"Ces élections sont historiques, la France et l'Europe peuvent disparaître", estime Jordan Bardella
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France en terre, la radio des Européennes, Nicolas Demorand. Européenne J-4 et dernière matinale spéciale grand format. Nous sommes ensemble jusqu'à 9h20 au programme entretien politique, trois zooms sur l'environnement, l'international et l'économie et pour finir, un dialogue avec deux jeunes citoyens qui vont voter pour la première fois le 9 juin. Et bien sûr, amis auditeurs, amis auditrices, vos questions au 01 45 24 7000 et sur l'application de France Inter. Jordan Bardella, bonjour. Bonjour, merci de votre invitation.
Bienvenue à ce micro, eurodéputé sortant, tête de liste, Rassemblement National, après un entretien politique mené donc avec Yael Gauze, la parole aux spécialistes et aux éditorialistes du 7-10. Célia Quiré vous interrogera sur l'environnement, Pierre Aski notamment sur la guerre en Ukraine et Dominique Seux sur votre programme économique.
Mais d'abord, cette question que nous avons posée à toutes les têtes de liste invitées de ces matinales spéciales, réchauffement climatique, guerre en Ukraine, élections présidentielles incertaines aux Etats-Unis en novembre prochain, guériez-vous que ces européennes sont d'importance historique, Jordan Bardella, ou ne sont-elles, comme vous l'avez déclaré, qu'un référendum pour ou contre Emmanuel Macron ?
Non, ces élections européennes sont évidemment historiques, elles revêtent, je crois, à un enjeu de civilisation parce que l'histoire s'accélère et que précisément, dans le temps qui vient, la France et l'Europe peuvent disparaître. Nous courons le risque d'un effacement d'abord économique, alors que la zone euro voit sa croissance stagner, on voit toutes les grandes puissances autour de nous produire, innover, investir, se retrouver en croissance.
et puis un risque d'effacement, je crois, de la France et de l'Europe sur son propre sol avec une politique d'immigration toujours plus importante qui est menée en France et dans différents pays européens et qui change le visage d'un certain nombre de territoires. Donc, ces élections, elles sont évidemment historiques. Je me permets d'une petite incise, vous souligner, est-ce que c'est uniquement un référendum pour ou contre Emmanuel Macron ? Ce sont des élections de mi-mandat. C'est la seule élection nationale avant la prochaine élection présidentielle.
Par conséquent, les Français dimanche devront exprimer leurs attentes, leur colère et leurs espoirs à l'égard de la politique du gouvernement et devront évidemment sanctionner le plus lourdement possible la politique d'un président qui est enroulible sur un certain nombre de sujets
et à qui il faudra, je crois, poser des limites. Jordan Bardella, si c'est un référendum, si c'est un vote sanction, comme vous le dites, Emmanuel Macron doit en tirer des conséquences. Vous le dites, en engageant la dissolution de l'Assemblée nationale. Mais quel rapport entre le Parlement européen qui se trouve à Strasbourg et le Palais Bourbon à Paris ?
Ce sont des élections de mi-mandat et nous sommes... Enfin, ces élections, elles n'ont pas lieu sur Mars. Nous sommes d'abord et avant tout des eurodéputés français qui, dans le cadre de la mission et du mandat qui est le nôtre, sommes amenés à débattre du quotidien des Français, les prix de l'énergie, la répartition de l'immigration dans les différents États membres. Nous sommes confrontés à Bruxelles et à Strasbourg à des décisions concrètes sur l'inflation de normes par exemple, qui aujourd'hui stérilise, je le crois, une partie de la croissance en France avec cette inflation de normes environnementales. Mais pourquoi dissoudre un Parlement français si l'élection est européenne ?
D'abord, on choisit des eurodéputés français. Donc, on ne peut pas dire qu'il n'y a pas de lien entre ce qui se fait au Parlement européen et ce que vivent les Français. Deuxièmement, le président de la République et son Premier ministre ont fait le choix de s'engager directement, personnellement, dans cette bataille. J'ai eu l'occasion de débattre lors d'une confrontation démocratique sur France Télévisions avec le Premier ministre. Quand on s'engage personnellement dans cette campagne, eh bien, on doit en tirer les conséquences. Une grande partie du vote qui se portera dimanche se portera d'abord et avant tout contre Emmanuel Macron, contre l'Europe de Macron.
Et lorsque le parti en tête qui n'a pas de majorité à l'Assemblée se retrouve très largement dispensé, en tout cas, on le voit dans les intentions de vote, mais si c'est le cas dimanche dans les urnes, alors moi, je l'ai dit, si j'arrive en tête, je demanderai la dissolution de l'Assemblée nationale parce que je crois que c'est parfaitement sain en démocratie que de se tourner vers le peuple et du pays.
Alors avançons et avant d'en venir à votre programme, parlons de ce mercredi qui marque le début d'une intense séquence mémorielle de la Bretagne aux plages de Normandie 80 ans après le débarquement des Alliés. Joe Biden atterrit à Orlier dans une heure environ. Emmanuel Macron sera dans le Morbihan en fin de matinée pour un hommage notamment au maquisard breton et au premier parachutiste de la France libre avant la grande journée anniversaire du 6 juin. Vladimir Poutine vous le savez n'a pas été invité à ses commémorations le regrettez-vous ?
