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InterviewFrance Inter (sur YouTube)· 4 juin 2024 37 minContradictoireActualité / polémiqueEurope & internationalEnvironnement & énergieDéfenseÉconomie & entreprises

Valérie Hayer : "On risque de voir arriver au Parlement européen des gens qui détestent l'Europe"

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 60 %Attaque 30 %Défensif 10 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 79 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 1:22OuverteRéponse directe

    Est-ce que les élections européennes de 2024 sont les plus importantes de l'histoire de ce scrutin ?

  • 3:29RelanceRéponse partielle

    Qu'est-ce que vous avez raté face à la montée du RN ?

  • 5:09RelanceRéponse partielle

    Est-ce que vous ne payez pas la réforme de l'assurance chômage, celle des retraites, l'usure du pouvoir après 7 ans ?

  • 6:53RelanceRéponse partielle

    Est-ce que vous êtes sous tutelle ?

  • 9:42OuverteRéponse directe

    Est-ce que vous voulez réformer la PAC pour une PAC plus verte ?

  • 15:50RelanceRéponse directe

    Est-ce que cette pause s'impose toujours ? Vos positions sont-elles compatibles ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:42Invité politiqueFait
    « Oui, elles sont les plus importantes de l'histoire de ce scrutin pour les raisons que vous avez évoquées, les défis qui sont devant nous. »
  • 2:13Invité politiqueFait
    « on a un risque de voir arriver au Parlement européen des gens qui détestent l'Europe, les voir arriver en nombre, qui vont nous empêcher de travailler. »
  • 2:36Invité politiqueFait
    « si les amis de Jordan Bardella avaient été si nombreux au point de nous empêcher de travailler, on n'aurait pas pu voter les 70 lois qui nous permettent de lutter contre le réchauffement climatique. »
  • 2:41Invité politiqueChiffre
    « On n'aurait pas pu avoir le plan de relance, cette aide européenne qui a permis de sauver des centaines de milliers d'emplois de vos auditeurs probablement et même de la maison ou de la radio, qui a permis de sauver les restaurateurs, le secteur du tourisme ou Air France par exemple. »
  • 2:54Invité politiqueFait
    « On n'aurait pas pu, comme ça a été décidé il y a quelques semaines, interdire TikTok Lite. »
  • 3:55Invité politiqueFait
    « D'abord, le combat pour l'Europe, c'est le combat contre l'extrême droite, fondamentalement, parce que l'extrême droite veut détricoter l'Europe. »
  • 4:21Invité politiqueFait
    « Je pense que fondamentalement, ce qu'il faut continuer à faire, c'est réformer le pays, et l'Europe, et être utile aux Français. »
  • 4:40Invité politiqueFait
    « On a protégé les Français, grâce à l'Europe, au moment de la crise sanitaire, au moment de la guerre en Ukraine, en travaillant ensemble pour réduire les prix de l'énergie. »
  • 4:59Invité politiqueFait
    « le bouclier tarifaire, notamment, par exemple, qui a permis de réduire plus qu'ailleurs les prix d'énergie. »
  • 5:03Invité politiqueFait
    « On a réindustrialisé aussi en France, donc c'est des emplois à la clé. »
  • 6:17Invité politiquePromesse
    « Moi, j'ai envie, pour protéger les Français, qu'on mette en place une défense européenne. »
  • 6:24Invité politiquePromesse
    « C'est le plan que j'ai appelé Jacques Delors, le plan de 1 000 milliards d'euros d'investissement dans les secteurs qui sont stratégiques, de nucléaire, de la santé. »
  • 7:20Invité politiqueFait
    « D'abord, la femme politique que je suis vous dit que j'ai débattu face à Jordan Bardella. »
  • 7:52Invité politiqueFait
    « Et pardon, quand j'entends qu'on nous ferait des leçons de féminisme par François-Xavier Bellamy, dont on connaît les positions sur les questions des droits des femmes et sur les questions du droit de la famille, c'est insupportable. »
  • 15:58Invité politiqueFait
    « On a beaucoup légiféré sur le mandat qui vient de se terminer. D'ailleurs, nous, en 2019, on avait avec la majorité présidentielle un programme très ambitieux pour définir le pacte vert et comment, concrètement, on atteint la neutralité climatique d'ici à 2050. »
  • 16:35Invité politiqueFait
    « On a fait beaucoup de choses. C'est la fin de la vente des véhicules thermiques neufs d'ici à 2035. »
  • 16:40Invité politiqueFait
    « C'est la taxe carbone aux frontières pour amener de la compétitivité à nos industriels européens. »
  • 16:45Invité politiqueFait
    « C'est la fin de la déforestation importée pour s'assurer que vos auditeurs, les Français, quand ils boivent leur café, ils ont l'assurance que ça n'a pas été fait en dévastant des forêts. »
  • 17:13Invité politiqueChiffre
    « C'est le sens du plan de l'or à 2000 milliards d'euros que je propose dans cette campagne, notamment pour accélérer sur le développement du nucléaire, qui est une énergie propre, produite chez nous, notamment aussi pour accélérer sur le développement du transport vert, le train, ou encore le fait d'installer des usines en France et en Europe qui nous permettent de produire les batteries électriques. »
  • 19:24Invité politiqueFait
    « Parmi les sujets qu'il faut remettre en haut de la pile à notre arrivée, à notre retour au Parlement européen, il y a la sortie progressive, la réduction du visage des pesticides, de toute évidence. »
  • 19:51Invité politiqueFait
    « Et nous, on a dit, on va imposer les mêmes normes à tous les agriculteurs européens. C'est bon pour leur santé, c'est bon pour notre santé. »
  • 20:34Invité politiqueFait
    « La PAC, on l'a déjà réformée quand on est arrivé au Parlement européen en 2020-2021. »
  • 20:48Invité politiqueFait
    « On a réformé une première fois la politique agricole commune en intégrant trois priorités. Une meilleure rémunération des agriculteurs, en intégrant un critère non plus lié à l'hectare, mais à l'actif agricole pour mieux soutenir les petites exploitations. »
  • 21:45Invité politiqueFait
    « Je désapprouve totalement la décision qui a été prise au niveau national aux Pays-Bas. »
  • 22:49Invité politiqueFait
    « Georgia Mélanie, certains la présentent comme une démocrate. Pardon, mais Georgia Mélanie, c'est l'extrême droite. »
  • 22:55Invité politiqueFait
    « En Italie, c'est une filiation pour les enfants de famille au moment parental qui est reniée, c'est la liberté de la presse et l'indépendance des journalistes qui est remise en cause, c'est des associations qui peuvent intervenir dans les cliniques pour empêcher les femmes d'avoir accès à l'IVG. »
  • 23:39Invité politiqueFait
    « il y a un risque énorme que Jordan Bardella, Marine Le Pen et leurs amis arrivent et nous empêchent de travailler au Parlement européen parce qu'ils arriveraient en nombre avec ce qu'on appelle une minorité de blocage. »
  • 25:45Invité politiqueFait
    « Je le pense, j'en suis convaincue. Vous savez, l'histoire de l'Europe, et je l'ai vu dans le mandat qui vient de se terminer, c'est souvent des propositions françaises, un nom de l'Allemagne, et puis, en fait, face à la réalité, les Allemands finissent par bouger. »
  • 26:01Invité politiqueFait
    « C'était un tabou absolu pour les Allemands. Et en fait, Emmanuel Macron a réussi à convaincre Angela Merkel qu'il fallait s'endetter en commun pour sauver notre économie. »
  • 26:11Invité politiqueFait
    « j'ai réussi à les convaincre, mes collègues nordiques, pour qui c'était aussi un tabou absolu. »
  • 27:10Invité politiqueFait
    « Vos propositions sont par nature celles de la France. Donc, ça vous engage à être assez crédible. »
  • 27:52Invité politiqueFait
    « D'abord, la France reste et restera un partenaire crédible dans l'Europe. »
  • 28:00Invité politiqueFait
    « Il faut qu'on engage des investissements massifs pour notre avenir collectivement. »
  • 28:30Invité politiqueFait
    « La première qui l'a proposée, c'est Kaya Kalas, première ministre estonienne. »
  • 28:48Invité politiqueFait
    « Sauf que, principe de réalité, on a besoin d'avancer sur ces questions-là. »
  • 28:53Invité politiqueFait
    « La question de l'endettement, c'était un tabou absolu en 2020. On a réussi à convaincre nos partenaires européens en 2020 qu'il fallait avancer et qu'on était plus forts si on s'endettait en commun. »
  • 29:09Invité politiqueChiffre
    « Mon plan à 1000 milliards d'euros, il a trois sources de financement. Évidemment, aller chercher un nouvel emprunt en commun à 27. »
  • 29:46Invité politiqueFait
    « Deuxième source de financement. Aller faire payer ceux qui ne paient pas leur juste part d'impôt aujourd'hui. Les géants du numérique. »
  • 29:59Invité politiqueChiffre
    « Et donc tout ça va venir alimenter le budget européen. On sera assez loin des milliards. »
  • 30:08Invité politiqueChiffre
    « C'est l'épargne des Français et des Européens. Aujourd'hui, on a 30 000 milliards d'euros d'épargne qui dort en Europe. »
  • 31:33Invité politiqueFait
    « D'abord, première chose, la situation économique de la France est la meilleure d'Europe. »
  • 31:41Invité politiqueChiffre
    « On n'a jamais autant créé d'emplois, le taux de chômage est faible, on a retrouvé des usines, ça n'était pas arrivé depuis 30 ans. »
  • 31:50Invité politiqueFait
    « Ensuite, d'un point de vue budgétaire, sur 2023, la dynamique, la situation, on se porte en France mieux que tous les autres pays d'Europe sur 2023. »
  • 33:42Invité politiqueFait
    « Oui, bien sûr. Non seulement on reste là-dessus. Et moi, je ne suis pas des partisans, des défaitistes, qui considèrent qu'on n'y arrivera jamais. »

