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interviewyoutube.com· 18 juin 2024 20 min

Nouveau Front populaire, ISF: l'interview en intégralité d'Olivier Faure, Premier secrétaire PS

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Il est 8h32 et vous êtes bien sur RMC et BFM TV. Bonjour Olivier Faure.

0:04
Olivier Faure

Bonjour Apolline de Malheur.

0:04
Présentateur

Vous êtes le premier secrétaire du Parti Socialiste et donc membre désormais de ce nouveau Front Populaire. Front Populaire qui, pour la première fois hier soir, tenait meeting commun. Ça se passait à Montreuil à côté de Paris. Vous étiez tous ensemble. On va voir si, au-delà de l'image, il n'y a pas quand même quelques désaccords. On essaie de comprendre aussi ce que vous allez faire ensemble. Pas seulement pour gagner, mais peut-être pour gouverner, même si on a du mal à suivre tous les partis en ce moment. Je ne sais pas vous, mais enfin globalement, quand on voit que tous les jours, il y a effectivement des nouveautés.

Mais le programme est arrêté et on va pouvoir rentrer dans le dur de ce programme et des propositions, y compris des propositions de plus en plus chiffrées, même si dans la journée, vous donnerez un chiffrage plus précis. Vous n'avez pas l'impression que vous vous êtes fait un peu avoir quand même ?

0:50
Olivier Faure

Par quoi ?

0:51
Présentateur

Globalement et notamment par LFI.

0:52
Olivier Faure

– Mais c'est tout l'inverse. Je pense que nous avons au contraire réussi.

0:55
Présentateur

– C'est tout l'inverse. C'est vous qui les avez eus ?

0:57
Olivier Faure

– Non, ça veut dire que nous étions dans une situation, il y a un peu plus d'une semaine maintenant, le 9 juin, où nous avions le sentiment qu'il y avait quelque chose d'inéluctable. L'extrême droite devait l'emporter de manière assurée. Et aujourd'hui, grâce à ce rassemblement de toute la gauche et des écologistes, il y a un espoir qui s'est levé. Alors, il est encore fragile. Évidemment, rien n'est assuré pour nous et nous n'avons pas gagné. Et il faut être extrêmement vigilant. Mais il y a quelque chose qui se crée, qui naît et qui, je le vois, c'était le cas le week-end dernier.

1:30
Présentateur

– Et les sondages, d'ailleurs, montrent une dynamique, comme disent les sondeurs, une dynamique du côté de la gauche, puisque vous gagnez des points, effectivement, dans ces premiers jours de campagne. Quand je dis « vous n'avez pas l'impression de vous faire avoir », c'est que parfois, on a l'impression que vous avez signé avec quelqu'un qui, comme dans les dessins animés, aurait la main derrière le dos avec les doigts croisés, qui signe d'une main mais qui, de l'autre, dénonce ce qu'il signe. Je voudrais comprendre, par exemple, sur cette histoire de Premier ministre, je n'ai toujours pas compris.

Quand Jean-Luc Mélenchon dit « si vous ne voulez pas que je sois Premier ministre, je ne le serai pas », mais qui va décider à la fin ?

2:03
Olivier Faure

– C'est simple, moi je souhaite que ce soit l'ensemble de celles et ceux qui formeront cette nouvelle majorité, qui puissent se retrouver au lendemain du 7 juillet et qui puissent ensemble désigner celui ou celle qui sera le mieux placé pour répondre à une situation qui sera insistant obligée.

2:18
Présentateur

– Comment prendrez-vous la décision ? Est-ce qu'il y aura un vote ?

2:20
Olivier Faure

– Oui, moi je souhaite un vote.

2:21
Présentateur

– Vous souhaitez un vote, en avez-vous eu la garantie ?

2:23
Olivier Faure

– Mais il y aura un vote, parce que de toute façon, c'est la seule façon d'arbitrer. Moi je ne connais pas d'autre façon d'arbitrer.

