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interviewFrance Inter — L'invité de 8h20· 15 mai 2023 24 min

Jordan Bardella : "Il faut mettre en place une politique dissuasive d'immigration"

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

France Inter, Léa Salamé, Nicolas Demorand, le 7-9-30. Et avec Léa Salamé, nous recevons dans le grand entretien du 7-9-30 le président du Rassemblement National, également député européen. Question réaction au standard 01-45-24-7000 et sur l'application de France Inter. Jordan Bardella, bonjour. Bonjour, merci de votre invitation. Bonjour. Bienvenue à ce micro. On va évoquer avec vous les questions d'industrie, d'immigration, de politique. Mais commençons d'abord par ce long entretien que le président de la République accorde ce matin au quotidien L'Opinion. Il y annonce notamment une baisse de la fiscalité sur les classes moyennes.

Pour les Français qui gagnent, dit-il, entre 1500 et 2500 euros par mois, il faut baisser la fiscalité pour redonner de la crédibilité au travail, dit-il. Ce soutien aux classes moyennes va-t-il dans le bon sens ? Est-ce que vous le soutenez ? Et a-t-on accessoirement les moyens aujourd'hui de baisser encore les impôts ?

1:00
Jordan Bardella

Écoutez, quand vous parlez de baisse de la fiscalité, je pense qu'il y a peu de Français qui sont en désaccord avec vous, surtout les Français qui bossent, les Français qui travaillent, les Français qui se lèvent tôt. Et en tout cas, les Français qui ont le sentiment d'absorber sur leurs épaules et à la sueur de leurs fronts et de leurs bras l'intégralité des efforts de la société. Maintenant, les Français ne sont pas dupes. Le taux de prélèvement obligatoire de la France est l'un des taux de prélèvement obligatoire les plus élevés de l'OCDE et de l'économie des pays développés.

Et en cela, moi j'entends beaucoup le gouvernement faire des annonces et se féliciter d'une baisse de la fiscalité. Les prélèvements obligatoires n'ont pas baissé. Le taux de prélèvement obligatoire en 2017 était de 45,1%. Il est de 45,3% en 2022. Donc, globalement, les prélèvements obligatoires se sont stabilisés.

1:42
Invité

Il parle de la taxabilisation, de la redevance, de la baisse des impôts sur les entreprises.

1:46
Jordan Bardella

Qui ont été très largement compensées. Je veux dire, ce qu'on vous a donné de la main gauche, on l'a repris dans la main droite. Donc, il est évident qu'il faut soulager aujourd'hui la fiscalité sur les classes moyennes et sur les classes populaires. Et c'est la raison pour laquelle, vous le savez, nous défendons plusieurs baisses de taxes, notamment de TVA sur l'alimentation. Parce que je crois que l'urgence aujourd'hui, c'est cette inflation alimentaire, c'est ce mur de l'inflation qui est devant nous, en sortant totalement la TVA de 100 produits de première nécessité et en baissant la TVA sur l'énergie. Je pense notamment au carburant.

Parce que les classes moyennes, beaucoup des classes moyennes qui vivent dans les campagnes ont besoin de leurs véhicules pour aller travailler. Or, quand il y a 60% de taxes sur le carburant, on peut immédiatement leur rendre du pouvoir d'achat.

2:23
Invité

Mais la question, en fait, c'est après les 3 mois de contestation contre la réforme des retraites, Emmanuel Macron essaye de tourner la page en annonçant un grand plan de réindustrialisation de la France, des baisses d'impôts sur les classes moyennes, un plan aussi pour lutter contre la fraude fiscale. Est-ce que ça ne permet pas de rebondir d'une certaine manière ? Est-ce qu'un de ces plans-là, vous les contestez par exemple ? Pour aller où ?

2:45
Jordan Bardella

Pour faire voter quelles mesures avec quelle majorité ? Je veux dire, on peut expliquer que la page est tournée, que tout va bien dans le meilleur des mondes. Enfin, excusez-moi, mais le 8 mai, on est passé un peu vite là-dessus, mais le 8 mai d'Emmanuel Macron, il est très symbolique. On a là un président de la République, on a là un homme seul qui fait des bains de foule à huis clos devant une avenue qui est vide. Les images sont terrifiantes. On a là un président de la République qui n'arrive pas à trouver cette affection avec les Français.

