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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 21 novembre 2022 24 min

Plan énergie pour les entreprises, allocations chômage, dividende salarié... Ce qu'il faut retenir de l'interview de Bruno Le Maire

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

est un enjeu absolument majeur, c'est pour cela que l'initiative du président de la République est absolument décisive pour ces pays.

0:06
Auditeur

Est-ce que la Chine devra abonder ce fonds pour les pays pauvres ?

0:09
Présentateur

Ça a été l'un des points de blocage pendant la COP ? Ça reste un point de blocage important, parce que la Chine se voit et se présente encore comme un pays en développement. Sur des critères qui datent de 1992 ? Oui, mais ils disent argument à l'appui, nous ne sommes plus d'un milliard d'habitants, nous avons encore un taux de pauvreté qui est important. La Chine est aussi un des principaux émetteurs de CO2 au monde, donc la Chine a une responsabilité sur le climat qui est une responsabilité très lourde. C'est pour cela que le rendez-vous de 2023 proposé par le président de la République est décisif. Il faut que les grands États, la Chine en premier, puissent prendre ses responsabilités.

Pour ça, il faut un lieu pour en débattre, ce sera le lieu de cette conférence du financement du climat.

0:49
Bruno Le Maire

Bruno Le Maire, c'est déjà la troisième fois en quelques mois que vous touchez au dispositif mis en place pour simplifier l'accès aux aides aux entreprises qui font face à une explosion des prix de leurs factures d'énergie. Un nouveau guichet est ouvert depuis ce week-end. Est-ce que, cette fois-ci, c'est sûr, toutes les entreprises qui sont dans le besoin auront accès à ces aides ?

1:08
Présentateur

Oui, toutes les entreprises seront soutenues. Pour beaucoup d'entreprises, beaucoup de PME, la situation est extraordinairement angoissante. Elle est angoissante pour tout de suite, parce qu'il faut régler les factures de 2022. Et elle est encore plus angoissante pour 2023 en se disant, mais qu'est-ce qui nous attend pour 2023 ? Est-ce que je vais arriver à amortir ces coûts de l'énergie ? Donc moi, je veux vraiment lever ce matin un certain nombre d'inquiétudes que j'entends depuis deux, trois jours. Un, toutes les entreprises sont éligibles à ce guichet qui a été ouvert samedi.

Qu'on soit une PME, qu'on soit une entreprise de taille intermédiaire ou une grande entreprise, on peut toucher, en fonction de sa taille, de 4 jusqu'à 150 millions d'euros. Mais toutes les entreprises sont éligibles, j'entends...

1:47
Bruno Le Maire

Quelles que soient les tailles, mais il y a des critères pour accéder aux aides.

1:50
Présentateur

Quelles que soient les tailles. Les critères, ils ont été extraordinairement simplifiés, notamment pour les PME. On a retiré le critère de baisse du bénéfice. Avant, il y avait un critère de baisse du bénéfice très compliqué à calculer. Il a été retiré parce qu'il était pénalisant pour les PME. Désormais, il n'y a que deux critères pour avoir accès à ce guichet. Il faut que votre facture d'énergie ait augmenté de 50% entre 2022 et 2021. C'est le cas de quasiment toutes les entreprises quand on voit aujourd'hui le coût de l'énergie. Et en deuxième lieu, il faut que votre facture énergétique représente 3% de votre chiffre d'affaires.

Parce que nous voulons tout simplement cibler les aides sur ceux qui sont les plus fragiles.

2:26
Auditeur

Mais c'est ce chiffre, justement, ce deuxième chiffre qui inquiète notamment la CPME, qui vous l'a dit ce week-end, 3% des dépenses en 2021, c'est-à-dire avant l'explosion.

