🔴 DIRECT - L'intégrale de l'interview de Yaël Braun-Pivet, présidente sortante de l'Assemblée nat...
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en bonne position pour être réélu sur ma circonscription. Et donc nous sommes très nombreux à mener le combat aujourd'hui. Nous sommes au lendemain d'un premier tour, il y a un deuxième tour. Et donc, vous savez, tant que les élections ne sont pas finies, on ne peut pas préjuger du résultat. Donc moi, je suis aujourd'hui devant vous en tant que combattante pour la démocratie, pour les valeurs auxquelles je crois. Le combat n'est pas terminé et donc il faut le mener. En vrai ? En vrai. En vrai, vous y croyez encore ? En vrai, en tout cas, moi, j'y crois pour moi. Non, mais c'est important, madame.
Non, mais je croyais que vous jouiez, enfin là, je vous interroge, je dois même globalement sur le macronisme. Non, mais évidemment, mais le macronisme est constitué d'hommes et de femmes qui, un jour, ont cru au dépassement des clivages, ont cru à l'engagement de la société civile en politique et ont cru au renouveau démocratique. Moi, j'ai toujours dit et été assez critique sur un certain nombre de points, mais d'une façon complètement sûre, nous n'avons jamais renoncé aux valeurs qui étaient les nôtres. Nous n'avons jamais renoncé à notre volonté de réformer la France et d'apporter des solutions très concrètes à nos concitoyens. Et donc, moi, je continue à me battre pour cela.
Nous avons de nombreux candidats du front, qu'on peut qualifier réformistes, qui sont encore en lice. Et donc, ces candidats, il faut les soutenir, il faut être derrière eux pour emporter le maximum de sièges.
Et on va y revenir et on va essayer de comprendre aussi la stratégie d'existement ou pas, mais vous avez dit un mot, vous avez dit, nous sommes ceux qui avions cru à la fin des clivages. Est-ce que ce n'est pas bien pire aujourd'hui en termes de clivage que ça n'était quand vous êtes arrivés ? Est-ce que vous n'avez pas fait exactement l'inverse de ce que vous aviez promis aux Français ?
Alors, vous savez qu'on a une société qui, effectivement, est une société qui se fracture de plus en plus, qui s'oppose de plus en plus. Et on voit bien que les programmes, que ce soit du Rassemblement national ou de la France insoumise, sont des programmes qui opposent les Français les uns aux autres, qui les divisent. Et donc, oui, on peut. Qu'être très attristé de la situation qui est la nôtre aujourd'hui, nous savons et nous voyons, nous ne sommes pas isolés. Nous voyons le monde tel qu'il est aujourd'hui. Nous voyons que cela existe dans de nombreux pays. Donc, je pense que c'est très simpliste de considérer que ce serait la faute d'un seul homme.
C'est la faute de l'époque ? C'est la faute de la société ?
Vous savez, moi, je n'aime pas voir le monde en noir et blanc. C'est très complexe. Et donc, on voit bien que c'est dû à un certain nombre de choses. Un sentiment et une réalité d'éloignement, d'oubli, d'inégalités territoriales auxquelles nous n'avons pas réussi à répondre, d'inégalités des chances. Moi, je crois beaucoup en la promesse républicaine. On voit bien que la censure sociale ne marche plus bien dans notre pays et nous n'avons pas réussi à corriger cela. On voit bien que nos compatriotes ont le sentiment qu'on les a abandonnés parfois. Donc, voilà, il y a de multiples raisons, évidemment.
Mais je pense que, justement, dans des moments de trouble, dans des moments où on ne sait plus finalement où aller, à quoi et à qui se raccrocher, moi, je crois profondément en la République, en ses institutions, en ses valeurs, en ses grands principes auxquels il faut absolument se tenir. Et c'est ce que je fais aujourd'hui et c'est ce que je continuerai à faire demain.
Et il y a un certain nombre de points qui ont été effectivement lancés. Dès 20h hier, Emmanuel Macron appelait, je cite, « un large rassemblement clairement démocrate et républicain ». On va y revenir. Mais les appels d'abord et les consignes de vote, est-ce que vous êtes plutôt Gabriel Attal qui ne dit pas une voix au RN ou est-ce que vous êtes plutôt Édouard Philippe qui ne dit aucune voix ni pour le RN ni pour LFI ?