Et je pense qu'on dira dans quelques années qu'au fond, Emmanuel Macron n'aura jamais vraiment réussi à aimer les Français, à comprendre leur colère, à comprendre leur souffrance et surtout à entendre leurs espérances. Il y a des crises structurelles qui ne sont pas réglées. La crise de l'inflation, la crise de l'énergie, la crise démocratique. On ne peut pas contourner l'esprit même de la Vème République. Nous, nous avions proposé d'en revenir aux urnes.

3:33
Invité

En quoi il a contourné l'esprit ?

3:34
Jordan Bardella

On ne peut pas gouverner contre les Français.

3:36
Invité

Vous ne pouvez pas dire qu'il a contourné l'esprit de la Vème République ?

3:38
Jordan Bardella

Ah si, puisqu'il a privé le peuple français d'une expression majoritaire qui était celle d'une opposition à la réforme de la dette qui a quand même été mise en œuvre de force. Il a privé le Parlement d'un vote, pardon, il a privé l'Assemblée nationale d'un vote sur ce texte dont tout le monde savait que ce texte aurait été rejeté à l'Assemblée nationale. Mais ce n'est pas contre la Constitution. Les mots ont un sens.

3:59
Invité

En quoi il a utilisé un moyen anticonstitutionnel ?

4:02
Jordan Bardella

Non, je n'ai pas dit qu'il avait utilisé un moyen anticonstitutionnel. Mais il peut aussi utiliser l'article 16 qui lui permet d'absorber les pleins pouvoirs en temps de crise. Vous allez me dire que c'est constitutionnel. Mais est-ce que c'est démocratique au regard de la situation actuelle dans le pays ? Je ne le crois pas. Donc, il y a une crise majeure aujourd'hui et moi j'ai le sentiment que les Français lui ont tourné le dos. C'est sans jour de Mme Borne. C'est sans jour pour aller où ? Pour faire quoi ? Et avec quelle majorité ? S'il n'a pas de majorité à l'Assemblée nationale, il ne pourra pas faire voter son programme.

Et moi, je crois que si demain il devait y avoir une dissolution de l'Assemblée nationale, je pense que le Rassemblement national pourrait obtenir une majorité.

4:36
Présentateur

Le 8 juin, le groupe Liotte défendra un texte à l'Assemblée nationale précisément pour abroger le passage de l'âge de départ à la retraite à 64 ans. C'est une initiative qu'Elisabeth Borne considère irresponsable. Dans cet entretien à l'opinion, Emmanuel Macron s'attaque au déni de réalité des oppositions qui refusent la réforme des retraites. Un déni de réalité qui est selon lui du carburant pour les extrêmes. Vous vous sentez visé, j'imagine ?

5:02
Jordan Bardella

S'il parle des extrêmes, pas du tout. En revanche, sur le déni de réalité... Je crois qu'il vous vise. Bon, peut-être. L'avenir le dira. Mais je pense que le déni de réalité, c'est lui qui le fait. C'est lui qui a imposé un texte de loi qui va d'ailleurs dès la première année créer une charge supplémentaire pour l'État parce qu'on sait que dès les premiers mois de sa mise en oeuvre, la réforme des retraites va coûter plus qu'elle ne va rapporter et qu'au final... Parce que leur seul argument, c'était ça. C'était de dire ce texte, certes, est injuste. Nous l'avons très largement démontré. Mais ce texte est censé remettre le système des retraites à l'équilibre.

