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interviewBFMTV· 16 juillet 2026 19 min

Incendie de Fontainebleau: Valérie Pécresse veut "une grande initiative de régénération" de la forêt

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Vous êtes bien sur RMC et BFM TV. Bonjour Valérie Pécresse. Bonjour. Merci de répondre à mes questions ce matin. Vous êtes la présidente, présidente LR de la région Île-de-France. Beaucoup de questions à vous poser ce matin, aussi dans la perspective de 2027. Vous étiez candidate d'ailleurs à la dernière élection présidentielle. Mais d'abord, ces feux, ces incendies, 2000 hectares de la forêt de Fontainebleau qui sont partis en fumée. Vous avez passé quasiment la journée sur place hier. Tout à l'heure, c'est Emmanuel Macron qui arrivera. Comment vous réagissez aujourd'hui ? Les nouvelles sont plutôt rassurantes ce matin. Un feu qui semble fixé mais encore fragile.

2000 hectares de cette forêt en plein cœur de la région Île-de-France.

0:38
Valérie Pécresse

Écoutez, c'est une énorme tristesse, mêlée de colère. Parce qu'effectivement, la forêt de Fontainebleau, ce n'est pas n'importe quelle forêt. C'est une forêt classée au patrimoine mondial de l'UNESCO. C'est une forêt qu'énormément d'amoureux de la forêt connaissent, que tous les amoureux de la VARAP connaissent, puisque c'est un spot international d'escalade. C'est un site absolument splendide. Et hier, j'ai vu un spectacle de désolation, c'est-à-dire un spectacle lunaire avec des cendres. Et vraiment, tout le monde est dans le choc. Dans le choc de ce qui s'est passé. Dans le choc d'autant plus que ce sont des esprits malades qui sont à l'origine de ces départs de feu.

On sait que ce sont des pyromanes qui ont lancé cet incendie. On partit au moins. Et donc vraiment un sentiment d'un immense, immense gâchis.

1:34
Présentateur

D'un immense gâchis, les moyens, d'abord humains, 950 personnes mobilisées, plusieurs canadaires. Emmanuel Macron devrait d'ailleurs remercier, semble-t-il, les équipes qui sont encore à pied d'œuvre pour tenter de maintenir ce feu. Est-ce que vous avez aujourd'hui le sentiment que les moyens ont été à la hauteur ? Ils deviennent politiques, ces questions de moyens ? On a vu Jean-Luc Mélenchon qui reprochait à Gabriel Attal d'avoir coupé des budgets. Gabriel Attal qui dit « mais je n'ai pas coupé les budgets », c'est simplement que l'entreprise elle-même n'était pas capable de livrer davantage que deux canadaires, qui ont certes été commandés, mais toujours pas livrés.

Bref, où est-ce qu'on en est de cette chaîne de décision et de moyens en France ?

2:11
Valérie Pécresse

Écoutez, en tout cas sur Fontainebleau, tout a merveilleusement fonctionné. Et c'est le sentiment que m'ont donné les pompiers, les gendarmes, les agriculteurs, les maires, tous les bénévoles que j'ai vus sur le terrain. Ils m'ont dit à quel point nous étions professionnels dans notre gestion des incendies. Moi j'ai rencontré des pompiers du Var qui avaient fait des exercices, qui étaient venus en fort, des pompiers bretons. Et nos pompiers d'Île-de-France sont tous maintenant organisés en solidarité. Donc tous les départements d'Île-de-France avaient convergé sur la Seine-et-Marne. Et ce qu'ils m'ont expliqué, c'est qu'ils faisaient des exercices en commun.

Les pompiers d'Île-de-France étaient allés à Marseille, sur les feux marseillais l'année dernière. Ils étaient allés dans le Var s'exercer. Donc en réalité, on a, j'allais dire, une armada de pompiers qui est extrêmement professionnelle. Nous, en forêt de Fontainebleau, ils avaient mis, c'était très visionnaire, des caméras de surveillance avec intelligence artificielle sur trois pylônes électriques qui couvrent toute la forêt. Donc en fait, ils ont pu repérer tous les départs d'incendie 45 minutes avant que des alertes soient données par l'homme. Donc en réalité, on a aujourd'hui des pompiers professionnels qui sont extraordinairement...

