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interviewRMC (sur YouTube)· 17 juillet 2024

🔮 DIRECT - L'intĂ©grale de l'interview de Marine Le Pen, prĂ©sidente du groupe RN Ă  l'AssemblĂ©e nat...

Transcription automatique. À recouper avec la source d'origine.

sans en nommer de nouveau, ce qui veut dire que les ministres actuels vont expĂ©dier les affaires courantes, c'est le terme. Est-ce que vous dites comme la gauche que la Macronie s'accroche au pouvoir ? Ce qui est sĂ»r, c'est qu'il y a quelque chose d'Ă©minemment gĂȘnant Ă  voir des ministres, puisqu'ils sont toujours ministres, courir les couloirs de l'AssemblĂ©e pour faire voter pour eux, par exemple.

L'article 23 de la Constitution est extrĂȘmement clair. Il y a une incompatibilitĂ© entre un poste gouvernemental et l'exercice d'un mandat. Donc on va se retrouver avec 17 ministres qui sont en mĂȘme temps dĂ©putĂ©s.

Ça s'appelle, quoi qu'on en dise, une violation de l'esprit de la Constitution, puisqu'il y a lĂ  incontestablement une confusion des pouvoirs. Or la sĂ©paration des pouvoirs est un des principes de base de notre dĂ©mocratie. Si l'on comprend, la situation est partie pour durer, puisqu'Emmanuel Macron veut se donner du temps avant de dĂ©signer un successeur.

Ça peut tenir combien de temps ? Et en mĂȘme temps, est-ce qu'il avait vraiment le choix, Emmanuel Macron ? Parce que pour l'instant, l'alternative gouvernementale n'est pas Ă©vidente.

Non, je ne dis pas que l'alternative est évidente. Je crois que chacun aura compris qu'elle ne l'est pas. Mais ce que je trouve étonnant, c'est que le président de la République n'informe pas les Français.

En réalité, les Français ne savent pas ce qui se passe. AprÚs tout, le président de la République aurait pu...

Il a fait une lettre aux Français, il a fait un communiquĂ© hier de l'ÉlysĂ©e. Vous souhaitez qu'il prenne la parole ? Non, mais cette lettre est une vaste blague.

Mais il aurait pu expliquer aux Français que compte tenu du fait que ce que j'avais annoncĂ©, par ailleurs, nous sommes en plein bourbier, et qu'il y a les Jeux olympiques qui arrivent, et qu'il y a un gouvernement qui expĂ©diera les affaires courantes dans l'attente des Jeux olympiques. Or, on n'a pas beaucoup d'explications. Et effectivement, ça donne un sentiment aux Français qui est un peu terrifiant, d'une classe politique qui en rĂ©alitĂ© tourne sur elle-mĂȘme, qui ne parle que d'elle-mĂȘme.

Et je pense que le nouveau Front populaire fait énormément de mal à la démocratie en ce moment. Pour quelles raisons ? Bah écoutez, moi je me mets à la place un peu de leurs électeurs, qui ont disparu des radars totalement, qui s'attendaient à toute une série de promesses plus mirifiques les unes que les autres, et qui voient des gens en train de se batailler entre eux pour des histoires de place.

Vous savez, ces petits jeux partisans que l'on appelait sous la troisiĂšme le crĂ©tinisme parlementaire. Et dans le mĂȘme temps, Marine Le Pen, dit que Emmanuel Macron n'a pas pris la parole, Gabriel Attal l'a fait, il a expliquĂ© que c'Ă©tait au nom de la stabilitĂ©. Est-ce que vous lancez un appel Ă  la responsabilitĂ© aux oppositions, en leur disant, bon, Emmanuel Macron ne souhaite pas faire appel au Rassemblement national, dont acte, mais il faudra quand mĂȘme tout de mĂȘme se mettre d'accord sur un chemin.

Le pays ne peut pas ĂȘtre gouvernĂ© de la sorte. Vous Ă©voquez de la stabilitĂ© pendant les JO, les Jeux Olympiques c'est deux mois, Marine Le Pen, c'est long. Pour l'instant, le pays n'est pas gouvernĂ©.

Le pays n'est pas gouverné. Il n'y a pas de gouvernement. Bon, par conséquent, il n'est pas gouverné.

Il y a un gouvernement d'affaires courantes. Non, il n'est pas gouverné. Et voilà, on gÚre les urgences, il n'est pas gouverné.

