Présidentielle 2022, fraude sociale, fin de l'ère Merkel... Le "8h30 franceinfo" de Michel Barnier
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Bonjour Michel Barnier, vous êtes candidat à la présidentielle, on est à 7 mois de l'élection et votre parti, les Républicains, n'a toujours pas désigné celui ou celle qui va le représenter. D'ailleurs, on ne sait pas comment cette désignation aura lieu, c'est seulement demain que le Congrès des Républicains va choisir entre une primaire ou un vote interne. Pourquoi c'est si long, pourquoi c'est si lent, pourquoi c'est si laborieux ?
Ne soyez pas impatients, il n'y a pas de candidat providentiel, d'homme ou de femme providentiel, je n'y crois pas. Il y a plusieurs ambitions qui s'expriment et c'est assez légitime, il y a beaucoup de talent dans cette famille, comme il y a beaucoup d'élus locaux, départementaux, régionaux, il y a beaucoup de militants. Et donc ça prend du temps et il faut donner ce temps au débat et c'est la démocratie du parti. Ne soyez pas impatients puisque s'agissant de la méthode, c'est pas plus tard que samedi soir que vous aurez la réponse. Demain, autrement dit.
Demain, les militants, et c'est eux qui sont au cœur de cette démocratie dans notre parti, dans ce parti qui a toujours été le mien, ils choisiront soit entre un vote ouvert, ce que je souhaite, c'est ma préférence, élargi aux citoyens, au-delà des militants, et avec les militants qui sont dans les valeurs du centre et de la droite républicaine, ou alors un vote réservé aux militants. Et tout ça aura lieu le 4 décembre. Voilà, ne soyez pas trop impatients, ça donne le temps du débat, d'expliquer pour chacun ses idées. Et puis, le temps qu'il faut, et c'est l'objectif qui est le mien, de se retrouver, de se réunir, parce qu'il faudra tous faire partie de la même équipe.
Michel Barnier, vous êtes pour une primaire ouverte. Il y en a un autre qui a un avis sur la question, même s'il ne fait plus partie des Républicains. Il s'appelle Xavier Bertrand, lui aussi est candidat à l'élection présidentielle. Il était l'invité de France Bleu Nord hier. On l'écoute.
Moi, j'ai dit primaire, pas de question, pas de primaire. Pourquoi ? Parce que c'est une machine à se diviser. Or, on a besoin de se rassembler. Je suis un homme de droite, et je voudrais avoir le soutien à la fois de LR, aussi des centristes, de l'UDI, mais aussi porter une candidature de plus large rassemblement.
Elle vous agace, cette attitude de Xavier Bertrand ? Il la joue trop solo ?
Il a choisi de quitter, pour des raisons diverses et variées, notre famille politique, comme d'ailleurs Valérie Pécresse, mais ils appartiennent à cette famille. Si on veut le soutien de nos militants, qui méritent d'être respectés, et qui vont avoir le dernier mot, si on veut avoir le soutien des militants, celui des élus, si on veut représenter cette famille, dont le projet politique, j'espère que nous en parlerons, correspond à ce qu'attendent les Français aujourd'hui, dans une situation grave. Alors, il faut jouer la règle du jeu. C'est une question de loyauté, une question de confiance mutuelle.
Mais ça veut dire qu'à la fin, il y aura forcément un candidat unique pour la droite ?
Mais c'est obligatoire. C'est notre responsabilité de transformer tous les essais que nous avons marqués. Christian Jacob a fait un bon travail. Le Parlement, le groupe du Sénat, celui de l'Assemblée, les élus locaux, les élections qu'on a gagnées, les militants qui ont été là, qui sont revenus. Il faut transformer ces essais et trouver le moyen d'exprimer, de personnaliser avec un seul candidat. Et j'espère être ce candidat. Ce que j'entends...
Vous l'appelez à la responsabilité, Xavier Bertrand, si je vous entends bien, en participant à cette primaire ouverte que vous appelez de vos voeux.