Les moyens humains étaient là, bien sûr, puisque tout le monde a été rappelé. Les congés ont été annulés. Enfin bon, donc les moyens humains étaient là. Il y a eu des renforts de toute la France. Les Canadaires sont arrivés, mais aussi des hélicoptères. Les agriculteurs... Est-ce que ça veut dire que vous...

3:47
Présentateur

Allez-y, allez-y, parce que les agriculteurs se sont énormément mobilisés aussi.

3:51
Valérie Pécresse

Oui, les agriculteurs avaient l'habitude avec les pompiers de faire des exercices, justement pour éviter les incendies dans les champs. Et donc les agriculteurs sont arrivés avec des cuves de méthaniseurs remplies d'eau. On a fait des piscines d'eau. Donc il y a eu une chaîne de solidarité incroyable qui s'est mise en place. Les maires, pareil, m'ont dit que la Croix-Rouge avait été impeccable, est arrivée immédiatement avec les Lipicots pour les 800 personnes qui ont été évacuées. Donc la vérité, c'est que tous ceux qui polémiquent sur l'absence de moyens, en fait, ne savent pas ce qui s'est passé. Cette formidable mobilisation de tout le monde.

Alors c'est vrai qu'il y avait un peu d'improvisation, mais vraiment beaucoup de professionnalité.

4:30
Présentateur

Ça veut dire que vous estimez que faire de la polémique sur les moyens, le nom de Canadair, ça n'est pas le moment, ça n'est pas le lieu ?

4:37
Valérie Pécresse

Non, moi ce que je crois, c'est qu'effectivement, avec le réchauffement climatique, il faut qu'on voit plus loin. Il faut qu'on voit plus loin. Moi, ce qui a marché dans la forêt de Fontainebleau, on doit le dupliquer. Dans la forêt de Rambouillet, dans la forêt de Montmorency, partout en Ile-de-France. Puisque désormais, nous avons compris que même le nord de la France allait être soumis à ce risque incendie autant que le sud. Donc évidemment, il va falloir qu'on adapte.

4:58
Présentateur

Il va falloir renforcer les moyens ?

4:59
Valérie Pécresse

Bien sûr, il va falloir utiliser ces capteurs avec intelligence artificielle pour les incendies, non seulement à Fontainebleau, pour réclasser, mais ailleurs. Il va falloir aussi qu'on développe, et ça c'est vraiment quelque chose d'important en termes de souveraineté, une filière d'avions, d'avions bombardiers d'eau. Et je sais qu'à Toulouse, du côté de Toulouse, il y a des entreprises qui sont en train de travailler sur cette filière.

5:24
Présentateur

Vous demandez aujourd'hui au président de la République qui se rendra sur place de remettre de la souveraineté, y compris sur cette question-là. Et en même temps, j'ai envie de vous dire, c'est un peu ce qui a bloqué. C'est-à-dire que précisément, si on n'a pas pu commander autant de Canadair qu'initialement envisagé, c'est semble-t-il aussi parce que notre filière n'était pas en mesure, et d'ailleurs on peut même préciser qu'aucun Canadair n'est sorti aujourd'hui des chaînes de production en France.

5:48
Valérie Pécresse

Mais parce qu'il n'y a pas de Canadair européen. Aujourd'hui, on n'a pas de filière européenne. C'était les Canadair, c'est une entreprise qui est une entreprise canadienne. Moi, ce que je demande aujourd'hui, je demande d'abord, je voudrais lancer solennellement sur votre antenne, une grande initiative de régénération de cette forêt. Parce que la forêt de Fontainebleau, c'est le poumon vert de l'île de France, mais c'est aussi une forêt classée au patrimoine mondial. Ça veut dire quoi ? C'est une réserve de biodiversité incroyable. Ça veut dire quoi, régénération ?

