Procès du RN, affaire Epstein…. L'interview de Sébastien Chenu en intégralité
Transcription automatique. À recouper avec la source d'origine.
On va continuer à parler du volet français de cette affaire EPSIN avec notre invité à présent. C'est le numéro 2 du Rassemblement National et vice-président de l'Assemblée Nationale, Sébastien Chenu, qui va nous rejoindre à présent, le temps qu'il arrive en courant jusqu'à ce plateau. On va parler avec lui aussi des dernières heures, des dernières minutes du procès en appel des assistants parlementaires du RN, puisque le procès s'est terminé il y a quelques minutes.
Vincent Vantiguen, qui l'a couvert pour BFM, nous rejoint également. Bonsoir, M. Chenu.
Bonsoir, M. Pauvelu. Soyez le bienvenu sur ce plateau.
Le procès est terminé. Vincent, ça y est, on connaît désormais la date du jugement et on connaît aussi la position des avocats de Marine Le Pen. Pas tout à fait une surprise qu'on réclamait aujourd'hui la relaxe.
Oui, ils ont plaidé la relaxe pendant quasiment 5 heures, avant que tous les prévenus ne soient appelés une dernière fois à la barre pour livrer ce qu'on appelle les derniers mots. Aucun d'entre eux n'a souhaité ajouter quelque chose au débat. Il faut dire que le procès s'est terminé sur la plaidoirie de Rodolphe Bosslu, qui était vraiment une bonne plaidoirie en faveur de Marine Le Pen, qui a demandé, vous l'avez dit, la relaxe à titre principal, mais qui a aussi fait un long développement finalement sur l'échéance présidentielle en disant si la cour venait à entrer en voie de condamnation, il faut aussi avoir ça à l'esprit.
Et qu'il a demandé une peine qui puisse être réduite, c'est-à-dire de la prison, mais uniquement avec sursis, ou de l'inéligibilité réduite, pas de 5 ans, mais de 2 ans, ou aussi avec sursis. Voilà ce qu'il a demandé en terminant sa plaidoirie. 2 ans, c'est le seul qui permettrait à Marine Le Pen d'être candidate à l'Élysée, on précise.
Oui, parce que cette peine, elle commence depuis le 31 mars 2025. Elle courait donc jusqu'au 31 mars 2027. Et puis si vous faites les calculs, le premier tour de la présidentielle, il est début du mois d'avril, donc ça pourrait aller.
Et c'est vrai que Rodolphe Bosslu a livré une plaidoirie qui était technique sur le fondement de cet article de loi de détournement de fonds publics, qu'il estime pas adaptée à la situation, pas adaptée à l'accusation, mais il a terminé surtout sur une note personnelle, parce qu'il connaît Marine Le Pen depuis plus de 30 ans, et il a rappelé à quel point elle avait été ostracisée aujourd'hui. Il a estimé, en tout cas il estime dans cette plaidoirie, qu'il faut prendre en compte aussi la personnalité de cette cliente. Il a dit, soit son ouvrage, vous lui permettez de le rebâtir, soit il sera terminé le jour de la décision, parce qu'il l'a confirmé, le jour de la décision, Marine Le Pen dira si elle est candidate ou pas.
Et maintenant, on attend, merci beaucoup Vincent, on attend le 7 juillet. Sébastien Chaudu, c'est pas tout à fait la date qui avait été envisagée. On parlait dans un premier temps plutôt du mois de mai, puis du mois de juin.
Est-ce que ça change quelque chose que ce soit aussi tard ? Non, enfin nous on avait intégré que ce serait au début de l'été, donc ça change pas grand chose fondamentalement. Marine Le Pen, vous l'avez dit, en tous les cas, son avocat l'a dit, est une combattante.
