Trump attaque l'Europe - Reportage C dans l'air 27.02.2025
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
- C.Roux: D.Tusk s'est fendu d'un rectificatif: "Non, l'Europe n'a pas été créée pour entuber qui que ce soit.
On le fait pour le maintien de la paix." Les 27 ne sont pas restés silencieux et préparent la riposte à la guerre commerciale que veulent balancer les Etats-Unis. - D.Trump: Vous allez faire la prière.
Merci. - Merci, Dieu, pour le président Trump. - Tête baissée en train de prier, voici les images de la nouvelle administration Trump réunie hier pour la 1re fois depuis son investiture. - Merci de nous donner l'opportunité de rétablir la foi dans notre pays et de bénir le peuple américain. - Une prière avant de lancer les hostilités et d'attaquer l'UE avec bientôt son arme favorite, des droits de douane. - D.Trump: L'UE a été créée pour entuber les Etats-Unis.
Soyons honnêtes. Nous avons pris la décision, ce sera 25 % d'une manière générale. Ca concernera les voitures et toutes les autres choses.
L'UE est un cas différent de celui du Canada. Ils profitent de nous d'une manière différente. Ils n'acceptent pas de voitures, ils n'acceptent pas l'essentiel de nos produits agricoles. - Faux.
Blé, soja sont importés des Etats-Unis, l'un des principaux partenaires de l'UE en matière de commerce agricole. L'Europe attaquée, le Premier ministre polonais réplique, sidéré. L'Europe pourrait-elle répliquer? - S.Lecornu: Il n'y a pas beaucoup de surprises à l'annonce du président américain.
Il n'y aura pas beaucoup de surprises sur la réaction de l'UE. Ce n'est pas moi qui gère ça. Le principe du commerce mondial et du libre-échange sont les principes de réciprocité. - Depuis des semaines, D.Trump menaçait l'Europe sur le terrain économique.
Lundi, lors de sa visite à Washington, E.Macron espérait pouvoir le faire changer d'avis. - E.Macron: Je veux dire combien les économies américaine et européenne sont liées.
Ce sont les économies les plus imbriquées au monde. - La complicité affichée des 2 hommes n'y a rien changé. Entre l'Europe et les Etats-Unis, le fossé se creuse.
Guerre économique et différend idéologique. La leçon de démocratie du vice-président américain à Munich il y a 2 semaines a profondément marqué les esprits. - J.D.Vance: La menace qui me préoccupe le plus vis-à-vis de l'Europe n'est pas la Russie.
Ce n'est pas la Chine. Ce n'est pas un acteur extérieur. Ce qui m'inquiète, c'est la menace intérieure, le recul de l'Europe par rapport à certaines de ses valeurs les plus fondamentales.
Des valeurs partagées avec les Etats-Unis d'Amérique. La liberté d'expression est en recul au Royaume-Uni, comme dans toute l'Europe. - Des divergences aussi stratégiques sur l'Ukraine.
Hier, D.Trump a définitivement écarté une entrée de Kiev dans l'Otan et lâché encore un peu plus les Européens. - D.Trump: Je ne vais pas fournir beaucoup de garanties de sécurité.
Nous allons demander à l'Europe de le faire. L'Europe est leur voisin immédiat. Nous allons nous assurer que tout se passe bien. - Alors que D.Trump s'acharne sur son allié européen, le Kremlin rappelle aujourd'hui qu'il ne cédera rien. *-Les nouveaux territoires sont inscrits dans la Constitution de notre pays.
Ils font partie intégrante de la Russie. C'est incontestable et non négociable. - La Russie inflexible.
V.Zelensky est attendu à Washington demain pour rencontrer D.Trump. - C.Roux: Nous allons revenir sur ces négociations sur l'Ukraine.
Question. - M.Van Renterghem: Non.
Il y a certains partis trumpistes au coeur de l'UE. Ce qui s'organise, c'est une résistance à D.Trump.
C'est ça qui l'agace. Vous disiez qu'il est faible avec les forts et fort avec les faibles. Il est fort avec l'UE sur son point faible qui est l'absence totale de préparation.
Elle ne peut s'en prendre qu'à elle-même sur les questions de sécurité et de défense. C'est le plus grand marché de libre-échange du monde. C'est ça qui empoisonne la vie de V.Poutine, de Xi Jinping ou D.Trump.
Ce marché puissant et uni fait en sorte que c'est un levier de puissances contre lequelles il n'arrive pas à s'accrocher. Ils passent les uns les autres à essayer de nous diviser par les trolls, les actions de guerre hybrides qui essaient de diviser la société. Le comble, c'est qu'ils sont soutenus par les partis souverainistes nationalistes.
C'est un paradoxe ou une bêtise de ces partis souverainistes et nationalistes. Si l'Europe est défaite et divisée, la France seule ne vaut plus une cacahuète. La souveraineté française disparaît.
La seule manière pour la France de garder une once de souveraineté, c'est d'être unis dans le cadre de l'UE. - C.Roux: On entendait S.Lecornu qui disait: "Attention.
Ca sera oeil pour oeil, dent pour dent." La loi du talion, on est capables de l'appliquer vis-à-vis des Etats-Unis? 25 % sur les biens qui proviennent d'Europe. 25 % sur tous les biens qui proviennent des Etats-Unis, on en est capables? - C.Sellin: Si on ne le fait pas, on est discrédités.
On est face à un choix important. On est sur le choix de ne plus avoir...
Il faut faire mal. C'est le seul langage qu'il comprend. Il est en train de convaincre le monde entier qu'il faut se passer de l'Amérique pour pouvoir être à l'abri de ses caprices, de sa vindicte.
C'est un suicide stratégique assez rare. - C.Roux: Vous êtes sûr? - C.Sellin: Personne n'est sûr de rien.
Quand vous voyez qu'il attaque tous ses alliés, de rendre furieuses les opinions publiques...
Quand on pense qu'on siffle et qu'on hue beaucoup l'hymne américain au Canada...
Lors des compétitions sportives au Canada...
Il commet un suicide stratégique assez étonnant. Il tourne ses propres amis contre lui. Il ne nous laisse pas le choix.
Nous devons répliquer. C'est un grand marché. Nous sommes un bon client.
Nous avons les moyens de riposter. Il table sur la faiblesse de l'autre. - C.Roux: On saura faire?
Est-ce qu'il peut y avoir une réaction? Lorsqu'on challenge la réponse, c'est sur ça qu'il arrive, l'idée que chacun a sa propre partition. - C.Sellin: Peut-être que D.Trump est en train de changer d'amis et d'alliances.
On ne s'y attendait pas. Quand il remet en cause, il dit que l'Europe a été conçue pour "entuber les Etats-Unis". Il nie tout un passé américain de politique extérieure, tout ce qui a été fait après la Seconde Guerre mondiale, le plan Marshall, l'aide à la reconstruction de l'Europe de l'Ouest, à aider les Européens à coopérer ensemble. - C.Roux: Les Etats-Unis ont voulu l'Europe? - C.Sellin: Ils ne l'ont pas empêchée.
Jean Monnet, le père de l'Europe, avait passé la Seconde Guerre mondiale à Washington. Il était proche du président Roosevelt. Aujourd'hui, D.Trump revient là-dessus.
Il revient à une logique de puissance américaine d'avant 1914, du début du XXe siècle, qui n'est intéressée que par l'expansion, l'expansion économique, de puissance.
Valérie Hayer