Régénération, ça veut dire qu'il faut qu'on se mette tous autour de la table avec l'ONF qui gère la forêt, c'est une forêt d'eau maniale, une forêt d'État, avec l'ONF, avec les associations environnementales, mais aussi avec les services d'incendie et de secours qui nous ont dit à quel point cette forêt, elle est inextricable, elle est inatteignable, parce qu'il n'y a pas d'accès pompier, alors que dans le Var, aujourd'hui, avec l'expérience des autres, ils ont créé des accès pompiers. Et nous, on ne peut pas se permettre une deuxième fois de perdre cette ressource de forêt. Donc quand on va la régénérer...

6:47
Présentateur

Cette initiative, elle doit être prise par le président de la République ? Elle doit être prise par la région ?

6:51
Valérie Pécresse

Écoutez, moi, en tout cas, en tant que présidente de la région, je souhaite cette initiative. Je souhaite que cette initiative, elle soit prise comme on l'a prise pour Notre-Dame. Notre-Dame a brûlé, on a reconstruit Notre-Dame. Fontainebleau brûle, on doit régénérer Fontainebleau. Et de la même façon, il faut mobiliser les énergies, mobiliser tous les amis de la forêt de Fontainebleau, mobiliser tous les mécènes pour replanter. Aujourd'hui, ce qui s'est passé à Fontainebleau, c'est au patrimoine naturel, ce qui s'est un peu passé avec Notre-Dame. Pour le patrimoine historique. Donc j'appelle le président de la République à prendre le leadership aussi de cette initiative, s'il le souhaite.

Ça, c'est la première chose. Et la deuxième chose, c'est qu'effectivement, il va falloir tirer toutes les leçons de ce qui s'est fait et développer nos moyens de lutte. Les moyens de lutte, c'est effectivement cette filière française, cette filière européenne de rétrofit d'avions. Parce qu'on peut faire, plutôt que de développer un avion spécial qui mettra des années, moi je connais, je gère en Ile-de-France, vous le savez, beaucoup de projets de train, beaucoup de projets industriels. Et c'est extrêmement long. C'est très très long et ça a toujours du retard. Donc au lieu de faire ça, essayer de travailler.

Et je sais que ça se fait du côté de la région Toulousaine, qui est une grande région aéronautique, le rétrofit d'avions pour pouvoir avoir des moyens supplémentaires.

8:07
Présentateur

Valérie Pécresse est arrivée aussi dans un contexte de canicule, deux vagues de canicule. Et c'est la région Ile-de-France et c'est Paris qui ont été les plus touchées par la surmortalité. Pas parce qu'ils y faisaient plus chaud qu'ailleurs, mais aussi parce que précisément, il y avait un habitat plus difficile à adapter, qu'il y avait une population parfois plus précaire. Est-ce que vous considérez aujourd'hui qu'il y a eu une responsabilité de l'État, d'un certain nombre de politiques, à ne pas adapter le bâti face à ces chaleurs extrêmes ?

8:38
Valérie Pécresse

Alors d'abord, l'adaptation au réchauffement climatique, ce n'est pas quelque chose qu'on a découvert aujourd'hui. On a, depuis la canicule de 2003 et singulièrement, depuis que je suis présidente de région, nous avons travaillé à adapter tous nos bâtiments au réchauffement. Mais vous dites qu'on a 10 ans de retard. Nous avons travaillé à adapter tous nos bâtiments au réchauffement. Le problème, c'est que nous n'avons pas cette culture des grosses chaleurs. Et la culture des grosses chaleurs, elle conduit effectivement les habitants à avoir des habitudes très différentes. Elle conduit aussi les propriétaires privés à avoir des habitations qui sont beaucoup plus climatisées.

