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Podcast / conversationLe Média (sur Podcast)· 13 décembre 2021 69 minContradictoireActualité / polémiqueEurope & internationalOutre-merInstitutions & électionsSolidarités & famille

Contre-Matinale #54 | Le parti socialiste est-il déjà mort ?

Source d'origine 2 locuteurs

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 81 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 11:45OuverteÉludée

    Les droites se réjouissent du triomphe du non à l'indépendance en Nouvelle-Calédonie. N'avez-vous pas peur d'être accusé d'incarner l'anti-France ?

  • 14:46OuverteRéponse directe

    Quels sont les éléments statistiques qui nous permettent de considérer que les Canaques n'ont pas voté ?

  • 16:11OuverteRéponse directe

    Quand tu dis qu'il s'ouvre une période, c'est quel type de période qui s'ouvre maintenant ?

  • 17:05OuverteRéponse directe

    Est-ce qu'on peut craindre un nouvel épisode de violence ?

  • 18:38OuverteRéponse directe

    Quels sont les enjeux économiques qui entourent cette question de l'indépendance de la Nouvelle-Calédonie ?

  • 21:12OuverteRéponse directe

    Est-ce que la question de la colonialité s'invite au débat autour de cette présidentielle ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 2:13InvitéChiffre
    « 56% de l'électorat ne s'est pas déplacé »
  • 2:56PrésentateurFait
    « Macron se félicite de résultats qui ne veulent rien dire »
  • 10:06InvitéFait
    « La promesse du destin commun dont il était porteur n'a jamais été aussi tangible »
  • 13:34InvitéFait
    « Ce pays a été colonisé »
  • 36:24InvitéChiffre
    « Vous avez un peu plus de 200 000 personnes qui s'étaient inscrites pour participer à cette primaire »

Temps de parole

  • Présentateur49 %
  • Présentateur 226 %
  • Invité18 %

0,4 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:08
Présentateur

Salut à toutes et à tous et bienvenue sur le plateau du Média TV. Nous sommes le lundi 13 décembre 2021 et ça fait déjà quelques jours que nous sommes en campagne de fin d'année. La campagne de fin d'année, c'est la période où nous sonnons le toxin auprès de tous ceux qui nous regardent et qui nous aiment. Objectif, mobiliser de manière massive les fonds nécessaires pour combler notre déficit structurel et envisager l'année 2022 qui ne sera pas de tout repos. Sans trop de stress, nous avons besoin de vous pour couvrir la présidentielle de 2022 et besoin d'un maximum de soutien parmi vous pour la couvrir comme nous voulons la couvrir, c'est-à-dire très bien.

Pour nous aider, rendez-vous sur campagne.lemédiatv.fr. Et bien entendu, cela n'empêche pas d'être bien positionné pour commencer à regarder notre contre-matinale épisode 54. C'est parti. Aujourd'hui, c'est lundi et les lundis, c'est le zapping politique du week-end. Un zapping que je commenterai cette fois-ci avec Pablo Piovivian, journaliste, responsable éditorial de Regards. Regards, c'est une revue et aussi un site d'actualité engagé à gauche. Ensemble, nous parlerons beaucoup de ce qu'on pourrait désigner comme la télé-novela de fin d'année à la gauche de l'équichiquier politique français.

C'est Télé-novela dont le premier épisode a été une lettre ouverte et une vidéo postée sur Internet mercredi dernier. Et depuis, après les sorties télévisées d'Anne Hidalgo et cette lettre d'Arnaud Montebourg, le feuilleton s'est emballé. Alors, hier dimanche, c'était jour de référendum en Nouvelle-Calédonie. Un référendum en réalité, la troisième consultation depuis l'année 2018 qui a vu la victoire du non à l'indépendance. Une victoire définitive censée mettre un terme au long processus né des accords de Nouméa signés en 1998. Alors, problème résolu, non.

Parce que ce référendum a été boudé par plus de 50% du corps électoral, ce dont peuvent se prévaloir les partis indépendantistes qui avaient appelé au boycott. J'en parlerai avec Yunus Omarji par téléphone, Yunus Omarji est député européen pour le compte de la France insoumise. Et il suit de manière particulière l'actualité des Outre-mer et plus particulièrement, bien entendu, celle de la Nouvelle-Calédonie. Mais on commence par la titrologie. Free Assange, libéré Assange, la revendication s'affiche en grosses lettres à la une du quotidien d'inspiration communiste, l'humanité.

Et pour une raison simple, le fondateur de Wikileaks pourrait être extradé aux États-Unis après un nouveau revers judiciaire, écrit l'UMA, qui note que les appels à une intervention de la France se multiplient. Combativité et courage de l'engagement sont aussi à la une du quotidien catholique Lacroix, qui nous emmène dans un reportage à Calais, une nuit avec les migrants. L'envoyé spécial de Lacroix a suivi le père Demester, un jésuite de 72 ans qui a fait 25 jours de grève de la faim pour protester contre le sort fait aux exilés de Calais et qui a décidé par la suite de dormir dans la jungle à leur côté.

La présidentielle qui vient est à la une de Libération, qui fait un focus sur le candidat de l'Europe Écologie-Les Verts, Yannick Jadot. Union à gauche, Jadot sous pression, écrit Libération. Au centre de l'attention depuis la proposition de primaire d'Anne Hidalgo, et malgré les appels de plus en plus pressants en faveur d'un élan commun, le candidat écolo continue de tergiverser, écrit Libé, qui nous apprend qu'Anne Hidalgo ne comptait de toute façon pas rallier Jean-Luc Mélenchon à son idée, mais espérait convaincre Yannick Jadot. Selon Libé, les pressions sur Jadot se poursuivront tant qu'il n'aura pas effectué une percée au sein de l'opinion publique et des sondages.

S'il décolle dans les jours et semaines qui viennent, personne ne l'enquiquinera plus, mais sa posture deviendra intenable s'il continue de plafonner. Le référendum de ce week-end sur le thème de l'autodétermination de la Nouvelle-Calédonie, autrement appelée Kanaki, est à la une du Figaro. Le quotidien de la droite traditionnelle titra sa une. La Nouvelle-Calédonie fait le choix de la France. Figaro note tout de même l'abstention record, mais se réjouit que la victoire du non ouvre la voie à une période de dialogue qui doit aboutir au nouveau statut de l'archipel. Autre tonalité chez Mediapart. Le quotidien indépendant en ligne.

Titre, Macron se félicite de résultats qui ne veulent rien dire. Mediapart insiste sur l'abstention record, conséquence du boycott prôné par le FLNKS, le Front de Libération Nationale Kanak et Socialiste, encore plus marqué dans les communes indépendantistes. Cette abstention, l'entêtement du président de la République à conclure le processus de décolonisation en l'absence du peuple colonisé rend politiquement caduque les résultats du scrutin. Martel Mediapart. Dans la presse indépendante en ligne, un article de fond très intéressant dans reporter, le quotidien de l'écologie. Reporter publie une interview passionnante de Samuel Alizon, directeur de recherche au CNRS.

Écologue et évolutionniste, il est spécialisé dans l'étude et la modélisation des maladies infectieuses. La stratégie zéro COVID bousculée par les variants du virus, c'est le titre de cet entretien. C'est le variant Delta, beaucoup plus contagieux que les autres, même s'il n'est pas plus agressif, qui a rendu la stratégie de certains pays qui voulaient faire disparaître purement et simplement le COVID de leur directoire intenable. C'est désormais peine perdue. Pourquoi et comment les variants apparaissent-ils ? Qu'est-ce que le variant Omicron va changer ? Ce sont quelques-unes des questions auxquelles il répond avec prudence et érudition.

La nouvelle donne apportée par Omicron par rapport au variant Delta tient en une expression « échappement immunitaire ». En gros, ce variant, qui est d'ailleurs parti d'une souche bien plus ancienne que le variant Delta, s'est adapté aux immunités acquises, notamment par le vaccin, et a appris à les contourner. Dans une mesure qu'on ne peut pas encore évaluer, on écoute une lecture des explications de Samuel Alizon.

6:26
Invité

Nous nous attendions à voir arriver des mutations permettant un échappement immunitaire. Autrement dit, des mutations aidant le virus à se reproduire chez des hôtes immunisés, que ce soit par voie naturelle ou vaccinale. Il était logique que de telles mutations arrivent, puisqu'environ la moitié des humains sont désormais vaccinés et que beaucoup ont guéri d'une infection. Désormais, le virus évolue dans un environnement majoritairement constitué d'individus dont le système immunitaire est capable de le reconnaître et de l'attaquer. La pression de sélection est donc grande en faveur de mutations permettant d'échapper à ce système immunitaire.