Moi, je suis Yael Bouane-Pivet. Je suis, et je l'ai dit hier, aucune voix pour le Rassemblement national. Et concernant le Bloc de gauche, je considère que l'immense majorité du Bloc de gauche est républicain et donc on peut sans aucune difficulté appeler à voter pour eux. Et c'est ce que je fais pour les écologistes, les socialistes, les communistes. Et au sein de la France insoumise, je fais le distinguo. Excusez-moi de faire du cas par cas. Excusez-moi d'être nuancée. Je ne traite pas de la même façon Caroline Fiat et Monsieur Guiraud.
Eh bien, permettez-moi de considérer que Caroline Fiat est une grande républicaine et une aide-soignante humaniste que j'ai pu côtoyer et qui déplorait le bordel ambiant à l'Assemblée nationale et que de l'autre côté, j'ai quelqu'un qui n'adhère pas aux valeurs de la République et qui exprime des idées antisémites. Permettez-moi de considérer que Caroline Fiat mérite d'être soutenue quand l'autre mérite d'être combattue nuit et jour. Vous le dites à qui ça ? Vous le dites à Édouard Philippe ? Vous le dites à Bruno Le Maire ? Bruno Le Maire qui, il y a un instant, disait pas LFI. Je le dis aux Français. C'est les Français qui, demain, sont appelés aux urnes.
Je leur dis, regardez dans votre circonscription, regardez quels sont les candidats, regardez quelles sont les valeurs qu'ils portent, regardez quelle est la vision de la République qu'ils ont parce que c'est ça qui m'importe, moi, aujourd'hui. C'est la République qui est en danger.
Précisément, Yael Born-Pivet. Et là, pour le coup, on a vraiment senti que s'il y avait un combat que vous avez mené ces derniers temps, c'est aussi celui de cette grande marche républicaine pour la République, disiez-vous, cette grande marche contre l'antisémitisme, LFI avait choisi de ne pas y participer. Et aujourd'hui, vous dites, certains qui, à la fin, donneront un groupe autour peut-être de Jean-Luc Mélenchon.
Pourquoi pas ? Non, c'est pas ce que j'ai dit. J'ai dit, moi, je regarde les personnes. Vous savez, on est tous engagés en politique. On porte des choses. On n'a pas juste une étiquette sur le dos avec le nom d'un parti et nous ne sommes pas là. Nous ne sommes pas comptables et responsables ni solidaires avec forcément le nom du chef du parti. Et moi, je sais faire le distinguo. Et moi, j'ai vu hier dans des manifestations, à nouveau, des drapeaux palestiniens à foisson, là où je cherchais désespérément les drapeaux français. Ça n'est pas possible. Ça n'est pas la vision que j'ai de mon pays.
Vous parlez là du rassemblement qui a eu lieu, notamment place de la République, hier soir. La présence de Rima Hassan aux côtés de Jean-Luc Mélenchon, dès sa première intervention à 8h15, alors que Rima Hassan n'était pas candidate pour ces élections législatives. À nouveau, ensuite, sur la scène de la place de la République. Est-ce que pour vous, c'est un message que souhaite faire passer Jean-Luc Mélenchon ?
Je pense que c'est de la provocation qu'il réalise. Et donc, je pense qu'il ne faut pas se laisser entraîner non plus et ne se laisser leurrer. Et donc, c'est pour cela que moi, je dis aux Français, regardez qui est dans votre circonscription, candidat, et est-ce que cette personne est dans l'arc républicain ou est-ce qu'elle ne l'est pas ?
Lorsque, par exemple, il y a Louis Boyard, qui est candidat de la France Insoumise, et Loïc Signor qui arrive en troisième position, Loïc Signor qui est le porte-parole de votre parti Renaissance, est-ce que là, pour le coup, vous vous dites, ben non, on ne se désiste pas ?
Écoutez, moi, je n'ai pas le tableau global.