Temps de parole

  • Valérie Hayer68 %
  • Présentateur13 %
  • Invité6 %
  • Invité 25 %
  • Présentateur 24 %
  • Invité 32 %

2,2 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

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0:00
Présentateur

8h23, France Inter, la radio des Européennes, Nicolas Demorand. Et à 5 jours des Européennes, nouvelle matinale grand format sur France Inter, vous connaissez maintenant le principe. D'abord un entretien sur le programme et l'actualité avec Yael Gauze, puis des zooms sur l'écologie, l'international et l'économie. Après 9h, deux jeunes citoyennes qui votent pour la première fois aux Européennes, nous rejoindrons pour débattre avec la tête de liste, amis auditeurs, amis auditrices. Vous aurez également la parole au 01 45 24 7000 et sur l'application France Inter. Valérie Ayet, bonjour. Bonjour. Et bienvenue à ce micro, merci d'avoir accepté notre invitation.

Vous êtes tête de liste, besoin d'Europe, majorité présidentielle et eurodéputée sortante. Après l'entretien avec Yael, place donc aux spécialistes et aux éditorialistes du 7-10. Célia Quiré vous interrogera sur les normes environnementales, Pierre Aski sur les futures alliances au Parlement européen et Dominique Seux sur votre projet d'un emprunt à 1000 milliards d'euros pour financer de grands projets en Europe. Mais d'abord cette question que nous avons posée à toutes les têtes de liste dans ces matinales spéciales. Réchauffement climatique, guerre en Ukraine, élections présidentielles incertaines aux Etats-Unis en novembre prochain.

Les élections européennes, vous le savez, existent depuis 1979. Alors est-ce que celles de 2024 sont les plus importantes de l'histoire de ce scrutin ?

1:42
Valérie Hayer

Oui, elles sont les plus importantes de l'histoire de ce scrutin pour les raisons que vous avez évoquées, les défis qui sont devant nous. Et puis parce que, regardons le monde, on a Vladimir Poutine à l'Est qui nous menace, le possible retour de Donald Trump aux Etats-Unis, Xi Jinping. Et dans ce monde, on n'a jamais eu autant besoin d'Europe pour répondre aux défis que vous avez évoqués. Et le paradoxe, c'est un premier élément qui explique que ces élections soient historiques.

Et deuxième élément, le paradoxe, c'est qu'alors même qu'on n'a probablement jamais autant eu besoin d'Europe, on a un risque de voir arriver au Parlement européen des gens qui détestent l'Europe, les voir arriver en nombre, qui vont nous empêcher de travailler. Et donc c'est toute la machine qui risque de s'enrayer. Ce n'est pas anodin pour les Français. Simplement pour donner quelques exemples sur le mandat qui vient de se terminer, si les amis de Jordan Bardella avaient été si nombreux au point de nous empêcher de travailler, on n'aurait pas pu voter les 70 lois qui nous permettent de lutter contre le réchauffement climatique.

On n'aurait pas pu avoir le plan de relance, cette aide européenne qui a permis de sauver des centaines de milliers d'emplois de vos auditeurs probablement et même de la maison ou de la radio, qui a permis de sauver les restaurateurs, le secteur du tourisme ou Air France par exemple. On n'aurait pas pu, comme ça a été décidé il y a quelques semaines, interdire TikTok Lite. TikTok Lite c'est quoi ? C'est une nouvelle application qui faisait que plus les jeunes regardaient des vidéos, plus ils bénéficiaient de bons d'achat sur Amazon. C'était la marchandisation de nos ados. On a dit non et c'est le rapport de force qu'on est en train de faire vis-à-vis notamment des géants du numérique.

Et tout ça c'est possible parce qu'on a été ambitieux dans le mandat qui vient. Et demain, le risque, avec des gens qui détestent l'Europe, qui arrivent en nombre au Parlement européen pour tout bloquer, c'est qu'on ne puisse plus répondre ensemble aux défis qui passent sur nous.

3:29
Invité

On entend ce que vous appelez le risque, on entend votre combat contre l'extrême droite, mais moi j'ai le souvenir au soir de sa première élection présidentielle, le 7 mai 2017, le soir de sa victoire, Emmanuel Macron dans la cour du Louvre qui dit « Je ferai tout pour que dans les cinq prochaines années, donc d'ici à 2022, les électeurs de Marine Le Pen n'aient plus aucune raison de voter pour les extrêmes. » Je ferme les guillemets. Nous sommes sept ans après, jamais le RN n'a été aussi haut, il pourrait avoir deux fois plus de voix que vous. Qu'est-ce que vous avez raté ?

