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interviewLCI (sur YouTube)· 24 mars 2025 33 min

Négociations Ukraine / Russie avec Pierre Servent face à Margot Haddad|LCI

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

[Musique] C'est un tournant ce soir pour la première fois. Russes et Ukrainiens sont là ensemble, même lieu, même moment. Pas de face- à face, mais une présence symbolique et au centre de toutes les attentions.

L'Arabie Saoudite, nouveau terrain de jeu diplomatique. Pierre Servant, bonsoir. Bonsoir Margaot.

Je suis ravi de vous recevoir. Qui mieux que vous pour décrypter ces enjeux d'un monde qui bascule, je dis au centre de toutes les attentions car nous voyons sur la scène internationale de nouveaux acteurs qui tirent leur épingle du jeu de cette situation entre la Russie et l'Ukraine. Des pays qui pourtant ne partagent pas nos valeurs occidentales.

C'est le cas de l'Arabie Saoudite mais aussi de la Turquie qui continue ce soir son virage autoritaire. On va regarder ces images ensemble puisqu'elles sont impressionnantes. Des images dans la rue à Istanbul. ces images de violente répression.

Comment expliquez-vous que ces pays soient devenus des faiseurs de paix ? Oui. Alors effectivement, ça paraît paradoxal surtout pour la Turquie qui est en train véritablement de se poutiniser.

Le président Erdogan se poutinise dans le sens où il glisse de plus en plus vers une démocrature, un peu de démocratie, beaucoup de dictature puisque il vient de mettre en prison celui qui aurait pu être qui pourrait être espérons qu'il puisse sortir de prison euh son principal concurrent dans la présidentielle de 2028. Et en fait ce qui est marquant dans ces différents différents pays, mais on pense aussi à la à la Russie, à la à la à la Chine, à l'Amérique de Donald Trump, c'est véritablement une espèce de de revanche sur le passé, de recherche d'un âge d'or perdu et donc la volonté de restauration d'un d'un idéal perdu pour des empires des empires. Pour la Turquie, c'est vraiment la restauration ottomane de l'ancienne puissance ottomane qui a été disloquée à la fin de la Première Guerre mondiale.

Pour la Russie, on voit très bien que c'est la c'est peut-être d'ailleurs plus la Russie tsariste que la Russie soviétique. Et et pour Trump, c'est vraiment refaire l'Amérique idéale d' temps plus grande que les autres. Et donc effectivement, tout ça détruit le ce qu'on appelle le multilatéralisme, c'est en fait ça détruit de la civilisation.

La civilisation historiquement, c'est quand les hommes au lieu de s'envoyer des des cailloux à la figure ont commencé à négocier des accords, des traités. Il y a des millénaires. Par exemple, la guerre pour l'eau entre les agriculteurs et les éleveurs.

Je me souviens en Syrie allé sur un champ de fouille où il y avait des tablettes cunéiformes avec l'écriture cunéiforme, c'est 3000 ans avant Jésus-Christ. C'était des contrat d'au qui qui qui résolvaient un problème, une tension entre des agriculteurs et des éleveurs alors que dans les siècles passés, ils s'entretuaient. Donc la civilisation, c'est négocier, c'est discuter, c'est chercher des accords par-dessus les difficultés.

Aujourd'hui, vous avez un certain nombre de pays. La Turquie s'inscrit dans ce dans ce fil là et ce qui est embêtant, c'est que c'est un pays de l'OTAN. C'est le principe de la force, de la domination.

Et dans ce pays comme dans d'autres, en Israël par exemple, du côté de Netanyahu, chez Poutine bien évidemment depuis très longtemps, chez Trump aux États-Unis, c'est la volonté de dominer le pouvoir judiciaire, c'està-dire de briser la séparation des pouvoirs et d'empêcher que le juge puisse juger de la légalité, de la constitutionnalité de la vie politique. Et en Turquie, ça fait bien longtemps malheureusement que les juges sont sous tutelles. Des manifestations également comme vous le dites ce soir devant la Cnéet ce soir à Jérusalem.

L'homme au centre de toutes les attentions en Arabie Saoudite, c'est bien et bien Steve Witkov, Pierre Servant, le négociateur en chef côté américain. Écoutez, j'ai la sensation que Vladimir Poutine veut la paix. Le président Trump a eu deux coups de fil très productifs cette semaine.

Un avec le président Zelenski et l'autre avec le président Poutine. J'y étais et j'ai écouté les deux parties lors de ces conversations. L'objectif était clair, trouver une paix durable.