Marine Le Pen mène le combat, si ce n'est le combat de sa vie, une partie du combat de sa vie, puisque selon la décision qui sera actée, elle pourra ou pas se présenter devant les Français à l'occasion de l'élection présidentielle. Ça veut dire qu'elle ne dira rien jusqu'au 7 juillet, que c'est à ce moment-là qu'elle prendra sa décision, pas avant, pas après. Bien sûr, parce que ou la peine qui lui est infligée lui permet d'être candidate, elle peut être relaxée, ou alors elle a une peine qui lui permet d'être candidate, et le chemin continue, la vie continue, ou bien elle est obligée d'aller en cassation, parce qu'elle est condamnée, qu'elle ne peut pas, et qu'elle conteste cette condamnation, et la cassation s'approche tellement de la date de l'élection présidentielle qu'il n'est ni sérieux, ni possible d'organiser...
Oui, parce que la cassation rendrait son avis quelques semaines ou quelques mois avant l'élection. Ça, c'est toujours écarté. Voilà, ne serait-ce que pour des histoires de comptes de campagne, ce n'est pas possible de faire ainsi.
Donc c'est le 7 juillet au soir, Marine Le Pen s'adressera aux Français et dira « j'y vais ou j'y vais pas ». Oui, probablement. Mais Marine Le Pen, vous savez, ça a été la femme politique probablement la plus détestée et la plus combattue.
Elle est aujourd'hui la femme politique française préférée des Français. Marine Le Pen, c'est une histoire personnelle qu'on connaît tous, que tous les Français qui regardent et qui suivent la politique connaissent. C'est cette femme qui est trahie, c'est cette femme qui chute, qui se relève, c'est cette femme qui se bat contre un système, c'est cette femme qui porte des convictions avec un courage que chacun lui reconnaît.
Et aujourd'hui, Marine Le Pen explique qu'elle veut bien reconnaître, entendre ce qu'on lui reproche. Elle veut bien entendre, mais qu'elle n'a jamais à aucun moment souhaité commettre un délit. Et je pense que ça, c'est fondamental par rapport à la peine qui sera éventuellement proposée.
Moi, je pense que c'est effectivement la relaxe. Et vous voyez qu'il y a une telle différence entre ce qu'ont demandé ces avocats, la relaxe, et ce qu'ont requis les avocats, c'est-à-dire les avocats généraux, 5 ans d'inéligibilité, un an de prison ferme, qu'on a bien le sentiment aujourd'hui, y compris en voyant Marine Le Pen qui ne prend pas la parole après ces avocats aujourd'hui, pour dire peut-être un dernier mot à la présidente du tribunal. On a le sentiment que vous avez déjà bien en tête que c'est fichu, qu'elle n'ira pas.
Ah non, pas du tout. Moi, j'ai bon espoir que Marine Le Pen puisse être candidate. Alors là, je suis, et on est un certain nombre...
Et vous admettez qu'il faudrait un miracle ? Ah non, pas un miracle, une décision de justice qui nous apparaîtrait tout à fait conforme à la réalité du dossier dans lequel il n'y a pas d'enrichissement personnel, pas d'emploi fictif, pas de volonté de commettre un délit. Mais d'étournement de frappure.
Donc, mais ça veut dire que la peine qui serait infligée à Marine Le Pen, s'il devait y avoir une peine, moi je pense qu'il doit y avoir une relaxe, mais s'il devait y avoir une peine, elle était évidemment au-delà de tout, puisqu'elle priverait Marine Le Pen de l'œuvre de sa vie, qui est la rencontre avec les Français à l'occasion de la présidentielle. Il y a un scénario où elle pourrait être candidate, mais en portant à la cheville un bracelet électronique. Ça, c'est possible ou pas ?
Écoutez, moi je ne vais pas faire de politique fiction. Les magistrats décideront ce qu'ils souhaitent décider, en tous les cas, la présidence du tribunal...
Est-ce qu'on peut faire campagne avec un bracelet électronique ? Oui, oui. Ou est-ce que vous estimez que ça lui nuirait trop haut, que ça réduirait vos chances de victoire ?
C'est effectivement un sérieux handicap que d'avoir un bracelet, mais ce sera aux Français de décider. Ah non, ça, vous n'excluz pas qu'elle puisse faire campagne dans ces conditions ? Non, si Marine Le Pen est éligible...
