Les Châtaigniers du désert - COMPILATION - Drame - Élodie NAVARRE et Louis VELLE - FP
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Temps de parole
- ?100 %
≈ 0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Les intervenants ne sont pas encore identifiés sur ce transcript — l'identification des locuteurs est en cours de traitement et apparaîtra prochainement.
Toujours si bien habillé par un malaisier. Merci. Je vais m'aider. D'accord. D'accord, promis. Merci. Ça va ? C'est toujours un grand beau gâteau, c'est pour toi. Un régal, vous avez en ce moment. On va mes enfants. À dimanche. Au revoir. Ça va. Merci.
Hi, Harry. Mr. Wallahide, who are you ? Fine, thanks. Mr. Secretary. Harry. Nice to meet you. Nice to meet you. Bon voyage. Bon voyage. Je vous remercie. Je vous remercie. C'est un honneur pour un certain Harvard graduate. Merci Harry. On est très heureux. Mr. Secretary, je vous ai pris la liberté de vous faire un aténal à un moment. Un petit coup d'avance pour la Chine. Je reviendrai à Beijing. Bonjour. Bonjour. Bon voyage. Au revoir, Harry. Messieurs.
Venir vite. Vous allez pas nous oublier à Strasbourg. Mais non, non, non, je vais juste voir ma sœur, l'embrasser. Je l'ai pas vue depuis un an, depuis qu'elle est partie aux États-Unis. Et là-bas, elle veut que je rencontre son fiancé. Enfin, son presque fiancé, mais il est ministre. Il est comme vous ? Non. Non, pas comme moi. Pas ministre du culte, ministre du commerce des États-Unis. Et après Strasbourg, il va en China. En Chine ? Oui. Merci Sarah. Et je serai de retour ici avant le culte de dimanche. Promis ? Je vous le promis. Et si vous travaillez bien le psaume 132, je vous ferai chanter en hébreu. En hébreu ? Mais c'est cool l'hébreu. Ça va, c'est pas trop lourd, David ? Non, ça va.
Est-ce que quelqu'un ici connaît un mot en hébreu ? Je ne sais pas. Je ne sais pas ce que ça veut dire.
Dimanche. Prenez bien soin de vos mots. Oui, vous aussi, soyez prudent. D'accord. Allez, à très vite. À bientôt, Yohann. À bientôt. Bon voyage. Merci.
Total non-farm payroll employment declined by 263,000 in september, from May through september. Yeah, job basis. Ok, no problem.
Je me demande comment ta mère peut me supporter. Moi, la païenne. Elle te supporte parce qu'elle a confiance. Confiance en moi ? Non. Confiance en elle.
I love you.
I love you too.
T'as rien mangé ? Non, c'est bon. Un petit morceau ? Non, c'est bon.
Ta mère, elle a créé les confitures avant ou après la méga church ? Bien avant. Ma mère a créé la nouvelle église avec le révérend le sage pour remercier Dieu de lui avoir envoyé la fortune.
Tiens. Speak with the devil. Hey Mom. Yeah, we took a fine. We're just talking about you.
Hey.
Papa.
Hi. Monsieur le ministre. Ça fait longtemps. Trop longtemps. Bonjour, Régine. Bonjour, mon chéri. Elle est de plus en plus belle. Je te présente Desmond. Le père de Marie. Le fiancé de Marie. Pas encore. C'est ta nouvelle voiture ? Non, c'est la tienne. Ma nouvelle voiture ? Oui, elle est à toi. Tiens. Tu plaisantes ? Mais t'es complètement fou. Elle est trop gâtée. Trop gâtée. Après son diplôme, un an d'absence et un retour avec son fiancé. Elle est magnifique. Une vraie fille à papa.
C'est un tel bonheur. Heure de te revoir.
Tu ressembles tellement à ta mère.
On va faire un tour ? Allez, installe-toi. Sal.
Nous avons sorti pour vous le grand service de notre fameux papillon. Notre ?
Non, notre fameux papillon, c'est la signature des ancêtres de ma mère. Des protestants qui ont quitté la France au moment de la révocation de l'édite Nantes. Ils ont trouvé refuge de l'autre côté du Rhin.
On a des nouvelles de Yohann ? Aucune. Yohann est le frère de Marie. Il est pasteur dans les sévères. Papa, il est au courant. Enfin, c'est pas vraiment son frère. Oui, je sais, Régine. Si j'ai bien compris, c'est pas le frère, pas le son, mais pas le cœur. Et par nos grands-pères qui ont été déportés ensemble. D'ailleurs, il y a une photo.
Elle est où la photo des grands-pères ? On l'a mise ailleurs. Il est pyjama rayé dans la salle à manger. C'était trop triste. Trop triste ?
Monsieur le Fasteur. Bonsoir, Cathèle. Ça va ? Bonsoir. C'est bon de te voir. Oui. Mon garçon. Bonsoir, enfin.
Attends. Bonsoir, Régine. Et Katel, on va mettre un couvert. Oui, monsieur.
Bonsoir. Enchanté. Enchanté, bienvenue.
Tu es parti quand ? Merci Katel. Ce matin, après le culte, j'ai traversé la France pour vous voir et pour faire la connaissance de Desmond Campbell. Oui. Il come daheim, mehpastor. Danke, Catel. Sorry. Hi, mom. Yeah. No, it's a smooth trip, no problem. Yeah, it seemed like a lovely family.
In fact, the brother just Ça fait plaisir d'être voir.
J'ai lu chez mon coiffeur l'histoire de ces merveilleuses confitures à la française. Un vrai conte de fées. Veuve à 23 ans, pas d'argent. Un petit garçon à élever toute seule. Un vrai compte de fées. Oui, mais Dieu était là.
Tu te souviens du restaurant dans la Petite France ? Oui, C'est juste après le pont, c'est ça ? Quand on est allé dîner avec maman, ma mère nous a emmené dîner là-bas et il nous est arrivé un truc fou. Pardon, attends, raconte-moi tout à l'heure. T'as vu, je plaisantais pas. C'est sa mère ? Comme toujours. Pourquoi tu pars pas en Chine avec lui ?
Parce que je veux pas être la femme d'eux.
Oui, c'est vrai, je veux exister par moi-même.
Quoi ? Exister ? T'es tellement forte, Marie. Tellement plus forte que lui. J'ai besoin d'aller au bout de ma réflexion. Qu'est-ce qu'il y a ? Un jour, j'en suis sûr, tu viendras dans les Cévennes. Là-bas, on a l'impression que le monde vient à peine d'être créé. Si. Là-bas, c'est difficile de ne pas avoir la révélation. Tu vois, c'est difficile de ne pas croire. Oh Dieu. Oui, mais je ne cherche pas de convertir là. J'espère bien.
Il y a enfin un moment. Alors, what is the last ?
Allez, viens. Allez, viens. Vas-en des temps, tu me dis dès tout. Ah oui ? Ma mère nous disait quand vous quittez Strasbourg ou quand vous le retrouvez, n'oubliez jamais d'embrasser la cathédrale. Tu embrasses les cathédrales, toi. Pas les cathédrales. Cette cathédrale. Elle a été catholique, protestante, française, allemandes, a été brutalisée, occupée, libérée, et elle tient toujours debout.
Elle est la civilisation et la mémoire.
Un jour, j'en suis sûr, tu viendras dans les Cévennes. Là-bas, on a l'impression que le monde vient à peine d'être créé.
Oui, là-bas, c'est... C'est difficile de ne pas avoir la révélation.
Merde.
Vous pouvez pas rester ici, c'est trop dangereux. Suivez mon cheval d'aussi près que possible.
Tiens. Tiens.
Abel, viens prendre ta mère-là.
Mon ami sera ravi de vous accueillir à la maison. Merde. Pardon ?
Bob. Marie. Maître Cœur.
Est-ce que je rêve ? Ces brouillardes d'été sont terribles et imprévisibles. J'ai eu très peur. Moi aussi, j'ai eu très peur. Ils sont où maintenant ? Revenez. La magie de la montagne. C'est Abel qui s'occupe de nos chevaux. Abel, ta mère l'a sauvé, mademoiselle. Alors, merci ta mère-l'an. Avlo, Avlo.
Soyez la bienvenue au châtaignier. Entrez, je vous en prie.
C'est incroyable.
Un petit jus de pomme ? Oui. Venez, Marie.
Minuit. Au moins.
Un piano aussi noir que votre cheval. Ta mère-l'an ? Oui, vous avez raison. Même robe de satin noire, très vieux tous les deux. Ta mère-l'an est le doyen de nos chevaux, on ne le montre plus, mais on l'aime tant. J'ai pensé que... Le jus de pomme à point de telle émotion était un peu fade. Bonjour. Mais c'est... C'est pas Merci. Ça va Marguerite, ça va. Merci. Merci Marguerite.
Tenez. Spéclese. Vous êtes des anciennes ? De Strasbourg. Marie de Valheim. Verstehen Sie mich ?
Votre joie fait plaisir à voir, même aux malheureux qui n'entendent rien à ce dialect. J'ai cru que vous étiez Alsacien. No poti is perfect. Danke. Prozit quand Ah, ouais ? Prósit.
Qu'est-ce qu'il est bon. J'ai vraiment cru que ma voiture se perdait dans le néant. En fait, il faut que j'y aille. J'ai fait une surprise à mon frère et j'ai pas mal de route encore. Je vous raccompagne. Merci pour votre accueil.
C'est l'assemblée au désert ? Oui. Quand j'étais petite, nous venions dans cette région. Ma mère était persuadée que nous descendions des camisards. Enfin, comme beaucoup de huguenots partis au moment de la révocation de l'édit de Nantes. Justement, nous avons un autre-Et il habite où votre frère ? À Valderon. C'est le pasteur de Valderon. Le pasteur Wirt ? Oui.
Il s'est passé quelque chose ?
Il a besoin d'être seule. Je vais dire à Marguerite de préparer une chambre pour elle, au châtaignier. Merci.
Il était si heureux à son retour de Strasbourg. Et puis...
Personne ne voulait y croire. Rupture d'anévrisme, ils ont dit.
J'ai oublié mon sac.
Mon portable, il faut que je revienne mon père. Vous savez, il est portable ici, il marche quand il veut. Venez, on va l'appeler votre papa. Venez. Venez.
Alors, vous l'avez eu votre papa ? Non, toujours pas.
Il l'aimait cette photo. Il disait: On s'est Vous vous êtes toujours connus tous les deux.
Cette photo, maman l'avait prise l'année où elle nous avait emmenés au Musée du désert.
C'est là qu'elle avait acheté cette croix huguenote.
C'est votre maman. Elle était persuadée que nos ancêtres avaient quitté
qu'il ait ses veines au moment de la révocation. Elle nous disait: Un jour, je le saurai, j'en suis sûre.
Ça, c'est pour vous. On vient vous chercher. Entre, Bonjour, Marguerite. Bonjour Sarah. Ça va, et toi ? Ça va.
Bonjour demoiselle. Monsieur m'a dit de vous porter votre sac à main. Vous l'aviez oublié dans sa voiture. Merci.
Nous l'aimions beaucoup, monsieur le pasteur, vous savez. Tout le village est en deuil.
Sauf moi.
Marcel ? Oh, Marcel. Tu as du monde ? Tu m'as fait peur. C'est pour la demoiselle. Tout est lavé. On peut essayer ? Pas du tout. Pas du tout ? Non. Marcel, bouge-toi. Elle a besoin d'essayer, la demoiselle. On n'achète pas une robe comme ça. On essaie quand même, non ? Ça y va. Et à quoi tu le vois que ça lui va ? Mais j'ai l'oeil. Ça y va. Et même bien. Je les prends. Toutes les deux ? Les deux. Je dois combien ? 29,90.
Au revoir. Au revoir. Adieu, parci. Au revoir. Oh, belle fille. Coucou Pauline. Marguerite, ça va ?
Bonjour. Bonjour.
Bonjour Marcel. Salut Lucien, tu vas bien ? Toujours au travail ? Comment tu vois ? Dis-moi, qui c'est, celui-là, là-bas ? C'est le nouvel adjoint chef de la brigade. Il paraît qu'elle est venu dans la bagate. Ah bon ? Et maintenant, mes gamines à commander ? Miseur. On va faire un petit contrôle des placements aujourd'hui. Vous êtes en règle ? Évidemment qu'on est en règle. Tous prendre un pays infoutu de dire une messe en latin. Oui, vous pouvez rire.
Tous, pourris. On va extirper le mal.
C'est ça ? Montre tes fesses maintenant. Trouvesse. Dévergondé. C'est le marquis, ne faites pas attention. Gourgandine. C'était quelqu'un de bien, vous savez, mais... La vie la détruit peu cher.
Il faut couper.
La petite musique qui console de tout.
Ce sont ces messieurs qui l'appellent comme ça. Ils la passent souvent. Et juste, ils l'ont passé le jour où monsieur le pasteur est venu.
