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Podcast / conversationLe Média (sur Podcast)· 3 août 2022 33 minContradictoireActualité / polémiqueDéfenseImmigration & asileEurope & internationalInstitutions & élections

Macron et ses dictateurs bien aimés

Source d'origine 3 locuteurs

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Attaque 82 %Défensif 14 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 1:02OuverteRéponse directe

    Bonjour Théophile, bonjour Thomas. On parle d'Emmanuel Macron, encore, toujours.

  • 3:51OuverteRéponse directe

    Les droits de l'homme sacrifiés sur l'autel, les intérêts économiques, Théophile ?

  • 12:26OuverteRéponse directe

    Macron a reçu des tyrans, mais est allé aussi en rencontrer. Quel bilan tirer de cette visite au Cameroun, au Bénin et en Guinée-Bissau ?

  • 24:22OuverteRéponse directe

    Un événement passé aussi inaperçu cette semaine et qui a pourtant son importance sur la scène franco-française : la désignation à la délégation parlementaire du renseignement d'une députée RN pour y représenter l'opposition.

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 2:05InvitéChiffre
    « Il faut quand même se rappeler qu'en Égypte, il y a 60 000 prisonniers d'opinion qui sont dans des geôles, parfois dans des véritables camps au Sinaï. »
  • 2:43InvitéFait
    « Le prince héritier d'Arabie Saoudite, Mohamed Ben Salman, qui a détenu le record d'exécution capitale en un jour, puisque l'Arabie Saoudite a exécuté 81 prisonniers, a notamment tué le journaliste Jamal Rashogi. »
  • 3:02PrésentateurChiffre
    « Au Yémen, 400 000 personnes. »
  • 8:17InvitéFait
    « On se souvient, par exemple, qu'on vend beaucoup de matériel de cybersécurité, de matériel d'écoute qui permet de traquer les opposants. »
  • 11:44InvitéFait
    « On pense qu'Avas, qui appartient au groupe Bolloré, qui est un grand groupe de communication, a fait, par exemple, la campagne d'un dictateur en Guinée comme Alpha Condé, qui, une fois élu, a donné la concession du port de Conakry, la capitale guinéenne, au groupe Bolloré. »
  • 27:32InvitéFait
    « Il y a eu deux députés RN qui sont devenus vice-présidents de l'Assemblée Nationale, on pouvait considérer que ça relevait d'un symbole très mauvais mais en tout cas d'un symbole. »
  • 28:29InvitéFait
    « Elle a nommé trois macronistes, elle a nommé un membre de l'opposition et au lieu de prendre quelqu'un de la NUPES, elle a pris cette députée du Rassemblement National. »
  • 29:15InvitéFait
    « Entre les deux tours, Emmanuel Macron et toute sa cour nous ont expliqué que le RN c'était le parti de l'étranger, que Marine Le Pen était financée par Vladimir Poutine. »

Temps de parole

  • Invité45 %
  • Invité 238 %
  • Présentateur11 %
  • Invité 33 %

0,6 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Bonjour à toutes et à tous, bienvenue sur le plateau du Média Télé. Nous sommes le 2 août, vous regardez ou écoutez le 7e numéro du Fonds de l'Info. Aujourd'hui, c'est votre binôme préféré qui décryptera l'actualité politique de la semaine passée. Au sommaire de l'édition, l'intégration du RN à la Commission de la Défense de l'Assemblée Nationale et la délégation parlementaire au renseignement, une première depuis la création du parti. On continue de parler de la tournée africaine d'Emmanuel Macron. Le président l'a achevé jeudi en Guinée-Bissau. Il a rencontré le président Umaro Sisoko Mbalo pour parler notamment de la sécurité au Sahel. D'autres visites ne sont pas passées inaperçues.

Ce sont celles de trois dictateurs, le président des Émirats, le maréchal d'Égypte et le prince héritier d'Arabie Saoudite, reçus avec tous les honneurs à l'Élysée. On discute de tous ces sujets brûlants pendant des dizaines de minutes. On rappelle que notre média ne vit que de vos abonnements, de dons de celles et ceux qui l'aiment. Abonnez-vous, soutenez-nous, partagez-nous. Bonjour Théophile, bonjour Thomas.

1:04
Invité

Bonjour Nadia.

1:05
Présentateur

On parle d'Emmanuel Macron, encore, toujours. Emmanuel Macron a eu un agenda très tourné vers l'international ces derniers jours puisqu'il a reçu à l'Élysée pas moins de trois dictateurs, le président des Émirats, le maréchal d'Égypte et le prince héritier d'Arabie Saoudite.