2:28
Présentateur

– Parce qu'au sein de la France Insoumise, et ils l'ont toujours revendiqué comme tel, et quelqu'un comme Mathilde Panot l'a déjà dit à mon micro, il n'y a pas de vote, ils disent qu'ils ne sont pas un parti traditionnel. Avec des votes, il y a des désignations qui sont parfois un peu opaques.

2:42
Olivier Faure

– Oui mais là, vous comprendrez qu'il s'agit d'une majorité, ce n'est pas la France Insoumise toute seule. Si vous faites des calculs assez simples, vous avez en fait, même dans la situation actuelle, vous avez une voix de plus pour les socialistes, les communistes et les écologistes rassemblés. C'est dire qu'il n'y a pas en fait un bloc insoumis qui s'imposerait au reste de la gauche et des écologistes. Et moi je souhaite non pas dire que les insoumis n'ont pas leur mot à dire, mais ça ne peut pas être l'alignement sur tel ou tel. Et je le dis de manière très ferme, la seule façon de faire fonctionner cette nouvelle majorité, ce sera d'avoir un fonctionnement démocratique.

En l'absence de fonctionnement démocratique, les choses ne dureraient pas.

3:24
Présentateur

– Je me permets de vous reposer la question, avez-vous eu des garanties là-dessus ou est-ce que c'est simplement un souhait que vous émettez ce matin ? Avez-vous, vous êtes-vous mis d'accord avant sur la méthode ?

3:34
Olivier Faure

– Mais la garantie, Apolline de Malherbe, c'est tout simplement que pour être Premier ministre, pour pouvoir avoir la confiance du Parlement, il faut avoir une majorité. Cette majorité, vous ne pouvez l'avoir qu'à une condition, c'est qu'elle adhère à ce que vous êtes et à votre projet. Et donc ça ne peut pas être le fait d'un seul parti ou même de deux partis, c'est le fait de la coalition. Moi je ne peux pas imposer un Premier ministre socialiste, personne ne peut imposer un Premier ministre insoumis. La seule façon d'y arriver, c'est de faire en sorte de voter et de s'accorder sur celui ou celle qui correspond le mieux à la situation. Nous sommes dans un pays qui est ultra fracturé.

Nous avons une situation de crise politique qui aujourd'hui, impuissante, y compris le pouvoir d'État, et bien nous devons chercher celui ou celle qui a le profil, qui va naître à, de faire en sorte à la fois de rassembler cette majorité et de fédérer le pays sur une vision.

4:24
Présentateur

Vous étiez hier à Montreuil pour ce premier meeting commun. Est-ce que vous avez regardé, j'imagine, la foule ? Vous vous êtes parlé les uns avec les autres, les dirigeants sur la scène, mais vous regardez ces images de la foule et les images aussi qui étaient juste derrière la tribune. Il n'y a pas quelque chose qui vous a frappé ?

4:42
Olivier Faure

Qu'est-ce qui vous a frappé ?

4:44
Présentateur

Il n'y avait pas du tout de drapeau français. Il y avait des drapeaux palestiniens, il y avait des drapeaux du Fonds populaire, il y avait des drapeaux de la France insoumise, mais il n'y avait aucun drapeau français. En tout cas, moi, je n'en ai pas vu. Ça ne vous a pas manqué ?

4:55
Olivier Faure

Moi, ce qui m'a beaucoup ému, c'est le fait que quand nous avons terminé ce meeting, la foule a entonné la Marseillaise et a rappelé qu'elle était justement cette France, cette France diverse, cette France métissée, cette France qui se refuse au Front National.

5:10
Présentateur

– Et vous étiez notamment sur scène entre Raquel Garrido et Alexis Corbière. Alors là, il y avait quand même une petite confusion, il faut quand même le dire, puisque eux-mêmes n'ont pas reçu l'investiture. Ils se sont un peu incrustés, quoi.

5:23
Olivier Faure

– Ils ne se sont pas incrustés. Alexis Corbière était dans sa propre circonscription. Donc il est candidat, il adhère au projet de France populaire.