Non, dans un monde idéal toutes les puissances et toutes les nations qui ont participé à l'affaiblissement du régime nazi et de l'armée allemande seraient présents pour rendre hommage à ce qu'a été célébré évidemment le débarquement mais je dis bien dans un monde idéal il m'apparaissait évidemment compliqué au regard du contexte international d'inviter Vladimir Poutine qui a déclenché la guerre aux portes de l'Europe et précisément de le faire se tenir à côté du président du président ukrainien je rappelle que le président russe est sous l'objet d'un mandat d'arrêt de la cour pénale internationale et donc évidemment dans un monde idéal on convie tout le monde mais le monde n'est pas idéal il l'est de moins en moins et il aurait évidemment été très compliqué je crois d'inviter Vladimir Poutine
Alors Sébastien Chenuc vous connaissez très bien qui est le vice-président de l'assemblée député RN l'a regretté cette absence de Vladimir Poutine il dit ça aurait été l'occasion d'organiser une table ronde pour la paix avec lui c'est un rendez-vous manqué il faut mettre les gens autour de la table quel sens ça aurait eu de faire venir Poutine ?
Je pense que la France aurait pu depuis le début de ce conflit et depuis le début de cette guerre nous avons condamné sans la moindre ambiguïté la violation de la souveraineté territoriale de l'Ukraine par la Russie je crois que la France dans son rôle historique dans son rôle qui est celle d'être une puissance diplomatique qui a éclairé un certain nombre de conflits précisément de prendre l'initiative d'une conférence internationale pour la paix et de mettre autour de la table autour de la table la question c'est pas est-ce qu'il est fréquentable ou pas fréquentable il est le président de la fédération de Russie la Russie a déclenché la guerre aux portes de l'Europe il y a deux ans dans le contexte actuel il m'apparaît évidemment compliqué qu'il soit présent à ses commémorations du débarquement aux côtés d'autres chefs d'État C'est une puissance de déstabilisation de l'Europe la Russie ?
Je pense que la Russie est une menace multidimensionnelle aujourd'hui qui menace évidemment notre sécurité collective un certain nombre de nos intérêts et ce qui est en jeu dans ce conflit c'est à la fois notre sécurité géopolitique énergétique alimentaire mais aussi notre souveraineté et aujourd'hui il y a un certain nombre d'intérêts français qui sont directement visés par la Russie on le voit lors des différentes tentatives d'ingérence en Outre-mer on le voit surtout à Mayotte lorsque face à Mayotte la Russie s'engage dans un soutien plein et entier pour les Comores on l'a vu ces dernières années en Afrique où sur toutes nos zones d'influence historique les intérêts français notamment au travers de milices privées comme les milices Wagner sont contestés par la Russie donc c'est un pays émis de la France et puis on le voit c'est un pays émis depuis c'est une menace multidimensionnelle qu'il faut traiter comme telle on le voit lorsqu'il y a encore quelques semaines des éléments de l'armée de l'air française ont été mis en joue par l'armée de la fédération de Russie en mer noire donc elle doit être traitée comme telle maintenant moi depuis le début de ce conflit j'ai toujours essayé de me tenir à une ligne d'équilibre une ligne raisonnable qui consiste à soutenir l'Ukraine mais à éviter toute tentative d'escalade avec la Russie parce que je n'oublie pas que la Russie est une puissance nucléaire personne ne sait jusqu'où Vladimir Poutine pourrait aller et il est vrai que les déclarations récentes du président de la République que ce soit sur l'hypothèse demain dans le cadre d'une Europe fédérale de l'évasion nucléaire ou évidemment de l'hypothèse d'envoyer des troupes qu'il a réitérées à deux reprises des troupes françaises en Ukraine m'apparaît extrêmement dangereux et je pense qu'en la matière le président de la République joue avec le feu on va en reparler avec Pierre Haski
dans quelques instants le programme il y a elle en 2017 lors de la présidentielle la première mesure de Marine Le Pen était la suivante je cite son programme 2017 retrouver notre liberté et la maîtrise de notre destin en restituant au peuple français sa souveraineté et pour ça une négociation sera engagée avec nos partenaires européens suivie d'un référendum sur notre appartenance à l'Union Européenne c'était l'option du Frexit vous avez adhéré vous au Rennes en 2012 vous étiez membre de l'équipe de campagne de Marine Le Pen en 2017 cette mesure vous y avez cru vous l'avez portée vous l'avez défendue pourquoi a-t-elle disparu aujourd'hui ? Pourquoi ces mots-là sont absents du programme ?