Il refuse, à un moment où on se parle, il refuse de se désistre.
Mais regardez les attitudes de certains de ces parlementaires, dont vous venez de citer un exemple avec Louis Boyard. Moi, j'ai été la présidente de l'Assemblée nationale qui a lutté pied à pied face à une partie de la France Insoumise qui rejetait les institutions et qui n'avait que comme objectif de les mettre par terre. Moi, c'est ce que j'ai vu. Je ne vais pas aujourd'hui soutenir cette frange de la France Insoumise extrémiste. Et donc, je sais faire le distinguo. Est-ce que c'est possible aujourd'hui en France, d'être une personnalité politique et d'être nuancée ? Est-ce que c'est encore possible, Madame de Malherbe ? Mais je ne comprends pas très bien votre position.
C'est-à-dire que pour avoir longtemps entendu... Vous m'interdisez d'être nuancée. Moi ? Qu'est-ce que je fais ? Je ne sais pas. Non, je vous cite Edouard Philippe. Vous me dites que vous ne comprenez pas ma position. Je vous cite Edouard Philippe qui dit, lui, pour le coup, ni RN ni LFI, il ne distingue pas, lui. Mais c'est le choix d'Edouard Philippe. Moi, je suis Yael Braun-Pivet.
Mais bien sûr, c'est exactement ce que je vous pose comme question. Eh bien, ça fait 10 minutes que je vous explique que moi, je distingue, que moi, j'ai vu des parlementaires...
Mais vous commencez par dire, Yael Braun-Pivet, que vous pensez encore qu'il y a un sursaut possible. Honnêtement, et là, pour le coup, on ne va pas se leurrer, ni vous, ni moi, ni ceux qui nous écoutent. Vous le savez bien, aucune projection ne donne la moindre majorité à votre groupe. Moi, je veux bien qu'on continue à faire comme si, mais bon...
Mais moi, j'ai aujourd'hui devant moi un paysage politique qui est extrêmement fracturé. Je n'ai pas aujourd'hui la vision d'un Rassemblement national qui est nécessairement... avec une majorité absolue. Je vois qu'il y a beaucoup de duels, beaucoup de triangulaires, beaucoup d'endroits où nos candidats, où les candidats de l'arc républicain peuvent gagner cette élection au deuxième tour. Je le vois pour des candidats de la majorité présidentielle, Renaissance, d'autres appartenant au groupe socialiste, au groupe écologiste. Et c'est pour eux que je vais me battre demain, parce que je ne veux pas laisser mon pays aux mains du Rassemblement national.
Mais par ailleurs, ce que vous appelez de la nuance
rend les choses compliquées. Vous le comprenez ? Oui, c'est le principe de la nuance, Madame de Malherbe.
Non, mais des choses compliquées dans un moment où, précisément, certains partis ont appelé à une clarification claire et nette.
Mais vous savez, moi, je parle toujours à l'intelligence des gens, à leur intelligence. Et donc, les Français sont très bien, et permettez-moi de le penser profondément, ils sont aptes à aller lire leurs professions de foi des candidats, voir ce qu'ils proposent et voir qui ils sont...
Et c'est en lisant vos professions de foi qu'ils ont choisi, élection après élection,
de ne plus voter pour vous. Écoutez, on a encore, à nouveau, un certain nombre de candidats qui sont en lice. Je suis en lice. Nous avons d'autres candidats que nous soutenons. Et donc, la partie n'est pas jouée. Emmanuel Macron qui, hier, appelait... L'élection législative se déroule en deux tours et pas en un tour.
Emmanuel Macron qui appelait, hier, à un large rassemblement, clairement démocrate et républicain. Et Gabriel Attal, ensuite, qui a demandé, je cite, une majorité de projets ou d'idées. Sur quelle base ?
Alors moi, vous savez, si vous m'écoutez attentivement, depuis des semaines, depuis des mois, depuis des années, je plaide pour cette coalition républicaine des forces progressistes, donc sur des bases de valeurs, la République, la laïcité, l'union, le fait, la conviction qu'il n'y a en France qu'une seule communauté, la communauté nationale. Le parti, elle est des personnes qui pensent que nous avons besoin d'une économie prospère, raisonnable, que nous avons besoin d'entreprises qui créent des emplois, qui créent de la richesse, une économie qui soit verte, qui soit vertueuse.
