Bonjour chez vous ! du lundi 15 juin 2026
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Vous écoutez Bonjour Chez Vous, un podcast de Public Sénat. Public Sénat, en partenariat avec la presse régionale, vous propose Bonjour Chez Vous. Bonjour à tous, je serai heureuse de vous retrouver en ce lundi 15 juin. Nous sommes ensemble comme tous les jours pour faire le tour de l'actualité au plus près de chez vous. On regarde le programme. Emmanuel Macron est arrivé à Evian où s'ouvre aujourd'hui le G7, un sommet qui se tient quelques heures après l'accord conclu entre l'Iran et les Etats-Unis. Comment la ville d'Evian se prépare à accueillir ce sommet alors que des manifestations ont déjà eu lieu à Genève, à quelques kilomètres de là ? Nous irons en Haute-Savoie dans 50 minutes.
Vendredi seront rendues les conclusions de l'enquête administrative dans l'affaire Liana, une affaire qui pose la question de la confiance en nos institutions. Selon Emmanuel Macron, comment réconcilier les Français avec la justice, la sénatrice à l'air. Marie-Claire Carrerget est notre invitée. Bonjour, merci d'être avec nous. Vous défendez deux propositions de loi sur les droits des victimes. On en parle dans quelques instants. La Corse deviendra-t-elle le premier territoire hexagonal autonome ? Le texte arrive au Parlement examiné demain par les députés, mais le chemin législatif s'annonce compliqué.
Une partie des parlementaires craignant qu'ils remettent en cause l'indivisibilité de la République dans une demi-heure. Nous recevrons Gilles Simeone, le maire de Bastia, ancien président du Conseil exécutif de Corse. Raphaël Luxman peut-il incarner le rassemblement de la gauche et plier Mélenchon comme il l'ambitionne ? Samedi, il réunissait ses troupes à Auvervilliers pour son premier meeting. Fait-il une erreur en ne se déclarant pas franchement candidat ? Le débat dans une heure entre nos éditorialistes Yves Tréhard, Pablo Piovivien et Lucie Alexandre. Voilà pour le programme. On est ensemble pendant une heure et demie. Bonjour chez vous. Et d'abord le journal avec Alexandre Poussard.
Bonjour Alexandre. Bonjour Ariane. À la haine de ce lundi 15 juin, les Etats-Unis et l'Iran qui sont donc d'accord pour mettre fin immédiatement à la guerre. Oui, Donald Trump a annoncé à la nuit dernière qu'un accord avec l'Iran était finalisé. Et de son côté, Téhéran confirme que les Etats-Unis viennent de mettre fin immédiatement à la guerre. Clémentine Louise.
Sourire aux lèvres, Donald Trump savoure sa soirée d'anniversaire. Une arène de MMA a été installée directement sur la pelouse de la Maison Blanche. Mais son plus beau cadeau, c'est un accord de paix avec Téhéran, conclu péniblement après des semaines de négociations. Sur son réseau social hier soir, il publie.
L'accord avec la République islamique est enfin finalisé. Félicitations à tous. J'autorise l'ouverture sans péage du détroit d'Hormuz et simultanément la levée immédiate du blocus naval des Etats-Unis. Navires du monde entier, mettez vos moteurs en marche. Que le pétrole coule à flot.
Donald Trump a finalement précisé que le détroit d'Hormuz ne rouvrirait qu'après signature de l'accord prévu vendredi à Genève en Suisse. Côté iranien, l'heure est aussi aux félicitations. L'état-major s'est vanté d'avoir contraint l'ennemi américain à se rendre. Chacun célèbre donc, mais le contenu de l'accord reste encore flou. Seule certitude, les deux parties ont confirmé l'arrêt immédiat des combats sur tous les fronts, y compris au Liban. Aucun indice en revanche concernant l'enjeu crucial du nucléaire iranien. Des négociations devraient s'ouvrir dans un délai de 60 jours afin de parvenir à un accord définitif.
Rien n'est encore gravé dans le marbre donc, mais l'annonce de cet accord a fait bondir les bourses et chuter les cours du pétrole qui avaient flambé depuis le déclenchement de la guerre le 28 février dernier.
Emmanuel Macron a salué l'annonce de cet accord et propose l'aide de la France pour rétablir la navigation dans l'étroit d'Hormuz. Sur le front ukrainien, Kiev touché par une attaque massive. Au moins neuf personnes ont été tuées ce lundi en Ukraine par des frappes russes. Une série d'attaques dont une frappe massive contre la capitale Kiev où une célèbre cathédrale orthodoxe a pris feu. Une cathédrale qui compte le complexe orthodoxe de la Laure des grottes inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO. Et puis on souhaite bon courage aux élèves de Terminal. Alex, c'est le coup d'envoi des épreuves écrites du bac.
Oui, plus de 500 000 élèves de Terminal commencent aujourd'hui ces épreuves écrites du baccalauréat. Comme le veut la tradition par le sujet de philosophie, les candidats auront le choix entre deux dissertations et un commentaire de texte. Quatre heures pour rendre leur copie entre 8h et midi. D'ailleurs hier, le ministre de l'Éducation nationale, compte tenu de la canicule qui s'annonce cette semaine, a indiqué qu'il ne souhaitait pas que des épreuves soient organisées l'après-midi. Sébastien Lecornu annonce un projet de loi en réponse aux violences qui ont suivi la victoire du PSG en Ligue des champions.
Un texte qui vise à faire assumer directement au casseur le coût des dégradations commises dans l'espace public. Le Premier ministre pose, je cite, un principe simple. Lorsqu'on participe à une violence collective, on doit en assumer individuellement les conséquences. Sébastien Lecornu précise aussi que les prestations sociales pourront être également sollicitées pour payer ces dommages dans les conditions prévues par la loi et sans remettre en cause le reste à vivre des personnes concernées. Merci Alex, on se retrouve dans quelques instants. Vous nous détaillerez les propositions de loi de Marie-Claire Carreger sur la protection et les droits des victimes.
Comment réconcilier les Français avec la justice ? On en parle dans cette demi-heure. Marie-Claire Carreger, vous êtes la sénatrice à l'air de Paris et vous défendez deux propositions de loi pour aider, pour mieux informer les victimes alors que l'affaire Liana a provoqué une onde de choc dans le pays et accentué le fossé entre les Français et la justice. Dans un sondage publié hier, 86% des Français estiment qu'il y a un problème récurrent dans le fonctionnement des institutions. Comment réconcilier les Français avec la justice ? On va en parler ensemble. D'abord cette déclaration d'Edouard Philippe, c'était hier dans Le Parisien.
L'indignation ne doit pas s'éteindre, dit l'ancien Premier ministre. Est-ce que vous redoutez que cette émotion, ce choc soit passager ou est-ce que vous jugez que l'affaire Liana marque un vrai tournant dans la société ?
Je pense qu'Edouard Philippe a raison parce que l'indignation, elle ne porte pas simplement sur une affaire de justice. C'est l'ensemble du traitement par notre société des violences sexuelles sur les enfants. qui doit être réinterrogé et cet électrochoc dramatique, il est pour la société et pas seulement pour la justice, il est probablement salutaire. Pour que chacun s'interroge sur la façon dont on accueille la parole de l'enfant, de la façon dont les parents d'enfants sont traités quand ils portent plainte, la façon dont les décisions sont rendues, on le sait avec beaucoup de classements sans suite. Donc il y a un autre…
– Mais ça porte plus largement la confiance en nos institutions, comme le dit Emmanuel Macron, il a eu raison de poser ce diagnostic.
Oui, parce que la justice, en l'occurrence, elle est là pour protéger les Français. Et je fais le rapprochement avec l'affaire, qui n'est pas du tout une affaire de violence sexuelle, mais le meurtre, l'assassinat d'Elias, il y a un an, et ça a été le point de départ de mon travail sur le sort réservé aux victimes. Enfin, on voit bien dans l'affaire Elias, comme dans l'affaire Liana, que la justice a failli dans sa mission de protection. Et ça, c'est quand même… c'est le plus grave qu'il puisse arriver à la justice.
– Mais que vous êtes venu à quoi ? C'est un problème de moyens ?
C'est un problème de fonctionnement de l'institution ? – Alors, comme toujours, quand il y a des événements aussi dramatiques qui peuvent se produire, il n'y a pas une seule cause. – Mais je répugne à commencer par la question des moyens. J'entends beaucoup aujourd'hui d'intervenants qui disent on est partisans de la loi intégrale, avec 3 milliards, on résout tous les problèmes. Je répugne à commencer par la discussion par celle des moyens, d'autant que le budget de la justice, il a été augmenté de 50%. Je ne dis pas que la vie est facile pour les magistrats, loin s'en faut.
Mais tous dans notre vie professionnelle, on a peut-être des responsabilités moins importantes que celles des magistrats, mais on est tous débordés. Je pense qu'il y a beaucoup de Français qui sont sous pression et qui font face à un manque de moyens. Je pense qu'il faut mieux commencer par la façon dont la justice est organisée, dont elle fait son travail. On découvre à cette occasion qu'on envoie des courriers importants concernant une procédure par courrier, par la poste, et pas par des voies numérisées.
On découvre que des fichiers comme Cassiopée, qui sont le seul fichier qui est accessible aux magistrats, comme aux enquêteurs, policiers et gendarmes, pardon, le Cassiopée, il n'est pas accessible aux enquêteurs. Il n'est accessible qu'au parquet, que les autres. Bref, il n'y a pas eu des voyants rouges avec du son qui s'allument quand il y a plusieurs plaintes qui sont déposées contre la même personne pour des faits aussi graves de viol. Donc pour vous, il ne faut pas résumer cette question de moyens ? Non, il y a un problème d'organisation.
Je pense aussi que, je pense d'ailleurs que si l'origine des magistrats était plus diversifiée encore, aujourd'hui le recrutement essentiel se fait par le NM. Je pense que si on élargissait le recrutement à des juristes expérimentés qui ont travaillé dans le service public, en entreprise privée, dans des cabinets d'avocats, on croiserait des méthodes différentes de travailler, on arriverait probablement à moderniser la justice. Ensuite, il y a tous les autres sujets. Il y a la question de la responsabilité des magistrats, il y a la question de l'effectivité des sanctions, du nombre de places en prison qui est insuffisante.
Bref, il y a toute une palette de causes, mais il n'y a pas que la question des moyens.
Ils ont été posés par Bruno Retailleau, qui veut notamment réformer le Conseil supérieur de la magistrature pour que ce soit des citoyens qui jugent les magistrats en créant une cour disciplinaire de la magistrature. Il juge, lui, que le Conseil supérieur de la magistrature est corporatiste. On va écouter ce qu'en dit Rémi Haït. C'est le procureur général près la cour de cassation qui préside ce Conseil supérieur de la magistrature. Il était hier l'invité du grand jury sur notre antenne.
