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debateFrance Inter — Le débat de midi (sur Site radio)· 6 juillet 2026 40 min

Homme augmenté : veut-on vraiment vivre jusqu'à 150 ans ?

Source d'origine 5 locuteurs

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

France Inter. Bonjour, bienvenue dans le débat de midi sur France Inter. Ce matin, nous sommes dans le corps bionique de Brian Johnson, athlète professionnel du rajeunissement. Ce millionnaire américain de 48 ans est prêt à tout pour retrouver ses 18 ans, quitte à devenir un cobaye. Réveil sous capteur, lumière rouge dans le cuir chevelu, smoothie à la créatine des dizaines de pilules, sa dernière trouvaille est digne de Frankenstein, des transfusions de plasma prélevées sur son propre fils. Ce gourou mi-vampire, mi-Dorian Gray 3.0, n'est que le visage le plus spectaculaire d'une course folle à l'immortalité.

Tout un mouvement grossit, les transhumanismes s'est convaincus que l'intelligence artificielle viendra à bout de Alzheimer, de Parkinson, des cancers, que la technologie pourrait bien repousser, voire supprimer la mort. 700 entreprises de biotech travaillent sur le vieillissement. Elon Musk investit des milliards avec une promesse vertigineuse. « Si vous êtes vivant en 2035, vous vivrez au moins 150 ans ». Alors allons-nous tous devenir des Matusalem ? Est-ce un rêve ou une malédiction ? 71% des Français y voient un cauchemar pour l'humanité. Faut-il se réjouir de vieillir toujours plus jeune ? Y a-t-il un plafond à l'espérance de vie ? Et si on abolit la mort, que fait-on de la vie ?

1:27
Locuteur 2

France Inter. Le débat de midi. Paola Puérari.

1:33
Présentateur

Et ce débat, de temps en temps, qui tient de la science-fiction, on va essayer de le mener sans caricature, avec pragmatisme, à l'heure où la France se réchauffe, où on voit la fragilité de nos cordes et la moindre canicule, où on se dit qu'on est loin de l'immortalité. Et pourtant, la technologie est là, galopante. Vous êtes déjà nombreux à nous écrire sur le WhatsApp de l'émission. 01-45-24-7000. Vous pouvez nous appeler aussi. Pierre a tenu à réagir. Si l'intelligence artificielle peut nous aider à vaincre des maladies, à vivre mieux et plus longtemps, moi, je dis oui. Et Mathilde lui répond, nous sommes obsédés avec l'éternelle jeunesse. La vieillesse n'est pas une maladie.

Alors, si cela vous dit de vivre au-delà de 100 ans, peut-être de souffler un jour vos 110e bougies, d'atteindre le 22e siècle, et bien vous nous appelez 01-45-24-7000. Et pour en débattre, j'ai à ma table le fondateur de Doctissimo. Bonjour Laurent-Alexandre. Bonjour. Chirurgien, auteur de Vivre 1000 ans chez Boucher-Chastel avec Alexandre Tsikopoulos. On vous reproche quelques fois d'être une cassandre. Quelle est la probabilité qu'un humain, aujourd'hui, vive jusqu'à 150 ans ?

2:36
Invité

100%. Il est à peu près certain qu'on va casser le plafond de 121 ans, 122 ans, qui était celui de Jeanne Calment. Donc, je pense que la Silicon Valley, qui est unanime sur ce sujet, a raison de penser que le cap des 150 ans sera atteint dès 2035.

Sam Altman, le patron qui est le patron de Chat-GPT, Dario Amodei, qui est le fondateur de Claude, le grand concurrent de Chat-GPT, Demi Sassabis, qui est le patron de toutes les intelligences artificielles chez Microsoft et prix Nobel de chimie, tous les trois expliquent que l'espérance de vie va doubler dans toutes les prochaines années et qu'on va guérir la totalité des maladies humaines avant 2040, y compris le vieillissement, qui, bien sûr, est une maladie, contrairement à ce que disait votre auditeur.

3:21
Présentateur

Le vieillissement, une maladie, un bug, un code qu'on pourrait peut-être rectifier à vos côtés. Eh bien, pour débattre, un immortel carrément, un académicien. Bonjour, Raphaël Gaillard. Bonjour. Vous êtes au plus proche des patients, professeur en psychiatrie à l'hôpital Saint-Anne, auteur de L'homme augmenté futur de nos cerveaux chez Grasset. C'est ça qui nous attend, d'être des hommes augmentés ?

3:43
Invité

D'abord, je pense que la première question que tout le monde se pose, ce n'est pas celle de savoir si on va vivre longtemps, mais si on va vivre jeune longtemps. Et la deuxième, vous l'avez esquissée, c'est celle de savoir ce que serait la vie si la mort n'existait pas. Et il y a toutes sortes de raisons de penser qu'elle serait insupportable.