Parce que la donne politique aujourd'hui a changé en Europe et que l'Europe d'il y a 10 ans celle d'Angela Merkel Matteo Renzi François Hollande n'est plus l'Europe aujourd'hui qui est en train d'émerger dans beaucoup de démocraties dans beaucoup d'états membres et en réalité le courant d'idées que je porte aujourd'hui devant vous et que je porte dans ces élections européennes est un courant d'idées qui est en train de s'imposer aujourd'hui sur la scène européenne regardez il y a encore quelques jours nos alliés aux Pays-Bas qui ont remporté les élections législatives ont constitué une coalition avec l'ambition de mettre en place un projet de contrôle très drastique de l'immigration avec comme ambition également de servir les classes populaires les classes moyennes avec des mesures très directes sur le pouvoir d'achat et dans tous les pays d'Europe soit le mouvement que je les idées qu'on représente en France en tout cas avec la volonté de changer le fonctionnement de l'Union Européenne arrive au pouvoir soit ils connaissent une poussée qui est très importante
les français sont trop europhiles aujourd'hui pour pouvoir sortir de l'Europe c'est ça qui s'est passé pour vous mais pourquoi vous vous avez changé
le sondage Cluster 17 pourquoi vous avez changé vous rappelez qu'il n'y a que 3% des français qui sont satisfaits du fonctionnement de l'Union Européenne nous avons évolué sur ce sujet bon il y a maintenant plus d'une décennie donc je ne vais pas commenter non plus je ne vais pas faire de la politique dans le rétroviseur mais juste pour que ce soit bien clair on ne quitte pas la table des négociations quand on est en train de gagner la partie or aujourd'hui je le crois sincèrement et j'en ai la conviction que les idées qui remportent aujourd'hui l'adhésion de plus en plus de peuples et de citoyens en Europe ce n'est pas le modèle d'Europe fédérale et de dilution de la France dans une Union Européenne supranationale qui est portée par Emmanuel Macron dans ses élections avec la volonté je le dis d'élargir et l'assume l'Union Européenne à 37 états membres dans des pays des Balkans dans l'Ukraine ce qui serait une catastrophe économique pour notre agriculture et une catastrophe géopolitique parce qu'on ferait rentrer directement dans l'Union au moins 3 pays qui sont en conflit territorial direct ou indirect avec la Russie la suppression du droit de veto la volonté d'avoir un budget commun c'est ça le projet aujourd'hui des macronistes or je pense que ce projet il est minoritaire dans les opinions européennes donc aujourd'hui on veut vous voulez une alliance
européenne des nations que ce soit une alliance
européenne des nations
autour des états fondés autour de projets à la carte adaptés aux besoins des différents pays donc chaque état fait ce qu'il veut est-ce que vous n'avez pas le frexit honteux maintenant Jordan Bardella est-ce que vous ne détricotez pas l'Europe de l'intérieur
je n'ai pas le frexit honteux quand j'ai quelque chose à le dire je le dis j'assume mes convictions mes positions je fais simplement le consac que l'Union Européenne aujourd'hui agit trop souvent comme un accélérateur de notre déclin et que l'Union Européenne aujourd'hui par un espèce de dogme complètement archaïque du libre-échange total qui refuse toute forme de patriotisme économique notamment sur nos industries nos emplois nos filières notamment automobiles qui refusent la protection en matière migratoire qui refusent de faire émerger des géants notamment dans le domaine du numérique on se rend compte que l'Union Européenne nous fait peser et fait peser sur l'Europe et sur la France un risque de décrochage donc moi je souhaite que la France défende ses intérêts en Europe parce que nous sommes le deuxième contributeur net au budget de l'Union Européenne contribution nette de 10 milliards d'euros par an et deuxièmement je souhaite bâtir l'Europe du 21ème siècle sur des réalités très concrètes les nations les peuples leur identité leur souveraineté
Venons-en à votre priorité Jordan Bardella une continuité depuis que le FN existe c'est l'immigration la lutte contre l'immigration dans votre programme vous défendez le principe de la double frontière alors on a eu beaucoup de mal à comprendre depuis que c'est vous dans cette société vous oui mais pas les Français j'essaie de résumer refouler aux frontières extérieures de l'Union Européenne ça c'est la première frontière et ensuite à l'intérieur de l'espace Schengen n'autoriser la circulation que des ressortissants européens
tout à fait
comment ça marche on construit des postes de douanes on remet des douaniers volants on fait comment pour gérer les kilomètres de queue aux frontières
double frontière donc merci de rappeler vous avez raison de le faire d'abord dans un premier temps on refoule systématiquement par principe les bateaux de migrants qui accostent sur les côtes européennes aujourd'hui le principe c'est la cueille
même si c'est illégal au nom des traités ce qui est illégal
c'est de rentrer chez quelqu'un sans y avoir été invité bon moi je remets un peu de bon sens dans la gestion de la politique d'immigration
je vous parle de la convention de Genève
vous avez raison aujourd'hui le principe de non-refoulement est un principe qui est inscrit dans les textes dans les textes européens je conteste cela et je souhaite que nos frontières puissent être protégées également aux portes d'entrée de l'Union Européenne deuxièmement je pense que Schengen doit redevenir un projet européen je pense que le fait d'arriver dans un état de l'Union Européenne en Espagne ou en Italie d'obtenir un titre de séjour si ces états souhaitent vous donner un titre de séjour ne doit pas vous donner un droit à circuler dans tous les pays de l'Union Européenne donc cette double frontière ça veut dire quoi ?
si demain l'Espagne socialiste décide de régulariser 450 000 étrangers qui viennent travailler sur son sol 450 000 Syriens Libyens Tunisiens ou autres ils pourront être en Espagne avec un titre de séjour espagnol légal mais s'ils sont contrôlés en France ils seront présents de manière illégale parce que je pense que Schengen ne doit pas donner un droit pour tout le monde à circuler dans tous les pays de l'Union Européenne ça doit être réservé aux citoyens de l'Union Européenne et pour vous répondre moi je renforce effectivement deux mains à la tête de l'Etat les contrôles au point de passage de l'immigration clandestine il ne s'agit pas de mettre un douanier par mettre parce qu'on connait les points de passage de l'immigration clandestine je me suis rendu il y a quelques semaines à Menton à la frontière c'est-à-dire qu'on ne contrôle pas chaque voiture il faut faire confiance au service de l'Etat et aléatoire ce n'est pas une passoire pour vous ça ?
