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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 6 février 2021 25 min

Mesures alternatives au couvre-feu, liberté de choix du vaccin... Le "8h30 franceinfo" d'Ugo Bernalicis

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Bienvenue à tous, le 8h30 France Info sur France Info Radio et le canal 27 de la TNT avec Myriam Ancawa de la chaîne parlementaire. Bonjour Myriam. Bonjour Hercine, bonjour à tous. Notre invité est députée de la France Insoumise du Nord, Hugo Bernalicis. Bonjour à vous. Bonjour. L'épidémie marque le pas ces derniers jours, dit le Premier ministre Jean Castex. C'est un entretien publié aujourd'hui dans Ouest France et c'est dans le droit fil de la conférence de presse qu'a donné le Premier ministre jeudi soir. On l'écoute et vous réagissez ensuite. Un nouveau confinement ne peut s'envisager qu'en tout dernier recours. La situation ne le justifie pas à ce jour.

La situation est stable, elle ne se dégrade pas fortement, ça fonctionne.

0:43
Ugo Bernalicis

Ce n'est pas exactement la même chose d'être stable et elle ne se dégrade pas fortement. Je crois que la situation est problématique dans les hôpitaux aujourd'hui de ce pays. On ne peut pas dire que ce soit tranquille et que ça se passe normalement.

0:53
Présentateur

Le patron du CHU de Lille nous disait le contraire tout à l'heure. Pas de tension particulière et pas de saturation en ce moment.

1:01
Ugo Bernalicis

À Lille particulièrement on est à un niveau très élevé mais du coup on n'a pas été forcément le département le plus touché sur cette fin de deuxième vague. Mais je pense à l'Est notamment du pays qui lui est beaucoup plus touché pour cette deuxième vague.

1:11
Invité

Ce soit de ne pas reconfiner.

1:13
Ugo Bernalicis

Oui c'est surtout ça le débat. Nous vous savez nous sommes favorables depuis le début à ne pas reconfiner mais en s'organisant autrement. Et c'est toute la difficulté. C'est-à-dire qu'on ne reconfine pas, que ce ne soit pas un objectif de reconfiner. Tout le monde le partage. N'importe quel être humain qui a envie d'un peu de liberté se dit que oui effectivement c'est la meilleure des solutions. Mais il faut des alternatives au confinement. Et c'est là où le bas blesse. C'est-à-dire que le gouvernement la seule alternative au confinement qu'il a trouvé c'est de nous mettre le couvre-feu à 18h qui a des effets pour ainsi dire un peu pervers.

Notamment quand on voit à 18h tout le monde s'agglutiner sur les routes, dans les magasins, faisant en sorte que finalement on démultiplie les clusters.

1:49
Invité

Alors qu'auriez-vous fait ?

1:51
Ugo Bernalicis

Eh bien on aurait fait ce qu'on appelle une société de rotation. On s'organisait à tour de rôle. D'abord à l'école. C'était l'exemple le plus évocateur parce que le plus facile à organiser en quelque sorte. de se dire on fait par demi-classe et l'autre demi-classe en études surveillées. On réquisitionne des locaux pour être moins nombreux dans les salles de classe.

2:09
Invité

Mais que les écoles soient restées ouvertes, ça c'est quelque chose que vous mettez au crédit du gouvernement. Vous vous en félicitez.

2:13
Ugo Bernalicis

Au crédit je ne sais pas. Mais en tout cas oui c'est une bonne chose qu'elle reste ouverte.

2:16
Invité

C'est une constante depuis le début de cette politique rémunérale.

2:17
Ugo Bernalicis

Oui c'est une bonne chose qu'elle reste ouverte. Mais elle reste ouverte avec des gamins à 30 par classe. Là où on vous explique que dans la fonction publique, c'est la secrétaire d'Etat de la fonction publique qui vous explique qu'il ne faut plus faire des réunions à plus de 6. Par contre on peut être à 30 gamins dans la classe et avec le prof en première ligne.

2:33
Présentateur

Pardon mais les chiffres, les courbes de contamination ne sont pas catastrophiques en ce moment. Tant mieux, tant mieux. Comment vous l'expliquez compte tenu de tout ce que vous dites ? Si on fait tout travers, pourquoi ça fonctionne ?

2:44
Ugo Bernalicis

Parce qu'on a déjà été un certain nombre déjà contaminé donc on ne le réattrape pas tout de suite. Bien sûr entre une vague et l'autre on peut le réattraper. D'où la question de la troisième vague, d'où la question des variants etc. C'est pourquoi il ne faut pas juste s'en remettre au sort en disant là ça ne va pas trop mal. Il faut s'organiser et quand vous voyez que...

3:01
Invité

On réquisitionne les bars, les restaurants vides pour faire du roulement, accueillir des personnes, des salariés et des enfants. Ça c'est réalisable vous pensez ?