Est-ce que vous savez que la région, par exemple, a une carte aujourd'hui de tous les îlots de frochères d'Île-de-France ? C'est-à-dire que tous les points rafraîchis, tous les endroits qui sont climatisés sont sur une carte qu'on peut consulter sur le site de la région pour aller se rafraîchir dans la journée si on se sent. Il y a la question du rafraîchissement dans la journée,

9:27
Présentateur

mais il y a aussi la question du logement. Et la surmortalité, elle a été surtout du fait de personnes qui sont mortes chez elles. Valérie Pécresse, quand vous entendez le maire de Paris qui dit « climatiser chez soi, c'est réchauffer son voisin », est-ce qu'aujourd'hui, vous dites « oui, il faut interdire les clims » ou est-ce qu'au contraire, vous dites « il faut aller davantage vers la clim » ?

9:46
Valérie Pécresse

La clim sauve des vies, donc il ne faut pas être anti-clim. D'ailleurs, moi, au niveau des transports en commun, quand je suis arrivée en 2015, il y avait un tabou total. C'est-à-dire que… Tabou ? Oui, parce que les écologistes avaient interdit d'acheter des bus climatisés. Donc la gauche qui gérait la région avait interdit l'usage de la clim dans les bus parce que ça polluait. Et effectivement, d'ailleurs, c'était un peu absurde, ils achetaient des bus diesel qui polluaient et donc ils ne mettaient pas la clim dedans parce que la clim, c'était double pollution. Moi, j'ai dit « on va faire autre chose, on va acheter des bus électriques, dépollués et décarbonés et on mettra la clim dedans ».

Donc double gain, voilà. Simplement, c'est un mouvement, la climatisation, qui est très long, très lent, parce qu'il faut changer les dépôts de bus, parce qu'il faut acheter des bus électriques, parce que la production de bus électriques est en retard. Moi, j'attends 1 000 bus qui n'ont pas encore été livrés. Mon RERB, je l'appelle « mon » parce que c'est mon projet de cœur. Ce RERB, je l'ai commandé, il est totalement climatisé. Il a été commandé en 2020. Il a déjà 3 ans de retard. Bon, il va arriver, il sera là en 2029. Il est déjà en train de rouler à Valenciennes. Il est magnifique.

Mais j'aurais aimé qu'il soit là pour cette canicule parce que le confort pour tous les usagers aurait été incroyable. Donc oui, on a déjà adapté beaucoup de choses. Mais vous avez pointé quelque chose, Madame de Malherbe, qui est une singularité de l'île de France. C'est la solitude. C'est la solitude. À Paris, 40% des Parisiens vivent seuls. Et quand on vit seul, on est plus fragilisé. On est plus fragilisé parce qu'il y a moins de liens sociaux. Et parce qu'effectivement, si on ne se sent pas bien, on n'a personne.

11:28
Présentateur

Mais ça, pardon ? Personne n'a qu'il y a pas pour ça.

11:30
Valérie Pécresse

Eh bien, il va falloir qu'on crée du lien social. Il va falloir qu'on crée des réseaux qui appelleront les voisins. Il va falloir qu'on recrée des solidarités qu'on a dans les villages, qu'on a dans les villes moyennes, qui malheureusement se sont perdues à la capitale. Et c'est très intéressant de voir qu'en banlieue, il y a eu beaucoup moins de victimes. Ça veut dire que les réseaux de solidarité, dès qu'on est dans une ville à taille humaine, sont plus forts qu'à Paris.

11:55
Présentateur

Valérie Pécresse, je voudrais vous interroger aussi sur les erreurs judiciaires. Et une en particulier qui a provoqué un très grand témoin, et notamment dans la famille de Shem Sedin. Shem Sedin, c'est ce jeune homme, 15 ans, qui avait été battu à mort à la sortie de son collège, à Virichatillon, en Essonne, par d'autres adolescents qui lui reprochaient d'avoir des liens avec leur sœur, et qui donc l'ont battu à mort. Alors, parmi ces jeunes mineurs à l'époque qui l'ont battu à mort, deux ont été remis en liberté il y a quelques jours, et de manière quasi triomphante, sur les réseaux sociaux, leurs copains, les accueillaient à la sortie de la prison.

Ils avaient été mis en examen, ils étaient effectivement retenus en prison de manière préventive, et le ministère de la Justice évoque une erreur de droit dans le cadre aussi de ce fameux vide juridique qui a aussi été évoqué dans ce point. La famille de Shem Sedin se dit anéantie, littéralement effondrée.

