La grande interview : Alain Bauer
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
La grande interview en direct sur C News et sur Europ. Mon invité ce matin, c'est Alain Bower. Bonjour Alain Bower.
Bonjour. Merci d'avoir accepté notre invitation. Vous êtes professeur émérite au Conservatoire national des arrêts métiers et vous avez publié ce livre Chine, la revanche de l'Empire, la fin de l'Occident.
On s'interrogera peut-être sur ce point d'interrogation. D'ailleurs, vous nous serez évidemment très utile pour décrypter ce qui est en train de se passer en Chine avec cette visite d'état de Donald Trump. Mais d'abord, je vais m'adresser au criminologue que vous êtes également, on est frappé par ce drame qui est survenu à Nant ces dernières heures.
Un adolescent de 15 ans a été tué. C'était donc hier soir, fusillade, il y a également un mineur de 13 ans qui est aujourd'hui entre la vie et la mort. On est frappé à nouveau par l'âge des protagonistes.
Alain Ber, comment vous analysez-vous ce nouveau drame ? Alors, d'abord, il faut se rappeler que la création de l'adolescence, c'est une création administrative, pas biologique. Euh, pendant de des siècles dans ce pays comme dans tout l'Occident et ailleurs, on devenait majeur aux alentours de 13 ans.
On entrait dans l'espace de travail, on entrait à la guerre, euh, on pouvait hériter, devenir roi. Bon, certes sous tutelle mais quand même. Et puis on a inventé cet âge intermédiaire qui a permis d'augmenter la scolarisation et cetera.
Mais dans un cadre institutionnel très strict, il y avait une église, un état, un parti communiste, bref des institution fortes, une des familles et tout ceci a peu à peu disparu et ça a été remplacé parce que la nature horreur du vide part plutôt des organisations de plus en plus criminalisées. Depuis une dizaine d'années, le nombre de jeunes gens de 13 à 15 ans mis en cause pour des affaires de terrorisme, de narcotrafic, de tueurs à gage recruté sur internet ou sur les réseaux sociaux a été multiplié par 10. ce qu'on appelait les apaches il y a 100 ans des jeunes gens dans la banlieue parisienne et à Paris ville qui s'est tripé au surin, c'est-à-dire à l'arme blanche qui avait été éliminé peu à peu par la capacité éducative et les institutions sociales éducatives et administratives.
Quand elles se sont retirées, elles ont été remplacées et donc aujourd'hui le concours euh d'intégration par l'absurde se fait par le crime et la violence. Et donc dans cette affaire, vous avez euh mais au même endroit il y a 15 jours, il y avait déjà eu un premier règlement de compte. Celui-ci est probablement la réponse au précédent. entre les victimes collatérales et les victimes directes, vous avez une augmentation massive d'un élément le plus stable dans l'analyse de la criminalité en France, c'est les homicides et les tentatives.
Ça, on compte à peu près bien depuis 1539 et François 1er. Vous aviez eu un plus bas historique en 2011-212, environ moins de 700 homicides. On est l'année dernière à plus et avec les tentatives d'homicide à 5000.
Le plus haut chiffre connu depuis qu'on a de la statistique criminelle en France, c'est en 1972. Donc au cours des 15 dernières années, le nombre de tentatives d'homicide a explosé. C'est ça.
Homicide, ça a un peu augmenté mais enfin 50 % quand même de 700 à 1000 et les tentatives d'homicide plus de 4000. Donc 5000 en tout, le plus haut chiffre depuis 50 ans. C'estàd qu'on a inversé un processus de réduction de la criminalité violente par un processus de réaugmentation extrêmement rapide avec un enracinement territorial extrêmement puissant et des situations qui se dégradent y compris à l'ouest de la France qui était la zone la moins touchée alors que d'habitude on parlait surtout de l'espace marseillais du couloir ranien.
Comment on répond à ça Alain Ber ? Est-ce qu'il faut une réforme de notre réponse pénale ? Est-ce qu'il faut une réponse aussi sur le la justice des mineurs ?
