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InterviewLe Figaro (sur YouTube)· 10 février 2017 28 minContradictoireActualité / polémiqueImmigration & asileEurope & internationalTravail & emploiÉconomie & entreprises

Éric Coquerel : la vision politique de Marine Le Pen est "obscurantiste et xénophobe"

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 38 %Attaque 48 %Défensif 14 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 83 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:33FerméeÉludée

    D'abord, vous l'avez regardée ou pas ?

  • 0:49OuverteRéponse directe

    Comment interprétez-vous ce phénomène Le Pen installé durablement ?

  • 1:48OuverteRéponse directe

    On l'écoute plus que Jean-Luc Mélenchon ?

  • 3:29OuverteRéponse directe

    Un an de campagne de Mélenchon, quel bilan ?

  • 4:39OuverteRéponse directe

    Pourquoi identifiez Macron à gauche ?

  • 4:50OuverteRéponse directe

    Qu'est-ce qui ne marche pas dans cette campagne ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:19Invité politiqueFait
    « C'est un parti qui n'est plus du tout jeune et une famille des Le Pen en Le Pen qui est vraiment plus jeune du tout »
  • 2:16Invité politiqueFait
    « Ils veulent le droit du sang, donc les enfants d'immigrés qui sont français, comme le problème majeur »
  • 2:31Invité politiqueFait
    « Tout ça sert en fait en réalité à une chose, c'est surtout de ne pas pointer le problème du système »
  • 2:47Invité politiqueFait
    « Nous, nous pensons qu'il faut nous protéger vis-à-vis du libre-échange »
  • 3:55Invité politiquePromesse
    « On essaye de répondre à la question démocratique avec la 6e République »
  • 3:59Invité politiquePromesse
    « On essaye de répondre à la question du chômage par la répartition du temps de travail »
  • 4:06Invité politiquePromesse
    « On essaye de répondre à la question de l'Union européenne par une vraie méthode »
  • 5:02Invité politiqueFait
    « Le paysage qu'aujourd'hui nous offrent les sondages ne sera pas le paysage le soir du premier tour »
  • 5:59Invité politiqueChiffre
    « Vous avez vu, plus de 50% des électeurs ne savent pas pour qui ils vont voter »
  • 7:54Invité politiqueFait
    « Il y a eu un amendement qui a été proposé par le Parti Communiste à l'Assemblée Nationale demandant que la France s'engage à ne pas ratifier le CETA »
  • 12:41Invité politiqueChiffre
    « On a quand même le record historique en Europe du chômage »
  • 25:23Invité politiqueFait
    « plus de monde dans la justice »
  • 25:36Invité politiqueFait
    « il y a l'argent, il suffit d'aller le produire »
  • 26:36Invité politiqueFait
    « Je pense qu'il y a deux problèmes aujourd'hui dans cette réforme des régions. »
  • 26:40Invité politiqueFait
    « ça répond à une espèce d'idéologie de l'Europe des régions, l'Europe des landers, des grandes régions qui auraient des poids importants et qui, au fur et à mesure, affaibliraient en réalité le poids de l'État. »
  • 27:10Invité politiquePromesse
    « Nous, on va lancer une assemblée constituante. »
  • 27:43Invité politiqueFait
    « la République doit être unidivisible. C'est-à-dire que tous nos concitoyens vont avoir les mêmes droits et les mêmes devoirs où qu'ils soient sur le territoire. »

Temps de parole

  • Éric Coquerel84 %
  • Locuteur non identifié12 %
  • Présentateur4 %

1,1 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:06
Locuteur non identifié

Bonjour et bienvenue pour ce dernier Talk Le Figaro de la semaine. Nous recevons aujourd'hui Éric Coquerel qui est conseiller régional d'Île-de-France et coordinateur du Parti de Gauche, le parti qui soutient la campagne de Jean-Luc Mélenchon. Éric Coquerel, bonjour. On va bien évidemment parler de la campagne de votre candidat, mais un mot sur l'actualité proprement de cette campagne. Hier soir, Marine Le Pen était l'invité de l'émission Politique sur France 2. Elle a battu un record d'audience, 3,5 millions de téléspectateurs. D'abord, vous l'avez regardée ou pas ?

0:34
Éric Coquerel

Non, j'étais en meeting dans les Ardennes. J'étais très content de la rater. Je crois que je n'ai pas perdu grand-chose, que je sais à peu près ce qu'elle a raconté. J'étais dans un meeting très réussi de France Insoumise en Champagne-Ardenne.

0:46
Locuteur non identifié

Vous l'avez ratée, mais les téléspectateurs, eux, ne l'ont pas ratée. Comment, malgré ça, vous interprétez ce phénomène Le Pen qui est installé durablement et fortement dans la vie politique française ?

0:55
Éric Coquerel

D'abord, vous l'avez dit, il y a longtemps. C'est un parti qui n'est plus du tout jeune et une famille des Le Pen en Le Pen qui est vraiment plus jeune du tout puisque ça fait 40 ans qu'ils sont installés dans la vie politique, cette espèce d'oligarchie familiale entre le père, la fille, la nièce, etc.