2:35
Présentateur

Non, nous avons entendu les préoccupations de la CPME. Moi, j'ai travaillé quotidiennement avec François Asselin, avec la CPME, pour répondre à leurs inquiétudes. Ce n'est pas 3% du chiffre d'affaires en 2021, c'est 3% du chiffre d'affaires au moment où vous déposez votre demande. C'est-à-dire en novembre 2022. Parce qu'évidemment, sinon, le critère n'aurait pas de sens. Donc, nous avons répondu à ces inquiétudes. Ce guichet, il est simple. Toute la complexité sera traitée par l'État. Il est massif. Et il sera rapide. Les versements interviendront dans 15 jours à 3 semaines pour les entreprises qui iront uniquement à déposer leur facture au guichet de impots.gouv.fr.

Donc, première inquiétude que j'entends ici ou là. Toutes les entreprises sont concernées. Deuxième inquiétude. On me dit, oui, mais ça, c'est pour 2022. Qu'est-ce qui va se passer en 2023 ? Et effectivement, le boulanger, le boucher, la petite entreprise du bâtiment se dit, bon, ok, j'ai une aide pour 2022. Mais c'est 2023 qui m'inquiète. Je rappelle qu'en 2023, il y aura un allègement immédiat de la facture pour toutes les PME de l'ordre de 25%. C'est ce qu'on a appelé avec la Première Ministre l'amortisseur énergie pour les PME. Enfin, troisième inquiétude que j'entends un peu partout. Les entreprises françaises vont être moins bien protégées que les entreprises allemandes.

Non, les entreprises françaises seront aussi bien protégées que les entreprises allemandes. Mais vous mettez 10 milliards d'euros, les Allemands viennent d'en mettre 200. Oui, mais les Allemands ne mettent pas 200 milliards d'euros sur le soutien aux entreprises. Ils mettent 200 milliards d'euros sur le soutien aux entreprises et le soutien aux ménages, sur lequel, je rappelle, nous avons déjà, nous, Français, mis 110 milliards d'euros sur 2021, 2022, 2023. Dans cette enveloppe de 200 milliards, vous avez aussi le soutien à l'énergéticien allemand, Uniper, pour 40 milliards d'euros. Donc comparons ce qui est comparable.

4:18
Bruno Le Maire

Mais c'est parce que dit Geoffroy Roude-Bézieux, le patron du MEDEF qui était à votre place jeudi dernier, lui, il s'inquiète. Il dit qu'il y a une concurrence déloyale qui est en train de se mettre en place.

4:25
Présentateur

Mais c'est la responsabilité de Geoffroy Roude-Bézieux, du patron de l'UMM, Éric Trappier, de François Asselin, le patron de la CPME, de défendre les entreprises. Ils sont parfaitement dans leur rôle et je les comprends. Mais ils se trompent quand ils parlent de concurrence déloyale ? Je leur garantis que nous ferons respecter les règles de concurrence en Europe. Et les règles de concurrence en Europe, elles ont été fixées par la Commission européenne. Il y a un cadre pour ces aides. On ne peut pas faire n'importe quoi. On ne peut pas avoir un pays qui soutient à 100% ses entreprises sur sa facture énergie et un autre qui n'aurait droit qu'à 50 ou 60%. Les règles seront les mêmes pour tous.

Nous veillerons à ce qu'elles soient respectées et à ce que les entreprises françaises soient aussi bien soutenues que les entreprises allemandes. J'aurai l'occasion d'en parler d'ailleurs dès ce soir avec le ministre de l'économie allemand, Robert Tabeck. Je le vois ce soir. Je verrai le ministre des Finances jeudi. Nous allons travailler main dans la main avec l'Allemagne avec un seul objectif, défendre au même niveau nos entreprises françaises et allemandes. Et croyez-moi, le vrai sujet, ce n'est pas la compétition avec l'Allemagne. Le vrai sujet, c'est la compétition avec des Etats-Unis d'Amérique qui ont un prix d'énergie 5 à 10 fois plus faible que celui que nous avons en Europe.

Donc regardons plutôt le vrai risque. Le vrai risque, c'est l'effondrement du prix de l'énergie aux Etats-Unis et un prix beaucoup plus élevé en Europe. Focalisons-nous sur les vrais sujets.