Pierre Servant, est-ce que les Américains sont en train de se faire rouler dans la farine par les Russes ? Oui, oui, vous avez interviewé John Bolton il y a quelques jours, euh vendredi, c'était une interview passionnante. Merci John Don, je j'ai trouvé que c'était très riche et ce personnage est intéressant puisqu'il a été très proche de Donald Trump dans le premier mandat hein de ses conseillers à la sécurité nationale et c'est un personnage qui est très libre intellectuellement, qui était perçu comme un conservateur assez dur, un républicain assez dur.

Gérard Ara d'ailleurs vous disait sur le plateau quand je discutais avec lui très souvent il considérait qu'il y avait pas de problème qui ne puisse pas se résoudre par une bonne volée de d'obus ou de de de frappe aérienne. C'était même son homologue sur la prolifération me disait-il hier. Voilà.

Voilà. Donc c'est pas vraiment un tendre. Et il a très clairement dit Donald Trump est l'idiot utile de de Poutine.

Ce qui me frappe beaucoup dans les différents discours, celui de Steve Vickoff ou d'autres, c'est qu'on a l'impression d'assister à si vous voulez Bibi Fricottin au pays des Soviettes. C'estàdire j'ai la sensation que il veut la paix. Mais la diplomatie, c'est pas ça.

C'est l'analyse des rapports de force, de la volonté, des faits sur le terrain. Et euh Vickof a donné aussi euh une interview chez euh Tucker Carlson qui est un propagandiste à la fois pro Trump et pro Poutine où il a dit "Mais ce sont des amis, euh Vladimir Poutine m'a dit qu'il avait prié pour Donald Trump quand il y a eu cette tentative d'assinat le 13 juillet de l'année dernière. il a fait faire un tableau par un une très bonne signature qu'il a envoyé à à Donald Trump.

Mais on est effondré si on est sur ce niveau d'approche des sujets alors qu'il y a des réalités guerrières, militaires, géopolitiques, géostratégiques et que les Russes en face continuent à avoir un discours, comment dirais-je, extrêmement clair sur le thème de toute façon l'Ukraine, on en fera la conquête, il y a pas de limite à la Russie et en face de ça, vous avez des négociateurs américains qui sont des enfants en culotte courte. C'est souvent très réducteur de dire les Américains ne savent pas placer l'Ukraine sur une carte en Europe, mais est-ce que vous pensez qu'ici il y a un véritable manque de connaissance du monde géopolitique au sein de l'administration Trump en tous les cas ? Oui.

D'ailleurs dans l'interview à laquelle je faisais référence donc de l'envoyé spécial pour le le l'Ukraine, enfin le le super envoyé spécial he qui a un peu coiffé le le général qui était chargé de de cela. un moment, il est interrogé un peu benoîement par Tucker Carlson qui lui qui lui dit "Alors, mais les Russes occupent enfin ou annexé ou rattaché à la Fédération de Russie quelle quelle province ?" Il était incapable de les de les de les citer.

Donc en fait, si vous voulez, il y a une forme trumpienne de négociation au feeling. Rappelez-vous les rencontres entre Donald Trump, président au premier mandat avec Kim Jung, donc le grand le grand leader démocratique de la Corée du Nord. Et qu'est-ce que disait Trump ? ce garslà, je le sens bien, on peut faire affaire.

Enfin, il y avait une espèce de romance, on parlisait ça d'entre les deux personnages. Ça n'a couché sur ça n'ouché sur rien. Donc le problème c'est ça, c'est une espèce de de caractère comment dirais-je, un petit peu épidermique d'approche épidermique des sujets avec une chose qui est très claire pour Trump et et Poutine l'a parfaitement compris. avant toute chose surtout ces conseillers disent à Poutine tu passes 10 vous passez 10 minutes à lui passer la main dans le dos en lui disant qu'on lui a volé son élection de 2021 si ça avait pas été le cas jamais la guerre ne serait apparue et Trump avale tout ça et ça débouge sur les commentaires dont on vient d'entendre un extrait sur le thème "Ah oui, il veut la paix, je le sens bien et cetera." C'est hallucinant. surtout que les Russes Pierre Servant continuent d'imposer leurs conditions.

Écoutez, nous avons une question prioritaire sur laquelle nous désirons travailler. Ce sera dur de régler tout ce qui est à l'ordre du jour, mais on a bien l'intention de trouver au moins une réponse. C'est quoi la question prioritaire dont il parle ?