3:13
Ugo Bernalicis

Oui je le pense mais tout comme on avait dit qu'il fallait laisser ouvert les commerces, les petits commerces. Vous savez au moment où ils étaient fermés juste avant Noël on a dit mais laissez-les ouverts. Puisque c'est le plus facile pour s'organiser, pour respecter les gestes barrières puisqu'on est moins nombreux dans des plus petits espaces et disséminés. Plutôt que de tous se retrouver dans le même bâtiment à la même grande surface. Et la preuve par exemple, n'importe qui dans ce pays qui sort à 17h30 de chez lui pour essayer de faire des cours se rend compte que c'est n'importe quoi. Que c'est n'importe quoi.

Avec l'apothéose où le ministre de l'intérieur organise des contrôles routiers créant lui-même un bouchon, faisant que les gens sont eux-mêmes au-delà de 18h30 et se font verbaliser parce qu'il est 18h30. On marche sur la tête. Les gens finalement aujourd'hui, je l'ai dit encore à la tribune de l'Assemblée Nationale hier, ont plus peur de se prendre une amende de 135 euros que du virus lui-même. Et c'est là que la bataille n'est pas du tout gagnée pour ne pas dire que l'on est en partie perdue.

3:59
Invité

Donc la société du monde d'après c'est celle du roulement face à d'autres... Oui, de l'organisation et du roulement. Le télétravail c'est pas suffisant ?

4:06
Ugo Bernalicis

Non c'est pas suffisant parce qu'il y a des tas de métiers où vous ne pouvez pas télétravailler. Et regardez ce qui se passe tous les matins vers 7h30 ici en région parisienne sur les quais du RER. Si ça c'est pas un cluster, il faut qu'on m'explique ce que c'est quoi. Et pourquoi les gens vont à cette heure-là au travail ? Parce que c'est à l'heure où ils sont censés, ils doivent arriver au travail. Sauf qu'il faudrait s'organiser différemment, étaler les créneaux plutôt que de ramasser et qu'on soit tous en même temps au même endroit. Pardon mais les contaminations n'explosent pas comme chez nos voisins.

4:31
Présentateur

Vous pensez qu'il y a un effet retard, c'est ça ? Que ça va arriver plus tard ?

4:34
Ugo Bernalicis

Je ne sais pas. Je ne sais pas s'il y aura un effet retard. Je ne le souhaite pas et je ne le veux pas. Et s'il y a moins de contamination, en tout cas si elles sont stables, parce que pour l'instant on parle juste d'une stabilité, tant mieux. Mais l'idée ce serait qu'il y ait une vraie étape baisse. Je vous rappelle que l'objectif du chef de l'État c'était 5 000 contaminations de jour et qu'on est remonté jusqu'à 25 000. Donc bon, moi je veux bien qu'on se félicite deux choses, mais on n'a jamais atteint, on n'a jamais retourné au niveau annoncé par le chef de l'État comme étant à un niveau tranquille. Donc bon, je suis comme vous, je regarde ce que raconte le gouvernement tous les jours.

5:02
Invité

Alors, cette stratégie vaccinale européenne connaît des ratés, les retards sont nombreux. Ursula von der Leyen d'ailleurs, la présidente de la Commission européenne, a fait son mea culpa publiquement. Mais au fond, qu'aurions-nous fait si la France et l'Allemagne s'étaient battues pour les vaccins ?

5:20
Ugo Bernalicis

Qu'aurions-nous fait, on aurait peut-être été mieux servi, mieux organisé. Là, on a l'impression qu'on s'est battu de rien du tout. On a mis tous nos deux dans le même panier. Souvenez-vous les déplacements du chef de l'État, Emmanuel Macron, auprès des dirigeants de Sanofi, après l'épisode où Sanofi avait dit qu'ils réserveraient leurs doses aux États-Unis. Finalement, Sanofi n'a développé aucun vaccin. Et c'est Sanofi qui, en retard, va mettre dans les flacons le vaccin de Pfizer.

5:43
Invité

Si on avait commandé chacun de son comté, ça n'aurait pas été encore plus compliqué ?

5:47
Ugo Bernalicis

Ah ben si, mais en fait, c'est ce qui se passe. Globalement, c'est ce qui se passe, puisque vous avez la Commission européenne qui a fait une commande en gros, qui finalement ne fonctionne pas. Donc chacun retourne vers lui-même et se dit, je vais essayer de me débrouiller. On voit le gouvernement allemand de la Merkel qui s'est rapproché de la Russie pour avoir en avant-première Sputnik V.

6:05
Présentateur

Alors on parle de stratégie, effectivement, vaccinale. Excusez-moi, en tant que coordination, c'est quand même un peu la pagaille. C'est bien l'Union européenne qui a passé les commandes et qui gère ce sujet-là pour l'ensemble de ces pays membres.