Il faut être attentif à ne pas attiser la colère et à ne pas la concentrer sur la seule institution judiciaire. Parce que notre institution judiciaire, elle est fragile. Notre institution judiciaire, c'est la clé de voûte de notre démocratie. Et donc, il faut être attentif à ne pas la fragiliser. Donc, pas de surenchère. Il ne faut pas non plus jeter en pâture les magistrats, puisque nous devons continuer à fonctionner.
Est-ce que Bruno Retailleux, il est dans la surenchère, il jette en pâture les magistrats en faisant ce type de proposition ?
Non, vraiment pas. Je pense que cette question, elle est fondamentale, elle mérite d'être posée. Les magistrats sont indépendants. Être indépendant, ça ne veut pas dire ne pas avoir de compte à rendre. Quand on regarde le volume des sanctions prononcées par le garde des Sceaux pour les magistrats ou par le CSM pour les magistrats du siège, on voit que c'est autour de 6 par an. Quand on regarde ce qui se passe pour les policiers, en une seule année, les sanctions qui sont demandées par l'IGPN et qui encore ne couvrent que 10% du prêt disciplinaire chez les policiers, c'est autour de 250.
Quand on regarde en matière de santé, en matière de santé, une faute simple d'un médecin, et une faute simple, ça peut vouloir dire conséquences très graves, suffit pour engager la responsabilité. Pour un magistrat, la liste des fautes disciplinaires, elle est exprimée dans le statut des magistrats, c'est atteint manquement à la dignité, à l'honorabilité, à l'indépendance, etc. Il y a des principes très importants qui doivent être respectés, mais une erreur de jugement, même très grave, ne donne pas lieu à sanctions. Je pense qu'il y a à s'interroger. J'ai une nuance par rapport à la proposition de M. Retailleau.
Moi, personnellement, je ne suis pas favorable à ce que, comme il le propose, que ce soit des jurys citoyens qui, voilà, je pense que ça rappelle de mauvais souvenirs. En revanche, qu'on s'interroge sur les raisons qui font que le CSM prononce aussi peu de sanctions que le garde des Sceaux, qui, en théorie, a le pouvoir, enfin, dans la loi, pas en théorie, dans la loi, a le pouvoir de sanctionner les magistrats du parquet. – Mais est-ce qu'avec ce type de propositions,
Bruno Retailleau, qui brigue l'Elysée, qui est appelé à devenir président de la République, est-ce qu'il ne contribue pas à creuser le fossé entre les Français et leur justice, là où un candidat à la présidentielle devrait plutôt tenter de les réconcilier ?
– Non, pas du tout. Je pense qu'il a soulevé un vrai problème, enfin, qu'il ne règle pas l'affaire Liela, qui est un problème plus général, mais c'est l'occasion de s'interroger sur la justice et son fonctionnement. Il pose un vrai problème. Ensuite, sa proposition, de mon point de vue, elle mérite d'être affinée. De toute manière, elle ne pourrait se traduire, et là, Bruno Retailleau a raison, que par une réforme constitutionnelle avec une réforme du CSM.
– Quelle place pour les victimes ? Vous déposez deux propositions de loi pour créer un droit à l'information des victimes concernant les procédures judiciaires. Alexandre, quel est l'objectif de ces textes ? – Alors, l'objectif, c'est d'abord de tirer la leçon de la mort de Liana, mais aussi de la mort du jeune Elias, 14 ans, tué à Paris l'an dernier par deux jeunes qui voulaient lui voler son téléphone et qui étaient déjà connus de la justice dans ces deux affaires. Les familles des victimes ont demandé des informations à la justice sur les antécédents des auteurs, mais sont restées sans réponse.
Alors, ces deux propositions de loi déposées par Marie-Claire Carré-Hergé, elles s'inscrivent aussi dans un contexte, un contexte de défiance des Français envers la justice. Selon une enquête réalisée par le ministère de la Justice auprès de 14 000 personnes et publiée en octobre 2025, 49% des Français seulement font confiance au service public de la justice. Alors, parmi les raisons de cette défiance, il y a la lenteur de la justice, le manque de sévérité, mais aussi le manque de compréhension. Selon cette enquête, 78% des Français trouvent l'institution de justice, je cite, « peu compréhensible ». Que prévoient ces propositions de loi pour rendre justement la justice plus compréhensible ?
Alors, ce texte stipule que le service public de la justice devra répondre à un principe d'information et d'explication aux bénéfices des victimes. Concrètement, une victime, si elle le demande, pourra recevoir des informations sur les procédures et les décisions judiciaires qui ont eu un impact sur sa situation. Cela signifie, par exemple, que la famille Liana pourra demander et recevoir des informations de la justice sur le suivi des plaintes qui ont été déposées précédemment contre Jérôme Barrella pour viol sur mineurs.
Et puis, ce texte, il crée aussi au sein de chaque tribunal judiciaire un comité des usagers chargé d'améliorer l'accès des victimes à la justice et puis un médiateur national du service public de la justice qui devra recevoir les réclamations et puis formuler des recommandations chaque année pour améliorer ce service public de la justice. Un droit à l'information pour les citoyens et une obligation pour les magistrats se prennent de sanctions.
Oui, Marie-Claire Carreger dépose aussi une proposition de loi organique qui stipule, je cite, que tout manquement au respect du droit à l'information des victimes et à la compréhension des décisions prises constitue une faute disciplinaire pour les membres de cette institution judiciaire, une faute qui serait placée au même rang qu'un manquement à l'indépendance ou à l'impartialité de la justice. Marie-Claire Carreger pour qu'on comprenne bien vos deux propositions de loi. Ça veut dire qu'aujourd'hui, il y a des magistrats qui sont réticents à expliquer leur décision aux victimes, à donner des informations ?
Alors, le contexte que vous l'avez très bien situé, c'est celui d'une défiance à l'égard de la justice par les citoyens. Mes propositions de loi ne traduisent pas une quelconque défiance à l'égard de la justice et confiance dans la justice. Je pense que, comme toute institution, elle doit cependant évoluer. Moi, j'ai travaillé dans les années 2000 sur la question des droits des patients en matière de santé. Et aujourd'hui, ça paraît une évidence que les patients ont droit à être informés, respectés, qu'on doit en prendre soin. Et pas seulement, on ne doit pas prendre soin de leur maladie, mais on doit prendre soin d'eux en tant que personnes.
Et la justice, qui, comme le système de santé, sont deux institutions qui sont très différentes, mais qui ont toute mission de protéger, parfois, se révèlent, en quelque sorte, maltraitantes à l'égard de personnes qui sont des victimes. Comme un malade, il subit déjà sa maladie. A priori, quand il s'adresse au système de santé, ce n'est pas la double peine. Mon travail, il a commencé, effectivement, sur cette question il y a plus d'un an, avec l'assassinat dramatique d'Elias. et j'ai pris la mesure du traitement qui a été réservé aux parents d'Elias, à la victime, aux parents d'Elias qui sont des victimes. Et ce n'est pas un cas isolé. – Mais c'est très bien
pour préciser.
– La famille d'Elias a perdu son enfant dans des conditions dramatiques en janvier. Le premier entretien avec un magistrat, c'est juillet 2025. C'est mis en évidence clairement dans le rapport. – Donc entre janvier et juillet, ils n'ont été informés de rien ? – Ils n'ont pas été écoutés ? – Ils n'ont pas été écoutés. – Oui. – Ils n'ont même pas d'ailleurs été entendus par l'inspection diligentée par le ministre de la Justice qui est quand même incroyable. Ils n'ont pas entendu le parquet présente une réquisition d'évaluation pour les victimes. Ils ne pensent qu'à la victime copain d'Elias qui a été agressée. C'est normal qu'on pense aux copains d'Elias. Mais on ne pense pas aux parents.
Vous voyez ? Et quand ils demandent à être informés, à comprendre le parcours des délinquants multirécidivistes si jeunes, quand on lit le rapport d'inspection, c'est effrayant. Le parcours, c'est une série de dysfonctionnements absolus. La famille d'Elias, sans remettre en cause des décisions de justice, ni remettre en cause ce qu'ont fait des magistrats, demande à comprendre. Demander à comprendre, à être informés, ça n'est pas une perturbation pour les services publics de la justice. Ça fait partie du boulot des magistrats d'y répondre. Donc, je pense, à travers ma loi, une loi ne change pas tout. C'est un changement culturel qui doit être à l'œuvre.
Mais une loi aide à ce changement culturel. ma conviction, c'est que la justice doit comprendre que le métier de juste, ça n'est pas seulement de traiter des dossiers et de rendre des jugements. C'est s'adresser à des personnes, des victimes, qui ne sont pas des professionnels. Quand on perd son enfant, on n'est pas forcé. Ça ne vous rend pas forcément pédaliste ni familier du fonctionnement du système judiciaire. ça, les magistrats doivent pouvoir l'entendre. Mon but est de favoriser cette révolution culturelle de la magistrature et n'est en aucun cas l'expression d'une défiance à l'égard de la justice.
Ça veut dire qu'il faut sanctionner les magistrats qui refusent d'informer ou qui informent mal les victimes ?
Oui. Je pense que... Il y a une proposition de loi qui dit que le service public de la justice s'organise pour faire que ce droit soit respecté. Et ensuite, oui, je pense que le respect des victimes, le manque de respect aux victimes doit constituer une faute disciplinaire au même rang que les autres motifs de faute disciplinaire aujourd'hui. Il faut que la justice comprenne que son métier c'est s'occuper des victimes.
Est-ce que ce droit à l'information des victimes ne va pas à l'encontre parfois, ou en tout cas n'entre pas en contradiction parfois avec le secret de certaines procédures judiciaires ?
Alors, effectivement, dans l'avis du comité de déontologie qui a été rendu sur la question de cette demande d'information de la famille d'Elias, on oppose tout de suite le secret du délibéré, le secret professionnel, le secret de l'instruction, tous ces principes qui sont absolument décisifs pour que la justice fonctionne bien. mais entre ne rien dire au motif que tout serait secret et informer, il y a une large marge. Un rapport a été rendu, le rapport de l'inspection générale de la justice sur l'affaire Elias, le rapport demandé par le garde des Sceaux. Il fait 40 pages. Sur ces 40 pages, il y a plein de choses qui peuvent être dites, et il est rendu public.
Tout ça peut être dit, ces 40 pages peuvent être dites en respectant. Et qui n'ont pas été dites à la famille d'Elias. Non, pas tout de suite, non. C'est le rapport d'inspection à révéler les choses. Mais on doit pouvoir dire beaucoup de choses qui ne portent pas atteinte au secret de l'instruction, au secret professionnel. Ces grands principes, qui sont les piliers du fonctionnement de la justice, ne doivent pas être considérés comme des obstacles. Deux principes, à toute communication et à toute information. Les victimes sont en droit d'attendre toute information qui ne remettrait pas en cause ces principes. C'est ça, c'est un changement de paradigme.
Il ne faut pas commencer par dire non absolu. Il faut commencer par dire on doit à ces personnes respect, information, compréhension. Et ensuite, on voit ce qu'on peut dire.