5:44
Bruno Le Maire

Donc quand Emmanuel Macron reçoit ce soir les 50 grandes entreprises européennes installées en France, c'est pour les convaincre de ne pas délocaliser ?

5:52
Présentateur

C'est pour leur rappeler que nous avons des atouts. Nous avons par exemple en France, je leur rappelle, la moitié de la facture des entreprises qui bénéficient d'un prix de l'électricité cassé. Ça s'appelle l'AREN. C'est un atout stratégique dont dispose la France. C'est pour leur rappeler que nous allons à Washington dans quelques jours et nous allons défendre les intérêts français et les intérêts européens face à l'Inflation Reduction Act, c'est-à-dire la législation américaine qui permet de défendre de manière exclusive les entreprises américaines. L'Europe a des atouts, la France a des atouts.

Nous sommes devenus le pays le plus attractif pour les investissements étrangers en Europe et nous comptons bien le rester.

6:29
Auditeur

Bruno Le Maire, ministre de l'Économie, invité de France Info jusqu'à 9h. Le Fil Info à 8h40 avec Maureen Suignard.

6:37
Invité

Une centrale nucléaire devenue une cible militaire. Le site de la centrale de Zaporizhia en Ukraine, de nouveau touché par des bombardements ce week-end. Les réacteurs ne sont pas touchés, mais le directeur de l'Agence internationale de l'énergie atomique dénonce une situation gravissime. Kiev et Moscou affirment ne pas être responsables. La CGT dénonce une politique scandaleuse qui vise à faire des économies sur le dos des chômeurs. Le ministre du Travail dévoile aujourd'hui les arbitrages retenus pour la réforme de l'assurance chômage. La durée d'indemnisation pourrait être raccourcie en cas de situation économique plus favorable.

Les Républicains espèrent que cela mettra un coup d'accélérateur à la campagne. Débat télévisé ce soir sur LCI entre les trois candidats à la tête du parti de droite. Éric Ciotti, Aurélien Pradier et Bruno Retailleau. Le seul débat organisé avant le vote des adhérents le 3 décembre prochain. Il égale le record de titre de Roger Federer dans le tournoi. Novak Djokovic remporte ses sixième Masters en battant Kasper Rud. Je me vois toujours comme le meilleur glisse le joueur de tennis serbe alors qu'il a disputé le tournoi en tant que huitième mondial.

7:42
Auditeur

Bruno Le Maire, votre collègue du gouvernement Olivier Dussop va présenter dans quelques minutes aux partenaires sociaux le mécanisme retenu par le gouvernement dans la réforme de l'assurance chômage qui prévoit de baisser la durée d'indemnisation des chômeurs lorsque le chômage baisse. Est-ce que c'est une mesure punitive pour les chômeurs ? Non, c'est une mesure juste pour l'emploi.

8:13
Présentateur

Et je tiens à rappeler que sur l'emploi, depuis maintenant plus de cinq ans, nous avons enregistré des succès qui sont considérables, qui sont à mettre à l'actif d'Emmanuel Macron. Nous avons un peu plus de 7% de taux de chômage, c'est le niveau le plus faible que nous ayons atteint depuis des années. Nous avons un nombre d'apprentis qui n'a jamais été atteint depuis des décennies en France. Nous sommes sur la voie du plein emploi.

8:35
Auditeur

Mais est-ce qu'on peut dire, par exemple, à quelqu'un qui a été licencié pour motif économique, on va raccourcir votre durée d'indemnisation pour vous pousser à retrouver plus vite un travail ?

8:43
Présentateur

Ce que je constate, Marc Fauvel, aujourd'hui, c'est une situation incompréhensible dans laquelle vous avez à la fois des entreprises qui sont en pénurie de main-d'oeuvre, dans le bâtiment, dans les travaux publics, dans la restauration, dans l'hôtellerie. Enfin, j'en vois des chefs d'entreprise qui cherchent désespérément de la main-d'oeuvre et qui n'en trouvent pas. Et, de l'autre, des règles d'assurance-chômage qui ne bougent pas. Donc, je pense qu'il est juste et nécessaire de faire évoluer ces règles de l'assurance-chômage de manière souple, comme le propose Olivier Dussopt. Quand ça va mieux, on durcit les règles. Quand ça va moins bien, sur le front de l'emploi, on protège davantage.