Votre belle-mère a téléphoné ici et elle n'arrivait pas à vous joindre. Ils ne viennent pas à l'enterrement ? Votre père est absent ? Affecté par la nouvelle, absorbé par des gros clients, injoignable, en déplacement, etc. Pauvre Yohann. Marie, Marie, restez.
Venez vous asseoir, Marie.
Vous l'avez bien connu, mon frère ? Il n'est venu qu'une seule fois. Hélas.
Vous lui avez fait écouter la petite musique qui console de tout ? Oui, il se demande si c'était vrai. Malheureusement.
C'est pas vrai, mais ça aide. Oui, ça aide.
Vous êtes Robert Olivier Dumont. J'aurais dû vous reconnaître tout de suite. On dit que vous avez eu un accident. Vous jouez encore ? Pardon. Vous devez mourir de faim. Je ne sais pas. Si, si. Venez.
Le service aux papillons ?
Yohann et moi, on mangeait la soupe qui fait grandir sous la garde du papillon.
Marie.
Merci. Vous aviez quel âge quand les parents de Yohann sont morts ? Moi, quatre ans. Et lui, presque dix.
Il est venu vivre avec vous ? Oui.
Vous avez prévenu votre fiancé chinois ? Desmond ? Desmond est en Chine, mais il est pas chinois.
J'ai essayé de le prévenir, mais il doit y avoir un problème avec mon portable. Et puis, à quoi bon ? Même en tapis volant, il ne pourrait pas être là.
La nuit s'approche et nous me lâche tous. Nous implorons ta présence divine. Reste avec nous, chez nous.
Et que se fait le rinage ? Nous nous raterons pour le grand grand grand
Jésus, répondit au scribe: Chema, Israël, écoute Israël, le Seigneur, notre Dieu, est l'unique Seigneur. Tu l'aimeras de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta pensée et de toute ta force. Et voici le second commandement: tu aimeras ton prochain comme toi-même. Il n'y a pas Cet autre commandement plus grand que ces deux-là. Cette force de l'amour, nous avons vu notre frère, Yohann, la répandre sur Valderon, sur les villages, sur les hameaux et dans les maisons perdues dans la montagne où il a porté la parole.
Merci à Dieu de nous avoir donné, Johann Wirth.
Bourgade, président du conseil presbytéral. Mademoiselle, désirez-vous dire une prière à la mémoire de votre frère ?
Non.
Pas de condoléances. Merci.
Yes. I found a girl. She's at her brother's funerals. Good. I call you back. She's at her brother's funeral. Her brother, the pastor ? So young.
Je vous ramène au presbyter. Venez.
Venez, mademoiselle, venez. Allez.
Là, on n'est plus chez les protestants, on est chez les catholiques. Ces messieurs viendront vous chercher au presbyter. Je préfère rentrer à pied. À pied, au château ? C'est loin ? On est à trois beaux kilomètres par la route. Il n'y a pas de raccourci ? Si, le raccourci, c'est plus loin.
Pardon. Il n'y a pas de quoi. Vous voulez vraiment rentrer à pied ? Alors, je vous mets sur le sentier de Goulsou. Il vous mènera droit au châtaignier du désert. Pourquoi ? Au châtaignier du désert. C'est la combe noire derrière le château. C'est là qu'on se réunissait pour prier au temps de la persécution, au désert. Au désert avec un D majuscule comme dans la Bible.
Faites quand même attention, vipère.
Frère, pour l'éternité.
Vous êtes venue par le Goultchou J'avais besoin de marcher. Dites, vous l'avez connu comment, Yohann ? Par Michel Perrier, le curé de Valderon. Un vrai cévenol, lui. Ils étaient très proches, votre frère et lui. Ça ne plaisait pas à tout le monde, d'ailleurs. Les Cévennes ne sont pas un pays facile. Quand nous sommes arrivés ici, Bob et moi, les débuts ont été très durs. Deux hommes qui tombent du ciel. On a qui est un château chargé d'histoire. Et l'histoire qui a mis l'arne en plus. On s'est même demandé si on allait rester.
Et puis, un berger nous a accepté sur la montagne. Son chien Aussi, les moutons ont suivi. Aujourd'hui, nous sommes presque du pays.
Ce sont des portraits de votre famille ? Pas vraiment, non. C'est la famille d'une très vieille demoiselle qu'un frère de mon père a épousé sur le tard. Valentine Campredon-Vuvalat. Mais je suis sûr qu'elle aurait été ravie de recevoir la visite d'une théologienne au service de la religion. Je ne suis pas au service de la religion, je suis contre. Contre ? Comment ? Après neuf ans de genèse, d'apocalypse ? Mon objectif n'a jamais été de célébrer les religions, mais de bien les connaître afin de les dénoncer, et toutes. J'aimerais éveiller les consciences, aider les gens à penser par eux-mêmes.
Je vous ai choqué ? Choqué ? Oui, vous êtes entouré d'abbés, d'ecclésiastiques, de pasteurs. Marie, autant vous le dire tout de suite, nous sommes deux mécréants. Convaincus. Et pratiquants. C'est ce que nous voulons. Nous prions chaque soir afin de ne pas être touchés par la grâce. Et ça marche. Jusqu'ici, on ne peut pas se plaindre. Oui.
Et vous n'avez jamais eu la foi ? Si. Ma mère a tout emporté avec elle. Non, pas tout. Elle m'a laissé la curiosité et le besoin de savoir. Pourquoi pas la philosophie, alors ? Parce que je n'ai pas de compte à régler avec la philosophie. Tandis qu'avec Dieu... Tout à l'heure, sur le chemin, je suis passée devant une tombe avec trois croix. Ah oui, la tombe des... Des makisards. Oui, c'est la tombe d'Élie et de Christian, le frère et l'amoureux de Sarah. C'est une bien triste histoire. Sarah, protestante, aimait un jeune catholique. Et alors, ça pose un problème ? Il y a 60 ans, Marie, un mariage mixte était impensable dans le pays. Et pourtant, les familles s'estimaient.
Elie et Christian étaient de grands amis. Ils sont partis pour la guerre ensemble. Ils ont pris le maquis ensemble. Ils sont morts ensemble. La pauvre Sarah. Oui. Mais depuis cette sombre époque, protestants et catholiques ont recommencé à se parler. Il était temps, près de trois siècles. Je peux ? Je vous en prie.
Dieu, je n'ai rien contre lui, il n'existe pas. C'est l'usage qu'on en fait qui me met hors de moi. C'est pour ça que la théologie me passionne. J'adore apprendre, réfuter, débattre, controverser.
Qu'est-ce qui vous fait sourire ? Je repense à ma première rencontre avec Desmond. Le coup de foule ? Pas du tout. Le duel. Le duel devant tous les étudiants de l'université. J'ai cru qu'on allait se massacrer. On a failli en venir aux mains. Et puis, j'ai dit calmement: L'amour du prochain n'est pas réservé aux croyants. Je ne suis pas croyante, mais j'aime mon prochain comme moi-même.
Et alors ? Là, il a pris ma main, il l'a embrassé et on a su qu'on était fait l'un pour l'autre. On est d'accord sur tout. Sauf sur Dieu. Non, j'ai un petit problème aussi avec sa mère. Sa mère, c'est Leonore Campbell, 37ème fortune des États-Unis. Elle est persuadée d'avoir enfanté le Messie. La mère du Messie, c'est bien la dame des confitures. Malheureusement, elle dirige aussi une méga church. Quoi ? Méga church, c'est une puissante église indépendante qui fait beaucoup d'audience à la télévision. Mais comment est-elle ?
Je dirais qu'elle est fascinante. J'ai beaucoup d'admiration pour elle, seulement, je la crois capable de tout.
Très bien. Oui, bonjour. Bonjour madame. Vous savez qui est l'homme à côté d'elle, au cimetière ? Je ne sais pas très bien. Je sais qu'il vit avec le pianiste Robert Olivier Dumont. Très grand artiste. C'est bien. Bonne relation.
Je vous repasse le révérend. D'accord. Allô ? Marie ? Ma petite fille, c'est papa. Papa ? Si tu savais, ma chérie, ça n'a pas été possible de venir. Régine a voulu me ménager. Je t'expliquerai.
Yohann. Le temps de souvenirs. Tout est revenu. Votre foi, ta mère, Elisabeth. Le temps du Un heure.
Absolument. Je pars à l'instant, je vais aller à l'aéroport dans un quart d'heure. Entrez. Bonjour, demoiselle.
Bonjour. Le Tintin vous a réveillé. Le Tintin ? C'est le nom de l'hélicoptère de monsieur Bob. Attention, voilà. L'hélicoptère qui vient de frauder le toit ? Oui, Mais oh attention, c'est un as, hein, monsieur Bob. Même avec sa main ? Ça lui fait peur pour donner des concerts, mais ça le gêne pas pour voler. Monsieur devait l'accompagner ce matin, mais il a pas pu, à cause des sangliers. Vous aurez assez, là ? Euh, il y en a beaucoup trop, je mangerai jamais tout ça.
Bonjour. Bonjour Marie. Vous voyez ces dégâts ? Les sangliers ? Oui, ils sont de plus en plus familiers. C'est un vrai désastre.
Vous aimez les arbres ? Ils m'ont sauvé la vie.
Mon père et ma mère ont été fusillés sous mes yeux à Berghem, en représailles. J'avais 14 ans, alors je me suis caché dans la forêt.
Assis der alt, mein C'est la ville de Vanuvalde, l'Antique Forêt, aux enchantements, venez Marie.
Oh, Père Drigal. Voilà vos Pères Dégage. Ton maître ne doit pas être loin, ça. Ruben.
Vous avez encore eu du dégât, monsieur Melchiorne. Oui, toujours les sangriers. C'est Hier, je n'ai pas pu descendre pour la cérémonie. On était en alerte. J'étais seul là-haut. Les brebis étaient nerveuses. Un lynx peut-être. Ce matin, mon neveu, il est monté. Je lui ai laissé les bêtes et je vais au cimetière. Je porte planter une bruyère sur la tombe de monsieur le pasteur. Mademoiselle et sa sœur.
Quelle perte. Tous mes condamnés, mademoiselle.
Bob est de retour. Ruben, Je vous laisse, mademoiselle, vous lui montrez le rocher de la profétesse. Moi, je vais faire le déjeuner. À tout à l'heure.
Sans eux, sans le Tintin, on serait plus là, hein, que la brigade. Et que s'est-il passé ? Une mauvaise chute dans les éboulis du Rocal. Moi, je pouvais pas bouger, jambes cassées. Heureusement, le portable, il marchait, lui. Ça, les anciens, il l'avaient pas. Mais ni les gendarmes ni les pompiers pouvaient venir. La forêt flambait sur le Causse, alors tout le monde était là en catastrophe. Alors le Tintin est venu. C'est vous le berger qui leur a ouvert les portes de la montagne. Oui.
Et mon chien, il a jamais oublié ce qu'ils ont fait. Hein, Père Drigat ?
Voici, le rocher de la prophétesse.
Pourquoi la prophétesse ? On dit qu'au temps des dragonades, une fille venait ici parler de Dieu. L'esprit souffle sur ce lieu.
Et votre frère, c'était une merveille d'homme. La seule chose qu'on pouvait nous rapprocher, c'était d'aimer les autres. Personne ne lui viendra à la cheville. Enfin, si jamais quelqu'un se présente. Alors là, mademoiselle, on va devoir se quitter. Je prends le chemin du goule-sous. Le vôtre descend par les arbres. Honoré de vous connaître.
Faites quand même attention au vipère. Et si vous perdez l'équilibre, faites comme la mémé disait: Agrippi, noter. À l'abartassino. Agrippino. Agrippino te alabartassino. Agrippino... Agrippino te alabartassino. Accroche-toi au bruxail. Agrippino te alabartassino. C'est ça.
Desmond ? Mais qu'est-ce que tu fais là ? Mais tu dois être en Chine.
Pourquoi tu ne m'as rien dit pour Yohann ? Si tu m'avais prévenu Si je devais venir, j'aurais tout lâché pour être près de toi. Tu sais ça. Mais comment tu peux être là ? Tes amis ? Ils ont appelé l'ambassade à Pékin, tout simplement. Bob est venu me chercher à Montpellier ce matin. Ils t'aiment beaucoup, tes amis. Ils ont tout convenu dans ton dos. Allez, calme-toi.
Dis donc, cette robe.
Je suis content que Yohann Je suis toujours venu à Strasbourg.
Je suis content d'avoir pu le connaître. Je l'aimais tout de suite, ton frère. Il est à la droite de Dieu, maintenant.
Toujours péienne, alors ?