7:02
Présentateur

S'il faut être prudent, explique Samuel Alizon, on peut déjà considérer que le variant Omicron ne sera pas plus virulent que les autres, mais ce qui ne signifie pas qu'il sera moins dangereux dans la mesure où, justement, il se caractérise par le fameux échappement immunitaire. Avec lui, les personnes vaccinées perdent l'avantage comparatif qu'elles avaient avec le variant Delta, par exemple, qui n'a pas sauvé les patients de la contamination, mais a limité l'impact des formes graves.

7:33
Invité

Sans trop spéculer, on peut émettre l'hypothèse que si le succès d'Omicron ne vient pas de sa transmissibilité, propriété donc souvent liée à la virulence, mais de son échappement immunitaire, dans ce cas, il pourrait être moins virulent que le variant Delta. Mais il ne faut pas trop s'en réjouir, car cette potentielle baisse de virulence serait surtout ressentie par les personnes non immunisées, pour qui la proportion de décès baisserait légèrement. A l'inverse, pour les personnes immunisées, qui aujourd'hui décèdent beaucoup moins que les précédentes, la létalité risquerait d'augmenter du fait du contournement de la protection immunitaire.

8:12
Présentateur

Ce qui est intéressant dans les explications de Samuel Alizon est qu'il laisse entrevoir deux scénarios. Un scénario optimiste qui voit le Covid progressivement neutralisé par une bonne couverture vaccinale mondiale, mais aussi des traitements efficaces et pas chers. Dans un tel scénario, les systèmes de ventilation et d'aération des lieux sont également mis en place, des lieux publics. Bref, ce scénario optimiste signifie fort investissement public dans les systèmes de santé, recule la logique folle du profit qui paralyse actuellement les efforts à une échelle mondiale.

Et bien entendu, le scénario pessimiste est celui des vaccins peu efficaces, des pouvoirs publics continuant de ne pas privilégier l'investissement dans la santé publique et la prévention. Dans ce cas, les vagues épidémiques hivernales brutales comme celles que nous connaissons se multiplieront. La hydrologie place à un échange avec Yunus Omarji. Yunus Omarji est député européen pour le compte de la France insoumise. Il s'intéresse de manière spécifique aux questions relatives aux Outre-mer et notamment à la Nouvelle-Calédonie, autrement appelée Kanaki.

Nous allons parler avec lui de cet ambigu référendum d'autodétermination où le non à l'indépendance a triomphé à plus de 96%, mais où l'abstention semble avoir retiré toute légitimité à la consultation, la troisième et la dernière d'un long cycle. Mais avant d'entrer dans le vif du sujet, petit magnéto introductif.

9:35
Invité

Dans le reste de l'actualité, troisième et dernière consultation pour l'accession à l'indépendance en Nouvelle-Calédonie, référendum est large non donc à cette indépendance sans surprise après l'appel au boycott du scrutin particulièrement bien suivi par les indépendantistes couplés d'une abstention record. Ce dimanche, fidèles à la sagesse de nos aînés, nous franchissons ensemble une nouvelle étape. L'accord de Nouméa arrive à son terme juridique. La promesse du destin commun dont il était porteur n'a jamais été aussi tangible et doit continuer à nous guider.

Ce soir, reprenant les beaux mots de la coutume, j'accueille la réponse de la Nouvelle-Calédonie à la question qui lui était posée avec respect et humilité. C'est la France, les Outre-mer c'est la France et j'avais dit depuis plusieurs semaines mon attachement viscéral à cette terre néo-calédonienne et d'ailleurs je m'étais étonnée que le président de la République de manière sans intervenir évidemment dans le processus politique qui était en cours ne dise pas, j'allais dire avec son cœur ne trouve pas les mots avec son cœur pour dire aux néo-calédoniens l'attachement de la France.

Mes chers compatriotes de Nouvelle-Calédonie, par deux fois déjà, une partie d'entre vous a pu s'exprimer pour ou contre l'indépendance de votre territoire. Par deux fois déjà, vous vous êtes opposés à l'indépendance et avez manifesté votre attachement à la France. Malgré tous les renoncements de l'État depuis plus de 30 ans et malgré tous les stratagèmes mis en place par une élite socialiste idéologue pour favoriser le camp indépendantiste, je pense que c'est aux deux parties de s'accorder sur les dates et les formes des élections. Sinon, nous sommes revenus à la case départ, c'est-à-dire à celle dans laquelle on était en 1987.

Les indépendantistes ne reconnaissent pas un résultat, donc ne reconnaissent pas la légitimité du pouvoir. Les autres de l'autre côté vont dire, comme a dit Mme Becker, alors si c'est comme ça, il n'y a aucune élection qui vaut rien. Si on repart dans cette logique, on retourne à la confrontation.

11:45
Présentateur

Bonjour Younus, Younus Omarji, et merci d'avoir répondu positivement à notre invitation très matinale. Alors, les droites se réjouissent du triomphe du non à l'indépendance en Nouvelle-Calédonie. Les autres forces dites de gauche sont plutôt discrètes et la France insoumise, il y a aussi le NPA et Anas Kazib, critiquent violemment le processus électoral au bout duquel le non à l'indépendance a été plébiscité. N'avez-vous pas peur d'être accusé, une nouvelle fois, d'incarner l'anti-France ?

12:20
Locuteur

Mais pas du tout.

12:21
Invité

C'est-à-dire qu'il faut d'abord dire que la déclaration hier du président de la République est une déclaration qui est assez irresponsable en réalité et plutôt inquiétante pour l'avenir. Pourquoi ? Tout simplement parce qu'il a omis de dire, de souligner que le résultat d'hier manque de signification politique et de force et ne veut en réalité rien dire puisque 56% de l'électorat ne s'est pas déplacé et que le FLNKS avait appelé, vous le savez, à la non-participation à ce scrutin. Donc vous avez un résultat. Sans le peuple colonisé, le peuple kanak, ce qui veut dire qu'à partir d'aujourd'hui, la question reste ouverte concernant le processus de décolonisation.

S'agissant de la classe politique française, je pense que globalement, elle est tout à fait dans la ligne de ses positions habituelles. Ce qu'ils disent, c'est-à-dire leur attachement à la Nouvelle-Calédonie, qui est en réalité l'attachement à la colonisation. Disons-le, répétons-le, ce pays a été colonisé. Vous savez, les Européens ont tendance à considérer que l'histoire commence lorsqu'ils découvrent un territoire. Mais vous avez des traces de peuplement en Nouvelle-Calédonie, en tout cas ce qu'on a appelé la Nouvelle-Calédonie, depuis moins 3000 avant Jésus-Christ. Donc tout ceci n'a pas beaucoup de sens, mais surtout inquiétant parce qu'il faut construire maintenant l'après.

Et l'après, c'est la poursuite d'un chemin vers la décolonisation. Que la France le veuille ou non, cela va se passer ainsi. C'est le mouvement de l'histoire. Emmanuel Macron ne peut pas, hier, par une déclaration qu'il considère comme solennelle, mettre un point au mouvement de l'histoire. L'histoire va se poursuivre.

14:29
Présentateur

Alors, tu as dit que le référendum a eu lieu sans le peuple colonisé. Quels sont les éléments, disons, statistiques, les éléments sortis des urnes qui nous permettent de considérer que les Canaques n'ont pas voté, se sont retirés de ce référendum ?

14:46
Invité

C'est tout à fait clair. Vous voyez, par exemple, que dans les bureaux de la province nord, c'est-à-dire là où se situent en majorité les Canaques, la participation est très faible. Dans certains bureaux, vous avez quatre ou cinq votants sur des centaines d'inscrits. Et globalement, c'est une majorité de personnes inscrites sur les listes électorales qui ne se sont pas déplacées. Et cela en conformité avec l'appel qui avait été lancé par le FLNKS. Je veux insister là-dessus.

L'État n'a pas tenu sa parole parce qu'Édouard Philippe, lorsqu'il était Premier ministre, s'était engagé auprès des différentes parties à ce qu'il n'y ait pas de consultation organisée entre juin 2021 et juillet 2022, pour un certain nombre de raisons et en particulier pour que ce scrutin ne devienne pas captif, otage d'une campagne présidentielle en France. Et nous le voyons bien. En réalité, ce scrutin aujourd'hui est instrumentalisé. Vous savez qu'après le scrutin, s'ouvre aussi une période. Et celle-ci doit pouvoir être ouverte dans un climat qui soit débarrassé de tout objectif électoraux ou politicien.

16:09
Présentateur

Quand tu dis qu'il s'ouvre une période, c'est quel type de période qui s'ouvre maintenant ?