L'objectif final, c'est le plein emploi. Et, croyez-moi, les derniers mètres vont être les plus difficiles à atteindre. Parce qu'atteindre 7%, c'est déjà un magnifique résultat. Atteindre les 5% de taux de chômage, c'est-à-dire le plein emploi, ce serait un exploit. Puisque ça n'est pas arrivé en France depuis le début des années 70, c'est-à-dire depuis un demi-siècle. Pour tout ça, il faut mettre tous les atouts de notre côté. Plus de formation et de qualification, nous le faisons. Plus de soutien à l'apprentissage, nous le faisons. Et des règles d'assurance-chômage qui sont plus dures quand la conjoncture est bonne. Nous allons le faire.

9:51
Bruno Le Maire

Vous mettiez en avant les postes qui restent vacants par rapport au nombre de chômeurs qui pointent actuellement au chômage. Mais si les qualifications ne sont pas les mêmes que les postes recherchés, vous dites quoi ? À un plombier, il faut que vous deveniez, je ne sais pas, serveur dans un restaurant. Vous faut accepter ces boulots-là, même si ce n'est pas les qualifications requises ?

10:11
Présentateur

Je dis tout simplement que nos compatriotes ne peuvent pas comprendre que lorsqu'il y a autant de pénuries de main-d'oeuvre dans l'hôtellerie, la restauration, le bâtiment et les travaux publics, l'agroalimentaire, nous ayons en même temps toujours 7% de taux de chômage. Et que donc il faut une politique globale. Notre politique ne se résume pas à la réforme de l'assurance-chômage, mais elle est nécessaire, elle est juste et je soutiens totalement le travail qui est fait par Olivier Dussopt. Il y a aussi un travail à faire sur la formation et la qualification, nous le faisons, pour orienter les personnes vers les emplois qui sont disponibles.

Et il y a aussi un travail à faire sur l'apprentissage, sur le lycée professionnel, que nous faisons également. Et l'ensemble de ces mesures que nous portons avec beaucoup de détermination, doivent nous amener au plein emploi en 2027. Croyez-moi, le jour où la société française aura le plein emploi, cela ira beaucoup mieux pour l'ensemble des Français et pour la nation française.

11:05
Auditeur

A partir du mois de janvier, Bruno Le Maire, les ristournes à la pompe vont laisser place à un nouveau dispositif dont on a encore un tout petit peu de mal à cerner les contours. Elisabeth Borne a dit que ça concernera environ la moitié des foyers. Sur quels critères ?

11:17
Présentateur

C'est normal parce que ce n'est pas encore définitivement arbitré. Même vous, vous ne le connaissez pas. On discute, on va le faire dans les prochaines semaines. Ce qui est sûr, c'est que nous passons d'un dispositif général, la remise à la pompe de 30 centimes d'euros pour tous ceux qui utilisent leur véhicule, à un dispositif ciblé. C'est conforme à la philosophie que je porte depuis maintenant plusieurs mois de dire que passé le choc majeur de 2022, il faut que nous allions vers des dispositifs ciblés qui soutiennent les plus fragiles, donc des mesures qui soient à la fois plus justes et plus efficaces. Donc pas uniquement les travailleurs ? Nous verrons, nous en sommes en train de...

Les retraités, les inactifs, je ne vais pas préjuger de ce que seront les discussions que nous avons avec Gabriel Attal, avec la première ministre, tout ça en parfaite intelligence, pour trouver le meilleur ciblage possible pour cette indemnité carburant qui sera mise en place au 1er janvier 2023 et qui remplacera la remise globale qui a, à mes yeux, comme principal défaut. D'abord, elle n'est pas juste puisqu'elle touche tous les Français à la fois, donc c'est vraiment une mesure que l'on prend dans l'urgence pour soulager les Français et amortir le choc inflationniste.