Et on entend, Marie-Claire Cargé, votre volonté de mieux informer ces victimes. Alors, quel rôle les élus locaux peuvent jouer dans la prise en charge, dans la protection de ces victimes ? Bonjour, Charlotte Balde. Merci beaucoup d'être avec nous. Vous êtes conseillère régionale d'Ile-de-France, déléguée à l'égalité hommes-femmes. Vous présidez le centre Hubertine-Auclair qui promeut l'égalité hommes-femmes et qui aide dans la lutte contre les violences faites aux femmes. expliquez-nous comment ça se passe, quel rôle vous jouez avec ce centre, qui peut bénéficier de formation et comment, de quelle manière justement,
vous aidez les élus ? Oui, bien sûr. Bonjour à toutes et à tous. Alors, en effet, le centre Hubertine-Auclair, c'est un centre de ressources qui est dédié aux collectivités et aux associations. Et donc, nous, notre objectif, c'est de former l'ensemble des élus locaux à avoir le meilleur des mandats possibles pour agir pour l'égalité femmes-hommes et surtout agir contre les violences faites aux femmes.
Ça consiste dans des formations assez simples puisqu'on a tous les mois un registre, en fait, un programme de formation, notamment une formation phare qui s'appelle Agir contre les violences faites aux femmes au niveau local, qui est une formation qui est donnée aujourd'hui à la police nationale et également aux policiers municipaux et aux pompiers. C'est un dispositif qui est pris en charge par la région Île-de-France pour les policiers municipaux et les pompiers.
Et donc, ce dispositif permet aujourd'hui de former, d'une part, à comprendre les violences faites aux femmes, comprendre les victimes, recueillir leurs paroles et derrière, comprendre les mécanismes et derrière, pouvoir les accompagner en agissant.
Quel retour vous avez de ces formations, Charlotte Bald ? Que vous disent les élus qui en ont bénéficié ? Qu'est-ce que ça change dans leur quotidien ?
Alors, les élus qui en bénéficient tout comme les policiers municipaux estiment que cette formation c'est plus de 93% de retours positifs. C'est-à-dire que pour eux, c'est vraiment un moyen de déconstruire les idées reçues qu'ils peuvent avoir sur les victimes de violences sexuelles et ça leur permet de beaucoup mieux les accompagner dans les premiers instants. Et pourquoi c'est essentiel ? Parce qu'on sait qu'en fait, tout se joue dans les premiers instants. Et donc, accueillir la parole de la victime, gérer son trauma, la prendre en charge et surtout, derrière, l'orienter très vite vers les bonnes associations spécialisées localement.
C'est-à-dire qu'aujourd'hui, on a des associations partenaires qu'on sélectionne qui nous préparent ces formations à nos côtés. Dans les Yblines, vous avez une association comme Women Safe qui va intervenir directement auprès des policiers municipaux des Yblines. Marie-Claire Cargé, c'est important ce type de formation pour les élus, pour les policiers ? C'est absolument décisif que tous ceux qui sont en première ligne et qui ont des responsabilités et qui peuvent être en mesure, comme Madame l'a très bien expliqué, de mettre en relation tout de suite avec des gens qui peuvent aider.
Je pense que ça, c'est absolument décisif parce que les victimes de violences, elles sont elles-mêmes, elles ont besoin d'un soutien imédia et qui peut être… Enfin, il y a besoin d'aller porter plainte, mais il y a aussi besoin de trouver un logement, de protéger ses enfants, etc. Les besoins sont multiples dans de telles situations où en plus, on est particulièrement vulnérable puisque, on est victime de violences. Donc, il est décisif et franchement, je salue ce travail de former à l'écoute et à la détection des problèmes parce qu'en plus, beaucoup de femmes n'osent pas parler.
Il faut tisser un lien de confiance et dire que non seulement vous n'êtes pas en danger si vous parlez, non seulement vous n'allez pas parler pour rien, vous n'allez pas parler pour rien, il va se produire des choses et des élus, des pompiers, des policiers ou d'autres agents des services publics d'ailleurs. Ça peut ne pas être que les agents d'autorité et les personnels de secours. Je pense que ces formations, elles devraient être délivrées à tous les agents du service public.
Ça pourrait être étendu. On forme également du périscolaire.
Pardon.
Non, mais allez-y, c'était ma question,
Charlotte Ball. Est-ce que ça peut être étendu à d'autres ? Oui, exactement. Aujourd'hui, on forme également les agents du périscolaire et on forme les associations sportives qui nous en font la demande. On a plusieurs fédérations qui nous en font la demande. Et c'est vrai que c'est un dispositif qui est essentiel parce que dans les associations sportives, on le sait, il y a aussi cette prise en compte de la parole qui doit être créée pour pouvoir, à chacune et chacun, de pouvoir bénéficier de son loisir pleinement.
Merci beaucoup. Merci, Charlotte Ball, d'avoir été avec nous pour nous parler de ce centre Hubertine-Auclair. Merci à vous. Un mot sur un texte puisqu'il y a vos propositions de loi, on en a parlé. Il y a un texte sur la protection de l'enfance qui sera examiné à partir du 15 juillet à l'Assemblée. Et puis, il y a cette loi sur les violences intégrales qui est demandée notamment par Yael Brunpivet qui, hier encore, a poussé pour qu'elles soient inscrites à l'ordre du jour du Parlement.
Vous aussi, vous l'a demandé ? En fait, moi, je pense que ce qui est décisif, c'est que le texte sur la protection de l'enfance aboutisse très rapidement avec les ajouts qui ont été annoncés par le gouvernement sur la perpétuité, sur la motivation obligatoire et sur l'information des victimes. Ça rejoint ce que vous défendez ? Voilà. Rien n'empêche de mettre des amendements dans ce projet de loi. Voilà. Donc, après, le temps parlementaire, il est contraint. Si c'est possible, l'avantage de cette loi intégrale, c'est l'approche. C'est l'idée qu'il faut une vision à 360. Et ça, c'est très juste.
Marie-Claire Carrerget, avant de se quitter, on regarde les unes de la presse régionale. On en a sélectionné trois. Le républicain Lorrain, G7, Evian prend le pouls du monde. La ville de Haute-Savoie qui accueille donc, d'aujourd'hui à mercredi, le sommet du G7. La une de la Provence sur le pouvoir d'achat. Le coup de pompe, le journal qui est allé à la rencontre des Provençaux qui témoignent de l'impact sur leur vie, de la hausse des prix et notamment la hausse des prix de l'énergie. Et puis, la nouvelle République des Pyrénées, la chasse au parrainage qui est déjà ouverte pour la présidentielle. Des maires sont déjà sollicitées.
Et alors, dans les Pyrénées, selon le journal, peu d'édiles ont accordé leur signature. De quelle une avez-vous envie de nous parler ?
En fait, la première, compte tenu à la fois de l'actualité avec l'annonce d'un prochain accord signé au sujet de l'Iran. Et je me réjouis que le G7 arrive maintenant dans ce moment parce qu'il y a un enjeu énorme pour le monde, pour les relations internationales que le multilatéralisme retrouve du sens et de la capacité de régulation dans le monde. Régulation pas seulement des conflits. Moi, j'ai été représentante de la France pendant longtemps au G20 sur les questions sociales et d'emploi. On arrivait à faire avancer beaucoup de choses via le multilatéralisme et beaucoup d'événements dans le monde et notamment l'arrivée de M. Trump a donné un coup d'arrêt.
Donc là, je me réjouis qu'à l'approche d'un accord, il y ait un G7 en ce moment et que tous les principaux pays puissent contribuer à la résolution de ce conflit. Merci Beauclou. Merci Marie-Claire Carragé
d'avoir été notre invité, Alex. On se retrouve dans 20 minutes pour les revues de presse régionale. Et on verra que ce sommet du G7 fait la une de plusieurs journaux régionaux. Et on ira voir comment ça se prépare du côté des viands. Mais pendant ce temps, le Parlement se penche sur l'autonomie de la Corse. On en parle tout de suite avec Gilles Ciméron qui nous rejoint. On sera examiné au Parlement le texte pour une Corse autonome au sein de la République qui donne notamment le pouvoir aux élus de l'île d'adapter certaines lois. S'ils rencontrent un large soutien politique tant qu'ils mettent à mal l'indivisibilité de la République. Et pour en parler, nous recevons Gilles Ciméron. Bonjour.
Merci beaucoup d'être notre invité. Vous êtes maire de Bastia, conseiller exécutif. Et vous avez dirigé la collectivité territoriale de Corse pendant 10 ans. Une interview en partenariat avec la presse régionale représentée par Stéphane Vernet de Ouest-France. Bonjour Stéphane. Auriane, bonjour. Gilles Ciméron, bonjour. Le projet de loi sur l'autonomie de la Corse qui sera donc examiné demain en séance à l'Assemblée. Vous travaillez dessus avec le gouvernement depuis des mois pour ne pas dire depuis des années. Est-ce que c'est déjà un soulagement pour vous de voir qu'il est examiné au Parlement ?
Je dirais que c'est une satisfaction, bien sûr. Même si nous aurions souhaité que cela se fasse plus rapidement. Et puis c'est un rendez-vous qui est important, sans doute décisif. Vous savez que nous venons de très loin. Donc une histoire longue qui a vocation aujourd'hui à s'accomplir dans un projet de thèse qui, vous l'avez souligné, bénéficie d'une quasi-unanimité dans l'île. La question aujourd'hui, c'est de réussir à convaincre la représentation nationale de prendre en compte ce fait démocratique et de voter, en tout cas c'est mon souhait, le texte, en tout cas en le respectant dans sa lettre mais surtout dans son esprit.
Là, si je ne me trompe pas, l'Assemblée de Corse avait adopté ou validé ce texte à l'unanimité, quasi-unanimité comme vous l'avez dit, dès le printemps 2024. Pourquoi est-ce que ce texte n'a pas été examiné plus tôt par le Parlement français,
elle était programmée, déprogrammée, reprogrammée ? Comment expliquez-vous qui traîne les pieds en fait dans cette histoire ?
En fait, je pense que ce dossier a été happé par une conjoncture politique internationale, européenne et nationale qui a conduit à le reléguer un petit peu dans l'ordre des priorités. notamment, vous rappeliez l'année 2024, elle était prévue pour être celle de la présentation au texte au Parlement et de la tenue du Congrès censé enteriner sous réserve de la décision des parlementaires la révision constitutionnelle et puis il y a eu la dissolution et les conséquences qui s'en sont suivies, notamment une forte instabilité gouvernementale, une vie politique française éruptive. Donc c'est d'abord une conséquence de la dissolution ? – Je pense que c'est une des conséquences de la dissolution.
Ensuite, il y a eu aussi des difficultés du côté, je crois, de la représentation corse. On a été très allant. Ça n'a pas toujours été le cas, non pas du côté du gouvernement qui globalement, d'abord Gérald Darmanin en charge du dossier a demandé au président de la République, ensuite François Rebsamen aujourd'hui et François Zgatel. Nous avons eu sous l'autorité des premiers ministres successifs des interlocuteurs engagés et loyaux. Il y a peut-être eu aussi des réticences du côté notamment de certains cercles de l'administration.
