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Interviewfranceinfo — L'invité éco (sur Site radio)· 20 décembre 2017 8 minComplaisantFond programmatiqueAgriculture & alimentationEnvironnement & énergieÉconomie & entreprisesSolidarités & famille

Claude Gruffat (Biocoop) : "On aura besoin de 60 000 producteurs de proximité en bio de plus dans les cinq ans"

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 90 %Défensif 10 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 95 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:22FerméeRéponse directe

    Quel sera votre chiffre d'affaires cette année ?

  • 1:10OuverteRéponse directe

    Est-ce qu'on reste fidèle aux origines quand on atteint un milliard d'euros ?

  • 2:03FerméeRéponse directe

    Combien de magasins avez-vous ouvert cette année ?

  • 2:13OuverteRéponse partielle

    Les consommateurs veulent de plus en plus de bio. Est-ce que vous arrivez à suivre ?

  • 2:45RelanceRéponse directe

    Pour l'instant, elle ne suit pas.

  • 3:27OuverteRéponse directe

    Que proposez-vous, vous, patron de Biocoop ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:25InvitéChiffre
    « L'année 2017 verra le réseau dépasser le milliard d'euros de chiffre d'affaires avec 1 milliard 100 millions d'euros de chiffre d'affaires. »
  • 2:05InvitéChiffre
    « 62 magasins ouverts en France cette année pour Biocop et pour globalement, on va avoir ouvert plus de 200 magasins spécialisés en bio en France en 2017. »
  • 2:15PrésentateurChiffre
    « La France est le troisième marché mondial du bio. »
  • 2:20PrésentateurChiffre
    « La consommation était encore en hausse de presque 22% pour le bio l'année dernière. »
  • 2:50InvitéChiffre
    « 70% des matières premières qui sont consommées en bio en France sont produites en France. »
  • 3:00InvitéChiffre
    « La France est le troisième pays européen en production bio, alors que c'est le premier pays agricole d'Europe. »
  • 4:00InvitéPromesse
    « On aura besoin, selon mes estimations, dans les cinq ans qui viennent, de 60 000 producteurs de proximité en bio supplémentaires à ce qu'on a aujourd'hui. »
  • 4:14InvitéChiffre
    « Pour ce qui concerne Biocop, on travaille avec plus de 6 000 producteurs de proximité autour des 493 magasins. »
  • 4:23InvitéChiffre
    « On fait 15% du marché alimentaire bio. »
  • 5:01PrésentateurChiffre
    « Dans l'ensemble de nos dépenses alimentaires, le bio, c'est 4%. »
  • 6:37InvitéFait
    « Au prix de ce qu'est l'économie française qui fait vivre et qui crée des emplois en France et qui crée de l'activité économique sur les territoires... »

Temps de parole

  • Invité77 %
  • Présentateur23 %

5,2 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:05
Présentateur

L'interview éco, Jean-Lémarie, votre invité, est à la tête du premier réseau de magasins bio en France. Bonsoir Claude Greffard, vous êtes le président de Biocop avec 493 magasins. Biocop est devenu le premier réseau de magasins bio en France, réseau spécialisé. Quel sera votre chiffre d'affaires cette année ?

0:25
Invité

L'année 2017 verra le réseau dépasser le milliard d'euros de chiffre d'affaires avec 1 milliard 100 millions d'euros de chiffre d'affaires. Mais ce n'est pas le chiffre qui m'intéresse le plus.

0:35
Présentateur

Quand même plus d'un milliard Claude Greffard.

0:38
Invité

Oui mais c'est le résultat de plus de 30 ans de batailles sur le terrain pour arriver à amener une nouvelle vision du monde avec une consommation plus responsable, amener les citoyens et consommateurs vers une réflexion de leur consommation à travers les produits bio puis à travers aussi le deuxième axe, le développement de la bio en France. Donc ce mouvement d'idées qui a plus de 45 ans résulte et finit par une réussite économique qui a été bien menée certes mais qui est le résultat d'un vrai projet de société.

1:10
Présentateur

Est-ce qu'on reste fidèle aux origines quand on atteint un chiffre d'affaires d'un milliard d'euros ? On est un très grand groupe.