6:14
Ugo Bernalicis

Oui, c'est pour ça que nous avons demandé avec notre groupe parlementaire au Parlement européen une commission d'enquête sur les agissements et les choix qu'a fait Ursula von der Leyen. Parce que oui, c'est criminel. À la fin, ça devient criminel. Et c'est pourquoi nous avons mis en avant nous-mêmes le fait que le vaccin doit être un bien commun de l'humanité. Il doit être sorti du marché. On doit pouvoir s'organiser. Ça doit pouvoir être les États eux-mêmes en coopérant et pas à la merci des laboratoires, de leurs envies et de leurs prix.

6:37
Présentateur

Hugo Bernalicis, invité du 8h30 France Info. On va reprendre cette discussion dans une minute, juste après le fil Info. Il est 8h40. Voici Diane Ferschit.

6:47
Invité

Face à l'épidémie de coronavirus en Ile-de-France, l'assistance publique hôpitaux de Paris a décidé de déprogrammer certaines opérations afin de garder des places en réanimation pour les malades du Covid. Et alors que débutent les vacances d'hiver pour la zona, le maire de Nice, Christian Estrosi, interdit les locations saisonnières pour cette période. Il veut éviter une aggravation de la situation dans sa ville où le taux d'incidence du virus est deux fois plus élevé que la moyenne nationale. Et le vaccin d'AstraZeneca, il va être administré pour la première fois en France ce samedi, administré à des soignants. Il n'est pas conseillé pour les plus de 65 ans.

L'Espagne l'a même limité hier soir au moins de 55 ans. En Charente, la ville de Sainte a dû évacuer sa maison d'arrêt face aux crues. Une évacuation préventive pour éviter de se retrouver confronté à d'importantes inondations au cours du week-end. Ce matin, la Charente ainsi que huit autres départements sont en vigilance aux ranges, aux crues et aux inondations. La France condamne avec la plus grande fermeté les expulsions de diplomates allemands, polonais et suédois par la Russie. Moscou les accuse d'avoir participé aux manifestations de soutien à l'opposant au Kremlin, Alexei Navalny. Des expulsions injustifiées pour la chancelière allemande Angela Merkel.

Le début du tournoi des six nations avec le 15 de France qui affronte l'Italie à Rome pour le match d'ouverture. Coup d'envoi à 15h15, un match que vous pourrez suivre sur France Info. France Info

8:04
Présentateur

L'invité du 8h30 France Info, disais-je, Hugo Bernalicis, député de la France Insoumise du Nord, Myriam Ancaoua.

8:12
Invité

Sanofi, vous en parliez, Hugo Bernalicis annonce des résultats records. Plus de 3 milliards d'euros de dividendes versés à ses actionnaires. Et dans le même temps, 1000 suppressions d'emplois, dont 400 dans le secteur de la recherche et du développement. Après, on le sait, l'échec du vaccin. Comment vous qualifiez cette situation ?

8:29
Ugo Bernalicis

C'est un fiasco, c'est une honte. Sanofi a bénéficié de fonds publics depuis des années, et pas qu'un peu. Ça se chiffre d'ailleurs en milliards, quand vous mettez les années successivement, les unes après les autres. Et notamment d'un dispositif qui est le crédit impôt recherche. Quand même, la France, une sorte de paradis fiscal pour la recherche, puisqu'il y a ce dispositif-là qui existe. C'est comme ça qu'on le vante à l'international, d'ailleurs.

8:53
Invité

Mais comparé aux autres pays, comme les Etats-Unis par exemple, l'investissement recherche publique est bien moindre en France.

9:00
Ugo Bernalicis

Oui, ce que je vous dis, c'est qu'en plus, l'investissement public vers le privé, c'est-à-dire le crédit impôt recherche, ça ne marche pas. Sanofi, à la fin, ferme ses laboratoires de recherche, on est un fichu de récupérer l'argent qu'on leur a donné. Et on voit que les dividendes, eux, il n'y a pas de problème, ils sont versés les 3 milliards, en l'occurrence 4 milliards l'année dernière.

9:14
Présentateur

Alors, Sanofi dit qu'il restructure ses laboratoires de recherche, qu'il privilégie certaines recherches et qu'il faut donc en abandonner d'autres, moins innovantes.

9:22
Ugo Bernalicis

Alors, ce n'est pas moins innovantes, c'est que Sanofi veut se concentrer sur les recherches les plus rentables. Et ce n'est même pas que les autres recherches ne sont pas rentables, c'est qu'ils ne sont pas assez rentables à leurs yeux et pour les actionnaires. D'où la raison pour laquelle nous avons proposé, lors de notre dernière niche parlementaire, mais c'était déjà dans le programme de l'Avenir en commun de la présidentielle de 2017, un pôle public du médicament.