Un exemple fort, nous étions, en ce qui nous concerne, tout à fait favorables à ce que les grandes lignes du projet de loi organique puissent être définies concomitamment au projet de révision constitutionnelle, y compris en impliquant les députés et les sénateurs. ça n'a pas été possible notamment...
C'est le projet de loi qui va décider des domaines dans lesquels les élus seront habilités à prendre les lois, les normes, les règlements ?
Oui, le projet de loi constitutionnel pose un principe d'autonomie et le statut d'autonomie lui-même a vocation à être défini... Parce que là,
son projet de loi organique, c'est un peu une coquille vide finalement ce texte ?
Non, ce n'est pas une coquille vide, c'est un texte qui pose un principe constitutionnel d'autonomie et ce principe a vocation à être décliné comme c'est la règle par exemple pour la Polynésie au titre de l'article 74 à travers une loi organique. Je pense que cet inconvénient peut être corrigé par exemple à travers un comité qui pourrait réunir les députés, les sénateurs, le gouvernement et les représentants de la Corse et travailler en temps masqué y compris jusqu'au mois de septembre date à laquelle le texte devrait être présenté devant le Sénat.
On va rentrer dans le détail du texte puisque Stéphane, il a déjà été examiné en commission. Oui, et la commission des lois a écarté la plupart des amendements présentés en commission. Alors comment est-ce que vous l'expliquez ? Est-ce que c'est bon signe en fait ? Est-ce que ça veut dire que le texte est bien bordé et qu'il n'y a rien à y toucher ou est-ce qu'à l'inverse il va être très disputé et qu'il y a plein de choses qui ne conviennent pas
aux députés ? Alors la commission des lois c'est une instance importante au sein de l'avis de l'Assemblée nationale. Le rapporteur Florent Boudier est un député qui connaît particulièrement le dossier qui est le président de la commission des lois qui avait produit un premier rapport et donc les débats se sont bien passés mais c'est un tour de chauffe. Le véritable rendez-vous il est à partir de demain dans le cadre de la séance publique.
Est-ce que si vous êtes à Paris dès maintenant, Gilles Simon, ça veut dire qu'il y a encore besoin de convaincre ?
Il y a besoin de convaincre jusqu'au tout dernier instant et nous n'allons pas cesser de chercher à convaincre en expliquant les enjeux, en rappelant la portée historique de ce texte, les perspectives qu'il ouvre mais également les garanties qu'il donne et notamment je crois qu'il faut encore lever un certain nombre de réserves et de craintes et expliquer que l'autonomie au sein de la République ce n'est pas l'aventure, c'est la réponse à une aspiration légitime portée de façon très largement majoritaire en Corse depuis des décennies et que la France, la République et l'État n'ont rien à craindre de cette autonomie mais au contraire à mon avis ont tout à y gagner.
Alors on va parler de ces réserves et de ces craintes. La collectivité de Corse pourra adapter si le texte est adopté certaines lois et certains règlements et fixer elles-mêmes des normes dans les matières où s'exercent ces compétences. Est-ce qu'il faut maintenir le pouvoir de contrôle du Parlement ? Ce n'est pas prévu actuellement dans le texte.
C'est une aspiration d'un certain nombre de députés et de sénateurs mais moi je voudrais revenir à un certain nombre de principes qui sont clairs, validés par toute la doctrine constitutionnelle et qui sont mis en œuvre de façon tout à fait apaisée y compris dans des États unitaires comme le Portugal et l'Italie. D'abord il y a un principe c'est que donner et retenir ne vaut. C'est un principe du droit civil mais je crois qu'on peut le transposer. C'est-à-dire qu'on ne peut pas en même temps faire confiance à une collectivité autonome, lui demander d'exercer un certain nombre de compétences et dire que ces compétences vont être en permanence sous le contrôle d'une instance supérieure.
Je l'ai dit, l'autonomie ce n'est pas l'aventure. Le Parlement d'abord a un contrôle fort c'est que c'est lui qui à travers la loi organique habilite la collectivité autonome à intervenir. ce pouvoir il peut être soit un pouvoir réglementaire d'adaptation c'est prévu ici par le texte et à ce moment-là il est contrôlé notamment par le juge administratif de façon étroite et il peut être dans un certain nombre de compétences limitativement énumérées par la loi organique un pouvoir de nature législative dont je rappelle qu'il existe déjà dans la constitution actuelle notamment pour la Polynésie ou à un autre niveau pour la Nouvelle-Calédonie.
Par exemple François-Xavier Tchécol qui est le député LR de la Haute-Corse dit que s'il n'y a pas ce contrôle du Parlement il y a un risque de renforcer une dérive mafieuse dans l'île et de renforcer les pressions que pourrait exercer la mafia sur les élus corses. Vous ne le voyez pas vous ce risque ?
Je dis avec force bien sûr que la société corse et l'État doivent être engagés sans excès mais avec constance contre l'emprise de la criminalité organisée et contre les juridiques mafieuses vous savez que nous l'avons fait mais je dis aussi que par exemple nous ne sommes pas autonomes et ça n'a pas empêché jusqu'à aujourd'hui la criminalité organisée de se renforcer y compris quelquefois malheureusement avec la complaisance de l'État. Enfin et surtout je rappelle
Il y a une complaisance de l'État sur la mafia en Corse ?
Il y a eu oui pendant des décennies objectivement une complaisance de l'État et il y a eu une justice et une police qui ont été tantôt retenues tantôt orientées ça fait partie malheureusement
Et là l'État en fait pas assez aujourd'hui pour lutter contre la mafia en Corse ?
Je pense qu'il faut le recul du temps pour juger de l'efficacité de l'État en ce qui me concerne je suis favorable vous le savez à une politique qui soit à la fois ferme et respectueuse des libertés individuelles mais surtout qui soit lisible et qui s'inscrive dans la durée ça a commencé à être le cas semble-t-il attendant de voir si cette inclinaison nouvelle est maintenue ceci étant je rappelle que l'autonomie c'est un État qui continue d'exercer ses pouvoirs régaliens et notamment la police et la justice et c'est aussi un État qui continuera d'exercer son contrôle y compris administratif dans les domaines sensibles donc je ne crois pas que l'autonomie constitue un risque de ce côté-là au contraire deux éléments d'abord cette autonomie c'est pas seulement une revendication institutionnelle c'est aussi et c'est démontré par le droit comparé un moyen puissant d'adapter des dispositifs qui permettent de s'affranchir des contraintes liées par exemple à l'insularité elles sont nombreuses dans tous les domaines transport, aménagement du territoire concentration économique développement économique etc.
et donc nous avons vocation à passer d'un modèle économique aujourd'hui qui est globalement celui d'une économie de rente et d'une croissance appauvrissante avec des poches de surprofit des poches de spéculation immobilière qui en quelque sorte attirent les dérives mafieuses comme le miel attirent les abeilles nous avons vocation à passer de ce système qui est un système globalement inégalitaire et appauvrissant un développement économique et global équilibré avec des mécanismes de solidarité entre les citoyens entre les territoires l'autonomie nous rapprochera de cela et l'autonomie pourra affaiblir et priver d'espace la dérive mafieuse et priver d'espace la dérive mafieuse c'est aussi reconstruire une relation de confiance qui a été singulièrement malmenée au cours des décennies entre la société corse et les institutions de la Corse et l'État
Il y a un mot aussi qui pose problème et qui va faire débat c'est le mot de communauté puisque dans le texte il est écrit que pour justifier le statut particulier de Lille il y a une référence à sa communauté historique linguistique culturelle ayant développé un lien singulier à sa terre est-ce que vous comprenez que le mot communauté choque est-ce qu'avec ça vous faites le jeu du communautarisme ?