Donc il faut aller dans cette direction-là et je sais que nous sommes capables, aujourd'hui et demain, de construire une majorité qui porterait ces projets-là. Nous en discutons souvent. Nous avons cette vision-là. Et puis moi, j'ai cette vision-là, surtout, de gouvernants qui n'ont pas raison à eux tous seuls. Ce n'est pas un camp contre un autre. Et moi, j'ai cette vision de gens qui partageons ce socle de valeurs, de projets, sont capables de construire ensemble, sont capables de s'écouter, sont capables du compromis, sont capables d'être nuancés.
Est-ce que lorsque Gabriel Attal décide hier soir de suspendre la réforme de l'assurance chômage, qui devait donc intervenir ce matin au journal officiel, c'est une manière de dire, écoutez, on renonce à une partie de notre programme économique pour, précisément, construire une autre majorité ? C'est surtout une manière de faire pause,
dans un moment compliqué, où nous sommes entre les deux tours des élections législatives. Le temps est venu de la campagne, d'être clair sur ce que nous voulons construire, donc cette coalition des démocrates progressistes responsables, avec cette ambition sociale et écologiste. Et ça n'est pas le moment de continuer des réformes qui sont en cours.
Ça veut dire quoi, en fait, quand on comprend, ça veut dire qu'une partie des LR, ceux qui n'ont pas rejoint donc Éric Ciotti ou le Rassemblement national, jusqu'aux PS, Écolo, peut-être même PC ?
Mais pourquoi pas ? Moi, j'ai vu à l'Assemblée nationale, au PC, le président de groupe André Chassaigne, qui est un grand républicain, qui est responsable, avec lequel nous pouvons construire. Et de l'autre côté, les républicains qui ne se sont pas vendus au Rassemblement national sont aussi des grands démocrates. Moi, hier, si vous m'autorisez, je me suis entretenue avec le président du Sénat, Gérard Larcher, Oui. qui m'a dit qu'il me soutenait pour mon élection dans la 5e circonscription des Yvelines, qu'il était derrière moi, parce que nous avons justement cette République et ses valeurs en partage.
Et donc, oui, je crois possible aujourd'hui la construction d'une grande coalition qui verrait toutes ces personnes continuer à construire pour la France, parce que le danger est grand de voir la France se désunir. Et ça, je ne le veux pas.
Est-ce que ça veut dire, et on va aller un peu plus loin, Yael Brown-Pivet, que lorsque hier vous avez cet échange avec le président du Sénat, vous parlez de votre circonscription, mais est-ce que plus largement vous avez commencé à évoquer les contours de ce qui pourrait être une sorte de rassemblement démocrate et républicain, plus globalement, travaillé ensemble peut-être, le Sénat, l'Assemblée nationale ?
Non, ça n'était pas le temps hier. Vous savez que moi, j'étais une présidente de l'Assemblée nationale qui travaillait main dans la main avec le Sénat. Vous avez rappelé cette marche contre l'antisémitisme. Vous étiez quasiment main dans la main, tous les deux, Gérard Larcher et vous. Vous étiez à l'initiative de cette marche. Et on avait plus de 200 000 de nos copatriotes qui étaient avec nous, avec des drapeaux français, et ça, c'est important, et qui chantaient la marseillaise.
Et quand vous dites ça, c'est une référence à ces drapeaux que vous n'avez pas vus, dites-vous, hier soir. Yael Brown-Pivet, vous avez annulé la réforme de l'assurance chômage, elle est donc suspendue. Est-ce qu'il fallait aussi annuler la hausse du prix du gaz, plus 12 % ce matin ?
Le pays n'est pas à l'arrêt, donc il faut évidemment que tout ce qui était prévu, organisé, puisse se poursuivre. Maintenant, je pense que vraiment, cette semaine doit être la semaine ultime de clarification politique. Et donc, permettez-moi de rester sur cette clarification politique et non pas sur des mesures qui, certes, sont fondamentales pour nos compatriotes, puisqu'il s'agit de leur pouvoir d'achat, mais je crois aujourd'hui qu'il faut absolument que nous mettions toute notre énergie pour construire cette nouvelle marche.
