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interviewRFI — Invité politique· 29 juin 2026 8 min

Climat: «Il faut relocaliser notre production» pour décarboner, plaide Philippe Ballard, député et porte-parole du RN

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Présentateur

Bonjour Philippe Ballard.

0:01
Philippe Ballard

Bonjour.

0:02
Présentateur

Bienvenue sur RFI à l'heure du bilan de ces 11 jours de canicule. Au moins un millier de morts, chiffre donné par Santé publique France. Et ce bilan humain devrait encore s'alourdir. Sur mortalité, hôpitaux saturés, vous avez dénoncé la gestion catastrophique du gouvernement. Qu'est-ce que vous auriez fait de mieux si vous aviez été aux affaires, Philippe Ballard, ces dix derniers jours ?

0:30
Philippe Ballard

On n'a rien anticipé déjà, parce que le plan climatisation dont on parle, Marine Le Pen l'avait proposé il y a des années maintenant. La France est en retard. Si vous comparez avec des pays millimitrophes comme l'Espagne, l'Italie, où 70% des logements sont climatisés, nous on est à 25%. Quant aux écoles, on est à 7%, quand tous nos voisins, enfin nos principaux voisins, sont à 70%. Enfin voilà, sans parler du Japon, qui affiche les mêmes chiffres. Donc la climatisation, c'est la solution. Non, on est dans l'urgence.

Moi j'écoutais François Gémen, qui est membre du GIEC, et qui était en débat sur une chaîne d'info hier, et qui disait, mais oui, la solution, évidemment, c'est la climatisation. Donc je pense qu'il n'y a même pas débat, mais ce gouvernement n'a absolument rien anticipé. Il faut dire qu'avec des ministres comme Madame Barbu, qui est la ministre de la Transition écologique, qui est la ministre fantôme, entre parenthèses, on ne la voit jamais à l'Assemblée nationale, on la voit très rarement dans les médias.

À la limite, c'est peut-être pas plus mal, parce que quand elle prend la parole, comme il y a quelques jours, pour dire des âneries, au moins ça empêche le gouvernement d'en rajouter une couche. Mais enfin voilà, tous ceux qui sont succédés, Madame Pannier-Runacher et autres, ont mené la France là où elle est actuellement. Donc le plan climatisation sera présenté demain à 14h.

1:43
Présentateur

C'est une canicule qui a donc permis de relancer le grand débat sur la climatisation que vous défendez. Même les écologistes, vous le disiez, reconnaissent que cela peut être utile. C'est assurément la fin d'un tabou chez les Verts. Est-ce que c'est également un vrai virage écolo pour vous, ORN ? C'est la première fois que le sujet figure dans votre programme, après des années de remise en cause des rapports du GIEC, que Marine Le Pen trouvait trop alarmistes, ce sont ces mots.

2:09
Philippe Ballard

Non, non, mais on n'a jamais, enfin, oui, enfin, ils ont, à la limite, j'ai envie de vous dire, ils ont raison d'être alarmistes, ces rapports, oui, ils sont alarmistes.

2:19
Présentateur

Oui, mais pas trop alarmistes, visiblement, on était dans le vrai.

2:24
Philippe Ballard

Oui, mais vous savez ce que c'est, en fait, c'est une compilation, ce que fait le GIEC, c'est une compilation de diverses études liées au climat, pour faire simple. Et dedans, il y en a, effectivement, qui sont peut-être un peu plus alarmistes que d'autres, donc trop alarmistes, oui, pour certaines. Enfin, le fait est là, on ne peut pas nier qu'il y a un changement climatique. Enfin, moi, je veux dire, j'ai un certain âge maintenant, quand j'étais gamin, j'allais dans les Alpes, maintenant, quand j'y retourne, le glacier, il est 500 mètres plus haut. Donc, oui, effectivement, il y a un changement climatique, personne ne peut le nier. Donc, l'urgence, c'est...

Alors, le plan qu'on présentera demain, Jean-Philippe Tanguy, Thomas Ménager et Frédéric Falcon à 14 heures, ça sera notre proposition chiffrée, c'est le dispositif...

3:07
Présentateur

C'est quoi ? C'est 40 milliards d'euros ? C'est le chiffre qu'on entend aujourd'hui ?

3:12
Philippe Ballard

Oui, ça sera annoncé demain, précisément. On va passer au 100% Rénov', plutôt que ma prime Rénov', qui est un énorme échec. Ça sera un crédit d'impôt, mais enfin, les détails vous seront donnés demain, qui devraient coûter aux alentours de 300 millions d'euros pour l'État français. Donc, on pourra rénover, on pourra mettre la clim, parce que la clim est exclue, y compris des fonds verts, actuellement. Enfin, c'est quand même une ineptie totale. Donc, oui, la clim, c'est la solution.

3:37
Présentateur

Oui. Jusqu'où va votre nouvelle ambition climatique, Philippe Ballard ? Est-ce qu'en dehors de cette idée phare du plan climatisation, est-ce que ça sera suffisant ? Est-ce que ça doit également, nécessairement, s'accompagner d'une nécessaire action en matière de décarbonation, d'une réduction des gaz à effet de serre ? Est-ce que c'est également dans vos projets ?