Bon, donc il va falloir de toute façon en sortir. Le problÚme, si vous voulez, c'est que moi, je vois bien arriver le gouvernement technique, tel que l'Italie l'a vécu. C'est une bonne solution ou c'est votre pire cauchemar ?

Non, non, mais ce n'est absolument pas une bonne solution. Parce qu'Emmanuel Macron a quand mĂȘme fait la dissolution de l'AssemblĂ©e nationale, soi-disant pour rendre le pouvoir au peuple. Et en rĂ©alitĂ©, c'est la technocratie qui va prendre le pouvoir, sachant pertinemment que la technocratie va Ɠuvrer contre les intĂ©rĂȘts, Ă©videmment.

Peut-ĂȘtre juste pour expliquer ce qu'on appelle un gouvernement technique, Marine Le Pen, c'est un gouvernement de hauts fonctionnaires et d'experts. Oui, c'est un des macronistes, quoi. Et je comprends ce matin...

C'est-Ă -dire un gouvernement Macron, en fait. Je comprends ce matin, Marine Le Pen. Ça fait Ă  peu prĂšs 7 ans qu'on a ça dĂ©jĂ .

Que ça n'a pas votre prĂ©fĂ©rence. Mais dans le mĂȘme temps, il n'y a pas beaucoup d'alternatives Ă  ce stade. C'est soit confier au nouveau Front populaire la tĂąche d'essayer de former un gouvernement, et de ce point de vue-lĂ , lorsque vous dites, nous dĂ©poserons automatiquement une motion de censure, s'il y a des insoumis ou des Ă©cologistes au pouvoir, vous fermez la porte aussi un peu Ă  cette voie-lĂ .

Soit c'est la reconduction du camp d'Emmanuel Macron avec quelques alliĂ©s, peut-ĂȘtre Ă  droite, peut-ĂȘtre Ă  gauche. C'est cette derniĂšre option que vous prĂ©fĂ©rez. En fait, ça vous arrangerait que Gabriel Attalbis reste avec un peu de gauche, un peu de droite ?

Je crois que tout est mieux qu'un gouvernement du nouveau Front populaire, qui n'est pas majoritaire. Moi, j'essaie de penser idées politiques et projets politiques. Pas seulement personne, ça c'est leur magouille, c'est leur posture.

Les personnes, et toi, non c'est pas toi, c'est lui, non c'est pas lui, c'est toi. Je trouve que ça contribue Ă  affaiblir encore plus, si c'est possible, le lien qui existe entre les Français et leurs dirigeants. Moi, ce qui m'importe, c'est que les Français, au moment oĂč nous nous parlons, l'immigration continue Ă  aggraver la situation du pays.

Elle continue Ă  ĂȘtre hors contrĂŽle, l'insĂ©curitĂ© continue Ă  exploser, les problĂšmes de pouvoir d'achat continuent Ă  pourrir l'existence de nos compatriotes et aucune rĂ©ponse n'est apportĂ©e Ă  cela. Donc un gouvernement sera de toute façon Ă  un moment donnĂ© ou Ă  un autre nommĂ© et nous ferons ce que nous avons toujours fait, avec clartĂ© et avec cohĂ©rence. Chaque texte qui nous sera proposĂ©, nous l'analyserons.

S'il est bon pour les Français, nous le voterons. S'il est mauvais pour les Français, nous nous y opposons. Je crois que vraiment, le Rassemblement national représente dans cette nouvelle Assemblée un pÎle de clarté, de transparence, comme il l'a été d'ailleurs dans cette élection législative, et de cohérence politique.

Pour résumer à ce stade, Marine Le Pen, ce que vous nous dites, vous nous dites un gouvernement du nouveau Front populaire, ce serait le pire, un gouvernement technique, ce serait la confiscation, en quelque sorte, du vote des Français. Finalement, la coalition centrale à laquelle appelle Emmanuel Macron...

Non, c'est parce que je vous dis qu'un gouvernement technique, c'est un gouvernement maconier. Mais dans le mĂȘme temps, vous dites ce que propose le camp central, c'est-Ă -dire une coalition de droite et de gauche, ça peut aller. Vous Ă©voquez les textes, on va rentrer dans les textes.

Mais madame Latroux, je suis désolée de vous dire que j'avais prévu tout ça. Je l'avais dit tout ça. Je l'avais dit aux Français, moi.