L'une ou l'autre des formules, c'est les militants qui choisiront, je vous l'ai dit, demain. Et en toute hypothèse, dans cette famille que je n'ai jamais quittée et qui est la mienne, moi, je respecterai la règle du jeu. C'est une question de loyauté. Ce que je sens simplement, c'est un mouvement sur cette candidature que je présente, parce que les militants, nos adhérents, nos sympathisants, veulent un candidat qui rassemble, qui rassure, qui agit. Qui réconcilie aussi, qui fait les réformes dont ce pays a besoin, et qui soit prêt, parce que, permettez-moi de le dire, au-delà des problèmes d'un parti, ce qui est important, c'est la France. Les problèmes graves, les tensions, les divisions.
On va parler de vos propositions, Michel Barnier.
Oui, on va en parler, parce que c'est ça qui est le plus important, plutôt que la méthode ou le processus.
Sauf que la méthode compte à cette mois de la présidentielle, et sachant qu'il y a plusieurs candidats dans les autres partis qui sont sur la ligne de départ.
Je vous ai répondu, il y aura un seul candidat au bout de la route, parce que nous avons un devoir de responsabilité, vis-à-vis de nos adhérents qui sont impatients, et vis-à-vis des Français.
Juste, votre parti n'a toujours pas désigné son candidat, mais il pense déjà à la manière dont il pourrait le déploguer en cas de problème. La clause Fillon a été adoptée par les Républicains. La clause Fillon, c'est quoi ? C'est pouvoir démettre son candidat à n'importe quel moment, et pour quelque raison que ce soit. Ça veut dire quoi, pour quelque raison que ce soit ?
Mais ça veut dire que s'il y a une situation grave, imprévisible ou imprévue, une maladie ou quelque chose qui rend difficile la candidature de la personne qu'on a choisie, on peut en changer, c'est tout aussi simple que ça.
Comme ce qui s'est passé pour François Fillon en 2017.
Oui, mais peu importe la question, vous faites une référence à cette période.
C'est pour ça qu'elle a été adoptée, cette clause, aujourd'hui.
Oui, mais franchement, il y a d'autres sujets plus importants que celui-là. Le parti s'organise, faites-lui confiance, c'est la démocratie des militants qui va gagner, et au bout de la route, il y aura un seul candidat. Et j'espère être ce candidat, encore une fois, pour faire gagner mon pays, pour que les Français soient respectés, pour faire respecter la France.
Même si vous êtes troisième dans les sondages, la grande enquête IFOP dévoilée par votre parti ces derniers jours.
Oui, mais je suis candidat depuis moins de quatre semaines. Et j'ai fait les choses sérieusement, je suis allé au contact des Français, et je trouve très stimulant d'avoir des marges de progrès. Et je vais les utiliser, ces marges de progrès.
Là où vous êtes le plus plébiscité, entre guillemets, le seul, d'ailleurs, la seule catégorie dans laquelle vous êtes devant, c'est sur votre stature internationale. C'est là-dessus que vous voulez jouer, sur le fait que vous pouvez représenter la France à l'étranger. C'est ce que disent de vous les militants de droite.
Oui, mais laissez le temps au débat, aux militants, de se faire une opinion. Laissez-moi aller à la rencontre des citoyens pour me faire connaître tel que je suis. Quelqu'un qui a été élu local, j'ai été présidé à un département, la Savoie, pendant 17 ans. J'ai eu l'honneur d'être quatre fois ministre, notamment auprès de Jacques Chirac et de Nicolas Sarkozy, et de faire bien mon travail. J'ai eu cette expérience internationale. Le président de la République, au lendemain de son élection, il va devoir aller au Conseil européen, retrouver ses collègues, Premier ministre ou Président des 26 autres pays. Je connais tous ces dirigeants. J'ai travaillé avec eux pendant quatre ans.
J'ai même été invité à ce Conseil européen, à chacune de ces réunions. J'ai eu l'occasion de rencontrer le président des Etats-Unis en tête à tête, ou le président Poutine. Donc, je suis prêt. Il faut que le président de la République soit prêt, parce que les défis mondiaux, vous le voyez bien, dans ce monde qui est fragile, instable, dangereux, les défis dans notre pays sont extrêmement graves, celui de l'unité du pays, de la sécurité publique, d'une immigration qui n'est pas maîtrisée. C'est ça qui est important, franchement. C'est ça qui m'intéresse.
Michel Barnier, quel type de président vous aimeriez incarner ? On a eu le président normal avec François Hollande, l'hyper-président avec Nicolas Sarkozy. Aujourd'hui, on a Jupiter, Emmanuel Macron. Vous, c'est quel style de président ?