Or, on voit bien qu'à la fin du quinquennat, cette réforme des retraites ne permettra même pas de combler les quelques dizaines de milliards, les 10 milliards d'euros de déficit dans les caisses des retraites qui est lié en très grande partie à des emplois qui ont été créés depuis 2017, qui ne sont pas des emplois qui amènent des contributions de manière importante. J'en veux pour preuve la productivité qui a stagné depuis 2017 dans notre économie. La France est l'un des seuls pays développés où la productivité stagne. Et pourquoi ? Parce que nous laissons filer une désindustrialisation. Vous me parlez de désindustrialisation, on a perdu 17 000 emplois industriels depuis 2017.

Donc, il faut faire le patriotisme économique. Et vous me parliez de baisse de la fiscalité, il faut baisser la fiscalité notamment sur les entreprises. Et nous proposons notamment d'en finir avec les impôts de production parce que je pense que c'est là l'un des leviers très importants.

6:17
Invité

D'en finir avec les impôts de production ? Avec vous, il n'y aura plus d'impôts de production ?

6:20
Jordan Bardella

Non, c'est un objectif qu'il faut se fixer de supprimer notamment... Et comment vous financez le manque à gagner pour l'État

6:27
Invité

avec un État qui a 3 000 milliards de dettes ?

6:29
Jordan Bardella

Merci Emmanuel Macron, d'abord, premièrement. 600 milliards d'euros de dettes. Merci le Covid aussi. Non, 600 milliards d'euros de dettes entre 2017 et 2022, ça c'est imputable directement à Emmanuel Macron. Mais je veux dire, on ne va pas faire de la gestion comptable. Franchement, là, c'est réaliste de dire

6:44
Invité

qu'on va supprimer en France l'impôt sur la production. 25 pays à 25%. Emmanuel Macron l'a réduit de 31% à 25%. Vous voulez la supprimer complètement ?

6:52
Jordan Bardella

Oui, il faut supprimer la C3S, premièrement. Et il faut supprimer la contribution foncière des entreprises dans des zones qui sont touchées par la réindustrialisation pour pousser les entreprises à relocaliser. Mais Madame Salamé, quand vous faites ça, vous recréez de l'emploi. Vous recréez un cycle économique vertueux. Parce que quand une usine ferme et qu'une usine quitte la France, parce qu'elle délocalise, ce n'est pas juste une usine qui ferme, c'est une boulangerie qui ferme. Ce sont des commerces qui ferment. On serait le seul pays qui n'a pas d'impôt sur les sociétés.

7:19
Invité

Même aux Etats-Unis, ils payent un impôt sur les sociétés. Est-ce que c'est crédible

7:25
Jordan Bardella

de dire ou pas... Je vous parle de la C3S et je vous parle de la contribution

7:28
Invité

qui s'applique sur le chiffre d'affaires

7:32
Jordan Bardella

qui est assez mal ficelé d'après beaucoup de chefs d'entreprises et la contribution foncière des entreprises qui est un frein aujourd'hui à la relocalisation. Mais ce n'est pas Emmanuel Macron qui a vendu Alstom, qui est aujourd'hui sous le coup d'une enquête du Parquet National Financier, Technip, Alcatel-Lucen, Exelia, 131 entreprises qui ont été rachetées par des investissements étrangers en 2022 qui va aujourd'hui venir nous dire qu'il faut protéger les intérêts français, faire du patriotisme économique. C'est quand même d'une hypocrisie totale et en tout cas en contradiction avec tout ce qu'il a porté depuis 2007.

Donc il y a des mesures et cette grande idée du patriotisme économique et de la souveraineté, nous nous la prenons, nous la défendons et elle passe notamment par une baisse de charge sur les chefs d'entreprise.

8:10
Invité

D'un mois avant de passer à un autre sujet, Laurent Berger, le patron de la CFDT, a eu des mots très durs dans son nouveau livre qui a été publié Les Bonnes Feuilles hier dans le JDD contre Marine Le Pen.

8:18
Jordan Bardella

Très original.

8:19
Invité

Il dit d'elle qu'elle se moque complètement des travailleurs, qu'elle ne connaît rien au sujet des retraites, n'a aucune perception des réalités du travail, qu'elle est anti-syndicaliste, anti-organisation collective et qu'elle se contrefiche des droits des femmes même si elle prétend le contraire. La charge est lourde.