3:59
Présentateur

Qu'elle serait insupportable. Vous rejoignez cette probabilité, Mgr Mathieu Rouget. Bonjour, évêque de Nanterre. Bonjour et bonjour aux auditeurs. Bonjour aux auditeurs également. Ces milliardaires de la Silicon Valley qui veulent vaincre la mort, est-ce qu'ils se prennent pour Dieu ? En tout cas, moi, comme prêtre, comme évêque, comme chrétien, je suis d'abord sensible à beaucoup de gens qui vivent dans des conditions extrêmement difficiles. Des pays très pauvres, où on n'arrive pas à vaincre des pathologies qui sont très traumatisantes pour les personnes. Également à toute la précarité qui nous entoure.

Donc on a l'impression qu'on est pris entre une sorte de rêve de vie indéfinie et en même temps une difficulté à permettre à tous de vivre bien. Et également donner à beaucoup de personnes en grande difficulté, le professeur Raphaël Gaillard pourra nous dire des choses à ce sujet sûrement, de trouver des raisons de vivre au jour le jour. Et c'est très intéressant de vous entendre parce qu'on se demande si cette science, justement, ne devrait pas être mise au profit du plus grand nombre. Est-ce une quête de l'individu, cette quête de l'immortalité ? Dans un instant, nous serons en ligne avec Valérie Orseni, la grande prêtresse de ce qu'on appelle le bio-hacking.

Elle se lève à l'aube, mesure tout de sa glycémie à son âge biologique, sa promesse, vieillir moins vite que vous. Est-ce de la sagesse ou de l'obsession ? Votre avis nous importe, vous nous appelez au 01 45 24 7000. Vous avez deux petites minutes, le temps d'écouter Daft Punk, ces deux robots français qui ont passé leur vie à se cacher derrière un casque pour rester mystérieux et immortels. Instant Crush, c'est pour vous.

5:36
Locuteur 4

Crush Daft Punk et Julien Casablanca.

8:33
Locuteur 2

Le débat de midi.

8:35
Présentateur

France Inter, il est midi 13, c'est le débat de midi. On débat, vous êtes déjà nombreux à nous écrire. Je vous donne un chiffre. En France, le nombre de personnes atteignant un âge à trois chiffres bondit. Il y a 31 000 centenaires français aujourd'hui. Il y en aura peut-être 200 000 en 2070. Va-t-on vivre jusqu'à 100 ans ? On en débat avec le psychiatre Raphaël Gaillard, Monseigneur Rouget, évêque de Nanterre et Laurent Alexandre. Beaucoup d'auditeurs qui nous écrivent. Olivier nous dit, vivre jusqu'à 150 ans, c'est ça, et bosser jusqu'à 120, cauchemar. Qu'est-ce que c'est que cette vie ? Et Laura dit, j'ai perdu ma tante d'un cancer. L'année dernière, elle avait 54 ans.

Il peut y avoir des dérives. Mais si on peut inventer des remèdes à ce genre d'injustice, difficile pour moi de me positionner. Donc, Laurent Alexandre, on voit bien qu'il y a une peur, panique des gens de vivre plus longtemps. Est-ce que vous pouvez essayer de leur donner espoir en cette technologie ? Est-ce que l'intelligence artificielle pourrait aussi sauver des vies ?

9:28
Invité

Bien sûr. L'intelligence artificielle va guérir les 45% de cancers qu'on ne sait pas encore guérir, va nous permettre de trouver des pistes pour guérir les maladies neurodégénératives qui sont un petit peu trop compliquées pour le cerveau humain. Donc, effectivement, l'intelligence artificielle va apporter plein de bienfaits en matière médicale, l'allongement de la vie et puis la guérison d'un certain nombre de maladies. Mais ce qui est intéressant, c'est de voir pourquoi une majorité de Français ne veulent pas vivre longtemps. C'est parce que les gens imaginent que vivre longtemps, c'est vivre en maison pour personnes âgées dépendantes pendant 50 ans.

Ils n'imaginent pas que la science puisse permettre d'arrêter le vieillissement. Donc, ils imaginent une fin médiocre en étant dépendant, en étant très malade. Or, en réalité, ce que la Silicon Valley veut faire, c'est certes d'allonger notre espérance de vie et de guérir les maladies, mais c'est aussi d'arrêter le vieillissement. De manière à ce que les vies longues, en 150 ans, 200 ans et plus, ne soient pas une immense décrépitude dans la dépression, dans la misère et dans la dégradation de son corps. Et les gens ne comprennent pas ça. Donc, ils imaginent que vivre 150 ans, c'est vivre correctement pendant 50 ans et vivre mal en étant un vieillard pas très en forme pendant 100 ans.

C'est bien évidemment pas l'objectif.

10:48
Présentateur

Mais quand on vous écoute, on a l'impression que le corps humain, c'est une voiture finalement, qu'il suffirait de trouver le bug technique pour empêcher le vieillissement.

10:56
Invité

C'est une machine ultra sophistiquée. Nos cellules sont des usines ultra sophistiquées, des usines biologiques. D'ailleurs, c'est la métaphore, ce que vous dites est très juste, c'est la métaphore qu'Elon Musk, il y a un mois, a utilisée. Quand il a expliqué qu'on allait vivre 160 ans très rapidement, il a dit que le vieillissement et la mort sont des bugs. Ce sont des programmes informatiques à corriger. Et grâce à la super intelligence artificielle, on va corriger ces bugs des cellules, ces bugs des organismes. Donc, vous avez raison, la Silicon Valley pense que le vieillissement et la mort sont des bugs informatiques.