1:21
Invité

Je crois que ce n'était pas franchement la Fashion Week la semaine dernière à l'Élysée, c'était la Dictator Week. C'est-à-dire qu'Emmanuel Macron a reçu trois hommes qui pèsent, au Moyen et au Proche-Orient. La France qui, pendant des décennies, a su séduire finalement le monde arabe en défendant la cause palestinienne, on se souvient de Jacques Chirac, aujourd'hui est devenu un partenaire classique finalement, qui n'est plus un marchand de paix mais un marchand de mort, qui vend beaucoup d'armes.

On sait que, par exemple, quand Emmanuel Macron est parti aux Émirats Arabes Unis en défendant dernier, il a vendu 80 rafales, on avait vendu aussi des rafales à l'Égypte, et tout ça en faisant fi du caractère absolument autoritaire et sanguinaire de ces monarchies et de ces dictatures en place.

Il faut quand même se rappeler qu'en Égypte, il y a 60 000 prisonniers d'opinion qui sont dans des geôles, parfois dans des véritables camps au Sinaï, et que quand même l'armée française a coopéré, ça avait été révélé par Disclose à l'automne dernier, dans le cadre de l'opération Cyrli, à soi-disant une lutte antiterroriste à l'ouest de l'Égypte, qui en fait permettait à l'armée égyptienne de tuer des pauvres contrebandiers qui trafiquaient des cigarettes entre la Libye et l'Égypte.

Donc on permet tout, on marche sur nos principes, sur nos valeurs, on décore de la grande croix de la Légion d'honneur, le maréchal Sissi, on reçoit le prince héritier d'Arabie Saoudite, Mohamed Ben Salman, qui a détenu le record d'exécution capitale en un jour, puisque l'Arabie Saoudite a exécuté 81 prisonniers, a notamment tué le journaliste Jamal Rashogi, et tout ça, effectivement, ça nous donne une place de choix, puisqu'on est devenu, en quelques années, le troisième ou le quatrième exportateur d'armes au monde.

3:02
Présentateur

Au Yémen, 400 000 personnes.

3:05
Invité

Les armes qui sont utilisées par l'Arabie Saoudite et par les Émirats arabes unis pour bombarder des civils au Yémen dans cette guerre absolument atroce qui a fait des centaines de milliers de morts depuis 2014. Donc rien de nouveau sous le soleil, mais c'est quand même assez triste, et c'est quelque chose qu'on voit, c'est pas absolument propre à Emmanuel Macron, c'était propre à Nicolas Sarkozy, qui était beaucoup rapproché du Qatar, qui l'avait aidé d'ailleurs à obtenir l'organisation de la Coupe du Monde.

Puis François Hollande qui avait déclaré que moi, président, je ne recevrais pas des dictateurs à l'Élysée qui finalement avaient reçu avec tous les honneurs tous ces satrapes et qui avaient été le premier à réussir à vendre les rafales à l'Égypte. Et puis Emmanuel Macron s'inscrit dans cette linéa où finalement, les grandes puissances occidentales, ça vaut pour la France, mais aussi pour les États-Unis, sont obligés de ravaler leur fierté et de composer avec ces dictatures.

3:51
Présentateur

Les droits de l'homme sacrifiés sur l'autel, les intérêts économiques, Théophile ?

3:55
Invité

Je pense, Nadia, qu'il faut peut-être qu'au risque de faire une dépression, qu'on arrête de croire que les droits de l'homme ont été, dans un passé même lointain, structurant dans notre approche diplomatique. Je pense que par le passé, sous la Ve République, à partir du général de Gaulle, la France a eu une politique arabe qui la distinguait des États-Unis, puisque c'était une politique d'équilibre qui ne prenait pas forcément partie pour Israël dans le chaudron du Proche-Orient et qui avait une sorte d'expertise sur ce monde-là. Donc c'est dans ce cadre-là que la France s'est opposée, notamment aux États-Unis, sur la lecture de la situation en Irak, sur Saddam Hussein.

C'est dans ce cadre qu'un certain nombre de choix ont été faits. On se rappelle notamment de Jacques Chirac qui menaçait de reprendre son avion quand il était sur la Terre Sainte pour marquer son indignation par rapport au comportement de l'armée israélienne. Mais cette politique arabe était aussi déjà une politique commerciale. C'était une politique déjà du carnet de commandes, mais c'était une politique du carnet de commandes qui entraient dans le cadre de la diplomatie française spécifique.