J'avais dit soit le Rassemblement national aura une majorité absolue, et il est le seul à pouvoir en avoir une, donc à pouvoir gouverner, soit ce sera le bourbier. Bon, c'est le bourbier, puisque tout cela a été prévisible. Vous évoquiez les textes à l'instant.

J'aimerais qu'on entre dans le détail de ce que peut faire cette assemblée, éclatée sans majorité claire pour l'instant. Est-ce que, d'abord question simple, est-ce qu'il faut de la stabilité sur un an ? Il ne peut pas y avoir de dissolution pendant un an ?

Ou est-ce que le rĂŽle du Rassemblement national, ce sera de faire chuter des gouvernements ? Vous l'avez fait pendant le gouvernement d'Elisabeth Borne, dĂ©poser des motions de censure pour essayer de renverser ce gouvernement. Est-ce que lĂ , vous dites, bon, il faut quand mĂȘme un esprit de responsabilitĂ©, c'est intenable pour les Français, tentons pendant un an d'avancer tel qu'il est possible de le faire ?

Mais madame, ça dépend comment le gouvernement se comportera. Il n'y a pas de position de principe à ce stade. Le Rassemblement national a fait, avec ses alliés, prÚs de 11 millions de voix.

Il est le premier parti de France. Il est le premier parti en nombre de députés. Il est le premier parti en nombre de voix.

Est-ce qu'un gouvernement va tenir compte de cela, oui ou non ? Ou est-ce qu'il va faire en sorte de présenter des textes qui vont radicalement à l'encontre de cette expression populaire ? C'est ça la vraie question en réalité ?

Ce sont quoi des textes qui tiennent compte des 11 millions de voix du Rassemblement national ? Quelles vont ĂȘtre vos prioritĂ©s Ă  vous ? Quels textes vous allez poser sur la table pendant les prochains mois ?

Ce sont des textes qui visent à répondre à l'urgence du logement de nos compatriotes. Ce sont des textes qui visent à répondre à l'urgence de l'insécurité qui explose dans notre pays et qui fait des victimes tous les jours. Ce sont des textes qui visent à répondre à une immigration hors contrÎle qu'il faut à tout prix maßtriser.

Ce sont des textes qui visent à faciliter la vie de nos compatriotes en leur donnant plus de pouvoir d'achat et notamment face à l'augmentation des factures de gaz. Une augmentation qui vient d'intervenir. C'est décidé au premier juillet.

C'est cela, je crois, de tenir compte des résultats de l'élection. Pouvoir d'achat, logement, sécurité, immigration. Ce sont des urgences absolues.

Il se trouve que la droite a mis quelques textes sur la table sur le sujet avec des propositions par exemple sur l'aide mĂ©dicale d'État. La droite qui propose l'arrĂȘt de l'immigration contrĂŽlĂ©e, le conditionnement de l'accĂšs aux aides sociales Ă  une durĂ©e de prĂ©sence minimale. Sur le rĂ©galien, la sĂ©curitĂ© que vous Ă©voquez, des peines planchĂ©es avec la suspension des aides sociales pour les dĂ©linquants.

Est-ce que ce sont des mesures qui vont dans le bon sens ? Est-ce que vous dites, il y a un chemin qui se décide ? Madame Latrousse, ce sont des mesures qui sont dans le projet du Rassemblement national, qui sont presque issues du projet du Rassemblement national.

Vous imaginez bien qu'il y a des textes...

Vous le renvoquiez par le comme vous ? Là, pour le coup, pardon, mais je crois que c'est évident pour tout le monde. Donc si ce sont des textes qui proposent évidemment ces mesures-là, bien entendu, nous les voterons.

Parce que je crois que c'est la volonté de la majorité des Français. La majorité des Français veulent qu'on s'attaque à l'insécurité, veulent qu'on s'attaque à l'immigration, et pas seulement à l'immigration clandestine, mais aussi au record d'immigration légale qui a été celui imposé par Emmanuel Macron. Donc bien entendu que sur ces textes-là, il y aura le soutien du Rassemblement national.

Maintenant, pardon, mais moi j'ai vu LR et la Macronie, comment ils ont fonctionné dans les deux derniÚres années. C'est grùce à LR que l'ensemble d'un certain nombre de mesures, tout ça a été travaillé ensemble. Par exemple, les projets de loi de finances, qui ont été travaillés main dans la main avec les LR.

