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InterviewBFM TV (sur YouTube)· 15 octobre 2026 23 minContradictoireActualité / polémiqueSolidarités & familleÉducation & rechercheTravail & emploiRetraites

Mobilisation lycéenne: "On ne peut pas leur laisser cette dette générationnelle" (Ségolène Royal)

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 85 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:09OuverteRéponse directe

    Peut-être un mot sur ce que vous venez d'entendre.

  • 0:20OuverteRéponse directe

    Vous l'utilisez régulièrement, le mot peuple.

  • 1:43OuverteRéponse directe

    De la convergence des luttes, en réalité, elle a déjà lieu ?

  • 3:05RelanceRéponse directe

    Que répondez-vous à ceux qui vous disent « Eh bien, vous êtes alors partisan d'une France à l'arrêt » ?

  • 4:23RelanceRéponse partielle

    Sur ce que vient de dire Mme Royal, il y a des points qui ne sont effectivement pas discutables ?

  • 5:05FerméeRéponse directe

    Sur la réforme des retraites ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:52Invité politiqueFait
    « On ne peut pas leur laisser cette dette générationnelle, entre la dette climatique, la dette morale, la dette démocratique, la dette éducative, la dette financière. »
  • 1:21Invité politiquePromesse
    « Je diminue tout de suite le prix de l'essence. Je baisse tout de suite les taxes sur l'essence. Je remets l'essence à 1,70 €, 1,80 €. »
  • 5:27Invité politiqueFait
    « On dit qu'il y a 3500 milliards de dettes, ah ben on va renier les retraites, donc sous-entendu, c'est la faute des retraités. »
  • 6:44Invité politiqueChiffre
    « La retraite moyenne des femmes, c'est 1 100 euros. »
  • 7:22Invité politiqueChiffre
    « La fraude fiscale, c'est 100 milliards. »
  • 7:43Invité politiqueFait
    « Ils disent de toute façon, nous, on n'aura pas de retraite. »
  • 11:47Invité politiqueChiffre
    « Un jeune sur dix a pensé faire une tentative de suicide. »
  • 16:38Invité politiqueFait
    « Il vaut mieux qu'ils soient sécurisés là qu'incendiés dans la rue. »
  • 16:48Invité politiqueFait
    « Il y avait eu en effet des brutalités policières sur les gens. »

Temps de parole

  • Ségolène Royal61 %
  • Présentateur18 %
  • ?11 %
  • Invité7 %
  • Locuteur 23 %

≈ 26,5 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

avec Bruno Jeudy, avec Rocaïa Diallo et avec Victor Hérault. Bonsoir

0:04
Locuteur

à vous et merci d'être resté,

0:06
Présentateur

cher Victor. On accueille Ségolène Royal. Bonsoir,

0:08
Locuteur

Madame Royal.

0:09
Présentateur

Merci d'être là. Peut-être un mot sur ce que vous venez d'entendre. Le géographe Christophe Guélui qui dit parfois quand on parle de peuple, d'âme du peuple, c'est un peu mal pris, ça renvoie à d'autres choses. Vous, vous l'utilisez régulièrement, le mot peuple.

0:23
Locuteur

Oui, je pense

0:23
Ségolène Royal

qu'il a raison. Il est absolument passionnant. Et même si on voulait prolonger le titre de son livre sur la France périphérique, on pourrait se dire finalement que les jeunes ne veulent plus être des périphériques. Or, ils sont périphériques dans cette société, et c'est ce que j'explique dans mon dernier livre d'ailleurs.

0:39
Locuteur

C

0:39
Ségolène Royal

'est qu'il

0:40
Locuteur

y a

0:40
Ségolène Royal

une dette générationnelle qui est devenue insupportable. Et leur revendication, c'est finalement de changer le système. Le mot est un peu usé, mais c'est ça au fond. C'est pour ça que je dis qu'il faudrait un pacte générationnel. On ne peut pas leur laisser cette dette générationnelle, entre la dette climatique, la dette morale, la dette démocratique. La dette éducative, la dette financière. Et donc tous les jours, on leur fait peur, et là, ils ont un sentiment profond de déclassement.

1:08
Locuteur

Et

1:08
Ségolène Royal

il a raison, Christophe Guilly, parce que c'est finalement la prolongation des gilets jaunes. Regardez. Et c'est au moment où le prix de l'essence est très élevé.

1:18
Locuteur

Et

1:18
Ségolène Royal

une des premières décisions, ça paraît déconnecté de l'éducation. Mais moi, si j'étais aux responsabilités, je diminue tout de suite le prix de l'essence. Je baisse tout de suite les taxes sur l'essence. Je remets l'essence à 1,70 €, 1,80 €. Parce que derrière, il y a la crise du pouvoir d'achat. Et les jeunes, ils subissent la crise du pouvoir d'achat dans leur famille. Donc en plus, ça se dégrade dans le système éducatif, mais ça se dégrade aussi dans leurs conditions de vie.

1:43
Présentateur

Donc quand on pose la question, nous, Ségolène Royal, de la convergence des luttes, en réalité, elle a déjà lieu. Puisque ce sont les enfants des parents qui, pour certains, sont pêcheurs, sont agriculteurs, font face à cette flambée des carburants. Donc cette catégorisation des populations, elle est obsolète, en réalité ?

1:59
Ségolène Royal

Tout à fait. Je pense que ce qui se passe là, c'est la continuité des luttes précédentes. Parce que vous avez eu les gilets jaunes, c'était une question du pouvoir d'achat.