8:32
Jordan Bardella

Oui, et en très grande partie injustifiée pour une raison très simple et c'est peut-être ça qui dérange M. Berger, c'est que le premier parti ouvrier de France et le premier parti politique pour lequel votent les salariés, c'est le Rassemblement National. Et pour une raison très simple, c'est que nous, nous défendons la valeur travail, c'est que nous, nous protégeons la valeur travail et aussi bien que nous souhaitons notamment revaloriser l'ordre de travail. On parle en ce moment beaucoup de l'inflation et du pouvoir d'achat.

Nous souhaitons notamment proposer aux chefs d'entreprise qui le souhaitent d'augmenter de 10% les salaires de leur entreprise avec la contrepartie que ces 10% de hausse soient exonérés de charges et de cotisations sociales. Ça, ce sont des mesures très concrètes pour revaloriser le travail, pour défendre la France qui se lève tôt et pour rendre aux Français les fruits de leurs efforts.

Donc nous défendons évidemment beaucoup mieux la valeur travail et j'aimerais rappeler que nous n'avons, nous, contrairement au syndicat, aucune responsabilité dans l'élection d'Emmanuel Macron parce que c'est bien beau d'avoir appelé à voter Emmanuel Macron au second tour de l'élection présidentielle pour ensuite venir s'opposer à la réforme des retraites. Ça pose un vrai problème, je trouve, de crédibilité et de responsabilité de la parole des syndicats.

9:33
Présentateur

Allez, on passe au standard d'Inter. On nous attend Sophie. Bonjour Sophie, bienvenue. Bonjour. On vous écoute. Oui, bonjour. Vous m'entendez ?

9:41
Jordan Bardella

Oui, bien. Bonjour Madame.

9:42
Présentateur

Bonjour. Je vous remercie pour ma question. Monsieur Bardella, j'aimerais connaître votre position et votre opinion sur les intimidations qui sont faites à différents maires de France et notamment à Solis envers l'État. Merci Sophie pour cette question. Je rappelle en quelques mots la démission la semaine dernière du maire de Saint-Brévin-les-Pins, Yannick Moraise, dont le domicile et les voitures ont été visées par un incendie criminel. Il était devenu la cible de militant d'extrême droite opposé à un projet de transfert près d'une école d'un centre d'accueil de demandeurs d'asile, un CADA, comme on dit, pourtant déjà présent depuis 2016 dans la commune.

votre position sur cette affaire-là pour commencer, Jordan Bardella. De quoi cette démission est-elle le nom ?

10:30
Jordan Bardella

D'un sentiment d'impunité aujourd'hui à l'égard de tous ceux qui touchent à des élus de la République française. Il y a près de 1300 maires qui ont démissionné depuis les dernières élections municipales, depuis 2020, pour des raisons diverses, mais bien souvent parce que les élus sont menacés, intimidés. Et c'est la raison pour laquelle Marine Le Pen avait notamment saisi la première ministre et écrit à Elisabeth Borne le 18 décembre dernier. Le 18 décembre, c'est-à-dire qu'on n'est pas comme la NUPES à s'être réveillé à l'Assemblée nationale il y a une semaine sur l'affaire de Saint-Brévin.

Ça fait des mois que nous dénonçons la montée des violences dans notre société et notamment contre les élus et je le dis de la manière la plus claire qui soit. Je condamne avec la plus grande fermeté les menaces et les intimidations dont ont été victimes le maire de Saint-Brévin mais tous les élus de France et notamment les élus locaux qui sont bien démunis face à ce sentiment de violence.

Je pense que les maires sont les dépositaires d'une autorité publique et on ne touche pas dans la République française aux dépositaires de l'autorité publique française encore plus qu'à toutes les autres catégories de notre société parce qu'on touche là à l'autorité de l'Etat et donc à une forme de hiérarchie et de normes dans notre société.

11:36
Invité

Mais Jean-Dame Bardella à l'Assemblée nationale a rendu hommage à ce maire la semaine dernière. Tous les groupes politiques se sont levés pour l'applaudir à l'invitation du député PS Jérôme Guetsch tous sauf les députés ARN.