Et bon, on ne peut pas dire que la loi immigration n'ait pas Ă©tĂ© un fiasco tout de mĂȘme. Oui, pour vous relier sur la loi immigration qui a Ă©tĂ© votĂ©e en dĂ©cembre dernier, qui avait notamment fragilisĂ© le prĂ©cĂ©dent gouvernement, je reste tout de mĂȘme sur les textes qui peuvent avancer, sur les mois qui viennent, parce que je crois que c'est ce qui intĂ©resse les Français, qui s'interrogent si cette situation de blocage va conduire Ă  l'immobilisme. Si la gauche, par exemple, dĂ©pose l'abrogation de la rĂ©forme des retraites, est-ce que ça aussi, c'est quelque chose qui, pour vous, irait dans l'intĂ©rĂȘt des Français et que le Rassemblement national voterait ?

Oui, mais nous, on est clair. Notre mantra, c'est le respect des électeurs. Mais comprenez bien que j'essaie de rentrer texte par texte pour le plus de clarté pour ceux qui nous écoutent.

Je vais vous rĂ©sumer avec une grande clartĂ© la position du Rassemblement national qui a toujours Ă©tĂ© la mĂȘme. Si les textes sont bons, on les vote. Si les textes sont toxiques pour les Français, on ne les vote pas.

Nous sommes différents des autres. Les autres, ils se déterminent non pas en fonction du fond du texte, du fond des mesures, mais en fonction du groupe qui les dépose. Parce que ce sont des sectaires.

Nous, nous ne sommes pas sectaires. Nous ne pensons qu'Ă  l'intĂ©rĂȘt des Français. L'intĂ©rĂȘt des Français et l'intĂ©rĂȘt des Français.

Donc, nous voterons en fonction de l'intĂ©rĂȘt des Français. Est-ce que vous souhaitez, Marine Le Pen, que des textes qui ont Ă©tĂ© abandonnĂ©s soient aussi remis Ă  l'agenda ? La dissolution a, par exemple, suspendu l'examen du texte sur la fin de vie.

Ça ne fait pas partie des prioritĂ©s que vous avez Ă©noncĂ©es. Parmi les textes qui sont passĂ©s par perte et fracas, il y a aussi la suppression du droit du sol Ă  Mayotte, par exemple. Est-ce que vous souhaitez que ce soit des textes qui soient inscrits Ă  l'agenda ?

Comprenez bien que j'essaye de dessiner, pour ceux qui nous écoutent, un chemin de ce à quoi pourraient ressembler les prochains mois à l'Assemblée nationale ? Il me semble que, vous voyez, la suppression du droit du sol à Mayotte est une urgence, mais pas seulement à Mayotte. En réalité, elle est une urgence dans l'ensemble de la France.

Et c'est plus simple de voter pour l'ensemble de la France qu'uniquement pour Mayotte, par ailleurs. Concernant la fin de vie, on peut quand mĂȘme se dire ensemble que ça n'est pas une urgence absolue par rapport aux prĂ©occupations principales qui sont celles des Français. Donc, fin de vie, non, droit du sol, partout.

Ce qui n'a peu de chances de passer, puisque à ce stade, arithmétiquement en tout cas, il n'y a pas de majorité en ce sens. La proposition n'est pas portée par le groupe Renaissance en ce qui concerne l'ensemble du territoire français. Donc, je précise aussi pour ceux qui nous écoutent.

Vous évoquiez le sectarisme à l'instant des autres groupes. Pourtant, Marine Le Pen, ce sectarisme, il ne s'exprime pas partout et en tous lieux. Il vous arrive, on l'a lu dans Libération récemment, de dßner avec un certain nombre de responsables politiques.

Édouard Philippe, pour le citer, l'ancien Premier ministre, qui, dans le mĂȘme temps publiquement, appelle Ă  faire barrage Ă  vos Ă©lus lors des derniĂšres lĂ©gislatives. Est-ce que vous y voyez une forme d'hypocrisie, une gĂȘne de sa part ? Comment se fait-il qu'un certain nombre de responsables, ministre de la DĂ©fense, acceptent de dĂźner avec vous, voire en privĂ©, mais publiquement, se prĂ©sentent comme des opposants Ă  ce que vous incarnez ?

Mais parce qu'on ne peut pas dßner avec un opposant ? On peut dßner publiquement, Marine Le Pen. Là, ce qui interrole, c'est le fait que ce soit un dßner caché, dans un appartement...

Excusez-moi, je suis tous...