11:28
Présentateur

Raphaël Gaillard, psychiatre, quand on voit le cerveau, 85 milliards de neurones, 1 million de milliards de connexions, est-ce qu'on peut réussir à faire cette maintenance où finalement le système va encore plus bugger ?

11:42
Invité

Alors, la première question, en fait, est celle de savoir si ce qui est annoncé en matière de technosolutionnisme, c'est-à-dire cette perspective scientifique, rencontre la pratique de tous les jours.

Et là, je dois dire, je suis entre Mgr Rouget, qui sait ce qu'est la vie éternelle, Laurent Alexandre, qui professe la vie éternelle à sa façon, et le praticien de terrain que je suis, le médecin que je suis, voit tous les jours des personnes en grande souffrance pour des pathologies parfois simples, pas forcément le cancer le plus complexe du monde, les 45% évoqués par Laurent Alexandre, mais parfois des choses simples, un nerf qui est brisé par un accident et qui se met à générer une douleur insupportable chez un patient, je pense à un patient que je viens de voir tout récemment, pour lequel nous n'avons pas de solution.

Et donc, au quotidien, je vois un écart flagrant entre la prospective, ce que l'on nous promet venu de la Silicon Valley, et l'expérience du médecin que je suis, qui est confronté à la souffrance tous les jours. Donc, je ne peux que constater l'écart entre la prédiction et la réalité du terrain.

12:47
Présentateur

Et ce qu'on promet dans la Silicon Valley, c'est d'augmenter l'homme humain, en peut-être lui implantant un implant, c'est-à-dire un neuralink, ça c'est Elon Musk qui veut faire ça, justement pour faire en sorte que l'aveugle puisse recouvrir la vue, qu'on puisse, si on est sourd, retrouver l'ouïe. Est-ce que ça, vous pensez ?

13:06
Invité

Ça, c'est déjà une réalité. C'est une réalité, d'ailleurs, dont il faut dire que la France a pu être pionnière, puisqu'on doit à un neurochirurgien grenoblois, Alim Benabim, l'invention de ces techniques de stimulation cerebrale profonde qui ont changé le cours de certaines maladies, comme la maladie de Parkinson. Donc ça, c'est une réalité, et cette réalité dans le soin peut servir à augmenter, il n'y a aucun doute. Maintenant, qu'est-ce qui va se passer quand on augmente ? Et qu'est-ce qui se passe déjà aujourd'hui ?

Aujourd'hui, le PICAT que je suis voit que beaucoup de personnes souffrent, 1% de la population souffre de schizophrénie, 1% sur 5 de dépression, et nous considérons, à propos de bugs, que c'est un bug de notre cerveau lié à la puissance de notre cerveau. C'est-à-dire qu'à ce niveau de puissance, il a des ratés, il ne se supporte plus, et on en paye le prix si élevé des troubles psychiques. Si on en paye aujourd'hui le prix si élevé à l'état actuel de notre évolution qui a poussé notre cerveau à être notre arme principale dans le monde, nous n'avons plus rien d'autre que le cerveau, nous, sapiens, qu'est-ce que sera notre lendemain quand nous augmenterons le cerveau avec ces techniques ?

Tout porte à penser que ce prix à payer très élevé des troubles psychiques sera encore plus élevé demain avec l'augmentation du cerveau.

14:20
Présentateur

Karine est au standard, elle nous a appelé depuis Grenoble. Bonjour Karine, merci d'être avec nous. Je crois que vous êtes bientôt à la retraite et vous êtes déjà sidérée.

14:29
Invité

Pas tout à fait encore, mais disons que c'était pour dire que j'ai déjà un âge avancé. Bonjour à tous.

14:34
Présentateur

Je ne vous demande pas votre âge Karine, et néanmoins j'entends que vous êtes sidérée par cette course à l'immortalité.

14:41
Invité

Exactement, moi je suis sidérée comme vous dites par cette course à l'immortalité à vivre toujours plus vieux au-delà des limites, alors que les ressources actuellement se font rares. Notamment la ressource en eau qui devient critique. Qu'on arrive dans une crise climatique, où la biodiversité met au péril la survie de l'humain, où près de 10% de la population mondiale vit dans une extrême pauvreté, je trouve ça d'un égoïsme sans nom.

15:09
Présentateur

Et j'entends que vous dites aussi, il faut laisser la place aux jeunes, c'est une vraie question dans cette quête de l'immortalité. Merci Karine de nous avoir appelé depuis Grenoble, 01, 45, 24, 7000. Karine, 41 ans, nous écrit, lui, depuis Roubaix, il dit qu'on a doublé l'espérance de vie en un siècle sans que personne ne crie au scandale. Là, c'est pareil, c'est juste la suite. Mes arrières-grands-parents mourraient à 50 ans, moi j'espère bien voir 100 ans. Monseigneur Rouget, 150 ans, ça vous dit ? Pas tellement, mais je voudrais bien dire que, d'abord, moi je ne suis pas du tout opposé au progrès technique.