Ce n'est pas le même papillon que celui de ta famille, là ? Mmm-hmm. Mais les mêmes vendanges t'arrivent que chez ton père. Tu te perds dans les nuages et l'assassin te recueille. Et malgré tous ces signes, tu ne crois toujours pas en Dieu ? Non. Tu devrais leur remercier Le remercier ? Le remercier de m'avoir pris mon frère ? Non, le remercier de t'être aimé.
C'est toi que je remercie.
Tu devrais le remercier plutôt Louis, quand même.
Tu veux qu'on recommence le duel ? Quand tu veux.
Pardon, pardon. Excusez-nous, on est un peu ridicule. Non, vous êtes amoureux, hein ? Retrouvez ça. Moi aussi. Et on arrête.
Tu es déjà montée dans le laïco avec Robert Olivier ? Non, jamais. C'est un as. Tu sais, ma mère a grande admiration C'est pour vous. On a tous vos disques. Vous nous manqueiez beaucoup. À coups de vent, la vie bascule. Heureusement, lui était là.
Bon, est-ce que tu sais que je suis venu ici avec une mission, pour tendre la vue. Ah bon ? Oui. Là, je te mène au paradis. Plus exactement un hôtel qui seappelle Paradis, dans le Camague. C'est seulement pour quatre jours. Non, Non, ne vous inquiétez pas, tout est réglé entre nous. Oui, absolument. Alors, c'est vous qui organisez ma vie, maintenant. Voilà.
Quel pianiste.
Un coup de vent et la vie bascule.
On avait tous ces disques avec Liane.
Ça va aller, Bébé ?
Ça va ? Non, ça ne va pas.
Tu ne veux pas qu'on se l'arrête là un peu ?
Prends un doigt, là. C'est pas le chemin ? C'est pas grave, prends un doigt. T'es sûr ? Oui.
Faites la gueule, toi, là. Là. Merci. Mesdemoiselles, veuillez me suivre. Pourquoi ici ? Tu veux un verre ? T'es sûr ? Tiens. Fais gaffe, fais gaffe. Je n'ai pas encore mis la escalier.
Imagine que des gens nous voient. Il n'y a pas de gens, il n'y a personne. Je suis sûre que quelqu'un nous regarde. S'il y a quelqu'un, il doit se dire: Qu'est-ce qu'elle est belle.
Hi Mom.
Ok, yeah, yeah, yeah. Qu'est-ce qui se passe ? C'était maman. Hein ? T'as compris. Elle voudrait que je sois à Washington ce soir. Il y a... Il y a une place à prendre. Une place à prendre, c'est-à-dire ? Senator Bradley s'est tué en avion hier soir. Il va y avoir une élection. C'est quoi ? Pour être sénateur ? Oui. Enfin, tu es trop jeune. Tu sais, peut-être que Canada était déjà sénateur depuis trois ans à mon âge. Donc, tu sais, je ne sais pas si je viens que ça.
Ça ne peut pas attendre. Mais si, ça tendra. C'est vrai que ça... Ça tend mal, c'est tout.
Allez, en route.
Qu'est-ce que je fais maintenant, madame ? Nous allons les laisser tranquilles pendant deux jours. Après, on verra.
Ce soir, tu dormiras à Washington. Mais tu dis non. Pourquoi tu fais ça ? Parce que c'est important pour toi, parce que c'est ton destin, parce que je veux pas passer les trois jours et trois nuits à accoucher avec le futur sénateur du Massage-Souzette qui me fera la gueule comme tu fais là, depuis que ta mère a appelé. Je devrais le dire, mon grand. Je devrais le dire, mon grand. Je devrais le dire, mon grand. Je devrais le dire, mon grand. Appelle le jet. Appelle le jet.
Stuart. Hey. Je me gagne, je suis au courant. Bonne nuit.
Non, pas ce sac. Come on, you can... Come here.
C'est quoi ? À tout de suite. Je dois dire adieu à tout ce que je viens de vivre.
À très vite.
Agrippino, t'es à la barre d'assino. Agrippino, t'es à la barre d'assino.
Accroche-toi au Brussai. Mon Commandant. Ouais. Ça va, tu vas mon gars ? Bien. Alors ? Ça va ? Et vous, vous mettez ça ? Oui. J'ai une petite surprise pour vous. Le casque des pompiers mexicains. Vous êtes beaux comme ça. Garde à vous.
Bravo. Allez, on rentre.
Il ne faudrait pas tomber loin. Heureusement qu'Amel a rentré les bêtes avant la pluie. Pardon, monsieur Maupin.
Abel sait toujours tout avant le monde. Contact avec la création, privilège de l'innocence.
Vous entendez cette pluie ? Heureusement que Marie est au sec.
Venez, mademoiselle, venez, ne me restez pas sous la tempête, suivez-moi.
Venez, je vous appelle.
Voici la chambre des hôtes.
Lavez-vous, réchauffez-vous. Vous avez des serviettes dans la salle d'eau. Nous venons après les vêtres. Mais vous savez, je peux pas rester. Vous êtes prisonnière, votre voiture aussi est prisonnière. Il faut attendre la fin de la tempête.
Nous n'avons plus de électricité, plus de téléphones. Nous sommes coupés du monde.
Je suis le frère Jean. Vous êtes au ski de Sainte-Foy. À tout à l'heure. Mais...
Qu'est-ce qui se passe ?
Bonsoir. Voire la sainte et consubstantielle, viviente et indivisible trinité, en tout temps, maintenant et toujours, et dans les siècles des siècles.
Amen. Venez, adorons et prosterons-nous devant Dieu, notre Roi. Venez, adorons et prosterons-nous devant le Christ, notre
Notre Roi et Notre Dieu, venez, adorons et prosternons-nous devant le Christ lui-même, Notre Roi et Notre Dieu, venez, adorons et prosternons-nous devant lui.
Vous aimez ? Beaucoup. C'est rare, les gens qui ne sont pas d'ici. Tiens, la badjana. La ? La badjana, c'est une soude de châtaignes, des blanchettes. Vous savez, la châtaigne, c'est l'or du pauvre dans les Cévennes.
Je viens de perdre mon frère.
Qu'est-ce que la mort ?
Nous, d'abord, on ne dit pas notre chœur te dors, on ne dit pas mourir, mais naître au ciel. La mort est une naissance. Le contraire de la mort, ce n'est pas la vie. Le contraire de la mort, c'est la naissance. Et l'homme, entre sa naissance et sa mort, peut accoucher de sa vie. Parce que la mort n'est pas la fin de la vie, mais la fin de l'existence. Notre frère est né au ciel.
Merci pour tout, Frère Jean. Je suis heureuse de m'être perdue. Vous savez, les rues ne se perd jamais sans la volonté de Dieu. Au revoir, Marie. Je vous accompagne. Au revoir, Marie.
Que le Seigneur vous accompagne. Merci.
Bonjour Sarah. Ça, par exemple, si je m'attendais... Mais je suis contente que vous soyez revenue parce que demain, il y a un hommage à votre frère. J'ai commencé à ranger des vêtements de monsieur le pasteur. Si vous voulez, on pourrait les laisser à la mairie. Ça ferait des heureux. Bien sûr. Et qui est cette petite fille ? C'est Esther Mazel. Esther Mazel. Elle avait trois ans quand elle est montée ici. Mignonne. Et puis sa mère est partie. Elle n'est jamais revenue de son camp de la mort.
Mon oncle Abraham l'a adoptée quand on a su que sa mère ne deviendrait pas. C'est comme ça qu'elle est devenue ma cousine. Et elle est devenue Esther Mazel. La créatrice de parfums Seven. Seven. Elle nous a fait célèbre dans le monde entier. Seven, c'était le parfum de ma mère.
Sarah. J'ai vu la tombe de Christian et d'Élie. Je sais ce qu'ils ont fait.
Je peux voir une photo Christian ?
Je l'ai toujours sur moi.
Vous savez, ce qui me fait bisquer le plus, c'est d'avoir été sage. Si Christian ne m'avait pas respecté, au moins, j'aurais un petit. Un petit qui aurait les cheveux blancs maintenant. Une famille. Quand je pense que je vais rester seule dans cette grande maison vide. Un nouveau pasteur va venir. Pensez-vous, c'est comme les curés, il y en a de moins en moins. Pauvrette, ce n'est pas demain qu'on l'entendra tourner dans la grande porte.
C'est quoi ça ? Ça, c'est son ordinateur. Il notait tout tous les jours. Il est à vous maintenant, il faut l'emporter.
Merci, ça va. Le parfum de votre maman.
Merci. À bientôt.
Vous êtes ché là. Vous avez entendu ? Je ne peux plus être sûr de moi. C'est comme ça. Non, c'est très beau. Oui, vous avez raison. Il ne faut pas être triste. Je me fais toujours jouer en secret pour une amie.
Sevent. C'est merveille. Mais, qu'est-ce qui se passe-t-il ? Vous devriez être en cama, vous n'êtes pas là. Hein ? Où est De Smont ? À Washington. À Washington ? Et Et vous ? Moi, je reste jusqu'à demain ici, si vous permettez. Oui, oui. Non, non, non, non, non, Parfois la nuit, je viens comme un voleur dans le temple. Il y a une petite clé cachée dans le mur, derrière la sacristie. Et je reste seul, dans l'odeur des bandes cèdres, qui est l'odeur de Jérusalem. Étrange pays, plein de rigueur et de sortilèges. J'aimerais tant que Marie connaisse les gens qui m'ont adopté. J'aimerais qu'elle sache qu'au milieu d'eux, j'ai enfin trouvé ma place. Ce n'est pas facile tous les jours, mais... Mais l'esprit de vérité est là, parmi mes protestants et aussi parmi les autres. Le commandant Le Guillou daigne enfin nous faire l'insigne honneur de notre visite au Temple. Vous savez, ils ont toujours C'est très proche, monsieur Basteur et lui. Il faut écouter, c'est un petit peu long. Qui c'est celle-là ? Bonjour, Bruce. C'est elle. C'est la nouvelle affaire du Trèsor. Fleur ? Qu'est-ce que tu fais là ? Je commande la brigade de Valderon depuis dix jours.
C'est pas vrai. Si. Et dis-moi, c'est le hasard ? Pas vraiment le hasard. Votre papa et moi, on a déjà travaillé ensemble. Euh, les garçons, allez-y, je vous rejoins. Qu'est-ce qui te ressemble, le petit ? Toi aussi, alors.
Tu t'es mariée avec... Non.
Excuse-moi. Oui. Le feu ? Où ça ? La Ferme du boule-tout. Ok, j'arrive. Excusez-moi, une urgence. Dalila, vous pouvez vous occuper des enfants ? C'est une urgence.
Le camp des ennemis débarque et vous vendrez ne doute pas, fuira devant sa face. On les verra sous la sonfuite, quand l'on voit s'évanouit, l'unité se fume,
tant que la cire fonde en feu, ainsi dépêchant de grand Dieu, la force est consumée.
Marie. C'est Michel. Il y a maintenant huit jours que notre cher pasteur nous a quitté. En le perdant, nous avons... Nous avons perdu notre chance.
Nous avons perdu l'espérance qu'il savait donner aux autres. Clémentine n'est pas protestante, son frère est en fond de cœur. Oui, et alors ? Où va-t-on ? Avec Yohann, tout semblait possible, comme chanter en hébreu. Nous avons décidé aujourd'hui de lui rendre hommage. Mais nous ne savons que pleurer. Nous ne sommes pas des savantes, comme sa sœur qui est parmi nous.
Qui mieux qu'elle peut rendre hommage à notre Yohann ? Si elle voulait bien nous rejoindre pour dire quelques mots ?
Courage. Bonjour.
Cette nuit, je n'ai pas quitté Yohann.
J'ai ouvert son ordinateur et je vous y ai tous trouvés.
Magali, Clémentine, Beaucoup de petits enfants. Ces paroissiens, mais aussi ceux qui ne le sont pas, parce que vous étiez tous dans son cœur.
Celui qu'il nommait son curé Camisard, le soldat du feu qui déteste les sanctuaires et le marquis qui rêve d'une messe en latin. Mais aussi vous, le médecin musulman qui jouait de la darbouca chez les chrétiens.
Tous.
Et moi aussi. Très souvent.
Je n'ai pas la foi.
Je ne crois pas en Dieu. Je déteste les temples, les églises, tous les lieux de cultes.
Tu le savais, frère. Et le sachant, tu n'as jamais voulu me contraindre à croire.
Mais dans cette maison que tu aimais tant, je veux t'offrir un cadeau.
J'arrive les mains vides, je n'ai rien préparé, mais ça n'a pas d'importance. Le passage du livre des rois que je veux t'offrir t'était si cher que je le sais par cœur.
Élie se tient sur la montagne, attendant l'Éternel.
L'éternel qui n'est pas dans le vent.
L'éternel qui n'est pas dans le tremblement de terre.
L'éternel qui n'est pas dans le feu. Soudain, Élie entend le son subtil d'un silence.