13:02
Valérie Pécresse

Comment vous réagissez ? Comme elle. Comme elle. Je suis anéantie et effondrée. Le problème que nous avons aujourd'hui, c'est qu'il ne faut plus que le droit soit contraire au bon sens. Il ne faut plus que les décisions judiciaires soient contraires à la sécurité des personnes. Aujourd'hui, on a des criminels ultra-violents qui sont incarcérés, qu'ils soient majeurs, qu'ils soient mineurs, ils sont ultra-violents. Il faut protéger la société de ces mineurs ultra-violents ou de ces majeurs ultra-violents, de ces criminels. Et donc, je pense qu'il faut que le juge fasse très attention.

Aujourd'hui, c'est vrai que quelquefois, on a des complexités du droit et des complexités procédurales qui sont très fortes, mais on ne peut pas juger en procédure. On doit juger aussi avec son cœur, avec sa conscience et avec le souci permanent de protéger la société. Comment expliquer à ceux qui nous écoutent,

13:58
Présentateur

à ceux qui nous regardent, que deux hommes qui ont, semble-t-il, l'enquête évidemment doit aller jusqu'au bout, battu à mort un autre jeune homme, et t'étais libéré sur une histoire de procédure ?

14:12
Valérie Pécresse

Ça s'appelle une erreur judiciaire, mais il faudrait qu'on arrive à trouver un moyen. Je ne sais pas comment on trouve la solution. Ce n'est pas simple. Parce que le juge, il juge en droit. Il juge en droit, il applique le droit. Là, il a fait une erreur de droit. Ça s'appelle une erreur judiciaire. C'est une erreur du système judiciaire. Et il faut aujourd'hui, vraiment, que le ministère de la Justice puisse avoir les outils pour contrer ces erreurs judiciaires.

14:35
Présentateur

La loi fin de vie a été adoptée hier soir. Est-ce que vous estimez que c'est une bonne nouvelle ou une mauvaise ?

14:42
Valérie Pécresse

Moi, je suis un peu triste sur cette loi aussi. Vous allez me dire, je suis triste sur beaucoup de sujets. Oui, mais l'époque n'est pas joyeuse. Non, l'époque n'est pas joyeuse. Je suis triste parce que je trouve que la loi qui a été votée est clairement pour moi déséquilibrée. Elle est déséquilibrée parce qu'elle n'apporte pas aux personnes les plus vulnérables les garanties de protection que la société française doit leur donner. Parce que, alors, moi je suis une petite fille de psychiatre.

Mon grand-père m'a toujours dit, et j'ai été élevée en partie par mon grand-père, il m'a toujours dit qu'il avait rencontré dans sa vie des gens qui un jour voulaient mourir, avaient des pensées suicidaires, et qui quelques semaines plus tard pouvaient être complètement guéris. Donc il faut faire très attention. Il faut que cette loi, elle veille à mettre des gardes fous qui protègent les plus vulnérables, qu'on ait un délai de rétractation, qu'on ait l'accès aux soins palliatifs pour tous. Parce que la vérité, c'est que beaucoup de personnes souhaitent en réalité être soulagées de leur douleur, mais aller jusqu'au bout de leur vie.

Et en fait, c'est quand ils n'ont plus d'espoir, quand ils sont confrontés à la douleur seule, que, évidemment, ils peuvent prendre des mauvaises décisions. Et puis par ailleurs, il faut protéger vraiment les personnes qui seront sous tutelle, sous curatelle. Enfin, il faut faire très attention.

15:56
Présentateur

Vous êtes inquiète ce matin ?

15:57
Valérie Pécresse

Moi, je suis inquiète. Je suis inquiète de cette loi. Et pourtant, au démarrage, je voyais bien qu'il y avait des failles dans la loi Claes-Léonetti, qu'il y avait peut-être nécessité, pour certaines maladies neurodégénératives, de trouver des solutions qui permettraient de soulager les souffrances. Donc vous voyez, j'étais ouverte. Mais là, je trouve que la loi, telle qu'elle est votée, elle m'inquiète.