5:29
Présentateur

– Et vous soutenez sa candidature à lui, contre celle qui est soutenue par Alexis.

5:32
Olivier Faure

– On ne va pas continuer très longtemps à parler uniquement des sujets internes.

5:36
Présentateur

– J'en parle parce que vous étiez avec eux hier soir.

5:38
Olivier Faure

– Oui, oui, non, mais parce qu'il y a des sujets internes à la France insoumise qui en réalité intéressent assez peu de monde. Mais effectivement, moi j'accorde tout mon soutien à Alexis Corbière, à Raquel Garrido, parce qu'ils ont été des parlementaires particulièrement efficaces. Ils sont des voix fortes au sein de la gauche. Et nous avons besoin de toutes ces voix parce qu'aucun ne sera de trop dans une situation où nous avons à faire face, à faire front à l'extrême droite.

6:03
Présentateur

– Ils vous ont un peu fait la leçon quand même, ceux qui étaient à la tribune. Leçon quasiment d'intimidation de Manès Nadel qui est dans l'Union des lycéens, qui disait « Si le nouveau Front populaire au pouvoir nous trahit, nous serons derrière chaque barricade pour lui rappeler pourquoi nous l'avons élu. » Rima Hassan, qui est revenu également, alors qu'on ne l'avait pas entendu depuis l'élection européenne, qui prévient que l'union de la gauche doit être à la hauteur. Mais elle laisse déjà entendre qu'il y a une forme de trahison. Quelle vous en veut ? Je voudrais que vous l'écoutiez.

6:33
Locuteur non identifié

– L'union ne peut pas tenir toutefois avec le poison distillé de la trahison. Pour la génération à laquelle j'appartiens et qui est intransigeante, il n'y a pas de gauche en lutte antiraciste et décoloniale. Ce silence dont nous avons été trop nombreux à en subir les conséquences et qui a nuit à l'avancée de nombreuses de nos luttes est bien plus qu'une omission.

6:54
Présentateur

– Blin plus qu'une omission, ça veut dire que c'est une faute. Elle estime que vous avez fauté.

6:59
Olivier Faure

– Je laisse Arima Hassan ses propres appréciations. Moi, ce que je sais, c'est que gouverner, c'est toujours difficile, que nous n'avons pas tout réussi. Si nous avions tout réussi, nous serions encore au pouvoir et qu'il y a évidemment aujourd'hui une attente très forte. Et j'entends dans les manifestations tous ces gens qui crient « ne nous trahissez pas ». Cette parole, elle est forte.

7:16
Présentateur

– Mais elle ne dit pas « ne nous trahissez pas ». Elle dit « vous nous avez trahis avant ».

7:19
Olivier Faure

– Oui, écoutez, moi ce que je vous dis, c'est que les gens qui disent « ne nous trahissez pas », au fond, considèrent que parfois, nous avons été en dessous de ce qu'étaient leurs espérances. Et donc, nous devons nous mettre à cette hauteur-là.

7:30
Présentateur

– Le racisme systémique, puisque c'est de cela notamment dont elle parle, elle parle ensuite d'un racisme systémique qu'il faudra nommer. Est-ce que vous êtes d'accord avec cette expression ?

7:37
Olivier Faure

– Il y a un racisme aujourd'hui qui est endémique, qui est systémique, qui évidemment, aujourd'hui réapparaît. Racisme, antisémitisme, qui sont aujourd'hui extrêmement, qui sont effectivement un poison dangereux pour la démocratie. Et ça, en cela…

7:52
Présentateur

– Elle ne parle pas de l'antisémitisme, elle parle du racisme.

7:53
Olivier Faure

– Moi, je vous parle des deux, parce que l'un est l'autre. Et moi, je n'oppose pas les victimes, je n'oppose pas les douleurs. Et donc, je le dis, ces deux combats-là sont les combats historiques de la gauche et personne ne peut les abandonner.

