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videoyoutube.com· 9 juillet 2026

Sabrina Agresti-Roubache : "En France, on est en sécurité"

Transcription automatique. À recouper avec la source d'origine.

Votre invitée, c'est Sabrina Agresti-Robache, bonsoir. Bonsoir. Secrétaire d'État chargée de la ville et donc de la citoyenneté.

Depuis quelques minutes, votre périmètre s'élargit, c'est très important, c'est au cœur des problématiques que nous allons évoquer. Ce soir, on est face à l'horreur la plus pure, la barbarie. La barbarie la plus sauvage, la plus animale.

Là, j'entends parler de guerre, ce n'est pas une guerre, c'est du terrorisme. On a atteint tel degré, j'en perds les mots, j'ai vu...

Oui, vous êtes émue, je vois. Oui, oui, moi, très émue. Et puis, je me rends compte de ce qui vient de se passer.

On est tous des mères, des pères, on a tous des amis. Moi, j'ai des amis qui vont de la famille en Israël. Comment est-ce que ça peut arriver ?

En fait, la question, c'est ça. Et après, la position de la France, et le président de la République a eu raison. Israël a le droit de se défendre.

Et ce matin, j'étais justement à Sarcelles et j'ai fait un saut à la synagogue. Je suis allée voir le grand rabbin et le président du consistoire pour leur donner. Et leur apporter tout mon soutien.

Et je vous raconte une anecdote parce que ça nous a marquées, ça m'a marquées. Venez d'arriver des gens qui arrivaient de Tunisie, qui s'étaient réfugiés à la synagogue. Et ils arrivaient, en fait, leur vie était en Israël, d'Ashkelon.

Ils n'ont pas pu rentrer chez eux. Et donc, ils sont venus se réfugier en France. Et donc, moi, ma réaction, c'est de leur dire, vous vous sentez en sécurité ?

Et ils me disent, ben oui, nous, on veut rester là parce que déjà, on ne peut plus rentrer chez nous. Mais l'horreur absolue est la condamnation la plus violente. Allez, on va utiliser le mot qu'on puisse contre le Hamas, qui est quand même une organisation terroriste.

Enfin, regardons ce qu'il se passe. Et c'est...

On connaît la situation sur le conflit israélo-palestinien. Mais il n'y a pas de 8 mai, là. Là, il n'y a pas de 8 mai.

Ce qui se passe, c'est gravissime et inqualifiable. En fait, je n'ai pas les mots. Oui, parfois, dans le dictionnaire, on ne trouve pas les mots pour qualifier l'horreur.

Le soutien de la France envers Israël sera indéfectible. Et contre le terrorisme, et avec la communauté juive, et les communautés juives, où qu'elles se trouvent. Elles sont en sécurité, aujourd'hui, en France, les communautés juives ?

En France, elles sont...

Alors, elles sont...

On est quand même...

En France, on est en sécurité. Évidemment qu'on ne s'est pas tout arrêté. Si tout le monde savait tout arrêter, ça se saurait.

Ce qui est sûr, c'est que le ministre de l'Intérieur, tout de suite, sous l'impulsion du président de la République, a demandé à ce que les moyens soient mis aux abords des lieux de culte et que la communauté juive soit, oui, surprotégée. Dans un moment comme ça, je pense que les moyens sont là. Donc nous, on sait faire.

Le ministère de l'Intérieur sait le faire. Le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, l'a dit tout de suite. Quand on touche un cheveu à un juif français ou à un juif, tout court, on touche à la République, on touche à l'humanité.

On ne peut pas. En fait, ce n'est pas...

Ce n'est plus acceptable. On se le dit souvent, on ne peut jamais ça. Mais en fait, moi, ce que je vois, c'est que les...

Vous savez, dans la sauvagerie, en fait, il n'y a pas de limite. Malheureusement. Une question de Louis de Ragnel.

Madame la ministre, cet après-midi, la première ministre, Elisabeth Borne, à l'Assemblée nationale, a dit que pas un euro d'argent français ne doit aller au ramasse. Et pourtant, on l'a appris hier, la France n'a pas voulu suspendre les aides de l'Union européenne à destination de l'autorité palestinienne. Il y a beaucoup de gens qui se posent la question.

Pourquoi ? Alors, je vais vous répondre. Alors moi, comme tout le monde, je me suis posé la question.

Et encore une fois, ce n'est pas forcément la ministre qui s'est posé la question. C'est la mère de famille, c'est la citoyenne française. Est-ce qu'on doit répondre à l'horreur par l'horreur ?

Moi, je ne crois pas. Je ne crois pas qu'on doive empêcher les populations civiles palestiniennes. Vous savez, le Hamas est une organisation terroriste, mais qui n'est pas soutenue par l'entièreté de la population palestinienne.