Et comme Laurent Alexandre, j'aimerais beaucoup que l'intelligence artificielle aujourd'hui nous permette de mieux guérir certains cancers précoces, de mieux répondre à certaines épidémies. Et donc, voilà, je n'ai aucune technophobie. D'ailleurs, le pape Léon XIV, vous savez, vient de publier une encyclique, une grande lettre qui s'appelle Magnifique Humanité, qui exprime beaucoup de... C'est pas de la technophobie, ça, par exemple. Pas du tout. Magnifique Humanité, à bien des égards, le pape s'intéresse d'abord et prend au sérieux les possibilités et de l'intelligence artificielle et sans du tout diaboliser ces progrès possibles grâce à l'augmentation de nos capacités de calcul.

Mais, pour autant, je crois qu'il faut se rappeler que l'important n'est pas de vivre longuement, mais de vivre pleinement. Et il y a aujourd'hui des gens qui vivent longuement dans une grande solitude, dans une grande souffrance. Raphaël Gaillard le disait à l'instant avec son expérience de praticien. Et qu'est-ce qui augmente finalement notre humanité ? C'est pas simplement l'augmentation chronologique. C'est l'augmentation de notre capacité relationnelle. C'est l'ouverture de notre cœur. Aujourd'hui, une chose est de vivre longuement, mais le drame, c'est de vivre dans une solitude, dans un déficit de raisons de vivre.

Et donc, moi, je me réjouis pragmatiquement des progrès médicaux possibles. Mais mon vrai sujet, c'est comment est-ce que chacun peut trouver des raisons de vivre et contribuer aussi à la vie commune en mettant la première place, comme le fait le pape dans Magnifique Humanité, ce qui est vraiment décisif pour notre humanité, c'est-à-dire notre fragilité assumée et notre capacité de relation. Et néanmoins, est-ce qu'il faut ouvrir cette boîte de Pandore ? Je vous pose la question à tous les trois. Est-ce qu'il faut aller vers cette course en avant ? Est-ce qu'il faudrait essayer de réguler l'intelligence artificielle ? Quelles questions vertigineuses ça pose, cette course à l'immortalité ?

Aujourd'hui, il me semble que l'important, c'est peut-être dans un contexte en plus financier compliqué que nous savons, savoir quelles sont nos priorités. Il s'agit bien sûr que la France ne reste pas en arrière de la main en matière d'intelligence artificielle. Très bien. Mais quelles sont nos priorités ? Est-ce que nos priorités, c'est d'investir énormément sur des rêves de pseudo-immortalité ? Ou est-ce que c'est de progresser dans la prise en compte de toutes les fragilités, de toutes les souffrances du quotidien dans notre pays et dans le monde ? Quelle est la balance ?

Quel est le bénéfice-risque entre effectivement réussir à vaincre des maladies comme Alzheimer, comme Parkinson et ouvrir la voie à énormément de dérives ? Comment voyez-vous la chose ?

18:16
Invité

C'est très compliqué. D'abord parce qu'on ne sait pas comment on va évoluer l'intelligence artificielle. Elle évolue beaucoup plus vite qu'on l'imaginait. Et donc, nous n'avons pas pris le temps de réfléchir. Ce que fait chaque GPT aujourd'hui, il y a cinq ans, était inimaginable. Si on nous avait dit il y a cinq ans que l'intelligence artificielle pourrait comprendre, lire, interpréter un dossier médical mieux que les médecins, nous n'aurions pas pensé que c'était possible et c'est aujourd'hui une réalité. Donc, on ne sait pas à quelle vitesse va aller l'intelligence artificielle.

Et puis derrière, on a une vraie incertitude sur notre capacité à maîtriser l'intelligence artificielle et à maîtriser ses impacts sociétaux. Dans mon livre avec Alexandre Sikopoulos « Vivre Milan », Alexandre Sikopoulos qui a 25 ans s'inquiète énormément de sa place dans un monde où on vivrait plus longtemps mais où les jeunes n'auraient pas leur place sur le marché du travail face aux robots intelligents et face à l'intelligence artificielle. Donc oui, la technologie galope mais nous ne savons pas comment l'intégrer notamment pour les mêmes générations.

Et en même temps, il faut bien dire que ce n'est pas nous qui allons décider parce que ce n'est pas la France qui décide à quel rythme va l'intelligence artificielle, c'est la Silicon Valley et ses milliardaires de l'IA et les Chinois. la France derrière n'a pas beaucoup d'importance dans ce débat.

19:25
Présentateur

Raphaël Gaillard.

19:26
Invité

Le médecin que je suis ne peut pas être technophobe et d'ailleurs j'ai l'habitude de constater que les technophobes sont les premiers à se précipiter chez leurs médecins dès qu'ils tombent malades pour exiger l'accès à la dernière technologie. Donc je ne peux pas être technophobe. Les mêmes technologies, ai-je dit, peuvent réparer, soigner et augmenter et je ne me fais pas beaucoup d'illusions quant au fait que les progrès en matière d'augmentation iront plus vite que les progrès en matière de réparation. Reste la grande question, c'est celle de savoir ce que nous faisons pour vivre au mieux cette transformation de l'être humain et de la société.

Et là, il y a une urgence à penser l'accompagnement des êtres humains pour qu'ils supportent cette augmentation. Urgence que je ne vois pas du tout sur la table d'un ministre de l'éducation ou d'un ministre de la santé.