Alors, Élie se couvre le visage de son manteau.
L'éternel est là.
Dire je n'ai pas la foi en plein temps. Je suis contente qu'elle ne soit pas catholique. C'est une effroûtée, comme c'est l'air de vous. J'avais déjà du mal avec les idées du frère, madame la soeur. Merci. J'ai aimé votre sincérité.
Pardonnez-moi, mademoiselle, mais où avez-vous été pêché dans le livre des rois, le bruit ? Dans le son subtil du silence. Mais qu'est-ce que c'est que cette traduction ? On la trouve en note dans la nouvelle version. Visité de seconde, à la place d'un son doux et subtil. Quand on garde les bêtes, on a le temps de lire les écrits C'est dur. Il y a toujours la Bible dans la poche avec le portable.
Tu lui as bien arrivé son clou, au pisse-vinaigre. Vous, mademoiselle, ma femme et ma cousine vous le diront. Moi non plus, je n'aime pas les temples. Mais si c'était pour vous y écouter, on m'y verrait tous les dimanches. Bop de Cauchy. Barpaillot. Renéga. Hérétique.
Coquine.
Débraillé. Riboud. Défroqué. Curé félon.
Vous finirez en enfer dans les Pauvre Marquis. Si vous l'aviez vu quand il était jeune, toute une demoiselle lui faisait les yeux doux. Racontez-moi, ce Marquis. C'est une Nissan longue et un peu nombreuse aussi. À la maison, à la maison. Il y a une surprise. Pardon, excusez-moi. Allô ? Gastonnet ? C'est Gastonnet. Oui ? Tu te sens pas bien ? Je vais venir. Avec le sacrement, oui.
On va enlever deux couverts. Oui, nous attendions aussi Brice Le Guillou. Yohann parle beaucoup de lui dans ses notes. Et aussi de la mort tragique de sa femme. Elle s'est suicidée ? On n'a jamais su exactement. Elle était dépressive. Elle ne supportait pas les absences de Brice. Monsieur. Mon Dieu, monsieur. Qu'est-ce qui se passe, Marguerite ? Un malheur. Daniel.
Il a fait une chute. Il est mort là, devant nous. Devant sa femme et ses enfants. Mon Dieu. J'ai ramené Abel avec moi pour les bêtes, mais Isaac est resté avec Pauline et ses petits prochefs. L'ensevelissement, ce sera là où Omazée. C'est là qu'ils ont les tombes de la famille.
Pas de services au temple, juste sous le Cyprès.
Pauline, elle me demande que ce soit mademoiselle qui dise les prières.
Je ne suis pas pasteur, Marguerite. Mais on n'a plus de pasteur. On va en parler, Marguerite.
Dis-leur oui, Marie. Non. On me fait prendre la parole au temple, ça me rend malade. Et là, on veut me fait enterrer les morts ?
J'ai quand même assez dit, je n'ai pas la foi. Vous me voyez réciter le Notre-Père ? J'aurais honte. Ce n'est pas toi qu'on enterre. C'est un pauvre maçon cévenol qui va rejoindre ses ancêtres sous un cyprès. Ses ancêtres sous un cyprès, ça ne me concerne pas.
Je ne suis pas de ce pays. Tu n'es pas de ce pays ? Alors, regarde. Qui est-ce ? Marie Révolte, une prophétesse. Ton ancêtre.
Je dirai les prières.
L'esprit de l'Éternel reposera sur lui. Esprit de sagesse et d'intelligence, esprit de connaissance et de la crainte de l'Éternel. Le loup habitera avec l'agneau, la panthère se couchera avec le chevreau. Il ne se fera ni tort ni dommage sur ma montagne sainte. Au bord du temps, dans cette montagne. Ce n'est pas la montagne sainte des Haïts. Ici, hélas, le sang roulait à fond. Au nom de Dieu.
Je partage vos larmes et je vous envie. Je vous envie tous d'être de ce pays autant qu'on peut l'être.
Cher Daniel, repose en paix dans ta terre bien aimée.
Notre père.
Qui
es aux cieux, que ton nom soit sanctifié, que ton règne vienne, que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel. Donne-nous aujourd'hui notre pensée.
Je l'ai retrouvé à des funérailles dans un cimetière privé. Vous voyez, bah c'est le genre ici. C'est des protestants comme autrefois. Marrant. Oui enfin, quand je dis marrant, c'est façon de parler. Euh, vous avez vu les photos que j'ai prises à la sortie du temple ?
Oh, Marie. J'étais sûr qu'on se reverrait.
Ça ne va pas ?
Je n'aurais jamais dû accepter de dire les prières pour Daniel. Qu'est-ce qui m'a appris de dire oui ? Je vais essayer, je n'ai pas pu.
Je sais plus où j'en suis.
Vous comprenez, Michel, je ne crois pas en Dieu.
Je comprends.
Il fait bien que vous soyez là.
Vous vous asseyez ? Avec plaisir.
Vous avez l'air fatigué. Je descends de l'abori. Il s'est gastonné, il se sentait mourir. Il est mort ? Non. Il a besoin de compagnie, alors. Il se sent mourir. Il fait souvent ça ? Un peu trop, oui.
Et vous, vous couriez toujours C'est physique comme métier, en fait.
Curé. Oui. J'essaie de clocher. Foster aussi, c'est très physique. Avec Yohann, on se disait nos kilométrages. J'ai fait plus de 2 000 kilomètres ce mois-ci. Et toi ? 2005, battu. Ça me manque.
Je vais partir. Je vais fuir ce pays.
Vous avez vu mon portrait ? Ton portrait ? Mmm-mm. Nous l'avons découvert le mois dernier, en rangeant le grenier. Voici par le temps, Obscurme Féérique. Marie Révolte. Je n'ai jamais entendu ce nom-là. Yohann a-t-il vu le portrait ? Non, nous l'avons fait en voyait à Nîmes tout de suite pour le faire restaurer. Le visage était intact. Comme respecté, oui, et si beau. Alors quand cette merveille nous est apparue vivante, nt d'un nuage. Comme dans le Oui, ça a été le choc. Moi, j'ai cru de m'évanouir quand j'ai vu la demoiselle arriver. Une apparition.
D'après la miniature de la prophétesse fanatique du Mazars Baal. Ça, c'est un commentaire papiste. Jolie peinture, début 19ème, Marie révolte. La réponse doit être dans la miniature. Disparu, la miniature. Dans l'inondation de 1900, croit-on.
C'est Papillon, ce que j'ai déjà vu. C'est la signature de mes ancêtres faïenciés.
Mon Dieu. Mon pardon, excusez-moi. Allô, oui ? Oui, c'est moi. Où ça ?
Il a dit: Je suis catholique, oui, oui. Oui, oui. J'arrive tout de suite, je suis au Châtaigny. Oui, j'arrive.
Un accident grave au col du Père Jury. Il faut que j'y aille immédiatement. Je vous y emmène. Rejoignez-moi au Tintin. Merci. Un conseil: n'épousez jamais un curé.
Dis donc, il a des moyens le curé ? Non, il a des amis. Il faudrait que tu vous fais du curé. Mais lui, c'est pas un curé, c'est Michel. Michel, par ici. Vous m'entendez ? Vous pouvez me dire votre nom, monsieur ? Non. Restez avec nous. Regardez-moi, monsieur. Regardez-moi. On dirait qu'il a loupé le virage. Il faut absolument le garder le véhicule. Ce serait bien si l'hélicoptère pouvait le prendre parce que... Ok, je m'en occupe. Vous n'oubliez pas de me récupérer ce qu'il y a dans la voiture. Comment est-il ? Le Nord a peur qu'il tienne pas le coup. Tu pourrais le déposer à la clinique de Ganges ? Parce qu'avec l'ambulance, c'est deux heures. Pas de problème. Bon, on l'embarque dans l'hélico. Alors, c'est un homme, mais Alphonse Metzer, domicilié à Strasbourg.
On a également retrouvé des appareils photo ainsi qu'un portable. Ah, il est bien endommagé, le portable. Oui. Merci. Bonne nuit. Hé, la fille là, tu couches avec ? Je vois que tu fais toujours dans la dentelle. À savoir. Hé, tu m'appelles un de ces jours ? Arrête, c'est pas le moment.
Un, deux, trois, Je suis venue pour toi, Brice. Et cette fois, je t'aurais.
Sorcière qui me retient prisonnière dans ta montagne, j'ai une prophétie pour toi. Je m'en vais.
Entrez, je vous attendais.
Marguerite m'a dit que vous partiez. J'ai fini de ranger les affaires de votre frère, mais il reste sa robe de pasteur, celle que vous lui avez offerte. J'aimerais bien la voir sur vous. Ah non. Si. Non. Si. J'essaye pour me faire plaisir. Non, Sarah, vraiment, non, je n'ai pas envie. Pour me faire plaisir. Vraiment. Mais Sarah, elle est beaucoup trop grande. Mais non.
Il vous va bien ? Vous êtes... Mon Dieu, déjà, je me sauve. Il y a la réunion du conseil présbytéral. Et toujours pas de pasteur. Prenez tout votre temps. Vous tirez la porte en partant.
Alors, il te va à la haine ? Chère Marie, cette lettre, depuis mon départ de Strasbourg, je l'ai écrite 20 fois dans ma tête.
Mais à peine revenue, j'ai été repris par les devoirs de ma charge, elle est lourde. Elle est lourde, tu sais. Mes paroissiens attendent tous de leur pasteur. Je suis heureux de connaître enfin ton Desmond. Ton refus de Dieu le désole, mais je me suis permis de le rassurer. Je lui ai dit que j'avais confiance. Confiance et qu'un jour, tu retrouveras la foi.
Allô ? Bébé. Hé, ça fait deux jours que je sais te voir. Alors ? Tu es là ? Enfin, tu es là. On va se poser à Springfield tout à l'heure. J'ai un meeting. Ça s'annonce plutôt pas mal pour ton sénateur, tu sais. Et toi ? Tu m'entends ? Marie. Je viens de trouver une lettre de Yohann. Une lettre de Yohann ?
Une lettre qui m'a écrite le jour de sa mort. Oh my god. Il dit qu'un jour, je retrouverai la foi.
Et... Tu penses que Cégeo est venu, bébé ?
Je sais pas.
J'arrive.
Ce soir, Marie, je me sens à bout de force. Mais tout à l'heure, après avoir posté cette lettre, je m'en irai comme un voleur, prendre la petite clé que je cache dans le mur du temple. Personne ne le sait.
J'irai retrouver ma force dans le silence de la nuit et l'odeur des bandes cédre qui est l'odeur de Jérusalem.
Lui, maintenant ? Qu'est-ce qu'il vient faire ?
Qui est là ? C'est moi, c'est Michel. J'ai cru que c'était des cambrioleurs. C'est la première fois que je vois la petite porte ouverte la nuit. Je vais vous laisser. Non, restez.
Tenez.
C'est une lettre qui vous est adressée ? Oui. Élise est là.
C'est étrange, non ? Mon frère était persuadé que j'allais retrouver la foi. Il l'espérait. Ça le préoccupait.
Maintenant, voilà que ça m'arrive. Avec l'aide de Dieu ? Yohann, vous vous connaissez mieux que vous-même.
Vous croyiez à la révélation ?
Je crois à la parole de Dieu. La parole était au commencement. La parole était avec Dieu et cette parole était Dieu. Évangile selon Saint Jean.
Vous retournez au château ? Oui, j'ai ma voiture là. Alors, bonsoir.
C'est celle-ci ? C'est de la châtaigne. D'ici ? Bien sûr, c'est bon. Alors, votre fiancé vient d'Amérique pour venir vous chercher ? Disons, ce n'est pas la porte à côté. Il faut qu'il vous Il est très belle. Et vous l'attendez quand ? Il peut tomber du ciel d'un moment à l'autre.
Monsieur Levy. Sarah, ça va ? Vous êtes très belle.
Bonjour madame. Mon nom est Eleanor Campbell. Je viens chercher mademoiselle de Valheim.
Vous Voilà, petite Marie. Et Desmond ? Desmond ? Desmond ? Desmond. Il voulait venir se fout. Mais je lui ai fait comprendre que ce serait une catastrophe pour sa campagne. Il m'a chargé de vous embrasser.
Ça va ? Oui. J'ai toujours détesté ce parfum.
Pouvons-nous
parler quelque part sans être dérangés ?
Je savais bien que Dieu gagnerait.
Asseyez-vous. Un thé, un café, un chocolat, vous ferez plaisir. Je prendrais un verre d'eau de source, mon ami.
Desmond a été appelé à Washington. Il a l'appui du président. Du président ? Oui, le président des États-Unis, Monchou. Mais où avez-vous la tête, Marie ? La campagne pour le siège de sénateur a merveilleusement commencé. Mais il ne faut pas s'endormir.
C'est bien. Fermez la porte.