non mais d'abord il faut être réaliste on ne va pas mettre un douanier par mètre et contrôler toutes les voitures les points de passage de l'immigration clandestine on les connait moi je suis allé il y a quelques semaines à la frontière entre la France et l'Italie rencontrer les policiers de la police aux frontières de Menton le point de passage de l'immigration clandestine il ne se fait pas sur le poste routier sur la route il se fait à pied dans les hauteurs or aujourd'hui le refoulement par l'Etat français est interdit comment vous distinguez
le travailleur frontalier du clandestin ? comment vous faites la différence ?
avec des autocollants sur le pare-brise comme on fait actuellement et ça fonctionne d'ailleurs très bien et je trouve ça un petit peu dangereux d'assimiler les travailleurs transfrontaliers qui sont des milliers à traverser la frontière chaque jour avec des clandestins qui passeraient à pied avec des sacs à dos dans les montagnes mais vous savez on a un petit pays à côté de nous qui s'appelle l'Allemagne qui il y a quelques semaines à l'automne a rétabli ses contrôles aléatoires à la frontière et en fait ils ont eu un effet dissuasif parce qu'en quelques semaines ils ont permis une baisse de 40% du nombre d'entrées illégales donc vous voyez c'est pas contraire au traité c'est pas contraire au texte et d'ailleurs je vous rappelle mais vous le savez le code Schengen prévoit déjà la possibilité de renforcer les contrôles aux frontières lorsqu'il y a des dangers particuliers pour la sécurité nationale or je considère aujourd'hui que l'absence de frontières est un danger pour la sécurité nationale
c'est une matinale grand format spécial élections européennes notre invité aujourd'hui est Jordan Bardella tête de liste du rassemblement national il est 8h40 Et la parole maintenant aux journalistes et aux éditorialistes du 7-10 on commence avec vous Célia Quiré spécialiste environnement à la rédaction de France Inter qui démarre Jordan Bardella sur vos positions en la matière Bonjour Jordan Bardella Bonjour Alors quand on regarde votre programme l'environnement n'est clairement pas la priorité vous êtes opposé au pacte vert la feuille de route de l'union pour la transition écologique vous avez aussi voté contre tous les textes destinés à limiter le réchauffement ou à protéger la nature pour vous c'est faux tout ça il n'y a pas de réchauffement vous voulez abolir le pacte vert ?
C'est un peu caricatural je pense que le défi climatique est peut-être l'un des plus grands défis de ma génération et de nos sociétés il faut discuter avec n'importe quel agriculteur pour se rendre compte qu'aujourd'hui ça pose des questions extrêmement concrètes à laquelle la France n'est pas préparée notamment sur la gestion de ressources stratégiques comme l'eau l'Espagne par exemple c'est 20% de recyclage des eaux usées la France c'est à peine 2% donc on a des efforts considérables à faire en la matière pourquoi j'ai combattu moi le pacte vert ?
Parce que je pense que l'enfer est pavé de bonnes intentions et qu'aujourd'hui le calendrier absolument surréaliste de l'Union Européenne et d'Emmanuel Macron pour aller vers cette neutralité carbone sont des objectifs irréalistes qui nous font courir aujourd'hui un risque de décrochage économique parce que par l'inflation de normes qu'elle constitue elle stérilise une grande partie de l'activité économique et nous rend d'autant plus dépendants de nos importations or si on regarde les faits et si on regarde les chiffres aujourd'hui un tiers de l'empreinte carbone de l'Union Européenne et la moitié des émissions de la France ce sont les importations par conséquent moi le choix que je fais plutôt que de considérer nos agriculteurs nos entreprises les automobilistes comme des délinquants et des pollueurs moi je fais le choix de refaire de la France et de l'Europe un continent de producteurs et de créer les conditions d'un déverrouillage de la croissance en France et en Europe par une simplification pour rapatrier l'activité économique et favoriser la relocalisation
justement parlons de l'énergie vous voulez que la France devienne un paradis énergétique mais vous êtes contre les éoliennes contre le déploiement de nouveaux panneaux solaires on le rappelle les énergies renouvelables c'est 44% de l'électricité des Européens ça fait baisser aussi la part du charbon et du gaz comment vous faites sans les éoliennes pour que les Européens aient suffisamment d'électricité ?
les éoliennes et les énergies interminentes ne font pas baisser la part du charbon et du gaz parce que par définition elles sont des énergies intermittentes on sait que les éoliennes 25% du temps elles tournent à vide on a une énergie qui ne se stocke pas on est obligé non seulement de la brader à l'étranger mais de faire fonctionner des centrales qui fonctionnent avec des matériaux fossiles parce que ce sont des énergies intermittentes et donc quand vous recourez massivement en faisant fi totalement de notre atout qui est le nucléaire on se rend encore plus débandant au gaz et au charbon Mais est-ce que 100% de nucléaire c'est possible ?
Non, je ne dis pas 100% de nucléaire mais je dis que le modèle allemand qui a consisté à mettre totalement de côté le nucléaire sous la pression des verts pour se rendre dépendant du charbon et accessoirement du gaz russe n'est pas un modèle qui est viable Moi je veux effectivement merci de me permettre de le rappeler refaire de la France un paradis énergétique je considère qu'en la matière nous avons du général de Gaulle à Nicolas Sarkozy été doté d'un atout considérable qui était notre parc nucléaire je considère qu'Emmanuel Macron et l'Union Européenne ont commis une faute économique majeure en affaiblissant la filière nucléaire française en sous-investissant en abandonnant le projet Astrid en fermant Fessenay
Sauf que les projets les projets d'EPR sont longs et coûteux comment vous faites encore une fois en attendant qu'ils EPR soient construits par exemple pour assurer les besoins en électricité des français ?