La question prioritaire, c'est ce qui est à nous et un peu plus est à nous. En l'occurrence la Crimée, la province de Kerson qui n'est pas complètement dominée militairement, Zaporidja qui n'est pas complètement dominé militairement, Donetz qui n'est pas complètement dominé militairement et Louanz qui est presque complètement dominé militairement. Donc la base de départ pour les Russes, ça c'est Russe.

C'est ça a été intégré par un référendum, des référendums bidon et cetera. Et donc c'est inaliénable et intouchable. Et euh il y a eu des des propos qui sont sortis indirectement du Kremlin à ces derniers jours en disant voilà bon ça donc il faut absolument le reconnaître et puis peut-être qu'on ne revendiquera pas Odessa Odessa qui non seulement n'a pas été conquise mais est le symbole d'une victoire militaire ukrainienne en mer noire parce que la marine de guerre russe a subi une défaite navale depuis les premiers jours avec notamment vous l'aviez évoqué tout à l'heure avec le missile Neptune qui était ce missile naval qui est allé frapper le le Moskova qui était le bateau amiral de de la marine russe qui a été détruit.

Et donc voilà le type de négociation des Russes. Mais il y a pas de négociation avec les Russes. Il y a pas il y a que du rapport de force et la domination.

Donc la base de départ c'est ça. Et si les Russes peuvent obtenir une amélioration des relations avec les Américains et surtout une baisse des sanctions américaines euh contre le fait que les Russes disent "Bah écoutez, peut-être que sur Zaporijja puisqu'on sait aussi maintenant que les Américains aimeraient bien mettre la main sur cette grande minière, cette grande centrale électrique avec neuf réacteurs nucléaires à Zaporodia qui est dominé par les par les Russes. qu'en fait le fait de faire du business avec Trump pour le satisfaire à minima, avoir éventuellement un lapse de temps pour se réarmer complètement, ça peut intéresser Poutine.

Mais en tout cas, si vous voulez, Poutine ne lâchera jamais rien. Juste pour terminer, pour montrer la différence entre Trump et Poutine, déjà premier élément, les négociations dont vous avez parlé en Arabie Saoudite, elles sont menées par la médiation américaine qui ne peut pas être une médiation. Un médiateur, c'est quelqu'un qui est indépendant des partis.

Or clairement Trump est aligné sur Poutine donc ça peut pas marcher. Et les deux autres éléments, c'est que Poutine est au pouvoir jusqu'en 2036, donc lui joue le temps long. 2036 au moins.

Donc il joue le temps long alors que Trump est au pouvoir pour 4 ans, peut-être pour 2 ans. Enfin, il restera enfin il sera président mais il y a des élections de midterm dans 2 ans, on verra le résultat. Donc le rapport au temps est pas du tout le le le même et le rapport à ce qui est euh saignant à l'histoire dure, au rapport de force dur historique, au fait de pas avoir peur de de comment dirais-je de bombarder des civils et cetera, c'est c'est c'est la différence entre les deux personnages.

L'un joue aux dame et l'autre joue aux échecs. Je laisse les téléspectateurs deviner qui joue aux dame et qui joue aux échecs. Apparemment selon Bloomberg Pierre Servant, les Américains viseraient le 20 avril pour un cesser le feu.

Regardez ces mots. La Maison Blanche vise à conclure un accord de cesser le feu d'ici le 20 avril, mais reconnaît que le calendrier pourrait changer étant donné les grands écarts entre les positions des deux parties. Alors, on a regardé avec mes équipes tout à l'heure dont Anna Bourim qui est dans monoreillette que ça faisait 90 jours post mandat.

On sait que les 100 jours de mandat d'un président américain, c'est essentiel. Est-ce qu'il va y arriver ? Cser le feu au moins.

Bah de de quoi parle-t-on si vous voulez ? On est en plein délire. On est en plein délire vraiment quand on suit ça au jour le jour et qu'on regarde les différentes étapes.

D'abord on peut rien pronostiquer. C'est un peu n'importe quoi. Vous avez eu des négociations entre les Américains et les Ukrainiens.

Donc après la séquence effroyable du 28 février, l'humiliation de de du président Zelenski. Le président Zelenski, très bien conseillé par les Français et les Britanniques, a remonté la pente en allant baiser la babouche de Trump par médias et par communiqués interposés. Négociation entre les deux pays.