20:16
Présentateur

Michel, 71 ans, nous écrit d'Alsace, on veut jouer, on veut tout maîtriser, même la mort. Maintenant, à force de vouloir jouer à Dieu, on va se brûler les ailes. Il y a des limites que l'homme ne devrait pas franchir. On est en ligne avec Clémence qui nous a appelé depuis Lyon au Standard. Merci d'être si nombreux à nous appeler. Clémence, bonjour. Je crois que vous avez 80 ans, vous êtes active, c'est ça ?

20:37
Invité

Oui, je vais avoir 80 ans que je suis toujours active. Oui, oui, oui, j'aime beaucoup les relations humaines et justement, c'est ça qui me fait peur dans ce futur qu'on nous présente. C'est le côté, comment dire, social qui disparaît. J'ai vécu, moi, j'ai des souvenirs fabuleux de mon enfance. Alors, vivre encore 70 ans pour dire tout ce que j'ai vécu n'existe plus, ce n'est qu'avec des machines, de la technologie et tout ça. C'est ce côté social qui me fait peur parce que c'est vrai que c'est toujours intéressant de savoir que l'on évolue du côté médical. Ça, on ne va pas le reprocher, mais le côté social

21:21
Présentateur

que l'on nous propose me fait peur. Merci Clémence pour votre témoignage. C'est vrai que si on vit tous jusqu'à 150 ans, ça ouvre une vie entière, une vie avec peut-être plusieurs mariages, plusieurs divorces, des enfants, des petits-enfants, des arrières-petits-enfants, une vie entière. Qu'est-ce qu'on va faire de tous ces gens ? Moi, j'aime beaucoup ce que dit Clémence en insistant sur la relation parce qu'en fait, la vie, c'est la relation. La vie, ce n'est pas la persistance dans l'existence physique. La vie, c'est la relation. Et on entend aussi dans son questionnement et dans beaucoup de questionnements que nous rencontrons, la peur de la solitude durable.

Non pas d'une vie prolongée, mais d'une solitude durable. Et puis, vous voyez, je pense qu'il faut distinguer sur la vieillesse. Il y a la vieillesse qui est, peu à peu, on a moins de force, on a moins de capacité et moi-même à 60 ans, je commence à en faire une expérience. Mais il y a aussi la question de la découverte des âges de la vie. Un des bonheurs de l'existence, c'est que nous ne sommes pas dans une vie adulte homogène. Il y a la joie d'être un enfant avec l'insouciance de l'enfance, il y a la construction de soi à l'adolescence, et puis être un enfant, puis être à l'âge d'être parent, à l'âge d'être grand-parent.

Et vous voyez, en fait, je trouve qu'une vie qui serait délivrée de la part positive de la vieillesse, c'est-à-dire de l'exploration successive des âges de la vie, serait une vie amoindrie et pas du tout augmentée. Dites ça à beaucoup de personnes âgées qui nous écrivent qui, eux, au contraire, sont très heureux d'être d'éternels adultes. Thierry, 52 ans, ouvrier en Lorraine, nous dit que ce sera pour les riches, comme toujours. Elon Musk vivra jusqu'à 200 ans et nous, on crèvera à l'usine à 73 ans. Est-ce qu'il n'y a pas le risque d'avoir une société à deux vitesses, entre ceux qui vont pouvoir s'augmenter et ceux qui n'auront pas le droit à cette technologie ? On en débat au 01 45 24 7000.

Imaginez, vous devenez super centenaire. Est-ce un rêve pour vous, un cauchemar ? Vous avez deux minutes pour nous appeler. Le temps d'écouter Théodora qui rêve, qui rêve, qui rêve d'être votre Valentine pour l'éternité.

23:27
Locuteur 3

Bim à Valentine,

25:47
Présentateur

c'était Théodora.

25:50
Locuteur 2

Le débat de Mithuérary sur France Inter.

25:57
Présentateur

Midi 31 sur France Inter, c'est le débat de midi. Vous êtes nombreux à nous écrire. Nadia de Strasbourg nous dit « Oh là là, on a toujours peur de la nouveauté, toujours pareil. On disait déjà ça des vaccins et des greffes » et Agnès nous dit « Mais quel est l'intérêt de vivre plus longtemps et augmenter ? Il faut savoir débarrasser le plancher comme une vieille comme moi. J'ai 72 ans et je peux vous le dire. Merci Agnès pour votre commentaire. On continue à débattre avec Laurent-Alexandre, Raphaël Gaillard et Monseigneur Rouget. Et on est en ligne avec une personne justement qui a choisi de s'augmenter. Peut-être, va-t-elle nous le dire ? Bonjour Valérie Orsoni.

Vous êtes experte en biohacking. Vous venez d'être sélectionnée parmi les 50 leaders de la longévité. Félicitations. Vous êtes suivie par 400 000 personnes sur Instagram et je le précise, merci infiniment de vous être réveillée à 3h du matin car on le sait, le sommeil fait partie de vos obsessions. On va essayer de faire ce débat à l'abri des caricatures parce que je sais que certains justement, voilà, vous ont mis des petits commentaires sur Internet en disant que vous alliez être maltraitée. racontez-nous quelle est votre routine du quotidien justement puisque vous êtes une experte de la longévité. Qu'est-ce que vous faites au quotidien pour rester jeune ?