16:14
Invité

Vous avez aujourd'hui une période qui s'ouvre pour aller vers un nouveau statut pour la Nouvelle-Calédonie. Sauf que les Canaques sont dans une autre logique, une autre dynamique. Vous avez vu que le président du Congrès, Rokouamitan, s'est rendu la semaine dernière à l'ONU auprès de l'instance pour la décolonisation, puisque vous savez que la Nouvelle-Calédonie est inscrite comme étant un pays restant à être décolonisé. Et nos amis du FLNKS vont engager des démarches au niveau international pour que le processus de décolonisation se poursuive.

16:52
Présentateur

Alors, tu as écrit « L'État français prend un risque d'avoir préféré la violence institutionnelle à l'esprit de dialogue et de respect du processus engagé depuis les accords de Matignon et de Numéa, aujourd'hui rompus et qui doit être retrouvés. » Alors, est-ce qu'on peut craindre un nouvel épisode de violence, vu que, finalement, le FLNKS retourne à la logique de l'indépendance et donc de la défiance vis-à-vis de l'ancien colonisateur ?

17:16
Invité

« Personne ne le souhaite et vous noterez que le FLNKS et ses dirigeants font preuve d'un immense sang-froid, d'un sens des responsabilités très grand, aussi bien dans la période qui a précisé le scrutin que depuis hier soir. Personne ne le souhaite. Sauf que vous avez une situation où vous avez également une jeunesse canaque qui est souvent privée de tout et qu'il faut pouvoir tenir dans ces élans. Et personne ne sait ce qui va se passer. Mais je fais confiance, évidemment, à la responsabilité et au sang-froid du FLNKS pour éviter cela. Je note, en revanche, que la troupe française et en particulier les militaires, les gendarmes, sont très nombreux aujourd'hui en Nouvelle-Calédonie.

Beaucoup sont arrivés avant le scrutin. Beaucoup s'y trouvent encore. Et j'espère que cette situation ne va pas créer des tensions, évidemment.

18:22
Présentateur

Alors, la Nouvelle-Calédonie, ce sont les deuxièmes réserves mondiales de nickel, des terres rares et un réservoir précieux de biodiversité. C'est ce que fait remarquer la militante décoloniale Françoise Vergès. Quels sont les enjeux économiques qui entourent cette question de l'indépendance de la Nouvelle-Calédonie ? Et en quoi est-ce que les autochtones de ce territoire peuvent peser sur ces enjeux économiques-là ?

18:45
Invité

Ils pèsent, évidemment, parce qu'ils sont dans une lutte depuis des décennies pour obtenir l'indépendance et la décolonisation. Mais il est clair que la France n'a jamais accompagné de manière très sereine une décolonisation. et c'est pourquoi le processus en Nouvelle-Calédonie était extrêmement intéressant parce qu'il y avait là une possibilité de réussir une décolonisation. Pourquoi la France a toujours été très réticente ? Parce qu'il y a, évidemment, beaucoup d'intérêts en Nouvelle-Calédonie.

Des intérêts, vous l'avez dit, des intérêts du nickel, mais aussi des intérêts géostratégiques dans cette zone indo-pacifique où se jouent actuellement de nombreux enjeux avec des points de tension possibles pour l'avenir. Et toute l'affaire concernant les sous-marins a bien montré combien la France a une volonté très forte de rester dans le jeu dans cette grande zone du Pacifique avec aussi une obsession, il faut bien le dire, une obsession chinoise. Je note que pendant les jours qui ont précédé ce scrutin, comme par magie, on a introduit l'idée comme quoi la Chine souhaitait faire, comme j'ai entendu dire à la radio, ma base sur la Nouvelle-Calédonie.

Tout ça n'a pas beaucoup de sens, sauf que cela souligne évidemment que la France souhaite rester aujourd'hui en Nouvelle-Calédonie pour y défendre ses intérêts. Et nous le voyons dans tous les Outre-mer, c'est la même chose à Mayotte qui, vous le savez, est dans le canal du Mozambique. La France est beaucoup plus préoccupée par la défense de ses intérêts plutôt que par le bien-être, le bonheur des peuples qui se trouvent. Et c'est bien tout le problème aujourd'hui dans les Outre-mer. c'est d'abord les intérêts nationaux, les intérêts français et ensuite la satisfaction de manière minimum des intérêts des peuples colonisés.

21:01
Présentateur

Tu as tweeté les mots suivants, colonial, la République est moins belle. Est-ce que la question de la colonialité s'invite au débat autour de cette présidentielle, notamment avec la révolte générale en Guadeloupe et aussi un peu en Martinique ? Est-ce qu'il y a un fil rouge qui relie tout ça ?

21:15
Invité

Évidemment, la question coloniale est au cœur. Lorsque Emmanuel Macron dit hier la France est plus belle avec la Nouvelle-Calédonie, je lui dis que la France est moins belle quand elle est coloniale. Et la France était moins belle lorsqu'elle colonisait l'Algérie. Vous savez, il y a beaucoup de points communs entre l'Algérie et la Nouvelle-Calédonie. Vous prenez par exemple la question du code de l'indigénat par exemple, qui a fait que les canacs ont été privés de tous les droits civils. Je ne prends que cet exemple-là.

Oui, il y a évidemment des points d'unité dans les situations outre-mer, ne serait-ce que sur la question, on en a beaucoup parlé ce temps-ci, la question des scandales sanitaires, scandales du nucléaire en Algérie et en Polynésie, scandales du chlordécone en Guadeloupe, et en Martinique, et tout ceci traité de la même manière. Et puis, bien sûr, les inégalités qui sont créantes. Vous savez, il y a sur le territoire de la République peu de pays, de régions où les inégalités sont aussi importantes que dans les Outre-mer, avec aussi des accès aux droits minimums qui sont très en recul. On en a beaucoup parlé, le logement, l'emploi, l'eau, etc.

Donc, oui, ces peuples sont traités comme des citoyens de seconde zone.

22:58
Présentateur

Merci beaucoup, Younus, pour cet éclairage.

23:04
Invité

Merci. Au revoir.

23:05
Présentateur

À notre zap politique du week-end, j'aurai à mes côtés le journaliste Pablo Pio Vivien, responsable éditorial de la revue et du site d'actu Regards. Pablo Pio Vivien qui a écrit dans Regards un article très intéressant sur le sujet dont le titre est « Gauche, les jeux sont faits, rien ne va plus ensemble ». Nous allons parler de la comédia de l'Arte qui se joue à gauche en ce moment, mais aussi un peu de la campagne de Valérie Pécresse qui s'ouvre et de sa volonté d'incarner finalement le front victorieux anti-Macron. Mais regardons d'abord un petit magnéto.

23:37
Invité

Il nous reste le temps de débattre fraternellement bien sûr devant les citoyens, de nous soumettre à leur verdict et de l'accepter, c'est la démocratie, car là où les appareils politiques n'ont pas réussi, seuls les citoyens peuvent aujourd'hui nous rassembler. Et c'est le sens du mouvement lancé par de jeunes militants de bonne volonté, ceux de la primaire populaire, ils ont déjà recueilli presque 300 000 signatures. Bonjour Jean-Luc, c'est Arnaud Montebourg. Parlons-nous dans la journée, ce serait vraiment utile, amitié. Quand Anne Hidalgo ou Arnaud Montebourg disent qu'il faut peut-être s'unir ou en tout cas essayer de faire une candidature qui tienne le coup, ça s'entend, non ?

Non, parce que c'est d'une hypocrisie totale, ces gens-là ne cherchent pas l'union mais une sortie de secours. Vous le savez aussi bien que moi, Madame Fresseuse, puisque Madame Hidalgo, le matin même, disait qu'il ne pouvait pas y avoir d'union de la gauche parce qu'elle n'était pas prête, est-ce que je comprends, à voter pour moi si jamais j'arrivais le premier dans une de ses primaires. Et elle n'a pas tort parce que nous ne sommes pas sur la même ligne.

Et ces gens-là, c'est là que vous voyez que le Parti Socialiste n'est plus un parti de gouvernement, sont capables d'imaginer qu'à quatre mois d'une élection, sans programme, on va organiser une primaire et puis ensuite, on discutera du programme. Nous, ça fait dix ans qu'on le met au point. Le programme que nous présentons, l'avenir en commun, il a été mûri avec la société, avec les associations, avec les syndicats. C'est un travail énorme, on devrait tout jeter à la poubelle parce que Madame Hidalgo s'aperçoit qu'elle n'arrive pas à décoller comme elle l'aurait espéré et que M.

Montebourg, à qui personne n'avait rien demandé, et qui un jour me dit maintenant le moi-jeu, ça suffit, tu commences par toi et après on verra. Mais je crois que ce n'est pas raisonnable.