11:44
Jordan Bardella

Pourquoi vous êtes resté assis ? Mais écoutez moi le sujet ce n'est pas de se lever le sujet c'est de protéger les élus et ce n'est pas parce qu'un élu de la NUPES qui a découvert le sujet des violences et de la montée de la violence dans notre société il y a une semaine se lève que tous les députés de l'Assemblée nationale doivent se lever en coeur au soutien de ce député de la NUPES.

Je vais quand même vous rappeler que la violence en politique nous la subissons depuis très longtemps et je suis d'autant plus intolérant à l'égard de ces violences contre ce maire d'où qu'ils viennent quel que soit leur bord et même si ce sont des maires de gauche et de la NUPES que la violence dans notre société et la violence contre les élus le Front National à l'époque l'a subi bien avant tout Mais diriez-vous

12:26
Présentateur

ce mot de pourrir la vie de ce maire ont réussi leur coup finalement en obtenant qu'ils jettent l'épongée qu'ils démissionnent

12:35
Jordan Bardella

Oui ils ont réussi leur coup et la violence vous savez il faut la condamner d'où qu'elles viennent quelles qu'en soient les marges Je rappelle que

12:41
Invité

le Rassemblement National était associé à ces manifestations

12:43
Jordan Bardella

au début vous en êtes sorti mais vous avez manifesté contre la si si si

12:50
Invité

si si on a regardé les chiffres

12:51
Jordan Bardella

Non attendez qu'il y ait des manifestations qui s'organisent contre l'installation de migrants c'est une question démocratique et que des élus du Rassemblement National comme des élus de droite ou d'autres mouvements politiques participent à des manifestations qui s'organisent et qui ont lieu contre l'installation de camps de migrants dans des villes que les populations ne souhaitent pas c'est un fait qu'il y ait des intimidations et des menaces qui sont proférées contre des élus ça ne regarde en rien le Rassemblement National et c'est fait bien souvent par des gens qui contestent les positions politiques du Rassemblement National et qui se sont construites contre le Rassemblement National considérant qu'il ne fallait pas faire le jeu de la démocratie pour combattre l'immigration ça fait 30 ans qu'on demande qu'il y ait un débat sur l'immigration dans notre société parce qu'on est là au coeur d'une question démocratique donc je condamne cette violence et je condamne la violence de toutes les marges qu'elle vienne de l'ultra gauche ou de l'ultra droite

13:42
Présentateur

Alors il y a eu d'autres épisodes ces derniers jours impliquant l'extrême droite ce tableau par exemple de l'artiste Myriam Khan dégradé au palais de Tokyo par un ancien élu du Front National il y a également cette manifestation d'ultra droite à Paris le 8 mai où l'on a pu voir des manifestants habillés de noir cagoulés exhibant des drapeaux marqués de la croix celtique parmi les manifestants il y avait un proche de Marine Le Pen Axel Lousteau ancien d'UGUD d'un autre de ses proches Frédéric Chatillon ex d'UGUD également qui a salué cette manifestation faut-il que ces deux personnes soient sanctionnées et que le RN rompe ses relations avec elles ce qui dans ce cas précis puisqu'ils sont des prestataires du RN qui gèrent entre autres une partie de la communication numérique du parti veut dire rompre les contrats avec eux

14:32
Jordan Bardella

dis donc le pas d'amalgame c'est un peu la géométrie variable ça s'applique avec tout le monde sauf avec nous Axel Lousteau n'a plus de relation commerciale à travers sa société avec notre mouvement depuis 2017 c'est-à-dire depuis 5 ans Frédéric Chatillon vous le savez a quitté la France il vit et travaille à Rome donc pour qu'on soit extrêmement clair qu'est-ce que vous nous reprochez dans cette affaire ? je pose une question

14:57
Invité

les amitiés de Marine Le Pen qui reviennent et qui vont manifester avec les cagoulets d'UGUD