C'est vous qui dites tout ça.
Ils se sont auto-déterminés comme ça.
Oui, moi, je me présente tel que je suis, pour être un président juste, qui gère sérieusement et simplement ce pays, pour réconcilier les Français. Il y a trop de tensions dans ce pays, il y a trop de divisions, de clivages. Le président, il n'y a pas la science infuse. Je connais bien les institutions de la Ve République. Elles permettent au président d'orienter, de représenter le pays, de le rassembler. Mais le gouvernement doit gouverner. Le Parlement doit être respecté. Les syndicats, le dialogue social est important. Les collectivités locales. J'ai présidé un département, je le répète, pendant près de 20 ans.
Je ne trouve pas normal qu'on ait laissé de côté, qu'on se soit méfié des régions, des départements, des communes, y inclues dans cette grave crise du Covid. Donc, je pense que le président doit remettre du collectif.
C'est Emmanuel Macron qui a dirigé tout seul ? C'est ça que vous dites ?
Oui, je pense que le pouvoir sortant, le président sortant, a géré ce pays de manière trop solitaire.
Michel Barnier, vous vous présentez aussi comme patriote et européen. On va faire justement entrer dans le détail de vos propositions dans un instant, juste après le fil info, à 8h40 avec Diane Ferschit.
Après les incidents mercredi soir en marge du match de Ligue 1 en Angers-Marseille, la commission de la Ligue de football professionnelle prend des mesures à titre conservatoire, fermeture de lignes des tribunes, du stade Angevin et interdiction de déplacement pour les supporters marseillais. Sur France Info, l'ancien président de la Ligue, Frédéric Thirier, estime qu'il ne faut jamais baisser la garde face à ces violences. Il faut selon lui agir en amont. Ils sont suspectés d'avoir voulu s'en prendre à une loge maçonnique en Moselle. 5 hommes âgés de 23 à 58 ans, ont arrêté des interpellations dans le cadre d'une enquête antiterroriste sur le groupe néo-nazi Honneur et Nation.
Deux de ces personnes étaient déjà incarcérées dans l'affaire, cette fois de l'enlèvement de la petite Mia en avril dernier. Ariane Group pèse son retard par rapport à ses concurrents, notamment l'américain SpaceX, et annonce la suppression de 600 postes en France et en Allemagne. Il y a un plan social qui va concerner tous les sites du groupe le plus touché, celui de Vernon dans l'heure. Aux Etats-Unis, l'ex-policier Derek Chauvin fait appel de sa condamnation dans l'affaire du meurtre de l'afro-américain de George Floyd. En juin dernier, il a été condamné à 22 ans et demi de prison.
France Info Le 8.30 France Info Salia Brachia, Laurent Sénéchal Michel Barnier, vous vous présentez comme patriote et européen sur votre biographie Twitter en l'occurrence. C'est une réponse au nationalisme de Marine Le Pen ?
Moi, je suis patriote et depuis toujours, mon premier engagement était derrière le général de Gaulle, tout jeune militant dans mon lycée à Albertville. Et le rôle du président de la République, sa mission, c'est de défendre l'intérêt national et la souveraineté nationale. La question, quand on regarde le monde tel qu'il nous entoure, c'est comment on défend cette souveraineté nationale face au terrorisme, face au changement climatique, face à la finance mondiale qui est au-dessus de nos têtes et qui domine tout et beaucoup trop de choses, face à beaucoup d'autres défis. Comment on se défend ? Comment on défend notre intérêt national ?
Moi, je pense, dans certains domaines et pour certains défis, qu'il faut des souverainetés nationales solidaires, qu'il faut coopérer. Et c'est d'ailleurs l'idée et l'ambition du président de la République depuis 1958, depuis le général de Gaulle, qui a toujours porté le projet européen. Le projet européen est un projet, est une ambition française et elle le restera si je suis élu.
Cette souveraineté nationale ?
Je vais ajouter un mot que je crois important. On a besoin des nations pour combattre le nationalisme. On a besoin des nations. Et les nations, notre nation, comme celle d'à côté, que nous respectons, avec lesquelles nous travaillons, c'est une langue, c'est un peuple, ce sont des traditions dont il faut très fier, c'est une histoire, c'est une culture et il faut que l'Europe respecte ces nations. Je pense qu'on a besoin des nations pour combattre le nationalisme.