Réponse très claire notre démarche je l'ai dit je les répète et surtout nous l'avons démontré est aux antipodes du communautarisme aux antipodes du communautarisme par contre au cœur de la revendication des revendications et de la démarche de ce qu'il est convenu d'appeler en Corse le mouvement nationaliste depuis 50 ans il y a la notion de peuple corse cette notion de peuple corse elle aussi je le rappelle elle a été validée à l'unanimité par la représentation élu de la Corse et vous allez demander à n'importe quel Corse je dirais même à n'importe quel observateur extérieur qui vient en Corse si à son avis il existe un peuple corse il vous répondra oui donc nous nous souhaitons et nous continuons
nous continuons
de souhaiter que la République puisse reconnaître l'existence de ce peuple la notion de communauté a été acceptée par nous parce qu'elle a été proposée par le gouvernement qui en a fait une ligne rouge je le dis et je le répète également si les parlementaires dans leur sagesse souhaitent remplacer la notion de communauté par celle de peuple nous n'y verrons bien évidemment que des avantages
ça veut dire qu'il y a une bataille de mots qui s'annonce essentiellement parce que là on voit le rassemblement national est très pointu ou très à cheval sur ce terme de communauté qui est vécu comme un irritant mais vous avez aussi Bruno Retailleau président des républicains qui juge que l'autonomie de la Corse percerait l'indivisibilité de la République qu'est-ce que ça enlèverait à la République française que la Corse soit autonome je vous pose la question à mon avis
rien très sincèrement il y a des batailles de mots il y a des symboles et il y a aussi c'est vrai des enjeux politiques je rappelle par exemple que le statut de résident ou le statut de la langue corse sont à notre avis tout à fait compatibles avec le fonctionnement normal de la République et que des dizaines de millions d'Européens pour ne pas dire des centaines de millions d'Européens vivent au quotidien de façon apaisée le bilinguisme ou le plurilinguisme est-ce que réaffirmer cela c'est faire le jeu du communautarisme je ne crois pas sur le principe d'indivisibilité c'est un principe important comme est important le principe d'égalité entre les citoyens mais l'égalité c'est également traiter de façon différente des situations différentes la différenciation et le constituant dans le cadre de la constitution de 1958 a souvent su faire évoluer l'été je rappelle que d'ores et déjà aujourd'hui il y a par exemple un principe d'autonomie pour la Polynésie il y a dans le titre 12 la reconnaissance du peuple kanak à travers l'accord de Nouméa et de son droit à l'autodétermination qu'il y a la possibilité toujours en Polynésie de prendre des mesures particulières pour favoriser l'emploi local ou l'accès aux fonciers et que donc le constituant sait aménager les règles pour prendre en compte les situations spécifiques
mais sauf que là on n'est pas en Polynésie et si ce texte est adopté la Corse deviendrait le premier territoire hexagonal autonome et vous entendez la crainte que ça donne des idées aux autres aux Alsaciens aux Bretons et que du coup ça entraîne un mouvement qui conduise à un éclatement de l'unité de la République
je crois que cet épouvantail de l'éclatement de l'unité de la République doit être écarté pourquoi parce que d'abord si demain il y a et je pense qu'il y aura inéluctablement un débat sur l'évolution du modèle institutionnel administratif français c'est pas parce que la Corse aura eu l'autonomie alors qu'elle est dans une situation tout à fait singulière que ce débat sera perturbé donc ce débat a vocation à avoir lieu il aura lieu le risque d'un toboggan vers l'indépendance il est écarté par l'observation du droit comparé les Açores les Baléares la Sicile la Sardaigne sont autonomes depuis des décennies ils ont pu grâce à leur autonomie développer leurs villes ou leurs archipels à travers des mesures adaptées le sentiment et l'aspiration à l'indépendance qui était forte dans ces territoires a reculé et au contraire la relation avec l'État est apaisée donc je pense véritablement que l'État et la République n'ont rien à craindre d'une autonomie de la Corse mais qu'au contraire ce qui se passe en Corse interroge l'État et de façon plus large et la République de façon plus large est-elle sont-ils aujourd'hui oui ou non capables de prendre en compte et d'intégrer dans l'ordre constitutionnel une aspiration démocratique qui puise à 50 ans de combat et qui est aujourd'hui validée par la très grande majorité des élus corse et si on nous répond non et je le dis là aussi c'est pas du tout et en aucun cas un chantage à la violence parce que moi vous le savez tout mon engagement s'est construit autour du rejet de la violence et notamment de la volonté de tourner définitivement la page de la violence clandestine mais nous souhaitons que la démocratie fonctionne si ce à quoi nous croyons profondément et qui est aujourd'hui validé par une très grande majorité et quelquefois par exemple sur la notion de peuple ou de statut de résident ou de langue à l'unanimité des élus y compris la droite en Corse et la gauche si on nous dit cela n'est pas possible et cela ne sera jamais possible quelle solution nous offre-t-on autre que celle de la rupture
mais vous dites si ce texte échoue si ce texte n'aboutit pas ce sera le retour de la violence dans l'île
non je ne dis pas ça moi je ne suis pas là pour
vous avez employé un terme vous avez dit ce serait lourd de conséquences perturbantes mais c'est-à-dire
lourd de conséquences perturbantes
parce que je viens
de vous l'expliquer nous sommes à la fin d'un triple cycle un cycle de 60 ans le début des revendications y compris autour de la revendication d'autonomie elle commence en 1973 un cycle de 10 ans vous l'avez rappelé où j'ai été présent du conseil exécutif et où nous avons convaincu l'ensemble des nationalistes d'abandonner la violence clandestine et où nous avons en permanence accepté des concessions y compris par rapport à notre objectif d'autonomie puisque je rappelle que l'Assemblée de Corse avait voté une délibération à une très large majorité qui allait au-delà de ce qui est proposé aujourd'hui nous avons accepté des concessions et nous venons aujourd'hui dire avec confiance à la représentation nationale valider ce que le gouvernement et les élus de la Corse ont enterriné ensemble si on ne le fait pas et si on nous dit que l'État et la République ne pourront jamais faire droit à des demandes qui sont démocratiques je vous repose la question comment cela pourrait-il être autrement que lourd de conséquences tout simplement je vous donne un exemple en ce qui me concerne si demain je devais me représenter et celles et ceux qui m'ont accompagné et qui m'ont fait confiance devant les électeurs dans un an ou dans deux ans en 2028 je ne pourrais pas retourner vers les Corses en leur disant faites-moi confiance sur un projet d'autonomie que j'ai porté pendant 11 ans et qui vient d'être rejeté de façon définitive ou j'arrête l'engagement politique mais ça c'est inenvisageable en tout cas je ne parle pas de moi personnellement seulement pour celles et ceux et nous sommes des générations des dizaines de milliers de femmes et d'hommes qui ont perdu quelquefois la vie souvent la liberté nous sommes dans le fil historique d'un combat nous ne renoncerons pas à notre combat nous voulons le maintenir dans le cadre de la démocratie et nous ferons tout pour qu'il reste dans le cadre de la démocratie mais est-ce que la France l'État et la République sont capables de prendre en compte nos demandes je le souhaite et si on nous dit non aujourd'hui et bien forcément on recréera une aspiration mécanique pour les logiques de tension pour les logiques de conflit et c'est ce dont nous ne voulons pas
mais qui vous dirait non parce qu'en fait aujourd'hui il y a quand même une volonté affichée du président de la République est-elle sincère ou pas c'est Gérald Darmanin qui le premier avait parlé de l'autonomie de la Corse en 2022 donc l'État aujourd'hui c'est qui qui vous refuserait votre problème il est avec les parlementaires actuellement
ce n'est pas un problème avec les parlementaires il y a un doute on est dans un processus qui est complexe on a le président de la République l'exécutif les premiers ministres et ministres successifs qui ont enterriné un texte là il n'y a pas de double jeu il y a une vraie volonté on est d'accord en tout cas je n'ai aucun élément qui me permet de dire qu'il y a un double jeu nous avons travaillé peut-être que ça a pris trop de temps nous avons trouvé un point d'équilibre à travers un texte de compromis et ce texte permet également la mise en oeuvre d'un accord politique global qui est transparent mais est-ce que le plus dur ce sera au Sénat il faut aujourd'hui convaincre l'Assemblée nationale le Sénat et surtout le Sénat est-ce que vous avez eu des engagements
du président Larcher ?
non je n'ai pas d'engagement du président Larcher le président Larcher au jour d'aujourd'hui a exprimé un certain nombre de positions et notamment une vision à notre sens trop réductrice de ce que doit être l'autonomie de la Corse et nous devons faire évoluer les positions en ce qui nous concerne nous respectons totalement la souveraineté de la représentation nationale elle peut choisir librement de valider ce texte nous le souhaitons ou de l'écarter et de l'amender ou de l'amender dans une mesure telle que perdant ces éléments substantiels la révision quotidienne n'aurait plus d'intérêt pour nous et donc si bien sûr demain on est confronté à des amendements qui privent le texte de sa substance et qui remettent en cause l'accord politique dans lequel nous nous sommes engagés et que nous nous avons respecté loyalement y compris en ne déposant pas d'amendement ou en acceptant des évolutions significatives par exemple la communauté au lieu du peuple ou un pouvoir législatif dans des compétences et des domaines beaucoup plus limités que ce que nous avions éventuellement envisagé si l'accord politique est remis en cause notamment parce que le Parlement en décide ainsi et bien nous en prendrons acte et nous-mêmes nous en tirons les conséquences qui seront ?
qui sont de constater que le processus qui est souhaité par une très grande majorité des élus de la Corse et par une très grande majorité des Corses et bien n'est pas validé par le Parlement et que donc on constate un échec et cet échec sera aussi celui de la prise en compte du fait démocratique corse je ne veux pas me situer dans cette perspective je reste persuadé notamment parce que le texte offre des garanties importantes sur tout ce qui est essentiel y compris pour celles et ceux qui ont une vision forte et exigeante des principes d'indivisibilité de la République je suis persuadé que ce texte est un point d'équilibre que 3 cinquièmes des parlementaires peuvent voter dans le cadre d'un congrès
Est-ce que vous briguerez de nouveau la tête de la collectivité en 2028 ?
Ce n'est pas le débat d'aujourd'hui Mais vous ne dites pas non ? Ça va dépendre du texte ? Le débat d'aujourd'hui vous savez il y a beaucoup de choses qui vont être conditionnées par l'issue de ces textes et notamment nous aurons l'occasion d'en parler Moi ce que je souhaite c'est que le texte soit voté ça ouvrira une phase nouvelle tourner définitivement la page de la logique de conflit et construire une corse autonome au sein de la République c'est un travail qui prendra probablement une génération donc pour l'essentiel il impliquera d'autres garçons et d'autres filles que celles et ceux de ma génération
Merci Gilles Siméon Merci beaucoup d'avoir été notre invité La Une de Ouest France c'est le sommet du G7 Stéphane un sommet de G7 sur fond de tension internationale et on va en parler tout de suite dans la revue de presse régionale Alexandre on fait le tour de la Une de nos quotidiens régionaux et on parle du G7 puisque la France accueille aujourd'hui le sommet du G7 dans un contexte de tension internationale on le disait Et oui un sommet du G7 organisé à Evian sur les rives du lac Léman jusqu'à mercredi et qui s'annonce crucial alors il sera forcément question de l'accord entre les Etats-Unis et l'Iran que Donald Trump annonce finalisé et qui devrait être officialisé vendredi les chefs d'Etat Emmanuel Macron en tête vont aussi essayer de réduire la fracture qui existe avec le président américain sur le règlement de la guerre en Ukraine alors que les frappes russes sont toujours aussi massives sur le territoire ukrainien et puis parmi les autres sujets qui vont être évoqués lors de ce G7 le déséquilibre commercial avec la Chine et puis la régulation des géants du numérique ce dernier sujet il n'est pas beaucoup apprécié par Donald Trump donc ça s'annonce un peu tendu Et vous le disiez la ville d'Evian Alex qui va donc être le centre du monde durant trois jours une ville placée sous haute sécurité on va aller en Haute-Savoie retrouver Julien Estrangin bonjour merci d'être avec nous Julien directeur des éditions du Dauphiné Libéré de Savoie et de Haute-Savoie on imagine la ville est en ébullition Julien comment elle se prépare comment s'est préparé Evian à cet événement hors normes ?
Vous l'évoquiez oui c'est vraiment hors normes c'est le terme pour cette petite ville thermale des bords du Léman d'ailleurs c'est la deuxième fois qu'elle accueille un G7 la fois d'avance c'était un G8 et les chiffres de la sécurité donnent absolument le vertige il y aura 7000 policiers 6000 gendarmes 900 militaires 830 personnels aux frontières 800 tapeurs-pompiers des services médicaux des magistrats l'armée avec des hélicos des chasseurs des drones des postes de commandement évidemment l'ensemble des véhicules qui servent d'appui à tout ce monde et vous imaginez aisément combien ce dispositif est impressionnant ça fait des mois qu'il se prépare qu'il s'installe pour ce sommet qui va durer 3 jours c'est un sommet qui débute vous le disiez aujourd'hui en fin d'après-midi il y aura d'abord des rencontres plénières et puis des rencontres bilatérales l'accueil officiel des chefs de délégation c'est ce soir à 19h par le président de la République qui d'ailleurs est déjà sur place à Evian
et puis le sommet dure jusqu'à mercredi conférence de presse finale après-demain donc à 15h
et de l'autre côté du lac Léman Julien comment ça se passe ?