Et il y a eu la Deuxième Guerre d'Irak, l'invasion de l'Irak par les États-Unis, le nom de la France sous Jacques Chirac, et puis une sorte de réalignement de la France sur les États-Unis qui a commencé à la fin de Chirac et qui s'est cristallisé sous Sarkozy. Donc comment continuer à vendre notre quincaillerie, à vendre des grands projets, quand finalement on n'a plus de voix spécifique et de paroles de la France originales à défendre, en s'alignant sur les États-Unis et en essayant quand même toujours de vendre des armes aux pays qui sont alliés des États-Unis et de nous.

Et donc on joue, les Saoudiens veulent peut-être se défaire un peu de l'emprise américaine, on leur vend des armes et des technologies. L'Égypte, manifestement, je pense que l'Arabie saoudite l'aide à payer ses factures, on lui vend la quincaillerie. Mais globalement, nous sommes un pays où le lobby militaro-industriel est très fort. Et c'est quand même fou qu'en France, quand on parle de lobby militaro-industriel, on parle surtout de celui des États-Unis, mais nous en avons un en France et il joue une partition importante, y compris dans les médias. Quand on regarde le Figaro, il appartient au groupe Dassault, qui est un marchand d'armes.

Quand on regarde même tout ce qui était jadis, les médias Lagardère, Europe 1, Paris Match, qui ont aujourd'hui été récupérés plus ou moins par Vincent Bouloré, mais le groupe Lagardère est aussi un groupe qui a beaucoup d'intérêt dans le monde de l'armement et qui exporte des technologies qui peuvent servir aux armées. Donc, je pense que les droits de l'homme, c'est un vernis, c'est un accompagnant, c'est aussi un moyen de peser sur des régimes hostiles en se drappant dans nos valeurs. Mais généralement, dès lors que la commande est importante et que le carnet de chèques y va, en fait, il n'y a plus de droits de l'homme qui vaillent.

7:22
Présentateur

Oui, c'est un concept qui justifie même des interventions militaires. Alors, on parle beaucoup des ventes d'armes aux dictatures, du soutien à la répression, mais on parle moins de ces cabinets d'influence bien français qui font la retape pour les dictatures. Une récente enquête de Mediapart, un témoignage dans Fakir, ont mis en lumière ces pratiques.

7:40
Invité

Ah oui, c'est vrai qu'on parle souvent des ventes d'armes à des monarchies ou à des dictatures. Et effectivement, ça représente des sommes considérables. C'est-à-dire, notamment sous l'impulsion de Jean-Yves Le Drian, qui a été ministre de la Défense, lui ministre des Affaires étrangères, la France est entrée dans le gotha des grandes puissances qui, parfois, vendaient plus d'armes que la Chine. Mais c'est vrai qu'à côté, entre guillemets, de ces ventes d'armes classiques, c'est-à-dire qu'on a tout un tas d'entreprises françaises qui bénéficient de ces bonnes relations, de ces relations cordiales qu'on entretient avec les pires régimes de la planète.

On se souvient, par exemple, qu'on vend beaucoup de matériel de cybersécurité, de matériel d'écoute qui permet de traquer les opposants. Je me souviens qu'il y avait une boîte qui s'appelait Amésis qui avait vendu un système d'écoute à Kadhafi qui avait permis de traquer, de localiser des opposants. Cette boîte avait été mise en examen, mais elle avait disparu. Et elle avait été refondée sous un autre nom. Et avec la complicité de l'État français, elle avait réussi à revendre le même système d'écoute à l'Égypte, qui était effectivement un partenaire, soi-disant, dans la lutte contre le terrorisme.

Et puis, ce qui a été très raconté il y a quelques semaines, et je pense qu'il n'a pas été assez mis en lumière, c'est ce témoignage d'Enfakir, puis cette enquête de Mediapart, qui parle d'un cabinet, ce qu'on appelle maintenant des cabinets d'intelligence économique, qui s'appelle Avisa Partners, qui, sous un autre nom, s'appelait Aistrat, dont un des directrices associés était Olivia Grégoire, qui était la porte-parole du gouvernement, et en fait, qui faisait des faux articles dans des grands quotidiens pour vanter le régime au Kazakhstan, pour vanter les mérites du fils de Denis Sassou Nguesso, le président congolais, ce fils-là qui pourrait très bien prendre la suite de son père.

Et c'est vrai que ces cabinets d'intelligence économique, on parle d'Avisa, j'ai enquêté sur d'autres cabinets comme Axis, arrivent très bien à appuyer les régimes dictatureux à travers la planète, même leur expertise à leur service, leur capacité de communication, d'intimidation, et permettent à ces régimes-là d'avoir un vernis démocratique, d'arriver à se vendre à l'international. Et donc, évidemment, se font beaucoup d'argent. Donc, finalement, on n'enrichit pas seulement que Dassault ou que les grands groupes du complexe militaire ou industriel, on enrichit aussi des petites structures qui font partie de cette nébuleuse-là.