Donc voilà, ils ont un temps d'avance sur nous avec, j'allais dire, des réponses d'une issue à la crise qui sont des réponses xénophobes, qui sont une réponse de repli sur le pays, qui sont une réponse obscurantiste qui remet même en question avec aujourd'hui le principe de préférence nationale qu'ils veulent constitutionnaliser qui remet en question à peu près tous les fondements républicains du pays. On ne le dit pas assez. Vous ne le dites pas assez. Je vous assure, les conséquences de ce que veut faire Marine Le Pen, ce n'est pas seulement un retour à Jean-Marie Paire, c'est quelque chose qui rappelle les heures les plus noires de l'extrême droite dans d'autres pays et ailleurs.

1:48
Locuteur non identifié

Mais quand elle est dans cette puissance de l'argent, la mondialisation, etc., on l'écoute plus, elle, que Jean-Luc Mélenchon ?

1:53
Éric Coquerel

Non, on verra bien si on l'écoute plus, elle. Le scrutin le décidera. Vous savez, ce n'est pas nouveau que l'extrême droite, dans les années 30, ils étaient très spécialistes là-dedans, reprennent des mots adéquats à la gauche ou à la gauche sociale comme la nôtre, j'allais dire, pour tromper l'ennemi.

Mais quand on regarde le fond du fond à chaque fois où reviennent les fondements du Front National, c'est toujours en réalité d'opposer les pauvres entre eux, de nous exigner des ennemis intérieurs qui, l'immigré, ou d'ailleurs pas seulement l'immigré, puisqu'ils veulent le droit du sang, donc les enfants d'immigrés qui sont français, comme le problème majeur, le problème de la santé, le problème du chômage, le problème de l'éducation, bon, tout ça sert en fait en réalité à une chose, c'est surtout de ne pas pointer le problème du système, parce que le programme est commis du Front National, c'est une politique de l'offre comme les libéraux, c'est toujours, on s'en prend toujours au prix du travail, c'est une non remise en question en réalité du système tel qu'on vit.

Vous savez, il y a deux façons d'envisager, nous, nous pensons qu'il faut nous protéger vis-à-vis du libre-échange. Le libre-échange, c'est la concurrence généralisée. Soit vous faites comme Trump ou Le Pen, et vous proposez une protection qui en réalité est un repli sur soi, une protection nationaliste, d'opposition aux autres, d'adversité avec les autres, qui peut entraîner les guerres et tout ce qu'on a vécu dans le temps passé, soit vous considérez la protection comme une coopération avec d'autres pays sur des critères sociaux et écologiques qui permettent une hausse par le haut de, j'allais dire, de toutes les conditions des salariés dans le monde entier.

Il y a deux visions très différentes, la nôtre est humaniste et progressiste, celle de Marine Le Pen est obscurantiste et xénophobe.

3:22
Locuteur non identifié

Alors là, sur ce plateau, vous êtes sans gâteau, sans bougie, et pourtant, en fait, je crois, un anniversaire, un anniversaire politique aujourd'hui.

3:29
Éric Coquerel

Voilà. Nous, ça fait un an qu'on est partis, jour pour jour, le 10 février. Un an que Mélenchon est candidat. Et candidat, voilà. Et ce qui explique très certainement pourquoi, contrairement à nos principaux concurrents, nous, nous avons un programme déjà cohérent, clair, complet. Et je pense que cette élection se jouera justement sur la clarté. Je ne pense pas que le Figaro soit d'accord dans sa ligne éditoriale avec tout ce que nous disons. On n'attendait pas ça du Figaro. Non. Mais par contre, je pense que, comme vous êtes des gens sérieux, vous pouvez reconnaître le sérieux de notre programme. On essaye de répondre à la question démocratique avec la 6e République.

On essaye de répondre à la question du chômage par la répartition du temps de travail, le partage des richesses, la relance de l'activité écologiquement sous table. On essaye de répondre à la question de l'Union européenne par une vraie méthode, soit pour sortir des traités tous ensemble, par la négociation, soit effectivement de sortir avec les pays qu'ils souhaiteraient pour envisager une autre construction européenne. Donc voilà, on a des choses sérieuses qu'on met sur la table depuis un an.

4:20
Locuteur non identifié

Il est parti donc il y a un an, une campagne longue. Il a, vous l'avez rappelé, un programme. Et pourtant, il y a encore quelques mois, Jean-Luc Mélenchon était le candidat le plus fort à gauche, loin devant tout candidat socialiste, avant même qu'il soit désigné à la primaire, et même loin devant Macron qui n'était pas encore flamboyant comme il est aujourd'hui.

4:36
Éric Coquerel

Mais vous trouvez que Macron est à gauche ? Il ne dit même pas qu'il est à gauche, Macron.

4:39
Locuteur non identifié

Pourquoi vous l'identifiez à gauche ? Dans les candidats qui sont dans ce spectre qui séduit les acteurs de gauche, et Jean-Luc Mélenchon, là même dans Twitter et les enquêtes, il est même autour de 10%, c'est-à-dire qu'il retrouve son score au mieux de 2012. Oui, oui.

4:50
Éric Coquerel

Qu'est-ce qui ne marche pas dans cette campagne, finalement ? D'abord, je suis en train de remonter, si vous regardez, mais très franchement, si, si. Mais je vais vous dire quelque chose à l'avance, puis vous vous rappellerez de ces paroles. Le paysage qu'aujourd'hui nous offrent les sondages ne sera pas le paysage le soir du premier tour. Je n'y crois pas. Vous savez, si j'étais venu lors de cette émission, il y a simplement en mi-novembre, on aurait parlé ensemble de savoir si c'était Hollande ou Valls, éventuellement les candidats du Parti socialiste, on aurait hésité entre Juppé et Sarkozy, et sur les États-Unis d'Amérique, on aurait prévu, on aurait parlé de la victoire de Mme Clinton.