Mais fondamentalement, on donne la même chose à ceux qui ont beaucoup d'argent et à ceux qui n'en ont pas, donc je pense qu'il faut le faire évoluer. Et puis on n'a pas vocation à financer les pays producteurs de pétrole. Or, une indemnité générale, c'est une indemnité qui finance les pays producteurs de pétrole.

12:38
Bruno Le Maire

Justement, en parlant d'inflation, Michel-Edouard Leclerc, le patron des magasins du même nom, prédit une inflation à deux chiffres en janvier prochain, tirée par les prix de l'alimentaire qui s'envolent aussi. Est-ce qu'il a raison ?

12:48
Présentateur

Non, il n'a pas raison. Nous n'aurons pas d'inflation à deux chiffres sur l'ensemble des produits français en 2023.

12:59
Bruno Le Maire

Mais on voit la fin de la vague. Est-ce que vous la voyez, vous, la fin de la vague inflationniste ?

13:02
Présentateur

Très précis. L'inflation à deux chiffres, elle existe déjà pour les produits alimentaires. J'imagine que c'est de cela dont parlent Michel-Edouard Leclerc. Mais l'inflation sur l'ensemble de l'année en 2022 en France, elle va être d'un peu plus de 5%. C'est beaucoup pour ceux qui la supportent, surtout quand ça touche les produits alimentaires. Mais ça reste le niveau d'inflation le plus faible de la zone euro, grâce à l'anticipation dont nous avons fait preuve avec le Président de la République, en mettant en place ce bouclier tarifaire sur l'électricité et sur le gaz. Est-ce que l'inflation reste à un niveau très élevé ? Oui.

Est-ce que c'est extraordinairement difficile pour tous nos compatriotes ? Oui. Et pour l'année prochaine, ça va augmenter ? Où, effectivement, il y a une inflation à deux chiffres. Mais toute notre politique, notamment le ciblage des aides, vise à ce qu'en 2023, l'inflation reflue. Et ça reste notre hypothèse centrale de travail. L'inflation doit refluer dans le courant de l'année 2023.

13:55
Auditeur

Emmanuel Macron a fait une promesse. C'est le dividende salarié pour que le travail, c'est sa formule, paye davantage. Geoffroy Roux de Bézieux, encore lui, désolé, qui était à votre place jeudi dernier, patron du MEDEF, dit qu'il ne comprend pas ce que c'est précisément, qu'il y a aujourd'hui déjà des dispositifs, la participation, l'intéressement, la prime Macron, qui n'a toujours pas compris ce que c'est que le dividende salarié. Pouvez-vous l'éclairer ? Et nous aussi, par la même occasion.

14:18
Présentateur

Je vais essayer. Le principe du dividende salarié, c'est que lorsqu'une entreprise a les moyens de verser un dividende à ses actionnaires, il faut qu'elle augmente les rémunérations de ses salariés. En versant des dividendes aussi ou d'une autre façon ? Le dividende salarié, c'est le profit pour tous. Quand il y a un profit pour l'entreprise, un profit pour les actionnaires, il faut que ceux qui font tourner l'entreprise, c'est-à-dire les salariés, puissent en bénéficier. Et là encore, je reviens à la philosophie qui nous anime. Le travail doit payer. C'est le fil directeur de toute notre politique économique et sociale depuis plus de 5 ans.

14:54
Bruno Le Maire

C'est quoi la différence avec l'intéressement ou la participation ?

14:56
Présentateur

D'abord, quand je dis le travail doit payer, là aussi je veux lever un certain nombre d'ambiguïtés. La première rémunération du travail, c'est le salaire. Et ça doit rester le salaire. Je ne voudrais surtout pas qu'on croit que les mécanismes de partage de la valeur que nous voulons mettre en œuvre sont là pour se substituer aux nécessaires augmentations de salaire.

15:16
Bruno Le Maire

Ça fait des mois que vous appelez à des augmentations de salaire ?

