseignées en anglais et en arabe, et les enfants passent d'une langue à l'autre avec aisance. Pour Peggy, la coordinatrice pédagogique de l'école, ce plurilinguisme est un atout pour ses élèves. Combien ont-ils de bonbons en tout ?

Neuf ! Alors, comment on va faire d'avoir accès à ces trois langues pour les élèves ? C'est un réel atout.

Parce qu'ils vont développer le français et l'arabe, ça c'est un chef. Mais l'anglais, on a certains élèves qui vont aller faire des études en Angleterre, des études aux États-Unis. Donc il faut qu'ils développent ces trois langues.

Je pense que c'est vraiment un atout pour eux. Le Moyen-Orient, c'est une région du monde qui se développe également. Donc pour eux, continuer à pratiquer l'arabe, c'est vraiment très important.

Et puis bien sûr, le français, parce qu'on est dans une école française et certains aussi vont aller faire leurs études en France. Donc je pense que c'est important pour eux de connaître les trois langues. Pour la mission laïque française, ce projet est emblématique du développement de la francophonie dans cette partie du Maroc.

Explication de Jean-Marc Mériot, son directeur général. Aujourd'hui, la question de la place de la francophonie au Maroc, et particulièrement ici, dans un lien aussi avec un environnement scientifique international et anglo-saxon, c'est aussi réaffirmer la place de la France dans ces environnements aussi d'innovation. C'est-à-dire la France comme étant un territoire d'innovation, au-delà de la pure question de la langue.

Et donc je pense que là-dessus, c'est aussi cette approche culturelle qu'il nous faut être en mesure de pouvoir porter dans nos établissements et dans cet établissement en particulier. C'est un nouveau projet pédagogique, avant tout, qui sera un peu un appartement témoin de ce qu'on a envie de développer dans l'ensemble de nos établissements au Maroc et à travers le monde. Allez, on va quitter la ville nouvelle de Benguérir, direction le sud, cap vers le Sahara, et plus particulièrement la ville de l'Aïoun.

Et pour me faire découvrir cette ville où le français est en plein développement, j'ai rendez-vous avec Alia, c'est la directrice de la future Alliance française de l'Aïoun. Allez, c'est parti ! Bienvenue à l'Aïoun.

Bonjour Yvan. Bonjour Alia. Comment ça va ?

Très bien, très heureux de te rencontrer. Alors, quand j'étais dans l'avion, je regardais par le hublot, il y avait des dunes de sable partout. En fait, l'Aïoun est entourée par le désert.

Oui, c'est un paradis dans le désert. On est vraiment au Sahara marocain, on est vraiment dans un endroit qui vit d'une manière très très agréable. Il y a une hospitalité remarquable, vraiment.

Je le vois quand je te regarde là, la façon dont tu es habillée, je suis vraiment dans le Sahara. Quand on parle du Sahara marocain, on parle de la malhfa comme...

La malhfa. Malhfa. Malhfa.

La malhfa, c'est la tenue traditionnelle que porte la femme saharaui ici qui vit à l'Aïoun. L'Aïoun, c'est une ville aussi qui est en plein développement. Exactement.

Il y a beaucoup d'universités qui se créent ici. Comment tu décrirais cette ville de L'Aïoun ? Si je dis L'Aïoun, je dis la prospérité, je dis la générosité, je dis l'évolution sans cesse.

On focalise plus sur l'être humain qui a un capital majeur ici. Je te propose de partir avec moi à Tarfaïa visiter un musée exceptionnel. C'est bien mystérieux.

Oui, exactement. Mais je profite de l'occasion pour t'offrir un petit joli cadeau des gens de L'Aïoun. C'est l'Ultem.

C'est un symbole de fraternité, un symbole d'hospitalité marocaine. Merci beaucoup. Et là, j'ai l'air d'un vrai saharaui.

Oui, donc on part à Tarfaïa. On y va. On part pour Tarfaïa.

On part. Destination francophonie au Maroc. À Tarfaïa, Alia dirige le département de l'éducation.

Elle a consacré toute sa carrière à favoriser l'accès à l'éducation pour les enfants de la région. Connue de tous pour son engagement, elle a été choisie pour piloter un projet ambitieux, la création de l'Alliance française de L'Aïoun. Cette dynamique nouvelle pour la francophonie s'inscrit dans le contexte de la reconnaissance officielle par la France en juillet 2024 de la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental.

Depuis, l'ambassadeur de France au Maroc multiplie les visites dans la région pour renforcer les liens culturels, éducatifs et économiques. Parmi les acteurs clés de cette présence francophone, l'école Paul Pascon occupe une place centrale. Installée à L'Aïoun depuis 2012, cette école du réseau de la mission laïque française scolarise 247 élèves, tous originaires de la région, de la maternelle jusqu'au baccalauréat, dans un environnement 100% francophone.

Symbole d'une dynamique régionale en plein renouveau, l'école emménagera dans quelques mois dans de nouveaux locaux modernes actuellement en construction. Le chantier est suivi de près par les autorités marocaines et l'ambassadeur de France. Et ça c'est les cours pour les plus grands ?

Pour lui, la francophonie joue un rôle primordial dans cette partie du Maroc. Ici, la francophonie, elle représente une perspective. Elle représente une perspective de développement humain, de développement professionnel, d'un rimage aussi encore plus important au Maroc, qui est quand même un pays francophone.

Il faut savoir que les Marocains, c'est la première communauté d'étudiants en France. Il y aura des jeunes ici qui viendront étudier en France parce qu'ils pourront apprendre notre langue dans nos écoles ou dans notre alliance. Et l'ambition de cette région d'être un trait d'union entre, finalement, l'Europe et l'Afrique et de lui donner toute son importance dans le royaume du Maroc.