Tous ces gens-là sont dégagés depuis. Donc cette élection va être à rebondissement, et il suffit de voir l'affaire dans laquelle est tempétrée M. Fillon, qui était pourtant très très haut dans les sondages au soir des primaires, pour voir que tout ne va pas se passer comme on l'entend. Vous savez, les primaires, quelque part, nous, on s'y attendait. Il y a eu un raz-de-marée médiatique, il y a eu, et on en est très satisfait, la défaite de M. Valls, parce que ça confirme, j'allais dire, ce qu'on a fait pendant 5 ans, s'opposer à cette politique.

Je crois que progressivement, dans les jours qui vont venir, là encore, les choix des électeurs se feront sur la clarté, et là, je pense que notre programme a une large supériorité sur les autres. En clair, vous pensez que Benoît Hamon ne va pas rester au niveau où il est aujourd'hui dans les sondages ? Oui, je ne crois pas. Je crois même que les sondages, vraiment, ne donnent qu'une opinion. Vous avez vu, plus de 50% des électeurs ne savent pas pour qui ils vont voter, donc c'est très volatile. Et même, prêtez attention à ça, seuls 65 sont persuadés aujourd'hui à aller voter dans l'élection maire de la Vème République.

Donc ça montre bien que vous avez toute une partie de l'électorat qui ne sait plus trop comment s'orienter, c'est normal. On leur a fait le coup de faire une politique soi-disant de gauche qui était la même que Sarkozy, et qui, par contre, n'iront pas vers les ambigus, je n'y crois pas. Mais vous pensez que les électeurs de gauche,

6:26
Locuteur non identifié

et notamment ceux qui soutiennent Jean-Luc Mélenchon, qui aujourd'hui disent qu'ils vont voter pour Hamon, ils vont se faire avoir par Hamon comme ils se sont fait avoir par Hollande ?

6:32
Éric Coquerel

Non, je ne crois pas. Mais je ne sais pas si... Enfin, la question... Je vais aborder M. Hamon, puisque vous voulez que je vous parle de ça. Mais vous avez raison. Non, mais il interroge. Mais moi, je crois une chose. Justement, nous, nous faisons quelque chose de sérieux. On prend en sérieux cette élection. On prend en sérieux nos concitoyens. Elle est dans un moment décisif en 2017. Élection dans les deux principaux pays européens, la France et à l'automne l'Allemagne. Donc, on est rentré en campagne pour cette raison il y a un an. C'est-à-dire pour pouvoir présenter quelque chose de cohérent, apte à gouverner, à changer la République, et à changer le système en profondeur. Alors, M.

Hamon, si c'est cela qu'il vise, ne peut pas penser qu'au nom, soi-disant, d'une unité de la gauche qui serait dépoussiérée, il va en réalité nous demander d'amnistier le Parti Socialiste et tous ceux qui ont été aux affaires depuis cinq ans. Si c'est ça qu'il nous propose, si c'était cet entourloupe, ça, ça ne vaut même pas la peine. On ne peut pas faire la politique, une politique différente, avec ceux qui viennent de gouverner pendant cinq ans. Donc, il doit choisir. Manifestement, pour l'instant, je trouve que son choix est plus qu'ambigu et incohérent. Donc, il fait le grand écart. C'est soit, justement, tous ces gens du passé, les Valls, les Touraines, les Commery, etc. Soit il est...

7:44
Locuteur non identifié

Non, non, non, ce n'est pas des problèmes de personnes. Ce que vous pouvez discuter avec lui.

7:48
Éric Coquerel

Non, non, ce n'est pas des problèmes de personnes. Ça, c'est... On ne parle pas de personnes, on parle de politique, là. Regardez un exemple. Il y a quelques jours, il y a eu un amendement qui a été proposé par le Parti Communiste à l'Assemblée Nationale demandant que la France s'engage à ne pas ratifier le CETA, que le Parlement s'engage là-dessus. Qu'est-ce qu'ont fait les socialistes ? Ils se sont mis en conciliabilité. Ils nous ont discuté. Ça a fini par une abstention. Bon, c'est ça qu'on nous propose pendant 5 ans. On nous propose de recommencer ce qui s'est passé avec le gouvernement héros. Tout ça ne tient pas debout.

D'ailleurs, j'en remarque une chose, là encore, c'est peut-être la synthèse socialiste et leur façon de faire qui expliquent ça. M. Hamon explique depuis 2 semaines qu'il va appeler Jean-Luc Mélenchon. Je suppose qu'il y en a dans son camp qui disent l'appel surtout pas. D'autres lui disent l'appel et il fait la synthèse, il retarde. Bon, très franchement, ce n'est pas ça qu'il faut au pays. Donc, soit il est sérieux, soit il est sincère dans ce qu'il dit. Et je suis sûr que c'est peut-être le cas. Et puis, dans ces cas-là, je vous dis, il remet à plat toutes les investitures socialistes.

Il y a plus des trois quarts des gens qu'il s'apprête à investir, qui ont voté toutes les lois, toutes les lois, y compris la loi travail sur laquelle il prétend s'opposer. Et on discute. Si ce n'est pas le cas, eh bien, c'est les Français qui décideront qui est cohérent dans son choix.