15:18
Présentateur

Je vois là aussi, je suis ici pour répondre aussi à ce nombre d'inquiétudes. Je vois les inquiétudes de ceux qui disent, mais vous allez nous donner des primes d'intéressement à la participation à défaut d'augmentation de salaire. Non. En complément des nécessaires augmentations de salaire, je redis que toutes les entreprises qui le peuvent doivent augmenter les salaires. Et je remercie les entreprises qui ont déjà augmenté de plus de 4% les salaires en 2022. Et nous ne sommes pas à la fin de l'année. Ensuite, on complète ce salaire qui reste, je le redis, la base, le socle de la rémunération d'un salarié. Intéressement, participation, actionnariat salarié.

Nous sommes le pays développé qui fait le plus en la matière. Donc nous avons libéré l'intéressement en France. Nous l'avons simplifié avec la loi Pacte. Vous avez 60% de salariés en plus depuis la loi Pacte qui bénéficient d'un corps d'intéressement que nous avons simplifié et sur lequel nous avons supprimé une taxe à 20%. Le dividende salarié, c'est pour qui Bruno Le Maire ? C'est pour toutes les entreprises, uniquement les grosses ? L'idée, c'est que ce soit pour le maximum d'entreprises possibles. Le maximum, est-ce qu'il y aurait un caractère obligatoire ? Là aussi, parlons-nous franchement. Le vrai sujet, il est pour les plus petites entreprises.

Il n'est pas pour les très grandes entreprises. Il n'y verse pas de dividende aujourd'hui. Les très grandes entreprises, je ne vais pas les citer, mais en général, les salariés, ils ont intéressement, participation, actionnariat. Moi, je vise de toucher le plus grand nombre de salariés, y compris, et c'est le défi, les plus petites entreprises, les PME,

16:35
Bruno Le Maire

C'est justement ce que dit Jean-François de Bézieux. Ils n'ont pas les moyens, les petites entreprises. Et surtout, ils ne versent pas de dividende. C'est simple.

16:41
Présentateur

Ça se saurait et ça aurait été fait depuis longtemps. L'enjeu est majeur pour les salariés, mais il est difficile à mettre en œuvre, parce que la cible la plus importante, c'est effectivement les salariés des petites et moyennes entreprises. Ils ont des difficultés particulières dont il faut tenir compte, mais bien rémunérer les salariés, faire en sorte que le travail garantisse la dignité et une capacité à construire sa vie, ça reste au cœur de ce que nous voulons construire avec le Président de la République. Il y aurait un caractère automatique ou pas ?

17:09
Auditeur

Le Président a été très clair dans sa compagnie. Ce sera chaque entreprise. Une entreprise qui fait des bénéfices devra... Ça n'est pas à la carte.

17:17
Présentateur

Donc, il y aura un mécanisme obligatoire. Ce n'est pas à la carte. Ce n'est pas l'engagement qu'a pris le Président de la République. Et je pense que nous avons intérêt, comme toujours, à respecter la parole qui a été donnée. La parole qui a été donnée pendant la campagne de 2022, c'est que le mécanisme de dividende salarié s'appliquerait à tous.

17:34
Auditeur

Vous restez avec nous, Bruno Le Maire. Le Fil Info à 8h51. Maureen Suignard.

17:38
Invité

Un sommet à Paris voulu par Emmanuel Macron en juin prochain pour un nouveau pacte financier avec les pays vulnérables face au changement climatique. À la COP 27, le principe d'une compensation versée aux pays les plus pauvres a été acté. Il faut que les grands États, la Chine en premier, puissent prendre leurs responsabilités, affirme sur France Info le ministre de l'économie, Bruno Le Maire. Un conseil des ministres des enfants à Matignon aujourd'hui. Une vingtaine d'enfants de l'aide sociale à l'enfance font des propositions à l'exécutif. Un premier comité interministériel à l'enfance se déroulera ensuite pour mieux coordonner les actions en faveur des mineurs.