Il y a un certain nombre de médicaments, et c'est le chef de l'État qui l'a dit, je veux bien le paraphraser, en disant, il y a des biens et des services qui doivent être mis en dehors du marché, parce qu'ils sont d'intérêt général, des médicaments de première nécessité. Comment ça se fait que sur le fond, on se dit que c'est normal de faire de l'argent là-dessus ? Donc il faut nationaliser par exemple, un labo comme ça aussi ? Oui, je pense que, en tout cas, là, dans la période, il aurait fallu à tout le moins les réquisitionner et être un peu plus dirigiste sur ce qu'il convient de faire dans ce pays.

10:06
Invité

Est-ce que vous allez vous faire vacciner ?

10:08
Ugo Bernalicis

Quand il y aura des vaccins disponibles pour ma catégorie d'âge qui n'est absolument pas prioritaire.

10:12
Invité

Avec du vaccin russe comme Jean-Luc Mélenchon ?

10:14
Ugo Bernalicis

Je ne sais pas encore, je ne sais pas, je verrai ce qui est possible. Mais vous avez raison de pointer sur la question du choix, du libre choix du vaccin, qui avait été quelque chose qui avait été mis en avant. Après, on a tout de suite oublié, on a dit, non, Pfizer, c'est très bien, l'ARN messager, c'est génial. Moi, si l'objectif, c'est de vacciner un maximum de gens, il faut cette liberté du choix du vaccin. Parce qu'il y a des gens qui préféreront avoir un vaccin plus traditionnel, d'adénovirus ou d'autres. Non, je ne veux pas vous faire les différentes technologies.

10:40
Invité

Jean-Luc Mélenchon préfère vraiment le vaccin russe parce que c'est le vaccin qui n'est pas ARN messager ? Ce n'est pas un petit clin d'œil à Vladimir Poutine ?

10:46
Ugo Bernalicis

Souvenez-vous, il a dit russe et chinois pour essayer que vous ne tombiez pas dans ce genre de réplique sur la Russie. Mais vous avez oublié quand même de dire que nous avons parlé assez tôt aussi du vaccin cubain. Et que Cuba a été un des premiers pays à proposer un candidat vaccin. Et qu'ils ont demandé l'aide de la communauté internationale pour faire les phases 1, 2 et 3. Parce que comme vous savez, sur l'île, ils avaient assez peu de contaminés. Et puis, il y a un embargo, etc. Et on les a tous envoyés balader. Moi, je pense qu'encore une fois, là, ce n'est pas le moment de régler des comptes géopolitiques. C'est le moment de faire face à la pandémie mondiale.

Et de s'organiser et de discuter, de dialoguer avec tous ceux qui ont des choses à nous proposer. Et Angela Merkel l'a fait. Elle ne s'appelle pas Jean-Luc Mélenchon jusqu'à preuve du contraire. Ce n'est pas la même orientation politique. Et de manière tout à fait pragmatique, elle s'est dit « Écoutez, il y a un vaccin qui nous est proposé. Il fonctionne très bien. Ce n'est pas de l'ARN massager. »

11:35
Invité

Alors, en attendant de connaître l'avenir du vaccin cubain, on va continuer à parler de Jean-Luc Mélenchon, mais sur un autre sujet. Vous le savez, il considère que le projet de loi confortant les principes républicains examinés en ce moment même à l'Assemblée est un texte anti-musulman. Propos proprement inadmissibles pour le garde des sceaux. Écoutez, Éric Dupond-Moretti, il était l'invité de France Info.

11:56
Locuteur non identifié

C'est un scandale d'entendre ces sceaux. Je vous explique. On a besoin parfois de se regrouper. Vous savez, la chaleur humaine, ça n'est pas rien. Et si on dit à des gamins « La République vous rejette, elle vous stigmatise », où est-ce qu'ils vont ?

12:08
Présentateur

Jean-Luc Mélenchon fait le jeu du séparatisme en France ?

12:10
Locuteur non identifié

En disant ça, oui, incontestablement, oui. Oser raconter ça, c'est faire en sorte que des gamins ont envie d'aller chercher la chaleur humaine chez les islamistes plutôt qu'au cœur de la République avec nous tous.

12:23
Invité

En clair, Jean-Luc Mélenchon sert les intérêts des islamistes pour le garde des sceaux.