2:07
Locuteur

Pas

2:07
Ségolène Royal

réglé, pas anticipé, surtout. Vous avez les agriculteurs, vous avez les professions de santé, vous avez eu les pompiers, vous avez eu ceux qui avaient peur pour leur retraite. Et donc aujourd'hui, la convergence des luttes, c'est parce qu'à chaque étape, non seulement ça n'a pas été anticipé, moi, ma conviction profonde, c'est qu'il y a déjà tellement de défis à relever dans le monde dans lequel nous sommes, qu'on a l'obligation ardente de faire en sorte que les mouvements sociaux n'aient pas lieu d'être, puisqu'on aurait réglé les problèmes avant, en écoutant, en regardant. La taxe carbone, elle pouvait être retirée.

La question de la révolte des agriculteurs, ça pouvait être réglé en anticipant. La question des retraites, finalement, les projets ont été retirés, donc ça aurait dû être fait tout de suite. Et par conséquent, si vous voulez, l'attention qui doit être portée aux raisons des soulèvements sociaux, elle pourrait apporter des solutions pour que le pays puisse se concentrer sur d'autres problèmes,

3:03
Locuteur

et en défie

3:04
Ségolène Royal

la question de la réindustrialisation.

3:05
Présentateur

Que répondez-vous, Mme Morial, à ceux qui vous disent « Eh bien, vous êtes alors partisan d'une France à l'arrêt ». Si dans ce cas-là, il faut faire attention à tout pour ne pas fâcher telle ou telle catégorie ou telle ou telle population, on ne fait plus rien.

3:16
Locuteur

Au contraire,

3:17
Ségolène Royal

c'est beaucoup de travail. Ce que j'appelle la France paisible, c'est beaucoup de travail. Ça veut dire qu'il faut écouter, il faut consulter, il faut élaborer des solutions, il faut faire marcher l'intelligence collective, il faut articuler l'État avec les collectivités locales, les corps intermédiaires, pas décider tout seul d'en haut. Et c'est ça qu'on a vu. On a vu des ministres décider tout seul d'en haut à deux d'un confesseur. Mais non, il

3:39
Locuteur

y a une

3:40
Ségolène Royal

richesse du pays dans les corps intermédiaires qui ont été souvent piétinés, dans les collectivités territoriales qui ont été mises de côté. Et là, c'est typique d'ailleurs sur les lycées. Parce que c'est les régions qui sont responsables matériellement des lycées. Dans la région que je peux toucher, j'avais fait par exemple le budget participatif des lycées. C'est-à

3:59
Locuteur

-dire

3:59
Ségolène Royal

que les lycéens décidaient de 10% du budget d'investissement en délibérant dans chaque lycée, en votant les... Ah

4:04
Locuteur

oui, donc la

4:05
Présentateur

démocratie interne est participative. Eh

4:06
Locuteur

bien, c'était

4:06
Ségolène Royal

formidable. C'était formidable.

4:09
Présentateur

Mais pardon, alors si tout cela est cassé, si le ressort des corps intermédiaires, Bruno Jeudier, est cassé, si celui du lien avec les régions est cassé, l'écoute est cassée, ce n

4:18
Locuteur

'est

4:18
Présentateur

pas simplement parcours sup' ou la vétusté des bâtiments. C'est un système qu'il faut changer.

4:23
Invité

Sur ce que vient de dire Mme Royal, il y a des points qui ne sont effectivement pas discutables, qui n'ont pas fonctionné. Le fait de vouloir contourner les corps intermédiaires, c'est sans doute une des erreurs majeures d'Emmanuel Macron. Mais sur certains points que vous avancez, j'ai envie de vous dire, si on renonce, ça veut dire qu

4:42
Locuteur

'on

4:42
Invité

ne fera plus rien. Par exemple, sur les retraites, on ne

4:44
Locuteur

peut

4:44
Invité

pas dire qu'Emmanuel Macron, on peut penser ce qu

4:46
Locuteur

'on

4:46
Invité

veut de sa réforme des retraites, on ne

4:47
Locuteur

peut

4:47
Invité

pas dire qu'il ne

4:47
Locuteur

l'ait

4:47
Invité

pas annoncé dans sa campagne présidentielle, il finit par faire voter sa loi, effectivement c'est difficile parce qu'il n'a pas de majorité absolue, et puis à l'arrivée, après la dissolution, il retire son projet. C'est quand même une question majeure. la réforme des retraites ?

5:04
Présentateur

Non, il faut dire Madame Royal.

5:05
Invité

Moi je crois que si, parce que vous êtes dans un monde où la démographie ne permet plus aujourd'hui de financer un système de retraite généreux, sauf à le financer à crédit.

5:16
Ségolène Royal

Oui, mais vous voyez, vous êtes déjà là sur l'obsession de la question,

5:19
Locuteur

c

5:19
Ségolène Royal

'est d'ailleurs la faute des retraités,

5:22
Locuteur

si on est au bord de la faillite. Les retraités vieillissent, c'est normal qu'ils vieillissent, moi je vieillis, donc c'est normal. Mais c'est ça que les gens

5:26
Ségolène Royal

entendent. On dit qu'il y a 3500 milliards de dettes, ah ben on va renier les retraites, donc sous-entendu, c'est la faute des retraités.

5:32
Locuteur

Non, c'est une question démographique, c'est la faute du système des retraités. Non, mais les

5:35
Ségolène Royal

retraités, c'est ce qu'ils entendent. Et quand dans le même temps, Emmanuel Macron veut renier les retraites, mais a supprimé l'impôt de solidarité sur la fortune, ça ne passe pas.