Les Ukrainiens arrivent avec une proposition disant "Nous, on est prêt à faire à cesser le feu euh sur mer et dans les cieux." Les Américains disent "Non, il faut cesser le feu total avec cesser le feu terrien également sur terre." Les les les Ukrains disent "OK, on marche".

Bon, donc on est on en était là, ça c'était il y a une quinzaine de jours. Euh le mardi suivant, euh les les Russes et les Américains se retrouvent et là on sort quoi du précédent accord ? On sort un micro cesser le feu sur les centres énergétiques et même ce qui est sorti des communiqués du Kremelin et de Washington était absolument pas la même chose puisque parce que les Russes n'ont pas même pas respecté en plus.

Non non. Alors, ils les ont pas respecté et puis en plus, si vous voulez, les textes étaient pas les mêmes. Les Américains disaient il y a on arrête, on fait un cesser le feu sur les centres énergétiques, hein, qui touchent beaucoup les les civils, mais également les comment dirais-je les infrastructures, c'est-à-dire les lignes de chemin de fer, les ponts, les bâtiments administratifs et cetera.

C'est pas du tout dans le communiqué russe et continu et les Russes continuent à frapper à tour de bras. Donc de quoi parle-t-on ? Je n'en sais rien et il faut comment dirais-je ?

On est encore loin d'un traité de paix. On parle que d'un cesser le feu et pour l'instant si vous voulez rien ne se passe sur le terrain et ça m'étonnerait que le 26 avril ou le 30 ou le 1er mai, les choses apparaissent tout d'un coup par miracle. Vous le disiez tout à l'heure Pierre Servant, le problème qui persiste, c'est les Américains qui reprennent le narratif russe.

Regardez ces mots encore de Steve Witkoff qui est l'envoyé spécial pour ces négociations. dit, "Je pense que la question la plus importante dans ce conflit est celle des quatre régions, le Donbas, la Crimée et les deux autres donc qu'il ne nomme pas, vous vous y faisiez référence à l'instant, elles sont russophones et ont fait l'objet de référendum au cours desquels l'écrasante majorité de la population a indiqué qu'elle souhaitait être soumise à la domination russe." Je pense que c'est la question clé du conflit.

On a un manque de nuance assez criant ce soir puisque on parle de région russophone, c'est ne rien comprendre à la dislocation de l'empire soviétique, de l'URSS même et de ce que représentent les minorités russophones sur ces nouveaux pays qui ont émergé à la suite de la chute de l'URSS. Exactement. Et vraiment ce que dit Steve Witkoff, c'est exactement la pensée de Trump.

Et Trump en tant que commandant en chef si je puis dire et les autres conseillers fonctionnent de la même façon. Business, il y a des parts de marché les parts de marché ça s'achète, ça se gagne, ça se perd, on peut les reprendre. et il traite, je dirais, des des territoires avec une histoire, celle que vous avez rappelé rapidement, des problèmes linguistiques, des traditions, des volontés des populations comme si ils avaient à constater que finalement un un un un comment dirais-je un agent immobilier un peu musclé s'était emparé de certains quartiers et que finalement bon bah c'était comme ça et bon les habitants à l'intérieur, ils avaient qu'à se soumettre à la loi de ce promoteur immobilier qui avait fait usage de la force pour les les contraintes.

C'est exactement la même chose. Et donc c'estd que toutes les conséquences de ce type de discours par rapport au droit international, par rapport à l'envie de guerre, j'ai souvent dit depuis plusieurs années qu'il y a dans l'air si vous voulez une envie d'en découdre et pas seulement au niveau des États, très souvent aussi au niveau de nos sociétés, on voit le niveau de violence, d'antagonisme dans dans les dans les phrases, dans le vocabulaire qui est utilisé, l'absence de nuance, le fait de considérer quelqu'un qui a un point de vue différent comme un ennemi, même dans nos démocraties. en découdre qui a monté le fait que là un grand pays membre permanent du conseil de sécurité anciennement garant du droit de l'indépendance et de la souveraineté disent finalement Poutine il a il a fait le job, il a perdu beaucoup d'hommes, il a fait une conquête du territoire et ben voilà il y a eu des référendums.

Toute la communauté internationale a dit que ces référendum étaient bidon comme celui de la Crimée. Et si vous voulez le droit et l'équipe de Trump, ils s'en foutent puisque déjà dans leur pays, ils s'attaquent au droit. Donc pourquoi serait-il plus vertueux en matière de droit international qu'il ne le sont chez eux ?