8:56
Locuteur non identifié

Mais est-ce qu'entre le candidat de gauche, est-ce que vous souhaitez qu'il puisse se parler ? Et même si... Parce qu'apparemment, tout le monde n'arrive pas à joindre tout le monde. Non, mais attendez. Il y a des messageries qui sont saturées. Non, mais j'en ai dit ça. Non, mais j'en ai dit ça. Jean-Luc Mélenchon,

9:07
Éric Coquerel

ça fait deux semaines que Jean-Luc Mélenchon dit qu'il est prêt à prendre un café, mais pas pour discuter. Il faut discuter quelque chose. Si, encore une fois, le café de Beauvoir nous explique que l'idée, c'est de recycler tout le passé, tous ceux qui ont fait une ligne politique absolument catastrophique depuis cinq ans, on ne compte pas sur nous pour essayer d'habiller de nouveau quelque chose qui va être incohérent pour les Français. Les Français n'iront pas vers ça. Ils n'iront pas vers une alliance qui irait de Valls à Mélenchon. Ça, ça n'existe pas, politiquement.

9:36
Locuteur non identifié

Mais pour discuter, il faut bien que chacun fasse un pas. Est-ce que vous, vous souhaitez ? Et quelle page, Jean-Luc Mélenchon, peut-il faire ou doit-il faire pour préparer les conditions d'une entente à gauche,

9:45
Éric Coquerel

si vous la souhaitez ? Excusez-moi, ce n'est pas le pas de Jean-Luc Mélenchon. C'est le pas vis-à-vis des 1,2 millions de personnes qui ont mis un bulletin de vote. Benoît Hamon, et puis il y en a beaucoup plus qui rejettent la politique de Valls au nom de valeurs qui ne sont pas les valeurs de la droite. Il y en a beaucoup plus. Il y a déjà 1,2 millions de personnes. Est-ce qu'Hamon, il est fidèle à ces gens-là ou est-ce qu'il se rabiboche avec l'appareil du Parti Socialiste ? La question est là. Elle est absolument essentielle.

10:09
Locuteur non identifié

Il faut bien se réconcilier avec des gens qu'on a combattus. D'accord.

10:11
Éric Coquerel

Alors, vous nous dites de faire un pas qui fasse un pas, qui nous prouve qu'avec les mêmes, il est capable d'abroger la loi travail puisqu'ils ont encore une majorité pendant quelques mois. Qu'il le fasse. Il sait très bien qu'il ne pourra pas le faire. Donc, en réalité, il essaie de nous entraîner sur quelque chose qui n'a pas de cohérence, qui vise finalement à présenter l'imprésentable, c'est-à-dire nous amener à la remorque de la majorité qui vient de gouverner le pays si mal depuis 5 ans et qui vient de renier toutes ses promesses. Ça, ce n'est pas possible. Donc, on doit choisir.

Et à partir de là, le café sera excellent et on pourra peut-être discuter de programmes qui sont différents sur l'Union européenne, sur la question de la place du travail puisque nous, nous pensons qu'il reste suffisamment de travail pour tout le monde, qu'il faut le répartir et non pas créer une classe entre les gens qui ne travaillent plus avec un revenu de misère et les autres. Donc, il y a des différences sur l'Union européenne. Le revenu universel, ce n'est pas votre logique ? Non, parce que nous ne partons pas du principe qu'il n'y a plus assez de travail. C'est un principe très libéral qui laisse penser que le travail est structurellement instable. Nous n'y croyons pas.

Donc, il faut répartir le travail. Il faut bien sûr répondre à la grande pauvreté avec des minima sociaux mais là, qu'il soit au-dessus du minimum de pauvreté et non pas sur un RSA un peu plus-plus. Je pense que c'est ça l'urgence. Et puis, la deuxième question aussi, c'est de ne pas refaire ce que les socialistes nous proposent depuis 30 ans sur l'Union européenne. Là, on nous propose de faire la même chose. On dit qu'il faut changer, il faut changer, mais on ne nous dit pas comment. Là non plus, il faut choisir entre le mandat que nous donne le peuple et le fait de considérer que l'Union européenne est à un horizon indépassable. Nous ne le croyons pas.

On se donne les chances de la changer, mais sinon, on la quitte. Alors, il y a un mot

11:44
Locuteur non identifié

qui est très à la mode en ce moment dans le débat, c'est le dégagisme. C'est un marqueur fort pour Jean-Luc Mélenchon. Est-ce que ne vous cassez pas que lui aussi, candidat déjà en 2012, à nouveau cette fois-ci, soit victime du même dégagisme qu'en ont été victimes ? François Hollande, Nicolas Sarkozy, vous avez remarqué

12:01
Éric Coquerel

que Jean-Luc Mélenchon ne gouverne pas ce pays depuis 10 ans ? Ça ne vous a pas échappé ? Il est quand même dans l'affiche. Oui, d'accord. Là, ce mouvement dégagisme dont vous parlez, cette vague dégagisme dont vous parlez qui n'est pas homogène d'ailleurs, ce que nous remarquerons, c'est qu'elle s'exerce par rapport à tous ceux qui ont gouverné. La droite a dégagé Sarkozy aussi pour les affaires, surtout avec Fillon. L'amélioration n'est pas vraiment évidente. Du côté de l'électorat socialiste, ils ont dégagé Manuel Valls, la ligne politique de Manuel Valls. C'est ça que nous dégageons. Donc, on ne peut pas recommencer ce qui a été fait pendant 10 ans. Ça, ce n'est pas possible.