Et donc, en fait, ça fait vivre tout un écosystème avec des gens, effectivement, qui passent, on a parlé d'Olivier Adéloir, qui passent du privé au public. Et donc, en fait, c'est un vrai business tout ça. C'est un vrai business. Et aussi, il faut penser, au-delà des cabinets d'intelligence économique, à tout ce petit monde de l'influence, de la communication. C'est ces cabinets de com qui font une partie importante de leur chiffre d'affaires à l'étranger et dont les figures de proue se retrouvent souvent sur les plateaux de télé comme experts et comme expertes et quelque part construisent l'opinion publique sur des sujets bien franco-français.

C'est aussi une manière de créer une sorte d'arc social, de faisceau de relations et de renvoi d'ascenseurs mutuels. Et ça crée une sorte de... Ça renforce, en tout cas, je ne sais pas, un dispositif idéologique qui sert le pouvoir actuel, asservi les pouvoirs précédents. Mais je constate, par exemple, qu'aujourd'hui, on retrouve beaucoup de communicants sur les plateaux de télé. Il y a beaucoup de tribunes écrites par des communicants dans la grande presse quotidienne. et c'était quelque chose qui, à 15 ans, 20 ans, était moins assumé, mal vu. Et quelque part, ce monde de la communication, de l'influence, colonise la presse qui, a priori, doit se dissocier de la commune.

Oui, et ces grands groupes de communication ont toujours appuyé les dictatures. Et même, des fois, ça avait été un moyen de récupérer des contrats. Par exemple, on pense qu'Avas, qui appartient au groupe Bolloré, qui est un grand groupe de communication, a fait, par exemple, la campagne d'un dictateur en Guinée comme Alpha Condé, qui, une fois élu, a donné la concession du port de Conakry, la capitale guinéenne, au groupe Bolloré. Et d'ailleurs, il y a eu une enquête, il y avait eu une enquête du parquet national financier qui a été classée pour des frais de prescription.

Mais bon, c'est quelque chose qui a toujours existé, mais qui est de plus en plus assumé et qui a une manne considérable puisque ces régimes-là, ces régimes qui sont peu honorables et qui ont beaucoup, beaucoup d'argent, n'hésitent pas à payer des millions et des millions des grands groupes de communication, que ce soit en France, aux États-Unis ou au Royaume-Uni, pour leur donner une sorte de vernis honorable à l'étranger.

12:26
Présentateur

Alors, Macron a reçu des tyrans, mais est allé aussi en rencontrer puisqu'il a effectué une mini-tournée africaine. Quel bilan tirer de cette visite au Cameroun, au Bénin et en Guinée-Bissau ?

12:39
Invité

Disons qu'à chaque pays, sa spécificité. Ce qu'il faut noter, en tout cas dans l'étape camerounaise, c'est que c'est quelque chose dont on a peu parlé en France. Emmanuel Macron a fait une photo avec Franck Biya, le fils de Paul Biya. Or, on sait qu'en Afrique centrale, on a désormais affaire à des républiques héréditaires. Il y a eu le Gabon avec Omar Bongo qui a transmis le pouvoir à Ali Bongo avec la bénédiction de la France.

On a eu aussi le Tchad où Emmanuel Macron a intronisé le fils d'Idriss Déby au pouvoir après une sorte de coup d'État post-mortem qui a suivi la mort, l'assassinat de son père, dont on ne sait pas très bien si c'était une révolution de paille ou alors des vraies attaques rebelles. Il y a aussi au Congo, Brazzaville, l'ombre de Denis Christel Sassou Nguesso, le fils de Denis Sassou Nguesso, président du Congo. En République démocratique du Congo, il y avait déjà eu la dynastie des Kabila. On est passé à autre chose avec finalement le fils de l'opposant historique qui a pris le pouvoir.

Bref, cette photo, elle ne peut pas être innocente parce qu'au Cameroun, c'est vraiment la question fondamentale qui agite le landerneau et psychologiquement, voir le président de la France qui a été la puissance tutélaire de la France, même si ça n'a pas été du Cameroun, même si ça n'a jamais été directement une colonie, celui que le système veut manifestement imposer, en fait, c'est une image dont on aurait pu se passer. Alors, au Bénin, c'était une autre étape, une étape durant laquelle Emmanuel Macron a beaucoup parlé de la Russie.