Vous avez pu l'entendre dire récemment qu'elle ne le ferait pas dans ces conditions. Écoutez, moi je pense que si Marine Le Pen est éligible, c'est mon avis tout bonnement personnel. Si Marine Le Pen peut être candidate, quel que soit, j'allais dire, le contexte, si elle peut être candidate, il faut évidemment qu'elle porte nos espoirs et nos idées, notre offre politique.
Si elle ne peut pas être candidate, Sébastien Chenu, quel sera son rôle dans la campagne de Jordan Bardella ? Elle sera son conseiller ? On la verra sur scène lors des meetings où on n'entendra plus parler d'elle ?
Bon, écoutez, on ne se met pas dans ce cas de figure. Vous l'avez compris, nous on pense que Marine Le Pen a de bonnes chances d'être notre candidate. Et vous préparez aux deux ?
Si toutefois, je vais répondre, la justice la privait de cette rencontre avec les Français et que Jordan prenait la suite, Marine Le Pen, je ne sais pas exactement ce qu'elle fera, mais il faut bien imaginer que Marine Le Pen est une femme qui a des idées politiques, qui veut voir ses idées triompher. Et je pense que la relation extrêmement ténue qu'elle a avec les Français ne disparaîtra pas, ne s'effacera pas. C'est un peu de la langue de moi, ce que vous dites.
Non, parce que je ne sais pas vous dire ce qu'elle fera. Elle s'impliquera dans la campagne ou pas ? Elle ne va pas se mettre à réserver les salles des meetings.
Enfin, je veux dire, Marine Le Pen, c'est une pensée politique, Marine Le Pen. Donc, évidemment, elle aura, je l'espère, je le souhaite...
Elle pourrait être sa conseillère spéciale ? Je ne sais pas. Elle a déjà dit Matignon, ce sera non, s'il arrive à l'Élysée, mais elle pourrait faire un rôle.
Marine Le Pen n'est pas une femme qui court après ni les titres ni les honneurs. Elle veut que nos idées gagnent. Et je pense qu'elle se mettra dans la situation de faire gagner nos idées.
En tous les cas, aujourd'hui, la situation qui permet de faire gagner nos idées, c'est qu'elle soit elle-même notre candidate. Sébastien Chenu, on va parler des vagues, des secousses des affaires Epstein en France. D'abord, l'aspect pédocriminel, c'est-à-dire ce témoignage d'une femme que vous avez peut-être entendu et vu sur BFM TV ce matin, cette femme suédoise qui affirme avoir été violée en 1990 en France par l'un des rabatteurs de Jeffrey Epstein.
Elle a porté plainte. La porte-parole du gouvernement, Maude Bréjon, dit aujourd'hui qu'elle encourage toutes les autres victimes potentielles à prendre la parole. Est-ce que vous dites la même chose qu'elle ?
Bien sûr. Je pense que dans ces affaires sordides, répugnantes, que ce soit des femmes ou que ce soit des mineurs, il faut qu'effectivement les personnes qui sont victimes puissent s'exprimer, qu'on les entende, qu'elles soient entendues, qu'elles soient défendues et que leurs paroles soient évidemment recueillies. Je pense que c'est très important qu'il y ait un déverrouillage de la parole des victimes.
La victime, elle doit être au centre de notre monde judiciaire. Elle ne l'est pas toujours, d'ailleurs, quelles que soient les affaires. Moi, je souhaite que la victime, les victimes soient au centre du monde judiciaire et dans ce cas de figure, peut-être plus encore.
Il y a un autre volet possible dans cette affaire Epstein. On va accueillir Raphaël Grabli pour en parler avec vous, Sébastien Chenu, si vous voulez bien. Ce volet, il a été évoqué ce matin encore par le ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barraud, chez nos confrères d'RTL, qui a évoqué de possibles interférences dans la politique française dans les fichiers Epstein.
On écoute les mots de Jean-Noël Barraud tout d'abord. Cette fuite de mails par centaines de milliers et par millions est effarante. Et elle soulève des soupçons très sérieux, très graves, de tentatives d'influence et peut-être d'interférence avec la vie politique de pays européens et peut-être même la vie politique française.