8:08
Présentateur

– Et sur ces combats-là, c'est important aussi de comprendre où vous en êtes maintenant, une semaine après les élections européennes. On se souvient que dans la dernière ligne droite, Jean-Luc Mélenchon avait parlé d'un antisémitisme résiduel, une forme de relativisation d'un antisémitisme. Est-ce que ça…

8:21
Olivier Faure

– Il a eu tort, mais il est revenu. Je l'ai entendu ce week-end, et il a expliqué que cette expression-là n'était pas la bonne.

8:25
Présentateur

– Est-ce que Gérard Filoche aussi est revenu sur ses propos ?

8:27
Olivier Faure

– Depuis 10 ans, en fait, c'est plus de… près de 800% d'augmentation des délits antisémites. Et donc, il a là une intention particulière à accorder.

8:36
Présentateur

– Il s'était juste trompé, en fait, Jean-Luc Mélenchon, dans les chiffres. Il n'avait pas les bons chiffres.

8:40
Olivier Faure

– Je ne sais pas pourquoi il a eu cette expression. Il a essayé ensuite de trouver une explication sémantique en donnant le double sens du mot résiduel. La réalité, c'est qu'il y est revenu, et il a eu raison d'y revenir, parce que personne ne peut considérer que l'antisémitisme aujourd'hui en France est résiduel. Il est évidemment, en fait, en explosion, et il y a une intention très particulière.

Et dans le projet que nous avons signé les uns avec les autres, et tout le monde était d'accord là-dessus, il faut évidemment protéger nos concitoyens français-juifs, comme nos concitoyens, d'ailleurs, français-musulmans, qui sont l'objet aujourd'hui d'agressions, et même parfois, ça peut aller jusqu'au crime, comme vous le savez.

9:16
Présentateur

– On vous a vu serrer la main de Gérard Filoche, Gérard Filoche, que vous aviez vous-même exclu du Parti Socialiste, parce qu'il avait eu des propos que vous aviez jugés antisémites. C'était Emmanuel Macron qui était entouré de juifs qui l'auraient manipulés, Patrick Drahi, Jacques Attali, Georges Soros, avec un drapeau israélien derrière. Vous aviez jugé que c'était suffisamment grave pour l'exclure du Parti Socialiste. Aujourd'hui, il a l'investiture ?

9:42
Olivier Faure

– Non. Ce qui s'est passé à l'époque, en fait, c'était qu'il avait tweeté une photo de manière un peu rapide, et c'est une photo qui avait effectivement un montage qui avait un caractère antisémite. De là à… – Vous aviez jugé à l'époque qu'il fallait l'expulser du Parti ? – On avait jugé qu'il fallait l'expulser. Ce que je veux croire, c'est que ce geste-là avait été commis par inconscience et depuis, jamais personne n'a repris Gérard Filoche dans ses propos ou dans ses propositions, des considérations qui seraient antisémites.

Et donc, je ne veux pas non plus que l'on puisse laisser penser que désormais, il y aurait des gens qui seraient bannis à vie pour un geste ou pour une parole déplacée ou pour, en l'occurrence, un tweet plus que maladroit, coupable.

10:30
Présentateur

– Sur le programme, vous avez commencé à donner les mesures sur lesquelles vous vous êtes mis d'accord, notamment sur des mesures fiscales. Retour de l'ISF, suppression du prélèvement forfaitaire unique, une exit tax, c'est-à-dire une taxe pour les exilés fiscaux, une CSG progressive, taxer davantage les gros héritages et même instaurer un héritage maximum, c'est-à-dire à partir duquel l'État prendrait 100% au-delà d'un certain montant. Est-ce que vous avez plus de précisions là-dessus ? Retour de l'ISF, ça pourrait rapporter combien ?