1:17
Invité

Si on ne le fait pas, ça n'a pas de sens. Donc il faut maintenir le sens et les valeurs d'origine qui concernent la bio. C'est-à-dire quoi ? C'est-à-dire une agriculture de proximité, c'est-à-dire des cirques courts, c'est-à-dire de la qualité alimentaire, c'est-à-dire du plaisir et du goût dans l'assiette, c'est-à-dire un environnement préservé, c'est-à-dire qu'on peut se nourrir sur la planète et nourrir de plus en plus de personnes en préservant l'environnement avec un mode d'agriculture qui est différent de celui qui finalement a été récent parce que l'agriculture conventionnelle n'a guère plus que de 70-80 ans. Avant, on produisait autrement.

Aujourd'hui, ce n'est pas qu'on revient à avant, mais c'est que la façon moderne de produire l'alimentation sans dégrader l'environnement, c'est l'agriculture biologique, c'est l'alimentation bio. Combien de magasins avez-vous ouvert cette année ? 62 magasins ouverts en France cette année pour Biocop et pour globalement, on va avoir ouvert plus de 200 magasins spécialisés en bio en France en 2017.

2:13
Présentateur

Les consommateurs veulent de plus en plus de bio. La France est le troisième marché mondial du bio. Alors, on ne va pas aigrainer tous les chiffres, mais la consommation était encore en hausse de presque 22% pour le bio l'année dernière. Est-ce que vous arrivez à suivre ?

2:26
Invité

Mais on peut arriver à suivre. Après, la question, c'est que l'agriculture accompagne cette transition et cette montée en puissance de la demande. C'est-à-dire que si les citoyens, les consommateurs demandent de plus en plus de produits bio, il n'y a pas de raison que l'agriculture française n'accompagne pas cette demande et ne se développe pas.

2:45
Présentateur

Pour l'instant, elle ne suit pas.

2:46
Invité

Et pour l'instant, elle suit avec un temps de retard. On va dire qu'elles ne suivent pas puisque 70% des matières premières qui sont consommées en bio en France sont produites en France. Pour ce qu'on peut produire en France, sont produites en France. Il y a 30% qu'elles ne sont pas. La France est le troisième pays européen en production bio, alors que c'est le premier pays agricole d'Europe. Moi, mon souhait, c'est qu'aujourd'hui, la France devienne le premier pays producteur de bio d'Europe. Un, pour satisfaire la demande en France. Deux, pour pouvoir peut-être exporter aussi. Parce qu'en Europe, il y a des pays importateurs de produits alimentaires en bio, notamment en Europe du Nord.

Et là, il y a un vrai marché aujourd'hui auquel on ne s'intéresse pas, ce qui est dommage.

3:27
Présentateur

Les états généraux de l'alimentation se terminent dans les prochaines heures. Que proposez-vous, vous, patron de Biocops ? Il y avait une mesure très simple pour doper le bio ou la bio. Je sais que dans votre secteur, vous aimez bien dire la bio.

3:39
Invité

La bio, parce que les valeurs et la cohérence autour du règlement européen. Mais on pourrait y revenir. Mais qu'est-ce que j'en ai à proposer ? Un vrai plan d'installation de paysans de proximité en bio. Parce qu'aujourd'hui, on a de plus en plus de demandes de produits de proximité en bio et dans d'autres domaines d'ailleurs. Et on n'a pas le volume et on n'a pas les producteurs pour le faire. Donc, on aura besoin, selon mes estimations, dans les cinq ans qui viennent, de 60 000 producteurs de proximité en bio supplémentaires à ce qu'on a aujourd'hui. Il faut un véritable plan d'installation pour produire cette production de proximité.

Aujourd'hui, pour ce qui concerne Biocop, on travaille avec plus de 6 000 producteurs de proximité autour des 493 magasins. On aura besoin d'en avoir 14 000 dans cinq ans. On fait 15% du marché alimentaire bio. Tous les autres ont besoin de la même chose. Donc, les 85 autres pourcents. Donc, faites la multiplication. C'est vrai qu'on a besoin d'un vrai plan d'installation. Et puis après, il y a besoin d'un plan de développement des filières bio françaises aujourd'hui, puisque tout ne se produit pas autour des consommateurs. Il y a les produits qui viennent de plus loin. Les artichauts et les choux-fleurs, ça se produit en Bretagne. Il faut en emmettre partout en France.