De quoi parle le ministre, Raphaël ? Alors oui, d'interférence. En fait, concrètement, c'est des mails échangés par des diplomates européens, avec Jeffrey Epstein, notamment par un diplomate, Fabrice Edan, dont on a beaucoup parlé aujourd'hui, qui est mis en cause pour deux choses, dont il se défend d'ailleurs ce soir, on le précise.
Une consultation présumée de sites pédopornographiques et le fait d'avoir transféré des documents internes à l'ONU, à Jeffrey Epstein, avec forcément une autre question. Est-ce que le réseau Epstein inclut d'autres fonctionnaires français qui auraient pu également transmettre des informations sensibles ? Y a-t-il eu pour vous, Sébastien Chenu, des failles, des dysfonctionnements, des fautes dans le parcours de cet homme, qui a donc, semble-t-il, fait l'objet d'une enquête du FBI pour avoir consulté du contenu pédopornographique et qui a pu, ça c'était en 2013, et qui a pu ensuite rentrer en France sans qu'il soit sanctionné ?
Bon, c'est très difficile de se prononcer. Moi, je ne suis ni un juge, ni un policier. Je pense que si le FBI a déclenché une enquête, c'est qu'il a des éléments probants sur ce diplomate et sur ses agissements.
L'avocate de cet homme dit ce soir, l'enquête du FBI n'avait rien montré, c'est pour ça qu'il est rentré. Mais ça, c'est très difficile pour vous, comme pour moi en réalité, de se faire un avis, et la justice doit passer dans les cas précis. Avoir des échanges de mails avec Epstein, je ne sais jamais comment il faut l'appeler, ne fait pas de vous forcément un pédocriminel.
Mais là, je crois que dans le cas précis, il y a du stockage d'images ou de vidéos, j'en sais rien. Donc, effectivement, c'est...
Vous faites confiance à la justice, le cas échéant, puisque le ministre a saisi, au nom de l'article 40...
Oui, oui, mais...
Vous faites confiance à la justice pour voir s'il y a effectivement un problème ou pas. Mais bien sûr, je veux dire, tous les gens...
On a bien vu que dans les fichiers de cette affaire, tous les gens qui, dans leur vie, ont eu un moment, ont croisé le chemin de ce sinistre individu, ne sont pas tous des délinquants. Évidemment. Et je pense qu'il faut se prémunir de cela.
Mais c'est vrai que les répercussions, on les connaît. Lang, la démission de Jack Lang, c'est une répercussion de l'affaire Epstein dans notre vie politique, si tant est que Jack Lang soit encore...
Pour un volet possible. Ah, qu'est-ce que vous allez dire ? Si tant est que Jack Lang soit encore un homme politique, vraiment, c'était surtout un très mauvais gestionnaire et quelqu'un qui vivait sur l'argent public depuis 60 ans.
Raphaël, dans les fichiers, dans les fameux 3 millions de fichiers Epstein, il est bien question de la vie politique française ? Exactement, on en a parlé d'ailleurs hier soir. Epstein, il suit la politique européenne, d'ailleurs, de très près.
C'est ce qu'il ressort aussi de ses documents. Il échange avec un homme, Steve Bannon, Steve Bannon qui est chargé, on va dire, de propager le trumpisme en Europe. Dans ces documents que je vous montre, on est en 2019.
Le Rassemblement National, justement, cherche de l'argent pour préparer la campagne des européennes. Le 19 avril, Steve Bannon écrit à Epstein, je cite, « J'ai proposé au R.A.D. de s'adresser à ses propres adhérents pour les 4,7 millions de dollars des élections européennes, ce qui équivaut à 4 millions d'euros. » Alors, ce dont il parle, il faut le préciser, ça a vraiment existé.
Le RN a bien lancé un emprunt auprès de ses adhérents. Vous voyez le communiqué de presse qui avait été diffusé, c'était début avril 2019. Il y a 4 millions d'euros qui ont pu être collectés.
