"Nous n’avons pas à nous soumettre au budget délirant de l'Assemblée", avertit Hervé Marseille
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Mon premier invité, mon premier invité est Hervé Marseille. Hervé Marseille qui se rapproche, le président du groupe Union centriste, président de l'UDI et sénateur des Hautes Scennes. Bonjour Hervé Marseille.
D'abord un mot du budget de la sécurité sociale. Je le disais l'examen début de cet après-midi au Sénat la majorité sénatoriale veut rétablir l'année blanche, retirer la suspension de la réforme des retraites. Est-ce que vous avez un mince espoir que cela reste dans le texte final ?
En tous les cas, nous avons notre ligne, elle n'a pas changé. Nous avons la chance d'avoir une majorité large. Nous avons la chance d'agir collectivement sur une même ligne.
Et donc nous allons défendre le point de vue qui est celui du Sénat, très largement partagé dans cette majorité sénatoriale, c'est-à-dire ce que vous venez de rappeler. Nous allons réinstaller la réforme des retraites car rien n'a changé. Nous avons toujours une démographie euh dégradée, nous avons un besoin de financement.
Donc il y a aucune raison de retirer cette réforme. Euh nous allons continuer à faire des économies. Nous allons sortir tous les impôt aucune raison à part le compromis dont le gouvernement a besoin pour éviter la censure passer avec les socialistes.
Et vous dites cela n'est pas votre affaire. Écoutez, nous nous défendons la ligne politique qui est la nôtre. Nous c'est moins d'impôts, plus d'économie.
Bon, nous allons le faire. Euh et à partir de là, nous allons discuter. Nous ne sommes pas hostiles à trouver des compromis.
Euh c'est même nécessaire simplement. Euh il y a aucune raison de se soumettre à l'Assemblée et euh au budget délirant qui nous est arrivé. Euh budget de responsabilité ou potion amer que vous voulez administrer aux Français, ça sera amè, ça sera difficile.
Mais c'est forcément pour leur dire la vérité. Bah écoutez, François Bairou a payé pour le dire. Nous sommes endettés, surendettés.
Nous avons 3500 milliards de dettes. Ça s'est pas envolé depuis son départ. Donc faut bien commencer par faire des économies.
Sur le plan social, nous connaissons une véritable hémorragie budgétaire. Notre système est à bout de souffle. Il est en en difficulté.
Il il pourrait même être en péril parce que aujourd'hui nous avons là aussi des dettes d'année en année et il faut absolument éviter de creuser le déficit. Euh nous sommes également et on le voit autour de nous en plein congrès des maires cette semaine, ils sont nombreux. Ils sont 3500 au Sénat, 13000 portes de Versailles.
Le budget prévoit un effort de 4 milliards et demi pour les collectivités. Même d'ailleurs les collectivités disent que c'est plus près de 7 milliards. Est-ce qu'elles ne doivent pas aussi participer à l'effort dans le contexte que vous venez de décrire ?
Absolument. Et déjà l'année dernière, nous avons contribué euh également à cet effort de solidarité. Mais il y a des limites.
Euh l'effort que nous visons, c'est un effort de 2 milliards. Président du Sénat l'a rappelé parce que les collectivités c'est quand même divisé au moins par deux par rapport à ce que prévoit le budget du gouvernement. Le gouvernement prévoit et nous nous votons.
Donc nous allons euh faire en sorte que cet effort qui est indispensable et que nous reconnaissons ne soit pas supérieur à 2 milliards car les collectivités euh constituent 70 % de l'investissement euh local public. Et voilà. Et donc et donc parce qu'on construit des routes, des piscines, des euh des logements, des bâtiments de toutes sortes.
Et donc nous avons besoin euh de faire vivre ces collectivités. Les mairies ont besoin de de défendre leur population. L'action sociale des départements est indispensable.
Donc on ne peut pas descendre en dessous d'un certain seuil. 30 % des départements n'arrivent pas à boucler leur département, leur budget. Donc il faut absolument trouver des solutions.
Vous qu'est-ce que vous dites à votre ancienne collègue et actuelle ministre Françoise Gatal ? Elle dit euh que elle appelle elle à la solidarité financière pour défendre cette mesure. C'est normal puisqu'elle est solidaire du gouvernement.
Elle est dans son rôle. Elle est dans son rôle et nous notre rôle disait peut-être pas la même chose comme sénatrice. Et voilà, ici euh au Sénat et bien nous disons souviens-toi Françoise euh toi aussi tu as été des nôtres, tu as été maire et euh tu vois les difficultés qui sont les nôtres.