Ah oui, c'est vrai que les dĂźners ne se dĂ©roulent rarement au milieu de la rue. Ça aurait pu dĂ©roulĂ© dans un restaurant. Ou sur la place publique.

Mais, enfin, est-ce que nous sommes...

Qu'est devenue notre démocratie ? Moi, c'est la vraie question que je me pose. Qu'est devenue notre démocratie ?

OĂč l'on ne peut pas, oĂč l'on a interdiction de parler Ă  un opposant. On peut parler Ă  un opposant. C'est le principe mĂȘme, d'ailleurs, de la dĂ©mocratie.

Et c'est lĂ  oĂč vous comprenez bien que lorsqu'on voit un certain nombre de personnes, M. Attal, d'ailleurs, en premier, dire qu'il souhaite s'opposer totalement Ă  ce que le Rassemblement national et ses alliĂ©s puissent obtenir le moindre poste dans le fonctionnement de l'AssemblĂ©e nationale. D'accord, mais ça veut dire que, en rĂ©alitĂ©, ils ont procĂ©dĂ© Ă  la dissolution de l'AssemblĂ©e.

Aujourd'hui, ils cherchent Ă  dissoudre l'opposition. Mais qu'est-ce qu'une dĂ©mocratie sans opposition ? Parce que le principe mĂȘme de la dĂ©mocratie, c'est de donner une place Ă  l'opposition.

Parce qu'on considÚre que l'opposition a un rÎle important à jouer, qu'on est plus intelligent quand on confronte ses idées, que c'est plus respectueux du peuple que d'avoir une majorité et une opposition. Enfin, si vous vous mettez à leur place, il y a aussi une forme de cohérence idéologique d'appeler à faire le front républicain ou le barrage républicain à l'extérieur de l'Assemblée nationale contre vous. Leurs électeurs ne comprendraient pas non plus que ce barrage ne s'exprime pas en intérieur.

L'Ă©lection est passĂ©e. Ça y est, les dĂ©putĂ©s sont Ă©lus. Donc on ne peut pas nier 11 millions de Français. 11 millions. 37% des gens qui ont votĂ© au second tour.

Le premier, encore une fois, parti de l'Assemblée nationale. Est-ce que c'est ce qu'on...

Alors, parce que, si vous voulez, moi, je ne suis...

Il y a quand mĂȘme quelque chose...

Vous parlez d'hypocrisie. Il y a quand mĂȘme une hypocrisie majeure. Ce sont les gens qui passent leur vie dans des postures, Ă  en appeler Ă  la dĂ©fense de la dĂ©mocratie qui serait soi-disant en danger, et qui la fout l'au pied d'une maniĂšre aussi caricaturale, aussi outranciĂšre, aussi grossiĂšre.

Je rappelle juste, Marine Le Pen, qu'à la précédente mandature, le Rassemblement national avait deux vice-présidences à l'Assemblée. C'est normal ! Est-ce que, du fait de votre score aux européennes et aux législatives, vous sentez une hostilité nouvelle, en quelque sorte, à l'Assemblée, à votre endroit ?

Pour l'Assemblée, l'Assemblée n'a pas repris...

Non, mais vous avez fait votre rentrĂ©e. Mais que les choses soient trĂšs claires, nous, on ne souhaite pas ces postes pour nous-mĂȘmes, pour une histoire d'Ă©go. On s'en moque complĂštement.

On souhaite ces postes, parce que ces postes, c'est la consĂ©quence du vote des Français. Et moi, je suis dĂ©solĂ©e de le dire, je suis peut-ĂȘtre la derniĂšre Ă  dĂ©fendre la dĂ©mocratie, mais je considĂšre qu'il est normal que le nouveau Front populaire ait des postes dans le fonctionnement de l'AssemblĂ©e, qu'il est Ă©videmment normal que le Rassemblement national et ses alliĂ©s en aient, qu'il est Ă©videmment normal que le groupe macroniste en aient. Il est normal que chacun puisse participer au fonctionnement de cette institution, parce que c'est ce que les Français ont voulu dans leur vote.

Est-ce que vous évoquiez tout à l'heure le cumul douteux des fonctions entre les ministres, des missionnaires et les députés ? Est-ce que vous leur demandez de ne pas participer au vote de demain, par exemple, pour choisir la présidence de l'Assemblée nationale ? Je pense qu'ils ne devraient pas le faire.