12:28
Ugo Bernalicis

Après, on est complice des terroristes. On est à la suite de l'argumentaire d'un certain nombre d'autres ministres ou sur un certain nombre de plateaux télé. C'est dommage de la part de Dupond-Moretti qu'il raconte des choses de la sorte, qu'il argumente de la sorte, alors même que lui-même disait absolument le contraire sur toutes les lois qui étaient censées lutter contre le terrorisme auparavant, où il disait, ça fait le jeu des terroristes. Quand on abaisse nos libertés, quand on contrôle davantage, quand on suspecte tout le monde, ça abaisse nos libertés. Et c'est ça qui fait que des gens se retournent vers leur communauté ou vers des réflexes identitaires.

Pourquoi ce texte précis, il est anti-musulman ?

13:02
Invité

Précisément, en quoi, par exemple, refuser les horaires non mixtes dans les piscines, c'est anti-musulman ?

13:06
Ugo Bernalicis

Je n'ai pas dit que c'était anti-musulman.

13:08
Invité

C'est une des mesures, en quoi refuser les dérogations à la loi à l'hôpital, ce serait anti-musulman ?

13:12
Ugo Bernalicis

Non, mais parce qu'on a eu le débat dans l'hémicycle, c'est beaucoup plus compliqué que ça. Parce que quand vous êtes sur le droit privé, si la piscine publique loue le créneau, on pourra continuer à avoir ce genre de pratiques dans les piscines municipales sur des créneaux loués. C'est quand la salle est octroyée à titre gratuit que ça changera quelque chose. Donc, moi, je veux bien qu'on se fasse plaisir sur des propos d'estrade, sur les plateaux télé, on va lutter contre ci, contre ça, etc. Ce n'est pas vrai.

Par contre, de devoir faire signer un acte d'engagement à toutes les associations pour dire « je vais respecter la loi et les principes de la République », qui est déjà le cas, en réalité, parce que tout le monde est déjà censé respecter la loi. Et de dire « ce sont les associations où il y a, par exemple, des femmes voilées et des personnes de confession musulmanes qui sont dans le collimateur », parce que c'est ça le débat, c'est ça qu'on se raconte à l'Assemblée nationale.

13:57
Invité

Toutes les associations devront signer un contrat d'engagement, pas certaines d'entre elles.

14:00
Ugo Bernalicis

Toutes celles qui reçoivent des subventions, oui.

14:02
Invité

Oui, bien sûr. C'est forcément une charte pour respecter la laïcité, mais qui ne s'applique pas à des associations en particulier. C'est toutes les associations, qu'on soit bien clair.

14:12
Ugo Bernalicis

Oui, mais c'est ce qui fait dire à un certain nombre d'associations qui viennent du secteur confessionnel, pour le dire ainsi, d'autres religions, d'autres monothéismes, qui disent « mais qu'est-ce que c'est que cette histoire ? » Le voile n'est pas dans la loi.

14:23
Invité

Précisons les choses. La question du voile, la majorité, le gouvernement, ne l'a pas voulu la regarder. Donc ce n'est pas une question du voile. Précisons les choses. Pourquoi est-ce que vous considérez ?

14:32
Ugo Bernalicis

Il y a un certain nombre d'amendements de la majorité, de membres de la majorité sur le sujet. Ça les a divisés au sein de La République En Marche, la question du voile, tout comme la question des piscines, etc.

14:41
Invité

Ils n'ont pas été jugé recevables de ces amendements.

14:44
Ugo Bernalicis

Au fond, vous avez la mise en place de nouveaux délits et la mise en place de nouveaux contrôles. Donc, les jérémiades du ministre qui nous expliquent que c'est pour se tenir chaud, se regrouper, faire du commun, etc. Non, c'est une loi où on va suspecter tout le monde.

14:58
Présentateur

Donc, c'est un texte qui stigmatise particulièrement les musulmans, si ?

15:02
Ugo Bernalicis

Dans le débat, si. Dans le texte en tant que tel, non. Dans le texte en tant que tel, non. Mais pourquoi ? Parce que sinon, le Conseil constitutionnel, vous censurez ça. Parce que ce serait une discrimination évidente. Mais comme vous donnez des pouvoirs, dans bien des cas, à l'exécutif, à l'autorité administrative, c'est bien l'exécutif qui va dire « Allez regarder plutôt dans telle direction. Choisissez plutôt telle association à contrôler. » Parce qu'on ne pourra jamais contrôler tout le monde. Ce n'est pas vrai qu'on ne se raconte pas d'histoire. Donc, évidemment, que ce qui est dans le collimateur...

Et c'est assumé, puisque assez vite, le mot « d'islam », « d'islam radical » revient dans le débat. Mais alors, si c'est un texte anti-musulman, de terrorisme, etc.

15:34
Invité

Une gouvernalysis, pourquoi, dans ces cas-là, vous n'avez pas voté contre l'article 4, qui crée un délit de séparatisme ? Vous êtes seulement abstenu. Si tout le texte est anti-musulman, il faut le refuser en bloc.

15:47
Ugo Bernalicis

Oui, le vote final sera à la fin du texte. Mais vous abstenez sur certains articles.