25:31
Présentateur

Alors, merci Pablo d'être venu décrypter le week-end politique à mes côtés. Je me rappelle que tu es donc journaliste, tu es coordinateur éditorial de revue, de regard, la revue et de regard, le site internet. C'est la dernière, donc c'est le moment où justement on commence à entrer un peu dans le vif du sujet. Alors, tu écris dans ton éditorial, au nom de quoi faudrait-il participer au sauvetage du PS ? Est-ce que tu penses que cette idée de primaire saisie, il est vrai comme une bouée de sauvetage par Anne Hidalgo, a pour horizon le sauvetage du PS et pourquoi le dis-tu ?

Je pense que lorsque Anne Hidalgo fait cette proposition, c'est absolument une évidence, elle a dans sa tête uniquement le sauvetage du PS, voire le sauvetage de sa propre personne, de sa propre candidature, qui est quand même très mal embouchée, elle était quand même, enfin je le rappelle, depuis qu'elle s'est lancée dans la présidentielle, elle tourne autour de 4% dans les sondages et elle a réussi ces derniers jours, je crois que c'était la semaine dernière, maintenant elle est passée à 3%, c'est-à-dire qu'elle a carrément réussi à baisser en partant de 4%, donc c'est assez dramatique pour elle.

Elle a trouvé dans la primaire, enfin dans cette proposition de primaire, une espèce de porte de sortie, est-ce que ça va marcher ? J'en sais absolument rien, les jeunes, enfin je dis les jeunes, mais les organisateurs de la primaire populaire, donc qui est une plateforme qui a été mise en place, enfin maintenant ça fait plusieurs mois en fait, qu'ils font le tour des partis pour essayer de faire participer un maximum de gens à cette primaire populaire et un maximum de partis surtout. Pourquoi est-ce que le parti socialiste et Anne Hidalgo n'ont pas rejoint l'initiative plus tôt ?

Ils ne l'ont pas rejoint, elle ne l'a pas rejointe parce que précisément elle pensait pouvoir faire décoller dans les sondages. Donc c'est absolument, enfin c'est absolument évident que de son point de vue, il s'agit de trouver une espèce de bouée de secours, de dernier recours en gros pour essayer de sauver sa candidature. Mais pas forcément d'ailleurs sa candidature, juste de sauver la face parce que je pense qu'elle est sincère lorsqu'elle dit moi je pourrais m'effacer derrière le ou la gagnante de cette primaire si c'était Yannick Jadot ou si c'était Arnaud Montebourg ou Christiane Taubira éventuellement. Mais le problème c'est est-ce que cette proposition est crédible ?

Et ça c'est une autre question parce qu'on a bien vu ces derniers jours les autres candidats déclarés à gauche ont tous fermé la porte. Alors tu as parlé de bide ? C'est un bide total, je veux dire dès le lendemain. En fait moi au départ lorsque j'ai entendu Anne Hidalgo je me suis dit bon elle a dû caler ça au moins avec un ou deux candidats. Je me suis dit au moins avec Jadot par exemple ou Arnaud Montebourg ou Arnaud Montebourg exactement. Mais en fait vraiment son arrivée elle a fait ça au JT de 20h de TF1 en fait elle avait prévenu personne.

C'est-à-dire qu'elle a vraiment on ne sait pas quelle mouche l'a piqué dans le train elle devait aller à La Rochelle elle s'est arrêtée à Poitiers elle a fait demi-tour et puis tout d'un coup elle a décidé de dire ça sur un plateau sans caler rien du tout.

Et le lendemain évidemment il y a eu volé de bois vert c'est-à-dire qu'absolument tout le monde a fermé la porte a dit non à cette primaire et aujourd'hui c'est vrai qu'elle se trouve un peu dans la panade parce qu'on s'est même dit moi je me suis dit mais comment elle va faire elle avait un meeting à Perpignan dimanche et je me suis dit mais comment elle va faire pour le tenir dans la mesure où on ne sait même plus si elle est vraiment candidate à la présidentielle.

Alors il s'est avéré qu'hier dans son discours elle a réaffirmé elle a fait des propositions pour sa candidature donc on imagine que quand même le truc l'a un peu travaillé et qu'elle s'est dit bon bah de toute façon peut-être que cette primaire ça ne marchera pas c'est-à-dire qu'elle-même en fait envisage genre la nullité de sa proposition et se dit bah en fait peut-être que je vais devoir aller jusqu'au bout donc elle a quand même fait des propositions sociales démocrates pour la France et grand bien lui en face. Après... La nouvelle crédibilité c'est quand même mal embauché là maintenant désormais.

C'est très mal embauché parce que moi je pense que le problème de fond il réside dans le paradoxe qu'Anne Hidalgo ce à quoi elle en a appelé c'est à la gauche elle a dit il faut que la gauche il y ait un sursaut on ne peut pas laisser la gauche dans les eaux basses en fait dans lesquelles elle est aujourd'hui je rappelle qu'elle est au maximum enfin elle est entre 22 et 26% dans les sondages tout parti tout candidat confondu dans les intentions de vote donc elle en appelle à la gauche et le seul problème c'est qu'elle-même croit qu'elle est l'incarnation enfin pense être une des incarnations de la gauche alors même que beaucoup de gens notamment des sympathisants de la gauche considèrent que vraiment le parti socialiste est le parti qui par excellence a trahi la gauche a trahi ses engagements à gauche donc ne le situe même plus à gauche enfin ils disent de toute façon le PS c'est de droite et ensuite elle s'est adressée à deux candidats principalement elle s'est adressée d'abord à Yannick Jadot et à Arnaud Montebourg or précisément ces deux candidats sont issus de tradition qui renie un peu le terme de gauche c'est-à-dire qu'à la fois Yannick Jadot il pense que l'écologie devrait supplanter en fait l'idéologie les idéologies de la gauche il pense que c'est ça qui devrait être la nouvelle colonne vertébrale idéologique d'un nouveau clivage politique et Jean-Luc Mélenchon lui il l'a théorisé dès 2017 il a théorisé le populisme le populisme de gauche mais d'abord le populisme et il a commencé à arrêter en fait d'utiliser le terme de gauche donc en fait quand Anne Hidalgo dit moi j'aimerais bien réunir toute la gauche on sait pas tellement à qui elle s'adresse à part elle-même qu'elle veuille réunir toute la gauche y compris la France Insoumise et l'Union Populaire c'est pas sûr du tout exactement mais ça même ces libérations qui disaient en fait ils veulent exclure Jean-Luc Mélenchon et la France Insoumise de cette primaire en fait le problème le problème de fond c'est que à mon sens la gauche aujourd'hui est divisée c'est certain ça fait longtemps enfin je veux dire c'est pas ça qui empêche une victoire on se souvient en 81 il y avait plein de candidats de gauche il y avait des enfin je veux dire François Mitterrand au premier tour avait fait 26% mais le parti communiste avait fait 15% et il y avait encore trois autres partis de gauche qui présentaient des candidats et ça a pas empêché François Mitterrand de gagner le problème aujourd'hui il est un peu différent à mon sens parce que on sait plus trop en fait déjà ces gens ne se parlent absolument plus je ne sais pas comment c'était exactement avant dans les années à la fin des années 70 et au début des années 80 mais j'imagine qu'il y avait sûrement plus d'endroits en fait où le dialogue était possible aujourd'hui il n'y en a plus vraiment et ensuite il y a une espèce de de guerre en fait qui s'est instituée mais juste pour sauver des appareils politiques qui sont complètement en décrépitude aujourd'hui l'appareil politique du PS c'est plus grand monde Europe Écologie Les Verts ils n'arrivent pas en fait à eux c'est à l'inverse à faire naître un appareil politique digne de ce nom et digne de la force qu'ils aimeraient être la France Insoumise eux ils conservent ils ont quand même aujourd'hui un tissu de militants à travers la France qui est mine de rien assez dynamique on le voit notamment sur les réseaux sociaux mais globalement il n'y a rien de tout ça qui est très comment on dit c'est pas très solide exactement et donc du coup ils cherchent des espèces d'alliances à géométrie variable qui à mon sens ne sont pas satisfaisantes et ce d'autant plus qu'en fait un des problèmes c'est que mais ça c'est vrai dans la gauche pendant tout le XXe siècle mais en gros vous avez deux pôles dans la gauche il y a un pôle plus social-démocrate alors il ne s'est pas appelé toujours comme ça mais plus réformiste on va dire et un pôle plus révolutionnaire et plus radical ces deux pôles de la gauche aujourd'hui c'est ça en fait qu'Anne Hidalgo est en train d'essayer de reconstruire elle est en train de dire mais vraiment les insoumis quand même ils sont les insoumis parce que les insoumis sont du côté révolutionnaire elle elle se met du côté social-démocrate et en fait elle essaye au sein de ces deux gauches de créer une fracture et de dire à Yannick Jadot viens avec moi viens on va construire le pôle réformiste social-démocrate contre Jean-Luc Mélenchon et les insoumis qui genre seraient en gros la tête de proue de la gauche révolutionnaire et la gauche anti-réformiste on va dire du coup en fait quelque part en agitant en récupérant l'idée de primaire populaire elle l'a trahi parce que la primaire populaire ne crée pas de division de lignes de séparation entre ces deux gauches en fait finalement dans sa proposition ça va vraiment de Ruffin au PS en réalité bien sûr il y avait même Poutou etc qui avait été plébiscité dans les différents candidats effectivement c'était très ouvert le problème c'est que d'abord au départ lorsqu'elle est allée sur le JT de 20h elle n'a pas parlé de la primaire populaire peut-être qu'elle avait à ce moment-là dans l'idée de faire une primaire dans un autre cadre il s'est avéré qu'elle a utilisé ensuite parce qu'elle a rencontré les gens de la primaire populaire et qu'elle s'est dit bon finalement c'est un bon un bon cheval parce qu'eux ils ont déjà tout prévu etc c'est-à-dire qu'ils ont des dates la primaire populaire il faut savoir normalement le vote doit avoir lieu entre le 27 et le 30 janvier donc elle avait un cadre en gros qui était déjà préétabli parce que c'est vrai que sans ce cadre on se dit imaginez organiser une primaire en l'espace de quelques semaines avec les vacances de Noël qui arrivent c'est quand même assez complexe donc heureusement elle a utilisé ce cadre effectivement c'est une relative trahison mais de toute façon la primaire populaire moi j'ai jamais très bien compris exactement ce qu'il proposait j'ai trouvé qu'à la base la proposition n'était pas idiote elle avait le mérite d'exister c'est-à-dire qu'il disait bon bah on veut une candidature unique moi je suis pas certain qu'avoir une candidature unique ça soit vraiment l'alpha et l'oméga pour que la gauche gagne dans ce pays mais enfin eux ils pensaient ça très bien et ils disent on va faire une primaire alors on va mettre 5 candidats hommes 5 candidats femmes qui auraient été les plus plébiscités et puis ensuite il y aura un vote à ce qu'on appelle un vote à préférence majoritaire c'est-à-dire qu'en gros vous deviez classer les différents les différents candidats en fonction de ce que vous aimiez et ce que vous aimiez pas ou vous lui mettez des notes je crois et ensuite c'est celui qui aurait la meilleure note qui sortirait du chapeau le seul problème c'est que et ça vraiment moi ça m'a posé un souci d'ordre démocratique c'est que vous avez un peu plus de 200 000 personnes qui s'étaient inscrites pour participer à cette primaire et pour voter selon ces règles-là les règles que je viens de dire c'est-à-dire 5 candidats hommes 5 candidats femmes et le jour le dernier jour d'inscription de possibilité de voter ils ont changé les règles et ils ont dit ah bon bah en fait ça va pas se passer comme ça on va plus prendre que les candidats qui sont officiellement déclarés à la présidentielle sans leur demander préalablement leur avis alors qu'avant ils avaient bien dit il faudra tous les gens pour qui on pourra voter fin janvier il faudra qu'ils soient d'accord et bah là tout d'un coup il y avait plus enfin cette règle ils l'ont enlevée et donc on se retrouvait avec Jean-Luc Mélenchon Yannick Jadot et Anne Hidalgo et potentiellement Christiane Taubira si elle devait se déclarer candidate à la présidentielle on en parlera de Christiane Taubira mais comment tu décryptes disons la partition des différents acteurs face à cette disons idée de la primaire populaire dont on sait plus très bien enfin la primaire à gauche on sait plus très bien si elle est lancée par Arnaud Montebourg qui avait offert sa créature ou bien si elle avait été si elle avait été lancée par Anne Hidalgo on sait plus très bien mais en tout cas du coup ça crée une nouvelle donne et comment tu analyses la partition des acteurs on commence par Jean-Luc Mélenchon qu'est-ce qu'il fait et qu'est-ce qu'il devrait faire selon toi ?