Oui ? Oui. Je pense que pour respecter l'esprit de la Constitution, ils ne devraient pas le faire.

Le Rassemblement national présentera évidemment un candidat à cette présidence ? Bien sûr. Bien sûr.

Non, puisque sont Ă©voquĂ©es des discussions, par exemple, avec l'ancienne prĂ©sidente aussi, Aelle Broun-Pivet, une forme d'entente tacite. Non, je n'ai pas eu connaissance de ça et je crois ĂȘtre plutĂŽt bien placĂ©. Oui ?

A priori. Donc ce n'est pas votre candidat, c'est ce que vous me dites ? Non, non, non, non, non, non.

Nous aurons un candidat présenté en accord avec nos alliés à la présidence de l'Assemblée nationale, bien sûr. Il sera forcément issu du Rassemblement national ? Vous dites avec nos alliés ?

Disons que ça peut ĂȘtre Éric Ciotti. Il y a des chances, mais encore une fois, cette discussion aura lieu d'ici jeudi. Marine Le Pen, est-ce que vous vous prĂ©parez Ă  une nouvelle dissolution dans un an ?

Oui. Oui ? Vous vous préparez ?

Vous pensez que dans un an, les Français sont de nouveau convoqués à l'élection ? Oui, oui. Que l'Assemblée nationale ne pourra pas tenir au-delà ?

Oui, mais tout le dit et tout le disait déjà. Tout disait déjà que cette alliance contre nature qui a eu lieu, qui est en réalité une coalition qui s'est déroulée pendant la campagne législative, qui n'était pas une coalition sur des projets, sur des idées, sur des mesures. C'était une coalition anti-RN.

C'est une forme de parti unique qui s'est constituĂ©e, qui n'a pas durĂ© d'ailleurs trĂšs longtemps. Parce que j'ai vu les macronistes en appeler Ă  rejeter une candidature du nouveau Fonds populaire alors que c'est eux-mĂȘmes qui les ont fait Ă©lire trois jours avant. Donc ça devient vraiment trĂšs compliquĂ© pour les Français.

Moi, encore une fois, ce que je viens leur dire, c'est qu'avec nous, nous nous faisons les choses clairement, en transparence. Les coalitions que nous avons mis en Ɠuvre, nous les avons prĂ©sentĂ©es aux Français dĂšs le premier tour. Je pense qu'il n'y a pas un seul mouvement qui peut dire cela lors des derniĂšres Ă©lections lĂ©gislatives.

Ni, Ă©videmment, les macronistes et le nouveau Fonds populaire qui se sont dĂ©sistĂ©s les uns pour les autres, ni mĂȘme LR qui avait passĂ© un accord avec les macronistes dĂšs le premier tour. LĂ , vous faites le match des Ă©lections passĂ©es. Moi, ce qui m'intĂ©resse, c'est vraiment les Ă©lections Ă  venir.

Quand vous dites, nous nous préparons...

Non, non, non, je ne fais pas le match des élections passées, Madame Latrousse. Quand vous dites, nous nous préparons, pour les Français qui nous écoutent et qui nous interrogent, sont inquiets de la situation. Bien sûr qu'ils sont inquiets.

Ils en ont, et je le suis aussi. Qu'est-ce que vous ferez différemment dans un an ? Parce que cette expression, nous nous préparons, nous l'avions aussi entendue les derniÚres semaines.

Et le moins que l'on puisse dire...

Non, mais nous nous préparons en permanence, Madame Latrousse. Oui, mais le moins que l'on puisse dire, c'est que...

Ces élections législatives ont démontré...

Votre chef de parti a reconnu des erreurs de casting. Et sur le programme, je ne reviens pas sur la polémique, sur la double nationalité, mais le moins que l'on puisse dire, c'est que tous vos candidats ne maßtrisaient pas votre programme. Non, mais nous avons détecté un certain nombre de faiblesses dans cette élection législative qui s'est déroulée, je le rappelle, en urgence, avec des candidats, 1000 candidats investis en 48 heures.

Oui, vous aviez dit que vous vous préparez avant. Eh bien, oui, oui, vous avez raison, mais ce n'était pas assez avancé. Donc nous tirons...