15:51
Invité

L'abstention, c'est que c'est peut-être plus compliqué que ça.

15:54
Ugo Bernalicis

Je n'ai jamais voté contre 100% des articles d'un texte qui fait 50 articles. Je vote souvent contre ce que fait le gouvernement. Mais il y a des choses, je me dis, non, si nous on y était, peut-être qu'on réfléchirait. Celui-là, sur l'article 4, qui est ce nouveau délit, je pense que c'est tout à fait bancal, que l'intention peut être intéressante, puisqu'elle vise à protéger les fonctionnaires qui peuvent se voir étaler leur vie privée sur les réseaux sociaux, tous les fonctionnaires. Donc, ça me semble intéressant. Mais je pense qu'il est vraiment mal rédigé et qu'il emporte avec lui des conséquences qui sont potentiellement problématiques. Donc, on s'est abstenu.

On aurait fait différemment et je pense que ce n'est pas comme ça qu'il faut faire. Mais ça ne veut pas dire que, pour autant, on ne pense pas que l'économie générale du texte est tout à fait problématique. Nous avons voté hier contre l'acte d'engagement dont je vous ai parlé parce que c'est demander de prêter serment et allégeance aux associations, pas juste aux lois de la République, mais aussi à des principes qui vont bien au-delà et qui pourraient poser des problèmes de contention, en plus, en cascade. Enfin, voilà, ce n'est pas comme ça qu'on se réunit, ce n'est pas comme ça qu'on fait concorde.

Et si c'était vraiment un texte de laïcité contre le séparatisme, on aurait un article sur la suppression du concordat d'Alsace-Moselle où aujourd'hui, l'État rémunère du personnel cultuel. Cultuel. Bon, et bien, ce n'est pas dedans.

17:04
Présentateur

Hugo Bernalicis, invité du 8h30 France Info. On reprend cette interview juste après le fil info que voici 9h moins 10. Diane Ferschit.

17:12
Invité

4 millions de Français vaccinés avec au moins une dose à la fin du mois de février. C'est l'objectif du gouvernement alors que le vaccin anti-Covid d'AstraZeneca va être administré à partir d'aujourd'hui d'abord aux soignants puis aux personnes âgées entre 50 et 65 ans. Sur France Info, le président de la commission médicale du CHU de Lille, François-René Pruveau estime que son arrivée est une excellente nouvelle pour accélérer la campagne de vaccination. Le gouvernement a autorisé les déplacements pendant ses vacances scolaires. Elles ont débuté hier soir dans la zone A et il faut respecter le couvre-feu à 18h pour les déplacements en voiture, rappelle le ministère de l'Intérieur.

La décrue dans le sud-ouest après l'impressionnante montée des eaux de ces derniers jours dans le Lot-et-Garonne. Hier, le Premier ministre souhaite que l'état de catastrophe naturelle puisse être déclaré dans les meilleurs délais. L'eau continue à monter en Charente. La maison d'arrêt de Sainte a dû être évacuée avec ses 92 détenus. Au total, neuf départements sont en vigilance orange au cru ce matin. La décision de la Cour pénale internationale est une victoire pour la justice, réagit le Premier ministre palestinien. La CPI se déclare compétente pour juger d'éventuels crimes de guerre commis dans les territoires palestiniens ouvrant la voie de possibles enquêtes.

Le Premier ministre israélien dénonce ce matin une décision purement antisémite. Après le coup d'état de l'armée en Birmanie, le pays connaît des coupures d'Internet, indique l'ONG Netblox, alors que plusieurs milliers de personnes manifestent en ce moment à Rangoon dénonçant une dictature militaire. France Info

18:38
Présentateur

Le député de la France Insoumise du Nord, Hugo Bernalicis, est l'invité du 8h30 France Info. La présidentielle, Hugo Bernalicis, c'est dans 15 mois. Il faut que la gauche se réveille, dit Olivier Faure, le patron du PS. Il lance un appel à toute la gauche. Ça vous fait déjà sourire. Écoutons-le et vous nous direz pourquoi vous souriez juste ensuite.

18:58
Locuteur non identifié

Il faut que nous puissions ensemble réveiller l'espoir. C'est ça qu'il faut. Et si nous sommes suffisamment intelligents pour le comprendre, pour arrêter c'est ce tout à l'égo qui crée une situation incroyable où on est en permanence en train de se taper dessus alors que nous avons des différences qui existent. Mais enfin, c'est pas suffisamment éloquent pour que ça nous divise à ce point de ne pas pouvoir faire chemin ensemble.

19:21
Présentateur

Arrêter le tout à l'égo, dit Olivier Faure, vous mettre autour d'une table avec le PS, c'est possible ou pas ?