5:44
Locuteur

Et

5:44
Ségolène Royal

quand dans le même temps, il y a 60 milliards de dividendes vers des actionnaires, ça ne passe pas. Les Français sont intelligents et se disent, mais pourquoi on nous fait peur à nous sur nos retraites, sur le pouvoir d'achat, sur la non-baisse

5:55
Locuteur

des taxes sur l'essence ? Pourquoi la France

5:57
Invité

serait le seul pays à échapper à forcément de repousser un petit peu l'âge de dépêche

6:02
Locuteur

? La

6:02
Invité

dette

6:02
Locuteur

pour

6:03
Invité

la

6:03
Locuteur

jeunesse, c'est

6:03
Invité

ça. Alors que tous les pays le font.

6:05
Locuteur

Est-ce que c'est une bête pour la jeunesse ? C'est la dette pour la jeunesse. Vous

6:07
Ségolène Royal

retombez dans le discours culpabilisant pour les retraités. Non. Car la question, elle est globale. Ce que vous dites peut être vrai pour certains qui peuvent travailler plus longtemps. En revanche, la question du taux de chômage des seniors est le plus élevé en France. Donc vous allez mettre, si vous prolongez la durée du travail, vous allez mettre des gens au chômage. Donc commençons par...

6:27
Locuteur

Vous allez

6:28
Invité

augmenter le nombre de gens qui ont travaillé parce que la part de

6:31
Locuteur

Français

6:31
Invité

qui

6:31
Locuteur

travaillent, elle a augmenté.

6:33
Ségolène Royal

Il

6:34
Locuteur

y a un

6:34
Ségolène Royal

problème global

6:35
Locuteur

structurant de dépenses

6:37
Ségolène Royal

publiques.

6:38
Locuteur

Et

6:38
Ségolène Royal

une fois de plus, tous les discours culpabilisants sur les retraités sont devenus insupportables, je vous le dis. C'est devenu insupportable. La retraite moyenne des femmes, c'est 1 100 euros. Donc ça suffit. Donc

6:48
Invité

il n

6:48
Locuteur

'y aura

6:48
Invité

plus de retraite

6:49
Locuteur

par répartition. Mais non, ce n'est pas du tout. Pardonnez-moi, Mme Royal, vous

6:51
Locuteur 4

parlez très justement de la dette qui incombera à ma génération et à la génération de mes enfants, voire de mes petits-enfants. Or, le système de retraite,

6:59
Locuteur

non

6:59
Locuteur 4

pas les retraités.

7:00
Locuteur

Ça y est, les retraités, c'est encore

7:01
Ségolène Royal

la faute des retraités.

7:02
Locuteur

Non, non, non, je ne dis pas

7:03
Locuteur 4

je crois les retraités qui nous regardent suffisamment intelligents pour savoir ce que je dis. C'est-à

7:07
Locuteur

-dire

7:07
Locuteur 4

que

7:07
Locuteur

ce

7:07
Locuteur 4

n'est pas de la faute des retraités, c'est la faute du système de retraite par répartition. Ce

7:11
Locuteur

n'est pas la même chose. 3

7:12
Ségolène Royal

500 milliards, ce n

7:13
Locuteur

'est

7:13
Ségolène Royal

pas les retraités. Vous avez 100 milliards. C'est combien le déficit du système

7:16
Locuteur

de retraite ? Pardonnez-moi,

7:17
Locuteur 4

c'est plus de 50 milliards pour

7:19
Locuteur

la retraite. C'est 50

7:19
Ségolène Royal

milliards.

7:20
Locuteur

Alors,

7:20
Ségolène Royal

écoutez-moi bien, monsieur. La fraude fiscale,

7:23
Locuteur

c

7:23
Ségolène Royal

'est 100 milliards.

7:24
Locuteur

Non, mais je veux bien. Ça coûte

7:25
Locuteur 4

422 milliards

7:26
Locuteur

par an. La fraude fiscale, c'est 100

7:28
Ségolène Royal

milliards. Donc je dis que tout pouvoir qui va continuer à faire peur aux retraités, car quand vous faites peur aux retraités, je vais vous dire une chose, vous faites peur à leurs enfants et à leurs petits

7:37
Locuteur

-enfants. Non, leurs petits-enfants ont peur de payer la dette qu'on paye pour aujourd'hui payer les retraites. Non, monsieur, écoutez les jeunes dans

7:42
Ségolène Royal

les manifestations, qu

7:43
Locuteur

'est

7:43
Ségolène Royal

-ce qu'ils disent ? Ils disent de toute façon, nous, on n'aura pas de retraite. C'est ça qu'ils disent. Puisque tous les jours, on entend que

7:49
Locuteur

c

7:49
Ségolène Royal

'est la faute des retraités, c'est la faute des retraités. Comme à l'instant. Qu'est-ce qu'ils se disent les jeunes ? Ils se disent, nous, on n'aura pas de retraite. Alors, qu'est-ce que ça a comme conséquence ? Ça a comme conséquence que les jeunes renoncent à avoir des enfants. Beau résultat ! Parce qu'ils se disent, mais finalement, on va être à la charge de nos enfants.

8:06
Locuteur

Tout

8:06
Ségolène Royal

devient cher. Il y

8:08
Locuteur

a

8:08
Ségolène Royal

une crise du pouvoir d'achat. L'école se désagrège. Donc, il y a eu un effondrement sous Macron du nombre de naissances. Et ça, personne ne s'en occupe. Eh bien, moi, je pense que quand un pays n'a plus confiance en son avenir, au point

8:20
Locuteur

de

8:21
Ségolène Royal

voir s'effondrer la natalité, alors que c'était un modèle français exceptionnel où l'on avait à la fois le

8:27
Locuteur

plus grand nombre d'enfants et le taux d'activité féminin. Il y avait une

8:31
Ségolène Royal

politique nataliste. Et une politique familiale. Familiale. Et dont j'ai à un moment eu la charge. Je regardais tous les six mois ou même tous les mois, je regardais le tableau de bord des naissances. Et je voyais, et quand ça baissait dans une région, je voyais que c'était concomitant souvent à des crises industrielles, à des fermetures d'usines, à de la paupérisation. Et donc, on cherchait des paras. Là, plus personne ne s'en occupe. Mais commençons par...