Vous savez, nous, nous sommes en mĂȘme temps modestes et pragmatiques. Nous voyons ce qui a fonctionnĂ©, nous voyons ce qui n'a pas fonctionnĂ©, et nous allons rĂ©soudre ce qui n'a pas fonctionnĂ©. Et pour ĂȘtre prĂȘts, lors des futures Ă©lections lĂ©gislatives, Ă  prĂ©senter en mĂȘme temps un groupe de dĂ©putĂ©s majoritaires qui soient les plus performants possibles, et Ă©videmment un gouvernement sur lequel nous avons dĂ©jĂ  travaillĂ©.

Oui, quand Jordan Bardella parle de défaite, vous, vous n'utilisez pas ce terme. Vous dites que c'est une victoire différée. Cette victoire différée, vous l'espérez dÚs une prochaine dissolution, ou vous renvoyez à plus tard en 2027 ?

Parce que dans le mĂȘme temps, si j'Ă©coute, et j'ai bien Ă©coutĂ© ce que vous m'avez dit jusque-lĂ , sur la puissance du rĂ©flexe du Front rĂ©publicain, de l'organisation des autres forces, pour vous empĂȘcher d'accepter au pouvoir, Ă  ce stade voit difficilement...

Non, non, non, non. Je n'ai pas dit pas la Fonte-Vertre, j'ai dit le Front rĂ©publicain. Oui, mais tout le monde se pose la question de est-ce que ce barrage n'est pas trop puissant pour vous empĂȘcher d'accĂ©der au pouvoir, y compris aux prĂ©sidentielles ?

Non, ce qui est puissant, c'est l'eau qui pousse sur le barrage. Ça, c'est beaucoup plus puissant que le barrage, d'autant que ce barrage est considĂ©rablement fragilisĂ©, Ă©lection aprĂšs Ă©lection. Je rappelle qu'il y a un peu plus de deux ans, nous avions sept dĂ©putĂ©s, nous en avons aujourd'hui 143.

Voilà, ça, c'est l'évolution des idées du Rassemblement national portées en France. Et ça va continuer à augmenter. Et pour une raison simple, c'est qu'en réalité, aucun des groupes ou des partis politiques qui sont actuellement dans une forme de majorité diffuse ne porte les idées du Rassemblement national.

Aucun n'a le courage, ni n'a l'envie de régler les problÚmes qui sont ceux des Français. C'est les Républicains qui parlent comme vous, disiez-vous, il y a quelques instants. Oui, sur un certain nombre de sujets, c'est vrai, mais moi je l'admets, sur un certain nombre de sujets, ils parlent comme nous.

Ils devraient passer le mĂȘme cap que KĂ©ric Schottis, si je comprends, ou si j'analyse, le sourire que vous avez en coin, je dĂ©cris, pour ceux qui nous Ă©coutent. Ils parlent comme nous. Mais ils ont passĂ© un accord avec la Macronie dĂšs le premier tour, puisque les macronistes n'ont pas prĂ©sentĂ© de candidats devant les candidats LR dĂšs le premier tour, et de maniĂšre cachĂ©e.

Et moi, ça me gĂȘne quand c'est cachĂ©. Moi, les magouilles cachĂ©es, les nĂ©gociations de derriĂšre le rideau, je trouve que c'est profondĂ©ment antidĂ©mocratique, et c'est un manque de respect Ă  l'Ă©gard des Ă©lecteurs. Encore une fois, nous, nous avons passĂ© un accord, mais nous l'avons fait publiquement, de maniĂšre transparente, devant les Français.

D'un mot, vous aviez dit dissolution ou démission pendant la campagne des européennes. Au lendemain de la dissolution, vous avez dit, il ne restera au président que la démission pour sortir potentiellement d'une crise politique. Est-ce que c'est un scénario aussi auquel vous vous préparez ?

C'est un scĂ©nario possible. En tout cas, c'est ce que la Constitution offre, en rĂ©alitĂ©. Enfin, c'est mĂȘme la derniĂšre possibilitĂ© que la Constitution offre Ă  Emmanuel Macron.

La vraie question, et ça, c'est les constitutionnalistes qui doivent y répondre, et ils ne sont manifestement pas d'accord entre eux, c'est est-ce qu'une nouvelle élection présidentielle peut entraßner des nouvelles législatives, malgré le fait que le délai d'un an n'est pas passé, ou pas ? Moi, je pense que c'est cohérent. Je pense que l'esprit de la Constitution, c'est que s'il y a une nouvelle élection présidentielle, alors il est assez légitime qu'une élection législative suive pour pouvoir donner au président de la République les moyens d'agir.

Merci. Merci. Merci.