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Podcast / conversationLe Média (sur Podcast)· 15 février 2023 22 minComplaisantActualité / polémiqueRetraitesTravail & emploiSolidarités & familleInstitutions & élections

Reportage | Face à Macron, le ton monte : "Il faut bloquer le pays"

Source d'origine 1 locuteur

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 10 %Attaque 70 %Défensif 20 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:10InvitéChiffre
    « 1 200 euros de minimum retraite, ce ne sera pas pour tout le monde. »
  • 9:25InvitéFait
    « Les quatre syndicats à l'RATP viennent de faire un appel à la grève au conductif à partir du 7 mars. »
  • 20:23InvitéChiffre
    « En France, selon la police, 2,5 millions selon la CGT. »

Temps de parole

  • Invité48 %
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2,8 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

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Invité

Depuis que Macron a été élu, je passe ma vie sur les grands boulevards. Ça va 5 minutes, quoi. À partir du moment où vous buvez de l'eau, vous faites de la politique sans savoir. Là, il faut bloquer le pays, sinon on n'y arrivera pas. Bloquer, bloquer, bloquer, bloquer. Tout le monde en parle, mais personne ne le fait. Je gouverne pas. On n'ira pas vers la bordélisation. C'est ce que vous appelez bordélisation. C'est un terme du gouvernement. C'est quoi le peu de convaincre, Orberger ? Peut-être sur le choix de cellulite, à la limite. Oui, c'est les propos d'un boulot. La défense du monde du travail, tout le reste, c'est accessoire.

Parce que les mouvements qui vont venir, ils peuvent tout chambouler. Salut, c'est Jemil et pour le Média aujourd'hui, je vous emmène une nouvelle fois sur le terrain. Celui d'une mobilisation populaire inédite qui bat un record remontant à bien 3 décennies. Des millions de Françaises et Français battent le pavé depuis des semaines contre un énième projet de réforme des retraites, toujours rejeté par une très large majorité de la population. Et alors que l'article 1er de la réforme vient d'être voté hier par les députés à l'Assemblée, dans un certain chaos, ces derniers jours ont été forts en rebondissement.

La première ministre, Elisabeth Borne, étant allée jusqu'à déclarer n'avoir aucun état d'âme dans cette bataille qui pourtant met le pays en très forte tension. Frank Rister, le ministre chargé des relations avec le Parlement, admet, lui, après avoir avoué une réforme particulièrement injuste pour les femmes aux carrières souvent hachées, que 1 200 euros de minimum retraite, ce ne sera pas pour tout le monde. Alors que le gouvernement n'a cessé d'affirmer le contraire depuis des semaines pour tenter de convaincre l'opinion.

Et enfin, à l'Assemblée, comme sur les plateaux télé, l'extrême droite, le péniste et la droite de Ciotti tentent de passer pour les opposants raisonnables et respectables, tandis que les gauches unies dans la NUPS, et surtout LFI, essuient les attaques venues de toutes parts. Aujourd'hui, nous sommes le samedi 11 février 2023 pour l'acte 4 de la mobilisation. Comment, face au pouvoir inflexible, les syndicats et les travailleurs vont-ils organiser le rapport de force sur la durée ? Est-ce que les actions illégales mais morales, comme celles de la CGT Énergie, vont se multiplier ? Et dans cette bataille, comment se font les liens entre la rue et l'Assemblée ?

C'est ce qu'on va voir dans cette vidéo. Likez, commentez et abonnez-vous aux médias. La défense de nos retraites, pour nous, pour ceux qui sont déjà, pour les enfants, pour les jeunes. Il faut soutenir les gens qui ne peuvent pas faire la manif. Il y a des jeunes qui travaillent et il faut bien que les retraités servent à quelque chose. Donc, on vient faire la manif. On les soutient, nous qui sommes déjà à la retraite. Il n'y a pas de raison que ces jeunes-là soient privés de tout ce qu'on a pu, nous, avoir quand on était au même âge. Je pense qu'augmenter l'âge n'est pas la bonne solution. Je pense qu'il y a de l'argent à prendre ailleurs.