Il en a parlé au Cameroun, il a aussi beaucoup parlé au Bénin et de manière assez spéciale parce qu'en gros, il a accusé la Russie d'être une sorte de puissance impérialiste, ce qui est le cas dans son précaré historique, le précaré historique de l'URSS. La France et la Russie se ressemblent beaucoup dans le fait de ne pas vouloir voir leurs empires historiques mourir. et il a évoqué aussi les régimes discrédités auxquels la Russie apporte leur soutien, mais c'est une accusation au miroir puisque la France fait exactement la même chose avec d'autres régimes discrédités.

Et puis, en Guinée-Bissau, il s'est beaucoup apesanti sur son litige avec le régime de transition malien, le régime militaire malien, en utilisant la tribune que lui donnait le président Bissau-Guiléen pour se plaindre du Mali qui, ils ont fait des infidélités à la France avec la Russie. Il a accusé le pouvoir militaire de s'attaquer globalement au Peul. On peut écouter un extrait de ce qu'il a dit. Les Peuls, c'est une ethnie du Mali.

Nous avons aussi partagé nos inquiétudes sur l'amplification des violences contre les populations civiles au Sahel, plus largement maintenant dans toute la sous-région, et en particulier des exactions commises par les éléments mercenaires déployés au Mali et dont les agissements sont désormais documentés par les rapports des Nations Unies. Wagner, pour ne pas les citer. J'ai fait part aussi au président Sisoko-Ambalo de l'alarme de la France et de ses partenaires face à ce qui s'apparente sous couvert d'opérations de lutte contre le terrorisme à des violences systématiques ciblant les populations Peuls.

Nous avons partagé l'urgence d'enrayer cet engrenage qui pourrait déstabiliser l'ensemble de la région et avons souligné la responsabilité première des États de la région pour sanctionner les coupables et exercer leur vigilance. Ceci pour illustrer la complexité de cet agenda mais la nécessité d'agir ensemble. Je pense que c'est une grosse faute politique parce que quand un président ne parle pas comme ça il y a des vrais problèmes communautaires dans le Sahel liés à ce cancer terroriste. Il y a des amalgames qui sont nourris effectivement.

Il y a des exactions des forces armées au Mali mais aussi au Burkina Faso et ailleurs même au Cameroun qui sont documentées par les organisations de défense des droits de l'homme. Mais le président de la République française ne peut pas venir jouer le diviseur ethnique dans des pays qui ont été des colonies. Il ne peut pas parler comme ça. Il peut évoquer les questions des droits de l'homme mais il a le devoir de laisser parler les organisations spécialisées là-dessus. Il ne peut pas alors que la France justement a eu une gouvernance coloniale qui se fondait sur la division ethnique et la subdivision ethnique des nations. Il ne peut pas venir jouer à ce jeu-là.

Je pense que c'est grave vu d'Afrique. Ici en France on en a très peu parlé. Je remarque de toute façon que quand Emmanuel Macron s'en va en Afrique subsaharienne la majorité des médias y compris les médias qui ne sont pas des médias disons très très proches du pouvoir recycle les éléments de langage du pouvoir sans aucune sorte de distance et on ne se rend pas compte que ce sont ces erreurs-là qui rendent la tâche difficile pour la diplomatie française en Afrique et non pas uniquement l'activisme de la Russie.

Je pense que les Africains n'ont pas attendu l'activisme renouvelé de la Russie pour avoir beaucoup de griefs contre la France et au Cameroun justement Emmanuel Macron est parti et il a parlé en quelques minutes du contentieux historique c'est-à-dire le Cameroun comme l'Algérie a mené une lutte d'indépendance qu'il a perdue mais il y a eu des dizaines de milliers de morts au bas mot et moi-même qui vous parle mon grand-père a été prisonnier politique durant cette période terrible en 1955 en particulier il y a eu des crimes épouvantables il y en a parlé assez rapidement mais ce sont des choses comme ça qui nourrissent l'amertume et un comportement qui de manière assez décomplexée vient appuyer sur tous les boutons de l'ethnicité pour aggraver une situation qui est déjà grave je ne comprends pas

19:04
Présentateur

il y a quelque chose de ce passé colonial qui se rejoue encore aujourd'hui Thomas