19:26
Ugo Bernalicis

On se voit toutes les semaines à l'Assemblée nationale. Si vous voulez, c'est déjà le cas. Ça me fait sourire en disant réveiller la gauche. On a l'impression d'être plutôt réveillé et déjà en campagne pour ce qui nous concerne. Donc, je n'ai pas attendu qu'Olivier Faure nous dise sur un plateau télé « Allez, on se retrousse les manches, on y va tous ensemble. »

19:44
Invité

Mais on peut parler avec le PS dans la perspective de cette échéance présidentielle. Est-ce que l'idée d'une union des gauches est encore possible ?

19:53
Ugo Bernalicis

Mais attendez, je crois que le dernier, la dernière attaque en date en l'occurrence d'Olivier Faure, c'était contre nous pour dire qu'on était suspect sur la légitimité, pas clair, etc. à l'approche du texte séparatisme. Donc, vous avez Olivier Faure qui vous explique que vous êtes quand même un peu ambigu, que c'est étrange, etc. Puis après, il faut être tous ensemble, allez, on y va, etc. Je ne sais pas, moi, je n'ai rien dit sur le PS et sur Olivier Faure. mais on essaie de convaincre que nos propositions sont les bonnes.

Moi, j'aimerais bien savoir sur un certain nombre de sujets ce que pense le Parti Socialiste et ce qu'ils sont pour ou contre, comment ils se positionnent vis-à-vis de l'Union Européenne, des traités européens, où ils en sont dans ces réflexions-là, où ils en sont sur les questions de laïcité, sur le concordat d'Alsace-Moselle. Mais ça pourrait se faire

20:31
Présentateur

justement autour de la table dans le but de s'unir ?

20:34
Ugo Bernalicis

Moi, je n'ai pas de difficultés avec ça. Il faut juste que ce soit clair sur un programme. Sur un programme, sur du fond. Ce n'est pas forcément le vôtre. Moi, je préférais sur le nôtre. Ça, c'est sûr que vous préférez. Pas juste parce qu'il n'est plus... C'est le meilleur. Évidemment, c'est le meilleur programme. C'est ce que je pense. Mais c'est surtout parce que c'est un programme qui a réuni 19,8% des suffrages à la dernière élection présidentielle qui n'a pas évolué depuis. 7 millions de voix. Ah bah si, il est en train d'être évolué. Il sera mis en débat.

On a une émission, pas plus tard que demain, du mouvement sur le site noussommespour.fr, qui est le site qui a lancé la campagne de Jean-Luc Mélenchon pour 2022, où on discutera du premier cahier programmatique qu'on peut trouver en librairie et qu'on peut acheter sur les questions de 6ème République, institutionnelles, de police et de justice. Bon, et c'est demain que ça se passe.

21:18
Invité

Mais il y a du compromis possible sur le programme, ou pas ?

21:21
Ugo Bernalicis

Ah bah il y en a qui ne sont pas possibles. Il y a des compromis qui ne sont pas possibles.

21:24
Invité

Avec d'autres partis. Avec les écologistes, avec les socialistes. Vous avez vu ce sondage, Ipsos, Soprasteria pour France Info. Quel que soit le scénario, Jean-Luc Mélenchon plafonne à 10% des intentions de vote. Seul, vous ne pouvez pas gagner.

21:37
Ugo Bernalicis

Bon, il y avait un autre la semaine dernière qui nous mettait à 13%. Bon, ça dépend des semaines. Ce que je sais, c'est qu'en 2015, deux ans avant la... ou un an et demi avant la présidentielle de 2017, on était encore plus bas dans les sondages. On a fini à 19,8% à la fin. Donc vous voyez, une campagne, c'est pas... Vous êtes tout de suite à 25% et vous attendez la victoire avec impatience. Oui, la dernière fois,

21:56
Invité

vous n'avez pas réussi à vous qualifier pour le deuxième tour.

21:59
Ugo Bernalicis

Je sais bien, je sais bien. Je suis bien au courant. Donc il faut des réserves. Je suis bien au courant et j'aurais préféré être dans la majorité, évidemment, vu le temps qu'on perd.

22:05
Invité

Est-ce que Manuel Valls n'avait pas raison quand il parlait de gauche irréconciliable ?

22:08
Ugo Bernalicis

Ah ben, se réconcilier avec Manuel Valls, oui, c'est pas possible. Ah oui, ça c'est pas possible parce que c'est pas la gauche.

22:13
Invité

Il parlait des socialistes et des insoumis. Mais c'est pas la gauche.