Et d'ailleurs, ce sont des politiques qui échouent partout. On a quand même le record historique en Europe du chômage. Et puis, vous voyez bien que les choses ne s'améliorent pas. Il faut rompre avec ces politiques d'austérité, rompre avec la politique de l'offre. Et je crois que là aussi, c'est notre programme L'Avenir en Commun qui répond le mieux à ces questions.

12:49
Locuteur non identifié

Alors, la campagne se poursuit. Il y a eu les fameux meetings de Lyon et de Paris le week-end dernier. Il y aura le Grand Rassemblement à Paris, à la Bastille, le 18 mars, je crois. Dans cet intervalle, s'il y avait ou une mesure ou une initiative nouvelle à prendre qui vous permettent ou de relancer ou de rendre votre campagne plus audible, c'est quoi ? Qu'est-ce que vous voulez mettre en avant cette campagne ?

13:08
Éric Coquerel

Ne vous inquiétez pas, notre programme est audible. Notre campagne d'audible, moi, je le vois dans toutes les réunions qui sont pleines. Là, j'en ai encore fait une. Je vous dis hier à Charles-Ville-Mézières, je vous assure que ce n'est pas forcément une terre facile pour nous tient le plus à cœur. La mesure que vous aimeriez mettre au centre de la campagne. Déjà, ce qui est prévu, c'est que le 19 février, puisqu'on nous interroge sans arrêt là-dessus, il va y avoir une audition de tous nos économistes et les responsables du programme sur ce que coûte le programme et comment nous allons chercher l'argent. Ça va être une réponse déjà.

Et il va y avoir des initiatives, vous inquiétez pas, sur la question, justement, les questions sociales, du travail. Quelle serait notre loi travail, par exemple ? Qu'est-ce que nous mettrions, nous, pour relancer, pour en finir avec le chômage en France ? Sur la question écologique aussi, d'initiatives, souvent sur le fond, parce qu'encore une fois, c'est un programme que nous défendons, qui vont être prises. Et puis, comme vous l'avez dit, tout ça nous emmenons jusqu'au 18 mars, avec, cinq ans après, la même chose que nous avions fait à la Bastille, en espérant que beaucoup, beaucoup de gens seront là pour la VIème République.

14:07
Locuteur non identifié

Il y a souvent une question qui colore une campagne présidentielle. On avait dit qu'en 2002, c'était la sécurité, en 2007, la question du pouvoir d'achat. Là, quelle sera la question vraiment centrale, pas tant de votre programme, mais de l'opinion française ?

14:19
Éric Coquerel

D'abord, je pense qu'il y en aura plusieurs, et on constate depuis quelques temps. La question du chômage, du travail, est évidemment centrale. La question, je crois, qui monte de partout, où nous avons des réponses très différentes, mais sur le libre-échange, dont on voit bien que c'est en train d'amener le monde devant tous les périls, soit socio-écologique, de guerre. La question aussi de l'environnement, parce que si nous ne parlons que à respirer sur cette planète, eh bien, toutes les choses, toutes les autres discussions seront réglées. Donc, il faut répondre à cette question. Et puis, j'allais dire aussi la question internationale.

Vous savez que nous sommes pour une France indépendantiste, c'est-à-dire qui n'est pas alignée par rapport, notamment, aux États-Unis d'Amérique, et c'est encore plus d'actualité avec la dangerosité de M. Trump. Voilà, je crois qu'il y a... Vous savez, en 2005, je me rappelle, mon traité consulé européen nous disait que les Français ne sont pas capables de comprendre un texte compliqué. Ils l'ont été, ils ont rejeté le traité.

Eh bien, nous, de la même manière, nous ne pensons pas que ce sera sur un seul axe que cette campagne se lièdera, mais sur plusieurs qui est le programme que nous présentons avec, n'oubliez pas, une constituante, c'est-à-dire l'idée, par une méthode d'appel au peuple, de changer cette République qui est vraiment vermouille aujourd'hui.

15:21
Locuteur non identifié

Alors, Éric Ocrel, on va poursuivre cet entretien en cette fois-ci en donnant la parole aux internautes. Mathilde Cousin va nous rejoindre et on va voir les questions que vous posent les internautes.

15:36
Présentateur

Bonjour, Éric Ocrel. Alors, les internautes s'interrogent notamment sur la question de l'Europe que vous venez d'aborder brièvement. Donc, Jean-Luc Mélenchon, dans son programme, propose de revenir sur les traités européens actuels. Et Jérôme, du coup, voudrait savoir comment vous abordez la question du Brexit ?

15:53
Éric Coquerel

Comment on abord la question du Brexit ? On le prend pour, j'allais dire, l'expression d'une souveraineté populaire, celle des Britanniques qui s'opposent à l'Europe telle qu'elle est aujourd'hui. Et par chance pour eux, là, cette fois-ci, manifestement, le gouvernement va respecter leur choix. Je dis ça parce que ça n'a pas été le cas avec nous en 2005 quand nous avons refusé le traité concierge européen et qu'on nous a fait passer le traité de Lisbonne par la fenêtre, c'est-à-dire par le Parlement réuni à Versailles. Mais cette question est importante parce que pour nous, c'est un levier indispensable.

