Le Président Emmanuel Macron intervient au Climate Ambition Summit.
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- 1:00E. MacronFait
« durant les 3 dernières années, nous avons fait vivre cet Accord de Paris et son esprit tous ensemble malgré le choix américain pour continuer à avancer »
- 3:00E. MacronChiffre
« nous avons décidé, en Européens, il y a donc 2 jours, d'acter cette transition en prenant tous ensemble, à 27, l'engagement de réduire de 55% nos émissions de gaz à effet de serre d'ici à 2030 »
- 4:00E. MacronChiffre
« 100% des projets financés par l'Agence française de développement sont aujourd'hui alignés avec l'Accord de Paris »
- 5:00E. MacronFait
« nous transformons la Banque européenne d'investissement pour en faire une véritable Banque européenne du climat »
- 6:00E. MacronChiffre
« près de 6 milliards d'euros de financement climat mobilisés l'année dernière, dont 1,6 milliard pour l'adaptation »
- 7:00E. MacronPromesse
« l'année prochaine, plus aucune garantie publique française ne pourra être octroyée au profit des pétroles extra-lourds, sable et schiste bitumineux »
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-E. Macron : Merci beaucoup. Merci, cher Antonio, cher secrétaire général, cher Boris, M. le Premier ministre, chers collègues, chers amis.
Heureux de vous retrouver, et malgré les circonstances, de le faire depuis Paris, où je suis accompagné par l'un des acteurs et des principaux architectes de l'accord, Laurent Fabius, et par 2 ministres aujourd'hui en charge, Jean-Yves Le Drian et Barbara Pompili, pour montrer que l'action aussi continue. Merci de nous réunir comme c'était ainsi prévu 5 ans plus tard après l'Accord de Paris, pour montrer que notre action collective continue. Cet accord est un point de référence, le début de notre action à toutes et tous.
Il a été parfois balloté selon les choix des uns des autres. Mais nous avons tenu. Et nous nous retrouvons dans un moment qui est important, quelques jours après que le président élu des Etats-Unis d'Amérique a affirmé sa volonté de revenir dans l'Accord de Paris.
Et je veux vraiment dire "welcome back, welcome home" à nos amis américains. Durant les 3 dernières années, nous avons fait vivre cet Accord de Paris et son esprit tous ensemble malgré le choix américain pour continuer à avancer, oeuvrer, et oeuvrer avec tous les acteurs ici présents, et je veux vraiment saluer la mobilisation européenne et la formidable coopération durant ces années avec la Chine. Nous n'avons pas beaucoup de temps devant nous, et l'action doit être immédiate, nous le savons.
D'abord pour continuer d'être au rendez-vous, et nous ne le sommes pas encore, je vais y revenir, et préparer la COP26 de Glasgow, sur laquelle nos amis britanniques sont tant et tant engagés, je salue l'engagement de Boris Johnson. Le 1er point que je voulais ici évoquer avec vous, c'est que nous devons nous donner une trajectoire et des moyens crédibles pour atteindre la neutralité carbone d'ici 2050. Et au fond, nous avons bâti ces points de passage avec des changements très clairs, des inflexions très claires, et nous devons avancer dans ce sens.
Le secrétaire général des Nations unies l'a rappelé, d'ici le mois prochain, les pays représentant plus de 65% des émissions mondiales de dioxyde de carbone et de plus de 70% de l'économie mondiale auront pris l'engagement de parvenir à zéro émission nette d'ici 2050. Je salue les engagements pris récemment par le Royaume-Uni, le Japon, la Corée du Sud, la Chine s'est engagée il y a quelques semaines à atteindre la neutralité carbone d'ici 2060, et je sais qu'aujourd'hui, le président Xi Jinping aura des annonces importantes à faire en ce sens pour rendre crédible ce mouvement. Et nous avons décidé, en Européens, il y a donc 2 jours, d'acter cette transition en prenant tous ensemble, à 27, l'engagement de réduire de 55% nos émissions de gaz à effet de serre d'ici à 2030 et de tous nous engager sur cet objectif de 2050.
Nous aurons ensuite, pays par pays, à le décliner. Mais l'engagement européen est là. Le Green Deal européen a été bâti.
Les financements européens sont aussi construits. Et nous continuerons d'avancer en ce sens. Le 2e point, justement, c'est que nous devons réorienter massivement les flux financiers publics et privés pour les aligner avec les objectifs de l'Accord de Paris.
D'ores et déjà, 100% des projets financés par l'Agence française de développement sont aujourd'hui alignés avec l'Accord de Paris. Avec nos partenaires européens, nous transformons la Banque européenne d'investissement pour en faire une véritable Banque européenne du climat. Il y a quelques semaines, lors du Forum de Paris pour la paix, ici même à Paris, les banques publiques de développement ont engagé la construction d'une nouvelle infrastructure financière publique globale, jamais conçue à cette échelle, pour permettre la réalisation concrète des objectifs de l'Accord de Paris et des objectifs du développement durable.