Et c'est là que vous entrez en scène. Moi ? Oui, et votre conversion va servir d'Ezmond. Dans cinq jours exactement, vous serez devant les caméras de la chaîne New Faith TV. Vous serez la vedette de la soirée. Entourée de jeunes filles vêtues de blancs, vêtues de blancs vous-même, vous arrivez la fiancée du Cantique des Cantiques. Et là, vous confesserez votre découverte de la vraie foi, rendant enfin possible votre union avec Desmond. L'audience est déjà assurée et ne pourra qu'augmenter lorsque le public saura qu'il s'agit de rédemption. De rédemption ? Oui, rédemption.
Il n'y a rien de plus vendeur que la notion de rédemption. Et c'est pour vous expliquer tout ça que je suis venue.
Nous n'avons plus beaucoup de temps.
Il faut y aller, Marie. Non. Pardon ? Non, je ne viendrai pas, Madame. Ce n'est pas possible. Tout le monde se bat pour paraître à l'émission du Révérend le sage. Pas moi.
Marie, un jour, Desmond sera président. Je le sais. Vous n'avez pas envie d'être la first lady ? Come on, honey. Faites confiance. Vous avez l'air un peu perdus, mais je vous guiderai. Venez à l'émission et laissez-moi Je ne suis pas quelqu'un qui prend en main. Je ne suis pas quelqu'un qu'on prend en main.
Vous vous rendez compte de ce que vous faites à Desmond ?
Réfléchissez bien. Madame, j'ai vu tout à l'heure que vous regardez mes confitures et comme vous êtes une amie de Marie-Oui, très bien. Remettez-le au chauffeur.
Au revoir, Marie. Au revoir.
Desmond ? Qu'est-ce que tu osais dire à ma mère ? Elle traverse la moitié de la planète pour venir te chercher et tu l'insultes. Moi ? Il paraît que tu refuses de faire la mission de ne rêver en le sage. Au moment où je suis touchée par la grâce, elle me propose de passer au maquillage. Don't say L when you talk about my mother, OK ? Et tu m'avais dit: J'arrive. I was in Washington. I'm fighting to become a senator, OK ? For you, for me, for us.
Et toi, tu devrais comprendre que je suis pas faite pour être prise en main. Par qui que ce soit, ni par ta mère, ni par toi. J'ai rien à voir moi avec vos born again.
Écoute-moi bien, Marie. Si tu veux faire ta vie avec moi, respecte ma mère. Ah oui ? Et quand on vivra ensemble, on dormira dans sa chambre ?
Desmond. Desmond. C'est pas possible, ça peut pas finir comme ça.
Mon amour, gendarmerie de Valderon, adjudant chef Bonto. Mademoiselle de Valade ? Oui, c'est moi. Pourriez-vous passer à la gendarmerie dans les plus brèves des lèvres ? Euh... Oui, à quel sujet ? J'aurais quelques questions à vous poser. À moi ? Oui, et à vous, mademoiselle.
Écoutez, je passe demain. Je vous remercie. Au revoir.
Et ça s'est mal passé ? Très mal. Il m'a reproché d'avoir manqué de respect à sa mère. Je ne veux pas qu'elle me guide. Je ne veux pas qu'elle me prenne en main comme il dit. Regardez ce qu'il a trouvé, mon Abel. Un plein panier de champignons. Et puis, c'est pas tout, il a trouvé ça aussi.
Mais c'est moi.
D'où elle vient cette photo ? Ben, où tu as trouvé la photo ? À Z. Là-haut ? Oui. Dans le pré, à la pique de la Fagette ? C'est sous le perjuré, ça. C'est là où a eu lieu l'accident. Oui.
Bien sûr, vous les mettez sous-cellés avec les appareils photo. Oui, ça va de soi. Oui, bien sûr. D'accord. Alors, à plus tard. Quel est nul, ce Lebout. Bonjour. Bonjour. D'accord. Asseyez-vous. Merci d'avoir répondu si vite à ma convocation.
Connaissez-vous quelqu'un qui vous en veuille au point de vous faire surveiller, de vous faire suivre ? Euh, non, de me faire surveiller euh... Vous avez l'intention de séjourner longtemps dans les Cévennes ? Non, non, non, je dois aller à Strasbourg. Ah, Strasbourg. Tiens donc.
Et pourquoi ? Parce que monsieur Alphonse Mon père, photographe, était justement de Strasbourg lui aussi. Et tu sais, c'est parce que... Il est mort cette nuit, des suites de ses blessures. Vous le connaissiez bien ? Euh pas du tout. Parce que lui, vous le connaissez ?
Venez regarder.
Nous avons fait transférer le contenu de son appareil. Monsieur Metzer était photographe, mais il était aussi détective privé. Attendez, je comprends rien à tout ça. Je d'abord pensais qu'il faisait une fixation sur vous. Jusqu'à tout à l'heure, nous avons reçu le décryptage des messages de son portable et les relevés de son compte en banque. La personne qui le payait et la personne à qui il téléphonait est quelqu'un que vous connaissez. Mrs Eleanor Campbell, la milliardaire.
Vous êtes aussi liée avec son fils, je crois. Je pensais qu'il était de mon devoir de vous prévenir avant que vous ne partiez. Vous partez quand ?
Pardon ? Vous partez quand ? Je sais pas. Je peux emporter mes photos ? Non, désolée. Qu'est-ce que c'est que sa conviction ?
Merci.
Allô. Allô, Bébé. Alors, tu as retrouvé tes esprits ?
Écoute, maman est formidable. Elle te pardonne pour l'autre jour.
Reviens. S'il te plaît. Elle est prête à tout oublier. Moi aussi, je suis prête à oublier. Oublier quoi ? Toi, ta mère, l'Amérique, c'est fini. Fini, fini quoi ? Tout. Remercie ta mère de ma part.
Elle comprendra. Salut. Marie ? Bonjour, mademoiselle. Bonjour.
Un jour, j'en suis sûr, tu viendras dans les Cévennes. Là-bas, on a l'impression que le monde vient à peine d'être créé. Là-bas, c'est difficile de ne pas avoir la révélation. Et c'est difficile de ne pas croire.
Regarde ça. T'as vu l'heure ?
Voilà.
On commençait à s'inquiéter.
Ça va, Marie ?
Oui. Nous, on a rangé des photos. Attendez, attendez.
Vous connaissez cet homme ? Non. Regardez bien, c'est le frère Jean. Le moine qui vous a recueilli la nuit de l'orage. Le frère Jean. C'était un grand reporter, un photographe très brillant. Il vivait toujours entouré de jolies filles. Et puis un jour, on l'envoie en reportage en moto, c'est là.
Il a la révélation de Dieu ? Oui. Il a obéi. Il est allé vivre quatre années dans le désert, à Saint-Saba, et puis aujourd'hui, les moines dans les savaines.
On croit qu'on a tout prévu.
Et puis...
Je vais aller dormir.
Bonjour. Serait-il possible d'avoir un rendez-vous avec le pasteur Pujol ? Marie de Valheim.
Merci.
Pasteur. Vous voudriez devenir pasteur, mademoiselle ? Oui.
Votre frère m'a eu plutôt laissé entendre que... Que je n'avais pas la foi. C'était vrai. Quel dossier impressionnant, mademoiselle de Valheim. Strasbourg, Genève, Heidelberg.
Qu'est-ce qui vous a poussé à poursuivre ces longues études ? La grâce. Je le sais aujourd'hui.
La grâce nous prend toujours par surprise. Pour être Le pasteur, mademoiselle, l'enthousiasme, la foi même, ne sont pas toujours suffisants. Je ne vais pas vous décourager, mademoiselle, mais il faut que vous sachiez que ce que vous envisagez ne sera pas toujours facile. Vous ferez des centaines et des centaines de kilomètres dans la neige, sous le soleil, dans des routes vertigineuses. Vous aurez peur, parfois. Et puis, vous êtes une femme. Si la première femme pasteur a été consacrée en 1853 aux États-Unis, vous n'êtes pas sans savoir qu'en France... 1949, Elisabeth Smith. Le pays des droits de l'homme n'est pas toujours celui des droits de la femme.
Et ça risque de compliquer vos rapports avec les paroissiens.
Je vous souhaite beaucoup de courage, mademoiselle. Vous allez découvrir les devoirs de votre charge. Ils seront lourds. Mais, Erasm et moi, nous sommes sûrs que vous serez à la hauteur. Donc, à partir de maintenant, mademoiselle, nous vous considérons comme postulant. Et au bout de deux années probatoires, si Dieu et le conseil presbytéral le veulent, vous serez pasteur en titre.
Merci.
Je suis vraiment désolée. Oui, c'est ça. Je suis pasteur de Valdez-Rouge. Oui ? Et moi, c'est Benoît XVI. Je vous ai tout de suite reconnu, très Saint-Père. Vous vous foutez de moi, en plus ? Attendez, le fait que je reconnaisse mes torts ne vous permet pas d'être grossier. Je suis vraiment la future pasteur de Valdez-Rouge. Voyons, ça saute aux yeux. Attendez. J'ai l'impression que... Ce n'est pas vous qui étiez devant le temple, le jour de l'hommage à Johann Wirt ? Mon frère. Vous êtes Marie ? Oui. C'est vous, Marie ? Ah oui ? Euh, le Brice le Guiou. Le commandant ? Ouais. Ha ha ha. Brice le Guiou. Oui.
Bon bah, faut pas rester là, parce que on, on va provoquer un accident. D'accord. Et pour un pompier, ça fait des heures. Vous avez le temps de prendre un verre ? Oui, oui, oui, même deux. On se retrouve au brouillard ? Ok.
Bon, tout de suite ? Tout de suite. Désolé, hein.
Mademoiselle. Merci. Commandant. Merci. Ah, les olives. Pardon. Merci. À Yohann. À Yohann. Mais je vous connais bien, vous savez. Yohann disait: Quand j'entends Brice parler de Dieu, je crois en entendre ma sœur. Ma sœur ? Il vous l'a dit, à vous aussi.
J'ai lu son journal qu'il tenait depuis son arrivée ici. Il parle souvent de vous. De vous, de votre fils Pierre, Samir, que vous avez élevé avec lui, et aussi de... De la mort de ma femme ? Ouais. Yohann a été formidable au moment de l'accident de Nicole. Et puis quand je me suis retrouvé seul, au bord du gouffre, il était là. Et jamais, mais alors jamais, il a essayé de profiter de ma détresse pour me récupérer. Pas pour me ramener à Dieu, comme on dit. Ni lui, ni Michel, d'ailleurs. Michel, c'est le curé. Je sais. Vous savez tout.
Et qu'est-ce que vous savez encore ? Hein ? Que je suis breton ? Un boiton à thé ? Et vous ?
Vous, je sais que... Vous avez fait des études époustouflantes. Ça débouche sur quoi ? Un pasteur ? C'était pas une blague, non. Et depuis quand ? Je vais vous dire exactement. 1 h 56. Alors comme ça, vous... Vous allez devenir pasteur. Quel gâchis.
À la vôtre, révérend. Ah non, non, commandant, avant d'être révérend, je serai postulante pendant deux ans. Ah, pasteur.
Vous allez rebeuver Marie. Pourquoi ? Les paroissiens sont méchants ? Non, non, Mais... Vous êtes belles. Ribaud. Coquille débrouillée. Goupe. Hein ? Gourgomme. Vous ne perdez rien pour attendre. Le marquis, Johanna en parle dans son journal. Pourquoi il est comme ça ? On raconte qu'il s'est fiancé en août 39 et il est parti à la guerre. Il a suivi Leclerc dans le désert, il est revenu couvert de médailles. La jeune fille ne l'avait pas attendu. Le marquis ne sera pas votre paroissien.
Il fera partie de votre univers comme il fait partie du mien. Vous verrez, c'est... C'est beau la vie d'un village.
Vous pensez à quoi ? À la fille qui l'a pas attendu. Michel. Michel. Oh, Marie.
Votre prière a été entendue. Ma prière ? Valderon va avoir un pasteur. Oh, quelle bonne nouvelle. Et c'est qui ? Je le connais peut-être. Oui, vous la connaissez.
Vous ?
Seigneur.
Une femme qui n'est même pas d'ici. Mais elle est couverte de diplômes. Un bobinet, vous êtes. Et vous, vous êtes pénible, Emilienne, parfois. Quoi ? Est-ce que nous avons le choix ? Est-ce que quelqu'un s'a présenté ? Non. Et alors ? Remercions l'Éternel. Pasteur. La première prédication aura lieu dimanche. Sans moi. Eh oui. Pasteur. Tu te rends compte de ce que tu nous dis ? Vous êtes sûre ? Sûre.
Alors, vous allez rester avec nous ? Oui. Je m'installe au presbytère dans quelques jours. Mais avant, je veux dire à mon père à quel point cette décision me rend heureuse.