moi je n'ai pas de conseil à donner à Jean-Luc Mélenchon je pense qu'il a lui depuis le début il a tout intérêt à aller jusqu'au bout d'ailleurs il l'a dit c'est le premier candidat à gauche à s'être déclaré il s'est déclaré très très tôt il a mis en place sa plateforme il a eu je ne sais plus combien de centaines de milliers de gens qui ont avalisé qui ont comme on dit qui ont donné leur accord qui ont dit oui il faut que Jean-Luc Mélenchon aille à la présidentielle il a tout intérêt à aller jusqu'au bout il a un programme qui est ultra ficelé comme les insoumis aiment le rappeler 694 propositions donc il est prêt à gouverner en tout cas c'est ça c'est ça qu'il n'arrête pas de répéter et surtout derrière il a une organisation qui s'est étoffée finalement au fur et à mesure de son existence et aujourd'hui vous avez des gens aujourd'hui ils sont 17 députés à l'Assemblée nationale 17 députés insoumis mais aujourd'hui vous avez tout un appareil politique qui a aussi vocation à faire des campagnes en leur nom et à avoir des sièges à l'Assemblée nationale et donc tous ces gens-là ils attendent après la législative pour pouvoir se présenter et c'est une donnée importante parce qu'ils ont besoin tous ces gens qui veulent se présenter à travers la France dans les plus ou moins 577 circonscriptions ils ont besoin que Jean-Luc Mélenchon fasse un bon score présidentiel pour après pouvoir se prévaloir de ce score pour faire campagne faire une belle campagne et potentiellement être réduit donc il y a tout ça qui rentre en ligne de compte donc il y a en plus Jean-Luc Mélenchon ça fait quand même très longtemps qu'il dénonce le parti socialiste qu'il explique que le parti socialiste c'est des gens qui n'ont plus rien à voir avec la gauche etc etc on imagine mal comment il pourrait répondre positivement à une main tendue précisément de la part du parti socialiste pour aller dans une primaire ensemble donc évidemment il a dit non Yannick Jadot Yannick Jadot Libé justement a fait sa une aujourd'hui sur Yannick Jadot en disant que quelque part il était sous pression est-ce que finalement les cadres écolo seraient plus prêts à envisager ce schéma avec Anne Hidalgo il y a une grosse différence avec la position de Jean-Luc Mélenchon c'est que déjà Jean-Luc Mélenchon et les Insoumis j'avais oublié de le dire eux ils sont persuadés que tout d'un coup la campagne va démarrer c'est-à-dire que pour l'instant force est de constater que Jean-Luc Mélenchon stagne un peu autour de 8, 9%, 10%, 11% dans les sondages mais il n'arrive jamais à aller au-delà mais les Insoumis les cadres Insoumis avec lesquels je discute souvent me disent non mais tu vas voir à la fin je ne sais pas dans les dernières semaines ou dans les derniers mois tout d'un coup tous les indécis on va dire les 40% d'indécis qui ne sont jamais comptabilisés dans les sondages et bien ceux-là ils vont se prononcer et tout d'un coup la candidature de Jean-Luc Mélenchon parce que ce sont principalement des catégories populaires dans ces 40% d'indécis et bien tout d'un coup la candidature de Mélenchon elle va exploser et il va retrouver peut-être pas les scores de 2017 mais il va les avoisiner Yannick Jadot c'est un peu différent parce que lui aussi sa campagne elle stagne depuis le début on va dire depuis le mois de septembre il est autour de 7-8% je ne vois pas trop les ressorts qu'il pourrait utiliser pour essayer de la dynamiser donc du coup il pourrait utiliser cette primaire en plus c'est vrai qu'il y a des vraies accointances on va dire à la fois programmatiques et même dans le projet entre Anne Hidalgo et enfin entre le Parti Socialiste on va dire et Europe Écologie Les Verts donc ce ne serait pas totalement idiot qu'il y aille le seul problème c'est que les écologistes sont persuadés que c'est l'horreur c'est-à-dire que c'est que quand on entre aussi dans le capot des sondages on se rend compte qu'il y a une faible cristallisation moins de la moitié de ceux qui disent qu'ils veulent voter Yannick Jadot sont sûrs de leur vote et donc il y a une faible cristallisation contrairement à Jean-Luc Mélenchon qui a plus de deux tiers qui sont sûrs de leur vote et peut-être qu'ils voudraient utiliser ça pour avoir une sorte de renouveau à la Valérie Pécresse Non mais c'est tout à fait juste après vraiment Il n'y va pas quand même Exactement et puis de toute façon le problème de Yannick Jadot au-delà du fait qu'hier il avait son enfin avant-hier c'était samedi il a fait un discours à L'An à L'Aon je ne sais pas comment on dit L'Aon ou L'An et il a fait un meeting son premier meeting bon outre le fait qu'il n'y avait pas quand même grand monde c'était un peu un peu poussif etc moi j'ai du mal à comprendre aujourd'hui ce sur quoi ils voudraient faire campagne en fait ce qui pourrait vraiment mobiliser plus que ça ne l'est aujourd'hui les foules pour la candidature de Yannick Jadot et j'ai un peu l'impression qu'ils sont bloqués en fait dans leur développement ils étaient persuadés que comme ils avaient fait des scores vraiment c'était plutôt pas mal ce qu'ils avaient fait au municipal ils avaient gagné 6-7 grandes villes exactement mais ils s'en sont pas forcément tout à fait rendu compte ils n'ont pas forcément tiré le bilan en fait de cette victoire un peu à la pyrus qui démontrait qu'ils étaient comme tu le dis plus présents dans les centres-villes que dans les campagnes et que cette fracture là ils ne pouvaient pas la réitérer ils ne pouvaient pas se baser dessus pour partir à la présidentielle dans la présidentielle on a besoin de tous les français et les françaises y compris ceux de périphérie urbaine et ça je pense que c'est ça qui va leur manquer après moi j'avoue qu'Anne Hidalgo a raison de mettre la pression tout particulièrement sur Yannick Jadot parce que c'est celui qui est le plus capable de céder encore une fois parce qu'il y a ces convergences programmatiques et dans le projet entre guillemets et je dis programme ils n'ont pas vraiment encore sorti de programme ni l'un ni l'autre ni Anne Hidalgo ni Yannick Jadot mais on voit très bien que la façon dont ils envisagent on va dire l'avenir dont l'avenir pour la France ou pour l'Europe il y a quand même des grosses grosses convergences et Fabien Roussel du parti communiste français lui aussi il a refusé il a rejeté l'idée d'une candidature unique mais il est aussi bas dans les sondages et certains sondages le donnent en dessous de Philippe Poutou oui oui c'est sûr que le moment Fabien Roussel c'est assez particulier il faut savoir que Fabien Roussel il a été élu à la tête du parti communiste précisément sur une motion qui voulait la réaffirmation du parti communiste et du communiste c'est à dire que l'objectif dès le départ c'était maintenant il y a plus d'un an et demi ou deux ans c'était de dire il faut absolument que le parti communiste soit alors c'était pas dit explicitement mais on le lisait entre les lignes soit présent à la présidentielle parce que ça fait trop longtemps qu'on est plus présent au présidentiel qu'on n'a pas de candidats au présidentiel et c'est pour ça finalement qu'on est en train de disparaître progressivement donc c'est ça en fait qu'est en train de remplir Fabien Roussel d'ailleurs il le répète à chaque fois il dit on a besoin d'un candidat communiste dans la présidentielle alors c'est sûr que malgré le fait qu'il est très souvent invité dans les matinales il est très souvent invité à la télévision on parle beaucoup de lui dans les journaux dans tout type de journaux ça va jusqu'à Challenge et Valeurs Actuelles qui parfois vendent ses mérites il a été le troisième invité au mois de septembre c'était le troisième invité le plus fréquent des matinales toutes matinales confondues c'est vrai qu'il stagne autour de 1-2% mais en même temps je ne suis pas certain que l'objectif de Fabien Roussel ça soit de faire je vais le dire un peu durement mais c'est pas très grave mais je pense que son objectif ce n'est pas d'être président de la République son objectif c'est d'être présent c'est d'occuper le terrain c'est rappeler que l'idée communiste l'idée qui est portée par le parti communiste elle a le droit de citer aujourd'hui et voire elle est pertinente en fait pour notre époque et c'est ça qu'il est en train de faire c'est cette voix-là qu'il est en train de porter et donc du coup lui il n'a aucun intérêt à se ranger d'autant que vraiment les trois premiers mois de campagne il a fait ses trois premiers mois de campagne en disant je ne me rangerai derrière personne puisqu'on a besoin d'un candidat communiste donc il ne peut pas se ranger tout d'un coup derrière une candidature socialiste ou une candidature écologiste Philippe Poutou nous a bien fait rigoler en disant qu'en gros Arnaud Montebourg avait appelé Jean-Luc Mélenchon et Jadot mais n'avait pas pensé à l'appeler et qu'il tenait à le dire pour éviter toute ambiguïté alors c'est quelque chose qui se murmure un peu en coulisses mais pas beaucoup sur la place publique en gros derrière la première populaire une sorte de retour sur la scène des présidentiables de Christiane Taubira s'organiserait tu en parles dans ton éditorial d'ailleurs dans Regards on regarde un petit magnéto et on en reparle nous