8:56
Locuteur

Donc, vous dites,

8:57
Présentateur

arrêtons la politique des boucs émissaires. Alors, voyons les choses dans l'autre sens. Franchement. Comment on parle à une partie de la jeunesse ? Et est-ce qu'il est vrai, en tous les cas, c'est ce qu

9:05
Locuteur

'on

9:05
Présentateur

voit sur le terrain, qu'elle est aujourd'hui... Alors, je n'aime pas le mot instrumentalisé, mais est-ce qu'elle écoute davantage, est-ce que ça lui sonne doux à l'oreille ce que dit un Jean-Luc Mélenchon plutôt que ce que dit Mme Royale ou d'autres aujourd'hui ? Comment vous expliquez, Mme Royale, que certains élus ont davantage aujourd'hui de prise sur une partie de la jeunesse

9:22
Locuteur

? Parce

9:24
Ségolène Royal

que je pense que les jeunes veulent changer le système.

9:27
Locuteur

Donc, c'est des pulsions révolutionnaires

9:29
Ségolène Royal

? Et franchement, il faut changer le système. Mais c'est... C

9:32
Locuteur

'est-à-dire

9:32
Ségolène Royal

? Et c'est pour ça qu'il

9:34
Locuteur

y a

9:34
Ségolène Royal

une radicalisation de la vie politique. Parce qu'au milieu, c'est le boule-gui-boule-ga, oui, alors c'est la faute des retraités. Mais non, il faut changer le système. C'est plus acceptable de leur laisser ce monde dans lequel on est et regarder tout ce qui s'est effondré sur la protection de l'environnement. Là, je vois l'Europe qui réautorise les pesticides et tout ça. Il y a un effondrement par rapport à ce qu'on avait décidé à la COP21. Tout d'un coup, on redécouvre l'électricité, les voitures électriques, les

10:00
Locuteur

énergies renouvelables. On va en parler. Mais

10:00
Présentateur

vous dites qu'il y

10:01
Locuteur

a

10:01
Présentateur

une recherche de radicalité aujourd'hui.

10:03
Locuteur

Il y a un besoin de changement

10:05
Ségolène Royal

de système,

10:06
Locuteur

c

10:06
Ségolène Royal

'est-à-dire de reprendre confiance dans l'avenir. Dans quel monde vous allez nous laisser ? On leur laisse des guerres, on leur laisse le déficit, on leur laisse la crise financière,

10:15
Locuteur

on

10:15
Ségolène Royal

leur laisse la crise du pouvoir d'achat,

10:16
Locuteur

on

10:16
Ségolène Royal

leur laisse la crise écologique, on leur laisse la crise morale,

10:19
Locuteur

on

10:19
Ségolène Royal

leur laisse la crise démocratique.

10:22
Locuteur

Les institutions ne fonctionnent

10:23
Présentateur

plus. Depuis le début, quelle est l'issue politique ? Parce qu'on a entendu des professeurs dépêchés, des plateformes ouvertes, un temps de démocratie interne et des solutions fin octobre. À vous entendre, ça ne va rien résoudre sinon aggraver le problème. Mais

10:37
Locuteur

que cherche le gouvernement

10:37
Ségolène Royal

? Vous voyez bien que ce n

10:39
Locuteur

'est

10:39
Ségolène Royal

pas au niveau. Mais que cherche le gouvernement

10:40
Locuteur

? Ce qui est

10:40
Ségolène Royal

déjà triste, c'est que ça n'ait pas été entendu avant. Ça faisait 2-3 ans que ça se dégradait dans les lycées.

10:47
Locuteur

Vous l'aviez vraiment

10:47
Ségolène Royal

anticipé ?

10:48
Locuteur

Parce

10:48
Ségolène Royal

que pas

10:49
Locuteur

grand monde ne l'avait vu venir

10:50
Présentateur

en réalité.

10:51
Ségolène Royal

Comment ?

10:51
Locuteur

Pas grand monde ne l'avait vu. Moi j'ai

10:52
Ségolène Royal

écrit même tout un livre là-dessus. Mais bien sûr, qui rejoint d'ailleurs ce que dit Christophe Guy, lui, c'est ça. Les jeunes ne veulent plus être périphériques. C'est une bataille culturelle aussi. Vous la prenez à votre compte ? C'est une bataille culturelle. C'est une bataille de civilisation même. C'est le déclin, la dégradation. Il se dit, il y a même une nostalgie sur la France d'avant, même chez les jeunes. C'est ça qui est étonnant.

11:17
Locuteur

Ils

11:17
Ségolène Royal

se disent, mais avant, est-ce que c'était mieux ? Oui, c'était mieux. Est-ce

11:20
Locuteur

que ça peut être mieux ? C'est la première fois que vous entendez parler de cela. Ça

11:22
Ségolène Royal

peut redevenir mieux, mais à condition qu'on leur transmette un pays en bon état et où ils peuvent, à leur tour, modeler cet avenir à leur main et avec leur imagination et leur créativité. Vous savez, cette génération, on l'appelle aussi la génération dépossédée. Je dis ça dans mon livre. C'est une génération dépossédée et c'est une génération anxieuse. Mais quand même, à la sortie du Covid, ils n'ont pas été pris en charge. Un jeune sur dix a pensé faire une tentative de suicide. Et on voit la santé mentale qui est dans un état catastrophique. Mais il n'y

11:55
Locuteur

a

11:55
Ségolène Royal

plus rien dans les lycées.