Papa ?
Papa ? Papa ?
Papa ? Papa ? Il Elisabeth.
Te voilà, chérie. Enfin.
Où t'es-tu, mon amour ?
Regarde qui est là. Elisabeth. Elle est enfin revenue.
Et cette fois, on ne la laissera pas partir.
Et la petite Marie, où est-elle ? Elle doit être grande maintenant. Depuis quand ? Je sais pas. Arrêtez de pleurer et répondez-moi, depuis quand il est dans cet état ? C'est difficile. Il y a des jours où ça va et
d'autres où il ne sait plus.
Je crois que c'est depuis que... Depuis que vous l'avez empêché de venir à l'enterrement de Yohann. Il n'était pas bien, je voulais le protéger.
Quand tu es passée, j'ai failli t'en parler. Et pourquoi vous l'avez pas fait ? Parce que t'as toujours été si méprisante. Tu m'as jamais aimé.
Et puis, je voulais pas t'attrister, C'est fini au moment où Desmond et toi... C'est fini.
Quoi ? Qu'est-ce qui est fini ? Desmond et moi, on a rompu, c'est fini. Non, tu nous a pas fait ça. Pardon ?
Ce qui m'a frappé la première fois que je suis entrée dans ce temple, c'est la puissance et la force de ce lieu qui, depuis des générations, a rassemblé votre communauté dans une même foi, centré autour de la Bible. C'est par ces paroles que votre pasteur, Johann Wirt, voulait débuter son sermon. Je les reprends aujourd'hui pour bien marquer la continuité pastorale que je souhaite entretenir. Car j'aspire, si vous m'en jugez digne, à être désormais votre nouveau pasteur et à continuer la mission que mon frère s'était Je l'ai fixé.
Il y a peu de temps, j'ai déclaré ici même que je n'avais pas la foi. J'imagine, enfin, je constate l'étonnement beaucoup d'entre vous. Croyez-moi, cet étonnement, je le partage. Comme l'apôtre Paul, j'ai quitté mes anciennes certitudes.
Elle est avec nous ?
On ne voit plus que vous au temple, madame Bourquin, vous vous convertissez. Mon Dieu, garde, j'ai manqué ma messe, mais je ne regrette pas. Regardez l'affaire Soncière. Tiens, elle me rend. À bientôt. Elle nous en fera voir, allez.
Vous nous avez rendu l'espoir. On est fiers de vous. J'ai eu un trac.
Merci. Ah, madame le pasteur. Je crois que ça s'est bien passé, mais j'ai pas trouvé les gens très chaleureux. Il paraît que certains sont même sortis du temple pendant que Marie parlait. Seulement quelques-uns. Il faut les comprendre. C'est la première fois qu'une femme devient pasteur dans notre vallée. Il y a déjà eu des femmes le pasteur à Saint-Jean-du-Gard, à mes US. Mais ils ne l'iront jamais. C'est une vraie révolution. Celui-ci, quand on touche à ces protestants. N'oubliez pas que Michel est un enfant du pays. C'est le cévenol qui parle. Le curé Camisard. Merci. Mais rendez-vous compte. C'est déjà une femme. Une femme qui a dit dans leur temple qu'elle n'avait pas la foi et qui revient quelques semaines plus tard en robe de pasteur. Non, il faut se mettre à leur place.
Vous aurez vite fait les apprivoises des maris. Je propose qu'on boive à Yohann. À Yohann. À Yohann. À Yohann. À Yohann. Et aussi à un absent que l'on ne peut pas oublier: l'enfant caché. Qui est l'enfant caché ? L'enfant Le péché, c'est l'enfant juif. C'est l'innocent pour chasser dans nos montagnes. C'est lui qui nous a réconciliés. Il faut savoir que depuis la guerre de Cévennes, les catholiques et les protestants ne se parlaient plus. Quand ces petits sont arrivés, il a bien fallu s'unir pour les protéger, les cacher, les aimer. Ils nous ont délivrés de nous-mêmes.
Et vous m'emmenez où ? Sur le tombeau de l'Écrivain.
Résister. Résister, le mot qui nous fait comprendre le secret des Cévennes. Marie Durand, protestante. 38 ans, prisonnière à la Tour de Constance. Vous savez toujours tout ? Non. Non, mais résister, oui.
Pourquoi êtes-vous resté ? Le granit. C'est vrai, je suis resté à cause du Je viens là, au milieu des forces telluriques, un peu comme chez moi, vers la pointe de Penland. Je me mets là, je ferme les yeux et je me dis: Quand tu vas rouvrir les yeux, tu verras l'océan.
Je l'entends, je le sens. Il est là. J'ouvre les yeux, il n'y a pas l'océan, mais je reste. Écoutez, on dirait des ruches. Non, ce ne sont pas des abeilles, ce sont longs Des moutons. Des moutons ? Où ça ? Je sais pas, peut-être très loin. Mais le vent nous les apporte. Peut-être les moutons de Ruben. Non, de ce côté, ce sont plutôt ceux de Samuel.
Ou alors, c'est un troupeau qui s'est perdu dans l'Ancien Testament, qui s'adresse directement à vous. Oui, pour me rappeler que je suis pasteur. Pasteur. Vous êtes sûre ? Oui. Je crois que vous aviez raison. Je vais en baver. Sérieusement, vous croyez que vous allez tenir ?
À résister au moins. La vieille de la ferme, Augustine ? Vous êtes prêts ? Je vais où c'est. Je suis là dans quelques minutes. Un feu dans une grange pas loin d'ici. Il faut que je vous laisse. Attendez, j'ai laissé la voiture au château. Allez, vite, vite.
Allez.
On va brancher l'objet du dehors. Ça va bien.
On va brancher l'objet du dehors. Ça va bien.
Mettez ça. Étoignez l'alimentation.
Il y a pas assez de pression sur la détache. La roue. Il y a les blessés ? Oui, la roue. Mevez un peu d'eau, ma main. Ça va vous faire du bien.
Bonjour mesdames. Bonjour.
Salut, le noir. Ça va ? Notre médecin, le meilleur de mes hommes. C'est ce petit con qui a foutu le feu. Il est allé fumer une cigarette dans la grange. Je te présente Marie De Valheim. C'est vous le pasteur ? Vous tombez du ciel ? Bonjour. Bonjour. On a besoin de réconforter. Pourquoi ? Bon, allez, on va aller nettoyer tout ça. Tu recommences pas. Bonjour, je suis le nouveau pasteur. C'est une demoiselle ? Salut, Fleur. Je vous demande qu'il y a des gamins pour foutre le feu, sinon, ça ne se verra jamais. Tout va bien, les gars. On ramasse et on rentre. On ne m'a pas téléphoné. Plus de peur que de mal. On peut s'en aller. Non, attends, il faut que je te parle. Oui. Tout à l'heure. Je reviens.
Dieu fait habiter en famille ceux qui était seul. Il fait sortir ce qui était enchaîné pour qu'ils jouissent de l'abondance. Mais les rebelles demeurent dans une terre aride. Le Seigneur donna la parole: Grande fut la foule des femmes qui répandirent la bonne nouvelle. Je le sais que les temps sont proches où je vais rejoindre notre Seigneur. Non, Mama, ne dites pas ça. Tu voudrais que je pleure ? Alors que je vais bientôt voir Jacob, Abraham et tous les prophètes ? Je suis rassasiée Qui est damné. Je ne suis pas impatiente de mourir, mais je suis curieuse. Il n'y a plus de danger. On pourrait dormir tranquille. Jacob ne recommencera pas.
Je vois que vous avez pu rassurer la vieille dame. Non, c'est elle qui m'a rassuré. Sa foi est plus grande que la mienne. Madame le Pastère. Bonjour. Vous vous connaissez ? Oui. Vous voulez me parler ? Ça ne te prése pas ? Tu passeras me voir un de ses jours à la gendarmerie. D'accord.
Je vous enlève ? Vous n'avez pas votre jolie voiture ? On l'a laissée au château. Il faut y aller. À plus tard. Les gars, on n'est pas sortis. Vous apparemchez... Au fait, merci d'être venu au temple. Il n'y a pas besoin d'aller à l'Espéries, l'office est dans une demi-heure. À l'Espéries ? Oui. C'est pas la porte à couper ?
Ils font un beau couple, hein ?
Il paraît que vous avez demandé au commandant Driss, si on couchait ensemble. Brice, moi, j'irais au feu pour lui, mais... Non, non, voyez-vous, je fais plutôt les filles.
Ça va ? Oui, c'est sérieux à ce point-là ?
C'est bien. C'est bien. Tout ça. On travaille pas. On vient voir ça, est-ce que le code est rosé ? Non, non, non. Et tu ? Il est bien bien bien. Je l'ai bien ouverte. Je crois que c'est des fois... Un soigne, oui. Bonsoir. C'est ici pour le culte ? Oui. On attend le pasteur. C'est moi le pasteur. C'est vous la remplaçante ? Elle est en train de Il y a une femme qui vient d'un vrai pasteur, un homme. Ils vont arriver à quelle heure, les gens ? À quelle heure, les gens ? Il n'y aura personne. Il n'y a que nous. Alors, on peut commencer.
Vous verrez, ils finiront par vous accepter.
Au début, pour votre frère, ça n'a pas été facile non plus. Et pourtant, c'était un homme, ça ne dérangeait pas leurs idées. Vous ne mangez rien, Marie. Il faut prendre des forces. Demain, à l'école biblique, il faudra être en forme.
Ils ne me confieront pas leurs enfants. En Paris.
C'est toi Jojo, le fils de Daniel ? Sois le bienvenu. Tu es le premier, on va attendre tes camarades.
David, tu es tout seul ? Oui. Ils sont où les autres ? Ils sont partis ramasser des châtaignes chez madame Vigneul. D'accord. Ce n'est pas grave. Vous êtes là tous les deux ? Oui. Mettez-vous premièrement.
Alors Jo, dis-moi, qu'est-ce que tu connais de la Bible ? Rien. Rien ? Je vais avoir plein de choses à te raconter.
Marie.
Ça va ? C'est dur. Oui, ici l'hiver, c'est vraiment l'hiver. Non, ce n'est pas ça, Michel. Les gens sont durs. Vous êtes en train de les gagner un par un, jour après jour. Ceux que vous allez gagner, ils ne vous trahiront jamais. Et dites, si on organisait des réunions entre protestants et catholiques ? Oui, pourquoi pas ? Écoutez, on va faire ça tranquillement. Pas d'impatience, Marie. On se voit après-demain ? Pourquoi ? Je viens de le recevoir. Oui.
Mesdames, messieurs, chers amis. Une fois encore, le devoir de mémoire nous réunit pour témoigner de notre reconnaissance aux combattants de la Grande Guerre. Auparavant, je veux vous saluer tous et vous remercier pour la réponse que votre présence apporte à l'invitation du conseil municipal. La France ? En effet. La France ? Comment osez-vous prononcer ce nom ? Malheureux qui avez perdu jusqu'à la mémoire de vous-même. Rase de vipères. Sous le traîne de Satan.
Le jugement est proche. Le châtiment se prépare. Le feu du ciel tombera. S'il vous plaît, l'ordre public, monsieur, je vous demanderai de circuler.
La grande prostituée, elle est montée de l'abîme avec ses démons et ses hyènes pour répandre l'injustice. Dans quelle misère est ton église ? Pauvre franc.
Monsieur, monsieur. Attendez, ne faites pas ça. Aujourd'hui, cet homme est un héros. Regardez sa poitrine. Il faut l'aider, pas le punir. L'aider ? Vous avez une idée, vous ? Peut-être dire pour lui une messe en latin.
Qui m'a proposé une messe en latin ? Moi, monsieur. Heureux de voir qu'il y a encore des jeunes femmes qui sont restées fervents de catholique.
Qui êtes-vous, bel enfant ? Votre nouveau pasteur. Agaille Clémentine, une chaise.
Le Marquis. Respirez.
Monsieur Damien.
Monsieur Bien. Et qui c'est encore mon nom ? Mais c'est moi. C'est Sarah. Vous me reconnaissez ? La petite Sarah qui gardait les chèvres de votre bonne maman.
Tu avais de longues nattes. Oui, que vous tiriez. Oui. Allez, prenez ma main. Je vais vous reconduire jusqu'à votre maison. Non, non, non, non, je préfère rester ici avec vous tous.
Après cette intervention inutile de notre cher concitoyen, notre ami, le capitaine Damien Escandieu de la Fage. Une vraie dompteuse. Elle a réussi, là, on a tous échoué. Elle l'a apprivoisé, ce pauvre marquis qui nous faisait peine.
Ça ne vous gêne pas qu'elle se mêle de tout, ou même des messes des autres ? Elle se mêle de tout, peut-être, mais son geste était très écuménique, très ouvert, très citoyen. Parce que maintenant, c'est le pasteur qui donne les ordres au curé. Votre curé ne peut rien lui refuser à notre pasteur.