En fait, plus généralement, je pense qu'on casse les services publics en général. Comme on dit, pour noyer son chien, on dit qu'il a la rage. Donc, on casse les services publics pour pouvoir dire que ça ne marche pas et les vendre privés. Comme on l'a fait pour les autoroutes, comme on l'a fait pour Orange, comme on l'a fait pour des fleurons de l'industrie française. Je trouve qu'on devrait être encore un petit peu plus dur et faire une grande, grande manif, mais bloquer le tout. Sinon, on n'y arrivera pas. Je travaille dans la prévention des risques pour une grosse entreprise publique. Et vous voyez, travailler jusqu'à 62, 64, 60... Non, du tout, du tout.

D'ailleurs, je ne travaillais plus, j'ai fait un burn-out. La question centrale pour vous, c'est la démocratie ? C'est la question première, en fait. C'est la question première, tout simplement. C'est-à-dire qu'on ne peut pas envisager aucune solution sans élu, en fait. Donc, après, la première question qu'il faut se poser, comment cette personne qui parle en notre nom et qui va décider en notre nom peut-elle avoir cette légitimité, en fait ? Vous pensez que l'Assemblée ne joue pas son rôle ? Ah non, aucunement. Bien sûr, je regarde beaucoup les travaux à l'Assemblée nationale, en commission, surtout. C'est mon problème, en fait.

C'est-à-dire que ces gens, en fait, ne nous représentent pas suffisamment. Monsieur le Président de la République, qui est sûr d'avoir raison, de toute façon, il fera ce qu'il veut. Là, il faut bloquer le pays, sinon on n'y arrivera pas. Pensez à 68, on s'est battus déjà à cette époque-là pour avoir ce qu'on a. La Ve République est articulée sur les partis politiques, en fait. Mais est-ce que ces partis politiques, aujourd'hui, représentent vraiment une grosse proportion des Français ? Les gens ne se retrouvent plus, en fait, dans ces partis politiques. Et donc, on a bien un dysfonctionnement, en fait, de la Ve République, finalement.

Donc, il faut revoir tout ça et réengager, peut-être, les gens. Et les gens qui disent qu'ils ne font pas de politique, c'est complètement fou. Puisque, à partir du moment où vous respirez, à partir du moment où vous buvez de l'eau, vous faites de la politique sans savoir. Alors, comme ça, la Première Ministre est une bourreau. Ce que j'ai dit exactement, c'est que les propos qu'elle a tenus à la une d'un quotidien national, où elle dit « je n'ai aucun état d'âme à faire cette réforme », j'ai dit « ce sont les mots d'un bourreau ». Et c'est vrai, on ne peut pas être Première Ministre, s'apprêter à faire, par la force, une réforme qui va mettre au travail deux ans de plus les gens.

Et quand on dit « au travail », c'est quand on est optimiste. Je veux dire, c'est toute une vision de la société que charrie cette réforme. Et moi, je le dis, je ne veux pas vivre dans un pays dans lequel les retraités sont pauvres, dans lequel on force les gens à essayer de travailler plus longtemps, en les coinçant dans des sages de précarité, en étant en chômage, en invalidité, en maladie. Enfin, je veux dire, ça n'a aucun sens. Et le dire « je le fais sans état d'âme », enfin, oui, c'est les propos d'un bourreau qui va commettre une sale besogne, faire le sale travail, en disant « je ne me pose aucun cas de conscience ». C'est abject de la part d'une Première Ministre, en effet.