Donc, je pense que le président a eu raison et que la première ministre a eu raison de dire il faut, comment dire, de la nuance. Dans un moment aussi horrible, on ne peut pas répondre avec la même violence. Il faut, à un moment donné aussi, se rendre compte qu'il y a des gens, des civils, qui vivent aussi dans la bande de Gaza et qu'on ne peut pas empêcher les mères de nourrir leurs enfants, les vieillères de se soigner.

Et pourtant, ce qui est terrible, c'est que le Hamas bénéficie de ces aides indirectement. Parce que le cas de conscience se trouve là. Vous savez, le cas de conscience, il sera aussi sur la réplique d'Israël.

C'est-à-dire, on sait qu'on a des otages, qu'est-ce qu'on fait ? Vous savez, ce n'est pas un sujet sur lequel on peut répondre. Ce n'est pas manichain, ce n'est pas oui, ce n'est pas non, ce n'est pas blanc, ce n'est pas noir.

La réponse est forcément au milieu. Mais moi, j'ai soutenu et je soutiens la première ministre sur cette réponse. Parce qu'on sait qu'en face, il y a des gens qui n'ont aussi rien demandé.

Ils sont nés là, ils n'ont rien demandé à personne. Et ils se retrouvent. On ne peut pas non plus les affamer, les empêcher de boire, de se soigner.

Ce n'est pas possible. On ne peut pas répondre à l'horreur par l'horreur. L'Allemagne et l'Autriche ont décidé de suspendre leur aide, justement, à la Palestine.

L'Union européenne, à ma grande surprise, a dit qu'il faut regarder si cette aide colossale, presque un milliard d'euros, ne financerait pas le Hamas ou la corruption au sein de l'OLP. On comprend l'argument, il faut aider les Palestiniens qui sont à la difficulté. L'autorité palestinienne, oui, pas l'OLP.

On comprend, mais vous vous rendez compte si on s'apercevait qu'en fait, les fonds européens ou des fonds nationaux servent à financer le Hamas, c'est par exemple l'achat d'armes ou des formations terroristes ? Il serait peut-être quand même temps, à un moment donné, de regarder. Qu'il soit temps de regarder, vous avez raison.

Moi, ce que je réponds, c'est que le moment que nous vivons, nous, vous savez, on est là sur un plateau, on n'y est pas, là-bas. Donc je pense qu'à un moment donné, oui, il faut évidemment se poser la question, mais à un moment donné, encore une fois, on ne peut pas punir toute une population parce que des terroristes sauvages ont décidé d'accomplir les pires sauvageries. Sabrina Agresti-Roubache, vous êtes ministre.

Le nouveau bilan côté citoyen français en Israël s'alourdit. Huit Français ont été tués. Vingt sont actuellement disparus.

Vous pensez évidemment à leurs proches et au fait qu'il faut tout faire pour retrouver ceux qui sont disparus. Je sais que la ministre Colonna est à sa pleine tâche. Elle n'était même pas aux questions au gouvernement aujourd'hui.

Donc déjà, ma profonde tristesse et toutes mes condoléances aux familles de ces Français, ce sont nos frères, nos sœurs qui sont morts. Donc évidemment, à présenter nos condoléances. Mais en revanche, le Quai d'Orsay a pris le sujet à bras-le-corps, si je puis dire, pour donner le maximum d'informations aux familles et aller récupérer des informations.

Parce que, je vous le dis encore, on est dans une guerre terroriste. Ce n'est pas une guerre traditionnelle, on est dans une guerre terroriste. Donc le Quai d'Orsay est pleinement engagé.

Je sais que la ministre Colonna donne des infos, beaucoup d'informations aux familles. Je le sais aussi, tout simplement, parce que j'ai des amis qui m'écrivent. Je crois qu'on écoute...

Le Quai d'Orsay fait son travail. Mathilde Panot de la France Insoumise, qui ce matin s'est exprimée, qui a été incapable de dire que le Hamas était une organisation terroriste. Écoutez-la, elle est interrogée par des journalistes.

On sent la gêne, on sent les hésitations. Écoutez, vous allez réagir ensuite. C'est la branche armée qui, aujourd'hui, est responsable de crimes de guerre.

Voilà. Et c'est largement documenté. Vous pourrez...

Mais j'ai répondu sur terroriste, en fait. En fait, sur terroriste ou pas ? J'ai répondu sur terroriste.

Comment on peut s'occuper de l'organisation ? Eh bien, j'ai répondu sur terroriste. Si, si, vous vous contenterez de ma réponse sur cette question.

Vous avez un double langage ? Non, je n'ai pas de double langage, monsieur. Et je ne vous permets pas de...

Voilà Mathilde Panot de la France Insoumise qui quitte la salle de presse. Les députés insoumis n'ont pas applaudi les victimes à l'Assemblée nationale dans l'hémicycle. Qu'est-ce que...

Comment vous réagissez ? Vous savez, je pense qu'avec eux, dans l'indignité, on ne sera jamais déçus. Ça, par contre, c'est une certitude.