C'est en short. Je ne l'avais pas prévu. Expliquez un peu tout ça. Non, on devrait le faire après demain. C'est elle la nouvelle institutrice ? Oui, elle s'appelle Dalila. Oui, c'est une grande victoire pour vivre le communisme. Un gros problème pour moi, une messe en latin. Je me suis permise parce que dans les carnets d'Ioan, j'ai trouvé des passages sur le Marais. Nous apprendrons bien tout ça. Oui, C'est encore tout. Je vous l'avais dit que c'était beau, la vie d'un village. Regardez comme il est heureux. Le capitaine, l'escan en dieu de la Fage. Elle est finie, la solitude. Ce sont vos garçons près de lui ? Oui.
Le blond là en bleu, c'est Pierre, et derrière, le brun en bleu, c'est Samia. C'est lui dont les parents ont été... Tués en service commandé, oui. C'est la formule. Le papa et la maman étaient pompiers tous les deux.
Dites-moi, je... Vous seriez libre pour déjeuner ? Maintenant ? Oui. Je vais vous inviter à la maison. Comme ça, vous vous ferez la connaissance des garçons et de ma cuisine. Avec plaisir.
À tout de suite. À tout de suite. Je vais t'en préparer, j'arrive.
Une messe en latin ? À Valderon ? Qui a eu cette idée ? Le pasteur, Monseigneur. Un calviniste ? Oui, Monseigneur. Forte personnalité. Oui, Monseigneur. C'est bien comme monsieur le pasteur. Oui, c'est comme curé, mais en femme, non ? Pas tout à fait. David, il adore l'école biblique. Nous aussi, on aimerait bien y aller, mais... Il n'y a aucune raison pour que vous y alliez. Vous n'êtes ni protestant ni l'un ni l'autre. Toi, tu es musulman et toi, t'es rien. C'est quoi rien ? Rien, c'est ce que j'étais avant d'être pasteur. Et maintenant ?
Maintenant, Marie, t'es une religieuse ? Si, c'est une sorte de bonne sœur au service du protestantisme. Elle n'a pas le droit de se marier. Et quoi ? Je n'ai pas le droit de me marier ? Non, c'est vrai que l'Église réformée a été un peu dure avec les femmes au début. Mais depuis le synode 1968, l'obligation de célibat a été abolie. Ah bon ? Alors, tu as le droit de te marier ? Et tu as le droit de faire des enfants aussi ? C'est Le Noir, il vient nous chercher. Il vient nous chercher. Le Noir aussi, il est mort. Allez, viens-toi. On verra, on verra.
Allez, soyez sage.
Qu'est-ce qu'ils vous ont dit à l'oreille ? Enfin, si c'est pas indiscret. Ils insistaient pour venir à l'école publique. Et vous avez dit non ? À ton avis ?
Si un jour l'idée vous venait de me les envoyer, je les accueillerais avec plaisir.
Non, mais je... Jamais je me permettrais de les évangéliser sans votre accord. Jamais ? Jamais. C'est un serment.
Allô ?
Oui. Je fais au plus vite. D'accord. C'est la vieille Augustine, elle m'a réclamé. Je ne voudrais pas arriver en retard. Je t'accompagne. Non, ce n'est pas la peine. Vous êtes de garde. Non, pardon. Oui.
Un accident ? Où ça ?
Pondéro ? Ok, j'arrive. Bon, bah, j'y vais aussi. Au fond, il n'y a pas le même métier.
Augustine est partie rejoindre Jacob, Abraham et les prophètes. Elle était heureuse.
Nous l'avons conduit dans ce jardin près du ciel où, depuis la révocation, se sont endormis tous les siens. D'autres enfants ont suivi David et Jojo à l'école biblique. Je n'ai pas revu Brice. Il est parti en mission à Marseille jusqu'à jeudi. Jeudi, c'est le jour de mon premier baptême. Une nouvelle vie va commencer. Je le sens.
Bonjour les enfants. Bonjour Marie. Vous avez passé une bonne journée ? Oui.
Bien.
On va commencer par survoler les trois religions du livre, de la première révélée à la dernière. Mais vous êtes là tous les deux ? Oui. Ça me fait très plaisir.
Alors, la première religion ? Chris m'a envoyé ses enfants. Ça me rend heureuse.
Il rentre demain de Marseille. J'ai hâte de le revoir.
Tu veux dans la star de l'État ? Oui. On nous en a fait des photos.
Ce que j'ai trouvé dans ma lettre ce matin, vous allez pas le croire. Mais non. C'est la contente. C'est ce qu'on a.
Vous êtes le premier pour le baptême.
Ils ne viendront pas. Ils ne viendront pas ? Il est arrivé quelque chose ? Mais Ruben, qu'est-ce qui s'est passé ? Vous ne savez rien ? Non.
Je comprends. Vous aviez préparé la communion.
On ne boude pas le festin du Seigneur.
Ça va Pauline ? On fait aller. Vous dites, je vous ai entendu. C'est ce que vous avez dit à la radio, à Marseille. Vous vous en parlez bien, de la lutte contre les incendies à Valdez-Roo. On était fiers. Merci Pauline. Je voulais vous dire aussi. C'est bien que vous étiez à l'école biblique maintenant. Pardon ? Ils étaient contents. C'est dur de lui résister à Marie. Elle le convertirait le diable. Attendez, vous êtes sûr que Samir et Pierre sont allés à l'école biblique ? C'est mon Jojo qui me l'a dit. Vous savez, moi, je lui disais toujours à mon pauvre Daniel: Tu ne crois pas en Dieu. D'accord. Mais c'est important que tu saches qui il est. J'arrive à madame le comte du Zorg.
À plus tard, Commandant. À plus tard, Pauline. La coupe de bénédiction pour laquelle nous rendons grâce et communion au sein de notre Seigneur Jésus-Christ. Le sang de la nouvelle alliance qui a été répandue pour nous.
La cerf dans le village. Deux prétentions. C'est pas loin. Avec ces pneus crevés. Je suis trop contente. Je n'avais pas vu.
Boris. Tu n'as pas honte ? Tu es fière de toi ? Qu'est-ce qu'il y a ? Qu'est-ce qu'il y a ? J'avais ta parole. C'était un serment. Tu parles d'un serment et je ne comprends pas. Je ne sais pas, je croyais. J'avais confiance en toi. Comme en Yohann. Mais Yohann, lui, il était honnête.
Jamais il aurait osé se comporter comme tu l'as fait. Tu sais que les quatre pneus de la voiture du pasteur ont été crevés ? Pas possible. Ça, c'est à cause du journal. Laissez le beau, je m'occupe du commandant. Entre. Qu'est-ce que c'est que cette histoire de journal ? Assieds-toi. Et toutes mes félicitations pour le... C'est quoi ce journal ? C'est bien ce que je craignais. Enfin, c'est pire. Quoi ? Quelque chose qui méritait qu'on lui crève le pneu ? Je l'ignorais, mais ça me surprend pas. Je te préviens, tu vas avoir un choc. Pages 7 et 8.
Paste terre au putain ? Qu'est-ce que tu es venue faire ici ? Tu le demandes ? Je suis venue pour toi, Brice. Évidemment. Oui. Évidemment. Abris a vu ça ? Brice ? Vous savez ce qu'il m'a dit ? Vous n'avez pas honte, vous m'avez trahi. Qu'est-ce que tu vas faire ? Je sais pas. Je dois réfléchir. Il reste deux jours avant ma prédication de dimanche.
Qui, je pense, sera la dernière. Ne dites pas de bêtises. Viens, on va la laisser travailler. À vrai dire, elles sont formidables, ces photos.
Tenez bon.
Vous avez de la visite.
C'est la première fois que je reviens ici depuis que...
Depuis que Yohann... Vous voulez vous asseoir ?
Je viens seulement d'apprendre et de vous voir. Je suis révolté. Je voulais vous le dire. Je ne peux plus être leur pasteur, Michel.
Je ferai ma dernière prédication dimanche et... Je vais retirer. On ne te laissera pas partir.
Tu sais, moi aussi, j'ai des moments de détresse, mais je reste. Tu es certainement plus courageux que moi.
Il y a autre chose qu'il faut que je te dise, j'ai vu Brice. Je veux pas qu'on parle de Brice, là. Non, c'est juste pour t'expliquer. Je t'en prie, il n'est question que de mon ministère et de mes paroissiens. On parle de ma vocation là, c'est tout.
Je suis désolée. Excuse-moi.
Merci.
Le vieux pasteur vient reprendre les choses en main. Alors, tu viens pas au temple ? Tu veux que je te dise ce que je pense de tout ça ? Non. C'est pas bien ce que tu fais. Bon, allez. J'emmène les enfants avec moi. Non. Non, non. Quoi ? Ils restent ici, ils sont punis. Je sais. J'arrive pas à comprendre. Bon, j'y vais. Au revoir. Salut. Au revoir.
Je suis venu soutenir votre pasteur. Si elle vient.
Elle est bien. Elle est très bien.
Elle lui viendra pas. Elle a honte.
La voilà, elle est là.
Voir son église pleine est une joie profonde pour un pasteur.
Et de savoir que cette église n'est pleine que de curieux venus pour assister à un règlement de compte me remplit de tristesse. Trop d'entre vous sont venus ici pour de mauvaises raisons. En voici une. Si certains d'entre vous n'ont pas eu la chance de feuilleter cet ouvrage, j'en ai déposé une pile à la sacristie. Elle est à votre disposition.
Je suis en période probatoire. Je dois donc prouver que je suis faite pour remplir ce ministère. Et évidemment, ce genre de publicité risque de prouver le contraire.
Alors, qu'allez-vous faire de moi ? Me lapider comme on faisait dans l'Ancien Testament ? Me brûler comme on brûlait les sorcières ?
Non, vous allez faire pire. Vous allez me demander de partir. Je ne vous demande pas pardon. Je ne plaiderai pas coupable. Je veux juste que me connaissiez. Je suis une fille d'aujourd'hui, qui a été une petite fille très croyante, entre un père et une mère qui s'aimait.
La mort de ma mère m'a fait perdre la foi.
La mort de mon frère me l'a faite retrouver ici même. Le dernier acte public que j'ai accompli dans l'exercice de mon proposana a été l'ensevelissement d'Augustine Fesquet. Sa foi, sa joie de partir retrouver le père des esprits m'ont aidé à traverser les preuves que m'a infligées la vue de ces photos. J'aurais voulu entendre l'harmonium pour accompagner le cantique. C'est un rempart que notre Dieu, si l'on nous fait injure.
Mais aujourd'hui, pas d'harmonium.
C'est avant l'enfer que notre Dieu, si dont nous fait injurer. Si dont nous fait injurer. Mon foi, qui soit, nous nous Leur Dieu, le bon des dames mûres. Laisse le vin, relou, relou le bon. Laisse le bon de l'Ere, le bon des dames me celle-là.
Mais viens. Mais non, on est déjà à passer par là. Mais je ne sais plus, on est perdus. Mon commandant sera fâché, il va me chasser. Mais viens, ne pense pas ça. Attends-moi.
Le plus drôle, c'était à la sortie, quand madame Vignol a dit au pasteur Pujol: Vous n'allez pas la garder. Et comme elle avait l'air si furieuse, le vieux pasteur lui a demandé si elle croyait en Dieu. J'aurais aimé Je ne suis jamais là où il faut, moi. Quel succès, Marine. Il oublie de vous dire que c'est grâce à son succès à lui, s'il reste. Non, non, non, non, non. J'ai fait 11 fausses notes, j'étais terrifié. Je n'ai pas touché un orque depuis plus de 20 ans. Mais j'ai beaucoup aimé jouer dans le temple. Ne croyez pas pour autant que vous m'avez converti, qu'il n'y ait pas de malentendu. Je reste païen. Je m'en souviendrai. Désolé de débarquer comme ça sans prévenir. Vous n'avez pas vu les enfants ? Non, pourquoi ? Ils ont disparu. Oui, c'est ma faute.
Je les avais punis parce que... Parce qu'ils sont venus à l'école biblique. Oui. Ils se sont sauvés sûrement pour venir ici. Mais là, je ne peux pas aller à leur recherche. Je viens de recevoir un appel de Nîmes et toutes les unités sont mobilisées à cause d'un incendie près de la tour Magne. Ne t'inquiète pas, on va les retrouver. Brice, on vous tient au courant. Je compte sur vous. Merci. Oui. Je viens d'y arriver.
Yann, Nico. Yann, l'hélicoptère. Vite. Viens. Merci.
Hé oh.
Hé oh. Hé oh. Hé oh. Hé oh. Hé oh. Hé oh. Hé oh. Alors moi, je vais monter, je vais rejoindre la route de l'Esperou. Il ne faut pas monter. Ok, oui. On passe derrière. On ouvre la carte. Non, Marguerite, restez à la maison, si Je vais voir avec quelqu'un de téléphoner. Allez, on y va.