Comment le politique peut répondre à cet état de fait, à cette augmentation des tentatives d'homicide et au rajonissement des protagonistes ? Bah, d'abord, le politique, il répond toujours par euh une loi, un mouvement, une posture, une déclaration la plus solennelle possible et puis une problématique qui est celle de la saturation du terrain. Pour saturer le terrain, il faut pas faire des opérations coup de point, il faut aller au cœur des problématiques.
Vous rendez compte qu'il a fallu attendre 2025 pour qu'une exceptionnelle commission d'enquête du Sénat découvre que le narcotrafic existait et qu'il était là. C'est pas parce qu'on ne le savait pas. Tous les acteurs de terrain étaient au courant, policiers, gendarmes, criminologues, acteurs sociaux.
Mais l'État ne voulait pas accepter de concéder qu'il avait perdu le contrôle d'une partie du territoire. Alors, c'est vrai qu'il y a pas de zone de non droit, mais il y a des zones où l'activité de la police est plus ou moins facile. Quand ils se font caillasser, agresser, pompiers, policiers, tous agents publics parce qu'on leur montre que le territoire n'est plus le leur et que on leur dit reculer plutôt que insister, ben c'est sûr qu'il y a une politique d'état qui mérite d'être réfléchie. inverser la tendance il faut par exemple Bruno Rota qui dit il faut un état d'urgence antirafic davantage de moyens aux policiers au gendarmes pour aller dans les quartiers et rétablir l' c'est pas policier gendarme c'est tout le monde c'est éducation nationale acteur vous avez un film dramatique tragique sur Samuel Patti qui montre le pas de vagu mais faut arrêter faut faire des vagues c'est dramatique à dire mais l'État s'est imposé en France contre toutes ses concurrents en faisant des vagu en faisant des vagues d'assumer les conséquences de ces vagues aussi quand on bien sûr mais quand vous donnez un vaccin que l'heure est au vaccin ou revenu au vaccin, il y a un moment d'échauffement faut assumer ça mais faut l'assumer sur le social sur l'éducatif sur le soutien en famille les familles aujourd'hui elles sont pas démissionnaires.
Elles ont été licenciées par leurs propres enfants. Elles en ont peur une partie d'entre elles. Donc il y a un moment où il faut soit affirmer qu'il y a un immense service public dans un État qui en France a construit la nation et ça c'est ce qui est notre histoire.
C'est le moment où le récit national ressemble au roman national pour faire un clin d'œil à Philippe Devilier. Euh soit faut dire écoutez il y a plus d'état et on assume qu'il n'y ait plus que des éléments communautarisés avec des espaces territoriaux inégaux et illégaux et euh on en fait le constat amè mais à un moment faut assumer une politique publique cohérente et claire. Celle qu'on veut vraiment celle qu'on veut.
C'est pas moi qui décide, ce sont les électeurs, les parlementaires que nous critiquons beaucoup mais c'est quand même nous qui les élisons. Donc on a un pouvoir formidable s'appelle le bulletin de vote et moi je suis pour réinsérer le bulletin de vote comme une équation de la problématique du retour à la sécurité de tous et de chacun y compris de la protection de nos propres enfants. Alain Bower, vous êtes en direct pour la grande interview sur C News et sur Europe 1.
On va en venir à cette visite d'état de Donald Trump en Chine. Visite stratégique au combien ? Un mot d'abord peut-être sur euh les images, le cérémonial qui nous a été offert pendant cette visite d'état, on était à un très haut niveau protocolaire.
Le plus haut niveau he vice-président euh qui vice-président chinois qui accueille le président Trump, c'est le plus haut niveau possible hein, contrairement à ce que j'ai lu ici ou là, le fait que le président ch n'accueille pas à l'aéroport est tout à fait normal. Par contre, d'habitude, on a un ministre, un vice-ministre, là, on a le vice-président chinois. Alors, c'est très symbolique.
L'accueil est de très haut niveau, mais les discussions l'ont été aussi puisque il faut comprendre que la Chine, tout fonctionne légèrement décalé. Le temps n'est pas le même, les règles ne sont pas les mêmes. Et donc, on a commencé par l'annonce par les Chinois qu'ils avaient surtout parlé de Taiwan jour 1.