On ne peut pas continuer, on ne peut pas faire une politique différente dans le cadre des traités actuels de l'Union européenne. Et nous, ce que nous disons, c'est que 2017, c'est une fenêtre absolument idéale pour ça. Parce que je l'ai dit tout à l'heure, l'Allemagne vote en septembre. Donc les deux principaux pays européens, ceux, ne tournons pas autour du pot, autour duquel se fait l'Union européenne, vont voter. Si Jean-Luc Mélenchon est élu, il y aura tout de suite une proposition, il ne fera pas comme François Hollande l'a fait, soi-disant, ça va rappeler, François Hollande, il avait dit, je ne signerai pas le nouveau traité si il n'est pas modifié.

Bon, rien n'a été modifié, il l'a signé. Nous, nous appellerons tout de suite nos partenaires à une réunion pour renégocier sur les bases que nous aurons donné le peuple français, le refus des privatisations, le refus de l'austérité, etc. On regardera le résultat des négociations, on fera un référendum et selon le décident du peuple français, nous prendrons là ou pas ce que nous appelons le plan B, c'est-à-dire une rupture si nous n'avons pas obtenu satisfaction avec l'Union européenne telle qu'elle est aujourd'hui et je vous assure que dans ces cas-là, vous verrez que beaucoup de pays européens nous rejoindront dans notre bataille des pays du Sud et autres.

Voilà, c'est ça le plan A, plan B. La chance de sortir tous ensemble des traités européens et je pense que nous l'avons. La France est un grand pays dont la voie compte à partir du moment où elle veut bien l'exercer et sinon, une rupture unilatérale de l'Union européenne.

17:38
Présentateur

Alors quand vous parlez de plan B, de rupture, faites-vous allusion à un Frexit, à une sortie complète de la France de l'Union européenne ?

17:44
Éric Coquerel

Ça peut être le cas, oui, ça peut être le cas. Mais ça sera pensant. En plus de ça, je pense que le terme est impropre. Pourquoi ? Parce que si la France décide de rompre, en réalité, l'Union européenne, c'est fini. Tout comme aujourd'hui, enfin tel qu'elle est aujourd'hui, tout comme si l'Allemagne décidait de rompre, on ne serait plus dans le cadre de l'Union européenne. Ça ne peut pas se faire sans les deux principaux pays fondateurs de cette Union. Donc l'enjeu n'est pas le fait que nous soyons sortis tout d'un coup de l'Union européenne qui continuera à fonctionner sans nous. Ça, je n'y crois absolument pas. L'enjeu, c'est de se donner la possibilité de la transformer radicalement.

Pas de la réformer, de la transformer radicalement et de faire en sorte qu'elle ne soit pas cette espèce de carcan du libre-échange et du libéralisme pour les peuples. Je pense que nous avons une vraie chance de le faire. Pourquoi ? Parce que les Allemands en souffrent aussi de cette Europe-là et que si jamais on ouvrait la voie, vous verriez que beaucoup de peuples suivraient derrière.

18:29
Locuteur non identifié

Il faudrait à nouveau qu'on s'y défendait, il faudrait un nouveau référendum sur l'Europe.

18:32
Éric Coquerel

Bien sûr, bien sûr. Celui-ci, on l'écouterait. Quelle que soit la réponse. Bien sûr. Et puis si jamais elle ne se satisfait pas, le gouvernement, dans ces cas-là, a le choix de démissionner. Mais on ne fera pas comme M. Cypras. Ça, c'est clair. Vous savez, on a été déçus parce qu'Alexis Cypras fait partie des nôtres et c'est vrai qu'il avait eu une bonne méthode. Il avait appelé le peuple qui avait refusé le mémorandum sauf qu'une semaine après, il le signe. Donc, je veux dire, ça a été un coup terrible pour nous. C'est de là, bien l'histoire du plan A, plan B. Les Allemands, face à Cypras, ils avaient un plan B, c'était de dire la Grèce dehors si vous ne signez pas.

Nous, nous disons que pour aborder une négociation, il y a un rapport de force et qu'il faut un plan B. des réflexions là-dessus et à mon avis, on peut gagner.

19:17
Présentateur

Alors, Harmonie revient sur un autre thème qui fait beaucoup débat en ce moment, celui de la laïcité. Harmonie voudrait savoir comment vous la définissez au parti de gauche ?

19:24
Éric Coquerel

Comme la loi de 1905. Ni plus, ni moins. C'est-à-dire l'idée que la laïcité, c'est d'abord le respect de la liberté des consciences de chacun, que ce soit la liberté de croire ou de ne pas croire. Et puis aussi, avec la garantie que la religion, quelle qu'elle soit, ne se mêle pas des affaires publiques et de l'État, que les choses soient très séparées de manière très claire. Toute religion, y compris. C'est pour ça que ça nous amène à dire que nous devons... Il n'est plus question d'avoir par exemple un concordat en Alsace-Moselle qui fait des exceptions. Voilà. Et c'est surtout pas en plus déguisé sous le nom de laïcité. En réalité, l'opposition à une seule religion.

Ça, c'est du Marine Le Pen. Ce n'est pas de la laïcité. C'est du racisme. Nous, nous sommes laïcs.