19:08
Invité

c'est vraiment quelque chose de très bien puisque cette visite d'Emmanuel Macron elle s'inscrit en miroir avec une autre visite qui est celle du ministre des affaires étrangères russe Sergei Lavrov qui s'est rendu en Égypte en Ouganda et au Congo Brazzaville qui est historiquement dans ce que la France considère comme son précaré donc Emmanuel Macron se précipite en Afrique dans d'autres pays mettre en scène une sorte d'affrontement des puissances on a l'impression qu'on est revenu à la fin du 19ème siècle où les Anglais et les Français s'affrontaient pour se partager l'Afrique d'ailleurs ils avaient failli entrer en guerre à Fashoda mais on est aujourd'hui en 2022 et Emmanuel Macron fait comme si finalement l'Afrique il n'y avait pas de peuple il n'y avait pas de souveraineté il n'y avait pas des gens qui étaient désireux d'assumer leur propre indépendance loin de la Russie loin de la France loin de toute puissance tutélaire et donc au nom de cet affrontement là avec la Russie pour le contrôle des pays comme si finalement on jouait un jeu de société on prenait des pions on est prêt à assumer n'importe quoi à accepter n'importe quoi y compris des successions complètement bancales le Cameroun a été dirigé depuis 1982 par une sorte de momie qui passe six mois de l'année à Genève et qui ne gère absolument pas son pays si ce n'est pour arrêter des opposants et pour éradiquer toute contestation et là on est prêt à mettre son fils au pouvoir son fils qui n'a montré aucune qualité si ce n'est d'être le rejeton d'un dictateur au pouvoir et donc on sera prêt à adouber des coups d'État autant aussi longtemps que finalement ces régimes-là serviront la France après il y a quelque chose qui m'intéresse beaucoup sur la Guinée-Bissau parce que c'était quand même la première visite d'un président français en Guinée-Bissau donc la Guinée-Bissau qui est faut-il le rappeler une colonie ancienne colonie portugaise qui a une guerre d'indépendance très dure très petit pays et qui après à la fin des années 2000 a sombré et est devenu une sorte de narco-État puisqu'il y avait des avions remplis de cocaïne qui arrivaient en Guinée-Bissau il y a même des présidents qui étaient assassinés par des narco-trafiquants et il y a eu un président qui a été élu en 2020 qui s'appelle Umaro Sissoko Mbalo qui lui aussi a un peu trompé dans le trafic de drogue puisqu'il y a quelques années il était le représentant de Kadhafi et Kadhafi qui était une des hautes mains du trafic de drogue mais surtout c'est un grand ami acquis à Alexandre Benalla puisque quand Sissoko Mbalo a été élu dans des conditions très contestées en 2020 et donc il y avait une bataille entre les deux candidats entre lui et son rival pour savoir qui allait être président Sissoko Mbalo a fait la tournée des chefs d'État qui comptent en Afrique il est notamment allé voir Sassoon Guesso au Congo il est allé voir Idriss Déby au Tchad pour essayer de lui convaincre que c'était moi qui devais devenir président et qui était dans son avion c'était Alexandre Benalla et en 2020 donc Sissoko Mbalo a failli a été très malade du Covid il a été évacué en France et qui lui a de nouveau rendu visite Alexandre Benalla avec Ludovic Sheker qui est toujours conseiller à l'Elysée qui travaille toujours à l'Elysée qui était celui qui avait embauché Alexandre Benalla et on sait que Sissoko Mbalo est encore un très très proche de Nicolas Sarkozy donc est-ce que finalement il n'y aurait pas d'autres raisons que des raisons géostratégiques à ce voyage en Guinée-Bissau que moi je n'arrive pas vraiment à comprendre au vu du peu d'importance que peut receler en fait la Guinée-Bissau et pas forcément une puissance régionale même si c'est un grand pays un pays qui a lutté très durement contre la colonisation portugaise ça c'est quelque chose qui moi me semble très intéressant et pour revenir sur la question des peules moi c'est une question qui est effectivement fondamentale c'est-à-dire effectivement les peules c'est une communauté qui s'étend de la Guinée jusqu'en Centrafrique c'est des gens qui sont pour certains sédentarisés mais qui restent nomades principalement éleveurs et qui ont souvent souffert c'est-à-dire qui ont été peu intégrés dans les états dans lesquels ils vivaient qui ont été victimes de discrimination dont on ne prévoyait pas les soins adaptés dont on ne prévoyait pas des places dans les écoles qui voyaient leurs bétails raquettés et qu'effectivement pour certains quand les djihadistes sont apparus au Sahel notamment en Mali sont allés se placer sous la protection illusoire des djihadistes puisque les états en place les états complètement faillis les états soutenus par la France ne les soutenaient pas mais c'est pas c'est-à-dire ce raccourci-là qu'on fait souvent entre djihadistes et peules est complètement inopérant est complètement faux je prends un simple exemple au lac Tchad quand Boko Haram a envoyé le lac Tchad ils s'en sont pris au peule donc en fait c'est quelque chose qui ne marche pas mais moi je trouve que la titre de Emmanuel Macron déjà est dangereuse effectivement de pointer une communauté mais aussi parfaitement hypocrite en 2017-2018 la France a embauché des supplétifs dans sa lutte contre le terrorisme au Mali qui étaient des supplétifs Touareg de moments rebelles qui s'appellent le MSA et le Gassia des gens qui ont coopéré avec l'armée française que l'armée française soutenait en munitions en vivres en machin ces gens-là sont allés faire des massacres contre les peules à l'époque personne n'en a parlé personne n'a condamné le chef de ce mouvement-là du MSA Moussa Gacharatouman on lui a déroulé le tapis rouge à Paris et on en avait parlé et là tout d'un coup parce que c'est les russes et bien sûr qu'on a raison de dénoncer les massacres des mercenaires de Wagner notamment ce qui s'est passé fin mars à Moura on a massacré des centaines de villages mais tout d'un coup parce que c'est les russes les victimes prennent de l'importance donc on nous voit les victimes calonnent de nos propres intérêts politiques et ça moi je trouve ça d'un scandale absolu