27:11
Invité

Merci beaucoup d'ailleurs de m'avoir sur ce plateau. Quelque chose de très important avant que je vous donne ma routine. J'ai écouté depuis le début tout ce qui a été dit et franchement, le vrai enjeu, ce n'est pas vraiment la survie, ce n'est pas vraiment un chiffre 150 ans, c'est la compression des 20 années de décrépitude ou d'assistance. Et pour moi, c'est mourir le plus tard possible, le plus jeune possible. Que les choses soient claires, je ne suis pas une immortaliste, je pense simplement que si on se passe à la place de Monseigneur, Dieu nous a donné les outils pour être en bonne santé et pour se soigner, on ne va pas aller à l'encontre.

Au niveau mental, vivre longtemps en bonne santé, avoir des amis, cela résout pas mal de problèmes. Mais je ne suis pas à aujourd'hui quelqu'un qui est augmenté. D'accord ? Bien noté. Et ça, c'est très important. Alors, qu'est-ce que vous faites

28:02
Présentateur

de façon naturelle pour augmenter votre plénitude de vie, on va dire ça comme ça ?

28:10
Invité

Tout à fait. Alors, clairement, et ça va vous paraître du bon sens et ça ne coûte rien. Ce qu'il faut savoir, il y a un grand fossé entre l'IA de Laurent Alexandre, que j'écoute avec admiration souvent, mais qui consiste à nous implanter des éléments dans le corps pour nous augmenter, et mon approche qui est plus augmenter la qualité de notre corps aujourd'hui, notre biologie. Ça va être. Et ça va faire bondir beaucoup de gens, surtout en France, pour son couche tard. Mais c'est manger tôt le soir pour se coucher plus tôt. Pourquoi ? Parce que le sommeil réparateur, celui qui nous permet de réparer un corps abîmé par notre style de vie, eh bien, il commence à partir de 21h30.

Ça ne coûte rien de se coucher tôt, d'accord ? Ça ne coûte rien de ne pas regarder la dernière série sur Netflix. Ok, on se couche tôt, bien noté.

28:54
Présentateur

On boit beaucoup, j'imagine aussi. On boit ? On boit beaucoup

28:59
Invité

d'alcool ou d'eau peut-être ? Oui, alors d'alcool non. Alors à titre personnel, lorsque j'ai eu 16 ans, j'ai refusé de boire. Je savais déjà que ça serait mauvais pour plus tard et je reconnais que 40 ans plus tard, j'ai pris la bonne décision. Donc non, il n'y a aucune dose d'alcool qui soit saine, même un petit verre, désolé. C'est la vérité, ce n'est pas moi qui fais les règles. Donc zéro alcool pour moi en tout cas. Maintenant, les gens vont me dire je fais ce que je veux. Oui, mais le corps réagit derrière.

29:24
Présentateur

Mais dites-nous, que juste dormir bien et ne pas boire d'alcool ? Racontez-nous un peu vos petits secrets, vos petites ficelles.

29:33
Invité

Alors je vous ai dit les approches les plus faciles parce que vous savez ce qui est très amusant sur les réseaux sociaux ou même en conférence. Lorsque je donne 12 protocoles que je suis, les 10 premiers sont très faciles. Tout le monde peut les suivre et c'est gratuit. Il n'y a pas une question d'argent là-dedans. Mais en général, les gens les ignorent et se concentrent sur les 11 et 12 que je vais vous donner. Oui, alors ça va être l'exposition à la lumière rouge par exemple, 20 minutes par jour. ça va être de travailler sur ma cohérence cardiaque. Ça va être de mesurer mes marqueurs type la force de préhension qui est un des meilleurs indicateurs de longévité.

Ça va être de mesurer aussi ma capacité cardiovasculaire de manière hebdomadaire et aussi, et là, bien sûr, ça va donner de l'eau aux personnes qui ont envie de critiquer. J'ai aussi un caisson hyperbar que j'utilise pour soigner mon corps qui est mis à rude épreuve lorsque je fais des expéditions comme ce qui est jusqu'au pôle sud par exemple.

30:27
Présentateur

D'accord, bon, bien noté, effectivement, on voit bien que ça va de bien dormir au caisson pour essayer de régénérer son corps. Alors, Valérie Orsoni qui est avec nous en ligne le dit très bien, il y a beaucoup de conseils qui ne coûtent zéro euro et néanmoins, ce commentaire qui revient avec cette société à deux vistes, des gens qui auront le luxe de se payer cette technologie et les autres qui continueront à trimer, est-ce que c'est vrai Laurent Alexandre ? Est-ce qu'il va y avoir deux sociétés ?

30:55
Invité

Non, ces technologies seront démocratisées. Le propre de la technologie, c'est que son coût s'effondre. Des médicaments qui étaient extrêmement chers il y a 100 ans ne valent plus grand-chose aujourd'hui. L'insuline était très rare et très difficile à produire en 1922 quand on a fait les premières injections d'insuline à Toronto et qu'on a sauvé les premiers enfants diabétiques il y a un siècle et aujourd'hui l'insuline, ça ne vaut pas très cher. Des chimiothérapies qui étaient extrêmement chères il y a 30 ou 40 ans sont aujourd'hui génériquées et ne valent plus rien.