20:08
Locuteur non identifié

Et l'islam ne pose aucun problème à la République aujourd'hui dans son expression ? Mais vous savez,

20:12
Éric Coquerel

toute religion peut, à certains moments, quand elle prétend s'intéresser à la politique, poser des problèmes. Il y a une forme, une forme de l'islam mais qui, moi, je pense, reste très minoritaire en France qui, effectivement, prétend, j'allais dire, installer des théocraties dans le monde. Et installer... Et celle-là, il faut les combattre ? Pour combattre tous les fondamentalistes. Mais je suis aussi pour combattre tous ceux qui, au nom, à certains moments, du catholicisme ou d'autres religions, imposent des visions communautaires qui n'ont rien à voir avec des visions laïques. Donc, il n'y a pas telle ou telle religion.

Mais vous savez, dans leur écrasante majorité, nos concitoyens de religion musulmane sont, en réalité, j'allais dire, n'ont aucune envie d'essayer d'imposer à qui que ce soit et surtout à l'État français leur religion. Donc, c'est une petite minorité. Il faut la combattre. Mais la combattre pas au nom en pointant du doigt toute une communauté, toute une population, tout simplement parce que, en réalité, ce sont des fondements racistes qui existent derrière et qu'au lieu de parler des arabes comme on le faisait il y a quelques années, comme l'extrême-orite le faisait, maintenant, ils parlent des musulmans.

C'est la même chose qu'ils pourchassent, c'est-à-dire la division des Français entre eux.

21:20
Présentateur

Alors, nous avons plusieurs questions sur l'économie. Une première question de Corentin qui voudrait savoir en quoi le programme du Front National diffère de celui du vote, le programme économique.

21:30
Éric Coquerel

C'est très simple. Prenez les mesures de Marine Le Pen qu'elle a expliquées très succinctement juste avant de se voter dans son racisme habituel à Lyon. C'est une politique de l'offre. C'est-à-dire, c'est une politique qui continue à estimer qu'il faut baisser les cotisations sociales, il faut s'en prendre au prix du travail. Elle explique... Alors, le problème, c'est que les journalistes... Excusez-moi de... Je ne prends pas tous les journalistes, mais enfin, certainement, il faut travailler des fiches. Marine Le Pen dit, par exemple, on va augmenter les salaires. Et puis, elle explique après qu'en réalité, c'est en prenant sur les cotisations sociales.

C'est-à-dire, elle prend dans les poches, dans une poche du salarié pour lui remettre dans l'autre. Mais ça, ce n'est pas une augmentation de salaire. C'est un coup d'entourloupe. Donc, elle continue la même politique de l'offre. Moi, je l'ai entendue, elle ne remet pas en question les politiques d'austérité. Et tout simplement, effectivement, elle propose, j'allais dire, une protection par rapport à l'économie française, mais sans remettre du tout en question les modes d'exploitation, le productivisme et tout ça. Donc, nous avons des politiques radicalement différentes. Nous, nous pensons qu'il faut mettre de l'argent dans les revenus des gens qui produisent des richesses dans ce pays.

Les salariés, les artisans, les petits chefs d'entreprise, les marins, les paysans, tout ce que vous voulez, il faut mettre l'argent sur ceux qui produisent des richesses et non pas ceux qui les exploitent pour boursicoter ou pour, j'allais dire, jouer au grand monopolie de la bourse. Ça, c'est ça le problème que connaît notre pays depuis 30 ans comme les pays européens.

22:50
Locuteur non identifié

Elle veut par exemple imposer, taxer les importations, revenir sur la directive trailleurs détachés, ça, vous êtes plutôt favorable. Oui, mais ça,

22:57
Éric Coquerel

on l'a dit avant. Ça y est, Marine Le Pen, non mais ça fait des années par exemple que Jean-Luc Mélenchon dénonce le TAFTA, ça a été un des lanceurs d'alerte, je vous rappelle que ça avait été fait dans le secret. Il va y avoir des cohérences

23:09
Locuteur non identifié

en la matière.

23:09
Éric Coquerel

Mais d'accord, mais à ce moment-là, je vais vous faire toutes les cohérences de Marine Le Pen à partir du moment où elle dit la même chose que M. Fillon puis je vais vous dire vous voyez, en fait, M. Fillon suit Mme Le Pen. Non, ça, c'est pas sérieux. Encore une fois, c'est pas parce que Marine Le Pen à certains moments utilise une partie de nos vocabulaires, c'est pas une femme politique bête, elle a bien compris qu'elle peut pas juste proposer la xédophobie et le racisme aux Français, qu'à un moment donné, il y a une contestation sociale et le fait de ne plus supporter l'injustice et qu'il faut qu'elle y réponde. Donc, elle prend nos mots, etc.

Mais les recettes qu'elle utilise, ce qu'elle met sur la table, je vous assure que ça n'a aucun rapport avec les nôtres, y compris par exemple sur la démocratie sociale. Elle n'arrête pas d'attaquer les syndicats, par exemple, Marine Le Pen. Elle a beau dire, elle n'arrête pas en réalité de justifier tous les reculs qui ont été faits. Les députés du Front National à l'éveur leur vote à l'Assemblée, ils ont voté tous les amendements les plus libéraux aux différentes lois qui ont été proposées par la droite, tous les amendements les plus libéraux. Donc, c'est un camouflage. Certes, bien joué, la preuve, beaucoup d'entre vous vous voulez se laisser prendre, mais de grâce...

Et beaucoup d'électeurs surtout,

24:13
Locuteur non identifié

plus que de journalistes, beaucoup d'électeurs.