Le projet européen ne respecte pas la culture française ou la spécificité française ? C'est ça qui rend
le projet européen difficile. Nous ne sommes pas une fédération et je ne suis pas fédéraliste, je suis gaulliste. Donc il faut mutualiser, si vous voulez un mot qui caractérise à mes yeux le projet européen, c'est le mot de mutualisation. On ne fusionne pas, on n'efface pas les différences, on respecte les différences. Les peuples ont besoin de garder leurs racines, leurs traditions et pourtant il faut travailler ensemble. C'est pour ça que l'Europe n'est pas simple à gouverner et qu'il faut accepter cette complexité tout en ayant de l'influence dans cet ensemble européen.
Michel Barnier, il y a un domaine sur lequel vous voulez instaurer une souveraineté nationale en Europe, une souveraineté juridique même. Il s'agit de l'immigration, vous voulez instaurer un bouclier constitutionnel pour que la France ne soit plus soumise à la Cour de justice européenne ou à la Cour européenne des droits de l'homme. Vous étiez, vous, commissaire européen, pourquoi aujourd'hui vous voulez contourner les règles européennes ?
Non, excusez-moi. Il faut être précis. D'abord, il s'agit seulement et seulement de l'immigration. C'est ce que je viens de dire. Il faut éviter de généraliser. Nous avons besoin d'une Cour de justice. Nous avons besoin de la Convention européenne des droits de l'homme et il ne s'agit pas de les mettre en cause. Nous avons besoin d'une politique européenne d'immigration, de l'asile qui ne fonctionne pas aujourd'hui. Et nous avons besoin d'une politique française qui fonctionne, ce qui n'est pas le cas aujourd'hui.
Mais ce qui l'empêche, c'est la Cour européenne des droits de l'homme.
Ce qui crée un problème, c'est une addition de jurisprudence de la Cour de justice, de la Cour européenne des droits de l'homme, du Conseil constitutionnel français, du Conseil d'État, dont je suis membre d'ailleurs, qui ne nous donne pas la liberté de prendre des mesures quelquefois dans le cadre de la sûreté nationale. Et donc, quand quelque chose ne fonctionne pas, il faut le dire. L'autre jour, j'entendais l'ancien Premier ministre de M. Macron, Édouard Philippe, dire à propos d'une décision de la Cour de justice, d'une décision qui nous empêche d'organiser le travail des armées. Le temps de travail des militaires en France, la Cour de justice se mêle de ça.
Il disait que c'est une décision absolument inadmissible qui est contraire à notre souveraineté nationale. Je n'ai entendu personne protester contre les propos d'Édouard Philippe. Je dis simplement...
Là, la différence, Michel Barnier, c'est que vous dites la même chose que Marine Le Pen. Vous souhaitez un moratoire sur l'immigration, vous souhaitez qu'on ne respecte plus les règles européennes.
Je ne dis pas la même chose que telle ou telle autre personne. Madame, je regarde les problèmes. Le président de la République et un candidat à la présence de la République doivent être sérieux et regardent les problèmes qui se posent dans notre pays. Et si vous me dites que tout fonctionne bien pour l'immigration en France, je ne suis pas d'accord. Si vous me dites que tout fonctionne bien pour l'immigration en Europe, je ne suis pas d'accord. Quand quelque chose ne fonctionne pas, il faut le changer. C'est ça la responsabilité. Je n'écoute pas les uns et les autres, je regarde, j'écoute les Français.
Alors pour qu'on comprenne bien à quelle immigration vous voulez toucher ?
Il ne s'agit pas de toucher en quoi que ce soit la liberté de circulation à l'intérieur de l'Union Européenne. Donc on ne rétabille pas
les frontières nationales.
Il s'agit de maîtriser l'immigration qui vient d'autres pays tiers, notamment d'Afrique, du Proche-Orient ou d'Asie et de mieux accueillir ce que nous choisissons d'accueillir, d'appliquer rigoureusement le droit d'asile qui est à l'honneur de notre pays, d'accueillir des étudiants mais de vérifier que les procédures, les regroupements familiaux, les titres de séjour pour soins sont appliqués rigoureusement ce qui n'est pas le cas aujourd'hui.