Donc, il y a des filières à construire. Et ces filières, il y a un plan de développement aussi là de conversion en bio qui est nécessaire pour répondre à la demande, qui va s'amplifier. Les 20% de croissance du marché bio qu'on connaît aujourd'hui ne semblent pas vouloir s'arrêter.

4:58
Présentateur

Est-ce que vous êtes sûr de ça, Claude Gruffard ? Je donne un chiffre tout de même. Dans l'ensemble de nos dépenses alimentaires, le bio, c'est 4%. Est-ce qu'on ne va pas atteindre un plafond à un moment ? C'est vrai que l'essor est impressionnant, mais...

5:12
Invité

À un moment où les gens recherchent de plus en plus de qualité dans leur alimentation, ça on le voit à travers toutes les émissions... Ce n'est pas seulement le bio.

5:21
Présentateur

Ce n'est pas seulement le bio.

5:22
Invité

La recherche du goût, ce n'est pas forcément la recherche de bio. Non, ce n'est pas lié, mais ça veut dire qu'il y a une recherche de qualité. Quand on parle de recherche de goût et de plaisir et de qualité, le bio répond évidemment à cette notion de qualité. Donc, c'est un biais qui permet de rentrer dans cette recherche de qualité alimentaire. Deuxième axe, les pesticides dans l'alimentation, les perturbateurs endocriniens, toutes ces petites choses sympathiques qui, aujourd'hui, arrivent de plus en plus en pression dans la société civile et posent de plus en plus de problématiques, il va falloir y répondre. Et il faut trouver un modèle d'agriculture qui y réponde.

Il existe, c'est de l'agriculture biologique.

5:56
Présentateur

Aujourd'hui, tout le monde fait du bio. La grande distribution en propose de plus en plus. Êtes-vous menacé ?

6:03
Invité

Moi, mon souhait final en tant qu'acteur de la bio historique et militante, c'est que tout le monde fasse de la bio partout et pour tous. Donc, c'est le monde 100% bio. Que tout le monde, tous les acteurs se mettent à la bio...

6:13
Présentateur

En attendant, ils vous prennent des parts de marché quand même.

6:15
Invité

Mais les parts de marché, quand on dit que l'alimentaire bio pèse 4% en parts de marché, il y a 96% de parts de marché à conquérir en bio. Donc, on n'est pas en marché saturé, on en est loin. D'où mon optimisme. Il y a de la place pour du monde, il y a de la place pour tout le monde. Mais pour faire une bio cohérente, une bio à valeur, une bio de qualité, une bio de proximité, une bio qui crée des emplois sur les territoires... Et à quel prix, Claude Gruffard ? Au prix de ce qu'est l'économie française qui fait vivre et qui crée des emplois en France et qui crée de l'activité économique sur les territoires...

6:45
Présentateur

On pose la question, parce qu'on a tous assisté à la guerre des prix que les distributeurs se livrent depuis des années. Vous êtes où, vous, là-dedans ?

6:51
Invité

Eh bien, on est sur le fait qu'on est en cohérence avec une économie locale et nationale française et qu'on ne veut pas que la bio qu'on porte soit mise en compétition avec une bio qui vient de l'autre bout de la planète sur un social dégradé. Vous nous dites qu'il y a bio et bio, quoi. Eh bien, il y a une bio cohérente et une bio qui l'est moins.

7:07
Présentateur

Et certains fournisseurs qui vous reprochent parfois, vous aussi, de faire un peu pression sur les prix, hein ? Alors, c'est... Qu'est-ce que vous leur dites ?

7:14
Invité

Que vous n'allez pas devenir un distributeur comme un autre ? On n'est pas... Je ne sais pas qu'on ne va pas devenir, c'est qu'on n'est pas un distributeur comme un autre. On cherche une cohérence globale pour les prix, mais on travaille quand même le prix juste du producteur au consommateur. Le prix juste pour un producteur, c'est celui qui lui permet de ne pas être en dessous de ses coûts de production. Le prix juste au consommateur, c'est celui qui lui permet d'avoir un produit de qualité longtemps. Claude Gruffat, merci.

7:36
Présentateur

Le président de Biocop, je signale que vous publiez les dessous de l'alimentation bio aux éditions La Mer Salée. Et donc, je retiens ce chiffre, plus d'un milliard de chiffres d'affaires pour Biocop cette année. Merci à vous.

7:48
Invité

Merci.