C'est absolument gravissime tout ça si vous voulez, comment dirais-je ? Euh euh on verra comment ça va évoluer, mais c'est fondamentalement inacceptable. Si c'était accepté par la communauté internationale, c'est la porte ouverte si vous voulez sur des tas de conflits dans le monde en disant ben c'est open bar, on attaque le voisin et puis au bout d'un moment, il y aura quelqu'un pour dire "Bah finalement euh voilà c'est c'est c'est comme ça sur le terrain et on le respecte".

Vraiment l'Europe notamment et tous les alliés européens, le Canada, d'autres pays, la Norvège fait pas partie de l'Union européenne, la Suisse, des pays asiatiques ou d'autres qui sont attachés au principe du droit. Tous ces pays-là doivent faire front face à justement ces volontés impériales qui considèrent que la loi de la jungle est la meilleure. Et donc on revient même avant la guerre de 141.

Gre 1418 c'est le fruit de de cela. Grande différence entre Bismarc qui considérait que la force prima le droit et de Gaulle qui disait il faut pour défendre le droit avoir la force. Les Américains ont coupé plusieurs programmes d'aide, notamment celui de qui permettait aux Ukrainiens de retrouver les enfants qui ont été déplacés, déportés en Russie, peut-on dire même pour certains.

Et puis Vladimir Poutine signe un décret il y a 3 jours, un décret qui stipule que les citoyens ukrainiens séjournant illégalement en Russie doivent obtenir des documents de sortie russe avant le 10 septembre. Et très clairement, il met en place un processus de russification de ces territoires. On parle de droit international ensemble depuis tout à l'heure, Pierre Servant, très clairement, comment contrer ces méthodes aussi insidieuses puisqu'elles peuvent se passer de manière sans les armes très clairement.

Alors effectivement, vous avez raison de de pointer du doigt cette affaire. C'est très dur de lutter contre cela et c'est-à-dire cette russification. Il faut bien savoir que historiquement les Russes ont toujours procédé ainsi.

Les grandes conquêtes de Pierre Le Grand, de la grande Catherine, notamment la Crimée, la Mer d'Azof et cetera, ils ont toujours viré les populations locales, les tatars de Crimé qui étaient des musulmans. Il reste encore quelques tatars de Crimé en Crimé. Mais vous aviez aussi des armé très prorusses hein.

J'en ai rencontré certains, ils sont extrêmement prorusses. Il y a même une chaîne de télévision Tatar prorusse. Que ceux qui restent si vous voulez c'est pas les ceux qui détestent le plus la Russie et son son système.

Donc au 17e 18e siècle, les Arméniens, les Juifs, les Tatars qui se trouvaient dans ces zones-là ont été virés notamment du côté de Rostov sur le don et ce sont des Russes qui sont venus russifier le le l'endroit. Et depuis euh la l'invasion de la Crimée, la Russie russifie avec les passeports russes. Et ce que vous venez d'évoquer, c'est le fait de dire aux Ukrainiens qui sont en terre occupé, en terre d'occupation illégalement annexé, maintenant soit euh vous sortez euh du territoire, soit vous prenez la nationalité russe et ça permettra, je je parle à la place de Poutine, à mon ami Steve Vitkov, grand conseiller de Donald Trump, de pouvoir dire mais ce sont des terres russes, voyez, il y a pas il y a pas de souci.

Don voyez, c'est des pratiques mais ancestrales. La Russie n'a pas de frontière et quand elle a fait la conquête d'un territoire, elle ruifie. Donc elle virent ceux qui veulent pas rester, ceux qui restent qui qui soient comment dirais-je volontaires ou involontaires parce qu'ils peuvent pas bouger, ils doivent se russifier et avoir un passeport russe.

C'est pour ça que les menaces sur les pays baltes sont des vraies menaces parce que vous avez des russophones en nombre assez important dans les pays baltes qui sont souvent des descendants d'ancien officiers de l'armée rouge, officiers militaires de l'armée rouge et agents du KGB qui étaient en poste dans des pays baltes à l'époque soviétique et puis qui après leur retraite, ils sont restés, ils ont fait souche parce que les Pays-Bales c'est super, c'est trois Pays-Bales sont des pays super et donc vous avez là-bas des anciens soviétiques mais un peu pur et dur si sont assez âgés ceux qui sont is mais leurs enfants sont là aussi et ça peut représenter des points de vulnérabilité surtout des points d'entrée pour Poutine. Justement la question qui se pose, c'est l'intégrité territoriale de l'Ukraine. Comment la maintenir ?