Vous savez, il nous répète à tout bout de champ « la valeur travail, la valeur travail ». Mais enfin, la valeur travail, ça n'existe pas. Ça n'existe pas si on ne donne pas de valeur au travail. Et c'est justement la question de la rémunération, du salaire, c'est justement la question de la diminution du temps de travail. Dans la semaine, nous nous sommes pour les 35 heures réelles pour aller vers les 32 heures, dans l'année avec la sixième semaine de congés payés, et dans la vie avec la retraite à 60 ans.

En tout cas, ce que je trouve lamentable, c'est que le gouvernement persiste à vouloir imposer cette réforme, alors que 90% des travailleurs de notre pays n'en veulent pas, alors que 80% des Français la rejettent. Et ils continuent, article après article, à vouloir nous enquiller cette réforme dégueulasse qui va pourrir la vie du monde du travail. On a neuf jours, neuf jours. Ils nous ont enlevé un jour avec le Parti d'Alice. Ensuite, vous avez des matinées où il n'y a pas de débat, etc. Pour l'instant, nous avons eu 18 heures de débat. Et que font les macronistes ? Ils décident de refuser d'ouvrir le week-end.

Et pire que ça, hier, ils nous volent 10% du temps de débat pour une histoire de tweet. Je ne sais pas dans quel pays on a déjà vu un tweet arrêter un débat sur les retraites. Parce qu'on ne peut pas se permettre de se diviser face à une réforme aussi dégueulasse que celle-là. Même avec les rosies, par exemple, qui se font arrêter en garde à vue, mais avec le député Thomas Porte aussi qui se fait un petit peu alpaguer, expulser l'Assemblée. Qu'est-ce que vous voyez, vous, à travers cette actualité-là ? Ce que je vois, c'est que le gouvernement, les macronistes, essayent de tout faire pour détourner l'attention du vrai sujet. Le vrai sujet, c'est cette réforme des retraites.

Et hier, on se retrouve à débattre pendant toute une journée d'un tweet, plutôt que de parler du projet de loi. Ce projet de loi scandaleux qui vise à faire travailler les gens plus longtemps et à dégrader leurs conditions de vie. C'est ça le vrai sujet. Et nous, on ne se laissera jamais détourner de ce sujet-là. Le monde du travail, la défense du monde du travail, tout le reste, c'est accessoire. Ce qu'il faut se poser comme question, c'est pourquoi ils font ça ? Parce qu'ils sont tout simplement en train de préparer une réaction autoritaire, voire même une répression du mouvement social qu'ils annoncent.

Ce que nous vivons à l'Assemblée, la violence dont ils comprevent, les coups montés qu'ils orchestrent, par exemple contre Thomas Porte, c'est le prélude de ce qu'ils vont faire en mars dans la rue. Comment vous pouvez, aux Français et aux Français qui vous écoutent aujourd'hui, leur donner un peu l'impression que la bataille n'est pas perdue ? Ah mais moi, je veux dire aux Français qu'on va gagner. Et vous savez, dans tous les mouvements sociaux, on s'est heurté à des gouvernements qui nous ont dit on ne lâchera jamais, jusqu'à ce qu'ils lâchent, jusqu'à ce qu'ils finissent par renoncer à leurs réformes. Et aujourd'hui, on a une journée de mobilisation qui est historique.

Il n'y a jamais eu autant de monde dans la rue, pas qu'à Paris d'ailleurs, mais aussi dans beaucoup de petites villes, beaucoup de villes moyennes de régions. Et donc, je pense qu'effectivement, à la fin, ils finiront par lâcher. Parce que ça n'est pas vrai. On ne peut pas diriger un pays contre le peuple. Et aujourd'hui, le peuple, il est très, très, très massivement contre cette réforme et mobilisé dans les rues, dans les grèves. Et on le verra dans les jours et les semaines à venir. Adélaïde, je vais te dire ton infocom en master. OK. Et aujourd'hui, tu es là avec tes camarades pour la raison première ?