Donc solidarité oui mais euh pas n'importe quel prix. Dire la même chose à Sébastien Lecny qui a été président de département. Parmi les grands sujets de préoccupation pour les maires et c'est le sujet qui va ouvrir cette séance de question au gouvernement.
Il y a aussi Marseille le narcotrafic. Qu'est-ce que montrent les terribles événements de Marseille ? L'assassinat de Medy Kessassi.
Est-ce que c'est un crime politique pour vous ? C'est un moment de bascule, a dit le ministre de l'intérieur. Oui, absolument.
C'est un signal d'alarme, c'est un signal d'alerte. Vous savez, je préside le groupe d'amitié France-Italie avec des collègues de ce groupe d'amitié, nous sommes allés en Italie euh avant l'été pour examiner la situation et on s'est aperçu évidemment que de l'Italie le narcotrafic et et les trafics, les mafias avaient glissé, si je puis dire, en Europe, vers la Belgique, la Hollande et la France. C'est ici que se sont installés les narcotrafiquants.
Et donc nous nous sommes dotés d'un texte il y a pas très longtemps transpartisan qui é la commission d'enquête du S absolument qui était important et donc maintenant il faut vraiment agir et il faut donner les moyens et notamment en s'attaquant au consommateur car tout le monde voit bien que si il y a vente de drogue c'est parce qu'il y a des gens qui achètent et donc pas seulement s'attaquer au trafic lui-même à ses chefs à ses agents. Il faut aussi s'attaquer d'une certaine façon au clients parce que bah c'est eux qui payent, c'est eux qui amènent l'argent et et c'est eux qui constituent la clientèle qui fait vivre ce trafic. Est-ce qu'on peut considérer que c'est un crime politique ce qui s'est passé ?
On nous dit que c'est un assassinat d'avertissement vis-à-vis de son frère, militant écologiste, militant contre le narcotrafic. Il y a aussi ça quand même euh comme pas supérieur par rapport à la situation. Je pense qu'il faut il faut rendre hommage à cette famille qui a payé un lourd tribu.
Et euh on voit bien que euh il y a le un combat qui continue, des gens qui osent affronter les trafiquants et il faut que l'État soit présent. Euh il est, je crois qu'il l' il fait déjà beaucoup mais il faut faire encore plus parce que là il y a une situation exceptionnelle. Est-ce que cela va être un enjeu majeur pour cette campagne des élections municipales ?
L'association des maires de France a été parmi les premières instances à tirer la sonnette d'alarme au sujet du narcotrafice. Et puis on dit aussi qu'il y a un certain nombre de de narcotrafiquants qui aujourd'hui s'impliquent dans la vie associative, dans la vie locale et des risques de corruption dans cette campagne. Bien sûr.
Donc il y a cette action locale et que les maires combattent avec les services de l'État. Mais je crois qu'il faut une action encore plus forte également au niveau européen et international parce qu'on sait très bien qu'il y a des flux financiers, que l'argent part dans des paradis fiscaux, que euh les trafiquants eux-mêmes partent vers d'autres pays. Il faut une action internationale et une action européenne.
C'est indispensable. Et puis on sait très bien que cela crée un climat anxiogène dans le pays et on voit bien que la sécurité avec la santé constitue un des éléments majeurs de la prochaine campagne. Une dernière question.
Sébastien Lecornu s'exprime demain demain devant les maires. Qu'est-ce que vous attendez de la part du Premier ministre qui a annoncé notamment un grand acte de décentralisation ? On aimerait en savoir un petit peu plus et un petit peu plus précisément.
Vous savez, la décentralisation c'est un sujet qu'on connaît bien ici au Sénat. Nous avons fait des propositions qui ont été adressées au Premier ministre mais je crois que le moment il est plus à la réflexion qu'à l'action parce que il y a des élections municipales prochainement. On va pas changer les règles du jeu.
Les maires sont déjà perturbés, les règles changent tout le temps. Euh maintenant, il faut de la stabilité et si on doit agir pour améliorer les territoires et les relations avec les départements, les régions, et bien il faut y réfléchir et faire ça après les élections municipales. Et bien merci, merci beaucoup Hervé Marseille d'avoir répondu à mes questions.
Nous parlions à l'instant de ce sujet grave du narcotrafic. Il va être abordé dès le début de la séance Quentin cet après-midi. Oke. [musique]
Hervé Marseille