46:14
Invité

D'un mot Olivier Faure un certain nombre évoquent une possible candidature de Christiane Taubira est-ce que ça ce ne serait pas la solution finalement ?

D'un mot Mais ce n'est pas moi qui vais vous le dire Christiane Taubira si elle est candidate je me féliciterai qu'elle participe à cette primaire et ensuite ceux qui décideront ce seront celles et ceux qui se seront inscrits dans la primaire et qui viendront y voter et moi je suis pour que à un moment donné il y ait un processus qui conduise à la dédition de quelqu'un et Christiane Taubira fait partie des gens qui effectivement pourraient y participer et pourraient éventuellement l'emporter Merci Olivier Faure c'était intéressant de vous écouter Si ce n'est pas elle c'est Christiane Taubira ? Alors il est évoqué la candidature Non mais vous ?

Non mais moi je n'ai pas à être Christiane Taubira Elle peut être la candidate de tous ?

Je ne crois pas on ne s'improvise pas candidate à deux mois ou trois mois d'une élection Les coulisses incroyables elle fait un déplacement elle doit aller à la Rochelle à la mi-journée Dans le TGV pour la Rochelle elle apprend qu'Arnaud Montebourg va faire un texte où il dit qu'il est prêt à donner donner sa candidature comment dit-on sacrifier sa candidature sur l'hôtel de la gauche si jamais si jamais une primaire est organisée et et bien il fait ce texte depuis quelques heures quelques jours il se murmure que Christiane Taubira serait ok pour être candidate si tout le monde sera lié à elle Anne Hidalgo dans le TGV se dit mince il y a un axe Montebourg Christiane Taubira qui est en train de se constituer il faut que je le stoppe elle arrive à Poitiers elle décide de faire demi-tour elle rentre à Paris officiellement pour des raisons sanitaires elle concocte cette idée-là sans prévenir personne c'est la surprise du chef ce soir elle ne prévient pas les socialistes elle ne prévient pas évidemment Jean-Luc Mélenchon et Yannick Jadot mais premièrement pour stopper l'offensive de Christiane Taubira