C'est la même chose que pour les technologies numériques, un ordinateur ça valait des millions et des millions de dollars, ça ne vaut plus rien. Un disque dur minuscule coûtait des millions de dollars en 1955, aujourd'hui un disque dur ne vaut plus rien. Donc ces technologies-là seront démocratisées. En plus, dans un pays comme la France, la médecine est remboursée à 100%. Donc le problème, ce n'est pas d'avoir une médecine à deux vitesses et une augmentation à deux vitesses, c'est de savoir comment on gère socialement ces technologies, comment on gère l'augmentation, notamment l'augmentation cérébrale avec les dangers dont parlait le professeur Raphaël Gaillard.

Donc le sujet est plus un problème éthique, un problème moral qu'un problème économique sur les technologies d'augmentation. Et je partage d'ailleurs beaucoup de ce qu'a dit le pape, bien qu'être en athée, de ce qu'a dit le pape dans son encyclique dont parlait tout à l'heure Mathieu Rouget sur les nouvelles technologies et sur la transformation de notre société que l'intelligence artificielle va entraîner. Donc non, c'est pas un problème économique, c'est un problème d'organisation sociale, de transformation sociale, un monde où on vit plus longtemps et où l'intelligence est gratuite et où l'intelligence artificielle dépasse les humains.

C'est un monde compliqué à gérer et comme le disait Raphaël Gaillard, la société n'est pas prête, le ministère de l'éducation n'est pas prêt, les politiques ne sont pas prêtes, l'enjeu il est là, l'enjeu il est sociétal, psychologique, philosophique.

32:49
Présentateur

Raphaël Gaillard, l'enjeu sociétal, psychologique, quel sera le vrai luxe de demain finalement ? Être augmenté, avoir un cerveau augmenté ou au contraire rester naturel ? C'est ça cette question qu'on se pose aujourd'hui aussi.

33:03
Invité

Je ne suis pas sûr que la question se pose longtemps et encore une fois, je n'ai pas de doute sur le fait que l'augmentation fera son chemin. Ma question, c'est de savoir ce qui la rendra supportable. C'est ça en fait. J'esquisse le fait que si nous payons déjà au prix fort des troubles psychiques la puissance de notre cerveau, l'augmentation se paiera d'un prix plus élevé. Donc, c'est ce que nous commençons peut-être à observer avec cette modalité d'hybridation faible que nous avons avec les objets connectés. Manifestement, nous en souffrons et surtout les jeunes qui ont été très tôt connectés en amont peut-être d'autres apprentissages indispensables.

Mais surtout, je reviens à la question de la perspective de l'absence de faim. Être condamné à vivre, je parle sous le contrôle de Mgr Rouget, mais c'est peut-être une damnation. Ne pas vivre les grandes étapes de la vie que vous avez évoquées et qui passent par des événements douloureux, qui passent par des événements heureux. Vous nous avez fait écouter Soima Valentine tout à l'heure de Théodora. L'amour et la mort, ce sont les grands moteurs de transformation d'un être humain. Nous, psychiatres, avons toutes sortes de techniques psychothérapeutiques pour accompagner le changement d'une personne.

Mais je peux vous dire avec grande humilité que ce n'est rien à côté de la transformation d'une personne par le sentiment amoureux et par l'expérience de la perte, y compris donc la notion de mort. Je m'attends donc à ce que, faute de réanimer ce qui peut irriguer la façon de penser, ce qui peut donner sa stabilité à une psyché, nous ayons des individus qui soient balottés par le progrès technologique qui viendra, j'en ai aucun doute, pour le meilleur et pour le pire, c'est-à-dire notamment pour la plus grande souffrance des êtres humains.

34:51
Présentateur

Monseigneur Roger. Cette question que nous prenons, je pense qu'il faut, pour être sérieux, la prendre dans une sorte de globalité parce qu'il y a la question de l'intelligence artificielle, de l'homme augmenté, etc. Mais il y a aujourd'hui des questions financières, la question de la dénatalité, la question climatique. Et donc, c'est vraiment la question de l'homme dans la société et dans le monde qui se pose de manière très complexe et très aiguë. Et puis, pour reprendre la question que vous posiez à Raphaël Gaillard, quel est le véritable luxe ?

En fait, le véritable luxe, aujourd'hui comme demain, c'est la rencontre humaine, c'est l'amour, c'est de pouvoir se donner, c'est de pouvoir trouver sens à ce que l'on vit. Bima Valentine, la chanson de Théodora que vous repreniez, c'est... Je ne pensais pas qu'elle aurait autant de succès, honnêtement. Vous savez, dans le monde anglo-saxon, le Valentine's Day, 14 février, il faut toujours avoir un amoureux, une amoureuse et qui va être mon amoureux, mon amoureuse ? En fait, c'est une quête d'amour. Est-ce que tu seras mon amoureux ? Bima Valentine. Mais ça,

35:54
Invité

ce n'est pas un luxe, c'est une nécessité. Exactement. Ce n'est pas un luxe. Ce n'est pas la quête du luxe, c'est la nécessité qui fait de nous les êtres humains que nous sommes. Exactement.