Au moment où le président Chie le dit, la télévision d'État le dit, c'est assez rare hein, d'habitude, il y a un petit décalage. Puis vous avez un communiqué du ministère des affaires étrangères qui dit "Oui, mais on a aussi parlé du reste." Ce qui démontre que le président Trump lors de son Fox News dit des choses qui sont justes puisqu'ils ont effectivement parlé des autres sujets notamment de l'Iran, notamment de l'Iran du Golver Mo et là on peut attendre des avancées concrètes.
On a l'impression dans les dans les différentes communications qu'il y a justement eu des trè communiqué qui est le celui du porte-parole du ministère de étrangère qui dit conformément aux quatre instructions du président chie et dans le cadre du protocole en cinq points qui a été proposé aux pakistanais nous insistons tout particulièrement pour queon trouve une solution et insister tout particulièrement en chinois c'est très puissant puisque le mot les mots chinois sont doux le mandarin impérial il y a rien qui dépasse. Tragédie n'existe pas, catastrophe n'existe pas. Déjà accident, on est au bord du gros mot.
C'est comme conflit. Conflit n'est pas le mot qui a été utilisé. Le mot est plutôt, si on se met pas d'accord sur Taiïwan, il y aura des contentieux, ce qui veut tout dire.
Ça va de On n'est pas d'accord jusqu'à on va vraiment se mettre sur la figure. On a l'impression que les deux super puissances américaines et chinoises sont en train de se partager le monde à travers des zones d'influence. Est-ce qu'on est dans le retour d'une forme de de guerre froide ?
Je le disais, vous avez publié ce livre Chine, la revanche de l'Empire, c'est aux éditions Fillard et vous dites notamment, vous revenez sur 2019 et un discours agressif euh de la Chine accusant Washington à l'époque de terrorisme économique pur et simple. On est là dans une diatribe qu'on pouvait retrouver lors de la guerre froide. Est-ce qu'on est dans la même même donnée aujourd'hui ?
Alors, un peu différente d'abord parce que la Chine est un veut se veut un pôle de stabilité, pas un pôle d'agressivité. Il y a pas de compétition mais la Chine elle a une vision du monde. Je la montre pour les téléspectateurs.
Les je dis je le dis pour les auditeurs d'Européens c'est un planisphère vertical. Voilà. Nous on a une vision horizontale.
La Chine a une vision verticale du monde. C'est chez elle, c'est hémisphérique. Les Américains font la même chose désormais.
Ils vont du Groenland enfin de l'Alaska au Groenland et tout ça c'est chez eux. Il récupère le canal de Panama. il récupère parle des élections mais pas seulement euh le Chili, l'Argentine euh ils espèrent récupérer le Brésil très prochainement et donc ils sont en train de reconstruire un espace et entre les deux, il y a une zone de prédation.
Nous euh les Chinois ont déjà gagné l'Afrique, les Américains récupèrent l'Amérique du Sud et nous nous sommes un marché mais pas une puissance. Donc nous sommes la zone entre deux qu'ils sont en train de se partager aimablement regardant ce qui se passe. Pour la première fois, la Chine est légale des États-Unis.
Ça c'est la nouvelle et c'est la démonstration qui est faite et par le président Trump et par le président Chie. Nous sommes désormais des égos. Nous sommes des égos économiques.