Certains adversaires politiques voient ça comme une potentielle ingérence depuis l'étranger. Il y a la France Insoumise qui réclame même une commission d'enquête. Sébastien Chenu, est-ce que Steve Bannon vous conseille sur votre financement ?
Non, mais on n'a pas attendu Steve Bannon pour solliciter nos adhérents. Je vous dis, je me souviens d'ailleurs qu'en 2017, quand on a eu des problèmes de ressources très importantes au RN, c'était encore le Front National de mémoire, ce sont nos adhérents qui nous ont donné, prêté, etc. Qu'à un moment, Bannon parle, puisque vous le dites vous-même, et Chene s'intéresse à la vie politique française, qui lui dise, le RN ne trouve pas de banque, ils n'ont qu'à demander à leurs adhérents.
C'est une conversation d'une banalité affligeante. Mais il vous a conseillé Steve Bannon en 2018 ? Non, il ne nous a rien conseillé du tout, Steve Bannon.
Steve Bannon a eu des échanges à l'époque avec des dirigeants du Front National, il était venu à un meeting, mais on a rapidement coupé les ponts avec Steve Bannon. Il n'y a plus aucun contact aujourd'hui ? Non, je ne crois pas, mais son discours ne nous a pas plu.
Vous n'êtes pas sûr ? Je ne crois pas, je veux dire, je suis sûr. Est-ce qu'il y a des contacts avec d'autres proches de Donald Trump ou des membres de l'administration américaine ?
C'est encore autre chose, proches de Donald Trump et membres de l'administration. Des membres de l'administration Trump, oui, parce que ça fait partie, comme l'administration de n'importe quel État. J'espère qu'on a des relations avec l'administration américaine, comme avec l'administration, moi je suis président du groupe d'amitié, voyez-vous, avec la Grande-Bretagne.
J'ai des relations avec des politiques britanniques de tous les bords. Ça j'espère. Mais Bannon, ça ne nous a jamais plu.
Et je pense que Bannon n'a aucune proximité avec nous. Marine Le Pen elle-même avait expliqué qu'elle était conseillée par Steve Bannon pour le financement. Non, elle n'a pas dit ça.
Alors attendez, je vais vous faire écouter. Elle était sur BFM TV, elle évoquait ce sujet-là. C'était le 12 mai 2019.
Écoutez. Financement américain organisé par Steve Bannon pour le Rassemblement National. Et d'ailleurs, je vous signale que c'est interdit par la loi, puisqu'on ne peut même pas les emprunter auprès d'une banque extra-européenne depuis la loi de 2017.
En revanche, Steve Bannon est de très bons conseils pour pouvoir faire des levées de fonds qui sont nécessaires évidemment auprès des Français, auprès de nos électeurs, pour nous permettre de les défendre au mieux. Finalement, elle dit mot pour mot en fait. Ce que dit Steve Bannon à Jeffrey Psyl.
Ce qu'elle dit, c'est que Bannon était d'une efficacité redoutable pour lever des fonds, notamment dans la campagne américaine. Les Américains savent très bien faire ça. Et que nous qui sommes bloqués, parce que le vrai scandale, c'est ça.
C'est que le Rassemblement National n'ait pas le droit ou pas la possibilité d'avoir des prêts dans des banques françaises. Premier parti français, premier parti d'opposition, pas de possibilité d'avoir des prêts. Enfin, sincèrement, ça c'est le scandale.
C'est pas qu'on cherche des solutions. Le scandale, c'est qu'on n'ait pas le droit, pas la possibilité de financer nos campagnes. Donc on doit se tourner vers nos adhérents.
D'un mot, vous êtes favorable à la commission d'enquête transpartisane que souhaitent lancer les insoumis ou pas ? Non, mais les insoumis, ils font du cinéma pour essayer d'écarter, un peu comme un rideau de fumée, les graves soupçons qui pèsent sur leurs candidats, sur leur rapport avec l'islam le plus radical. Et je pense que personne n'est dupe.