Et je pense que leur calcul électoraliste est plus fort que la moindre once d'humanité ou de bon sens qu'ils puissent avoir. Ils font de la politique et ils répondent...

Et puis, je pense que derrière tout ça, il y a quand même un fond compliqué. Ils ont des sujets sur la communauté juive. Antisémitisme ?

Est-ce qu'on le qualifie d'antisémitisme ? Je vais les laisser se définir parce que j'aime bien quand les gens se définissent eux-mêmes. Moi, ce que je dis, c'est indignité, honte absolue.

Quand on est la représentation nationale, on ne peut pas se permettre ça. Il faut les sanctionner, les députés français soumis ? C'est à l'Assemblée nationale de répondre.

Moi, maintenant, je suis au gouvernement, donc j'aime beaucoup. J'y tiens à la séparation des pouvoirs entre l'exécutif et le Parlement. Et je sais que j'ai beaucoup de collègues de tous bords confondus.

Et même chez eux. Et même chez eux. Et même à la NUPES.

Qui ont peut-être dit, là, ça y est, c'est la ligne rouge. Il fallait écouter ce qu'ils disaient tout à l'heure. À l'Assemblée, absolument.

Une question de prendre un peu poni. Certains n'ont pas applaudi, mais certains ne se seraient pas levés pendant l'hommage. J'ai vu.

Est-ce que vous confirmez que certains députés, en particulier les filles, sont restés assis pour ne pas honorer la mémoire des victimes ? Certains, alors, moi, je ne les ai pas vus. On me l'a dit, puisque j'étais au banc, comme on dit.

Non, j'ai vu beaucoup de députés LFI. Même ceux, justement, que je...

Qui me...

Enfin, comment dire ? Qui me choquent par leurs mots. Qui me choquent par ce qu'ils sont capables.

Mais c'est inadmissible. C'est une honte absolue. Là, on parle de bébés qui sont morts.

Et puis, je vais vous dire, qu'ils soient d'Israël, qu'ils soient de n'importe où, on ne peut pas, humainement, pas condamner. Enfin, je veux dire, là, oublions tout le reste. Mais enfin, comment c'est possible de ne pas condamner ?

Et c'est ce que certains de mes collègues m'ont dit. Et si c'est ça, honte à eux. Une dernière question.

Vous venez de récupérer le portefeuille de la citoyenneté qui va donc se cumuler avec celui de la ville que vous aviez précédemment. Votre périmètre s'élargit. Comment est-ce que vous comptez vous atteler à cette question ?

Parce que ce sont des sujets extrêmement importants qui sont au cœur de nos vies à tous. Par exemple, la prévention. Vous vous rappelez, j'avais fait quelques débats ici avec vous quand j'étais députée et porte-parole de mon groupe.

Prévention de...

De la délinquance, prévention de la radicalisation, prévention en réalité de toutes les conduites à risque. Tout à l'heure, je discutais avec quelqu'un à mon cabinet qui me disait, vous savez, Madame la Ministre, il y a un sujet, un mot qu'on n'utilise plus, conduite à risque. Donc moi, je pense...

J'ai toujours pensé que la prévention...

Et j'ai connu, je fais partie de cette génération qui a connu dans son quartier prioritaire, comme on dit, de la prévention. Oui, alors, aux conduites à risque, aux addictions. Je pense que sur la radicalisation, c'est une évidence.

On doit continuer à travailler de plus en plus fort. Et surtout, la prévention de la délinquance. Et c'est absolument ce qu'il y a en décret d'attribution dans ce périmètre.

Le périmètre élargi, c'est ce qu'il y a. La citoyenneté, c'est aussi la défense de la laïcité. Vous avez de nouvelles mesures que vous comptez prendre.

Alors, sur la laïcité, pareil, on a eu combien de débats ? Je pense qu'on ne doit...

Pareil, il n'y a pas de oui-mé avec la laïcité. Et on doit continuer à éduquer, on doit continuer à apporter les valeurs de la France, les valeurs du pays. C'est quoi être français ?

Pourquoi est-ce que certains veulent être en France ? Pourquoi d'autres non ? Pourquoi est-ce qu'on rejette certaines de nos valeurs fondamentales ?

Oui, c'est un sujet complexe. Mais attention, je pense que le relier uniquement aux politiques de la ville, ça serait aussi une erreur. Moi, je me balade beaucoup en France, vous le savez.

Je vois que ces sujets, citoyenneté, aller au sens large, que ce soit la prévention de la délinquance, pareil, dans son plus large périmètre, ou sur la prévention des conduites à risque, on le voit de partout sur le territoire. Donc oui, oui, là, ça va me permettre, justement, de mailler mieux le territoire et de porter, oui, ce qui fait nation, ce qui fait qu'on est français. Merci beaucoup d'être venu nous parler, avec la primeur de cette nomination à la citoyenneté et à la ville.

Merci, madame la ministre. Merci, Laurence. Merci à tous.

Le rappel des titres de l'Ontario.