Nous sommes des égos en terme de puissance. Nous sommes des égos en terme de domination hémisphérique, mais surtout pour la première fois, nous sommes des égos militaires. Et quand le président Chie dit "Attention Taïwan, faut pas rigoler parce que il y a des dimensions non seulement symboliques, mais aussi nous sommes prêts à réunifier finalement la Chine dans les espaces que nous estimons être les nôtres, sans volonté de conquête, mais en volonté de récupération." Et bien le la position du président Trump c'est dire oui enfin on peut on peut vous comprendre mais quand même faudrait qu'on trouve une solution la moins rapide et la moins brutale possible et en fait c'est ça qui est en train de se passer là nouveau le monde est redécoupé en deux le global sud tout ce qu'on a cru se raconter les non alignés et cetera, tout ceci a à nouveau redisparu et ce que j'essaie d'expliquer dans le livre c'est la construction de tout ça par un homme d'engoping formé en France ouvrier chez Renault avec une équipe de gens formés en France, notamment sur les terrars et la création d'une nation d'ingénieur qui a commencé par sous-traiter l'usine du monde des matériel de mauvaise qualité pas cher puis de meilleure qualité moins cher et désormais avec la recherche et développement des avancées technologiques où ils sont les gos voire comme le dit l'US Navy en situation de dépasser technologiquement les Américains sur l'intelligence artielle, la robotique et euh les drones justement l'intelligence artificielle C'est la révolution qui arrive.
On a l'impression que l'Europe est un peu à la traî. Arthur Mench, le patron de Mistral EA qui est le fleuron européen de la de l'intelligence artificielle dit "Il y a trop de lourdeur en Europe. On est trop dans la régulation, pas assez dans l'innovation.
Est-ce qu'on peut encore rivaliser avec les superpuissances avec cette Europe des 27 qui parfois c'est vrai paraît un peu un peu lourde administrativement ? Alors les cerveaux qui font l'intelligence artificielle, qui font les révolutions technologiques, ils sont toujours européens. Ils sont européens et asiatiques.
Euh et ils s'en vont parce que ils ont euh des euh règles, des bureaucraties absolument invraisemblables qui les empêchent de travailler sur les drones par exemple. Nous avons des start-ups absolument formidables qui y compris travaillent en Ukraine mais qui sont incapables d'avoir des commandes françaises parce que bureaucratie, incompréhension, guerre d'avant, une incapacité à se projeter vers l'avenir. Il y a des exemples mais à foison qui montrent à quel point il faut sortir de France ou de l'Union européenne pour pouvoir réussir à mettre en place quelque chose qui a été inventé par des jeunes gens et des jeunes femmes sorties de nos écoles, nos universités, nos instituts polytechniques et qui n'arrivent pas à développer leur start-up tant la pression bureaucratique et bah à un moment falloir régler le sort de la bureaucie.
Est-ce que l'Europe l'Europe a 27 en clair, elle a ce qu'elle a encore du sens aujourd'hui ? Est-ce qu'on peut encore innover en ayant 27 réalités différentes ? Si elle voulait avoir une si elle voulait devenir une puissance, elle aurait du sens.
C'était la posture du général de Gaul en 61 quand il écrit au président des États-Unis, au premier ministre britannique, "Si vous voulez une alliance atlantique de vassaux, je n'en suis pas. Si vous voulez une alliance atlantique d'ga, je veux bien en être." Tous les Européens lui tournent le dos.
Il y a le plan Fouché 1, le plan Fouché 2. Aucun n'arrive à à fonctionner. Du coup, le général de Gaulle, grâce à Pierre Mandz France, une alliance étonnante entre les deux, réussit à nous doter de la dissuasion nucléaire, affirme celle-ci.
Et c'est d'ailleurs ce qui permet encore que nous ayons notre spécificité en Europe et dans le monde. Euh sur ces questions, tous les autres euh ont considéré qu'ils devaient se réfugier sous le parapluie de quelqu'un d'autre qui tout d'un coup leur expliquait que le paraplu, ça s'ouvrait mais ça se fermait aussi. D'ù le point d'interrogation quand vous dites la revanche Jean-Pierre, la fin de l'Occident, point d'interrogation.
Faut laisser un espoir mais cet espoir existe. Quand vous allez en Chine, on commence par vous dire des horreurs sur le sac du palais d'été et les 55 jours de Pékin, mais aussi on vous parle général de Gaulle avec une vraie nostalgie. Quand les Chinois vous parlent de la France, ils pensent à Montargis qui visiblement un lieu de célébration mythique des élites chinoises de la période Mao, Schwenl et surtout Dengoping qui a rénové la Chine industriellement, économiquement, socialement et qui a laissé Shishing Ping l'opération militairement.