24:20
Présentateur

alors transition difficile mais on va revenir en France un événement passé aussi inaperçu cette semaine et qui a pourtant son importance sur la scène franco-française et bien c'est la désignation à la délégation parlementaire du renseignement d'une députée hérène pour y représenter l'opposition un signe de plus d'un rapprochement entre l'extrême droite et la Macronie

24:39
Invité

oui ça n'étonnera personne dans le logiciel officiel dans disons les éléments de langage partagés la Macronie en fait se met à équidistance de ce qu'elle appelle l'extrême gauche qui aurait été la gauche c'est-à-dire la NUPES et l'extrême droite le RN et donc finalement joue un peu la partition du centre raisonnable qui est hostile aux extrêmes prédéfinis pour les besoins de la cause mais dans les faits les responsables d'en marche ou de renaissance ne s'attaquent qu'à la gauche qu'à la gauche NUPES essaye de diviser la NUPES en disons en éloignant finalement les socialistes par exemple de ce bloc qui se construit et ils ne tapent absolument pas sur le RN si vous regardez si vous les écoutez si vous les regardez si vous voyez leur manière de se comporter ils font tout pour renforcer le RN ils font tout pour légitimer le RN et le RN en est quelque part reconnaissant puisque Marine Le Pen aussi rend quelques hommages assez discrets à la Macronie donc il va de soi qu'Emmanuel Macron et son entourage joue vraiment cette carte de l'opposition choisie et l'opposition choisie c'est le RN de Marine Le Pen et il n'est pas impossible que ça marche et que vraiment en 2027 le RN finalement ait le pouvoir il faudra s'en souvenir il faudra s'en souvenir parce que quand ce qu'ils ont construit avec acharnement deviendra une réalité ils joueront aux antifascistes de position enfin la carte de l'antifascisme de positionnement pour pouvoir récupérer le pouvoir cinq ans plus tard en instrumentalisant les vrais antifascistes donc c'est assez assez clair assez explicite et ce n'est pas du tout étonnant il faut même il y a un certain nombre de personnes disons d'analystes qui sont en général de centre-gauche et même de gauche radicale qui font semblant de croire au Père Noël qui font semblant de ne pas voir ça et qui sont toujours en train d'attendre de la Macronie qu'elle est un comportement différent du comportement qu'elle adopte c'est-à-dire un comportement qui vise à faire grossir le RN

27:17
Présentateur

Thomas parce que là on a parlé de l'intégration du RN à la commission de la défense de l'Assemblée Nationale on aurait pu aussi parler de enfin il y a quand même deux députés RN qui siègent aujourd'hui à la cour de justice de la République