11:56
Locuteur

Il n'y a même pas un qui parlait. C'est une question

11:58
Présentateur

un peu terre-à-terre. Quel est l'intérêt d'un gouvernement de laisser pourrir un tel mouvement au risque de violence, au risque même d'un drame

12:05
Locuteur

? Mais

12:06
Ségolène Royal

comme tous les mouvements précédents, pourquoi est-ce qu'il a laissé se dégrader tous les mouvements précédents ? Parce qu'un gouvernement faible a besoin de la violence pour serrer la vis.

12:16
Locuteur

Quand

12:17
Ségolène Royal

je vois le Premier ministre, il est intelligent, le Premier ministre, c'est un homme de terrain. Il faut commencer

12:22
Locuteur

à dire ça.

12:23
Ségolène Royal

Quand je vois le Premier ministre cet après-midi, qu'il dit « Attention, ça va être violent. » Ouh là là

12:26
Locuteur

!

12:27
Ségolène Royal

C'est la prédiction réalisable, ça. Si vous êtes devant une manière « Ouh là là, ça va être violent. » Ça excite tout le monde. Premièrement, ça fait peur aux fonctionnaires de police qui disent « Ah bon, ça va être violent. » Donc il faut aussi qu'à un autre tour, on soit prêt à faire de la violence. Donc il y

12:41
Locuteur

a

12:41
Ségolène Royal

une dégradation des choses. Et moi, ce n

12:44
Locuteur

'est

12:44
Ségolène Royal

pas ça qu'il faut dire.

12:45
Locuteur

Donc le

12:45
Présentateur

moteur de la violence, c'est le gouvernement

12:46
Ségolène Royal

? En anticipant la violence, c'est typique de toutes les manifestations, de l'analyse sociologique, de la gestion des crises, un dirigeant qui dit « Ça va être violent. » Il suscite la violence. Parce que ça fait peur. La première chose qu'il devrait dire,

13:02
Locuteur

il l'a dit un peu… Il ne s'agit pas du tout des

13:03
Invité

éléments d'extérieur qui viennent perturber les fins de manifestations, comme ça a été le cas il

13:09
Locuteur

y

13:09
Invité

a 48 heures.

13:11
Locuteur

Mais

13:11
Ségolène Royal

il y a deux choses. C'est que d'abord, quand il y a des mouvements sociaux où il se passe des choses formidables, parce qu

13:16
Locuteur

'il

13:16
Ségolène Royal

s'est passé des choses formidables, et où le relais,

13:19
Locuteur

c

13:19
Ségolène Royal

'est uniquement ce qui flambe, ce qui frappe, etc. Il y

13:22
Locuteur

a

13:22
Ségolène Royal

une dégradation de l'existence et de

13:24
Locuteur

l

13:24
Ségolène Royal

'identité même d'un mouvement social qui, dans certains endroits, s'est très bien passé. Moi, je suis allé discuter avec des lycéens devant leur lycée. Et on le dit

13:31
Présentateur

souvent. On le dit dans certaines

13:32
Locuteur

villes en province.

13:33
Présentateur

Mais

13:34
Locuteur

malheureusement, à

13:35
Présentateur

Paris, dans la capitale des fins de cortège, casseurs émeutiers des secteurs,

13:39
Locuteur

on l'a

13:39
Invité

quand

13:39
Locuteur

même

13:40
Invité

agressé des profs

13:40
Locuteur

et des proviseurs. Dans

13:41
Ségolène Royal

tout mouvement social, si ça pourrit

13:44
Présentateur

un

13:45
Ségolène Royal

mouvement social qui n'est pas réglé, il y a en effet des casseurs qui viennent se greffer sur ce mouvement. C'est pour ça qu'il faut que les mouvements sociaux soient réglés intelligemment avant. Car si un pouvoir faible, il attend que ça se dégrade pour disqualifier le mouvement. Et en disqualifiant le mouvement, c'est lui aussi qui est responsable de la disqualification des fonctionnaires de police.

14:10
Locuteur

Responsable

14:10
Ségolène Royal

des

14:10
Locuteur

casseurs, des émeutiers, des destructeurs. de police, ils ont peur aussi. Alors, il y a des réactions

14:14
Ségolène Royal

en effet qui ne sont pas maîtrisées. Mais si le pouvoir leur disait attention, la manifestation, le droit de manifester s'est inscrit dans la Constitution, ce n

14:23
Locuteur

'est

14:23
Ségolène Royal

pas parce qu'il y a un manifestant que c'est un ennemi. On a eu ça avec le préfet Lallemand. Vous manifestez, vous êtes l'ennemi,

14:28
Locuteur

on n'est pas du même monde. Non, la manifestation,

14:31
Ségolène Royal

c'est un droit.

14:31
Locuteur

Attendez,

14:33
Présentateur

c

14:33
Locuteur

'est un

14:33
Présentateur

ennemi aujourd'hui.

14:34
Locuteur

Ah,

14:34
Présentateur

beaucoup.

14:35
Locuteur

Pas les forces de l'ordre.

14:36
Présentateur

Si, beaucoup.

14:37
Locuteur

Mais l'ennemi, vous ne croyez pas que c'est les casseurs

14:40
Présentateur

qui les voient comme une bande rivale parfois ?

14:42
Ségolène Royal

Non.

14:43
Locuteur

Les

14:43
Présentateur

policiers

14:43
Locuteur

?