Vous aviez demandé d'ailleurs, et vous l'aviez dit à plusieurs reprises, que vous seriez vous-même candidate à votre propre succession à la présidence de l'Assemblée nationale. Au moment où on se parle, les quelques projections donnent au maximum jusqu'à 125 députés Renaissance, mais si l'on en croit aussi votre volonté de construire une alliance plus globale, est-ce que, dans ce cas-là, vous seriez prête à reprendre du flambeau ?
Si on construit une alliance globale des démocrates pour gérer le pays, évidemment, je suis prête à reprendre le flambeau, mais évidemment, je ne serai jamais la présidente d'une Assemblée dominée par le Rassemblement national.
Comme vous disiez, il y a un certain nombre de priorités, et vous avez dit « j'ai même entendu ceux qui se sont sentis longtemps oubliés » ou avec un sentiment d'être « coupés des réalités », c'est le mot que vous avez utilisé à propos de ceux qui ont été motivés à voter pour le Rassemblement national. Qu'est-ce que vous leur dites à eux en particulier ? C'est-à-dire ce matin, qu'est-ce que vous dites à ceux, plus de 30%, qui ont voté Rassemblement national ? Qu'est-ce que vous ferez pour eux ?
Je crois d'abord que ces personnes-là, ces Français, qui ont besoin d'être considérés dans ce qu'ils sont, et dans ce qu'ils font, et dans ce qu'ils vivent, il faut évidemment que ce soit la priorité de toute politique. C'est-à-dire que lorsqu'on fait de la politique, on la fait pour les gens, pour améliorer leur vie, pour améliorer leur vie quotidienne, et on voit bien que leur vie ne s'est pas améliorée. Et donc, ça doit être la priorité. En termes de sécurité, en termes d'emploi, et nous avons fait beaucoup en termes d'emploi, mais en termes surtout de capacité à construire leur avenir.
On voit bien que moi, je suis maman, et on voit bien que finalement, le souci principal pour un parent, c'est de savoir que son enfant a autant de chance que les autres. Et on voit bien qu'il y a des parties de notre territoire, notamment en ruralité, où les enfants de la République n'ont pas les mêmes chances que les autres, parce qu'ils sont trop éloignés de la formation, en temps de transport, en temps d'accès à tel ou tel diplôme. Et donc, je pense qu'il faut réussir à réconcilier les Français. Et moi, je leur dis simplement qu'ils regardent aussi le programme économique du Rassemblement national.
Justement, j'en appelle à leur capacité de regarder ce qu'ils projettent et de voir à quel point c'est inconséquent, et à quel point, finalement, le programme du Rassemblement national, s'il est appliqué, entraînera de la perte de pouvoir d'achat pour eux.
Bernard Sananès, tout à l'heure de l'Institut Elabe, expliquait ces chiffres et disait notamment une chose, c'est que ce sont les Français les plus modestes qui ont voté pour le Rassemblement national. En revanche, les cadres ont voté pour le nouveau Front populaire. Vous avez perdu les cadres.
C'est vraiment tôt pour analyser cette élection précisément, catégorie par catégorie, et de toute façon, moi, c'est une façon de faire que je ne supporte pas. Je suis désolée, je ne classe pas les électeurs en fonction de leur catégorie socio-professionnelle, et en considérant qu'il faut avoir...
Vous vous reprochez à Bernard Sananès d'essayer de comprendre le vote ?
Non, mais ce que je veux dire, c'est que... Vous me dites, vous avez perdu les cadres. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire que notre programme...
C'est-à-dire que c'est l'Institut Epsos,
l'Institut Elabe, Jérôme Fourquet... Moi, je ne classe pas les Français selon leur catégorie sociale. Je ne fais pas de la politique en me disant, je vais m'adresser aux cadres avec telle ou telle mesure, je vais m'adresser à telle ou telle catégorie sociale.