Bon, il y a un cas qui pourrait, je mets inconditionnel, peut-être concerner de près ou de loin le Rassemblement National. C'est un homme qui s'appelle Olivier Collomb, découvert aussi dans ses fichiers Epstein, ancien conseiller diplomatique de Nicolas Sarkozy à l'Élysée. Il a échangé des messages graveleux et parfois à connotation raciste avec Epstein.
Le média Afrique Intelligence dit aujourd'hui, je ne sais pas si vous l'avez lu, Sébastien Chenu, qu'Olivier Collomb s'est rapproché de Marine Le Pen ces dernières années, qu'elle le consulte sur les dossiers africains, qu'il serait même son conseiller, officiel ou officieux. Olivier Collomb, connaissez-vous cet homme ? Est-ce qu'il le conseille aujourd'hui Marine Le Pen ?
Non, dans la famille Collomb, moi je préfère Christophe Collomb, parce que je pense que lui, il a fait des...
Vous allez dire Gérard Collomb ou...
Gérard Collomb, c'était autre chose, mais...
Non, ce monsieur, je ne le connais pas, on ne le connaît pas. Pardon, c'est moi qui vous donne cette information ou vous l'aviez déjà entendue ? Non, non, j'ai lu quelque chose là-dessus.
En réalité, Marine Le Pen l'a consultée sur le Tchad, quand elle s'était déplacée au Tchad, parce qu'on lui avait dit que c'était un spécialiste du Tchad. Monsieur Collomb a fait son parcours professionnel dans les cabinets ministériels de droite, même si je me demande s'il n'a pas été un peu proche de la Macronie aussi à une époque. Et donc, ça fait partie de ces gens à Paris qui sont présentés comme des spécialistes de quelques pays.
Donc, quand Marine Le Pen est allée au Tchad, elle a vu un échange avec lui, point, à la ligne. Une seule fois, il n'est pas son conseiller. Oui, ben oui, non, il n'est pas son conseiller.
Ni officiel, ni officieux, il n'est pas...
Non, il ne l'a jamais croisé, etc. Mais tout ça dit quoi ? Toutes les personnes qui ont échangé avec Epstein, y compris avec les propos que vous dites, ne sont pas forcément des criminels.
Et surtout, toutes ces personnes ont des liens, lorsqu'ils sont français, avec d'autres personnalités françaises. Et ça ne dit rien des autres. En réalité, vous connaissez probablement dans votre parcours, dans votre vie, comme moi, des gens qui se sont très mal comportés.
Ça ne fait pas de vous un complice de leur comportement. On dit un mot des municipales, Sébastien Chenul. Le Rassemblement National vient de retirer son investiture à votre candidat à Belfort, qui a été rattrapé par des publications sur ses réseaux sociaux, notamment un tweet en 2022, dans lequel il dénombrait la proportion de prénoms à consonance étrangère parmi les naissances dans cette ville.
Il disait, j'en ai compté 72%. Et encore, je n'ai même pas comptabilisé les Elie et les Samuel, qui sont d'origine hébraïque. Il a donc été désinvesti.
Pourtant, plusieurs jours après la publication de ses tweets, Jean-Philippe Tanguy, votre collègue du RN, bras droit de Marine Le Pen à l'Assemblée, disait, « Ces messages ne sont ni racistes, ni antisémites ». Vous avez changé d'avis sur ces messages, finalement ? Non, mais visiblement, ce candidat n'était pas dans la ligne de ce qu'on souhaite porter.
Ça a créé une polémique à laquelle on n'avait pas du tout envie d'être associé. Mais pas à cause de ces messages. Il y avait autre chose ?
Ah non, je ne crois pas qu'il y ait autre chose. Mais à cause de ces messages, ça a créé une polémique, vous venez de la rappeler, qui a ému et qui a visiblement blessé. On n'avait pas envie d'être lié à cette polémique.
Nous, quand un candidat pose problème, on le débranche. Je crois que c'est le terme que vous avez utilisé. Mais nous, on prend nos responsabilités.
Mais voyez-vous, je regardais moi ce que font les autres. Quand M. Attal soutient André Santini, 85 ans...