14:43
Ségolène Royal

Non.

14:43
Locuteur

Il

14:43
Ségolène Royal

y a des jeunes qui ont

14:44
Locuteur

été t'amassés uniquement

14:45
Ségolène Royal

parce

14:46
Locuteur

qu'ils

14:46
Ségolène Royal

étaient devant les lycées. Et les instructions n'étaient pas bonnes. On aurait dû leur dire, il y a les jeunes devant les lycées, ils ont le droit de manifester, vous les protégez si ça se passe bien. Et c'est tout. Mais

14:58
Locuteur

ce n'est plus

15:00
Invité

le préfet allemand, Mme Royal. Vous faites un procès

15:02
Locuteur

à ses successeurs, M. Nunez et M. Fort. Oui, mais la violence, elle est quand même toujours dérangeante. Cela a évolué.

15:08
Ségolène Royal

Les premières manifestations sous M. Nunez étaient correctement réglées. Vous avez vu, il n'y

15:13
Locuteur

avait

15:13
Ségolène Royal

pas eu de débordement. Et là, quand il a dit « j'ai donné des autorisations pour utiliser toutes les armes de guerre, etc. » C'est quoi ? Mais regardez la presse internationale qui disait toute la presse internationale. Mais regardez à quoi ressemble la France. Mais

15:30
Locuteur

justement, j'ai une question à ce sujet. Je

15:33
Locuteur 2

sens qu'il y

15:33
Locuteur

a

15:33
Locuteur 2

beaucoup d'empathie dans votre discours pour la jeunesse. C'est vraiment un discours qui, effectivement, tente de promouvoir le fait que le gouvernement les protège et protège leur expression. Et en même temps, je sens une évolution dans votre discours parce que j

15:43
Locuteur

'ai

15:43
Locuteur 2

le souvenir qu'en 2018, à la fin de l'année 2018, des jeunes d'un lycée de Mante-la-Jolie s'étaient solidarisés des gilets jaunes et s'étaient mobilisés pour demander pour protester contre Parcoursup, déjà, et pour protester contre la réforme du baccalauréat. Et à Mante-la-Jolie, 150 jeunes avaient été alignés devant leur lycée à genoux, mains derrière la nuque ou menottées à l'arrière. Et à

16:03
Locuteur

l'époque, vous aviez soutenu la

16:05
Locuteur 2

police et vous avez dit « ça ne leur fera pas de mal

16:07
Locuteur

». Vous aviez un discours qui

16:08
Locuteur 2

était… Oui, mais du coup, je me demande si vous regrettez et si vous n'avez pas le sentiment d'avoir encouragé ce qui a été considéré comme des violences policières.

16:15
Locuteur

Il

16:15
Ségolène Royal

y a deux choses dans cet événement. C'est qu'à ce moment-là,

16:21
Locuteur

il

16:21
Ségolène Royal

y

16:21
Locuteur

a

16:21
Ségolène Royal

eu des feux qui sont partis dans des grandes baines à ordures. Je ne

16:23
Locuteur

sais

16:23
Ségolène Royal

pas si vous vous souvenez de ça. Avec des gens qui ont failli être brûlés vifs dans la rue. Et à ce moment-là, c'est pour ça que les lycéens ont été remis à l'intérieur du lycée et sécurisés. Et par rapport aux risques qu'ils prenaient d'être finalement incendiés dans la rue, j'avais dit « il vaut mieux qu'ils soient sécurisés là qu'incendiés dans la rue ». Première chose. Et deuxièmement, ce que je ne savais pas, ce que j'ai su après, quand il y

16:47
Locuteur

a

16:47
Ségolène Royal

eu les enquêtes, c'est qu'il y avait eu en effet des brutalités policières sur les gens.

16:51
Locuteur

Mais

16:51
Ségolène Royal

au

16:52
Locuteur

moment où je parle… Vous étiez aujourd'hui. Permettez-moi de vous ramener aujourd'hui. Au moment

16:55
Ségolène Royal

où j'ai parlé, je ne savais pas qu'il y

16:58
Locuteur

avait

16:58
Ségolène Royal

des brutalités policières.

16:59
Locuteur

Mais

16:59
Ségolène Royal

madame, vous êtes aussi pour l'autorité, pour le retour de

17:02
Locuteur

l'ordre. Pour la juste

17:03
Présentateur

autorité. La juste autorité. Et l'ordre juste. Et l'ordre juste. Mais là, vous appelez, évidemment, je ne

17:08
Locuteur

vous

17:08
Présentateur

pose même pas la question, un retour à l'ordre public. Est-ce que c'est une priorité ?

17:12
Ségolène Royal

Ce

17:13
Locuteur

n

17:13
Ségolène Royal

'est pas un retour à l'ordre public. Parce que c'est quel ordre public ? Ça dépend si c'est l'ordre public et par les matraques. Non. Non, c

17:18
Locuteur

'est-à-dire les blocus

17:19
Présentateur

sont interdits généralement, mais le droit de manifester évidemment doit être sanctuarisé.

17:23
Ségolène Royal

Mais là où il y

17:24
Locuteur

a

17:24
Ségolène Royal

une nuance, c'est sur le blocus. C'est-à-dire, il fallait laisser. Parce que les lycées, pendant quelques jours, les jeunes, ils se réunissent devant leur lycée. Il vaut mieux les jeunes réunir devant leur lycée. Donc on a donné les instructions qui ont été données à la police où ils sont arrivés, l'armée comme des soldats, comme si on était en guerre civile.

17:42
Locuteur

C'est pas ce qu'on leur a

17:43
Ségolène Royal

dit.

