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Interviewfranceinfo — L'invité éco (sur Site radio)· 8 novembre 2024 8 minContradictoireMixteÉconomie & entreprises

Artisanat : "Il y a en France une envie forte de créer sa propre boîte, de reprendre une entreprise artisanale", selon le président de CMA France

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

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Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:15InvitéFait
    « L'artisanat, concrètement, c'est le premier producteur du fabriqué en France, 2,5 millions d'entreprises. »
  • 0:39PrésentateurPromesse
    « Oui, ça reste un critère de choix. »
  • 2:47PrésentateurFait
    « Elle est très sensible aux enjeux actuels. »
  • 3:28PrésentateurPromesse
    « Oui, il y a des candidats à la reprise. »
  • 4:10PrésentateurChiffre
    « Nous sommes élevés contre ça, parce qu'évidemment, à mon sens, ce n'est pas une économie. Ça devrait être un investissement. »
  • 4:41PrésentateurChiffre
    « Et peut-être là où on était à pratiquement 850 000 à 900 000 apprentis, on va peut-être avoir des difficultés. »
  • 4:59PrésentateurPromesse
    « Je pense que très clairement, moi je suis plutôt favorable pour le maintien de l'aide pour les entreprises de moins de 250, voire 50 salariés. »
  • 5:16PrésentateurChiffre
    « Il faut l'aider, il faut l'accompagner. Si on veut que les jeunes trouvent une possibilité d'employabilité derrière, 80% de ces jeunes trouvent un emploi dans les 6-7 mois qui suivent l'obtention de leur diplôme. »

Temps de parole

  • Présentateur78 %
  • Invité22 %

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0:01
Présentateur

France Info

0:02
Invité

Bonsoir à toutes et à tous, Mif Expo, le salon du Made in France vient de s'ouvrir à Paris, porte de Versailles, ce sera jusqu'à lundi. Bonsoir Joël Fourny. Bonsoir. Vous êtes le président de CMA France, les chambres de métier de l'artisanat. L'artisanat, concrètement, c'est le premier producteur du fabriqué en France, 2,5 millions d'entreprises. C'était la première journée du salon, je voudrais vous poser une question un peu plus large, parce qu'on parle beaucoup de Made in France, que ce soit politique, médias, consommateurs. Mais est-ce qu'il y a un vrai soutien, il y a une vraie envie toujours d'acheter ces produits-là ? Est-ce que c'est un critère ?

0:36
Présentateur

Oui, ça reste un critère de choix. Évidemment, depuis le Covid, on sait que les consommateurs font peut-être un peu plus attention, et le pouvoir d'achat est une des raisons, je dirais, de la limite sur la consommation. Mais pour certains consommateurs, c'est un vrai choix que d'acheter du produit fabriqué en France. Et les artisans sont les premiers ambassadeurs du fabriqué en France. Donc, du coup, évidemment, quand un consommateur achète, je dirais, un produit, ça veut dire qu'il a bien identifié qu'il est peut-être un peu plus cher au départ. C'est ce que j'allais vous dire. Mais en même temps, c'est un produit qui est durable, qui peut être réparable.

La réparabilité dans le secteur de l'artisanat, ça existe. Et donc, du coup, au final, quand vous regardez bien le bilan final, le coût, il n'est pas si élevé que cela.

1:25
Invité

Et donc, il est quelquefois même moins cher. Un argument qu'on oppose parfois, c'est oui, mais parfois, c'est plus cher.

1:31
Présentateur

Oui, parfois, c'est plus cher comme ça. On a l'impression, mais en fait, ça dépend. Si vous voulez donner du sens aux liens sociaux, si vous voulez donner du sens au fait de soutenir l'économie locale et l'économie de proximité, le service aux populations, c'est un acte, je dirais, d'acheter du produit fabriqué en France. Donc, un acte d'engagement vis-à-vis de l'économie nationale. Quel bilan pour cette première journée du salon ? Vous étiez sur place. Vous avez présenté les métiers de l'artisanat. Voilà, j'étais sur place sur l'espace de 2000 mètres carrés où on a 214 entreprises artisanales qui viennent de tous les territoires de France, tous les départements en particulier.

Et du coup, des artisans extrêmement contents d'être là parce qu'ils ont vu beaucoup, beaucoup de monde. Il y a eu un nombre considérable de visiteurs aujourd'hui pour la première journée. C'est assez exceptionnel. Ça veut dire que...

2:15
Invité

C'est-à-dire combien ?

2:16
Présentateur

Alors, je n'ai pas les chiffres, bien évidemment. Je pense que la présidente du salon aurait plus les chiffres que moi. Mais en tout cas, j'ai vu des allées pleines de personnes qui se sont amassées dans les allées du salon. Et c'est vrai que déjà, les artisans sont ravis de la première journée.

2:33
Invité

Vous avez vu une ministre aussi, la ministre chargée de la ruralité, du commerce et de l'artisanat, Françoise Gattel. Est-ce que vous avez l'impression qu'elle, et plus largement l'exécutif, est sensible à vos problématiques, vos enjeux actuels ?

2:43
Présentateur

Alors, elle est très sensible aux enjeux actuels. Notamment, elle voulait regarder quels étaient les exposants et ce qu'ils représentaient. Elle a été très émerveillée et très surprise de voir que bon nombre de chefs d'entreprise qui étaient là étaient avant tout des artisans installés sur des nouveaux métiers du secteur de l'artisanat, mais avec des parcours très atypiques parce que ce sont beaucoup de gens qui sont reconversion professionnelle. Et ça l'a beaucoup rassuré quant à l'enjeu de la filière artisanale, où on sait qu'on a un nombre d'entreprises à céder dans les 10 ans qui viennent, 300 000 entreprises à céder. Et donc, c'est une réelle opportunité pour nous.