En promulguant une loi qui prévoyait à l'horizon 2030 la fermeture de 14 réacteurs nucléaires donc moi je suis un défenseur du nucléaire vous évoquiez le mix moi je pense que dans ce mix le nucléaire doit être une partie considérable de ce mix c'est la position que j'ai défendue au Parlement européen et je pense que le nucléaire c'est non seulement bon pour l'environnement parce que ça nous permet d'avoir aujourd'hui l'une des énergies les moins carbonées d'Europe mais c'est surtout bon pour les factures des français parce que ça fait baisser la facture et c'est bon pour nos entreprises
la fondation Terra Nova a étudié ça aussi aujourd'hui les énergies renouvelables sont plutôt moins chères que le nucléaire 3 à 4 fois moins chères comment vous faites encore une fois dans les années qui viennent pour assurer les besoins électriques vous n'avez pas répondu
pourquoi est-ce que les énergies intermittentes comme les éoliennes sont très largement moins chères que le nucléaire aujourd'hui ? parce qu'elles sont très largement subventionnées mais voyez bien que des énergies intermittentes ne peuvent pas demain assurer les besoins en énergie d'une grande puissance comme la France c'est le nucléaire qui nous permet aujourd'hui d'être l'un des pays les plus exportateurs d'Europe donc moi je souhaite
et donc en attendant on importera aussi de l'énergie
ah bah je veux dire des exclusions donc on risque d'importer
de l'énergie plus chère
on en exporte on en importe mais à force d'affaiblir le nucléaire souvenez-vous des blackouts à l'hiver 2022 et pour partie à l'hiver 2023 ces blackouts sont venus de l'affaiblissement de la filière nucléaire et moi je souhaite surtout que la France retrouve sa souveraineté tarifaire énergétique qu'on puisse retrouver un prix français d'électricité je refuse que l'Allemagne qui n'a pas fait les mêmes choix que nous et dont l'énergie a été une catastrophe pour l'autonomie énergétique de l'Allemagne puisse décider du prix des factures en France en sortant de ces règles de tarification des prix qui adossent aujourd'hui artificiellement les prix de l'électricité en France sur les prix du gaz allemand je permets immédiatement aux factures de baisser de 30% et je rends du pouvoir d'achat à mes concitoyens je fais baisser la facture et je permets à nos entreprises de retrouver de la compétitivité
mais simplement si on regarde la consommation d'énergie dans son ensemble les transports, le chauffage dépendent des importations de pétrole, de gaz donc on va être plus dépendant
réponse rapide Jordan Bardella on ne va pas être plus dépendant parce que je souhaite que la France retrouve précisément son autonomie et son indépendance le bilan de ceux qui nous ont dirigés depuis plusieurs années sur le plan énergétique ça a été l'asservissement de l'Europe on l'a vu avec l'Allemagne s'agissant du gaz russe et on le voit avec la France qui a considérablement affaibli sa capacité à électrifier aujourd'hui ses besoins moi je refuse qu'on déconstruit tous les murs bâtisseurs de la France je pense que le nucléaire a été l'un de ces murs bâtisseurs de notre politique énergétique de notre compétitivité et donc demain par un prix français de l'électricité en sortant des règles européennes de tarification des prix par un mix qui comportera évidemment du renouvelable mais qui s'appuie sur le nucléaire je permets à la France de retrouver sa souveraineté énergétique et pardon mais le fait pendant des années d'avoir refusé toute forme de protectionnisme sur notamment la filière des photovoltaïques fait qu'aujourd'hui les derniers fabricants de panneaux photovoltaïques quasiment tous les candidats en ont parlé dans cette campagne et il faut s'en réjouir sont en train de partir de fermer boutiques et certains ont été délocalisés en Chine ou en Inde donc il faut qu'on soit capable de protéger nos filières y compris les secteurs renouvelables
Célia Quiré merci on retrouve maintenant Pierre Aski qui vous interroge Jordan Bardella pour commencer sur l'Ukraine
alors j'ai essayé de comprendre votre position sur l'aide militaire à l'Ukraine votre programme prévoit le droit à la légitime défense de l'Ukraine et le RN s'est abstenu lors du vote sur l'accord franco-ukrainien de sécurité à l'Assemblée nationale et vous-même vous avez parfois voté contre cette aide au Parlement européen alors quelle est quelle est la position est-ce que vous êtes pour ou contre cette aide militaire à l'Ukraine Jordan Bardella
sur le traité si vous voulez le principe d'un traité bilatéral avec l'Ukraine nous l'avions soutenu on s'était abstenu sur ce vote pour une raison très simple c'est qu'il comportait un élément qui m'apparaissait être une ligne rouge c'était l'adhésion de l'Ukraine à l'Union Européenne ou à l'OTAN qui je crois précipiterait l'intégralité du continent dans la guerre puisque nous devrions au regard des textes assistance à un pays attaqué par une puissance extérieure moi j'ai toujours été favorable
cette adhésion n'est pas immédiate elle n'est pas en temps de guerre