3:59
Philippe Ballard

Oui, mais ce n'est pas nouveau, parce que nous, on est... On ne peut pas s'arrêter à la clim. Non, mais on est contre cette mondialisation qu'on nous a promis heureuse et qui est un vrai désastre. Vous savez, la France, c'est 0,9% des émissions de CO2. Et la moitié sont dues à nos importations. Au point d'un pays comme la Chine, c'est 30% des émissions de CO2 au niveau mondial. Les États-Unis et l'Inde, c'est 15%. Nous, on est à 0,9%. Voilà, il faut déjà resituer un peu le débat. Et la moitié sont dues à nos importations.

Donc, ce que l'on propose depuis des années, c'est relocaliser, réindustrialiser le pays pour produire sur place, pour ne pas apporter des matières premières, des objets qu'on peut fabriquer en France et qui viennent du bout du monde. Vous savez qu'un super tancaire qui vient d'Asie jusqu'en Europe, ça pollue autant qu'un million de voitures par an. Voilà. Donc, le calcul, il est vite fait. Oui, c'est un débat beaucoup plus global. Effectivement, on ne peut pas s'arrêter à la climatisation. La climatisation, c'est l'urgence, c'est sauver des vies, ce qui n'est quand même pas rien. Mais après, il faut avoir une vision beaucoup plus globale.

Oui, on arrête avec ces délires de la mondialisation. Et on arrête, on baisse en tout cas nos émissions de CO2.

5:04
Présentateur

Et en attendant, les détails de ce grand plan clim, qui sera donc présenté demain par Jean-Philippe Tanguy à l'Assemblée. Et un mot au Philippe Ballard de la course à l'Élysée. Dans une semaine, le 7 juillet, la justice tranchera dans le procès des assistants parlementaires et décidera de ce fait si votre champion pour 2027, ça sera Marine Le Pen, ou bien Jordan Bardella. Comment Marine Le Pen s'y prépare-t-elle ?

5:31
Philippe Ballard

Vous avez bien résumé. Ce sont des magistrats qui vont décider du sort, en quelque sorte, de la prochaine élection présidentielle. Il n'y a pas beaucoup de pays dans le monde où ça se passe de la sorte. Pour nous, Marine Le Pen est innocente. Donc, elle pourra se présenter à l'élection présidentielle. Et puis, on ne va pas refaire le match, parce que ça a été dit des dizaines et des dizaines de fois. Si malheureusement, elle était empêchée, Jordan Bardella est un formidable candidat. Donc, il y aura de toute façon un candidat du Rassemblement national à cette élection présidentielle. Mais à ce jour, notre candidate, c'est Marine Le Pen.

6:03
Présentateur

Vous avez le sentiment, comme certains dans votre parti, que cette décision de justice va constituer une anomalie démocratique ?

6:13
Philippe Ballard

Moi, je me rappelle, parce qu'en plus, il y avait l'exécution provisoire même de l'ancien président de l'USM, l'Union syndicale des magistrats, qui était sur un plateau sur lequel je me trouvais, d'une chaîne d'info, qui avait dit que c'était quand même assez étonnant comme jugement, en refaisant référence à celui du 31 mars 2025. Donc, on va voir s'il y a une évolution d'ici le 7 juillet. Mais enfin, encore une fois, les faits qui sont reprochés à Marine Le Pen et aux autres, d'ailleurs, prévenus, elle est innocente. Voilà.

6:42
Présentateur

Est-ce qu'il n'y a pas une forme de stress judiciaire, ou en tout cas d'inquiétude, même parmi les troupes, parmi l'équipe dirigeante du parti, même si on sait que le binôme, Le Pen-Bardella, a clairement expliqué les enjeux, et la passation de responsabilité, de candidature de l'un à l'autre ? Est-ce que c'est aussi simple pour tout le monde ? Est-ce que tout le monde, chez vous, est prêt à marcher, comme un seul homme dans les pas de Jordan Bardella, qui est toujours en tête des soldats ?

7:09
Philippe Ballard

Il n'y a pas d'état d'âme ? Bien sûr. Non, nous, ce qui compte, si vous voulez, ce n'est pas nos petits postes individuels, et Marine Le Pen est une combattante hors pair, c'est la France et ce sont les Français. Donc, nous, notre combat, c'est ça. Ce n'est pas notre place, nos sièges. Ce qui compte, c'est l'intérêt de la France et des Français. Donc, tout le monde, évidemment, se battra, se rangera derrière notre champion, le séduit.

7:35
Présentateur

Sans état d'âme ?

7:36
Philippe Ballard

Sans aucun état d'âme, je vous le garantis.

7:39
Présentateur

Et ça sera le même programme, mis à part quelques inflexions, peut-être pour la retraite, vous nous le garantissez également ?

7:45
Philippe Ballard

Non, mais même plus globalement. Mais Marine Le Pen l'a dit elle-même, si vous voulez Jordan Bardella, un candidat ne doit pas être enfermé dans un programme qui serait dévoilé ce jour. Donc, on va attendre le 7 juillet pour que ce candidat s'approprie en quelque sorte ce programme et apporte sa touche.

8:07
Présentateur

Rendez-vous le 7 juillet. Merci Philippe Ballard.

8:09
Philippe Ballard

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Climat: «Il faut relocaliser notre production» pour décarboner, plaide Philippe Ballard, député et porte-parole du RN — Philippe Ballard · Pourquijevote