22:15
Ugo Bernalicis

D'ailleurs, maintenant, il est avec La République En Marche, ça ne vous aura pas échappé. Et en Espagne, il a même soutenu, il est même allé dans les manifestations communes avec des gens plutôt d'extrême droite. Donc bon, ça le regarde, c'est son problème. Moi, ce que je sais, c'est que si on peut se mettre d'accord sur la question de la planification écologique, sur la question démocratique, sur la question de souveraineté et de comment on se positionne vis-à-vis des traités européens, sur toutes ces questions-là, sur la question sociale, si on arrive à se mettre d'accord là-dessus, mais allons-y. Enfin, je veux dire, ce serait idiot de ne pas se mettre ensemble.

Or, ce sont des problèmes de fond qui sont posés. Allez demander à Olivier Faure s'il est pour le programme de la France Insoumise. Ah, il va vous dire non et j'aimerais bien savoir en quoi d'ailleurs. Parce qu'à la fin, c'est jamais possible de parler du fond et du programme. Il faudrait s'unir comme ça dans l'absolu, dans l'idéal. Ben non, ben non. Excusez-nous d'avoir un peu des exigences sur le fond. Lui parle de projet d'abord. Mais on a un pays à transformer. Et moi, je le dis et on l'a dit les Insoumis. On ira à toutes les réunions auxquelles on nous propose de discuter du programme. D'accord. Demand Olivier Faure m'invite, je viens.

23:08
Présentateur

On peut discuter, mais manifestement, le chemin est encore long avant de se mettre d'accord. Néanmoins, vous savez parfaitement que si vous refusez des alliances à gauche, vous renforcez l'hypothèse d'un duel Macron-Le Pen tout en disant qu'il faut l'éviter à tout prix.

23:24
Ugo Bernalicis

Non, ce qui renforce le duel Macron-Le Pen, c'est les gens qui ont l'intention de voter Emmanuel Macron et Marine Le Pen, premièrement. Et pourquoi beaucoup de gens ont l'intention de voter Marine Le Pen ? C'est aussi parce que le président de la République passe son temps à appliquer des morceaux de son programme. C'est quand même un peu problématique. C'est le principal acteur de la campagne de Marine Le Pen. Bon, et on comprend bien pourquoi. Je vois que ça l'intéresse, mais comme les précédents présidents, comme à la précédente élection, le confort, le confort, je mets des guillemets, parce qu'à la fin, vous maniez ça comme des apprentis sorciers. Quel morceau de son programme ?

Là, la question du séparatisme et de pointer les musulmans. Vous avez sur le code de justice pénale des mineurs, par exemple, texte sur lequel je me suis beaucoup impliqué Mme Le Pen à voter pour. Elle a dit qu'elle était très très favorable à l'accélération de la répression pénale envers les mineurs. Moi, je suis à l'opposé. Je suis en désaccord avec ça. Il y a la loi anti-casseur auquel était favorable Mme Le Pen. La question migratoire où on a augmenté les durées de rétention en centre administratif. Enfin, je suis intarissable sur le sujet. Sur la fermeture des frontières,

24:21
Présentateur

vous êtes d'accord avec Marine Le Pen ? Qu'est-ce que ça prouve ? Sur la fermeture des frontières face au Covid ? Ah oui, mais attendez, face au Covid. Oui, mais tout de suite, vous me... On peut être d'accord sur certaines choses. Si elle fait une phrase

24:33
Ugo Bernalicis

sujet-verbe complément et qu'elle utilise le verbe être, moi aussi, ça m'arrive. Donc voilà, est-ce que ça fait de moi un allié du Rassemblement National ? Non. Par contre, les mesures concrètes qui sont mises en place par ce gouvernement vont dans le sens... C'est pas moi qui ai donné un interview fleuve à Valeurs Actuelles pour dire qu'il y avait un problème migratoire et une vague, etc. C'est le président de la République, Emmanuel Macron. C'est pas moi qui prends des rendez-vous secrets avec Marion Maréchal Le Pen. Bon, voilà. C'est Bruno Roger Petit pour le compte de l'exécutif et d'Emmanuel Macron. Bon, je sais pas. Secret, oui.

Mais à la fin, moi, ce que je sais, c'est que ça doit se passer sur les idées, sur le programme parce qu'on a un pays à changer et on va pas faire un hold-up comme l'a fait Emmanuel Macron. Il faut que les gens, s'ils votent pour nous, ils sachent ce qu'on va faire et ce qu'on va faire, c'est la 6ème République, le partage des richesses, la planification écologique. Voilà, ça se discutera très régulièrement en ligne parce que le Covid étant ce qu'il est, notamment demain à 15h sur noussommespour.fr.

25:20
Présentateur

Merci, le message est donc passé. Hugo Bernalicis, député de la France Insoumise du Nord, invité du 8h30 France Info ce matin.

Mesures alternatives au couvre-feu, liberté de choix du vaccin... Le "8h30 franceinfo" d'Ugo Bernalicis — Ugo Bernalicis · Pourquijevote