Jérôme Fournier : "L'école, ça se gère sur le temps long et on ne peut pas changer les choses tous les six mois"
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 10 %Défensif 90 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 96 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:30OuverteRéponse directe
Ça vous manque pas la petite boule au ventre de la rentrée ?
- 1:15OuverteRéponse directe
Cette année, il n'y a pas vraiment de grandes réformes de ce genre ou de cette envergure ?
- 1:45OuverteRéponse directe
Et il y en a des bonnes dans le lot ?
- 2:01RelanceRéponse directe
Pas du tout ou très peu ? Il y a des enseignants qui...
- 2:26OuverteRéponse directe
Et les autres réformes, alors ?
- 2:30OuverteRéponse directe
Si on parle des programmes de français et de maths, par exemple, qui se mettent en place à la rentrée...
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:41Invité politiqueChiffre
« 53 000 membres de l'éducation nationale interrogés, il n'y a pas que des enseignants, il y a aussi des CPE, des assistants d'éducation, des psychologues, et la plupart disent qu'ils sont écoeurés. »
- 1:10Invité politiqueFait
« la réforme Blanquer du bac, le choc des savoirs de Gabriel Attal, il y a eu les évaluations à l'école. »
- 1:52PrésentateurFait
« Le programme Évars et Évars dans le second degré, ça c'est fini. »
- 3:18Invité politiqueFait
« C'est l'examen qui est renforcé. Le contrôle continu à ne contre-appli que pour 40% de la note. »
- 3:39PrésentateurFait
« une épreuve anticipée comme pour le français. »
- 4:15Invité politiqueChiffre
« On en a six, en revue de trois ans. »
- 5:12Invité politiqueChiffre
« De l'an prochain, à partir de l'an prochain, 150 000 élèves de moins. »
Temps de parole
- Présentateur64 %
- Invité politique36 %
≈ 14,1 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
France Inter, Mathilde Munoz, le 5-7.
Il est 6h21, la fin des vacances se rapproche, les élèves font leur rentrée lundi, la ministre de l'éducation Elisabeth Borne dès aujourd'hui. Alors peut-être pour la dernière fois, puisque l'avenir du gouvernement est très incertain. Bonjour Jérôme Fournier. Bonjour. Vous êtes secrétaire national du syndicat des enseignants UNSA, vous êtes professeur d'histoire et de géographie en collège, mais actuellement vos fonctions syndicales ne vous permettent pas d'assurer des cours. Ça vous manque pas la petite boule au ventre de la rentrée ?
Si, c'est pour ça que j'y retournerai assez rapidement.
L'envie est toujours là, malgré le tableau noir que votre syndicat vient de dépeindre dans son baromètre annuel. 53 000 membres de l'éducation nationale interrogés, il n'y a pas que des enseignants, il y a aussi des CPE, des assistants d'éducation, des psychologues, et la plupart disent qu'ils sont écoeurés.
Oui, c'est terrible d'en arriver là parce que c'est un beau métier et on a des réformes, un manque de budget, un manque de soutien qui fait que beaucoup de collègues n'ont plus envie d'exercer ce métier qu'ils avaient choisi au départ.
C'est vrai que des réformes, il y en a eu beaucoup ces dernières années, des grosses réformes, la réforme Blanquer du bac, le choc des savoirs de Gabriel Attal, il y a eu les évaluations à l'école. Cette année, il n'y a pas vraiment de grandes réformes de ce genre ou de cette envergure ? Un peu de calme, ça fait du bien ?
Alors, pas tant de calme que ça parce qu'en fait, il y a des changements, mais peut-être qu'on les voit moins. L'opinion publique s'en rend moins compte, mais il y a des changements de programme. Néanmoins, il y a une nouvelle épreuve qui arrive au bac au mois de juin en maths, une réforme du brevet aussi, donc c'est peut-être moins perceptible. Mais en fait, pour les enseignants, les CPE, les psys, il va y en avoir des changements.
Et il y en a des bonnes dans le lot ?
Alors, le programme Évars et Évars dans le second degré, ça c'est fini.
L'éducation à la vie affective et à la sexualité ?
Oui, c'est ça. C'est une très bonne nouvelle. Nous, ce qu'on regrette, c'est que les enseignants n'aient pas été formés encore, alors que...
Pas du tout ou très peu ? Il y a des enseignants qui...
Quasiment pas, en fait. D'accord. Alors, il y a encore un peu de temps pour le faire, puisqu'on a trois séances à faire par an, donc on ne va pas faire une séance dès lundi prochain. Mais pour autant, c'est un vrai manque, la formation continue. Et c'est une sécurité sur ce type de programme-là pour les enseignants que d'être formés.
Mais en tout cas, quoi qu'il en soit, c'est une bonne chose, ce programme.
Oui, c'est une très bonne chose.
Et les autres réformes, alors ?
Alors, pas forcément. Si on parle des programmes de français et de maths, par exemple, qui se mettent en place à la rentrée...
À l'école, là.
À l'école, oui.