Nous devons continuer à accélérer, et il y a un instant, je réunissais l'ensemble des acteurs de Finance Climat, coalition pour la neutralité carbone 2050, où nous avons réuni l'ensemble des acteurs financiers de cette coalition, qui s'étaient engagés le 12 décembre 2017 à Paris, dans le cadre du One Planet Summit, à, justement, avancer dans le cadre de l'agenda de l'Accord de Paris pour améliorer la transparence financière des entreprises en matière de climat, pour décarboner les portefeuilles et décarboner l'économie. Et d'ores et déjà, les 1ers résultats sont là, avec la plateforme TCFD, les engagements en termes de transparence, de standards, et la transformation qui a été faite par l'ensemble des places financières impliquant nos Banques centrales mais aussi les fonds souverains, les asset managers, les private equity. Troisièmement, nous devons, ça a été rappelé par le secrétaire général des Nations unies, placer la lutte contre les inégalités au coeur de notre logiciel d'action.
Nous devons le faire dans chacun de nos pays. Et notre transition écologique doit être une transition sociale. Et donc nous sommes en train de le faire grâce au plan de relance en France, au financement européen, mais toute notre transition est ainsi pensée.
Et c'est une transformation profonde de nos économies, de nos fiscalités. Nous devons le faire aussi à l'échelle internationale, c'était l'objectif du Fonds vert. Nous avons coprésidé il y a quelques mois sa recapitalisation.
Et l'an dernier, nous avons doublé la capitalisation du Fonds vert pour le climat. La France est au rendez-vous fixé. Nous avons même dépassé les promesses faites il y a 5 ans, avec près de 6 milliards d'euros de financement climat mobilisés l'année dernière, dont 1,6 milliard pour l'adaptation.
Et je veux ici vous dire 2 choses très claires et prendre ces engagements. Ce niveau d'engagements ambitieux que nous avons acté l'année dernière sera maintenu dans les prochaines années. Donc en forte augmentation par rapport aux engagements.
Et nous augmenterons la part dédiée à l'adaptation en le faisant passer à 1/3 de l'enveloppe globale. Je partage ce qu'Antonio a dit tout à l'heure sur la nécessité de faire plus sur l'adaptation et la résilience. Quatrièmement, nous devons faire preuve de cohérence et de responsabilité.
Nous avons pris en France, depuis 3 ans, des actions très fortes pour être, justement, en cohérence avec nos engagements internationaux. La fin de toutes les centrales thermiques à charbon. La fin de grands projets qui n'étaient pas compatibles avec notre agenda.
Des mesures profondes pour changer les modes de se chauffer, de se déplacer. Et investir massivement dans ce changement. Le plan de relance, ça a été dit par le secrétaire général, mais également par le Premier ministre Boris Johnson, le plan de relance de sortie de Covid est un plan de relance profondément vert qui va nous permettre, par des investissements pour la rénovation thermique, pour le changement de véhicule, d'aller plus loin.
Et nous aurons, dans les prochaines semaines, une loi Climat nouvelle, qui est l'émanation du travail fait par la Convention citoyenne pour le climat, 150 citoyens qui nous ont aidés à penser, qui ont proposé des solutions très concrètes pour aider à la transition de notre économie, que nous mettrons en oeuvre. L'année prochaine, plus aucune garantie publique française ne pourra être octroyée au profit des pétroles extra-lourds, sable et schiste bitumineux. Et nous nous préparons dès maintenant à mettre fin, dans les 5 années qui viennent, à l'ensemble des soutiens à l'exploration et l'exploitation de nouveaux gisements pétroliers.
Donner un prix au carbone, intégrer la dimension environnementale dans nos politiques commerciales, arrêter la construction de nouvelles centrales à charbon, rendre obligatoire la divulgation des risques financiers, supprimer progressivement les subventions dont bénéficient les combustibles fossiles, c'est ainsi que nous y arriverons, par cette cohérence. Et c'est ce qui est attendu, je crois, de l'ensemble des pays qui ici s'engagent. C'est ce que nous ferons en France, c'est que nous pousserons aussi en Europe, afin véritablement d'avoir aussi un prix du carbone, et donc un schéma de transition qui nous permet d'être cohérents et d'avoir des résultats qui sont à la hauteur des engagements que nous prenons.
Le Green Deal européen, dans lequel nous sommes profondément engagés, sera un point essentiel de cette stratégie. Voilà. Merci pour votre attention.
Nous serons tous ensemble engagés pour que la COP26 de Glasgow soit un succès, car l'enjeu est extrêmement important. Nous devons tous rehausser nos objectifs pour 2030, comme les Européens l'ont fait, avec le -55%. Nous devons tous être dans la trajectoire de la neutralité carbone 2050.
C'est un devoir pour les pays les plus vulnérables de la planète aujourd'hui, qui vivent les conséquences des erreurs passées. C'est un devoir pour notre jeunesse et les générations à venir. C'est un devoir pour nous-mêmes.
Car c'est la trace que notre génération laissera durablement dans l'histoire.
Emmanuel Macron