15:02
Jordan Bardella

donc je ne sais pas même elle même elle a répondu pardon

15:06
Invité

même elle a répondu en disant c'est à Jordan Bardella de prendre les décisions donc elle vous renvoie elle vous renvoie le bébé parce qu'elle répond à la question elle ne dit pas qu'est-ce que vous me reprochez elle dit c'est à Jordan Bardella de tirer les conséquences du fait qu'ils étaient à ces manifestations

15:18
Jordan Bardella

les conséquences ont été tirées puisque Axel Lousteau n'a plus de relation commerciale avec le Rassemblement National depuis 2017 donc je veux bien que ce soit toujours de ma faute il fait toujours partie du Rassemblement National mais non il n'en fait plus partie il n'en est plus élu il ne travaille plus avec le Rassemblement National pourquoi Marine Le Pen dit c'est à Jordan Bardella pourquoi il dit ça ? non mais attendez allons au bout vous nous reprochez

15:38
Invité

vous pose la question

15:38
Jordan Bardella

d'avoir l'un de nos prestataires qui est un prestataire de communication j'en ai beaucoup au sein du mouvement dont l'un des actionnaires minoritaires dont l'un des actionnaires minoritaires c'est un peu le reproche qui est fait par le monde était présent à une manifestation qui a lieu depuis 30 ans et qui était en marche d'ailleurs il le dit il a assisté en marche d'une manifestation qui est autorisée par le ministère de l'Intérieur et qui a lieu depuis 30 ans je suis désolé mais on est en démocratie encore donc moi je n'ai aucune responsabilité là-dedans

16:07
Invité

pourquoi elle dit il y a deux jours c'est à Jordan Bardella de trancher ?

16:09
Jordan Bardella

non elle ne dit pas cela elle dit qu'elle n'est plus présidente du Rassemblement National c'est à vous de gérer la patate chaude et que c'est le président du Rassemblement National qui gère les prestataires du Rassemblement National en l'occurrence j'étais président par intérim lors de la campagne présidentielle et législative et nos tracts n'ont pas été imprimés par la société de M. Lousteau

16:24
Invité

il reste beaucoup de questions à vous poser et encore une fois

16:26
Jordan Bardella

les gens qui ont de la nostalgie radicale n'ont pas leur place au sein du Rassemblement National je le dis et je le dis d'autant plus que peut-être je suis neuf sur le paysage politique si je puis me permettre et je rappellerai que cette mouvance d'ultra-droite elle s'est construite depuis 10 ans contre le Rassemblement National et contre Marine Le Pen je veux dire regardez les unes qui ont été faites par toute la presse d'extrême droite je pense à Rivarol ou à Minute pendant de nombreuses années et vous y verrez les critiques et les injures les plus vives à l'égard de notre mouvement et à l'égard de Oui Jordan Bardella

16:58
Invité

on connait votre stratégie de dédiabolisation mais quand il y arrive des faits comme ceux-là et là on vous a cité plusieurs finalement c'est le passé qui ne passe pas qui revient à chaque fois

17:09
Jordan Bardella

Mais qu'est-ce que vous me reprochez Madame Salah

17:11
Invité

Non je ne vous reprocherai rien je vous demande si ce n'est pas même problématique pour vous d'avoir des éléments dans vos rangs

17:18
Jordan Bardella

Mais je viens de vous dire qu'ils n'étaient pas dans nos rangs Est-ce que M. Châtillon M. Lousteau sont élus du Rassemblement National Est-ce qu'ils préparent les émissions avec moi On parle encore une fois de gens qui ont travaillé qui ne travaillent pas avec le Rassemblement c'est-à-dire la société de M. Lousteau n'a pas travaillé sur l'immigration Vous seriez déçu Vous seriez déçu

17:40
Invité

chère Jordan

17:41
Jordan Bardella

Je pense que les amalgames sont toujours dangereux dans le débat public

17:44
Invité

Est-ce qu'on peut vous poser une question sur l'immigration Le gouvernement a finalement décidé de présenter un projet de loi complet après avoir hésité à le morceler en plusieurs textes Le projet de loi veut durcir les règles il prendra des mesures pour expulser plus facilement ceux qui doivent quitter le territoire il doit aussi supprimer le fameux titre de séjour pluriannuel que vous critiquez au RN Est-ce que vous voterez ce texte est-ce qu'il vous semble bon ?