Aujourd'hui, nous avons une puissance mondiale considérable et nous avons un seul allié que nous armons d'ailleurs contre les Chinois et leurs alliés pakistanais, c'est l'Inde. Et nous avons une chance avec l'Inde euh en terme démographique, en terme économique, pas encore en terme militaire, mais nous pouvons aujourd'hui redevenir une puissance alliée avec l'Inde dans une posture dans le Pacifique qui montrerait aussi que nous aussi, on sait voir les cartes pas seulement de manière horizontale mais verticale. On va parler du déplacement d'Emmanuel Macron. en Afrique Alin Bower simplement un mot sur cette visite inattendue du patron de la CIA John Ratliff qui s'est rendu à Cuba.
Ça s'est passé au cours des dernières heures. On ne s'attendait pas vraiment à cette visite. Il a rencontré son homologue Cuba.
C'est la deuxè il l'a déjà vu en avril. Et qu'est-ce qu'on doit analyser ? Qu'est-ce qu'on doit dire de cette visite ?
La rédition cubaine à la vénézuélienne, c'est à peu près les mêmes. Ils peuvent se faire acheter Ouais. 100 millions de dollars, c'est pas trop cher.
Ils sont étouffés économiquement. Le président Trump a laissé passer un un bateau de de pétrole russe euh pour aller à Cuba et là, ils sont en train de négocier une rédition en bon ordre à la vénézuélienne et pour le plus grand bénéfice de Marco Rubio, enfin je devrais dire Louio puisque vous avez vu que son nom a changé pour qu'il puisse arriver en Chine. il est sous sanction à cause de Taiwan et d'ailleurs lui-même a dit sur Taiwan la politique qui est le ministre des affaires étrangères américains et conseiller à sécurité nationale c'est un doublon qui est d'origine cubaine et voilà et qui lui attend dans le cadre de la vision émissérique des Américains Alaska Groenland il y a Cuba au milieu.
Allain Boyur il nous reste un peu moins de 5 minutes. Je voudrais quand même qu'on aborde la visite des d'Emmanuel Macron en Afrique. Il n'y a plus de précaré en Afrique.
C'est terminé. Voilà ce qu'a dit le président de la République. Quelles conséquences ça peut avoir sur notre diplomatie, notre puissance ?
Vous parlez tout à l'heure de la puissance européenne, la puissance de la France. Le prix carré en Afrique, c'est fini. Bah la France, elle a été boutée hors de la zone saio saéienne, sao saélienne, pardon.
On a vu à quel point les conséquences étaient dramatiques pour ce qui est en train d'arriver au Mali, pour ce qui est en train de se poser comme question au Burkina. Le Niger est dans une zone d'instabilité réelle. la question tchadienne, il préfèrent appeler d'autres que nous à leur secours.
Donc on sent bien que il y a une fin de décolonisation piteuse. Euh on peut avoir la décolonisation assumée. C'était le cas de la gauche, ça a été le cas du général de Gaulle dans la gestion très difficile de l'affaire algérienne qui n'est toujours pas d'ailleurs fini d'être c'est une digestion extrêmement longue avec beaucoup d'égreurs de part et d'autres mais une reprise qui dont on va voir si elle permet la libération de votre confrère monsieur Glaise qui est un otage en Algérie.
C'est une bonne chose donc selon vous de reprendre le dialogue avec Alger même s'il y a pas vraiment visiblement d'effort de la part du régime algérien. libération d'otage et toute récupération de criminels nationaux renvoyés chez eux et acceptés chez eux avec la délivrance de de visa ou de laisser passer me paraît une bonne chose. Donc je préfère qu'il y ait quelque chose dont on parle peu que rien dont on parle beaucoup.
C'est moi je suis très réal politique comme vous avez pu constater dans le passé. Je suis moins pour les postures et plus pour les résultats. Donc on va voir.