3:55
Valérie Hayer

D'abord, le combat pour l'Europe, c'est le combat contre l'extrême droite, fondamentalement, parce que l'extrême droite veut détricoter l'Europe. Ensuite, cette dynamique de l'extrême droite, malheureusement, on la voit partout en Europe, et je dirais même on la voit partout dans les démocraties occidentales. Vous l'expliquez comment ? Moi, je continuerai à batailler contre l'extrême droite, contre les amis de Jordan Bardella, Marine Le Pen, Marion Maréchal Le Pen.

4:17
Invité

On a compris que vous allez batailler, mais quelles sont les causes ?

4:21
Valérie Hayer

Je pense que fondamentalement, ce qu'il faut continuer à faire, c'est réformer le pays, et l'Europe, et être utile aux Français. Probablement et évidemment que tout n'a pas été bien fait, c'est une réalité, et les Français, aujourd'hui, on est dans un monde qui génère des angoisses, des inquiétudes, des incertitudes. On a protégé les Français, grâce à l'Europe, au moment de la crise sanitaire, au moment de la guerre en Ukraine, en travaillant ensemble pour réduire les prix de l'énergie. Et évidemment, la situation économique reste difficile pour les Français.

Elle est moins difficile que dans d'autres pays en Europe, parce qu'il y a eu les mesures européennes, et puis il y a eu des mesures qui ont été mises en place au niveau national, le bouclier tarifaire, notamment, par exemple, qui a permis de réduire plus qu'ailleurs les prix d'énergie. On a réindustrialisé aussi en France, donc c'est des emplois à la clé. Néanmoins, la situation économique reste difficile.

5:09
Présentateur

Mais est-ce que vous ne payez pas aussi, Valérie Ayet, pardon de vous interrompre, est-ce que vous ne payez pas aussi la réforme de l'assurance chômage, celle des retraites, l'usure du pouvoir après 7 ans ? Est-ce que vous n'êtes pas tout simplement face à un vote sanction dans cette élection ?

5:26
Valérie Hayer

Alors, le contexte politique, il est difficile. Effectivement, on est en responsabilité depuis 7 ans désormais. Mais moi, ce que je dis aux Français, c'est qu'on peut être en colère, se poser des questions sur la politique qui est menée au niveau national. Moi, je dis aux Français, aux auditeurs qui nous écoutent, ce n'est pas l'enjeu de ces élections européennes. L'enjeu aujourd'hui, il est bien plus grand. C'est notre avenir en Europe, la place de la France en Europe, la place de l'Europe dans le monde. Et ces élections, elles sont extrêmement importantes.

On doit pouvoir emmener au Parlement européen des gens qui sont pro-européens, qui vont continuer de bâtir l'Europe pour permettre de véritablement nous protéger. J'entends certains qui peuvent être les tenants du repli sur soi. Comment on peut imaginer en 2024, face aux défis qui sont devant nous, qu'on sera plus forts tout seuls ? Évidemment qu'on sera beaucoup plus forts en étant à 27, en travaillant à 27. Moi, j'ai envie, pour protéger les Français, qu'on mette en place une défense européenne. J'ai envie qu'on mette en place un grand plan d'investissement.

C'est le plan que j'ai appelé Jacques Delors, le plan de 1 000 milliards d'euros d'investissement dans les secteurs qui sont stratégiques, de nucléaire, de la santé. On va y en venir avec Dominique, on va développer ça. Et donc, fondamentalement, je dis aux Français, ne vous trompez pas d'élection. Et j'ai dans cette élection des concurrents qui sont tous projetés sur une autre élection que celle qui nous intéresse aujourd'hui. Moi, je ne suis pas candidate à l'élection présidentielle, je ne le serai pas. Je suis modestement candidate au Parlement européen. Et je veux que je revienne au Parlement européen avec un maximum de députés européens pour continuer à faire changer les...

6:53
Présentateur

Statutairement, quelques mots sur la campagne avant d'en venir à votre programme, Yael.

6:57
Invité

Statutairement, vous êtes la tête de liste. C'est bien vous qu'on voit sur les affiches depuis la semaine dernière. Mais ce n'est pas vous qui débattez contre Jordan Bardella, c'est Gabriel Attal. Et quand c'est vous qui parlez à l'auditorium de Radio France, comme hier, pour un grand oral pour France Info, vous êtes interrompue par Gabriel Attal, encore lui, qui s'invite sur scène et qui prend le micro. Est-ce que vous êtes sous tutelle ? Qu'est-ce qu'en dit la femme politique que vous êtes ? Présidente de groupe, ce n'est pas rien au Parlement européen.

7:20
Valérie Hayer

D'abord, la femme politique que je suis vous dit que j'ai débattu face à Jordan Bardella. J'ai eu mon face-à-face avec Jordan Bardella, je crois que c'était au mois d'avril. Et je débat toutes les semaines maintenant, plusieurs fois par semaine avec l'ensemble des têtes de liste. Ensuite, depuis le début de la campagne, je subis, entre guillemets, polémique sur polémique. Polémique vaine et stérile sur polémique vaine. Le président de la République parle, on dit qu'il ne devrait pas parler. S'il ne parlait pas, on lui reprocherait de ne pas parler. Le Premier ministre s'implique dans la campagne, on considère qu'il est trop impliqué.

Et pardon, quand j'entends qu'on nous ferait des leçons de féminisme par François-Xavier Bellamy, dont on connaît les positions sur les questions des droits des femmes et sur les questions du droit de la famille, c'est insupportable. Et moi, je vous pose une question. Moi, je suis tête de liste. La majorité présidentielle, le président de la République m'a fait confiance. Je suis une femme tête de liste. En 2019, on avait déjà eu une femme tête de liste.

8:12
Invité

Nathalie Loiseau.

8:13
Valérie Hayer

Elles sont où les numéros 2 de Raphaël Glucksmann, de Jordan Bardella, de François-Xavier Bellamy ? Est-ce qu'ils les mettent en avant ? Non. Donc moi, je suis très fière d'être une femme et d'avoir le soutien du Premier ministre, du Président de la République également. Et franchement, faire ces attaques à Gabriel Attal en sexisme et en misogynie, c'est indigne. Véritablement, il est à mes côtés. Je suis très fière de l'avoir à mes côtés et en aucun cas frustrée.

8:39
Présentateur

Marie Toussaint a eu des mots très durs hier sur cette intervention de Gabriel Attal dans l'auditorium de Radio France. Je la cite. Les femmes ne sont pas des paillassons. Je partage cette colère de voir le Premier ministre et le Président de la République s'essuyer les pieds sur Valérie Aigué. Fin de citation. Comment accueillez-vous ce soutien d'une autre tête de liste ? Merci Marie Toussaint ou non merci ?