16:18
Présentateur

Bruno Retailleau parle d'une loi d'abandon. Bruno Retailleau, président des Républicains, candidat à l'élection présidentielle. Est-ce qu'il sera votre candidat ?

16:26
Valérie Pécresse

Écoutez, aujourd'hui, on a besoin du message qui est porté par Bruno Retailleau. On en a besoin parce qu'on a besoin que le message d'une droite très forte, très affirmée, soit porté dans cette présidentielle parce que la France a besoin d'ordre. Est-ce que ça peut être lui ? La France a besoin d'ordre. Aujourd'hui, sa candidature est totalement légitime. Le message qu'il porte est un message important. Mais mon sujet, aujourd'hui, c'est vraiment qu'on se mette d'accord sur les mesures qu'il faut pour redresser la France. Quand je vois aujourd'hui que, finalement, cette présidentielle semble ne se résumer qu'à des castings de personnes, je suis très inquiète.

Qu'on regarde Marine Le Pen et son programme, qu'on regarde où en est la France aujourd'hui, qu'on soit au clair sur les décisions très difficiles qu'il va falloir prendre pour sauver le pays. La caisse a été cramée. On n'a plus d'argent. J'étais, il y a quelques jours, au Festival d'Avignon avec les troupes d'Île-de-France pour les accompagner, tout l'écosystème culturel, qui s'inquiète parce qu'on lui coupe ses crédits en plein milieu d'année, en mettant tout le monde culturel par terre. Pourquoi l'État a pris cette décision de couper les vivres au monde culturel en plein milieu d'année alors que tous les budgets sont votés ?

Tout simplement parce qu'on n'a pas le courage de faire les réformes structurelles dont le pays a besoin, la réforme des retraites qui nous coûte des milliards chaque année. Et comme on n'a pas le courage de dire aux Français qu'il faudra faire cette réforme, comme dans tous les pays, on fait quoi ? On tue un écosystème culturel de 140 000 emplois en Ile-de-France, 500 000 emplois en France. C'est absurde. Valérie Pécresse, Elon Musk, l'homme le plus riche du monde. Pardon, mais les décisions à courte vue,

18:06
Présentateur

Madame de Malheur. On ce genre de conséquences. J'ai bien compris, Elon Musk, l'homme le plus riche du monde, qui est à la tête d'un certain nombre de réseaux sociaux et de X, s'est exprimé hier en disant que pour lui, Marine Le Pen était la dernière personne qui pouvait sauver la France.

18:21
Valérie Pécresse

Écoutez, si M. Musk avait la moindre idée de ce qu'il faut pour sauver la France, ça se saurait. Est-ce que c'est une forme d'ingérence ? Mais franchement, il n'y a pas un Français qui va voter selon les consignes d'Elon Musk. En revanche, d'ailleurs, ça peut peut-être être dissuasif, ce qui serait une bonne chose. Parce que le sujet, c'est que Marine Le Pen, qu'est-ce qu'elle propose ? Elle propose la retraite à 62 ans, la retraite à 60 ans. Eh bien, écoutez, c'est ça, c'est la faillite de la France. La faillite de la France.

Et donc, à un moment donné, il va falloir qu'on arrête de parler casting, il va falloir qu'on parle projet, il va falloir qu'on parle programme, il va falloir qu'on s'entende, il va falloir qu'on ait le courage de dire la vérité aux Français. C'est que si on ne bosse pas un tout petit peu plus, eh bien, on va être obligé de couper dans ce qu'on a de plus précieux, nos services publics, notre culture. Là, aujourd'hui, l'apprentissage qui est en train d'être laminé, là aussi en cours d'année. Donc, vous voyez, on fait des mauvais arbitrages. Donc, faire des bons arbitrages. Merci beaucoup. Mais dire la vérité aux Français, surtout.

19:18
Présentateur

Merci beaucoup, Valérie Pécresse, d'avoir répondu à mes questions ce matin sur l'AMC BFM TV. Merci beaucoup.