24:14
Éric Coquerel

On verra bien, on verra bien à l'arrivée ce que fera Marine Le Pen. Et moi, je vous parie une chose, c'est que si Jean-Luc Mélenchon est, comme je l'espère, si c'est face à Marine Le Pen au deuxième tour, vous verrez que nous serons très, très majoritaires par rapport à ces idées.

24:28
Présentateur

Alors, une question très concrète de texte qui demande comment vont être financées toutes ces propositions de Jean-Luc Mélenchon ?

24:33
Éric Coquerel

Eh bien, donc, ça sera en direct sur Internet, je crois d'ailleurs. Il va y avoir une grande audition toute la journée, voilà, du financement de nos programmes. Je vous le dis rapidement, en gros...

24:48
Présentateur

Ça se passera quand ?

24:49
Éric Coquerel

Ça sera le 19 février. Donc, ça sera accessible sur Internet. Mais, grossièrement, comment on finance ? Vous savez, aujourd'hui, la Banque Centrale Européenne a prêté, a proposé aux banques à peu près 1 000 milliards d'euros en leur mettant à disposition dont la plupart, d'ailleurs, n'ont pas voulu. C'est-à-dire qu'elles n'ont même pas voulu l'utiliser dans l'espèce d'économie financière qu'elle a leur.

Nous, on dit une chose, eh bien, ça, on a qu'à le mettre dans l'économie réelle, de prêter directement aux États de façon à ce qu'ils investissent dans la transition énergétique, dans l'économie maritime, dans, j'allais dire, dans, par exemple, tous les services publics dont nous avons besoin, des polices de proximité, plus de monde dans la justice, etc., ou dans l'enseignement. Et ça, c'est des choses qui relancent aussi l'activité économique parce que, contrairement à ce qu'on dit, il y a l'argent, il suffit d'aller le produire.

25:38
Présentateur

Une question de Célia. Sur les votes blancs, faut-il les prendre en compte ?

25:44
Éric Coquerel

Oui, oui. C'est évidemment quelque chose qui est souhaitable.

25:49
Présentateur

Oui, c'est un phénomène qui est de plus en plus présent.

25:51
Éric Coquerel

Oui, oui, oui. C'est souhaitable. Je veux dire, c'est un vote qui exprime quelque chose. Donc, je trouve que c'est souhaitable.

25:58
Présentateur

Et Nathalie dit, au vu des résultats de Jean-Luc Mélenchon aux élections précédentes, qu'espérez-vous maintenant ?

26:04
Éric Coquerel

On espère remporter cette élection présidentielle et avoir une majorité gouvernementale après qui nous permettra, non pas seulement de transformer le pays, parce que la voix de la France est forte, qui nous permettra très certainement de proposer une autre voix pour l'Europe. Et puisqu'on est aussi entendu dans le monde, je crois, d'avoir des grosses répercussions sur la question de la paix, sur les questions internationales.

26:25
Présentateur

Alors, une dernière question de Jérôme. Alors, on rappelle, Éric Coquerel, que vous êtes élu conseiller régional de l'Île-de-France. Justement, Jérôme, il y a une question sur les régions. Allez-vous, comptez-vous, revenir sur cette réforme des régions ?

26:35
Éric Coquerel

Oui. Je pense qu'il y a deux problèmes aujourd'hui dans cette réforme des régions. D'abord, on voit bien, en réalité, ça répond à une espèce d'idéologie de l'Europe des régions, l'Europe des landers, des grandes régions qui auraient des poids importants et qui, au fur et à mesure, affaibliraient en réalité le poids de l'État. Mais c'est des régions... L'Île-de-France, ce n'est pas dans ce cas-là. Mais ailleurs, nos concitoyens, surtout, aient des espèces de monstres qui ne correspondent à rien, à rien du tout. Donc, oui, il faut revenir. Et je crois aussi que... Ça va coûter ? Comment ? Ça va coûter de l'argent ? Il faut les exprimer, carrément, les régions ? Non.

Nous, on va lancer une assemblée constituante. Donc ça, ça fait partie des questions à poser. Ça fait partie, je veux dire, du cadre constitutif d'un pays. On verra bien comment les gens répondent. Mais vous dites que ça coûtera de l'argent. Moi, je ne crois pas. À un moment donné, on s'aperçoit, par exemple, que sur X domaines, vous avez plein de guichets financiers. Par exemple, hier, j'étais dans un centre social, des associations. Donc, il y a moins de services publics. Et elle se retrouve à être obligée d'aller à plein de guichets comme ça, différents, pour essayer de quémander un peu d'argent pour des projets souvent extraordinaires.

Je pense qu'il faut simplifier les choses et que cette espèce de... La construction qui est la nôtre ne permet pas, surtout que nous, pour nous, nous avons un principe fondamental, c'est que la République doit être unidivisible. C'est-à-dire que tous nos concitoyens vont avoir les mêmes droits et les mêmes devoirs où qu'ils soient sur le territoire. Et il nous semble que la manière dont aujourd'hui se font les régions, dont elles se font, justement, tend à produire entre nos concitoyens.

27:59
Locuteur non identifié

Mathilde, merci. Merci Eric Coquerel. Donc, prochain rendez-vous pour Jean-Luc Mélenchon le 19 février sur la partie programmatique. 18 mars à Paris pour le meeting. La marche ! La marche ! La marche ! Bon bouquet à tous. Le talk revient lundi avec Yves Tréhard.