3:24
Invité

Et il y a des candidats à la reprise ?

3:26
Présentateur

Oui, il y a des candidats à la reprise. Oui, il y a des créateurs, des porteurs de projets sur des créations de nouvelles entreprises. Même si on est dans une période extrêmement délicate d'un point de vue économique, pour autant, ça reste, j'irais, une envie forte de créer sa propre boîte, de reprendre une entreprise artisanale. Vous avez vraiment de réelles opportunités qui s'ouvrent au grand public, aux personnes, j'irais, qui sont de différents horizons professionnels. Venons-y, justement, à cette période économique.

3:55
Invité

Le gouvernement cherche 60 milliards pour le budget 2025. Il est question, le texte est en examen au Parlement, d'un coup de rabot, notamment sur l'apprentissage et les aides à l'apprentissage.

4:05
Présentateur

Oui, évidemment, ça fait partie des éléments qui sont travaillés dans le cadre du PLF. Nous sommes élevés contre ça, parce qu'évidemment, à mon sens, ce n'est pas une économie. Ça devrait être un investissement. Et quand on parle d'un accompagnement auprès des entreprises à la hauteur de 6 000 euros, même si on revoit les choses, ça veut dire qu'on met un coup de frein à la dynamique sur la formation par alternance, sur la formation initiale, alors même que les entreprises n'ont jamais baissé la garde depuis ces différentes années avec les différentes étapes délicates et difficiles. et je pense que ce serait un très mauvais signe.

Et peut-être là où on était à pratiquement 850 000 à 900 000 apprentis, on va peut-être avoir des difficultés. Je pense qu'en fonction de la taille des entreprises, il est nécessaire de garder l'aide à 6 000 euros. C'est-à-dire qu'il faudrait recentrer pour vous, en fait ? Il faut prendre des décisions. Il faut se donner des vrais objectifs. Et laisser les aides acquis, concrètement. Je pense que très clairement, moi je suis plutôt favorable pour le maintien de l'aide pour les entreprises de moins de 250, voire 50 salariés. Mais en tout cas, à 6 000 euros, c'est nécessaire. Ce n'est pas à l'entreprise de prendre la totalité en charge. Il faut l'aider, il faut l'accompagner.

Si on veut que les jeunes trouvent une possibilité d'employabilité derrière, 80% de ces jeunes trouvent un emploi dans les 6-7 mois qui suivent l'obtention de leur diplôme. C'est une vraie qualité et une qualification importante qui est reconnue par le secteur et par la filière. Si on ne traite pas les choses par ce biais-là, au moment de la formation initiale, on retrouvera ces publics en difficulté et peut-être qu'on aura à investir sur le volet social. Donc prenons l'engagement d'accompagner dès maintenant.

5:48
Invité

Il y a le PLF, le projet de loi de finances, le budget dont on parlait à l'instant. Il y a un autre texte, le gouvernement veut simplifier la vie des entreprises. C'était déjà sur la table avec l'ancien exécutif. Le projet de loi est passé au Sénat, il va revenir à l'Assemblée. Est-ce que ça va dans le bon sens pour vous ? Et je vais aller plus loin, de quoi vous, très petites entreprises, artisans, avez-vous besoin ?

6:07
Présentateur

Alors moi, je voudrais que simplement, tous les jours, on puisse simplifier le temps nécessaire pour le chef d'entreprise, pour la partie déclarative, administrative, etc. Il faut simplifier de manière forte. Ça veut dire qu'il faut oser aller très loin. Il faut oser aller vers le fait d'avoir qu'une question posée à l'entreprise, qu'une porte d'entrée pour la partie déclarative et que l'entreprise n'a pas besoin de renseigner différents services de l'État. Il faut absolument qu'on facilite les choses d'un point de vue administratif pour l'entreprise. L'artisan, lui, il a besoin de produire. Il a besoin de commercialiser. Il a besoin de se développer. Alors, laissons-lui du temps.

Là où il a, je dirais, de plus en plus de tâches à assurer, il faut lui laisser du temps et lui permettre d'aller plus vite dans sa production et donc lui simplifier la partie administrative et déclarative.

6:56
Invité

Concrètement, et même si évidemment, ça serait une moyenne, vous savez combien de temps un artisan consacre en moyenne aux tâches administratives ?

7:02
Présentateur

Là, vous avez pas loin de 20% des artisans qui se passent du temps sur la partie déclarative alors qu'ils ont besoin de ce temps nécessaire pour permettre de produire encore un peu plus. D'autant plus quand on a des problématiques de rentabilité liées au coût de l'énergie, au coût de fonctionnement, à la vie qui est un peu plus chère qu'auparavant. Eh bien, évidemment, plus on est dans cette disposition et plus on a besoin de diminuer la partie déclarative du chef d'entreprise. Son métier, c'est pas la partie administrative, c'est la partie production.

7:40
Invité

On vous entend bien. Merci beaucoup Joël Fourny. Vous êtes président de CM à France, les chambres de métiers et de l'artisanat. Et vous étiez ce soir l'invité Eco de France Info alors que MIF Expo, le salon du Made in France, se déroule. Porte de Versailles à Paris.