Regardez qui nous arrive.
Alors ? Pardon, Marie, pardon. Alors, qu'est-ce qui s'est passé ?
Allô, Pris ? C'est bon, ils sont là. Oui, tout va bien. C'est Abel qui les a retrouvés. Tout va bien, très bien. Et alors ? Ils étaient où ces petits tours ?
À eux. Là-haut ? À tout de suite.
C'est mon Abel qui les a trouvés là-haut, en rentrant les bêtes. En rentrant les bêtes ? Mais il fait beau. Oui, mais mon Abel, il a sa météo à lui.
C'est pour chacune fois, on C'est un bon jouet, mais dis donc. Allez, pour secours. T'as pas le droit de sortir là. C'est pas la... Non, non, non. En fait, je change, j'ai un... D'accord. Bon. Tiens, on va chercher un point. Tiens, tu prends la pompe de bop. Oui, allô ? Monsieur Dumont ? Oui, c'est la gendarmerie Flore Bonto à l'appareil. J'ai un gros problème. Un bûcheron a fait une Il a eu une chute dans les hapiques de Bonperrier. Il a probablement une jambe cassée.
Il faudrait l'évacuer par la voie désert, mais l'hélicoptère de la protection civile n'est pas disponible. Oui, oui, je sais où c'est, mais je ne pourrais pas me poser là. Il faudrait pouvoir larguer quelqu'un. Un médecin, bien sûr. Le docteur Lenoir est près de moi, je vous l'envoie. Parfait, à tout à l'heure, chef.
Le docteur est là. J'y vais.
Robert. Faites très attention. À tout de suite.
Donnez le sac.
Prêt ? Mi. Chaud là. Regarde.
Non.
Non. Non.
Non.
On arrête ? Non, pas du tout, on continue, c'est un choix à curé qui meurt d'envie de jouer avec nous. Moi, je ne Si, si, vous allez voir. Allez, on y va. Il a sorti, t'as vu ? Je crois que je jouais encore plus mal que vous. Non, non, c'est pas possible. Non. Mets le cœur, mets le cœur. Oui. Merci.
Oui.
Bien, merci. Merci Oui. Voilà, c'est la gendarmerie. Bob a repéré le blessé. Il va faire descendre le docteur Lenoir et il rentre. Allez, on continue. J'aimerais bien voler avec lui. Moi aussi. Eh bien, mes enfants, c'est pas compliqué. Il va être là dans quelques instants.
Oui, ça y est, le docteur est auprès du blessé. Objectif atteint. Mission réussie.
Vous m'entendez ? Oui. Tout s'est bien passé. Je rentre. À tout de suite.
Ferme la fenêtre. Attention, tableau.
Autorité, elles sont fermées. Allez chercher de bouger. Non, les enfants, les enfants.
Non, non.
Reste ici. Montre-moi. Téléphone. Téléphone.
Comme il est beau. Je voudrais... Je voudrais vous demander une grâce à tous les deux. Vous savez que Bob n'était pas croyant, mais... Vous qui êtes ses amis, vous pourriez peut-être, je ne sais pas, dire ou faire. Non. Je peux vous assurer que Bob est déjà au cœur de nos prières, mais ni moi ni Marie ne tenteront de le récupérer.
Oui. Merci.
Notre devoir est de sauver nos semblables. Quand l'un des nôtres succombe au cours d'une mission, sur sa tombe, comme sur celle du soldat mort au champ d'honneur, nous écrivons: Tu es en service commandé, pour célébrer la mémoire de celui qui a obéi à un ordre. Mais toi, Bob, tu n'as reçu d'ordre que de ton cœur. C'est encore plus beau. C'est beau comme la musique qui a accompagné toute ta vie.
Robert Olivier Dumont, nous te rendons les honneurs que tu mérites.
Nous sommes fiers d'avoir été tes amis.
Et nous sommes fiers d'être ceux de Melchior. Toujours, qui restent seuls.
Nous serons toujours là.
Adieu.
J'ai été très aimée par les paroles que tu as dites dans la mémoire de Bob.
Moi, si tu savais à quel point je regrette les paroles que je te dites sur le pont. Tu le méritais pas. Pardon.
On va y aller, non ? On va les laisser.
Allez, viens curer. On va
vous laisser seuls. Si les petits veulent rester avec moi. Bien sûr.
Tes garçons, la façon dont ils ont pris la main de Bill Keur. Ouais. Ils savent déjà ce que c'est que le malheur.
Ça va, ça s'est bien passé. En tout cas, merci pour votre accueil. Oui. On devrait se réunir plus souvent, d'être catholique et protestant. C'est vrai, ça prend des choses à tout le monde. On vous aurait écouté tout cela, oui, madame le pasteur. Merci. Vous ne voulez vraiment pas dîner avec nous ? Non, non pas ce soir, j'ai la route. Une prochaine fois promis. Amitié, Michel. À bientôt. Au revoir, dieu. J'oublie. Je dirais la confiture de vieux garçons pour l'abbé Péridier. Où je les mets ? Dans votre sacoche, mon père.
C'est quoi la confiture de vieux garçons ? Ce sont des fruits confits dans
Je vais voir dans l'autre vie. D'accord. Bon, je vais à la porte. À bientôt. Au revoir. Au revoir.
Michel ? Michel ? Michel ? Michel ? Michel ? C'est moi. Tu m'ouvres ? J'ai un cadeau pour toi. Entre, c'est ouvert.
Pour la première fois que tu viens chez moi, j'aurais pu faire un brin de toilette. Qu'est-ce qui t'arrive ? Un malheur ? C'est plutôt un bonheur qu'il y ait arrivé un ami.
Tiens, lis.
Michel, mon ami, je quitte l'église.
J'ai rencontré une jeune femme. Je l'aime, elle-même. Tu es le premier à qui je me confie parce que tu es mon meilleur ami.
J'ai lu cette lettre et tout s'est écroulé. Je me suis jeté sur la mode.
Non, pardon, assieds-toi, je t'en prie.
Rémi, c'est ton ami depuis le petit séminaire ?
Celui à qui vous vouliez tous ressembler.
Lumineux. Exemplaire. Ouais, droit. C'est vert, même. Sans lui, je me demande si j'aurais été prêtre.
Quand j'avais des instants de doute, c'est vers lui que je me tournais.
Voilà, maintenant, je suis perdu.
Je ne sais plus.
Tu vois, Marie, tu as marité droit à l'amour, au mariage, aux enfants. Peut-être qu'un jour, l'Église acceptera le mariage des prêtres. Oui, bien sûr, certainement. Dans mille ans. Tu me feras quel âge ?
Pardon. Tu avais un cadeau pour moi ?
De la part du curé de Véron.
De la convitio de vieux garçons. Tout est dit. C'était magnifique là où à Véron. Je ne connaissais personne. Et à part le curé, impossible de savoir qui était protestant et qui était catholique. Il y a même un berger qui m'a raconté: Quand on était petit, on se lançait des pierres et ce soir, on se parle. Oui. Il n'y a pas si longtemps que ça, les enfants de l'école libre lançaient des pierres à ceux de la laïgue en criant: protestant, oreille collée, gorge noire. Ceux de la laïgue lançaient des pierres, c'est de l'école libre. Un criant catholique, cul blanc, fils du peuple.
Qu'est-ce que tu as ? J'ai faim. C'est une bonne maladie. Je vais voir ce que j'ai.
Michel, je sais pas si c'est le bon moment. J'ai quelque chose à te demander.
Ah bon ?
Boris et moi, on aimerait que tu sois témoin à notre mariage. À la mairie, bien sûr.
Oui, bien sûr, oui, avec joie.
Si je suis encore là. Pourquoi ? Tu veux partir ?
Tu vas pas m'abandonner ? Regarde. Une daube qui est déjà recueue trois fois.
J'ai honte de t'avoir fait voir ma faiblesse, ma fragilité. Une brebis du troupeau de mon maître s'est égarée tout en portant sa marque. Je la cherche. D'autant plus que nous portons la même marque. Saint Augustin, discours aux fidèles de l'Église de Césarée.
Nous avons le même patron, Michel. Oui, et il n'est pas toujours facile. Non Je vais rester, Marie.
Le curé et le pasteur sont ensemble.
Merci.
Bonne nuit, Gorgenoire. Bonne nuit, fils du pape.
Super.
La vache.
On la mettra là, il y a le cercle. Et ouais, et le poster. Je sais pas encore, je sais pas. Ça te plaît ? C'est magnifique. Attends un petit peu là. Je pensais pas que ça serait aussi lumineux. C'était un grenier avant. Oui. Un peu de peinture, ça change tout. Bon, ça, c'est votre future chambre. Donc, soit on fait une chambre pour les deux, soit une chambre chacun. Euh, oui. Une chambre chacun. Oui, une chambre chacun. C'est mieux. Voilà, j'ai un peu de boulot là. Encore un petit mur, une petite cloison. Entrez les deux. Bon, vous allez goûter ? Merci.
En fait, tu m'as pas dit pour Michel. On l'aura comme témoin ou... Non, mais c'était compliqué de lui parler, il a pas le moral. Ah bon, pourquoi ? Juste son meilleur ami se marie. Oui, et alors ? On est aussi en se marie. Ça n'a pas l'air de le démoraliser. Non, mais son meilleur ami est curé.
Il a eu quelle idée d'être curé aussi. On me révérend.
Le pasteur Marie de Valheim est une femme qui ne peut espérer passer inaperçu qu'à l'ombre d'une burqa. Je n'ai aucun soupçon. Michel, je vous connais et je respecte mademoiselle de Valheim, mais je n'aime pas les lettres anonymes. Je ne crois pas un mot de ces ragots, mais celle que notre Seigneur a choisie comme servante est une bombe, Michel, et je ne veux pas que l'Église vous perde. Il faut qu'elle parte.
Dans trois semaines, Marie épouse Brice le Guillou. Marie a trouvé la foi à Valderon. Elle a conquis une population méfiante, difficile.
Qui a dit déjà: C'est un don fatal que la beauté ? Alfred de Musset, Monseigneur. Mais c'est aussi un don de Dieu. Vous ne pouvez pas rester tous les deux à Valderon.
Alors c'est moi qui partirai. Vous avez une idée ?
Valderon est jumelé depuis quelques années avec un village d'Afrique. Si vous le décidez, je peux partir.
Je vous remercie.
Bien, Monseigneur.
Bonjour. Bonjour. Bonjour, Melchor. Bonjour, Marie. Bonjour Marie. Bonjour. Je me suis venu avec les enfants. Vous m'attendez tout à l'heure ? Oui. Bonjour. Qu'est-ce qu'il y a Clémentine ? Le curé Michel, il s'en va. Il s'en va ? Mais où ? Quand ? Maintenant, il a dit qu'il partait en Afrique. En Afrique ? Oui, mais peut-être que vous pouvez le rattraper, j'en sais rien. Tiens. Fais-le chanter Clémentine. Chantez pas. Que Dieu se montre seulement. D'accord. Michel.
Michel.
Tu pars ? Oui. Je pars en Afrique. On a besoin de moi là-bas. C'est la vraie raison de ton départ ? Tu m'en mâles.
Mon évêque a reçu une lettre anonyme nous compromettant tous les deux. Et tu partais sans me prévenir ? On m'a demandé de ne pas prendre congé de toi. Alors j'ai pris congé de... De Brice. C'est pas la même chose, non ?
Et je serai de cœur avec vous le jour du mariage.
Alors, adieu.
Adieu, Hugo, Gordesmoire. Adieu, fils du pape.
Chères sœurs, chers frères, je vous demande pardon pour ce retard. Veuillez vous asseoir.
Je viens de saluer le départ d'un ami de notre temple, l'abbé Michel Péridier, curé de Valderon, qui nous quitte pour partir au cœur de l'Afrique, et ce, pour adoucir les souffrances des victimes de guerre. Je vous invite, en son honneur, à méditer les paroles de saint Augustin sur notre héritage commun. Notre héritage s'appelle la paix. Gardons tous ensemble ce bien indivisible, car selon la promesse, il ne rétrécie pas au nombre des possesseurs.
Quelques nombreux qui le qui viennent. Qu'ils viennent donc, qu'ils accourdent toute la terre et qu'ils possèdent la paix.
Je vous invite à vous lever et chanter le psaume 601.
Trouver dans ma vie ta présence.
Où est dans ma vie ta présence. Unir une lampe allumée. Choisir avec toi la confiance. Aimer, c'est savoir aimer. Penser ton regard dans le doute. Brûler un écho de la foi. Rester pour le point de la route, savoir reconnaître ton pas. Ouvrir dans ma vie la présence, brûler une lampe allumée,
Choisis avec toi la confiance, réveille ce savoir rêver.