36:05
Présentateur

Catherine nous écrit sur le WhatsApp de l'émission 01 45 24 7000. Elle dit OK pour l'intelligence artificielle et à la science au service de la guérison de toutes les maladies, de la prévention, mais non à l'augmentation volontaire de la durée de vie. Au contraire, il y a Martine qui nous dit Ouh là là, c'est un cauchemar intégral cette émission, j'ai 70 ans et moi je dis place aux jeunes. Claude nous dit un vieux de 75 ans, c'est super chiant, mais non, Claude, ça radote et ça ne comprend plus les jeunes.

Alors imaginez, un vieux de 150 ans, Stéphane nous dit je m'allume une clope en vous écoutant, je préfère mourir que de côtoyer ces matusalèmes en herbe et Arti nous dit vivre sans fin ne risque-t-il pas de s'accompagner d'une forme d'eugénisme effectivement pour former des êtres augmentés à la naissance. Est-ce que je sais que l'on me répond je voudrais quand même dire parce que nos auditeurs vous voyez que quand on a 75 ans, quand on a 80 ans, moi j'ai une mère de 95 ans qui éclate de vie et de relations et qui a fort énormément autour d'elle donc n'allons pas mettre une étiquette de vieux périmé à partir de 70 ans.

Non, et moi j'ai souci de mes grands-parents qui sont morts il y a longtemps mais à 90 ans passés et qui ont été vivants et qui ont apporté énormément. Donc vous voyez ne soyons pas caricaturaux de ce point de vue-là aussi. Le grand âge peut être aujourd'hui pour beaucoup Les auditeurs s'auto-caricaturent. Le grand âge peut être aujourd'hui pour beaucoup de personnes un bel âge et ils apportent beaucoup à notre société.

37:27
Invité

Alors la réponse à votre question, oui. et d'ailleurs c'est un sujet sur lequel il faut qu'on ait une réflexion c'est que l'eugénisme intellectuel a débuté aux Etats-Unis. 38% des Américains dans un sondage réalisé par la grande revue scientifique Science veulent augmenter génétiquement leurs bébés pour qu'ils réussissent mieux à l'université et commencent à arriver des boîtes comme Heliosep Genomics qui vous proposent de fabriquer des bébés plus intelligents.

Ils fabriquent plusieurs embryons à partir du sperme du mari et des ovules de la femme et ils analysent l'ADN des embryons en éprouvette et puis ils prennent le plus intelligent et ils implantent dans l'utérus de la maman l'embryon le plus intelligent. Et ça n'est pas anecdotique puisque 38% des Américains souhaitent avoir recours à cette technologie pour leur propre enfant. Donc on voit que la réflexion philosophique et politique et médicale sur l'augmentation et notamment sur l'eugénisme n'a pas commencé et c'est vraiment dommage parce que ces technologies galopent et qu'elles posent mille questions.

38:24
Présentateur

Dernière question à Valérie Orsonnet qui vient d'un auditeur qui dit merci pour tous ces conseils pour rester jeune. Est-ce que vous prenez du plaisir ? Question d'un auditeur sur le WhatsApp de l'émission.

38:35
Invité

Alors je conseillerais à l'auditeur de me suivre sur les réseaux sociaux. Oui je prends beaucoup de plaisir. Je gravis des montagnes, je fais des fêtes avec des amis, je fais de la plongée, j'ai une vie très heureuse mais justement pour moi le vrai enjeu ce n'est pas la survie c'est le séquençage de nos vies. J'ai écouté tout ce que vous avez dit et en fait aujourd'hui nos institutions datent de 1950. On apprend jeune, on travaille au milieu pendant nos belles années et après on est un peu mis au placard façon de parler et ça n'a aucun sens sur une vie de 100 ou 150 ans. Il faut des carrières en accordéant, des réapprentissages à 50, 70 ans.

Mon père a 85 ans, il est en pleine forme, il apprend l'espagnol, il va à la fac en Espagne à 85 ans. Le gâchis ce n'est pas qu'on vive trop longtemps, quelqu'un qui vous dit à 70 ans oh là là vive jusqu'à 150 laissons la place aux autres c'est parce qu'à 70 ans la personne n'est pas heureuse et s'ennuie de la vie. Il y a peut-être quelque chose à faire à ce niveau-là avant.

39:29
Présentateur

Merci Valérie Orséni, merci Laurent Alexandre, Raphaël Gaillard, Monseigneur Rouget, effectivement vive la vie. Prenons du plaisir. Demain on revient dès midi avec une question qui va faire bondir la gauche et réjouir les libéraux. Faut-il un PDG pour diriger l'entreprise France ? Seuls 9% des Français font confiance aux politiques contre 70% qui font confiance à qui ? A leur patron, alors est-ce qu'on doit virer les énarques pour mettre un chef d'entreprise à l'Elysée ? On en débat dès demain. Merci à mon équipe. A la réalisation c'était Céline Hila et à la technique aujourd'hui Guillaume Roux et Mélissa Etrois.