Quand on voit cette méthode aussi insidieuse qui peuvent se perpétrer, même sans les armes, on a vu justement cette carte émerger des troubles de maintien de la paix qui pourraient se positionner. Certains disent qu'elles doivent se positionner le long de la ligne de front. Est-ce que clairement on va arriver à ce scénario là ?

Non non non. Encore une fois Poutine qu'est-ce qu'il veut ? Il veut bien temporiser, il veut bien jouer avec Donald Trump si ça lui donne du temps.

Il ne veut rien qu' le bloque pour l'étape d'après. L'étape d'après. Donc là, si vous voulez, il veut cranter ses gains.

Donc les cinq oblastes avec donc les quatre plus la Crimée, il veut les cranter totalement alors qu'il ne les occupe pas. Il veut obtenir ça des Américains, ce qui est totalement inacceptable et puis il veut être en position de reprendre l'ascendant pour le coup d'après. Donc il ne veut pas de force internationale encore moins européenne qui puisse bloquer ce système-là.

Alors, ceci dit, nous en sommes encore très très loin puisqueil y a pas de cesser le feu établi et que euh du côté des Français et des Britannique qui sont leaders sur la mobilisation des pays qui ne veuvent pas laisser l'Ukraine aux mains du pays prédateur euh euh russe. Euh ce qui est évoqué, c'est un traité de paix. Donc, on est encore très très très loin.

Un cesser le feu éventuellement pourrait être garanti par des forces de l'ONU qui mais l'ONU en a pas beaucoup qui viendrait se positionner là. Mais si ces forces de l'ONU sont pas appuyées à l'intérieur du pays par des forces européennes en casque vert, euh ces casques bleus, ils vont se faire par de l'expression défoncer le jour où Poutine voudra réattaquer. Donc en tout encore une fois, bien comprendre que Poutine n'acceptera rien qui l'empêche de réaliser un projet qu'il n'a jamais abandonné.

C'est c'est pas une interprétation de Pierre Servant, c'est les discours du Kremelin. C'est les discours de Medvedev, de Patrouchev et cetera. Patrouchef dit 2025 c'est l'année où nous rayerons de la carte l'Ukraine.

Alors justement les Européens y travaille puisque on parle désormais de deux missions distinctes. Regardez ces propos dans la République. Le journal italien les alliés de l'Ukraine discutent d'un nouveau plan qui prévoi l'envoi de deux missions de maintien de la paix dans le pays.

Un tel plan prévoit que si Kiev et Moscou parviennent à un accord de cé le fait puisque c'est nécessaire, même le président français l'a dit très clairement, des casques bleus de l'ONU et de la coalition des volontaires. Donc ces pays allants, européens qui voudraient bien être sur le territoire ukrainien pourront être envoyés en Ukraine. Vous l'avez dit, les casques bleus, ce serait très compliqué puisqu'ils n'ont pas la possibilité de reposter s'il y a le moindre tir russe ou s'il y a un moindre la moindre de conséquence sur le territoire ukrainien.

Euh comment euh faire très clairement pour que ça ne reprenne pas, c'est-à-dire qu'on ne revienne pas à des accords de CC le feu que la Russie pourrait déstabiliser dans quelques semaines. C'est c'est vraiment toute la question l'idéal hein dans dans dans l'hypothèse d'un d'un vrai cesser le feu. Mais encore une fois, depuis des mois, je dis que il y aura pas de négociation, que ça débouchera pas, sauf une capitulation qui sera imposée mais les Ukrainiens, les Européens l'accepteront pas.

Mais imaginons que par miracle, je me trompe et qu'il y a un vrai cesser le feu qui est établi. Moi, j'ai connu par exemple en Bosniè Zegovin, j'étais au cabinet du ministre à l'époque, j'ai connu comme officier en Côte d'Ivoire des dispositifs où sur l'ancienne ligne de confrontation, vous aviez des casques bleus pour assurer le maintien de la paix. Et c'était notamment une idée très forte du président Chirat pour que ces casques bleus soient pas entre guillemets des chèvres au piqué, c'est-à-dire des soldats qui sont faits prisonniers accrochés à des ça avait beaucoup choqué Jacques Chirac en 1995 puisque les casques bleus y compris français.

Les miliciens Serbes les avaient attachés à des ponts à des poteaux pour éviter pardon d'être frappé par des frappes aériennes de le de l'OTAN. Ça avait beaucoup choqué Shirak. Qu'est-ce que Shirak avait fait en Bosnie puis après plus tard en en Côte d'Ivoire ?