Non, mais laissez-moi aller. Vous savez pourquoi je vous coupe la parole ? Je pense que c'est pareil.
Non, non, pardon Sébastien, je vous coupe la parole parce que si vous parlez d'une ville, quelle qu'elle soit, on est en temps de période municipale, il va falloir...
Belfort, donc...
Oui, mais il a été désinvestigé. Il va falloir donner le même temps de parole à tous les autres candidats de cette liste. Vous leur donneriez deux minutes ?
Ou 20 secondes. Écoutez, il faut quand même le dire...
Non, non, je ne vous laisse pas. Ce sont les règles, malheureusement, de l'ARCOM. C'est poursuivre pour agression sexuelle.
Ça ne fait pas d'Attal un délinquant sexuel. Ça ne fait pas tous les candidats de renaissance des délinquants sexuels. Et la LFI, dans plein de communes, vous avez des candidats qui ont été...
Je ne cite pas de communes. Merci. Qui ont été désinvestis pour propos antisémites et parfois qui ne sont pas désinvestis, qui sont maintenus pour des propos à l'islam radical, etc.
C'est le cas dans le Nord, je ne donne pas la vie. Merci. Mais il a une candidate qui ne veut pas condamner le Hamas.
Jamais vous en parler...
Mais je pourrais vous en citer quelques-uns aussi, Sébastien Chenuc. Nous, ce qu'on fait...
Alors, attendez, pardon. Je vous en citer...
Vraiment, il nous reste une minute et je vous laisserai répondre. En haut de Vienne, un candidat du RN se voit retirer l'investiture pour avoir attribué le massacre d'Oradours-sur-Glane à des Ukrainiens nazifiés. À Carpentras, votre candidat désinvestit pour des tweets racistes.
Il avait dit au sujet de l'insoumise Daniel Obono que cet Obono retourne avec les bonobos de son pays. Un autre candidat, dont je ne cite pas la ville, qui s'est retiré lui-même après la découverte d'un selfie avec Dieudonné, photoprise en 2024. Ce n'est plus une brebis, c'est presque un troupeau.
Mais je vous ai cité des candidats LFI. J'en ai cinq ou six, là, sous les yeux. Mais ce n'est pas parce qu'il y a des choses dans votre partie de chez vous.
Mais laissez-moi aller au bout. C'est pareil pour les LR. Quand le maire de Saint-Étienne, l'ancien maire de Saint-Étienne, il n'est pas candidat, ça ne ouvre pas vos histoires de droit de parole, est en taule.
Ça ne veut pas dire que tous les candidats LR sont des délinquants putatifs. Ça veut dire que dans la politique, vu le nombre de candidats, vous avez forcément des gens qui se comportent mal. Là où on doit être jugé, c'est à notre réaction, c'est-à-dire à ce qu'on fait.
On n'en veut pas de ces gens-là. J'ai le souvenir, et vous aussi, c'est d'admissage, Jordan Bardella, après les législatives de 2024, disant qu'on va créer une cellule avec une équipe chargée d'éplucher les réseaux sociaux et même un recours à l'intelligence artificielle. Mais c'est ce qu'on fait.
Cette cellule, elle rate encore aujourd'hui des cas. Non, c'est ce qu'on fait, puisque de toute façon, quand ça sort...
Donc tous ces cas-là ont été dévoilés. Ce n'est pas candidat aux élections. Tous ont été dévoilés, non pas par vous, mais par la presse.
Très bien, mais la presse adore jouer les donneurs de leçons et faire la morale. Nous, on fait de la politique. Et là où on doit être jugé, c'est sur notre réaction, c'est-à-dire quand des candidats ne sont pas conformes à ce que nous sommes et au message politique qui est l'autre, on les débranche.
J'aimerais que M. Attal débranche M. Santini.
Allez, comme ça, on a refait 5 secondes sur une ville dont on ne donnera pas le nom. Merci beaucoup Sébastien Cheny d'être venu ce soir sur le plateau de 60 Minutes.