27:31
Invité

oui c'est-à-dire qu'effectivement au départ il y a eu deux députés RN qui sont devenus vice-présidents de l'Assemblée Nationale on pouvait considérer que ça relevait d'un symbole très mauvais mais en tout cas d'un symbole et là tout d'un coup on les met en position d'avoir des décisions d'avoir accès à certaines informations qui peuvent être sensibles de juger leur père comme à la cour de justice de la République moi c'est quelque chose qui est passé relativement inaperçu mais le fait de voir une députée Rassemblement National de Charente Caroline Colombier qui intègre la délégation parlementaire du renseignement donc savoir ce que c'est la délégation parlementaire du renseignement c'est quatre députés et quatre sénateurs qui supervisent et surveillent et contrôlent les services de renseignement donc qui ont accès à des informations très sensibles qui sont habilitées secret défense qui peuvent connaître certaines choses que le député moyen ne connaît pas et donc c'était à la discrétion de la présidente de l'Assemblée Nationale il y a Elbrun Pivet donc qui est macroniste qui a nommé qui devait nommer quatre députés elle a nommé trois macronistes elle a nommé un membre de l'opposition et au lieu de prendre quelqu'un de la NUPES elle a pris cette députée du Rassemblement National et ce qui est quand même un signal très dangereux on sait combien de fois l'extrême droite a défié la République et l'extrême droite a été dans le viseur des services de renseignement aujourd'hui lui donner la capacité de contrôler l'action des services de renseignement moi c'est quelque chose qui me semble assez sous-estimé alors peut-être qu'on est dans la torpeur de l'été et qu'on est tellement habitué au fait que la Macronie ne fait plus barrage avec le RN et utilise le RN comme un allié mais c'est quelque chose qui moi me paraît très très grave il faut en plus pointer l'hypocrisie de ceux qui nous gouvernent parce que entre les deux tours Emmanuel Macron et toute sa cour nous ont expliqué que le RN c'était le parti de l'étranger que Marine Le Pen était financée par Vladimir Poutine qui est l'adversaire désigné de notre pays et du bloc d'Europe plus Etats-Unis et malgré un certain nombre d'informations réelles sur ces connexions-là on ouvre la grande case des secrets de la République des secrets du renseignement renseignement intérieur et renseignement extérieur à Marine Le Pen et à son parti c'est pour montrer à quel point pour certains la politique ce n'est que de la com l'intérêt national et l'intérêt général humain sont très loin de leurs de leurs préoccupations et c'est vraiment comment se mettre dans la centralité comment combattre les adversaires qui seraient les plus potentiellement susceptibles d'arriver aux pouvoirs centraux de casse c'est comment jouer les pompiers pyromanes au max c'est ça vraiment la stratégie et moi j'appelle vraiment les analystes et les journalistes à considérer les choses ainsi et à arrêter de donner une sorte d'intention vertueuse à un pouvoir qui n'en a pas en tout cas sur ce terrain-là

30:41
Présentateur

et arrêter de culpabiliser les électeurs qui refusaient de faire barrage cette fois-ci en fait

30:48
Invité

c'est une sorte de barrage intermittent tous les 5 ans et puis le reste du temps en fait on nourrit la bête

30:57
Présentateur

Théophile Thomas merci infiniment pour ces analyses qui sont très précieuses et que l'on entend très peu malheureusement dans les médias mainstream et heureusement que le média est là et le média a besoin de vous on vous rappelle que la campagne d'abonnement se poursuit l'objectif c'est 5000 nouvelles souscriptions ou même plus on compte sur votre générosité votre soutien merci d'être toujours aussi nombreuses et nombreux à nous suivre à bientôt

31:21
Locuteur non identifié

à la rentrée nous allons revenir encore plus fort encore plus impertinent après avoir fait irruption dans le monde merveilleux des matinales mainstream nous vous proposons un tout nouveau projet plus décapant encore nous incrusté dans la case du 18-20 heures

31:34
Invité

c'est le fameux soir où elle vous accuse de viol il ne s'est rien passé il ne s'est rien passé cher Yann on a l'impression que vous avez quand même un mental d'acier

31:44
Présentateur

c'est sûr que c'est un parcours pas commun est-ce une bonne chose non à 80% voilà les gars et je le vois sur les réseaux c'est un truc de citer vous avez envie de voir autre chose le soir en rentrant à la maison et bien nous aussi c'est pourquoi nous vous proposerons dès la rentrée une émission à 18 heures qui s'appellera Toujours debout alors non ce n'est pas une reprise de la chanson de Renaud ce n'est pas non plus un hommage à Valérie Pécresse

32:11
Invité

Toujours debout sera un tout nouveau terrain de débat de critique de l'actualité politique sans détour avec un regard neuf un ton décalé à contre-courant de ce que l'espace médiatique nous sert jusqu'ici avec des reportages de terrain et des chroniques sans concession mais vous le savez si nos contenus vidéo sont proposés gratuitement leur production coûte cher très cher et un format de l'ambition de Toujours debout mobilisera des moyens inédits

32:36
Présentateur

ainsi pour que cette ambitieuse saison 6 du Média puisse voir le jour notre objectif est d'atteindre le prochain palier des 15 000 abonnés

32:43
Invité

pour être une véritable alternative médiatique

32:46
Locuteur non identifié

abonnez-vous aidez-nous à atteindre le prochain palier de 15 000 abonnés pour que le Média votre Média reste toujours debout

32:53
Locuteur

pour le Média de la Média