17:43
Locuteur

Mais il y a des tirs de

17:44
Ségolène Royal

mortier,

17:45
Locuteur

madame Royal. Mais c'est après. Il y a quand même des choses. Mais

17:47
Invité

non,

17:48
Locuteur

non,

17:48
Invité

non. Dès le début. Dès le début. Les premiers proviseurs, les premiers enseignants,

17:51
Locuteur

c'était ça la surprise d'ailleurs.

17:53
Invité

C'était jamais arrivé. Ce n'est

17:54
Locuteur

pas vrai.

17:55
Locuteur 5

Non,

17:56
Locuteur

parce que la

17:56
Locuteur 5

mauvaise instruction...

17:57
Locuteur

Ça se passe plutôt mieux. Non, j'ai regardé. Ça se passe

17:59
Invité

plutôt mieux maintenant parce que c'est vrai que devant les lycées,

18:01
Locuteur

là, il y a encore

18:02
Invité

des lycées. Parce

18:03
Locuteur

que les instructions ont changé. Il y en a plus que

18:05
Invité

218 aujourd'hui et hier. Ça se passe plutôt mieux. Mais les premiers jours du mouvement étaient très violents. Il y avait des attaques

18:11
Locuteur

aux mortiers.

18:11
Locuteur 5

Ce

18:12
Locuteur

n'est pas

18:12
Locuteur 5

vrai.

18:13
Ségolène Royal

Ce n'est pas vrai. Ça a été violent devant certains lycées parce que les instructions absurdes... Laissez-moi finir. Pas partout.

18:21
Locuteur

Ça, je suis d'accord. Qui ont été

18:21
Ségolène Royal

données, je les ai regardées. Mais c'est la finie. Je connais des policiers à l'intérieur des cadres de la police aussi avec qui je parle. Et ça a été « Vous ne laissez pas faire les blocus. Vous dégagez devant les lycées. » Voilà ce qui a été donné comme instruction. C'est pour ça que les policiers sont arrivés harnachés avec les armes. On leur a dit « Vous dégagez devant les lycées. » C'est une absurdité. Donc

18:40
Locuteur

c'est un ordre politique. Il fallait laisser les lycées pendant

18:42
Ségolène Royal

deux, trois jours commencer les discussions avec

18:45
Locuteur

les lycéens, organiser

18:46
Ségolène Royal

des assemblées générales dans les lycées.

18:48
Locuteur

Vous voyez, et maintenant... C'est les ordres

18:49
Ségolène Royal

politiques que vous...

18:50
Locuteur

Les ordres politiques.

18:51
Ségolène Royal

Ce n

18:51
Locuteur

'est

18:51
Ségolène Royal

pas les ordres.

18:52
Locuteur

C

18:52
Ségolène Royal

'est les fonctionnaires de la police. De certaines façons,

18:54
Locuteur

elles

18:54
Ségolène Royal

sont victimes de ces ordres. Elles sont les boucs émissaires

18:57
Locuteur

de l'impuissance politique. Elles sont même

18:58
Ségolène Royal

victimes. On les expose au danger en leur donnant des ordres comme

19:02
Locuteur

cela. Il y a quelques

19:02
Présentateur

instants, Linda Kebab, la policière, elle dit « On est des sortes de chasse-neige. »

19:06
Locuteur

C

19:06
Présentateur

'est-à

19:06
Locuteur

-dire

19:06
Présentateur

qu

19:06
Locuteur

'on

19:06
Présentateur

est obligé de tout prendre. Tout prendre parce que le politique, en fait, il s'appuie sur nous. On s'appuie sur nous à cause du mal-être dans la société. On s'appuie sur nous à cause des incivilités, à cause des violences urbaines, à cause du narcotrafic. Il dit « On n'en peut plus. »

19:18
Locuteur

Qu'est-ce que vous leur

19:18
Ségolène Royal

dites ? Vous savez ce que je leur dis ? Je leur dis « Si vous n'aviez pas les mouvements sociaux à réprimer et à encadrer, vous pourriez vous consacrer à plein temps, en effet, à la lutte contre la délinquance, à la lutte contre gère si mal le pays qu'il y

19:39
Locuteur

a

19:39
Ségolène Royal

des émeutes sociales tous les ans, ça retombe sur qui ? Ça retombe sur les fonctionnaires

19:44
Présentateur

de police. » Madame Royal, deux questions. Je vais vous faire découvrir un sondage à l'instant. Il est tout frais, tout chaud, comme on dit. C'est un sondage. Les échos, je ne sais pas si ça vous fait plaisir, mais le candidat Raphaël Glucksmann connaît une véritable dynamique, on va dire, puisque regardez, il est à égalité avec Édouard Philippe et Jean-Luc Mélenchon. Est-ce que c'est une bonne nouvelle

20:03
Locuteur

?

20:04
Ségolène Royal

Je pense que c'est logique. puisque tous les désignés dans les primaires ont connu une poussée. Ça, c'est logique.

20:12
Locuteur

Ce

20:13
Ségolène Royal

n

20:13
Locuteur

'est

20:13
Ségolène Royal

pas de son fait, en fait.

20:14
Locuteur

C'est mécanique. Non, non, mais... Je vais me chercher

20:17
Ségolène Royal

la petite phrase. Pas

20:18
Locuteur

du tout, j'essaie de comprendre. C'est mécanique. Ce que

20:21
Ségolène Royal

je veux dire, c

20:22
Locuteur

'est que,

20:24
Ségolène Royal

vu la situation dans laquelle est le pays, je pense qu'il est urgent que les candidats à la présidentielle dessinent un autre avenir et en particulier pour les jeunes. Voilà.