Donc nous allons donner par un référendum qui sera proposé aux Français au mois de septembre prochain et j'en présenterai les termes au lendemain de l'élection présidentielle au moment des élections législatives pour que quand on élira les députés au mois de mai ou juin on sache exactement qui pense quoi et nous verrons bien qui se prononce pour ou contre ce référendum. Ce référendum a deux objectifs. Un, de donner au Parlement la possibilité chaque année de se prononcer sur les quotas d'immigrés économiques. Deux, de créer ce bouclier constitutionnel pendant le temps du moratoire pour nous permettre de mettre à plat toutes nos procédures et nous le ferons avec humanité et avec rigueur.
Et la question ce serait quoi dans ce référendum ? Ce serait voulez-vous mettre en place des quotas ? Ce serait voulez-vous vous accorder sur le nombre ?
Non, la constitution a été mise en place depuis 1958 et modifiée plusieurs fois sans qu'on ait vraiment des mots qui concernent l'immigration. Donc nous allons donner au Parlement la possibilité de se prononcer sur des quotas chaque année. Et le niveau
vous l'avez déjà établi ?
Non, non. Pas du tout. Laissez le débat se dérouler et nous voulons d'abord remettre à plat des procédures qui ne fonctionnent pas. Et vous savez je vais ajouter une chose par rapport à tous ceux qui surtout à Bruxelles s'émeuvent. Je n'ai pas changé. Je reste passionnément patriote et définitivement européen parce que je suis patriote. Mais quand on me dit qu'il ne faut rien changer je dis faites attention. Moi j'ai géré le Brexit pendant 4 ans et demi. Le Brexit ce n'est pas une petite affaire. C'est un très grand pays qui a quitté l'Union Européenne. Et j'ai essayé de comprendre je le dis dans le livre que j'ai publié au mois de mai pourquoi ça s'est produit.
Et je veux changer ce qui a provoqué le Brexit pour que ça ne se produise pas ailleurs. Je mets en garde. Donc vous dites
qu'il faut reculer dans certains domaines au niveau de l'intégration européenne pour mieux rester dans l'Europe en fait.
Mais il ne s'agit pas de reculer il s'agit de s'adapter que chaque pays puisse prendre des mesures cohérentes et qu'on ait le temps de mettre à place ces procédures en France qu'on ait le temps d'un dialogue avec nos partenaires européens pour créer une vraie politique d'immigration et d'asile et qu'on ait le temps aussi de discuter avec les pays d'où viennent ces immigrés pour qu'on ait un contrat avec eux.
Michel Barnier parmi vos autres propositions on a relevé la lutte contre la fraude sociale notamment les cartes vitales. Comment vous comptez lutter contre ces fraudes là ?
Il y a un problème dans ce pays là aussi c'est le rôle d'un candidat et du président de l'Union Européenne de le traiter. Quand vous regardez les personnes qui sont éligibles et qui vivent sur notre territoire qui sont éligibles à des droits sociaux à l'assurance maladie il y a 2,5 millions de plus de personnes qui ont des droits par rapport au nombre de gens qui vivent dans notre pays. 2,5 millions de plus. Si ce n'est pas un problème qu'il faut traiter et peut-être sans doute plus. En tout cas 2,5 millions de plus de personnes qui ont des droits ouverts par rapport au nombre de gens qui vivent dans le pays.
Donc il faut regarder où est le problème et donc une manière de le faire de manière juste et rigoureuse humaine c'est de faire une vérification biométrique et de changer les cartes vitales.
Vous attaquez spécifiquement à ce problème-là. Ce n'est pas forcément la fraude qui coûte le plus cher à la France. La fraude sociale. 1 milliard d'euros pour la fraude sociale 100 milliards d'euros pour la fraude fiscale c'est la Cour des comptes.
Oui mais je pense aussi qu'il faut traiter la question de la fraude fiscale et la fraude sociale toutes les fraudes excusez-moi vous dites 1 milliard c'est déjà pas rien 1 milliard c'est sans doute beaucoup plus que ça 100 milliards d'euros et vous me dites qu'il ne faut pas le traiter. C'est ça que vous avez votre question. Moi je dis qu'il faut traiter
Vous me posez cette question
sur ce problème-là et je vous réponds que nous allons traiter rigoureusement en créant d'ailleurs des services spécialisés la question de la fraude sociale et la question de la fraude fiscale.