9:04
Valérie Hayer

Mais je n'ai besoin du soutien de personne. Est-ce qu'on peut me laisser parler, m'exprimer ? Ça suffit. Depuis le début de ma campagne, on m'interroge sur des questions de forme, sur des polémiques. Est-ce qu'on peut enfin parler du fond, du programme, de l'enjeu des 48 propositions, de l'enjeu du risque de voir arriver l'extrême droite qui veut détricoter l'Europe au Parlement européen ? C'est ça le véritable enjeu des mensonges de l'extrême droite de Jordan Bardella qui d'une semaine à l'autre, d'une année à l'autre, change totalement de programme et qui ment aux Français, qui surfe sur les colères.

Et de mon programme, moi j'ai un programme lucide et ambitieux pour servir l'impérité des Français.

9:41
Invité

On va y venir. Une dernière question de forme. Jeudi soir, 20h, TF1, France 2 et les chaînes d'info. Le président de la République interviewait en direct de Caen à l'occasion des 80 ans du débarquement. L'opposition s'insurge contre le risque d'inéquité si près du vote et a saisi l'ARCOM. François-Xavier Bellamy, pour les Républicains, dit qu'il n'y a pas un pays en Europe où les choses se passent comme ça. Raphaël Glucksmann, hier à ce micro, le président de la République va convoquer tous les médias. Dans quel pays européen ça pourrait se passer ainsi ? Est-ce que vous êtes d'accord avec cet exécutif qui a qu'à part les médias dans les dernières heures de la campagne ?

10:11
Valérie Hayer

On est dans un anniversaire qui est historique. Volodymyr Zelensky sera là, Joe Biden sera là, Charles III sera là. Le monde va nous regarder pour ce 80e anniversaire du débarquement. Et on s'offusquerait que le président de la République parle à cette occasion. Il n'a pas choisi la date du débarquement, il n'a pas non plus choisi la date des élections européennes. Donc là encore, ça suffit, on est dans un moment important. Par ailleurs, évidemment qu'il y a un lien avec l'engagement européen. Ce sont des jeunes, l'anniversaire du débarquement, des jeunes canadiens, des jeunes américains qui sont venus, qui ont payé de leurs prix.

10:46
Invité

Ce sera une mémoire politique.

10:48
Valérie Hayer

En tout état de cause, je vous le redis, le président de la République, ne vous inquiétez pas, il ne viendra pas avec un bulletin Valérie Ayer à l'occasion de ce journal et de cette interview. Et les journalistes feront leur boulot.

10:59
Présentateur

Valérie Ayer, venons-en à votre programme sur le modèle de l'endettement commun du plan de relance post-Covid. Vous voulez lever donc 1000 milliards d'euros d'emprunts. Dominique Seux en parlera avec vous dans un instant très en détail. On note aussi une forte ambition pour la défense, puisque vous voulez créer un fonds européen de soutien aux industries d'armement doté de 100 milliards d'euros. On lit aussi que vous voulez élargir les domaines soumis au vote à la majorité qualifiée, rééquilibrer les pouvoirs avec le Parlement européen. Bref, semble, c'est ce qui c'est, une forme de fédéralisme. Dites-moi si je me trompe.

Mais contrairement à Marie Toussaint ou à Raphaël Guzman, j'ai l'impression que vous ne l'assumez pas totalement ce fédéralisme. Oui ou non ?

11:46
Valérie Hayer

Vous savez, parfois en France, il y a des mots qui sont perçus comme des gros mots. Alors celui-là, pour vous, c'en est un ? Pour moi, ça n'en est pas un. Vous êtes fédéraliste, vous vous le dites ce matin ? Moi, je suis aussi dans un groupe libéral. Le mot libéralisme, on peut mettre plein de choses dedans. Le mot fédéralisme, on peut mettre plein de choses dedans. Si être fédéraliste, c'est appeler à davantage d'intégration européenne, appeler à remettre en cause le vote de l'unanimité pour être plus efficace dans nos prises de décision.

Si être fédéraliste, c'est travailler ensemble dans la lutte contre le réchauffement climatique, d'en bâtir une défense européenne, dans le fait de mettre en place un grand plan d'investissement dans les secteurs stratégiques pour préserver la paix, la prospérité et la liberté en Europe, eh bien oui, je le suis. Mais en fait, on ne va pas débattre sur les mots. La réalité, c'est qu'on a besoin davantage d'intégration européenne. C'est une évidence.

12:36
Présentateur

Et l'Europe, vous semble-t-elle donc suffisamment démocratique ? Je le disais d'un mot, faut-il rééquilibrer les pouvoirs entre la Commission et le Parlement ? Que le Parlement ait enfin, disent certains, le pouvoir d'initier les lois européennes.

12:53
Invité

Parce qu'on le rappelle, la Commission, c'est la Commission qui a l'initiative de faire les lois.

12:57
Valérie Hayer

Donc oui, je suis parlementaire et je demande à ce qu'on puisse avoir davantage de droits et de libertés. C'est simplement parce qu'on représente les citoyens européens. Et aujourd'hui, on n'a pas ce pouvoir de proposer des lois. Vous pensez que vous l'obtiendrez ? Alors, c'était d'ailleurs un engagement de la présidente actuelle de la Commission européenne qu'elle n'a pas tenu. Donc c'est l'une des exigences qu'on formulera auprès du prochain ou de la prochaine candidate à la présidence de la Commission. Mais c'est important. Aujourd'hui, on fait des rapports, on dresse des lignes directrices, mais on n'a pas effectivement cette capacité à proposer des lois.

13:30
Invité

Autre fédéraliste. Nous recevions hier à ce micro Raphaël Glucksmann, candidat PS Place Publique. Vous estimiez début mars, au début de la campagne, que Raphaël Glucksmann votait à 90% comme vous au Parlement européen et qu'il devait être avec vous et qu'il le sait. Est-ce que vous le redites ce matin ?

13:44
Valérie Hayer

J'ai dit au début de la campagne que Raphaël Glucksmann votait 90% comme nous et que François-Xavier Bellamy votait 80% comme nous. C'est la réalité de la situation politique au Parlement européen. Au Parlement européen, il n'y a pas un groupe qui a la majorité à lui tout seul et donc on fait des coalitions. Et moi, j'assume, je préside le groupe Renew, centriste et centrale, sans lequel aucune majorité n'est possible. Et j'assume d'être dans une coalition avec le PPE, la droite européenne et les sociodémocrates européens.

14:09
Invité

Donc voter LR en France ou voter PS en France, c'est comme voter Renaissance alors ?

14:13
Valérie Hayer

Non, non, je vais vous dire, on a des différences fondamentales. Ce que je veux dire, c'est que moi, j'assume au Parlement européen d'être dans cette coalition. Là où M. Glucksmann et Bellamy se planquent dans le débat français, jamais ils vous disent qu'ils sont dans une coalition avec Renew ou le PPE ou Renew et SND. Et on a aussi une différence fondamentale avec Raphaël Glucksmann et même avec François-Xavier Bellamy, c'est le sens des responsabilités. Je vais vous donner un exemple. Quand on est véritablement, quand on se dit profondément pro-européen, on est au rendez-vous de l'histoire. M.