Pour la réforme de la retraite, pour être contre, parce qu'elle est injuste et surtout injuste pour les femmes. Parce qu'on voit, bon, moi, je ne suis pas encore dans le milieu du travail, mais j'ai autour de moi plein de femmes qui ont eu des carrières assurées. Elles ont dû se mettre en congé maternité pour garder les enfants et elles, elles vont être pénalisées par la réforme de la retraite. Et donc, pour toutes les femmes précaires, je pense que c'est important qu'on soit dans la rue parce qu'on les soutient et qu'entre femmes, on se soutient et voilà, on a envie d'être solidaires avec tout le monde. Il faut changer de monde, en fait. On vit la loi du patronat.

La réforme de la retraite, c'est une expression de plus de cette loi. Les seuls qui se gavent. Et là, et qui nous demandent de bosser plus, les seuls qui soutiennent la réforme. Il faut passer à une étape supérieure. Et aux personnes qui, encore, nous disent, encore et toujours, les jeunes, voilà, la retraite, c'est dans très longtemps, ça ne vous regarde pas. Tu pourrais répondre quoi à ces personnes ? Je pense que c'est assez hypocrite parce que quand on n'est pas dans la rue et qu'on ne fait rien, on va aussi nous prendre en nous disant qu'on s'en fout, qu'on a envie de rien considérer parce qu'on est là, on profite de la vie étudiante et quand on se bouge, on dit si on est critiqué.

Donc je pense que c'est un peu une hypocrisie, donc voilà. Les quatre syndicats à l'RATP viennent de faire un appel à la grève au conductif à partir du 7 mars. C'est ça qu'il faut décliner de partout. C'est ça que craint le gouvernement. Mais ça ne peut pas être une journée de 24 heures de plus. Il faut que le pays soit entièrement bloqué. Il faut qu'on les fasse plier. Et ça passera par un nouveau mai 68. Et la jeunesse, elle a toute sa place là-dedans.

Dans les facs, dans les AG, dans les comités de mobilisation, il faut que partout, on pose le débat de comment les universités, comment les lycées, par leur détermination, par leur énergie, par leur capacité d'aider et de bloquer nos facs, on peut contribuer à ce que le 7 mars soit le début d'un 5 décembre 2019, d'un mouvement de grève au conductible. Du coup, en tant que travailleurs et travailleuses, on est aussi impactés par la réforme des retraites. Donc on doit être là, on doit être en solidarité. Pourquoi on fait un pink bloc ? Parce qu'en fait, on est aussi énormément touchés par la réforme des retraites. Parce qu'on a parfois des carrières H.E. en tant qu'LGBTI.

Parfois sur les parcours de transition, notamment avec les personnes trans. Est-ce que tu sens que les jeunes, le veulent, sont prêts ? Tout à fait. Ils sont prêts. Mais pour donner confiance, il faut des plans de bataille. Il faut des plans qui soient victorieux. Et aujourd'hui, on l'a vu, les journées de grève une fois par semaine, même si on est 2, 3 millions, elles ne suffisent pas à elles-mêmes. Parce que ce qu'il y a en jeu aujourd'hui, pour les patronats, et pour nous aussi, c'est pas que la question de la réforme des retraites. Ils savent qu'il y a un enjeu qui va au-delà, qu'il y a un enjeu politique.

Moi, en mon nom, en tout cas, ce que je peux dire, la retraite à 60 ans, c'est une première étape, avec 37 ans en canuité. Mais je pense qu'on pourrait aller beaucoup plus loin. Et notamment, je pense qu'il faudrait revoir la définition du terme travail. Qu'est-ce que le travail ? Et je pense que quand on est retraité, on n'arrête pas de travailler. On arrête sans doute le travail contraint, mais on n'arrête pas de travailler. Quelle classe va dicter les suites ? Est-ce qu'on va continuer à subir les lois des capitalistes, sur tous les domaines ? Sur le domaine du travail, du repos, sur la question du climat ? Ou est-ce qu'une fois pour toutes, on va imposer une autre logique de société ?