Michel Barnier ancien négociateur du Brexit candidat à la présidentielle vous restez avec nous le fil info d'abord à 9h50 à 8h50 c'est avec Diane Ferchit.
En France et en Allemagne 600 suppressions de postes sont annoncées chez Rien Groupe d'ici la fin 2022 une ligne de production du site de l'heure va déménager en Allemagne. Rien Groupe subit la concurrence notamment de SpaceX et de l'avance de l'américain dans les lanceurs réutilisables. Coup de filet dans le milieu de l'ultra droite 5 personnes suspectées d'avoir voulu mener une attaque contre une loge maçonnique en Moselle interpellées dans les Hauts-de-Seine la Nièvre et en Charente maritimes deux des suspects étaient déjà en détention dans l'affaire cette fois de l'enlèvement de la petite Mia.
A Marseille une enquête ouverte pour violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner après le décès d'un usager dans le métro. Mercredi l'homme a été amené au sol et maîtrisé par des agents de la régie des transports il refusait de se plier à un contrôle. Les violences entre supporters d'Angers et de Marseille lors de la 7ème journée de Ligue 1 de football et la commission de discipline de la LFP ferment à titre conservatoire une tribune la plus animée du stade d'Angers. Les supporters marseillais sont privés du prochain déplacement de leur équipe. France Info
Le 8.30 France Info Salia Braquia Laurent Sénéchal
Michel Barnier candidat à l'élection présidentielle vous dites aussi que vous voulez encourager ceux qui ne travaillent pas à le faire c'est pas déjà le cas aujourd'hui ?
Non c'est pas suffisamment le cas quand vous rencontrez les français les chefs de petites et moyennes entreprises les artisans vous avez un problème c'est que vous avez des centaines de milliers d'emplois qui ne sont pas pourvus des entreprises des entrepreneurs qui ne trouvent pas à embaucher et puis vous avez un taux de chômage quasiment double de celui de l'Allemagne c'est un problème c'est un problème de la formation qui n'est pas suffisamment adapté sans doute aussi le fait que les bas salaires ou les salaires moyens ne sont pas suffisants que le fait de travailler le mérite n'est pas suffisamment récompensé c'est à dire qu'il faut
augmenter les salaires vous dites ça aux chefs d'entreprise aujourd'hui ?
Oui il faut augmenter certains salaires notamment les salaires intermédiaires le SMIC il y a déjà un certain nombre de mesures qui ont été prises je parle au salaire intermédiaire au delà de un SMIC et demi et puis il faut sans doute regarder aussi comment le cumul de certaines aides sociales quelquefois est supérieur au salaire qu'on touche et donc on n'est pas encouragé à travailler donc nous allons regarder cela de manière encore une fois humaine et rigoureuse pour que ce pays notre pays retrouve la capacité de faire redémarrer toutes ces énergies ce pays notre pays a beaucoup d'énergie beaucoup de ressorts beaucoup de ressources il peut être je le pense la première puissance économique et agricole dans les 15 ans qui viennent et c'est ça l'objectif
une allocation sociale unique plafonnée mais plafonnée à combien ?
plafonnée de telle façon qu'il y ait une différence entre le montant total de ces aides et de cette allocation et le salaire minimum
une page va se tourner au sein de l'Union Européenne avec le départ d'Inghela Merkel les Allemands votent dans deux jours pour choisir son ou sa remplaçante Angela Merkel chancelière pendant 16 ans en Allemagne vous l'avez donc bien connu vous en tant que ministre puis en tant que négociateur du Brésil
nous avons même été ministre de l'environnement avec Angela Merkel en 1994 dans nos deux pays respectifs
l'Europe perd un partenaire important un pilier important ?
l'Allemagne est toujours là qu'est-ce que la France perd ?