11:03
Olivier Faure

– D'abord, l'ISF, combien ça a coûté de le transformer en IFIM ? C'était 3,2 milliards. Il faut quand même qu'on comprenne qu'aujourd'hui, on nous dit que les caisses sont vides. Mais les caisses sont vides, pourquoi elles sont vides ? Parce que c'est Emmanuel Macron et son gouvernement qui les a vidées. C'est depuis 2017 450 milliards d'euros qui ont disparu des caisses de l'État au profit essentiellement des plus riches. Et donc ce que nous disons, il ne s'agit pas de dire que nous allons faire la révolution, que nous allons commencer à tailler les gens en pièces, etc.

Je vois bien la peur que cherche à inspirer le gouvernement, que les familles modestes, moyennes et même au-delà se sentent parfaitement sécurisées. La réalité, c'est que nous voulons revenir sur les grands cadeaux fiscaux qui ont profité aux plus riches. Est-ce que vous trouvez logique que les grands profits, les grands profiteurs, les super-profiteurs aient vu leurs dividendes et leur rachat d'actions passer de 50 milliards en gros à 100 milliards ?

Est-ce que vous considérez logique que toutes les crises, qu'elles soient sanitaires, géopolitiques, énergétiques, profitent toujours eux-mêmes, qui ont réussi par le biais de ce gouvernement à avoir des fortunes qui, au moins de manière exponentielle, vous m'avez donné un chiffre à l'instant ? Est-ce qu'ils étaient en train de se serrer à la ceinture ? Est-ce qu'ils étaient en train de se serrer à la ceinture ?

12:20
Présentateur

3 milliards. Bercy, alors on peut mettre en doute le chiffrage de Bercy, parce que dans le contexte actuel, évidemment, on imagine qu'ils font campagne aussi. Mais enfin, globalement, ils estiment que c'est 100 milliards supplémentaires si c'est le programme du RN, 300 milliards supplémentaires si c'est vous. Encore une fois, ce retour de l'ISF, si j'en crois le chiffre que vous venez de me donner, c'est à peu près 3 milliards de recettes que vous récupérez. On est loin des 300 milliards.

12:44
Olivier Faure

Mais d'abord, ce chiffrage, il est complètement fantaisiste. Vous aurez dans la semaine un chiffrage précis du projet, les étapes aussi avec lesquelles nous devons franchir les différents paliers. Et il faut aussi raisonner de manière dynamique. Si vous rendez du pouvoir d'achat aux Français, ce que nous voulons faire, ça veut dire quoi ? Ça veut dire qu'ils vont consommer davantage, qu'il y aura davantage de rentrées fiscales aussi.

Et donc, il ne faut pas regarder les choses de manière statique, mais penser de manière dynamique et se dire qu'aujourd'hui, la vraie question qui est posée, c'est de savoir si vous avez des Français qui peuvent encore finir leur fin de mois, qui peuvent encore manger à leur faim, ou si vous êtes encore dans une situation où on va continuer à dire « il faut que les plus riches s'enrichissent et peut-être que par ruissellement, un jour, quelques gouttes parviendront aux plus pauvres ». Ça n'est pas normal de penser ainsi. Quand vous avez un pays où vous avez 10 millions de personnes qui vivent sous le seuil de pauvreté, il y a quand même une urgence à s'inquiéter.

Et ce que je trouve absolument effarant, c'est de voir que ce gouvernement, alors même que l'alerte lui est donnée, qu'il voit bien qu'il est aujourd'hui délégitimé par les élections européennes, continue sur la même voie et prévoit que le 1er juillet, il va encore maintenant arriver à une troisième réforme de l'assurance chômage en durcissant les règles. Avec une durée d'anonymisation qui va encore baisser à 15 mois.

14:02
Présentateur

Mais ça d'ailleurs, que ce soit vous ou l'ERN, vous promettez tous les deux que cette mesure, ce décret sera rendu inapplicable dès que vous arrivez au pouvoir.