18:04
Jordan Bardella

D'abord j'attends de le lire parce que moi je me réjouis de tout ce qui peut aller dans le bon sens dans l'intérêt de mon pays et de mes idées sauf que ce texte c'est très marrant parce que toutes les semaines vos confrères m'interrogent sur une version différente du texte parce qu'à chaque fois en fait on a des versions différentes du texte La réalité c'est que les français ont une inquiétude c'est de disparaître au XXIème siècle Ils veulent que la France reste la France Ils veulent préserver leur culture leur langue leur mode de vie et ils veulent préserver surtout leur tranquillité Or je suis allé moi il y a quelques jours à la frontière entre la France et l'Italie à Menton et Menton est confronté à un influx de migrants qui est massif Vous avez vu les derniers chiffres de Frontex de l'agence de garde frontière européenne qui pointe par rapport à 2022 une hausse de 300% des chiffres et des entrées illégales de l'immigration en Europe Donc il faut mettre en place une politique dissuasive d'immigration Il faut d'abord couper toutes les pompes aspirantes et les aides sociales qui sont versées aux étrangers et notamment aux clandestins dans notre pays ça fera beaucoup d'économies pour les comptes de l'Etat pour les réserver aux familles françaises Deuxièmement il faut rétablir le délit de clandestinité qui a été supprimé par les socialistes en 2012 On ne peut pas être présent de manière illégale sur le territoire français sans y avoir été invité et sans s'exposer à un délit au regard de la loi Et troisièmement il faut protéger les portes de l'Europe et nous porterons dans le cadre de l'élection européenne l'an prochain notamment un renforcement des moyens de Frontex et la possibilité pour Frontex de faire du pushback c'est-à-dire de sécuriser les bateaux de migrants pour les raccompagner non pas sur les côtes européennes mais dans les pays de départ parce que moi à Menton j'ai vu beaucoup de gens dont une très très très très grande partie et une écrasante majorité ne viennent pas de pays en guerre La France ça n'est pas un hôtel ça n'est pas un guichet social et donc il est temps désormais de faire entendre la volonté du peuple français

19:44
Invité

Et le droit d'asile ?

19:45
Jordan Bardella

Alors moi je suis attaché au droit d'asile mais je pense que les demandes d'asile doivent être traitées dans les ambassades et dans les consulats des pays de départ C'est ce qu'on entend

19:51
Invité

C'est vos propositions depuis 20 ans mais vous savez très bien que ce n'est pas réaliste

19:54
Jordan Bardella

Ah bon ? Qu'a fait le Danemark ?

19:55
Invité

Oui mais vous pensez sérieusement là vous allez demander à un afghan d'aller à un consulat pour demander un titre au Soudanais ?

20:03
Jordan Bardella

Alors le Danemark est un gouvernement socialiste vous n'allez pas les accuser d'être proche de nous Qu'a fait le Danemark ? Le Danemark a organisé le traitement de l'asile considérant que c'était devenu une filière d'immigration à part entière dans des pays tiers Et bien nous ferons la même chose

20:17
Invité

Comme il nous reste quelques minutes je voudrais vous poser une question sur la visite de Président Zelensky à Paris Emmanuel Macron l'a reçu hier la France livrera de nouveaux véhicules blindés et des chars légers à l'Ukraine sans préciser exactement combien L'Allemagne L'Allemagne qui pourtant était au début très réticente à donner de l'aide à l'Ukraine semble avoir complètement changé d'avis prendre le leadership de l'aide à l'Ukraine Ils ont annoncé 2,7 milliards d'aides à l'Ukraine ce qui est colossal Est-ce que la France doit emboîter le pas à l'Allemagne au risque de se retrouver un peu larguée ?