alors de l'autre côté du lac Léman en Suisse on s'agacait beaucoup jusqu'à hier des conséquences de ce sommet car évidemment comme Evian est inaccessible à toute manif les opposants au G7 avaient décidé de se rabattre sur Genève comme il l'avait fait d'ailleurs en 2003 et là les violences avaient été extrêmement importantes alors depuis plusieurs jours les politiques suisses étaient très remontées et en gros ils accusaient la France de laisser la Suisse se débrouiller avec les éventuels débordements le président de la Confédération Guy Parmelin avait même écrit Emmanuel Macron pour lui faire part de son inquiétude la semaine dernière alors hier la manif a bien eu lieu il y a eu quelques violences quelques débordements en fin de cortège mais finalement c'est resté assez limité peut-être d'ailleurs grâce à l'énorme mobilisation préventive des Suisses qui avaient aussi déployé
des moyens extrêmement costauds des officiers anti-émeutes des canons à eau etc alors on va voir comment vont se dérouler les trois jours du sommet mais sur le plan de débordement il semble que le plus dur
le plus dur est passé en revanche
en revanche il reste d'énormes perturbations du quotidien parce que vous savez qu'il y a plus de 150 000 travailleurs français qui passent la frontière chaque jour pour aller travailler à Genève et dans les cantons voisins
et comme la majorité des postes de douane sont fermées cette semaine on s'attend encore à pas mal de perturbations ne serait-ce que sur le plan pratique et sur le plan des déplacements Merci Julien G7 à Evian Le Monde les regarde c'est la une de votre journal ce matin Merci Julien Estrangien d'avoir été avec nous depuis la Haute-Savoie Alors c'est le stress pour les élèves de Terminal on a connu ça Début des épreuves écrites du bac comme le veut la tradition on commence par la philo Oui plus de 500 000 élèves de Terminal planchent aujourd'hui sur les différents sujets de l'épreuve de philosophie qui leur sont proposés et pour l'occasion le journal La Voix du Nord a interrogé plusieurs personnalités connues du grand public sur leurs souvenirs de ce fameux bac philo Alors d'abord l'écrivain à succès Franck Thier a vécu cette épreuve je cite comme un mauvais moment à passer d'ailleurs 35 ans après il se souvient encore du sujet qu'il avait choisi c'était la question suivante l'expérience instruit-elle et puis il se souvient aussi d'avoir attendu les résultats sur son mini-tel qui moulinait à l'époque ça devait être dans les années 90 finalement il a eu 14 c'est pas si mal et puis l'acteur Marc Rizeau qu'on a pu voir notamment dans le film un petit truc en plus se souvient être lui resté un peu sec devant sa copie il le dit je n'avais rien à écrire j'avais cité Emmanuel Kant sur la liberté et puis j'ai aussi cité l'ours balou du livre de la jungle résultat 12 c'est pas si mal en revanche quand on mélange Kant et balou c'est pas mal voilà c'est pas mal et puis enfin on monte dans les notes l'ex-miss France FJ l'a eu 19 à son bac philo après avoir planché sur cette citation de Thomas Hobbes l'homme est un loup pour l'homme et elle a même lu sa copie lors d'un repas de famille pour épater ses parents tellement elle était fière de sa note alors attendez puisque du coup on va voir les sujets du bac d'aujourd'hui peut-on être heureux quand les autres ne le sont pas ?
oui c'est une vaste question vous aurez 4 heures après pour plancher Alex dans le journal l'Est Républicain il est question d'un autre type d'épreuve un peu plus physique oui Ariane est-ce que vous avez déjà couru 100 km la nuit en forêt avec une gourde une lampe torche et un sac à dos non non non mais vous allez peut-être vous y mettre parce que c'est très à la mode en ce moment en France de plus en plus de français deviennent adeptes des courses d'ultra-endurance un exemple l'ultra-trail de Nancy en 5 ans est passé de 700 participants à 2400 coureurs c'est un exemple qui est pris par le journal l'Est Républicain qui se pose cette question mais après quoi courent-ils tous ces français adeptes d'ultra-endurance et bien Leslie passionnée de ce genre de course témoigne je la cite moi c'est la découverte de nouveaux territoires c'est une façon de voyager autrement que par exemple en faisant du shopping elle avoue aussi que c'est une façon de tester ses limites physiques pour toujours aller plus loin mais selon la sociologue Marie Chirère qui est interrogée dans cette enquête de l'Est Républicain et bien ce genre de distance participe de la valorisation de soi et de la construction identitaire ça donne un boost d'ego mais ça comporte aussi des dérives car on peut être pris dans l'engrenage du toujours plus toujours courir plus longtemps et on continue à parler d'endurance mais automobile oui à la une du journal Le Maine Libre le résultat de la 94ème édition des 24h du Mans 24h de course mais avec une course qui au final s'est jouée à quelques secondes une course à suspense au final c'est Toyota qui l'emporte avec 10 secondes d'avance sur BMW et puis la cadillac du français et manceau Sébastien Bourdet a elle abandonné après une panne dimanche au petit matin On parle de foot et de l'entrée en liste des Bleus Ah oui c'est demain soir 21h France-Sénégal avec un premier match des Bleus qui s'annonce très compliqué contre les Sénégalais qui sont champions d'Afrique alors c'est toujours la même question quel endroit choisir pour voir le match des Bleus et passer un bon moment pour tous ceux qui seront demain soir dans la métropole lilloise le journal Nord Eclair donne quelques bonnes adresses pour suivre le match des Bleus sur écran géant Et Alex comme à chaque édition du Mondial de foot les collectionneurs et supporters se ruent sur les célèbres vignettes Panini des stickers dont la popularité traverse les générations depuis 50 ans à Bordeaux certains poids de vente sont déjà en rupture de stock on regarde ce reportage de TV7 il est signé Océane Archambault
Ils sont un incontournable de la coupe du monde les stickers Panini à l'effigie des joueurs de football C'est bien ça que tout le monde s'arrache Mais cette année ces cartes à collectionner sont particulièrement convoitées Ce gérant d'un bureau de tabac a vendu près de 500 paquets en à peine deux semaines soit plus de 3000 stickers Sincèrement on n'a jamais bu ça On nous en demande je ne sais pas combien de fois par jour Une chasse à l'autocollant Panini largement relayée sur les réseaux sociaux Je me suis fait influencer j'ai été tout acheter plein de paquets à ouvrir à laquelle Baptiste n'a pas su résister
J'ai complété 65% de l'album donc j'en ai récolté 635 et il m'en manque encore 345
Et pour trouver les 980 stickers à collectionner ce professeur de PS de 24 ans échange les autocollants qu'il reçoit en double Par exemple avec un copain l'autre jour on en a fait une 70 70 chacun là j'ai un contact qui me permet d'en avoir 50 de plus donc en fait ça permet de vraiment remplir l'album hyper rapidement
alors que si on achète juste un sticker enfin plein de paquets on a la moitié de double facilement donc c'est pas assez rentable
Et si Baptiste compte bien garder très précieusement son album Panini certains collectionneurs ne cachent pas leur volonté de revendre à l'avenir leur album au prix fort
Et place au débat Glucksmann peut-il plier Mélenchon ? Et samedi à Aubervilliers Raphaël Glucksmann réunissait ses troupes pour son premier meeting un meeting de non-candidats tarde-t-il trop à entrer dans la campagne ? Peut-il incarner le rassemblement de la gauche et plier Jean-Luc Mélenchon comme il l'ambitionne pour en parler ?
Nous sommes avec Yves Tréard Bonjour Yves Bonjour Riane Bonjour à tous Directeur adjoint de la rédaction du Figaro Bonjour Pablo Piovivien Merci également d'être avec nous rédacteur en chef de la revue Regards et bonjour Lucie Alexandre Merci d'être là journaliste politique à Libération une semaine après la démonstration de force de Jean-Luc Mélenchon à Saint-Denis Lucie Alexandre est-ce que Raphaël Glucksmann
on peut dire qu'il a réussi son meeting ?
En tout cas il n'a pas raté la marche et on a une impression que ça joue c'est-à-dire que ça aurait pu être un échec et tout aurait pu s'arrêter pour lui on va dire dès aujourd'hui si le meeting n'avait pas fonctionné là il y avait du monde il y avait de la ferveur il a fait un bon discours qui était bien écrit je ne sais pas exactement qui l'a aidé à l'écrire mais c'était intéressant ça lui a permis de développer sa pensée politique aussi d'envoyer un certain nombre de signaux à gauche qui était un objectif assez important au moment où il doit essayer de rallier le PS derrière lui donc il y a tout un tas de choses qu'il a réussi à faire durant ce meeting qui fait que là les choses continuent de s'ouvrir pour lui après on va voir la suite
Vous étiez sur place vous quelle était l'ambiance quel était l'état d'esprit et quelles étaient les attentes des personnes sur place ?
Alors disons que déjà ce qui nous a beaucoup surpris c'est que toute la semaine ces équipes ont laissé transparaître un peu une crainte qu'il n'y ait pas assez de monde les insoumis faisaient monter la pression en disant voilà il n'y aura personne la comparaison va être difficile avec Jean-Luc Mélenchon c'était pas du tout le même enjeu parce que lui la jauge de sa salle était à 2500 personnes comparé aux 26 000 personnes selon les organisateurs insoumis qui étaient à Saint-Denis et en fait la salle était pleine eux ils disent qu'il y avait 4000 personnes en tout cas c'était plein à craquer on avait du mal à et la salle l'a porté c'est-à-dire qu'on a senti qu'il n'avait pas beaucoup d'efforts à faire dans son discours pour qu'il se passe quelque chose parce que la salle le portait et donc c'était une salle acquise et qui était en demande de le voir lancer quelque chose et d'ailleurs son discours il était beaucoup conjugué au futur c'est-à-dire que c'était vraiment un discours de candidat
Alors c'est un discours de candidat sauf qu'il n'est pas candidat pour le moment Raphaël Luxman Pablo est-ce que 3 mois pour se lancer c'est ce qu'il a dit il se donne 3 mois pour se lancer est-ce que c'est une erreur ?
Je ne sais pas trop si c'est une erreur en tout cas il va rentrer très tard en campagne mais vraiment ce n'est pas le seul il paraît qu'il y a François Hollande qui se tâte aussi pour rentrer mais lui ça serait plutôt au mois de décembre ou au mois de janvier prochain donc on voit qu'il y en a beaucoup dans ce camp social-démocrate au sens large qui se disent plus je pars tard mieux je me porte juste un point d'abord sur les meetings parce que je vois les comparaisons ça vient d'être fait par Lucie avec Jean-Luc Mélenchon la semaine dernière en vrai les meetings le nombre de gens dans les meetings ça ne veut hélas pas dire grand chose quand vous prenez je ne sais pas moi si vous prenez 81 par exemple 1981 la campagne de 1981 vous aviez Georges Marchais qui faisait qui remplissait le vélo de Rome c'était le candidat du parti communiste qui faisait des grandes marches avec des centaines de milliers de gens des jeunes etc et François Mitterrand qui faisait des meetings beaucoup plus confidentiels à la fin qui a plié le game c'est François Mitterrand qui a fait 25% et Georges Marchais qui pourtant était porté par une ferveur dans les meetings et qui a fait 15% ce que je veux dire c'est qu'aujourd'hui quand on compare la France Insoumise avec Raphaël Glucksmann Raphaël Glucksmann c'est une micro-organisation qui s'appelle Place Publique avec les moyens d'une micro-organisation alors que la France Insoumise eux ils sont beaucoup plus avancés en termes à la fois de projets et programmatiques mais aussi en termes organisationnels mais on reviendra sur le fond de ce qu'a proposé Raphaël Glucksmann parce que c'est ça le plus important en fait il a développé ce qu'il a proposé dans son livre c'est à dire en gros Raphaël Glucksmann l'européiste Raphaël Glucksmann l'européen à Raphaël Glucksmann le patriote il a remplacé en fait par rapport à son discours de 2024 aux européennes il a remplacé Europe par France et puis il a fait à peu près le même discours On va venir sur le fond et sur les thèmes développés Yves mais à quoi ça sert et est-ce que ça le sert politiquement d'attendre autant de temps pour déclarer officiellement sa candidature ou est-ce qu'au contraire ça laisse le poison du doute s'insinuer ?