Glucksmann, il n'a pas voté la loi climat qui nous a permis de fixer l'objectif de neutralité climatique d'ici à 2050. Il n'a pas voté le plan de relance, l'aide européenne, qui nous a permis de sauver notre économie et d'engager 250 milliards d'euros dans la transition environnementale. Il n'a pas voté la loi immigration qui nous permet de mettre un terme à l'immigration illégale. François-Xavier Bellamy, c'est la même chose. Et donc ces deux-là, non seulement ils n'ont pas voté ces textes-là, alors même que leurs groupes, les groupes politiques dans lesquels ils siègent, ils les ont négociés et votés. Donc ils se sont mis en marge de leurs propres groupes.

Et fondamentalement, on ne peut pas se dire définitivement pro-européen et au grand mot, rendez-vous de l'histoire, ne pas être au rendez-vous.

15:21
Présentateur

Vous écoutez France Inter et cette matinale grand format dont l'invité Valérie Ayet, tête de liste, besoin d'Europe, majorité présidentielle. Il est 8h38. Et la parole maintenant aux éditorialistes et journalistes du 7-10. C'est Célia Quiré, spécialiste environnement à la rédaction de France Inter, qui démarre et vous interroge Valérie Ayet sur la grande question des normes. Bonjour Valérie. Bonjour. Alors, parmi les trois axes de votre programme, vous voulez développer une puissance écologique, économique et sociale. Vous êtes en phase avec la Commission européenne. Vous voulez même compléter le pacte vert, la feuille de route européenne pour le climat.

Ça veut dire aller plus loin qu'aujourd'hui pour réduire les émissions de CO2. Pourtant, il y a un an, en mai, Emmanuel Macron avait réclamé une pause au sujet des normes environnementales. Est-ce que cette pause s'impose toujours ? Vos positions sont-elles compatibles ?

16:19
Valérie Hayer

Absolument, elles le sont. On a beaucoup légiféré sur le mandat qui vient de se terminer. D'ailleurs, nous, en 2019, on avait avec la majorité présidentielle un programme très ambitieux pour définir le pacte vert et comment, concrètement, on atteint la neutralité climatique d'ici à 2050. On a fait beaucoup de choses. C'est la fin de la vente des véhicules thermiques neufs d'ici à 2035. C'est la taxe carbone aux frontières pour amener de la compétitivité à nos industriels européens. C'est la fin de la déforestation importée pour s'assurer que vos auditeurs, les Français, quand ils boivent leur café, ils ont l'assurance que ça n'a pas été fait en dévastant des forêts.

Maintenant, ce qu'il faut faire, c'est le temps de la mise en œuvre des lois. On a voté plus de 70 lois pour atteindre la neutralité climatique d'ici à 2050. Maintenant, il faut mettre en œuvre et il faut mettre les moyens financiers. C'est le sens du plan de l'or à 2000 milliards d'euros que je propose dans cette campagne, notamment pour accélérer sur le développement du nucléaire, qui est une énergie propre, produite chez nous, notamment aussi pour accélérer sur le développement du transport vert, le train, ou encore le fait d'installer des usines en France et en Europe qui nous permettent de produire les batteries électriques.

17:28
Présentateur

Quand on voit la colère agricole, par exemple, quand on voit ces normes qui crispent, à droite notamment, est-ce qu'il faut une pause ?

17:35
Valérie Hayer

Il y a eu des ajustements qui ont été faits en réponse à la colère agricole. Donc un ralentissement ? Ajustement, par ralentissement ? Non, non, ajustement, pas pause ou abandon, en aucun cas. Un ajustement parce qu'on ne peut pas engager l'écologie sans embarquer tout le monde. Donc maintenant, mise en œuvre, ajustement quand ils sont nécessaires, mais ils ont été véritablement minimes, et on continue sur l'ambition en appliquant et en mettant de l'argent sur la table pour permettre que personne ne reste au bord du chemin. Ça veut dire accompagner les ménages pour la rénovation thermique de leurs bâtiments.

Ça veut dire permettre aux Français, avec une aide financière, d'acheter une voiture électrique à terme, à un prix qui sera abordable. Et moi, je veux aussi qu'on aille plus loin, par ailleurs, sur ces questions-là, sur le prochain mandat. Donc il y a l'enjeu financier. Donc on a voté la taxe carbone aux frontières. Là, vous revenez sur le bilan. Non, non, justement, je viens en termes de projection. Il faut qu'on puisse étendre la taxe carbone aux frontières, puisqu'aujourd'hui, elle s'applique sur les matières premières. Par exemple, une voiture, aujourd'hui, elle n'est pas intégrée dans la taxe carbone aux frontières. Il faut qu'on puisse l'intégrer. C'est important.

C'est un enjeu de compétitivité pour nos industriels. Et s'assurer qu'une voiture produite en Chine, elle respecte les mêmes normes, elle soit soumise aux mêmes normes en matière environnementale qu'une voiture qui est produite chez nous.

18:49
Présentateur

Et justement, ces normes, ces normes, aujourd'hui, elles crispent, à droite en particulier. Il y a eu des reculs environnementaux ces derniers mois. Mercredi dernier, ce sont des organismes de recherche européens qui ont alerté d'une seule voix sur les reculs de l'Union européenne. Ils déplorent, je cite, un état d'esprit anti-environnement bien trop présent à Bruxelles. Ils citent pêle-mêle la réautorisation du glyphosate pour 10 ans, la baisse des normes agricoles, fini les discussions sur la préservation des vieilles forêts. Est-ce que là, vous êtes prête, puisque vous parlez de la suite, à remettre tous ces sujets en haut de la pile et donc à écouter les scientifiques ?

19:19
Valérie Hayer

Parmi les sujets qu'il faut remettre en haut de la pile à notre arrivée, à notre retour au Parlement européen, il y a la sortie progressive, la réduction du visage des pesticides, de toute évidence. Moi, je l'ai soutenu. Sauf que ce texte, il a été tué dans l'œuf à la faveur d'une association de circonstances entre la droite et l'extrême droite européenne. Oui, fini l'objectif de les diminuer de moitié. Ce qu'il faut avoir pour vos éditeurs et pour les Français qui nous écoutent, on a en France un objectif de réduction des produits phytosanitaires. C'est ce qu'on a appelé le plan éco-phyto. Il y a trois pays en Europe aujourd'hui qui ont un objectif de réduction des pesticides.

Et nous, on a dit, on va imposer les mêmes normes à tous les agriculteurs européens. C'est bon pour leur santé, c'est bon pour notre santé. Et puis, ça permettra d'éviter de la concurrence déloyale pour nos agriculteurs français qui ont par ailleurs une agriculture qui est probablement la plus qualitative d'Europe. Donc, ça, on n'a pas pu parce qu'alliance entre l'extrême droite et la droite. Eh bien, on va remettre le dossier sur la table en revenant au Parlement européen. C'est fondamental pour lutter contre la concurrence déloyale.

20:19
Présentateur

Et sur l'agriculture, justement, un sujet qui vous est cher. Vous êtes une famille d'agriculteurs. Est-ce que vous voulez réformer la PAC pour une PAC plus verte, justement, avec des aides qui, pourquoi pas, dépendraient du bon respect de l'environnement ?