C'est aussi à travers le français et la francophonie qu'elle se réalisera. On voit le bienvenu à Tarfaya, entre la mer et le sable. On aime beaucoup cet endroit parce qu'on a l'impression d'être un peu au bout du monde ici.

Et puis Tarfaya, ça a toujours été un port. Oui, exactement. Tarfaya jouait un rôle très important dans le côté commercial.

Ici, on a un port qui a été bâti en 1916 par des Anglais dans un premier temps. Et après, il a été agrandi par les Espagnols. Alors là, Alia, je vois une sculpture avec un avion.

Je commence à comprendre où tu veux m'emmener. Exactement. Donc, on est à Tarfaya.

C'était un escale de l'aéropostale. Donc, Saint-Exopéry a vécu ici à peu près deux ans. Donc, on va découvrir ensemble le musée de Saint-Exopéry.

Et voilà, nous sommes devant le musée de Saint-Exopéry. Je vais te présenter, monsieur Sédet, le directeur du musée. C'est génial, Alia, de trouver un musée Saint-Exopéry, comme ça, au sud du Maroc.

Exactement. C'est toujours intéressant de vivre une partie importante de l'histoire. Et le petit prince nous accueille.

Oui, chaleureusement, il nous accueille. Comme toujours au Maroc. Comme toujours, oui.

Bonjour, Sadat. Bonjour. Bienvenue au musée de Saint-Exopéry.

Bienvenue, madame Alia. Bonjour. Enchantée.

Alors, Antoine de Saint-Exopéry a vécu ici à Tarfaya. Exactement. Il a vécu ici deux ans.

Mais aussi, pour moi, il est né ici à Tarfaya. Parce qu'en point de Saint-Exopéry, qui nous réunisse dans ce moment, c'est l'écrivain. Et l'écrivain est né à Cap-Joubi, Tarfaya, et pas à Lyon.

Et le petit prince est né donc ici, sur les dunes de Tarfaya. C'est là où le pilote rencontre pour la première fois le petit prince. Exactement.

Il a passé 18 mois ici. Et c'est là aussi, comme il disait lui-même, qu'il a commencé à écrire entre désert et mer. Le petit prince, le livre le plus traduit dans le monde.

Et c'est là où il a été conçu. Donc, quand on lit Saint-Ex, on lit son histoire, on lit Tarfaya. Pour cela, on est là au service des générations futures.

Jusqu'à aujourd'hui, on travaille droit avec le ministère de l'Éducation sous la délégation de Mme Alia. Dernièrement, on a fait pas mal d'actions, pas mal de projets, y compris le projet des étoiles du petit prince, en collaboration avec la Fondation Saint-Exupéry pour la jeunesse. Si on veut connaître, si on veut sentir toute l'histoire du petit prince, c'est à Tarfaya qui va venir.

Rien n'a changé, rien n'a changé. La piste d'atterrissage est là, le fort espagnol est là, la maison des pilotes est là, le musée est là. Donc, rien n'a changé.

C'est le seul endroit au monde qui bat toujours au rythme de l'aéropostale et d'Antoine Saint-Exupéry. Il est incroyable ce bâtiment. En face de nous, c'est quoi ?

Oui, exactement. C'est la maison de la mer, Casa del Mar. C'est un bijou au sein de Tarfaya.

Il a été acheté par Hassel Ier et ouvert à la population locale pour mettre fin à la présence anglaise. Et il est là. Il reste là, il nous regarde.

Il reste là. On se met ici ? Oui.

Moi, je trouve qu'en fait, quand tu regardes ce paysage, ça convoque la rêverie. On a l'impression d'être totalement ailleurs. Oui, exactement.

Ça rafraîchit l'âme et ça réchauffe le cœur. C'est vrai. Oui, exactement.

Pourquoi tu as décidé de t'engager dans un projet comme celui de l'Alliance française ? Bien sûr, c'est un projet très ambitieux par lequel on espère vraiment participer dans le réseau international des alliances françaises pour pouvoir, par la suite, montrer notre culture, notre patrimoine local, bien sûr, à tout le monde. Parce que vraiment, ça mérite d'être vu, d'être partagé.

Et ça reste toujours lié avec le roman du petit prince quand il est dit à créer des liens au sud. Inch'Allah. De créer cette famille francophone.

Et justement, Alia, qu'est-ce qu'elle représente pour toi, la langue française ? La langue française est un canal essentiel pour faire transmettre nos valeurs, transmettre notre culture et notre patrimoine au monde entier. Alors, si tu avais un mot, Alia, pour définir ta province que tu aimes tant, ce serait lequel ?

Je veux dire l'hospitalité et la tolérance. Et un mot pour définir ton pays, le Maroc ? Ce serait la perle du monde.

La perle du monde. Ah, c'est très joli. Et je suis très heureux de terminer mon voyage dans la perle du monde avec toi.

Merci. Merci beaucoup. Merci.

Merci. J'espère que cette traversée du nord au sud du Maroc, hors des sentiers battus de la francophonie marocaine, vous a donné envie de découvrir d'autres facettes de ce pays fascinant. Tout au long de ces 1500 kilomètres de voyage, j'ai été très touché de rencontrer des Marocaines et des Marocains très attachés à leur culture, à leur tradition, à leur pays, mais aussi à la langue française qui fait partie intégrante de leur quotidien.

Alors, vous aussi, venez découvrir ce pays authentique. Vous ne serez jamais déçus. Nous, on se retrouve très prochainement sur TV5MONDE pour une nouvelle destination.

D'ici là, portez-vous bien, où que vous soyez sur la blague francophone. Salut.