14:09
Olivier Faure

La différence entre nous et l'ERN, c'est que l'ERN, à chaque fois qu'il a été question de mesures sociales pendant la législature qui vient de s'écouler, ils ont à chaque fois voté avec Emmanuel Macron, contre l'augmentation du SMIC, contre le gel des loyers, contre toutes les mesures qui étaient de nature à faire en sorte que les Français les plus modestes puissent vivre mieux. La réalité, c'est que Jordan Bardella, et on le voit encore ce matin, il nous avait expliqué qu'il voulait baisser la TVA sur les produits de première nécessité. Et il annonce finalement que ce ne sera pas la priorité,

14:39
Présentateur

qu'il baissera les taxes sur l'énergie, mais pas sur les produits de première nécessité.

14:42
Olivier Faure

La priorité pour lui, c'est surtout de donner des gages aux puissants et de laisser penser qu'il ne va rien bouleverser. Eh bien, moi, ce que je prône, ce que je prône avec l'ensemble du Front populaire, c'est évidemment de changer de braquet, d'être dans une logique de rupture par rapport à l'existant. Parce que ce n'est plus possible d'avoir un pays qui est l'une des sept plus grandes puissances mondiales dans laquelle il y a autant de gens qui vivent mal. Voilà ce que je crois, voilà ce pourquoi je me bats, voilà ce pour qui je me bats.

15:12
Présentateur

Sur les questions, les mesures de sécurité, les mesures d'immigration que propose l'ERN, vous à l'inverse, sur les OQTF par exemple, quelle est votre position ? Est-ce que vous estimez que les OQTF doivent être appliqués et appliqués rapidement comme le promet à la fois d'ailleurs le gouvernement et l'ERN ?

15:29
Olivier Faure

Oui, bien sûr qu'elles doivent être appliquées. Maintenant, la question, elle est plus compliquée que ça parce que vous savez très bien que c'est parce que nous n'avons pas les laissés-passer consulaires que les OQTF ne sont pas exécutés. Et ça suppose quoi ? Ça suppose qu'il y ait aussi une logique qui change sur la question migratoire. Pourquoi les gens se déplacent ? Pourquoi les gens viennent dans notre pays ? On nous raconte que c'est parce qu'ils veulent venir toucher l'ERSA. Ce sont des fadaises. Jamais vous ne quittez votre pays, votre village, vos amis, votre histoire, votre culture, votre langue, simplement parce que vous voulez toucher quelques euros en France.

La réalité, c'est qu'il faut aujourd'hui se poser les bonnes questions. Si nous loutons contre le réchauffement climatique, pour prendre cet exemple-là, nous avons effectivement une chance de pouvoir conjurer ces grands mouvements migratoires qui nous sont promis dans le siècle. parce qu'autrement, si vous avez la famine, si vous avez en fait les guerres, si vous avez l'impossibilité de continuer à vivre et de nourrir votre bétail, de nourrir vos enfants, de nourrir votre famille, l'évidence, c'est que depuis que le monde est monde, quand il fait trop froid, trop chaud quand il y a la guerre, les gens se déplacent. C'est à la racine qu'il faut traiter ces questions-là.

Et non pas simplement à l'arrivée.

16:37
Présentateur

Parmi les promesses, il y a aussi le fait de revenir sur la loi, sur le séparatisme qui avait été voté et adopté. Vous êtes à l'aise avec ça ?

16:44
Olivier Faure

Il y a des choses dans cette loi qui ne vont pas. Moi, je suis contre le séparatisme, mais la loi... Mais c'est des choses qui vont dans cette loi.

16:52
Présentateur

Je pense par exemple aux certificats de virginité qui ont été supprimés par cette loi, qui sont désormais interdits. Ça veut dire que finalement, vous remettriez la possibilité des certificats de virginité, je précise, ça veut dire que ce sont quand même des jeunes femmes qu'on emmène ou qui vont d'elles-mêmes voir un gynéco pour faire des certificats, pour prouver qu'elles sont vierges, pour être acceptées pour un mariage. Ça vous met à l'aise, ça ?