48:15
Présentateur

alors Pablo tu penses que l'hypothèse de la remise en selle de Christiane Taubira explique ce feuilleton de la semaine et du week-end dernier que quelque part c'est son alliance avec Arnaud Montebourg qui a réussi à créer une sorte de petit séisme pour finalement la remettre en selle en fait je ne suis pas sûr que tout ça a été prémédité je ne suis pas sûr que dans la tête d'Arnaud Montebourg ou dans la tête d'Anne Hidalgo derrière en arrière-pensée il y a forcément Christiane Taubira il s'avère que c'est vrai que son nom revient souvent sur les lèvres des différents à la fois commentateurs et des gens à qui l'on parle après la question c'est de savoir est-ce que c'est pertinent est-ce que c'est pertinent d'imaginer que Christiane Taubira pourrait être une candidate derrière laquelle pourrait se ranger à la fois Arnaud Montebourg et Anne Hidalgo Christiane Taubira elle a à la fois une longue carrière politique c'est-à-dire c'est une personnalité politique de dimension nationale ça c'est certain avec un talent d'oratrice que vraiment personne ne peut lui enlever le problème c'est qu'elle a quand même derrière elle 20 à 30 ans de carrière politique et que c'est pas on va dire c'est pas tout rose c'est-à-dire c'est pas toujours très gauche compatible ce qu'elle a à la fois son soutien au gouvernement Baladu en 95 son oui à Maastricht en 92 et c'est dit même son passage plus récemment son passage en tant que ministre de la justice garde des Sceaux sous les gouvernements de Jean-Marc Ayrault et de Manuel Valls avec où elle n'a rien dit sur l'arrière au travail elle est partie elle n'a pas dit grand chose sur la déchéance de nationalité enfin c'est quand même tout ça est quand même un peu lourd pour se dire pour pouvoir imaginer qu'elle puisse être la candidate de la gauche réunie ou la candidate commune de la gauche pour autant elle a à mon sens une qualité enfin quelque chose qui pourrait faire que sa candidature pourrait être un peu intéressante et c'est assez paradoxal avec ce que je viens de dire juste avant mais c'est vrai que Christiane Taubira pour moi elle est capable de mobiliser ce dont Chantal Mouffe parle beaucoup c'est-à-dire les affects elle est vraiment et en plus elle clive et c'est ça qui est intéressant et moi je trouve qu'en ce sens elle recoupe assez ce que dit Chantal Mouffe même si c'était Jean-Luc Mélenchon qui au départ avait utilisé les travaux de Chantal Mouffe sur le populisme de gauche et ça les était appropriés mais c'est-à-dire que Christiane Taubira à la fois elle clive elle clive très fortement notamment avec la droite la droite la déteste la conchit absolument c'est l'anti-Zemmour c'est l'anti-Zemmour absolu donc elle pourrait très fortement cliver et en même temps de par ses talents d'oratrice elle peut aussi mobiliser des affects alors après la question c'est sur quelle base qu'est-ce qu'elle va dire en fait et ça j'avoue que on ne sait pas trop ce qu'elle pense en fait sur aucun des sujets importants qui aujourd'hui traverse notre société à la fois sur les questions de pouvoir d'achat ou sur les questions mais même sur des questions précises sur la question des violences policières où moi pendant très longtemps j'ai attendu la parole de Christiane Taubira je me suis dit bon elle va dire quelque chose etc alors là franchement j'attends toujours en fait je défie quiconque d'aller me trouver une position claire de Christiane Taubira sur la question des violences policières et ça je pense que c'est un problème et je ne vous parle pas de tout le volet socio-économique où on ne sait absolument pas ce qu'elle pense mais à la limite tout ça ça peut se construire mais après c'est vrai que comme le disait Stéphane Le Foll comme le disait Ségolène Royal je ne suis pas certain qu'on puisse s'improviser présidentiable quelques mois avant la présidence c'est quoi certains médias certaines indiscrétions nous disent qu'elle y réfléchit qu'elle y pense est-ce que à ton avis elle a vraiment envie d'y aller est-ce qu'elle se dit qu'il y a une opportunité ou alors on la pousse dans le dos moi je ne suis pas dans sa tête je sais que les gens de la primaire populaire donc cette plateforme qui organise la primaire populaire eux ils ont ça en tête depuis pas mal de temps ils la sollicitent souvent dans leurs événements je me souviens il y a encore quelques semaines elle participait via Skype parce qu'elle était en Guyane elle participait via Skype à un événement organisé par la primaire populaire où elle réaffirmait son soutien à la démarche de la primaire populaire je ne sais pas le problème c'est que si jamais elle se déclare tout le monde va se demander pourquoi est-ce qu'elle ne s'est pas déclarée plus tôt et c'est une vraie question elle avait l'occasion en septembre ça fait un an que les gens viennent la chercher ça fait un an qu'il y a des pétitions sur internet qui demandent la candidature de Christiane Taubira avec des milliers de signatures il y a des tribunes dans les médias il y a des hommes et des femmes politiques qui demandent ça qui appellent à sa candidature et ça fait très longtemps donc pourquoi est-ce qu'elle n'a rien dit jusqu'à présent ou plutôt même elle a décliné cette proposition et pourquoi est-ce que tout d'un coup elle irait elle irait alors et c'est là on revient au début de notre conversation sur par rapport à Anne Hidalgo elle irait pour sauver le navire socialiste c'est pour ça qu'elle irait mais ça c'est pas une cause très noble en fait enfin je veux dire personne n'a rien à foutre de sauver le parti socialiste aujourd'hui enfin je veux dire ils peuvent se dérouler tout ça oui d'accord quelques appareils ceux qui en vivent mais c'est un vrai problème mais politiquement ça tient pas la route alors pourquoi cette croyance Taubira est-ce que ça dit quelque chose sur le fond foncièrement social-démocrate de ceux qui sont à la manœuvre pour une opération qui serait plus arrivée à évincer Jean-Luc Mélenchon que faire l'unité du camp du progrès social pourquoi cette croyance pourquoi ça ne va pas de soi d'imaginer que Christiane Taubira sera celle qui va sauver le peuple de gauche ça ne va pas de soi non c'est tout à fait vrai après il y a un chiffre qui revient tout le temps c'est 70% des sympathisants de gauche tous partis confondus sont pour une candidature unique et donc il y a ce mantra et c'est vrai lorsque vous parlez chacun pense à son leader à son leader mais du coup il y a beaucoup de commentateurs qui se disent bon bah on prend ces 70% et puis on va on va chercher en fait l'incarnation parfaite pour en gros répondre à toutes ses aspirations le transcender et puis hop ça va être Christiane Taubira moi je pense que c'est au-delà de la question sociale je pense que les sociodémocrates effectivement et les réformistes les réformistes mous on va dire cherchent une solution du côté de Christiane Taubira ça c'est absolument certain mais après est-ce que c'est vraiment la social-démocratie qu'incarnerait Christiane Taubira si jamais elle était candidate ça j'en suis pas certain je suis pas certain parce que en vérité son discours qui est quand même emprunt d'une culture historique et littéraire très puissante d'une poésie dans les mots etc et d'une capacité de mobilisation des affects comme je le disais à mon avis il dépasse le cadre de la social-démocratie de part malgré lui et donc du coup les sociodémocrates si jamais ils se rangeaient derrière elles seraient peut-être un peu gênés aux entournures par la tournure en fait que prendrait la candidature de Christiane Taubira mais c'est vrai qu'aujourd'hui les gens qui appellent à la candidature de Christiane Taubira sont plutôt effectivement les sociodémocrates et je renvoie à un article fait par le magazine enfin le média frustration sur Christiane Taubira qui déclinent très bien ce que pourrait être la colonne vertébrale idéologique et politique de Christiane Taubira et effectivement ça penche pas tellement en faveur de la gauche alors pendant ce temps à droite Valérie Pécresse essaye de se servir de son momentum et des sondages favorables pour se positionner se poser en seul candidat capable de battre Emmanuel Macron et en candidat qui incarne toutes les droites y compris celle de Ciotti donc celle de Zemmour dont elle drague les électeurs regardons un petit zap à ce sujet

56:22
Invité

mes amis il y a quelques semaines on nous disait enterrés divisés perdus mais nous sommes de retour en ordre de bataille pour la victoire et les français l'ont compris mes chers amis Eric Ciotti Xavier Bertrand le message ici c'est que la droite est unie aujourd'hui Eric Ciotti après sa magnifique campagne aura une place singulière auprès de moi dans la campagne la place que tenait un Charles Pasqua auprès de Jacques Chirac auprès de Nicolas Sarkozy c'est cette droite que Eric Ciotti incarne une droite forte une droite d'autorité qui l'incarne et il l'incarnera à mes côtés