d'accord enfin je veux dire la politique c'est du temps long on ne fait pas de la com quand on dit l'Ukraine va rentrer dans l'Union Européenne ça a des conséquences très concrètes ça a des conséquences géopolitiques parce qu'on doit demain assistance un pays qui est en guerre au sein d'un espace politique ou d'un espace économique ce sont les traités qui le prévoient moi je suis favorable à l'envoi de tout ce qui peut permettre à l'Ukraine de tenir le front des munitions du matériel anti-drone du matériel anti-char du matériel médical nous avons été pour et vous connaissez mes positions sur l'immigration mais la prise en charge des réfugiés ukrainiens le temps du conflit donc tout ce qui peut permettre à l'Ukraine de tenir le front on le fait maintenant nous avons exprimé avec Marine Le Pen nos réticences sur l'envoi de missiles longue portée qui pourraient permettre à l'Ukraine de frapper directement le territoire russe parce que je crois que de frapper directement le territoire russe pourrait encore une fois participer à un risque d'escalade nous sommes européens nous savons ce que veut dire le risque d'escalade sur notre continent et je crois qu'il faut être extrêmement prudent en la matière
et donc vous donnez à l'Ukraine les moyens de se défendre mais pas de gagner ou pas de récupérer son territoire
non mais gagner si on n'est pas dans un classico je pense qu'il faut être très prudent il ne s'agit pas si vous voulez de créer les conditions d'une escalade qui soit irréversible il se trouve que face à l'Ukraine et que l'adversaire de l'Ukraine est une puissance nucléaire je ne souhaite pas que la France que mon pays rentre en affrontement frontal avec une puissance nucléaire parce que je pense que ça aurait pour la paix du monde des conséquences cataclysmiques et même irréversibles
est-ce que l'Ukraine n'est pas devenue un marqueur qui différencie l'Élysée notamment je pense à Mme Méloni qui est très engagée dans l'aide militaire massive à l'Ukraine elle s'est alignée sur les positions dominantes européennes et qui ne partage pas les limites que vous mettez Jordan Bardella
non parce que Mme Méloni elle n'était pas non plus pour l'envoi de troupes et là où moi je mets des lignes rouges c'est sur le partage de la dissuasion nucléaire c'est sur l'envoi de missiles long porté et c'est aussi sur l'hypothèse d'envoyer des troupes je veux dire à partir du moment où la France envoie des troupes elle devient cobelligérante et moi la question que j'ai posée hier à Valérie Ayé
et la cobelligérance n'existe pas vous savez bien
c'est pas une notion juridique la question que j'ai posée à Valérie Ayé maintenant plusieurs jours la volonté du président de la république d'envoyer des instructeurs français c'est-à-dire des éléments militaires français en Ukraine que se passera-t-il demain si l'un de ses instructeurs français donc l'un de ses soldats français et je ne le souhaite pas visé tué par la Russie quelle sera la réaction de la France est-ce qu'on acceptera de rester sans voix et de ne pas réagir ou est-ce qu'on décidera d'aller plus loin et d'entrer dans un conflit armé avec une puissance nucléaire c'est ça la question au fond que je souligne et je pense que c'est des questions pertinentes que se posent des millions de français qui sont extrêmement inquiets des prises de position va-t'en-guerre du président de la république qui me semble utilisent aussi ce conflit pour servir sa campagne électorale et je le déplore
mais qui pose aussi la question de votre rapport à la Russie parce que dans votre programme vous accusez la Russie de violer le droit international mais vous avez sur votre liste Thierry Mariani par exemple qui a des liens connus avec le Kremlin est-ce qu'il n'y a pas une ambivalence ? Oui il a été observateur aux élections en Crimée il est à la tête d'une association qui est aujourd'hui sous le coude d'une enquête judiciaire sur ses liens avec la Russie est-ce qu'il n'y a pas une contradiction ? Est-ce qu'il n'y a pas du prix quelque part sur votre lien avec la Russie ?
Il n'y a pas du prix d'abord je l'ai dit Thierry Mariani il a été ministre lui de Nicolas Sarkozy il a été député des Français de l'étranger donc il a eu l'occasion puisque c'était sa circonscription de faire un certain nombre de déplacements en Russie dans des pays qui sont proches de la Russie maintenant il a sur ce conflit je crois la position de Nicolas Sarkozy et il a sur ce conflit la position du président de la République dont il a été ministre par le passé il a peut-être sur ce sujet je vous le conseille une sensibilité qui n'est pas la mienne maintenant dans un mouvement politique dans un grand mouvement politique qui a vocation à faire 50% à une voix à une élection présidentielle il n'y a pas 100% des gens qui pensent la même chose et qui disent la même chose sur tous les sujets il peut y avoir des différentes sensibilités mais moi je suis extrêmement clair sur ce sujet et je crois que notre ligne de crête doit être celle-ci le soutien à l'Ukraine et éviter tout risque d'escalade or je crois que les dernières déclarations du président Emmanuel Macron nous font courir aujourd'hui un risque d'escalade qui inquiète je le crois des millions de français à commencer sans doute par ses propres électeurs
Pierre Aski merci on accueille maintenant Dominique Seux Dominique vous allez parler de l'Europe et de l'euro mais d'abord pardon une question sur la commission européenne
oui bonjour Jordan Bardella dimanche en meeting Marine Le Pen et puis elle l'a repris sur Twitter donc ça veut dire qu'elle assume totalement à qualifier la commission européenne d'autorité je cite quasi totalitaire c'est très fort est-ce que sur France Inter ce matin vous reprenez ce terme de quasi totalitaire qui honnêtement est à terme qu'on applique plutôt à des états la Corée du Nord l'Iran et d'autres pays peut-être oui bon