Et bien, il avait envoyé avec les Britanniques et les Néerlandais pour la Bosniaz égovine des casques verts puissamment armés avec des canons de 155. Euh les Britanniques avaient envoyé également des des pièces d'artillerie lourde. Et donc chaque fois que les casques bleus étaient pris à partie par différents miliciens notamment Serbes, et bien ces miliciens Serbes étaient réduits en bouilli.

Moi j'étais au cabinet du ministre, je recevais ce qu'on appelle des guerres events. Guerre événement, c'està-dire des documents qui, je dirais minute par minute rapportent les événements guerriers sur un théâtre d'opération. Et bien chaque fois que notamment les Serbes ou d'autres parce qu'il y avait pas que les Serbes qui tapaient sur les casques bleus attaquaient les casques bleus.

Les Serbes avaient une spécialité c'est qu'il tiraient, ils mettaient leur batteries de mortier juste à côté des écoles de façon à pas pouvoir être frappé en retour. Bon donc on connaissait leur mode de fonctionnement et on arrivait quand même à les détruire. Bon, c'est ça qui a conduit à la paix euh des accords de Paris qui a mis fin à la Bosnia Zegovine.

C'est ce sont des casques verts et donc là ça serait français britannique et une coalition autour en appui de casque bleu qui se trouverait dispatché sur toute la ligne de de front. Avec un système comme ça, pour Poutine, c'est extrêmement difficile de repartir à l'attaque. C'est pour ça que Marga euh je suis prêt à parier une boisson non alcoolisée avec vous que je crains que ça n'arrive jamais parce que encore une fois ça contrari ça contrarierait complètement les projets de Poutine.

En parlant des britanniques Pierre Servant, euh Kir Starmer, le Premier ministre britannique, a donné une interview au New York Times aujourd'hui et il dit ceci : "Baucoup de gens nous pressent de choisir entre les États-Unis et l'Europe. Churchill ne l'a pas fait, Atley ne l'a pas fait. Ce serait une grave erreur à mon avis de choisir maintenant.

Pourtant, on se rappelle tout de même l'anecdote du général de Gaul dans CT de Gaulle par Perfit. Churchill lui avait dit clairement entre toi et Roosevelt, je choisirai toujours Roosevelt. Est-ce qu'on peut vraiment faire confiance au britannique Pierre Servant ?

Alors écoutez oui dans le sens où je dirais que c'est un peuple guerrier. Moi j'ai beaucoup d'admiration pour les Britanniques qui n'ont pas ils se sont battus seuls contre l'Allemagne nazi qui avait fait la conquête de 13 ou 14 pays en Europe y compris la France. Ils se sont retrouvés seuls parce que pour le coup les Américains à l'époque leur envoyer leur envoyé du matériel militaire qui leur faisait payer avec des contrats de de préba et ils se sont battus seuls et ils n'ont pas cédé alors qu'il y avait tout un courant contre Churchill de l'ordre Alifax notamment affaires étrangères qui disait il faut négocier via euh l'Italie fasciste avec monsieur Hitler.

Donc c'est un c'est un peuple guerrier et depuis le début de des opérations militaires en Crimé par la suite, c'est un pays qui est resté très solide. Donc ça, il faut le prendre en compte et c'est un peuple pragmatique. Bon, donc les déclarations, je comprends que K Starmer puisse pas, pardonnez ma expression, faire un bras d'honneur à Donald Trump et je pense qu'ils ont compris que la special relationship, enfin la relation spéciale avec les États-Unis a quand même pris un sacré coup de 12 et que le pragmatisme commande d'être proche des Européens. mais qui ne veuilleent pas afficher une rupture avec les Américains.

On peut le comprendre, il participe en plus d'une comment dirais-je une corporation du renseignement à cinq pays euh euh anglo-saxons. C'est un peu difficile de se séparer et je crois que les faits vont pousser les anglo-saxons à trancher d'une façon pragmatique, même s'ils affichent pas une rupture avec l'autre côté de l'Atlantique. Pourtant, il continue de donner raison à Trump sur l'OTAN.

Je pense que le président Trump a raison lorsqu'il dit qu'une plus grande charge doit être supportée par les pays européens pour l'autodéfense collective de l'Europe. Dans les milieux diplomatiques, on se pose souvent la question : est-ce qu'il y a encore une forme d'illusion de certains pays européens comme quoi le grand frère américain sera toujours là de toutes les manières qu'il ne lâchera pas complètement le commandement militaire de l'OTAN. Certains disent même "Nous sommes passés d'une alliance atlantiste à une à une alliance attentiste." C'est une une très bonne une très bonne formule.