C'est ça qui se joue. Et ça, les classes dominantes le savent. Et c'est pour ça qu'ils en font un enjeu politique. Il faut qu'on comprenne qu'on doit agir en conséquence. Et ceux qui craignent, c'est un mouvement qui chamboule tout. Parce que les mouvements qui vont venir, ils peuvent tout chambouler. Mais il faut qu'on se donne les moyens. Et ça, ça passera par tout construire pour que le 7 mars, ça soit un vrai mouvement de grève générale reconductible. 65 ans, c'est inacceptable. Personne ne l'accepte. Les gens qui ont eu la vie dure. Alors que moi, je pense que justement, les gens qui ont eu la vie dure. Pourquoi ? Pourquoi aujourd'hui ? C'est assez évident.

Si tu ne sors pas du bois, on va te le piquer, ton tas de bois. Donc pour le protéger, pour pouvoir le transmettre à tes enfants, tes droits comme ton tas de bois, mets la main dessus et puis bats-toi pour le conserver. C'est aussi con que ça. On est là, c'est la justice. Et au fond, c'est la justice qui défile. Est-ce que vous pensez, est-ce que vous croyez encore en la justice aujourd'hui quand on a un gouvernement qui s'obstine, etc. La justice, elle n'est pas dans le gouvernement. Ils ont beau avoir un ministre de la justice, la justice, hélas, hélas, ne siège pas dans ce gouvernement. Elle devrait. La bienveillance, l'humanité, ce n'est pas le cas.

Là, maintenant, il va falloir passer à la vitesse supérieure, j'imagine. Il faut qu'on ne puisse plus circuler, il faut qu'on ne puisse plus acheter d'essence. Il est où ? Il faut mettre le pays à l'arrêt. Je pense que le théâtre est toujours politique, qu'il le veuille ou non. Ça ne veut pas dire qu'il doit être politicard ou même militant, d'ailleurs. Mais en tant que... Vous savez, Desmayerold a dit, le théâtre n'est l'humanité. Donc, dans l'humanité, l'humanité, c'est politique. Mais la radicalisation, la radicalisation... Si tu déplaces légèrement l'objectif, tu vas vers, je ne sais pas, moi, les gens du gouvernement. Et c'est eux, les radicalisés.

Enfin, ils sont complètement fous, quoi. Enfin, c'est complètement insensé de bloquer le pays, de faire sortir les gens. Enfin, tu crois que j'ai que ça à foutre, moi, de reporter les grands boulevards. Et toi, c'est pareil. Et les copains, etc. On a autre chose à faire, non ? On a à s'occuper de nos enfants, aller à la pêche, jouer au badminton. Et là, depuis que Macron, il a été élu, je passe ma vie sur les grands boulevards. Ça va cinq minutes, quoi. Non, il va falloir s'organiser derrière pour soutenir, évidemment, les grévistes. Organiser des événements à droite, à gauche. Et abonder les caisses de grève. Parce que les copains, ils sont comme toi et moi. Ils ont des crédits.

Il faut manger, il faut remplir le frigo. Il faut savoir que la dernière grève à la SNCF, avec les cheminots, ils ont pris 60 jours de grève, quoi. 60 jours. Deux mois. Je ne reconnais pas beaucoup qui sont prêts à faire ce sacrifice-là. Donc, il va falloir les épauler, et sérieusement, quoi. Il n'y a personne autour de Macron qui a les épaules pour vendre l'invendable. Ce truc n'est pas vendable. Personne n'en veut. Personne n'en veut. Quand tu vois Dussopt arriver, sans déconner, il porte toute la misère du monde sur ses maigres épaules. Aurore Berger ? Mais qui a envie d'entendre Aurore Berger ? Sur quoi elle peut te convaincre, Aurore Berger ?