je partirai une phrase de meeting d'un contexte et d'une critique globale qu'on forme sur la commission européenne la commission européenne s'est arrogée depuis plusieurs années des pouvoirs qui ne sont pas les siens et a profité notamment des différentes crises que nous avons traversées depuis maintenant 20 ans que ce soit les crises sanitaires les crises diplomatiques pour s'arroger des prérogatives qui précisément ne font pas partie des traités lorsque la commission européenne décide est-ce que vous reprenez le sens de ma question
c'était tout simplement est-ce que vous reprenez ce terme de quasi totalitaire
bien sûr je le reprend lorsque la commission européenne décide d'un plan d'endettement de 700 milliards d'euros ça n'a été écrit nulle part dans aucun traité qui vont évidemment endetter nos enfants et les générations les générations futures
c'est des décisions des chefs d'état en l'occurrence
c'est pas la commission européenne oui enfin contractées par la commission européenne et je rajoute à ça que la commission européenne est composée de gens qui ne sont pas élus en tout cas pas directement par les citoyens même si la présidente de la commission
est validée est-ce que vous qualifieriez un pays comme la Russie ou la Chine de pas du tout un peu beaucoup totalement totalitaire
je ne suis pas observé je ne vais pas faire votre travail ça c'est votre travail de journaliste moi je regarde
je reprends les termes qui ont été étudiés par Marine Le Pen
ce sont incontestablement des pays autoritaires et moi comme responsable politique français mon rôle c'est de protéger précisément mes concitoyens et en l'occurrence nos entreprises des guerres et notamment des guerres économiques soit géopolitiques soit économiques s'agissant de la Chine qui sont menées contre nos intérêts et qui par exemple on l'évoquait il y a quelques-uns de temps ont entraîné les ravages de notre filière de panneaux photovoltaïques et de nos panneaux solaires et c'est vrai dans beaucoup de même
donc la commission est quasi totalitaire mais la Russie n'est pas du tout non mais je ne vais pas jouer au quasi plus pas moins si vous voulez bien à l'euro auquel vous êtes rallié il y a quelques années maintenant l'euro implique et c'est écrit dans absolument tous les traités d'une coordination des politiques économiques ça veut dire des automatismes ça veut dire des regards réciproques tout simplement c'est un règlement de copropriété dont il faut régler respecter les règles minimales cette coordination comment vous la concevez c'est-à-dire est-ce qu'on respecte le règlement minimal de copropriété ou pas ça veut dire un certain nombre de règles financières mais pas seulement est-ce qu'il y a une coordination des politiques européennes importante nécessaire dans votre conception de l'Europe
de facto avec une monnaie unique la réponse est oui en revanche je considère que le mandat
quel type de coordination
en revanche je considère que le mandat de la banque centrale européenne est aujourd'hui insuffisant pour notamment encourager une croissance qui me semble-t-il est beaucoup trop faible on s'aperçoit que la banque la Fed la banque centrale américaine dispose dans ses prérogatives et dans ses mandats la croissance et la création d'emplois moi je considère aujourd'hui que la banque centrale européenne ne peut plus se satisfaire d'un mandat unique qui consiste à la stabilité des prix parce que alors que nos partenaires américains accusent une croissance de 3% l'an dernier la zone euro est l'une des zones économiques au monde qui est l'un des plus faibles taux de croissance et je souhaiterais que ce mandat puisse évoluer qu'on puisse réformer le mandat de la banque centrale européenne pour qu'en plus de la stabilité des prix de la maîtrise de l'inflation la banque centrale européenne puisse aussi intégrer dans ses prérogatives la croissance et le soutien à l'emploi parce que
je pense que
c'est l'un des grands défis aujourd'hui de l'Europe si elle veut exister au XXIème siècle c'est de libérer en son sein toutes les contraintes qui pèsent aujourd'hui sur la croissance et le manque de capital d'amorçage en est souvent bien pour nos chefs d'entreprise
effectivement en bas de la page 9 de votre programme il y a un petit codicil enfin c'est pas un codicil c'est une proposition la banque centrale européenne doit avoir ce mandat élargi d'ailleurs vous n'êtes pas tout à fait le seul sauf que la question qu'on se pose c'est si ce mandat n'est pas élargi est-ce que vous considérez qu'il faut quitter l'euro
non
donc si c'est pas élargi on reste dans l'euro actuel y compris les règles
de déficit et autres mais je suis pas défaitiste si je fais de la politique c'est pour changer les choses et dans le projet que je porte il y a un certain nombre d'amendements que je souhaite faire à ce règlement de copropriété en fait on vend toujours l'Europe comme une copropriété mais aujourd'hui si vous voulez c'est une copropriété où le syndic détermine la couleur de votre papier peint vous retire les portes et les fenêtres et accessoirement elle fait augmenter la facture d'électricité de 45% en deux ans je pense qu'il n'y a pas un seul français qui nous écoute pour ceux qui ont la chance d'être propriétaires qui accepteraient de telles ingérences et de telles anomalies dans son syndic en tout cas moi je me ferais entendre à l'âge si c'était le cas chez moi
quoi qu'il vous en coûte vous restez dans l'euro un certain nombre de vos électeurs un peu plus qu'ailleurs d'ailleurs souhaitent eux sortir de l'euro puisque vous défendez l'euro quels sont les arguments que vous pouvez donner ce matin pour dire il faut rester dans l'euro parce que c'est une bonne chose