l'Allemagne est toujours là et bien là il y aura un nouveau chancelier j'espère que ce sera Armin Lachette qui est le successeur au sein de notre famille chrétienne démocrate de Madame Merkel il n'est pas favori c'est le peuple allemand qui choisira mais l'Allemagne reste notre partenaire je crois beaucoup à cette coopération je me suis même engagé quand j'avais 15 ans cette photo est toujours dans mon bureau à cause de la poignée de main entre le général de Gaulle et le chancelier allemand Conrad Adeno alors je suis devenu gaulliste et européen à ce moment là et ça reste ma fierté cependant cette coopération franco-allemande qui est de plus en plus nécessaire elle est de moins en moins suffisante et donc et puis elle n'est jamais spontanée sauf peut-être à l'époque de Giscard et Schmitt il y a toujours eu une confrontation des intérêts on le voit bien en ce moment notre influence diminue dans ce couple franco-allemand il faut le rééquilibrer et puis il faut s'occuper des autres moi je pense que la diplomatie française doit être aussi redéployée vers l'Italie vers l'Espagne vers les pays d'Europe centrale notamment un grand pays comme la Pologne
donc c'est une occasion à saisir le fait que Angela Merkel part ça permet de redéfinir les relations
ce n'est pas nous qui avons choisi qu'Angela Merkel quitte le pouvoir c'est son choix il est respectable j'ai beaucoup de respect pour elle c'est une femme avec laquelle j'ai beaucoup travaillé c'est une femme d'état je rappelle quelquefois que dans une soirée de la négociation avec les britanniques très difficile nous butions sur le problème de l'Irlande qui était très grave et elle m'a dit une chose qui m'a frappé qui me sera utile elle m'a dit Michel j'ai un conseil à te donner je suis une scientifique et c'est une scientifique et quand j'ai un problème et Dieu sait si on a des problèmes quand on gère un pays je prends toujours trois pas de recul je regarde plus largement on dit en anglais le global picture je regarde l'image globale et je trouve des solutions parce que j'ai pris un peu de recul et je pense que c'est un bon conseil
Michel Barnier hier soir quel débat vous avez regardé le Zemmour Mélenchon ou le Darmanin Valérie Pécresse non non
hier soir j'étais avec mon épouse et nous avons eu une soirée familiale donc pour tout vous dire vous n'étiez pas curieux vous avez éteint la télé non je suis curieux naturellement je suis intéressé par ce que disent les uns et les autres mais pas au prix de sacrifier une des rares soirées familiales que je peux avoir
vous aviez refusé vous de débattre avec Eric Zemmour il l'a même dit hier soir vous avez toujours refusé de débattre avec lui pourquoi ?
oui parce que c'est un commentateur et un polémiste et nous verrons bien s'il rentre dans l'arène le moment venu nous verrons s'il y a
là ce statut n'a pas évolué à vos yeux
écoutez pour l'instant il n'est pas candidat il n'est pas dans l'arène le jour où il le sera nous verrons bien
mais il vous gênait en tant que commentateur les idées qu'il mettait déjà en avant en tant que commentateur vous gênait c'est pour ça ? mais pourquoi voulez-vous
qu'on passe son temps les quelques minutes qui nous restent à parler de M. Zemmour parce que c'est un sujet
pour votre parti Michel Barnier
non non ce qui est un sujet c'est des problèmes d'immigration qu'il faut traiter de l'autorité de l'Etat qu'il faut rétablir de la chaîne pénale qu'il faut reconstruire de l'emploi qui doit redémarrer du moral du pays qui ne va pas bien c'est ça qui intéresse mon parti plus que les propos de tel ou tel commentateur et surtout les solutions qu'il propose qui ne sont pas les miennes ni ses idées ni son histoire
on vous pose la question Michel Barnier ce matin parce qu'on ne comprend pas trop la ligne de votre parti à propos d'Éric Zemmour on a d'un côté Christian Jacob le patron qui dit il est hors de question qu'il intègre quelconque primaire si on l'organise et de l'autre côté vous avez votre collègue Éric Ciotti qui dit
concurrent d'ailleurs
en cas de second tour Emmanuel Macron Éric Zemmour moi je choisis Éric Zemmour est-ce que c'est votre cas aussi ?
Mais écoutez franchement Monsieur Ciotti dit ce qu'il souhaite et c'est sa liberté les valeurs et les idées et l'histoire de Monsieur Zemmour ne sont pas les miennes donc il n'y aura ni compromission ni faiblesse
Michel Barnier merci beaucoup ancien négociateur du Brexit candidat Les Républicains à la présidentielle le parti qui n'a pas encore choisi ce sera le 4 décembre prochain oui ne soyez pas impatient
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Michel Barnier