20:29
Valérie Hayer

Alors, la PAC, on l'a déjà réformée quand on est arrivé au Parlement européen en 2020-2021. Là, il s'agit d'aller plus loin. Oui, bien sûr. Mais simplement, il faut expliquer aux auditeurs ce qu'on a fait. Déjà, nous, on est en responsabilité depuis 2019. Je suis arrivée au Parlement européen en 2019. On a réformé une première fois la politique agricole commune en intégrant trois priorités. Une meilleure rémunération des agriculteurs, en intégrant un critère non plus lié à l'hectare, mais à l'actif agricole pour mieux soutenir les petites exploitations.

On a eu une deuxième priorité qui était d'accompagner les agriculteurs dans la transition environnementale, et une troisième pour garantir la souveraineté alimentaire. Donc ça, c'est une réforme qui a été utile, ce qui fait que la PAC est plus juste, plus rémunératrice et plus verte. Est-ce qu'il faut aller plus loin sur la prochaine PAC ? Évidemment, pour mieux rémunérer les agriculteurs davantage encore, et puis pour les accompagner davantage sur la transition environnementale.

21:20
Présentateur

Merci, Célia Kyré. Et on retrouve maintenant Pierre Aski, qui vous interroge. Valérie Ayet, pour commencer, sur la future configuration du Parlement européen.

21:30
Invité

Oui, vous vous êtes engagé au cours de la campagne à maintenir le cordon sanitaire autour de l'extrême droite au niveau européen. Est-ce que ça signifie que le parti libéral néerlandais, qui s'est allié à Gerd Wilders pour former le gouvernement, sera exclu du groupe Renew, dont vous êtes la présidente ?

21:45
Valérie Hayer

Alors, j'ai eu l'occasion de m'exprimer sur ce sujet. Je désapprouve totalement la décision qui a été prise au niveau national aux Pays-Bas. Je considère qu'ils se sont mis en marge de nos principes, de nos valeurs. Ensuite, moi, je suis présidente de groupe, j'ai une responsabilité collective, et donc j'ai d'ores et déjà fixé une réunion de groupe la semaine prochaine pour évoquer cette situation-là. Je vous le dis, moi je suis très claire, je considère qu'ils se sont mis en marge de nos valeurs et de la ligne de notre groupe.

Après, je ne décide pas seule, il y a des statuts, je respecte le débat, et ça nécessite d'abord qu'on ait un débat entre l'ensemble des partenaires membres du groupe.

22:21
Invité

Et quelle sera votre attitude si la droite européenne propose une coalition avec Mme Mélanie, comme l'a proposé ou l'a suggéré Ursula von der Leyen ?

22:30
Valérie Hayer

J'ai déjà eu l'occasion à de nombreuses reprises d'expliquer publiquement, d'expliquer à Ursula von der Leyen, dont je ne sais pas si elle sera la prochaine candidate, mais d'expliquer au président du groupe PPE de la droite européenne, que pour moi c'était hors de question, en juin, de me mettre à la table des négociations avec le groupe de Georgia Mélanie. Georgia Mélanie, ou le groupe de Georgia Mélanie, c'est quoi ? Georgia Mélanie, certains la présentent comme une démocrate. Pardon, mais Georgia Mélanie, c'est l'extrême droite.

En Italie, c'est une filiation pour les enfants de famille au moment parental qui est reniée, c'est la liberté de la presse et l'indépendance des journalistes qui est remise en cause, c'est des associations qui peuvent intervenir dans les cliniques pour empêcher les femmes d'avoir accès à l'IVG. C'est ça Georgia Mélanie. Et dans le groupe de Georgia Mélanie, on a le parti Reconquête, d'Éric Zemmour, on a le parti PICH, conservateurs polonais, qui ont été chassés du pouvoir il y a quelques mois, qui ont sapé l'État de droit, piétiné l'État de droit en Pologne. Donc pour moi c'est hors de question de se mettre à la table des négociations.

23:28
Invité

Donc vous seriez à l'extérieur d'une coalition qui comprendrait ?

23:32
Valérie Hayer

Moi je pense que même s'il y a un risque énorme, et j'alerte véritablement nos auditeurs, il y a un risque énorme que Jordan Bardella, Marine Le Pen et leurs amis arrivent et nous empêchent de travailler au Parlement européen parce qu'ils arriveraient en nombre avec ce qu'on appelle une minorité de blocage. Néanmoins, pour moi, on peut travailler, on doit continuer à travailler sur une coalition pro-européenne qui réunit la droite européenne, les sociodémocrates européens et le groupe politique que je préside qui est le groupe Renew. C'est possible, y compris dans les évaluations les plus conservatrices et prudentes, cette majorité on continue de l'avoir.

24:08
Invité

L'Ukraine ? Est-ce que la poussée souverainiste dont vous parlez sera de nature à handicaper ou à même à bloquer l'aide à l'Ukraine ?

24:15
Valérie Hayer

Potentiellement. Potentiellement, et c'est pour ça qu'on est dans un moment historique. On a pu, dans le mandat qui vient de se terminer, avoir une majorité large du Parlement européen en soutien à l'Ukraine. Modulo, l'extrême droite, qui soit on l'assumait de manière très claire, soit ne l'assume plus aujourd'hui, mais globalement on a une majorité très forte en soutien à l'Ukraine. Demain, si les amis, les extrêmes droites, qui ont des liens assumés ou un peu moins désormais avec Vladimir Poutine, s'ils arrivent et bénéficient d'une minorité de blocage et nous empêchent de travailler au Parlement européen, c'est potentiellement l'aide à l'Ukraine.

24:52
Invité

Et comment la sanctuariser ?

24:54
Valérie Hayer

Et bien comment la sanctuariser ? Je le dis, travailler, ce sera ma responsabilité présidente de groupe, de travailler à une majorité qui soit possible, pérenne, avec la droite européenne et les sociodémocrates européens et le groupe politique que je préside en tout état de cause. La priorité, il me reste quatre jours. Quatre jours pour convaincre les Français que cette élection, elle est historique, qu'on ne peut pas, pour l'image de la France, mais aussi pour la suite de ce qu'on doit faire au Parlement européen, on ne peut pas envoyer le plus gros contingent de députés d'extrême droite au Parlement européen. C'est notre avenir qui se joue là.

Donc la première action, c'est de faire en sorte qu'il y ait le moins possible de députés d'extrême droite au Parlement européen pour nous permettre de continuer à travailler.

25:32
Invité

Pierre ? Et le fonds de 100 milliards d'euros dont vous parlez pour la défense, il se heurte aujourd'hui à l'opposition notamment de l'Allemagne. Est-ce que vous pensez que vous arriverez à créer un consensus et à dépasser cette opposition ?

25:45
Valérie Hayer

Je le pense, j'en suis convaincue. Vous savez, l'histoire de l'Europe, et je l'ai vu dans le mandat qui vient de se terminer, c'est souvent des propositions françaises, un nom de l'Allemagne, et puis, en fait, face à la réalité, les Allemands finissent par bouger. Ça a été le cas avec le plan de relance, l'aide européenne, en 2020, pour sortir de la crise sanitaire. C'était un tabou absolu pour les Allemands. Et en fait, Emmanuel Macron a réussi à convaincre Angela Merkel qu'il fallait s'endetter en commun pour sauver notre économie.