Non moi je pense qu'il a tort je pense qu'il aurait fallu qu'il se déclare très vite en plus il en a évidemment l'envie et il a vraiment l'ambition d'occuper cet espace-là cet espace politique donc je ne comprends pas je ne comprends pas pourquoi il ne prend pas de vitesse ses concurrents en direct que vont être effectivement François Hollande parce que François Hollande va y aller il va y aller parce qu'il y a une telle faiblesse face à lui une telle faiblesse et François Hollande il a toute une stratégie que n'a pas Glucksmann Glucksmann il hésite il est trop hésitant à mon avis alors certes il peut avoir un discours construit il peut avoir un discours tel qu'il l'a déroulé samedi dernier moi je pense qu'il ne fait pas beaucoup le poids face à Jean-Luc Mélenchon parce que Jean-Luc Mélenchon c'est alors lui une machine de guerre me semble-t-il c'est incroyable la stratégie de Jean-Luc Mélenchon comme c'est une stratégie bien huilée et qui à mon avis peut être extrêmement séduisante pour un électorat de gauche y compris au-delà de la France insoumise et d'un électorat entre guillemets qui pourrait être un peu radicalisé et là il est en train justement d'essayer de profiter de l'hésitation de ses concurrents au centre gauche je dirais pour aller aller chercher cet électorat là donc Glucksmann Raphaël Glucksmann à mon avis tarde trop et devrait se manifester bien avant l'été enfin avant l'été maintenant il n'y a plus que quelques jours mais il aurait dû le faire depuis longtemps à mon avis pour essayer d'occuper le terrain et aussi de créer une dynamique parce qu'une présidentielle c'est une dynamique est-ce que Raphaël Glucksmann a la dynamique actuellement j'ai pas l'impression que cette dynamique existe il veut être le candidat social-démocrate et le problème c'est qu'aujourd'hui s'il se déclare il ne peut qu'être le candidat place publique et je pense que ça ne lui suffit pas d'être le candidat place publique il veut directement avoir la validation du parti socialiste il y a une deuxième chose il a une femme aussi il a une femme qui est présentatrice du 20h ça c'est pas négligeable le jour où il se présente elle ne peut plus présenter le 20h ça ne regarde pas les électeurs ça peut en faire partie ça ne regarde pas les électeurs quand on fait de la politique on fait de la politique mais ça le regarde lui oui ça lui ça le problème c'est que ce sont les électeurs qui l'attendent et ce que je crains moi c'est qu'il s'use dans cette posture là et que s'il s'était présenté ou s'il se présentait maintenant et bien il sincèrement il écarterait énormément de concurrents notamment au parti socialiste où ils ne savent pas du tout où ils ne savent plus du tout où ils en sont et il serait aussi du coup à mon avis une épine dans le pied quand même de François Hollande alors vous parliez de Jean-Luc Mélenchon et de Marine Le Pen du Rassemblement National dans son meeting Raphaël Guxman s'est posé en adversaire des deux extrêmes on l'écoute le RN n'a pas encore triomphé les français ne choisiront pas 5 années de plus de macronisme et nous nous allons nous rassembler pour gagner en 2027 ils ne veulent pas non plus j'en suis convaincu ils ne veulent pas non plus de Jean-Luc Mélenchon à l'Elysée c'est donc à notre gauche celle qui rassemble au lieu de brutaliser celle qui répare au lieu de casser c'est donc à notre gauche de proposer une alternative crédible pour empêcher Bardella et Le Pen de prendre le pouvoir il se pose comme adversaire des deux extrêmes Lucie Alexandre est-ce qu'il est en capacité d'incarner ce rôle de rassemblement et de se poser électoralement en adversaire de Marine Le Pen et de Jean-Luc Mélenchon
pour rebondir ce qu'on disait précédemment là son principal enjeu effectivement c'est de rallier le parti socialiste et de les convaincre qui peut être le candidat justement de ce qu'on a appelé la gauche non-mélenchoniste parce que pour l'instant on ne sait pas vraiment la définir puisque ce camp est très éparpillé et c'est pour ça en fait moi je pense qu'il est déjà candidat c'est juste une question de nomenclature tout ça mais en fait c'était un discours de candidat qu'il a fait et là quand il dit je me donne trois mois en fait il se donne trois mois pour convaincre les socialistes mais là ce qu'il a réussi à faire pendant ce meeting il me semble c'est leur démontrer que finalement il n'avait pas besoin d'eux pour faire un lancement de campagne qui ressemblait à quelque chose après il a besoin d'eux évidemment pour des raisons financières parce qu'effectivement il a une toute petite structure qui n'a pas énormément d'argent aussi pour des raisons organes nationales c'est-à-dire des relais d'élus locaux partout dans le pays des militants une structure et aussi pour donner le sentiment voilà de rassembler un camp et après il y a une deuxième étape qui est les écologistes avec qui c'est beaucoup plus compliqué parce qu'il s'entend très mal avec la direction du parti écologiste et je ne parle même pas des anciens insoumis François Ruffin Clément Ténotin parce que ça c'est des interlocuteurs avec qui il y a assez peu de dialogue mais du coup finalement voilà là c'est aussi un coup de pression qu'il met aux socialistes là ils vont attendre de voir ce qui se passe dans les sondages c'est pas exclu que les choses s'accélèrent avant l'été finalement si là dans les jours qui viennent après son meeting les négociations avec l'EPS s'accélèrent et si les choses sont bloquées il peut aussi décider d'y aller sans eux ce qui est une façon de leur mettre la pression donc finalement en fait les choses ne sont pas jouées moi j'ai l'impression que le message qu'il envoie avec ce meeting c'est en tout cas moi j'y vais nos négociations se poursuivent pour des raisons diplomatiques et pour ne pas brusquer les choses il leur dit pour l'instant je ne me déclare pas candidat je veux que ça apparaisse comme quelque chose qu'on gère entre nous diplomatiquement mais quand même je commence un peu à vous mettre la pression et d'ailleurs il s'est adressé
au parti socialiste et aux militants socialistes Raphaël Glucksmann dans ce meeting on va l'écouter et mes amis je suis fier fier d'appartenir à cette gauche démocratique et républicaine fier d'avoir fait campagne avec mes amis socialistes par deux fois aux élections je suis fier fier de l'espoir que nous avons levé en 2024 et sur lequel nous devons ensemble bâtir la suite je sais je sais ce que je dois aux militantes et aux militants du parti socialiste est-ce que ce meeting finalement Pablo c'était aussi son grand oral pour convaincre le parti socialiste de faire de lui son candidat alors c'est marrant que vous ayez choisi cet extrait parce qu'effectivement là il s'adresse directement aux militants socialistes mais pendant tout le discours il a essayé de s'adresser globalement à tout ce qu'était la gauche dans sa diversité la gauche sociale-démocrate c'est-à-dire effectivement les socialistes mais dans leur diversité à qui il a rendu enfin il a rendu hommage à cette diversité aux syndicalistes aux mouvements associatifs et en fait il se veut le point de convergence non pas que des socialistes il ne veut pas être le candidat que des socialistes il veut être le candidat en fait de tout un camp de tout une un arrêt aux pages on va dire de dynamique pour pouvoir contrer Jean-Luc Mélenchon il sait très bien que s'il y va juste avec les socialistes ça va peut-être pas faire ça va pas aller très très loin on se rappelle de la candidature de Anne Hidalgo en 2022 qui elle était partie avec le parti socialiste c'était elle sa présentation lorsqu'elle s'est lancée en campagne elle est partie avec l'équipe des maires donc elle a réuni des maires socialistes maire M-A-I-R-E-S bien sûr et elle a fait une proposition sur cette base-là bon à la fin ça a fait 1,75% c'est-à-dire que juste recroqueviller sur le socialisme sur le parti socialiste ça marche pas donc moi j'ai l'impression que Raphaël Duchemin il essaye d'ouvrir un peu ça Mais pourquoi malgré son beau score aux européennes il a fait un score à deux chiffres en menant la liste PS place publique pourquoi il n'arrive pas à convaincre le PS de l'évidence de sa candidature et de mener campagne pour eux une troisième fois c'est compliqué Yannick Jadot il avait fait un très beau score aussi aux européennes et puis bon on a vu ce que ça donnait après le problème c'est de réunir ce camp de gauche qui ne verse pas dans je dirais dans les excès de Jean-Luc Mélenchon sauf que Jean-Luc Mélenchon a une parole beaucoup plus forte et que au bout du compte au bout au bout du compte et bien c'est lui qui remporte à chaque fois la mise parce que c'est une vraie gauche alors que en plus Raphaël Glucksmann compte tenu de son passé il peut être suspect pour beaucoup d'électeurs de gauche parce qu'il ne faut pas l'oublier il a commencé à droite il a soutenu Nicolas Sarkozy en 2007 donc c'est quelqu'un dont je dirais dont la force politique est encore fragile c'est plus un intellectuel qu'un animal politique aussi et ça ça se voit ça se voit justement par ses hésitations il est trop il est trop gentil je dirais c'est Raphaël Glucksmann
c'est pas un tueur
c'est pas un tueur Aurore Laluc qui est députée européenne l'a dit pendant son discours juste avant celui de Raphaël Glucksmann elle a dit à la fin c'est les gentils qui gagnent c'est-à-dire qu'elle se considère elle-même enfin il se considère à place publique comme les gentils pour revenir sur l'opposition Jean-Luc Mélenchon à Raphaël Glucksmann évidemment en fait la question de savoir aujourd'hui qu'est-ce que c'est que le peuple de gauche et plus largement où est-ce qu'en est la France prendre le pouls de la France est-ce que la France et le peuple de gauche a envie de tout renverser avec Jean-Luc Mélenchon et de faire un reset et de dire on passe à autre chose etc ou est-ce qu'elle a envie en gros de plus de prolongement de continuité pardon dans voilà le système tel qu'il fonctionne aujourd'hui avec des ajustements parce que Raphaël Glucksmann propose des ajustements et des ajustements d'envergure sur la question écologique sur la question sociale etc mais il propose des ajustements là où Jean-Luc Mélenchon il dit on prend la table on la retourne voilà ces deux propositions qui sont faites à la gauche et plus largement à la France on va voir à la fin laquelle des deux propositions va l'emporter est-ce que Raphaël Glucksmann il peut incarner le vote des électeurs de gauche il peut incarner le vote utile ou est-ce que Lucie Alexandre aujourd'hui les électeurs ils sont plutôt à se dire notre meilleure chance d'être au second tour c'est Jean-Luc Mélenchon