Elle concerne plusieurs ministères. Les gardiens de la révolution iranien revendiquent ce matin les frappes contre les groupes d'opposition kurde en Irak. Un mort au moins la nuit dernière. Des frappes similaires ont déjà touché la région la semaine dernière. Les affiches du jour au Mondial de foot au Qatar. Angleterre-Iran à 14h. Sénégal-Pays-Bas à 17h. Et puis les États-Unis face au Pays de Galles à 20h. Les Bleus entreront demain dans la compétition. Match à suivre sur France Info. Dès 20h, ce sera face à l'Australie.

18:42
Bruno Le Maire

Bruno Le Maire de Nombremer augmente la taxe foncière en expliquant que l'État ne les aide pas suffisamment face à l'inflation. Est-ce que finalement on reprend d'une main au propriétaire ce qu'on donne de l'autre à tous les Français ?

19:04
Présentateur

Non, l'État aide les collectivités locales. Et je tiens à le dire avec beaucoup de force. Nous aidons. Nous avons discuté avec la collectivité locale. Nous mettons en place dès maintenant filet de sécurité immédiat qui va couvrir 70% des augmentations de dépenses d'énergie ou d'alimentation pour les collectivités locales. En 2023, nous allons augmenter la dotation globale de fonctionnement des communes. Ça n'est pas arrivé depuis des années. Nous avons mis en place un amortisseur des prix. Nous avons mis en place un fonds vert d'1,5 milliard d'euros à la demande d'Elisabeth Borne, la première ministre. Nous faisons le nécessaire pour les collectivités locales.

19:38
Bruno Le Maire

Ça veut dire que ces augmentations ne sont pas justifiées ? Les augmentations de taxe foncière ne sont pas justifiées ?

19:42
Présentateur

Chacun prend ses responsabilités, mais je trouve trop facile de tout rejeter systématiquement sur le dos de l'État. L'État a aidé les collectivités locales. C'était son devoir. Mais il a répondu à son devoir, qui était de protéger les collectivités locales face à l'augmentation des dépenses énergétiques et des dépenses alimentaires, notamment pour les cantines scolaires.

19:59
Auditeur

Ce n'est pas ce que disent ces maires. Non, mais bien sûr. Ce n'est pas ce que dit Anne Hidalgo, qui augmente la taxe foncière de 50% à Paris.

20:04
Présentateur

Oui, mais Anne Hidalgo n'a qu'à s'en prendre qu'à sa gestion calamiteuse de la ville de Paris, et pas à l'État.

20:10
Auditeur

Mais vous savez qu'il y a aussi des mairies qui sont dirigées par votre majorité. Je pense à la ville de Poissy, dirigée par une maire En Marche, qui augmente la taxe foncière de 20%.

20:19
Présentateur

Elle doit être au courant de vos dispositifs aussi. Les maires exercent leurs responsabilités dans les circonstances qui, je le sais, sont difficiles pour tous. Mais l'inflation, c'est dur pour tout le monde. C'est dur pour les ménages. C'est dur pour les entreprises, on a longuement parlé. C'est dur pour l'État aussi, qui, je le rappelle, absorbe plus de 55% du choc inflationniste aujourd'hui. C'est l'État qui absorbe le plus le choc de l'inflation. C'est dur aussi pour les collectivités locales. Nous sommes de leur côté. Nous sommes à leur côté pour les aider. Et tous les dispositifs dont je viens de parler ont été négociés avec les collectivités locales, pour les collectivités locales.

20:53
Bruno Le Maire

Le gestionnaire RTE averti sur les risques élevés de tensions sur le réseau électrique en janvier. Il pourrait y avoir des coupures. Est-ce qu'on paye aujourd'hui la grève dans les centrales qui a retardé les maintenances ?