On va les faire par niveau, les réformes. C'est ça. À l'école, c'est des nouveaux programmes en maths et en français.
Donc là, on a des programmes très prescriptifs, très descendants qui veulent imposer une méthode. Alors que c'est paradoxal, puisqu'on nous demande d'accueillir tous les élèves, quelles que soient leurs réussites ou leurs difficultés. Les fameux élèves à besoin éducatif particulier. Et il faut adapter et en même temps, s'adapter à chaque élève. Et en même temps, on nous donne un programme avec une seule méthode qu'il faudrait appliquer de la même manière pour tous.
Donc pas assez de liberté pour les professeurs.
Oui, ça manque de liberté. Et puis, les professeurs sont formés. Ils ont une professionnalité et ils sont en capacité de faire des choix en fonction des élèves qu'ils ont face à eux.
Alors, au collège, il y a des changements sur le brevet. C'est l'examen qui est renforcé. Le contrôle continu à ne contre-appli que pour 40% de la note. Bien ou pas bien ?
Pour nous, pas bien parce que c'est une manière de mettre toujours plus en difficulté ceux qui y arrivent un peu moins bien. Et notamment, ces fameux élèves à besoin éducatif particulier. Donc, il ne nous semble pas que ce soit le bon chemin.
Au collège, au lycée. Donc, ça, c'était le collège, au lycée. C'est une nouvelle épreuve du bac, les maths en première.
Oui, une épreuve anticipée comme pour le français. Donc, là encore, une nouveauté. Pas vraiment préparée puisqu'il faut adapter les programmes. Et on ne les a toujours pas, les programmes adaptés de maths, du lycée.
On en saura peut-être plus en début d'après-midi puisqu'Elisabeth Bond, je le disais, tiens, sa conférence de rentrée. Mais tout ce qu'elle va annoncer finalement est hypothétique parce qu'on n'est pas du tout sûr qu'elle va rester. Vous en attendez quand même quelque chose de cette conférence ?
Elle donnera des grandes orientations. Mais effectivement, il n'y a que dans quelques jours qu'on saura ce qu'elles deviendront. Le problème de la valse des ministres de l'Éducation nationale depuis trois ans.
On en a six, en revue de trois ans. Six ministres.
Voilà, c'est ça. Six ministres. Certains n'ont même pas fait de rentrée. C'est que tous veulent faire des réformes. Donc aujourd'hui, la profession, elle est dans l'attente d'un nouveau ministre et de savoir ce qui va se passer encore. Est-ce qu'on va encore avoir une nouvelle réforme alors qu'on n'a pas digéré les précédentes ? C'est ça la difficulté aussi. C'est que l'école, oui. L'école, ça se gère sur le temps long et on ne peut pas changer les choses tous les six mois. Ce n'est pas possible.
Et ça se gère avec de l'argent ? Il y a trop de coupes budgétaires ?
Oui, bien sûr. Il y en a partout.
Il y en a dans tous les ministères. Vous n'êtes pas sans savoir qu'il y a un problème de dette et budget. Donc l'Éducation nationale doit faire des économies aussi ?
On ne nie pas la réalité économique du pays. Après, c'est des choix budgétaires qui sont à faire. Nous, on estime que l'école, c'est un investissement et qu'il faut y mettre l'argent pour que nos enfants soient correctement formés. Et on leur donne le meilleur avenir possible. C'est comme ça l'enjeu.
Il y a le paramètre démographique quand même. On sait qu'il y a de moins en moins de naissances en France. Donc moins d'enfants, moins d'élèves. De l'an prochain, à partir de l'an prochain, 150 000 élèves de moins.
Oui, mais c'est l'occasion peut-être aussi de rattraper le retard qu'on a puisqu'on a plus d'élèves par classe que la moyenne de l'OCDE. Et puis peut-être permettre une meilleure formation. Quand même, tous les pays qui ont des meilleurs résultats scolaires que nous ont des enseignants beaucoup mieux formés que nous. Donc voilà un enjeu fondamental et une vraie formation faite par les formateurs de l'éducation nationale. Pas des formations où on va former les uns ou les autres. Par exemple, les directeurs à qui on demande des choses extraordinaires, toujours plus. Et ensuite, de former leur équipe d'enseignants des écoles. Ça, par exemple, c'est impensable.
Jérôme Fournier, il y a une intersyndicale qui est prévue mercredi prochain. Il y a déjà certains syndicats qui envisagent une grève. Pour ou contre cette grève ?
On va aller à l'intersyndicale et on en discutera ensemble. Nous, on a pour principe d'abord de discuter avec nos collègues. Et ensuite, on verra bien ce qui est décidé collectivement.
Merci Jérôme Fournier, secrétaire national du syndicat des enseignants. UNSA, vous étiez l'invité du 5-7. Et je vous suggère de jeter une oreille peut-être à 7h50. Puisque c'est un ancien de vos ministres. Gabriel Attal, ancien ministre de l'éducation et ancien premier ministre également. Qui est l'invité de Benjamin Duhamel. Donc à 7h50.