Mais si monsieur Glaise est libéré, mettons, à la fin de ce mois, on pourra tous se réjouir d'un otage en moins. De même qu'on a pu se réjouir de la libération de nos deux otages en Iran. Euh et il nous en resta encore un à sans sal via le président allemand également.
Oui, c'est vrai. Mais grand heureusement. Et il nous reste un otage à Bakou dont je en Azerbaïdjan dont je souhaite que lui-même puisse retrouver la liberté assez rapidement.
Sur le sujet de de l'Algérie, justement, Emmanuel Macron a beaucoup parlé des diasporas lorsqu'il était en Afrique avec cette phrase qui a beaucoup fait réagir. On peut être 100 % français et 100 % algérien, kénan, il a cité différentes nationalités. Est-ce que c'est vrai ?
Est-ce qu'on peut être 100 % une nationalité et 100 % une autre ? Alors moi, je dois avoir un problème avec les mathématiques, hein. Je sais pas comment on peut être 200 % quoi que ce soit.
Je pense queon doit être fier de ses origines. Euh je dis la même chose et je pensais la même chose avec Michel Rocard quand il défendait les Bretons et le droit de parler aussi breton pas à la place d'eux mais aussi parce queà l'époque c'était interdit. On avait même une amende quand on avait des des poteaux enfin des panneaux en breton dans les barres de l'époque.
Donc il y a un moment où on peut trouver des solutions qui permettent de garder ses origines. Les clubs portugais qui sont des clubs sportifs, ils sont pas moins français. euh qu'ils ne sont euh portugais.
Donc euh je suis pour 5050 plutôt que 100 + 100. 100 + 100 ça pose un problème ça n'a pas de sens de la part du président de la République. Autre je sais pas si ça a pas de sens partout mais mathématiquement ça n'a pas sens mathématiquement oui ça ça pose question.
Autre annonce du président de la République 14 milliards d'euros d'investissement euh en Afrique public et privé. On n pas vraiment la la répartition. Est-ce que c'est encore pertinent d'investir dans d'autres continents au moment où en France on voit qu'on est en grande difficulté sur le plan économique ?
Si c'est de l'investissement sur le long terme, ce que les Chinois ont réussi avec les routes de la soie, le fait qu'ils contrôlent désormais la quasi totalité des ports africains et quelques ports européens, la manière dont ils ont construit une puissance maritime considérable montre qu'on ne peut pas délaisser ça parce qu'autrement nous serons totalement enfermés. Si on perd Panama, si on perd le golf de Suède, si on perd Ormous, la ça démontre l'extraordinaire vulnérabilité d'un continent qui a soit sacrifier sur ressources industrielles, soit qui n'a pas assez de ressources en matière première. La Chine a tout appris de nous en matière d'ingénierie, des matières premières et des terres d'itrar rares.
Alors, elles sont moins rares qu'on ne le croit, mais comme il contrôle l'intégralité de la chaîne de production, je raconte d'ailleurs l'histoire de cet ingénieur chinois qui a tout impor tout appris en France et tout importé chez lui. À quel point il est important justement de garder des points d'ancrage, des ressources de la même manière que garder une base à Djibouti. Et les Chinois ont bien compris puisqu'ils ont la même juste à côté de la nôtre.
Il faut une base à Abu Dhabi et chacun a compris à quel point c'était un enjeu majeur désormais. Donc oui, il faut des investissements productifs et intelligents, publics comme privés, mais ensuite faut assumer de faire en sorte que les génies que nous continuons à produire dans nos écoles, nos universités et nos instituts puissent déboucher en France et pas s'exfiltrer à l'étranger où enfin on peut rapidement et facilement avoir des subventions, des aides et surtout une capacité à réussir. Merci beaucoup Alain Boer d'avoir répondu à nos questions.
Je précise que pendant cette interview, on voit que le président américain est sur le point de quitter la Chine et je recommande vivement la lecture de votre livre Chine, la revanche de l'Empire, la fin de l'Occident. C'est un point d'interrogation, c'est à lire pour bien comprendre tout ce qui est en train de se passer dans le monde. Merci à l'ab.
C'était votre grande interview sur ces news
Arnaud Bonnet