20:49
Jordan Bardella

Non je ne le crois pas Je pense que d'abord je pense que la Russie doit comprendre qu'elle n'a plus rien à gagner en Ukraine et en cela je pense que quand on est souverainiste en France et en Europe on l'est partout et la violation nous l'avons dit et nous le redisons de la souveraineté territoriale de l'Ukraine était absolument inadmissible et nous l'avons condamné La France Marine Le Pen l'a dit pendant la campagne présidentielle doit aider l'Ukraine dans le sens où elle doit envoyer du matériel défensif mais doit veiller à faire en sorte qu'on ne franchisse pas des lignes rouges je pense que les avions de combat les missiles longue portée et c'est précisément d'ailleurs la position de la France et la position de la diplomatie française à l'heure actuelle pourrait avoir des conséquences dramatiques dans la région or nous sommes en Europe et nous connaissons peut-être plus qu'ailleurs les risques et le poids de l'engrenage en matière militaire et en matière de conflit armé donc il faut être prudent à ne pas franchir une ligne rouge en l'état actuel des choses la livraison de matériel défensif à l'Ukraine me paraît aller dans le bon sens

21:45
Présentateur

une dernière question Marine Le Pen affirme dans la Repubblica que la dirigeante italienne Georgia Meloni n'est pas sa soeur jumelle elle est avec l'OTAN pas moi je reste eurosceptique et je le suis de plus en plus chaque jour politiquement je me sens plus proche de Matteo Salvini expliquez-nous qu'on comprenne bien la France avec Marine Le Pen présidente c'est une France en dehors de l'OTAN

22:06
Jordan Bardella

non nous ne souhaitons pas nous ne souhaitons pas quitter l'OTAN nous souhaitons en revanche que la France puisse récupérer son indépendance son indépendance en matière géostratégique en matière militaire nous avons indiqué qu'à terme nous réfléchirons à réorganiser probablement pour d'ailleurs le quitter le commandement militaire intégré de l'OTAN que le général de Gaulle nous avait fait quitter dans un souci d'indépendance et d'autonomie stratégique réintégré par Nicolas Sarkozy d'ailleurs la France a un point important parce qu'elle a la bombe nucléaire ce n'est pas le cas d'ailleurs Mais Marine Le Pen elle dit

22:34
Invité

elle est Mélonie est dans l'OTAN pas moi c'est ses mots

22:38
Jordan Bardella

Madame Mélonie a des positions qui sont beaucoup plus pro-américaines elle ne s'en est jamais cachée pour une raison très simple c'est qu'il y a sur le sol italien un certain nombre de bases américaines et une influence américaine qui est peut-être plus forte en Italie qu'elle ne devrait l'être en France la France est une nation libre c'est une nation qui pendant très longtemps a incarné cette troisième voie entre le bloc d'Est et le bloc de l'Ouest et notre philosophie en la matière c'est les principes qui étaient suivis par le général de Gaulle

23:03
Invité

Vous êtes prêt à être candidat officiellement aux européennes en tête de liste ? Vous n'êtes pas encore prêt de me renoncer ?

23:08
Jordan Bardella

Même réponse que la dernière fois et je vous ferai probablement la même réponse la prochaine fois je n'ai pas pris ma décision en tout cas je me réjouis de ce sondage de l'IFOP qui nous place en tête des élections européennes j'aurai un rôle important dans cette campagne quoi qu'il advienne

23:19
Invité

Vous hésitez vraiment ou vous attendez votre moment ?

23:21
Jordan Bardella

Ma décision n'est pas prise pour l'instant en tout cas je veux vous dire une chose c'est que ces élections européennes ce seront les élections intermédiaires du quinquennat d'Emmanuel Macron et qu'il faudra les utiliser pour sanctionner à la fois le gouvernement et sanctionner l'Union Européenne qui a aussi imposé la réforme des retraites Merci Jordan Bardellaro

23:37
Invité

Merci beaucoup

23:37
Jordan Bardella

Président du Rassemblement National

Jordan Bardella : "Il faut mettre en place une politique dissuasive d'immigration" — Jordan Bardella · Pourquijevote