Peut-être sur le choix de ses lunettes, à la limite. En fait, ils nous prennent pour des mules, quoi. C'est ça qui fait mal, aussi. Monsieur Berger, appeler à manifester un samedi, c'est quand même particulier, c'est assez rare dans le mouvement syndical. Pourquoi ce choix-là ? C'est une volonté qu'a souvent exprimée la CFDT. La dernière fois, c'était en 2010, il y avait 900 000 personnes. Là, on a dépassé ça en France, je pense, aujourd'hui.

Tout simplement parce que ça permet à des gens qui ne peuvent pas forcément le faire, normalement, dans la semaine, parce que des problèmes de pouvoir d'achat, des problèmes d'emploi, etc., de conciliation personnelle, eh bien, ça permet de venir manifester. On a aujourd'hui une grande diversité dans les mobilisations de professionnels parce qu'on est un samedi. Beaucoup de monde, beaucoup de ferveur, beaucoup d'envie, beaucoup de gens pour qui c'était une première manifestation, il ne faut pas l'oublier, beaucoup de familles, beaucoup d'enfants. Donc, le côté samedi, finalement, ça fonctionne. Ah, mais ça, indéniablement, les Gilets jaunes, ça fait 4 ans qu'on le gueule.

On n'a pas, nous, la possibilité, les 30 millions de Français non syndiqués, non politisés, non encartés, nous n'avons pas les moyens de perdre 80 euros, aujourd'hui, en semaine. Le samedi, c'était le meilleur des compromis à mettre en place. On voit, enfin, le pouvoir, l'exécutif, craint en radicalisation du mouvement. Qu'est-ce que vous comprenez, vous, par ce terme-là, radicalisation du mouvement ? Rien, si c'est la détermination, oui. Regardez, autour de vous, mais la CFDT, elle sera toujours la CFDT. On n'ira pas vers la bordélisation, on n'ira pas vers... Qu'est-ce que vous appelez, bordélisation ?

On n'ira pas contre l'atteinte des biens et des personnes, on n'ira pas à gêner les citoyens, ce n'est pas notre conception de l'action syndicale. Dans la presse, on vous appelle les rovins des bois, quand vous coupez l'électricité quelque part, vous donnez l'électricité aux personnes qui n'en ont plus, comment vous qualifiez vos actions ? On a un service public, déjà, de une. Donc, après, soit nous, on rend service au public. L'électricité, c'est pour tous et à tous. L'électricité, ce n'est pas pour le privé. C'est ça, le truc, c'est pareil pour le gaz. Aujourd'hui, la CFDT fait la preuve de sa mobilisation en toute convivialité, de façon festive, et c'est ça qu'on considère.

Vous ne soutenez pas les actions de la CFDT énergie, par exemple ? Non, on est dans l'intersyndicale ensemble, on s'est exprimé ensemble, je crois qu'on est largement en lien aujourd'hui avec Philippe Martinez, pour qu'il n'y ait pas de problème entre nous. Est-ce qu'on peut aujourd'hui se satisfaire de marcher dans la rue, de faire des actions symboliques ? Mais manifestement, vous ne vous êtes pas d'accord avec ça. Pourquoi on doit en arriver à là, en fait ? Apparemment, il n'y a pas d'autre moyen. C'est qu'il n'y a que comme ça qu'on peut se faire entendre, et c'est malheureux en 2023. On ne peut pas parler, on ne peut rien dire. On ne se sent pas écouter, quoi.

Donc forcément, après, chacun agit comme il le veut. Tout le monde est grand, tout le monde est responsable. Après, on reste toujours sur le même schéma. Je n'ai pas voulu en parler avant cette semaine pour éviter de démotiver le samedi, mais quand on te pose trois semaines entre deux manifs, c'est à se poser des questions. Je me demande si vraiment cette méthodologie traditionnelle des manifestations, à la fois merguez et mojito, est-ce que c'est vraiment porteur ? Parce qu'on voit que le gouvernement ne plie pas. Moi, je trouve ça, c'est plus dommage pour les usagers, puisque là, ils vont entrer dans une phase où malheureusement, le prix ne va faire qu'augmenter.