21:04
Présentateur

Non, je ne dirais pas ça. Moi, je voudrais surtout saluer le travail qui est fait par les salariés d'EDF. C'est ce qu'a dit RTE en partie. Oui, mais moi, ce que je vois, c'est qu'il y a des salariés d'EDF qui, aujourd'hui, travaillent nuit des jours pour remettre en activité les réacteurs qui sont à l'arrêt. Ça peut être des ingénieurs, ça peut être des ouvriers, ça peut être des soudeurs. Donc moi, je suis du côté des personnes qui travaillent.

21:25
Bruno Le Maire

Il y a du retard, malgré tout.

21:26
Présentateur

Je suis du côté de tous ces salariés d'EDF qui travaillent. Aujourd'hui, nous avons l'assurance pour passer le mois de décembre sans difficulté. Nous nommerons le prochain président d'EDF, Luc Rémont, au Conseil des ministres de mercredi. Donc il pourrait être immédiatement à la tâche. Et sa première responsabilité, c'est la remise en activité de tous les réacteurs nucléaires français le plus vite possible. Et croyez-moi, nous y veillerons attentivement.

21:52
Bruno Le Maire

Vous lui mettez la pression à Luc Rémont.

21:54
Présentateur

Je ne mets la pression à personne. Mais chacun a des responsabilités. Et on doit être à la hauteur des responsabilités qui vous sont confiées.

22:01
Auditeur

Est-ce qu'il faudra demander des efforts supplémentaires aux Français, notamment au mois de janvier, de réduction d'énergie ?

22:06
Présentateur

Je vous dis d'abord peut-être saluer les efforts qui ont été faits par les Français. On a demandé de faire des économies. Il y a eu 5 à 7% de consommation d'énergie en mois en corrigeant des variations saisonnières, comme on dit, puisqu'on a eu des jours qui ont été plus chauds que ceux que nous avons aujourd'hui. Donc les Français ont entendu le message. Ils sont responsables. Ils sont engagés dans cette réduction. Il faut continuer dans cette voie-là.

22:27
Bruno Le Maire

Bruno Le Maire, vous allez suivre le match des Bleus demain soir ?

22:30
Présentateur

Je reçois des maires demain soir, mais nous installerons des écrans de télévision pour pouvoir suivre le match, oui.

22:36
Bruno Le Maire

Est-ce qu'une victoire des Bleus ferait du bien aux Français, du bien, donc par conséquent à l'économie ? C'est ce que vous souhaitez ?

22:44
Présentateur

Toujours du bien, une victoire en Coupe du Monde, mais je ne fais pas de lien entre des victoires sportives et les victoires économiques. Donc les victoires économiques, nous en enregistrons beaucoup. Nous avons une économie française qui résiste mieux que la plupart des pays européens. Nous avons un taux d'inflation, je le redis, qui est le plus faible de la zone euro. Nous avons un chômage qui continue à baisser. Donc les victoires économiques, elles sont déjà là.

Et dans les circonstances très difficiles que nous traversons, nous verrons ce que dira le Fonds monétaire international, qui est en train de faire la revue de la situation économique française et qui donnera ses conclusions d'ici à quelques jours. Mais ce que je constate, c'est que la France continue à résister dans des circonstances où d'autres pays souffrent beaucoup plus.

23:25
Auditeur

Puisqu'on parle du FMI, Bruno Le Maire, il se trouve que le poste de directeur général du FMI va se libérer dans deux ans. Pouvez-vous dire avec certitude aux Français, si Emmanuel Macron me fait confiance, je serai le patron de Bercy jusqu'à la fin du quinquennat ?

23:37
Présentateur

Il se trouve surtout que mon poste actuel, c'est ministre de l'économie et des finances, et qu'il n'est pas dans mon habitude de me défausser. Mais plus ce sera dur, plus j'aurai vocation à exercer mes seules responsabilités de ministre de l'économie et des finances. Vous ne souhaitez pas partir ? Je ne partirai certainement pas en période de crise. J'ai affronté la crise du Covid, j'ai affronté avec le président de la République la crise des gilets jaunes, j'affronte aujourd'hui la crise de l'inflation. Quand il y a une crise, on ne part pas. Merci Bruno Le Maire, bonne journée à vous.

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