20:35
Locuteur

Vous avez confiance

20:36
Invité

en lui pour un

20:37
Locuteur

temps de ce contour

20:38
Ségolène Royal

?

20:38
Locuteur

Je

20:38
Ségolène Royal

ne veux pas personnaliser...

20:42
Locuteur

Il porte vos couleurs. Le

20:44
Invité

principe d'élection présidentielle

20:45
Locuteur

est quand même...

20:46
Ségolène Royal

Oui, mais je veux dire, par rapport à ce qui se passe, moi, ce qui m'intéresse, c'est me positionner sur les sujets de fond, vous voyez ? Et effectivement, même si les gens arrivent plus à se positionner droite-gauche par rapport aux crises qu'ils subissent parce que finalement, ils se disent...

21:00
Locuteur

Mais

21:00
Ségolène Royal

à la fois...

21:02
Locuteur

Ils n'avaient

21:02
Présentateur

pas envie de parler de lui.

21:04
Ségolène Royal

Non, mais ce n

21:04
Locuteur

'est

21:04
Ségolène Royal

pas ça.

21:05
Locuteur

C

21:05
Ségolène Royal

'est que je... C'est important si c

21:07
Locuteur

'est

21:07
Ségolène Royal

lui qui porte vos

21:07
Locuteur

couleurs. Est-ce qu'il est compatible avec cette jeunesse ? Mais je le dirais de

21:10
Ségolène Royal

tout responsable politique, la question, c'est l'entraînement,

21:13
Locuteur

c

21:13
Ségolène Royal

'est un mouvement... Est-ce que oui ou non ? Il y a le déclenchement d'un mouvement ?

21:17
Locuteur

Est-ce

21:17
Ségolène Royal

qu'il va y avoir une alliance de la gauche et au-delà des humanistes ? Est-ce qu'il va y avoir une capacité de réveiller une espérance ? C'est ça, une élection présidentielle ?

21:26
Présentateur

Et ça, vous sentez que ça part dans le bon sens ou pas ?

21:28
Ségolène Royal

Mais c'est trop tôt pour le dire. Bien. Il faut attendre. Il va y avoir, je pense, un événement d'investiture. Il va y avoir un projet. Il va y avoir un rassemblement d'autres mouvements politiques. C'est trop tôt pour le

21:40
Locuteur

dire.

21:40
Présentateur

Vous permettez qu'on garde un trait d'humour parce que peut-être une

21:46
Locuteur

proposition

21:46
Présentateur

pour les stages et pour les stagiaires dont il veut augmenter la rémunération.

21:50
Locuteur

Et

21:50
Présentateur

à la fin, il dit ceci. Il dit qui mieux qu'un stagiaire, justement, pour faire des propositions à ceux qui veulent effectuer des stages

21:59
Locuteur

? Non,

22:00
Présentateur

ça ne vous décoche pas un petit sourire

22:02
Locuteur

?

22:04
Ségolène Royal

Si, mais ça ne reçoit pas beaucoup. Je

22:08
Locuteur

ne

22:08
Ségolène Royal

suis pas mauvaise en communication, alors.

22:10
Locuteur

C'est ce que je l'utilise.

22:11
Ségolène Royal

Non, mais je veux dire, par rapport à la gravité de la situation,

22:13
Locuteur

c

22:13
Ségolène Royal

'est évident.

22:14
Locuteur

D'ailleurs, par rapport à la gravité, Madame

22:15
Présentateur

Réal, vous comprenez qu'il

22:16
Locuteur

y a

22:16
Présentateur

autant de candidats. Hier, nous avions à votre place une nouvelle candidate, Natacha Polony. Vous lui dites bienvenue, bonne chance

22:22
Locuteur

?

22:24
Ségolène Royal

Non.

22:25
Locuteur

Bonne

22:25
Présentateur

chance. Il y

22:26
Locuteur

a

22:26
Présentateur

déjà assez de candidats. Il y a trop de

22:28
Locuteur

candidats

22:28
Présentateur

compte tenu de

22:29
Locuteur

la gravité de la situation. Non, mais je

22:29
Ségolène Royal

pense que la politique, c'est une expérience au long cours.

22:32
Locuteur

Je

22:33
Présentateur

vous remercie en tous les cas pour cet entretien, Madame Réal. Merci beaucoup. Merci à Victor Hérault, Roccaïa Diallo et Bruno Jeudi. Dans quelques instants, à suivre dans votre émission, c'est une magistrate qui n'a pas sa langue dans sa poche. Elle dit tout haut ce que beaucoup, Madame Réal, n'osent pas penser tout bas. Béatrice Brugère, elle est secrétaire générale du syndicat Unité Magistrat. Alors, quelle réponse pénale apporter malgré tout à ceux qui ont été interpellés ? Et très souvent, ce sont des profils très très jeunes et souvent sans casier judiciaire. Alors, quelle réponse pénale ? Que vont faire les magistrats quand les policiers attendent une véritable réponse ?

23:06
Locuteur

On

23:06
Présentateur

en parle dans quelques instants. Je

23:07
Locuteur

peux rajouter

23:08
Ségolène Royal

justement une petite chose peut-être pour les jeunes qui nous écoutent,

23:11
Locuteur

c

23:11
Ségolène Royal

'est de leur dire manifester dans le calme

23:13
Locuteur

parce

23:14
Ségolène Royal

que la force d'une manifestation, vous voyez, c'est aussi le calme, il se dégage une force et en plus, on ne pourra pas vous discréditer. La force tranquille alors ? La force tranquille. A tout de suite. Sous-titrage

23:24
Locuteur

Société Radio-Canada