17:13
Olivier Faure

Non, pas du tout. Mais quand on dit qu'on abroge une loi, on en abroge l'essentiel. Ça ne veut pas dire qu'il y a des dispositions... Donc ça, par exemple, vous vous battrez pour que ça reste ? Bien sûr, absolument. C'est une disposition qu'on avait votée. Et donc, il s'agit de ne pas tout mélanger et de simplement de ne pas... Enfin, cette loi, elle est en réalité... Qu'est-ce qu'elle a changé en termes de séparatisme ? Est-ce que quelqu'un a le sentiment qu'elle a permis de changer quoi que ce soit ?

Quand elle a été pointée du doigt, par exemple, les familles qui font ce qu'on appelle l'IEF, l'instruction en famille, qui permettait à des familles dont les enfants avaient besoin d'être sortis du système scolaire et plutôt de rester à la maison et d'apprendre chez eux avec leurs parents, ça a été pointé du doigt comme un risque qui était un risque séparatiste. La réalité, c'est que ça n'a jamais été prouvé. On a bien compris.

17:57
Présentateur

Sur la liberté des femmes, vous ferez attention. Sur la liberté d'enseigner, vous y reviendrez. Est-ce que vous avez vu les propos d'une des candidates qui a reçu l'investiture du Front populaire, Amal Bentoussi ? Elle est candidate LFI Front populaire dans la 6e circonscription de Seine-et-Marne. Elle est également fondatrice du collectif, je cite, « Urgence, notre police assassine ». Et elle dit « Refuser de se positionner » dans des échanges qui ont eu lieu sur le site d'Urgence, notre police assassine. Elle dit « Refuser, je cite, de se positionner sur l'homosexualité d'une manière ou d'une autre ».

Elle ajoute « On ne peut pas reprocher à un croyant d'être homophobe si sa religion le lui commande. »

18:37
Olivier Faure

Je découvre ces propos que je trouve aberrants. En fait, la question n'est pas de savoir ce qu'un croyant ou un non-croyant pense. La question, c'est de savoir si tout le monde peut vivre selon ses propres désirs, sa propre sexualité. Et évidemment, il n'y a à aucun moment l'intention chez qui que ce soit de revenir là-dessus. Nous sommes, le front populaire, c'est au contraire le front des libertés. Et des libertés absolues. C'est-à-dire que personne ne peut, moi je suis un laïc convaincu, et personne ne me fera jamais dévier de ma route. Je n'imposerai jamais à quiconque sa façon de penser. Si les gens veulent croire, ils croient. S'ils ne veulent pas croire, ils ne croient pas.

Et nous devons tous et tous vivre ensemble.

19:16
Présentateur

Et le terme même, « Urgence, notre police assassine » ou alors Philippe Poutou qui dit « la police tue ». Vous êtes d'accord avec ça ?

19:23
Olivier Faure

Oui, il n'est pas le seul à l'avoir dit. Mais effectivement, ces formules, qui sont des formules à l'empre-entre-pièces, vont un peu rapidement. Si c'est pour dire qu'il faut alerter sur le fait qu'il y a aujourd'hui des bavures qui ne peuvent pas être acceptées, la réponse, et je partage complètement leur point de vue. Si c'est pour dire qu'il y aurait une police qui serait forcément une police assassine, la réponse est non, parce que la police, elle protège aussi. Elle est aussi là pour nous protéger et faire en sorte que nous puissions vivre et vivre libres.

Et dans les quartiers populaires, moi, ce que je vis dans une circonscription qui est une circonscription populaire, je peux vous dire aussi que les gens ont besoin de la police et demandent sa présence, parce qu'ils savent aussi que le principal obstacle à leur vie en sécurité aujourd'hui, c'est le narcotrafic.

20:09
Présentateur

Merci Olivier Faure d'être venu répondre à mes questions ce matin. Vous êtes le premier secrétaire du Parti Socialiste et vous l'affirmez ce matin, vous demandez qu'il y ait un vote pour décider qui sera ou non Premier ministre de votre alliance. Merci à vous.