non mais je ne souhaite si peut-être il faut que ce soit clarifié peut-être être dedans ou dehors non non mais je ne souhaite pas sortir de l'Union Européenne et je ne souhaite pas sortir de l'euro voilà c'est clair si c'est peut-être votre inquiétude en tout cas je souhaite en changer un certain nombre de règles pour que la France puisse mieux défendre puisse mieux défendre ses intérêts
vous considérez au total que l'euro finalement c'est plutôt une bonne chose pour la France
je ne souhaite pas en sortir je considère que le passage à l'euro a eu un certain nombre ça vous coûte ? dire du bien de l'Europe ça vous coûte ? non non mais je ne suis pas là pour vous faire plaisir ou pour câliner vos oreilles je suis là pour dire ce que je pense il est vrai qu'aujourd'hui les Français font le constat que le passage à l'euro qui a créé une surévaluation de la monnaie française a accentué il faut le dire la désindustrialisation du pays mais je ne souhaite pas sortir de l'euro et je souhaite notamment ce choc de compétitivité au travers de prix de l'énergie un mot Dominique quand on regarde
le début de votre programme vous avez la liste des feux verts les choses que vous ne voulez pas changer dans l'Europe que vous acceptez la première des choses c'est le partage des canadaires entre pays en cas d'incendie pour la sécurité civile et puis il y a des coopérations pour l'intelligence artificielle ça fait quand même extrêmement peu de choses que vous aimez dans l'Europe
mais comme les Français tout le reste doit changer c'est pas du tout ce que disent les sondages c'est pas ce que disent les sondages sur l'Europe si si c'est le sondage que je rappelais tout à l'heure à monsieur Gauze il n'y a que 3% des Français qui sont satisfaits du fonctionnement de l'Union Européenne et je pense que l'Union Européenne agit souvent comme un accélérateur de notre déclin et moi je souhaite que la France puisse précisément changer ce qui dysfonctionne vous mentionnez il y a un certain nombre de projets qui marchent je pense que la coopération civile Erasmus sont des bons projets maintenant le fait que l'Union Européenne refuse de mettre des droits de douane sur les véhicules chinois qu'on taxe à 10% quand les Etats-Unis les taxent à 100% au risque de dévaster notre industrie automobile alors qu'on produit aujourd'hui 3 fois moins de véhicules qu'on en produisait sous la présidence de Jacques Chirac je pense que c'est un problème et croyez-moi il y a beaucoup de gens qui ne comprennent pas cette naïveté de l'Europe à l'égard de ces nouvelles convulsions du monde merci Dominique
on file aux standards inter bonjour Frédéric bonjour à tous
on vous écoute oui Jordan Mardella bonjour nous allons parler d'écologie si je peux me permettre contrairement à ce que vous pensez on ne réglera pas disons le problème environnemental mondial en faisant de la France une nouvelle Albanie écologique mais par une solidarité et une coopération internationale alors vous parlez d'écologie punitive par rapport aux normes et je vais vous dire vous avez raison quand vous dites qu'il faut que les normes soient symétriques et qu'il faut en finir en particulier avec les traités internationaux irresponsables que l'on nous propose c'est du simple bon sens par contre je pense que vous avez tort quand vous pensez que ces normes sont inutiles elles sont non seulement utiles mais nécessaires et d'ailleurs elles ont déjà fait la preuve de leur utilité ne pas le voir c'est faire preuve d'aveuglement et ne pas les appliquer c'est faire preuve de manque de bourrage politique donc comment voulez-vous que l'on vote parce que la vraie punition c'est le réchauffement à 4,5 degrés que l'on nous promet donc comment voulez-vous que l'on vote pour un norme politique qui a aussi peu de lucidité et aussi peu de pouvoir
merci Frédéric pour cette question ce qui est punitif c'est le réchauffement climatique en quelques mots Jordan
merci monsieur pour ces différentes amabilités je vais vous répondre très franchement et très sincèrement moi je pense qu'il y a un certain nombre de normes aujourd'hui qui posent problème je vous donne un exemple très simple nos agriculteurs qui quand même sont je crois bien renseignés sur les effets directs de ces normes sur leur filière ont été plusieurs milliers à défiler dans les rues du pays en France mais aussi d'ailleurs partout en Europe pour manifester contre cette inflation de normes qui leur est imposée et dont l'injustice vient du fait qu'ils ne sont pas imposés aux produits qu'on fait venir au sein du marché unique et qu'on fait venir dans notre pays l'ambition de la commission européenne d'interdire sans solution des produits phyto qui sont nécessaires aujourd'hui à nos agriculteurs et face auxquels il n'existe pas d'alternative si vous empêchez ces produits vous empêchez nos agriculteurs de produire et la conséquence de cela c'est que vous allez vous rendre dépendant des importations et comme la moitié de nos émissions vient de nos importations vous allez augmenter les émissions de la France donc cette politique pavée de bonnes intentions est en fait anti-écologique et moi je défends une écologie raisonnable pratiquable avec des normes qui soient bonnes mais pas des normes qui empêchent les gens de produire
Jordan Bardella restez avec nous dans quelques instants nous rejoignent deux jeunes électeurs qui auront beaucoup de questions à vous poser il est 9h02 on est un peu en retard on est un peu en retard
et on est un peu en retard on est un peu en retard
Jordan Bardella