Alors, il y a un peu de deux choses. Euh moi je suis très critique sur l'administration Trump et très préoccupé pour les États-Unis que je considère comme étant un pays amis et défenseur de la liberté. J'ai peur pour les libertés aux États-Unis quand je vois ce qui se passe par rapport à la justice, par rapport aux médias, par rapport aux aides internationales.

Je suis très préoccupé. Mais pour autant, Donald Trump comme ses prédécesseurs quand il disait aux Européens "Nous n'allons passer notre vie à vous à venir vous secourir si vous avez des difficultés militaires. Il faut que vous preniez votre destin militaire en main et augmentez vos défenses, vos dépenses de défense." Il avait raison.

Il avait raison. Donc moi, je ne dis pas autre chose. Mais c'est vrai que par rapport à beaucoup de pays européens qui étaient habitués finalement à cette forme de servilité, hein, c'est bien confortable, il y avait pas à à se confronter.

Il regardait les Français en disant "Oui, mais vous les Français, vous allez faire des campagnes en Afrique et cetera. Voilà, mais allez-y, vous avez qu'à vous en occuper parce que vous aimez bien ça. Nous, on s'en fiche, on veut la la guerre, tout ça, c'est terminé, on a l'oncle Sam qui est là pour nous protéger.

Je je crois que vraiment je crois quand même qu'il y a une prise de conscience de fond en disant il y a vraiment un truc bizarre qui se passe aux États-Unis, doit y avoir 4 ans de ce personnage et peut-être 8 ans de JD V derrière. C'est une bascule complète. Donc je crois que même ceux qui étaient extrêmement euh piqués, enfin dans le sens influencés et imbibé de de de l'influence américaine, je crois qu'il y a quand même une prise de conscience.

Mais Margaot euh on le sait bien dans la vie, se défaire de dépendance, devenir un adulte, quitter l'adolescence éternelle, je veux dire ça ça peut durer jusqu'à 80 ans le fait d'être un adolescent et de pas pouvoir prendre ses responsabilités. C'est ça l'enjeu d'aujourd'hui. Mais ce qui est certain, c'est que si les pays européens ne sortent pas de l'adolescence et ne deviennent pas des adultes matures capable de parler avec force et avec responsabilité, on nous serons laminés.

Laminés. Et ça, ce message- là, cette compréhension, je crois que les opinions publiques européennes le le comprennent et je crois que une série de chefs d'État et de gouvernement l'ont compris. Et quand on voit les changements notamment en Allemagne, on se dit qu'il y a quand même des choses qui bougent dans le bon sens. donc autant attentiste.

Bon l'important c'est que les Européens ne le soient pas et moi j'ai plutôt confiance dans le sursaut et dans le génie européen. Le génie européen qui est le génie qui est fondé sur la liberté, le fait de pouvoir créer, inventer, travailler ensemble avec des des sensibilités différentes. Et ça ça sera toujours plus fort que les régimes dictatoriaux.

Nous avons commencé avec la Turquie, moi je termine avec l'Europe et le génie français. surtout qu'il faudra faire 100 puisque Steve Witkoff le dit encore ce soir et bien clairement Poutine ne menace pas l'Europe. Il l'a dit dans son interview à Fox News ce soir.

Est-ce que réellement l'administration Trump pense qu'il y a un risque zéro ? Mais je je pense que Trump croit ce que Poutine lui a dit. Poutine avec lequel il a parlé à plusieurs reprises, hein, ça a été révélé par Bod W pendant toutes ces années de guerre.

Poutine a vraiment marabouté Trump. Mais c'est pas très compliqué de marabouter Trump. Il faut lui dire "Tu es un génie.

Si tu n'avais pas si on t'avait pas volé ton élection, jamais tout ça serait passé. Ni le 7 octobre en Israël, ni la guerre en en Ukraine. Moi, je veux simplement me défendre. l'autlargi.

Donc si vous voulez dès lors que qu'on joue sur l'affect de Trump sa psychologie, je viens de revoir le film The Apprentice. C'est c'est stupéfiant. Il y a toutes les clés de la psychologie trumpienne là-dessus.

Et je terminerai en disant le drame aujourd'hui, c'est que la tête des États-Unis, enfin les États-Unis, c'est le pays dont le prince est un enfant. Voilà. Mais ça c'est très grave dans la période actuelle.

Yeah.