Et moi-même, j'ai négocié le plan de relance au Parlement européen, j'ai réussi à les convaincre, mes collègues nordiques, pour qui c'était aussi un tabou absolu. Parce que face à la réalité des besoins, on doit avancer. Et sur le fonds de défense de 100 milliards d'euros, c'est la même chose. On est dans une course contre la montre. Vladimir Poutine attaque l'Ukraine, il nous menace déjà. On l'a vu en France. Les étoiles de David taguées sur les murs au lendemain des attaques du 7 octobre. Les mains rouges peintes sur le mur des Justes, au mémorial de la Shoah, il y a quelques semaines. On sait que c'est le fruit de ces demandes, ça a été commandé par le Kremlin.

Même chose en Nouvelle-Calédonie. On le sait, c'est documenté. Et demain, si Donald Trump revient en responsabilité aux Etats-Unis, on n'aura plus d'aide américaine. Donc, on doit avancer. C'est une course contre la mode pour créer les conditions de notre propre sécurité.

26:55
Présentateur

Merci Pierre Aski. Et à vous Dominique Seux. Dominique, un emprunt à 1000 milliards d'euros.

27:03
Invité

Exactement. Bonjour Valérie Aguil. Votre situation est un peu particulière par rapport aux autres candidats, puisque votre parti est à l'Elysée et au gouvernement. Donc, vos propositions sont par nature celles de la France. Donc, ça vous engage à être assez crédible. Ça vous interdit aussi de dire n'importe quoi. Or, vous proposez un plan européen d'investissement de 1000 milliards d'euros pour l'écologie, l'énergie, le numérique, le vaccin contre le cancer. Vous en parlez très souvent. Mais en réalité, vous n'avez aucune chance de convaincre les autres pays d'accroître l'endettement de l'Europe, alors que la France est déjà un des pays les plus endettés.

Tous les pays vont vous dire, c'est trop facile. Pourquoi on n'a aucune chance ? Parce que les autres pays vont dire, attendez, la France, 13 ans d'été, dégradée par S&P, Standard & Poor's, pardon, en quoi les autres capitales vont dire banco ?

27:52
Valérie Hayer

D'abord, la France reste et restera un partenaire crédible dans l'Europe. Ensuite, je le redis, on est dans un moment de bascule. Il faut qu'on engage des investissements massifs pour notre avenir collectivement. On peut essayer de mettre en place des investissements à l'échelle nationale, d'ailleurs ils sont faits. Mais la réalité, c'est qu'on a besoin d'investir en commun à 27 pour soutenir le nucléaire, qui est une énergie propre d'avenir, qui nous permet de ne pas dépendre d'autres pays.

28:17
Invité

Que le besoin existe, il y a peu de doutes là-dessus. Mais les autres capitales n'en ont pas l'air extrêmement convaincus. Et on n'entend pas dans les autres pays les listes qui sont vos équivalents dire, allons-y, 1000 milliards.

28:27
Valérie Hayer

Regardez, les 100 milliards d'euros du fonds de défense. On n'a pas été les premiers, je dois dire qu'on n'a pas été les premiers à les proposer. La première qui l'a proposée, c'est Kaya Kalas, première ministre estonienne. Alors évidemment, elle est membre de ma famille politique, mais elle fait partie de ce qu'on appelle les frugaux. Ceux qui normalement n'aiment pas trop qu'on mette de l'argent dans le budget commun. Sauf que, principe de réalité, on a besoin d'avancer sur ces questions-là. Et je veux redire aux auditeurs, la question de l'endettement, c'était un tabou absolu en 2020.

On a réussi à convaincre nos partenaires européens en 2020 qu'il fallait avancer et qu'on était plus forts si on s'endettait en commun. La réalité, c'est qu'on doit déjà commencer à rembourser cet emprunt, c'est une évidence. Mais aujourd'hui, face aux défis qui sont devant nous, il faut qu'on mette de l'argent sur la table. Mon plan à 1000 milliards d'euros, il a trois sources de financement. Évidemment, aller chercher un nouvel emprunt en commun à 27. Première source de financement. Deuxième source de financement.

29:20
Invité

Donc la condition, c'est que les Allemands, par exemple, disent, ok, allons-y.

29:22
Valérie Hayer

D'accord, oui, exactement. Mais je pense que principe de réalité, on va devoir investir encore ensemble. Finira par s'imposer. Effectivement, si on veut ne pas dépendre d'autres puissances, si on veut réindustrialiser, si on veut accompagner...

29:34
Invité

Donc c'est un pari à ce stade, une seconde source de financement.

29:37
Valérie Hayer

Pardonnez-moi, si on veut accompagner le fait de relocaliser en Europe et en France la production de médicaments, la production de voitures électriques pour ne pas dépendre de la Chine. Deuxième source de financement. Aller faire payer ceux qui ne paient pas leur juste part d'impôt aujourd'hui. Les géants du numérique. Apple paie moins d'impôts aujourd'hui que le boulanger du coin. C'est insupportable. Et donc grâce à l'Europe, on va permettre que les géants du numérique paient. C'est les entreprises chinoises qui polluent. Et donc tout ça va venir alimenter le budget européen. On sera assez loin des milliards. Et bien troisième source de financement.

C'est l'épargne des Français et des Européens. Aujourd'hui, on a 30 000 milliards d'euros d'épargne qui dort en Europe. Et cette épargne, soit elle dort cet argent, soit elle dort sur les comptes, soit elle va dans des fonds de pension américains. C'est-à-dire que l'épargne des Français et des Européens, elle va financer la croissance européenne. Et donc moi ce que je dis, c'est qu'on doit proposer aux Français et aux Européens de mettre leur argent, d'investir dans des industries européennes qui sont stratégiques pour notre avenir. Créer un livret d'épargne européen, c'est du gagnant-gagnant.

Parce que les Français et les Européens, ils vont mettre leur argent dans des industries qui sont stratégiques pour notre avenir. Ils vont récupérer un petit pécule. Et puis moi, je suis convaincue que ça contribue aussi au sentiment d'appartenance européenne.

30:44
Invité

Ce que je comprends, c'est que les 1 000 milliards, ce n'est pas uniquement de l'endettement public, c'est aussi le financement des entreprises privées.

30:50
Valérie Hayer

Oui, on a besoin d'investissements publics et privés.

30:52
Invité

Ce n'est pas du tout la même chose que les 750 milliards qui ont été faits lors de la mandature.

30:55
Valérie Hayer

On a besoin d'investissements publics et privés.

30:57
Invité

C'est une précision importante, ça. Ça veut dire que ce n'est pas du tout uniquement de l'endettement public.

31:02
Valérie Hayer

On a besoin des deux. On a besoin des deux. Et c'est aussi ce qui nous rend crédibles vis-à-vis de nos partenaires.

31:06
Invité

Est-ce que néanmoins, ça ne vous pose pas une petite difficulté quand vous parlez à Berlin ou quand vous parlez à Madrid, notamment de la situation des comptes publics en France ? Est-ce que quand vous voyez Gabriel Attal, ça arrive ? Est-ce que vous ne lui dites pas, avec la France qui a un déficit qui est à peu près équivalent, celui de la Slovaquie, de la Roumanie, de la Hongrie, qui sont des pays formidables, mais qui ne sont pas les premières puissances économiques du pays, au fond, tu ne m'aides pas beaucoup en ayant une situation aussi dégradée ?