Et ça, je pense que tout le monde n'aura pas l'argent pour pouvoir malheureusement se chauffer, même se nourrir. Il y en a malheureusement, ils n'arriveront pas à payer les factures. Il y a aussi des méthodes. On voit la CGT Energy qui réactive l'énergie. Il y a des trucs quand même un peu plus musclés. Ce n'est pas forcément d'être musclé. Si on reprend les études sociologiques qui avaient été faites sur les ouvertures de péage, même les mecs qui avaient de la thune, ils adoraient ça. Tu vois ce que je veux te dire ? C'était une action qui allait en servant le citoyen. À défaut de le desservir des fois pour des greffes, parce que les gens sont forcément bloqués, si tu veux.

Mais tu vois, il y a d'autres actions qui sont possibles d'être emmenés et de faire plaisir aux gens et de montrer qu'il y a un impact. Tu vois ce que je veux te dire ? Tout citoyen doit prendre sa responsabilité à arriver à un moment donné pour un avenir meilleur et pour un futur meilleur, pour nos enfants et même pour les plus anciens qui se sont déjà battus. Ça veut dire quoi, prendre ses responsabilités ? C'est par exemple là venir manifester quand il faut manifester, aller voter quand il faut aller voter, s'intéresser un peu plus à la politique qui malheureusement a été oubliée depuis un petit moment par le peuple français.

La gilégionisation, je te jure que c'est un verbe qui est génial. J'ai passé une semaine sur les réseaux sociaux et dans la rue. Le verbe que j'ai le plus entendu, bloquer. Bloquer, bloquer, bloquer, bloquer. Tout le monde en parle, mais personne ne le fait. Ça s'organise. À quand ? On attend le 7 mars. À quand ? On parle du 7 mars. Madame disait, attends, 7 mars. Le 7 mars, on est limite, c'est dans un mois. Est-ce que l'urgence a le temps d'attendre aujourd'hui ? Est-ce que l'urgence du quotidien aujourd'hui peut se permettre le luxe d'attendre que quelques-uns partent en vacances ? Qu'est-ce que c'est ?

Quelques jours de vacances en moins contre 4 ans de bonheur en plus à la fin d'une vie de travail ? Mais on va y arriver, petit à petit. Il faut y croire. C'est tous ensemble, on y arrive. C'est comme ça qu'il faut voir les choses. La misère ne prend pas de vacances. Maintenant, on est là. On a des tables, des chaises. On discute. Et on essaie de mettre en place des convergences d'actions qui permettent de faire entendre tout le monde. De mardi 7 à samedi 11 février, une chose est certaine. Le nombre de participants et participants en mobilisation a fortement progressé dans tout le pays, passant de 757 000 manifestants à 963 000. En France, selon la police, 2,5 millions selon la CGT.

A Paris, cette dernière aura comptabilisé ce samedi un demi-million de manifestants. Un itinéraire bis a même dû être mis en place pour absorber tout ce monde entre république et nation. Le premier parcours via Voltaire, le second via Bastille. preuve du succès de la mobilisation qui illustre un rejet toujours plus fort de la réforme. Mais les manifestants le disent, ils ne sont pas dupes des intentions du gouvernement qui semblent avancer tête baissée, les mains sur les oreilles. Un mot est alors sur toutes les lèvres, blocage.

En attendant le 7 mars, qui promet de passer la vitesse supérieure, l'intersyndicale appelle à une nouvelle mobilisation de masse le 16 février prochain, donc en semaine. Nous y serons pour suivre l'évolution du mouvement social. En attendant, partagez cette vidéo sur vos réseaux et abonnez-vous aux médias des 5 euros par mois sur lemediatv.fr.