57:49
Présentateur

alors Pablo est-ce que Valérie Pécresse peut incarner à ton avis l'antimacronisme et finalement porter par cet antimacronisme s'opposer en opposant numéro 1 et gagner les élections c'est assez drôle parce qu'à la base Valérie Pécresse c'était plutôt elle était plutôt très Macron compatible elle est bourgeoise elle incarne une certaine forme de bourgeoisie libérale européenne exactement elle est à la tête de la région la plus riche de l'île de France qui est une des régions les plus riches d'Europe donc vraiment elle avait tout pour aller pour ressembler exactement à Emmanuel Macron mais entre temps il y a eu la campagne de la primaire des républicains où là on l'a vu en fait se décaler sur la droite mais comme tout le monde comme Michel Barnier Michel Barnier on n'imaginait pas un ancien commissaire européen très genre on va dire chiracien enfin un vieux monsieur etc lui aussi en fait il s'est décalé il a tenu des propos genre complètement hallucinants sur l'immigration comme les autres candidats comme Xavier Bertrand et Eric Ciotti pourquoi est-ce qu'il y a eu ce déplacement on dit de la fenêtre d'Overton vers la droite de la droite pendant cette primaire des républicains c'est à cause de la candidature d'Eric Zemmour qui est venu en fait vraiment semer la zizanie dans cette campagne et enfin ou plutôt je dis la zizanie mais plutôt attirer vers lui tous les candidats des républicains et donc du coup on se retrouve avec aujourd'hui et d'ailleurs Valérie Pécresse est quand même assez forte à ce sujet parce qu'elle fait ce que n'a pas fait Yannick Jadot lorsqu'il a gagné la primaire la primaire des Verts Yannick Jadot quand il a gagné la primaire des Verts en gros il a mis un peu Sandrine Rousseau qui avait fait 49% et lui il avait fait 51 au deuxième tour donc ils étaient vraiment ric-rac Yannick Jadot il avait il avait récupéré bien sûr Sandrine Rousseau il l'avait mis dans le dispositif mais il n'avait pas récupéré grand chose de ce qu'elle pouvait représenter il n'a pas compris en fait ce qu'elle pouvait représenter l'éco-féminisme on n'entend pas tellement parler dans la bouche de Yannick Jadot etc Valérie Pécresse elle fait exactement l'inverse Valérie Pécresse elle a dit les LR ça va être un 4 quarts je vais prendre un quart moi un quart Ciotti un quart Xavier Bertrand et puis un quart Michel Barnier et c'est là qu'elle est sa force c'est à dire que là elle est en train de en plus chez les républicains ils croient beaucoup dans les incarnations à droite plutôt ils croient beaucoup dans les personnes fortes et dans les personnalités c'est les personnalités qui incarnent des idées les programmes ils n'en ont pas grand chose à faire etc ils ont besoin d'hommes ou de femmes fortes pour pouvoir diriger un mouvement pour pouvoir se présenter à la présidentielle et elle c'est ça qu'elle est en train de faire elle est en train de se faire une équipe autour d'elle de gens quand même assez avec de la une grosse surface médiatique et politique et c'est pour ça elle n'arrête pas de répéter Ciotti ça va être non pas quoi etc il représente si il représente ça et sans arrêt elle se présente avec ses gens autour d'elle le seul problème c'est que aujourd'hui elle tient un discours qui est quand même d'une dureté d'une radicalité d'extrême droite sur les sujets sur les sujets qu'elle met le plus en avant ça reste quand même l'immigration la sécurité enfin je veux dire moi pendant la campagne des LR c'était absolument hallucinant en gros elle a gagné électoralement mais Ciotti a gagné idéologiquement c'est Zemmour c'est Zemmour qui a gagné le score de Ciotti il s'explique parce qu'une partie de la base des gens des adhérents républicains qui ont participé à la primaire en fait était intéressé plus par Zemmour que par Ciotti ils ont voté par Ciotti parce que c'était à la fois l'ami d'Éric Zemmour et qu'en plus il portait exactement le même discours mais en vrai c'est Zemmour qui a gagné éditorialement politiquement médiatiquement pendant toute cette séquence et qui aujourd'hui encore est en train de labourer sur les terres des républicains moi je pense que le problème de Valérie Pécresse d'ailleurs je pense qu'elle va là elle a tout intérêt à changer un peu son fusil d'épaule et à parce que là ils étaient partis beaucoup en fait sur le terrain d'Éric Zemmour moi je me souviens d'un débat à la primaire je crois que c'était le dernier débat à la primaire sur BFM où Valérie Pécresse c'était vers la fin du débat et elle dit non mais est-ce qu'on peut reparler d'immigration parce qu'on n'en a pas assez parlé non mais c'était hallucinant enfin je dis là non mais ces gens sont censés représenter quand même la droite conservatrice la droite républicaine alors pas du tout ils sont complètement partis vers Éric Zemmour donc là moi je pense qu'elle a tout intérêt à revenir un peu chasser en gros sur les plates-bandes d'Emmanuel Macron et montrer qu'elle aussi elle peut représenter la France des start-up la France néolibérale etc.

on a un peu oublié en fait qu'elle représentait la France néolibérale Le calcul qu'elle fait c'est finalement l'antimacronisme et pour être représenté l'antimacronisme il faut s'éloigner de Macron c'est finalement ça qui pousse les républicains vers cette radicalité parce qu'aujourd'hui tout le monde sait qu'Emmanuel Macron finalement en dehors de son son qu'il est assez détesté à droite comme à gauche et celui qui réussit à prouver qu'il peut le battre notamment elle peut mettre en avant les derniers sondages en fait peut-être qu'il peut mobiliser autour de lui les affects justement anti-macron alors moi je suis pas il y a deux points sur lesquels je suis pas d'accord avec ce que tu viens de dire le premier c'est que je ne pense pas qu'Emmanuel Macron soit si détesté que ça et ça c'est un truc c'est un prisme un peu déformant je pense qu'il y a une partie de la population vraiment qui le déteste qui a genre construit une haine envers lui qui est vraiment effectivement coriace et puissante mais en revanche quand on regarde sa cote de popularité il a une cote de popularité énorme qui est largement supérieure à tous les présidents de la 5ème république à la même période donc je pense qu'il y a une adhésion et d'ailleurs en témoignent aussi les 25% de gens qui disent vouloir revoter pour lui en 2022 aux prochaines présidentielles ça c'est parce qu'il y a quand même une minoration de ceux qui ne savent pas encore pour qui vont voter non mais effectivement mais je pense quand même qu'il y a une adhésion une adhésion relative mais une adhésion quand même au projet d'Emmanuel Macron et les gens ils ont bien aimé le quoi qu'il en coûte c'est à dire ils ont vu arriver alors c'est pas vraiment un vrai quoi qu'il en coûte moi de mon point de vue de type de gauche oui oui il y a des limites à son quoi qu'il en coûte il n'y a absolument aucun débat là-dessus mais les gens ont quand même vu il y a beaucoup de gens qui ont vu arriver 1000 balles sur leur compte en banque qui ont vu toutes les aides qui ont été débloquées pendant le coronavirus qui sont contents de la façon dont il a géré le coronavirus nous enfin moi je ne suis pas content parce que genre je vois la façon dont il a renié sur les libertés publiques la façon dont tu l'as dit tout à l'heure il n'a pas investi dans l'hôpital public et dont on va se prendre la prochaine crise en pleine gueule il a tout misé sur le vaccin alors que le problème c'est avant tout la paupérisation de l'hôpital public il n'y a absolument aucun problème mais beaucoup de gens considèrent néanmoins qu'il a bien géré ça qu'on a quand même eu des vaccins etc le coronavirus ne peut pas permettre de de souder non je ne pense pas je pense au contraire qu'il va falloir qu'elle se macronise en fait dans la campagne et d'ailleurs je pense que c'est ce qu'elle va faire pourquoi les gens changeraient pour elle parce qu'en revanche sur certains sujets elle va être beaucoup plus dure elle va notamment sur les sujets liés à l'immigration elle va tenir un discours excessivement dur sur les sujets de sécurité sur tous les sujets régaliens elle va tenir un discours excessivement dur en revanche sur les sujets liés à on va dire la mondialisation la technophilie moi je pense que c'est ça qui fait avant tout l'attrait de la proposition du projet d'Emmanuel Macron c'est sa technophilie c'est à dire qu'il pense qu'en gros on va investir dans la recherche on va investir dans le développement on va donner un peu plus de liberté à nos entreprises et demain vous allez voir on va grâce à ça on va absolument tout résoudre on va résoudre le problème de plein emploi on va résoudre le problème du réchauffement climatique par une trouvaille incroyable etc.

et je pense qu'il va falloir qu'elle aille sur ce terrain Valérie Pécresse pour pouvoir dire en fait pour pouvoir proposer aux français en fait un avenir désirable parce que c'est ça le problème aujourd'hui Éric Zemmour et Marine Le Pen mais surtout Éric Zemmour ils proposent un avenir absolument cataclysmique où on serait envahi par les forces du mal et que hyper décliniste Valérie Pécresse elle était partie sur cette voie là mais je pense que ça peut pas tenir très longtemps en fait sinon elle va se faire manger par Éric Zemmour donc il va y avoir qu'elle retrouve la force pour proposer un projet désirable et ça je pense qu'elle va aller chercher du côté de ce que raconte Emmanuel Macron alors je voudrais terminer en disant tout à fait Pablo mais cela ne nous regarde pas alors merci d'être venu décrypter le week-end politique à mes côtés la matinale d'aujourd'hui la contre-matinale d'aujourd'hui c'est terminé avant la fin on me charge de vous transmettre un certain nombre de messages il faut partager la vidéo il faut faire des likes pour donner à cette émission à cette contre-matinale le poids algorithmique qui lui est nécessaire pour être montré à un maximum de personnes possible en replay je veux aussi vous faire un petit point sur la campagne donc l'ultime campagne de fin d'année qui est extrêmement importante nous sommes aujourd'hui à 8500 euros de dons on doit finir à 30 000 euros pour finir l'année et puis être à 50 000 euros pour vraiment pouvoir augmenter améliorer ce qu'on a alors voilà après donc la matinale à 19h vous aurez la diffusion de la dernière édition de l'instant porché la nouvelle édition de l'instant porché notre émission économique hebdomadaire qui ne s'interdit pas des bifurcations en politique qui sera question de la proposition de primaire à gauche de Anne Hidalgo de la guerre contre les services publics lancée par Valérie Pécresse aujourd'hui Valérie Pécresse qui marche sur les traces de Macron de 2017 sur le thème des services publics et des fonctionnaires qui seraient trop nombreux il y a aussi eu un nouveau rapport sur les inégalités à la une du monde Thomas et Lisa parleront aussi du bilan du bilan d'Angela Merkel bref ce sera passionnant de regarder à 19h ce lundi et moi je vous dis à demain pour la prochaine contre-matinale et n'oubliez pas soutenez le Média TV si vous pouvez bien sûr le Média TV

Contre-Matinale #54 | Le parti socialiste est-il déjà mort ? · Pourquijevote