31:33
Valérie Hayer

D'abord, première chose, la situation économique de la France est la meilleure d'Europe. La meilleure d'Europe ? D'un point de vue économique, c'est la meilleure d'Europe. On n'a jamais autant créé d'emplois, le taux de chômage est faible, on a retrouvé des usines, ça n'était pas arrivé depuis 30 ans. C'est cette réalité-là. Ensuite, d'un point de vue budgétaire, sur 2023, la dynamique, la situation, on se porte en France mieux que tous les autres pays d'Europe sur 2023. C'est la réalité des chiffres d'un point de vue économique. Le taux de chômage est encore un des plus élevés en Europe quand même.

Évidemment, sur ce point, sur le taux de chômage, mais quand même, on n'a jamais été aussi bas. Et en termes de dynamique économique, sur 2023, je vous le redis, la France se porte mieux que tous les autres pays d'Europe. Ensuite, l'endettement et le niveau de dette et de déficit, il est le fruit de décisions qui ont été courageuses, qui ont été prises. D'abord, c'est le fruit de l'histoire. Il y a un endettement qui est historique et qui n'est pas du fait de la majorité actuelle. Avant 2020, le travail de réduction de la dette et des déficits avait déjà été engagé, notamment grâce au travail de Bruno Le Maire.

Et puis, le président de la République, le ministre de l'Économie et des Finances ont décidé davantage de protéger les Français. Et donc, sur cette question-là, vous interrogez le ministre des Finances, mais évidemment que sur la trajectoire de réduction du déficit et de la dette,

32:43
Invité

Juste une question, en quelques secondes, vous avez fait sensation il y a quelques jours en suggérant sur un plateau de télévision à une personne qui se plaignait du prix de l'essence d'acheter une voiture électrique. Ça a fait un petit peu de bruit. Quel est l'argument que vous pouvez utiliser aujourd'hui auprès des auditeurs pour dire que l'interdiction de la vente des voitures thermiques à partir de 2035, c'est une bonne idée et ce sera aussi bon pour le pouvoir d'achat ou notre avenir collectif ? Rapidement, Valérie.

33:10
Valérie Hayer

D'abord, j'ai été caricaturée. Je n'ai pas dit à Fabienne, puisqu'elle s'appelait Fabienne, d'acheter aujourd'hui une voiture électrique. J'ai dit à Fabienne qu'on agissait sur son pouvoir d'achat, avec ce qu'on avait décidé de faire au niveau européen sur l'énergie. Et je lui ai dit qu'à terme, elle pourrait se défaire du prix de l'essence. On est dépendant de l'essence. On sait que l'essence ne va pas réduire. Et on est dépendant aujourd'hui des pétro-manarchies. Demain, quand on pourra produire des voitures électriques en France, à des prix abordables grâce à un crédit d'impôt ou un leasing social, le plein d'essence...

33:39
Invité

Donc l'interdiction 2035, vous dites, on reste là-dessus ?

33:42
Valérie Hayer

Oui, bien sûr. Non seulement on reste là-dessus. Et moi, je ne suis pas des partisans, des défaitistes, qui considèrent qu'on n'y arrivera jamais. On a un objectif politique. On va le déployer. Et moi, je suis convaincue de ça. Et ce sera dans l'intérêt des Français. On ne dépendra pas d'autres puissances. Le plein de l'essence ne réduira pas. Et donc, c'est comment on fait le nécessaire pour qu'on produise des voitures électriques chez nous, en France, à un prix abordable pour les Français. C'est possible d'ici à 2035.

34:07
Présentateur

Merci Dominique Seux. Il est 8h57. La parole aux auditeurs de France Inter. Bonjour Christophe.

34:18
Auditeur

Oui, bonjour.

34:18
Présentateur

Vous nous appelez de Cherbourg. Soyez bienvenus.

34:21
Auditeur

Bonjour, merci de prendre du temps avec tous les candidats. Voilà, Madame Ayé, je vous entends dire qu'il faut voter contre l'ERN à nouveau. Il y a un an, on manifestait contre la réforme des retraites, pacifiquement déterminée. On a subi, comme les syndicats, un mépris jamais vu pour une réforme aussi importante. Depuis, les politiques qui ont été conduites ont contribué à renforcer les plus riches en appauvissant les plus pauvres. Vous avez repris la philosophie de l'ERN pour la loi de migration. Et dans l'année, on a vu Manucure rentrer au protéon. On va commémorer la plus grande bataille pour la liberté. Et on voit une réduction de la liberté d'expression sur France Inter. Voilà.

Donc, il ne faut pas vous étonner que l'ERN monte. Et je pense que vous avez contribué à ça.

35:06
Présentateur

Merci Christophe pour l'ensemble de cette question, y compris ce qui concerne France Inter, mais ne fait pas partie du débat européen. Valérie Ayé vous répond.

35:15
Valérie Hayer

Merci Christophe de cette question. Moi, j'ai envie de dire à Christophe et à tous les auditeurs qui nous écoutent, je suis à l'aise avec l'ensemble des mesures, des réformes qui ont été mises en place par le gouvernement ces dernières années. Mais je peux comprendre qu'il y ait de la colère, de l'incompréhension, des doutes. Je dis simplement à Christophe que l'enjeu qui est devant nous pour ces élections du 9 juin, il est fondamental. On ne peut pas se tromper d'élection. On n'est pas là pour débat de l'assurance chômage. On n'est pas là pour débat de la réforme des retraites.

35:47
Présentateur

Oui, mais Christophe disait que l'argument du barrage ORN ne faisait plus effet, considérant l'ensemble de ce qu'il vient de décrire.

35:54
Valérie Hayer

Il est nécessaire. Simplement, le Rassemblement National, il ment comme il respire. Il change de position toutes les semaines, tous les ans. Et il n'est comptable de rien, parce qu'ils n'ont jamais été en responsabilité et parce qu'ils ne respectent pas les Français. Simplement, moi j'étais dans l'hémicycle en 2020 au moment du Brexit, au moment où les Britanniques ont quitté. J'ai vu Jordan Bardella applaudir des deux mains le Brexit. Jordan Bardella, aujourd'hui, sur sa liste, il a un monsieur qui a été maire d'une commune, qui a nommé la rue du Brexit. Et aujourd'hui, ils ne nous disent plus qu'ils sont des tenants du Frexit.

Sauf que quand on regarde leur programme, tout dit qu'ils sont encore en faveur du Frexit. Simplement, moi je dis, ne soyez pas dupes des mensonges, de l'hypocrisie, du Rassemblement National. Et ne vous basez pas sur des enjeux nationaux. On est sur une élection européenne et ce qui compte, c'est le visage du Parlement européen demain et l'influence du Parlement européen, de la France demain au Parlement européen.

36:51
Présentateur

Valérie, restez avec nous dans quelques instants. Nous rejoignent deux jeunes électrices qui ont beaucoup de questions à vous poser, qui souhaitent débattre avec vous. Merci.

37:02
Locuteur

Merci. Merci.