ça va être tout l'enjeu un peu de leur compétition dans laquelle pour l'instant on les met tous les deux mais c'est pas exclu qu'il y ait d'autres personnalités parce que justement là le match démarre on ne sait pas si Marine Tondelier enfin Marine Tondelier pourrait être candidate bon François Ruffin n'est pas testé dans les sondages mais a priori lui aussi il a dit qu'il irait jusqu'au bout en tout cas pour l'instant et Fabien Roussel peut aussi être candidat donc en fait tout ça démarre mais c'est sûr que la bataille qui se joue à gauche aujourd'hui c'est celle du vote utile parce que en fait ce qui ressort de la volonté du peuple de gauche ces dernières années c'est surtout l'envie de gagner à nouveau et au minimum d'être au second tour parce que ça fait quand même plusieurs fois qu'ils n'y sont pas
et pour eux Raphaël Luxman peut les faire gagner peu les amener au second tour
en fait là ce qu'ont réussi à faire les Insoumis il y a une semaine avec leur lancement de campagne à Saint-Denis c'est de marteler cette idée qu'avec Jean-Luc Mélenchon il pouvait gagner et en fait ça ce qui est assez magique c'est que ça permet de faire oublier aussi toutes les problématiques de sa candidature c'est-à-dire en fait les accusations d'antisémitisme la diabolisation de ces derniers mois les accusations d'autoritarisme les purges tout ça peut un peu disparaître magiquement et rallier des gens qui avaient dit à gauche plus jamais Jean-Luc Mélenchon avec la promesse enfin contre la promesse finalement d'accéder au second tour et potentiellement de gagner le problème qu'il a Jean-Luc Mélenchon c'est la question du second tour dont les Insoumis ne veulent pas parler c'est la question qui les énerve à laquelle il réplique il faut déjà aller au second tour pour ensuite les sphérer le gagner mais en fait cette question-là elle est importante dans un contexte où en tout cas il y a assez peu même si Jean-Luc Mélenchon dit parfois le RN ne sera pas au second tour ça paraît assez aberrant de dire ça au regard de la progression de ces dernières années et des derniers résultats électoraux qui sont assez récents 2024 les municipales et du coup cette question-là du second tour où à l'instant T pour l'instant à ce moment-là de la campagne Jean-Luc Mélenchon n'apparaît pas en capacité de gagner face au RN et donc tout l'enjeu de Luxman ça va être de dire ben venez avec moi ne votez pas pour Jean-Luc Mélenchon votez plutôt pour moi parce que moi face au RN je pourrais gagner
Raphaël Gluchman il a quand même il y a un problème dans cet espace dit social-démocrate pour faire vite c'est que tout dépend aussi du candidat qui va se présenter dans le bloc central ou pour le bloc central qui est mal défini aussi lui d'ailleurs parce que je ne crois pas que face aux deux extrêmes qui aujourd'hui ont le vent en poupe qui ont la dynamique l'un comme l'autre même s'ils ne sont pas au même niveau dans les études d'opinion et puis ça dépendra beaucoup au RN à mon avis en fonction du candidat qui va être retenu le 7 juillet je ne crois pas qu'il y ait la place au milieu pour deux voire trois candidats je ne crois absolument pas ça je pense que ça va se jouer de façon très serrée et que les deux extrêmes risquent de tuer le match s'il y a plein enfin s'il y a plein de candidats au milieu Est-ce que le bloc central il a plutôt intérêt à ce que ce soit Jean-Luc Mélenchon le candidat peut-être plus facile à battre que Raphaël Glucksmann Ah au deuxième tour ?
Oui Ah oui non mais le problème ce n'est pas le deuxième tour c'est ce que tout le monde dit le premier tour il faut se qualifier pour le deuxième tour il est là le sujet L'hypothèse d'une finale entre le rassemblement national et Jean-Luc Mélenchon elle est tout à fait plausible elle est tout à fait plausible si justement le marais ce que j'appelle le marais qui va de Glucksmann à Retailleau et bien Pour vous ça c'est le même marais ça veut dire qu'il pourrait y avoir un rassemblement s'il y a une menace des deux extrêmes il pourrait y avoir un rassemblement de tous marais où ce n'est pas possible il y aura forcément un candidat de gauche un candidat centre gauche un candidat centre droit je pense qu'effectivement s'ils sont trois ou quatre au milieu à se disputer le bac à sable ça sera terminé J'avoue qu'à ce stade c'est très compliqué de savoir il y a aujourd'hui deux candidats déclarés qui sont les héritiers chacun en disant non non en fait je ne suis pas autorité mais du macronisme c'est Gabriel Attal et Édouard Philippe aujourd'hui je ne vois pas très bien comment ils arrivent à faire campagne vu ce que c'est que d'être un héritier du macronisme en 2026 et ce que ce sera en 2027 d'ailleurs Raphaël Guzman l'a dit dans son discours il a expliqué ce que c'était les dix ans de macronisme la France s'en sort essorée de ces dix ans les gens sont très énervés vis-à-vis de la façon dont a été conduit le pouvoir depuis dix ans et donc avoir fait partie de ce de ce de ce Titanic comme c'est le cas pour Édouard Philippe et Gabriel Attal je ne suis pas certain que ça permette de faire des scores faramineux au premier tour mais moi je ne suis pas d'accord avec Yves moi je pense que la question du second tour elle va se jouer dès le premier c'est-à-dire que vous avez une partie je suis assez d'accord ça c'était Jean-Luc Mélenchon qui le disait la semaine dernière il dit moi je ne pense pas que la France est virée facho les français ne sont pas encore totalement ils n'ont pas encore totalement accepté l'idée qu'un président d'extrême droite arrive au pouvoir et donc au premier tour ils vont choisir qui va pouvoir battre Marine Le Pen ou Jordan Bardella c'est là où il se trompe Mélenchon parce que dans la tête des électeurs c'est le rassemblement national c'est absolument pas facho c'est là ça c'est toute la facilité de la gauche et d'ailleurs d'une partie de la droite c'est de considérer que le rassemblement national est facho c'est pas un jugement d'allure ce que je dis mais pour les électeurs du rassemblement national on n'est pas dans le fascisme tout à fait il reste 70%
justement en fait ce qui est intéressant c'est que tout ce débat stratégique en fait c'est le désaccord qui est aujourd'hui en ce moment entre Raphaël Glucksmann et Olivier Faure le secrétaire du parti socialiste et qui fait aussi que le parti socialiste est résistant à le soutenir parce que Glucksmann il fait le pari que les héritiers du macronisme ne peuvent pas incarner l'alternance et donc il fait une campagne qui démarre pour essayer d'agréger un électorat centriste là où les socialistes pensent qu'il faut d'abord travailler la gauche prendre des voix à Jean-Luc Mélenchon pour éventuellement ensuite rassembler dans la dernière ligne droite
Alors justement pour travailler la gauche Raphaël Glucksmann a eu un message durant ce meeting il a défini son ennemi on va l'écouter Notre ennemi a un visage et il a un nom il en a même plusieurs il s'appelle Elon Musk Zang Yiming il fait de nos vies de nos données personnelles de nos colères de nos angoisses de nos rêves de nos désirs de nos expériences les plus intimes et de nos engagements les plus publics il fait de nos vies la matière première de son expansion sans limite comprenez bien ces algorithmes asservissent nos consciences et elles ébranlent nos démocraties Une phrase qui rappelle étrangement celle prononcée par François Hollande au Bourget lors de son lancement de campagne souvenez-vous on est en janvier 2012
qui s'engage je vais vous dire qui est mon adversaire mon véritable adversaire il n'a pas de nom pas de visage pas de parti il ne présentera jamais sa candidature il ne sera donc pas élu et pourtant il gouverne cet adversaire c'est le monde de la finance
Difficile de penser que cette ressemblance est fortuite le clin d'oeil a été très appuyé quel était le message politique que vous voulez lancer Raphaël Glucksmann en rappelant cette phrase qui restait dans la campagne de François Hollande Je trouve ça assez paradoxal effectivement que ce parallèle si tant est qu'il n'ait pas été inconscient ait été fait parce que François Hollande en 2012 il a gagné aussi parce qu'il a fait une proposition de gauche et une proposition vraiment de gauche pendant sa campagne le seul problème ça a été à partir du jour 1 de son arrivée à l'Elysée et là effectivement le peuple de gauche n'a pas tellement compris ce qui se passait et il a un peu il est passé de mon adversaire c'est la finance au bout finalement pourquoi pas et genre pourquoi pas les aider un peu pour essayer que genre ce monde là ce monde qu'il avait désigné comme son adversaire pendant la campagne devienne plutôt ses amis lorsqu'il était à l'Elysée donc se mettre dans les pas de François Hollande comme le fait Raphaël Glucksmann est quelque chose pour moi d'un peu étrange en plus ce faisant dans les noms qu'il cite moi ça pose la question de son rapport au capitalisme et donc à l'anticapitalisme qui est quand même quelque chose d'assez fondamental lorsqu'on se situe à gauche vous notez que les trois personnes qu'il nomme sont des gens qui sont pas français qui sont à l'extérieur il y a un chinois et deux américains et donc c'est une façon de dire vous savez en fait la question capitaliste ne l'intéresse pas ou d'anticapitaliste ne l'intéresse pas tant que ça ce qui l'intéresse c'est les questions géopolitiques c'est-à-dire que le monde pour lui est organisé en bloc elle n'est pas organisée en classe et donc c'est pas les travailleurs et puis ceux qui possèdent le capital c'est des blocs impérialistes les américains les russes les chinois et comment est-ce qu'on se situe à l'intérieur de ça c'est une proposition qui vaut ce qu'elle vaut il l'a bien défendue dans son discours c'est pas tellement la colonne vertébrale traditionnelle de la gauche un dernier mot Yves est-ce que du coup pour l'un c'est un adversaire pour l'autre c'est un ennemi c'est pas tout à fait la même dimension François Hollande c'est une menace pour Raphaël Guzman vous vous dites qu'il sera candidat ah bah oui bien sûr bien sûr qu'il sera candidat c'est une très grosse menace parce que François Hollande c'est un homme madré rusé je dis pas que Guzman ne le soit pas évidemment mais qui est quand même qui est le meilleur observateur de la vie politique française il l'a toujours été d'ailleurs longtemps j'ai dit je m'en amusais qu'il s'était trompé de métier sur le fait un super journaliste merci beaucoup merci Yves merci Lucie Alexandre merci Pablo d'avoir été avec nous merci à tous de nous avoir suivis on se retrouve demain très bonne journée Public Sénat en partenariat avec la presse régionale vous a proposé Bonjour Chez Vous retrouvez l'intégralité de nos podcasts sur la plateforme Public Sénat Sous-titrage Société Radio-Canada
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