Moi, je veux bien qu'on continue dans le déni, et ne pas raconter ce qui se passe. Mais simplement, quand vous écoutez Jérôme Fourquet, quand vous écoutez, je vous le dis, Bernard Sananès ce matin, qui dit par exemple que les femmes, les femmes qui jusqu'à présent ne votaient pas pour le RN, votent désormais pour le RN. Je peux quand même vous demander ce que vous leur dites, à ces femmes, non ? Ou est-ce que je classe les Français...
Ben non, mais... Dire des choses aux femmes ou à des catégories sociales, oui, mais après, considérer que le vote va être catégorisé selon les catégories sociales, selon les catégories des Français, ça ne me convient pas, ça ne me plaît pas. Permettez-moi de considérer que quand on fait de la politique, on s'adresse à tous les Français, à part des catégories sociales. Et pour les femmes, moi je suis évidemment convaincue que le RN a un programme qui n'est pas un programme qui favorise l'égalité hommes-femmes, qui n'est pas un programme qui prévoit l'émancipation de la femme.
Moi, j'étais dans l'hémicycle quand il y a des députés du RN qui ont exprimé très clairement qu'ils préféraient que les femmes soient à la maison, à s'occuper de leurs enfants, plutôt qu'à s'épanouir dans un emploi et dans une activité professionnelle. Nous sommes la majorité qui a porté la première femme au perchoir que je suis, la première femme. Ça faisait 300 ans qu'il n'y avait pas eu, qu'il n'y avait que des hommes qui se succédaient à la présidence de l'Assemblée nationale. Nous sommes la majorité qui avons encore voté une loi sur l'égalité hommes-femmes au niveau des salaires, dans les entreprises, etc. Donc nous sommes la majorité de l'égalité.
de l'égalité entre les hommes et les femmes. Et ça, c'est un des plus beaux bilans que nous pouvons porter. Et je propose qu'on arrête là,
parce que vous êtes beaucoup sur la défensive et c'est très difficile du coup de vous interroger, Yaël Moine-Puvet. Honnêtement, je suis très surprise. Je comprends que ce matin, ce soit compliqué et difficile. Mais si on ne peut pas vous interroger sur les territoires, par exemple, sur la différence entre le monde rural, les villes...
En fait, c'est mes réponses qui ne vous conviennent pas. Et ça, c'est très problématique. Vous pouvez m'interroger sur le monde rural, j'ai fait 41 déplacements en tant que présidente de l'Assemblée nationale. Non, vous avez parlé des catégories de cadres, vous n'avez jamais parlé de ruralité. Donc c'est trop facile, ça. C'est trop facile et je pense que ça, c'est très inquiétant. Moi, vous savez, 41 déplacements sur toute la France entière. Donc j'ai été en ruralité, j'ai rencontré les Français, j'ai fait des réunions publiques dans des villages, j'ai été à leurs rencontres, j'ai vu leur désarroi, j'ai vu ceux qui...
et je les ai entendus quand ils me disaient qu'ils avaient cette conviction d'être déclassés, cette problématique des aires médicaux, etc. Ce que je leur dis aujourd'hui, c'est que je les entends, que nous n'avons pas tout bien fait, mais qu'en tout cas le Rassemblement national, c'est de la poudre aux yeux. Et on a bien vu pendant la campagne qu'ils revenaient sur toutes leurs propositions. Et donc le Rassemblement national ne réglera aucun de leurs problèmes. Et pour régler leurs problèmes, il faut construire une grande coalition allant DLR aux écologistes et aux communistes. Ça ne vous convient pas ? Eh bien c'est ma position et permettez-moi de l'assumer.
Je ne sais pas parce que vous considérez... que ce dialogue est vain et que cette interview n'est pas intéressante. Je suis désolée. Je n'ai absolument pas dit ça.
J'ai dit que quand je vous pose des questions m'appuyant sur les analyses d'Ipsos, d'Elabe ou de Jérôme Fourquet, vous me dites que je classe les Français et je trouve ça extrêmement insultant et je me permets de le dire. Merci Yael d'avoir répondu à mes questions.
Yaël Braun-Pivet