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InterviewRMC (sur YouTube)· 27 janvier 2022 53 minContradictoireActualité / polémiqueSantéTravail & emploiÉducation & rechercheÉconomie & entreprises

🔴 EN DIRECT - Anne Hidalgo invitée du Grand Format présidentiel

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 65 %Attaque 25 %Défensif 10 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 73 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:37OuverteRéponse directe

    Qu'est-ce que vous pensez de la proposition de faire payer les soins d'hospitalisation aux non-vaccinés ?

  • 2:20RelanceRéponse partielle

    Comment vous comprenez les propos de Martin Hirsch sur la vaccination et la prévention ?

  • 4:40FerméeRéponse partielle

    Est-ce qu'il faudrait lever toutes les restrictions comme en Grande-Bretagne ou au Danemark ?

  • 5:30FerméeRéponse partielle

    La Grande-Bretagne, le Danemark et l'Espagne lèvent leurs restrictions. Est-ce qu'on fait pareil ?

  • 8:22OuverteRéponse directe

    Est-ce que votre campagne a commencé ou pas ?

  • 8:53FerméeRéponse directe

    Est-ce que vous allez à la primaire ou pas ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:42Invité politiqueFait
    « Non, je ne suis pas d'accord pour qu'on rentre dans ce type de démarche. »
  • 1:46Invité politiqueFait
    « On sait qu'il y a des facteurs de comorbidité, les personnes qui sont obèses, les personnes diabétiques qui sont beaucoup plus vulnérables à ce virus. »
  • 3:58Invité politiqueChiffre
    « Ce gouvernement a supprimé 5700 lits, 5700 lits, au lieu de rajouter des lits, au lieu d'accompagner vers plus de moyens. »
  • 28:57PrésentateurFait
    « Il y a eu une phrase, vous avez dit « je vais doubler le salaire des profs ». »
  • 29:06Invité politiqueFait
    « Dans ce livre, je dis trois choses. Les profs français sont parmi les plus mal payés en Europe, deux fois moins, par exemple, que leurs collègues allemands et que leurs collègues néerlandais. »
  • 30:09Invité politiqueChiffre
    « Je propose que l'on démarre la carrière d'un professeur des écoles à 2300 euros. »
  • 33:17Invité politiqueChiffre
    « Il nous faut 15 000 médecins par an formés. Il nous faut 25 000 infirmiers et infirmières par an. »
  • 34:23PrésentateurChiffre
    « Au moment où on se parle, Anne Hidalgo, il manque 1500 policiers municipaux en Île-de-France. »
  • 39:08PrésentateurChiffre
    « À cela, vous ajoutez un revenu d'insertion sous condition de revenu, 850 euros par mois. »
  • 40:17Invité politiqueFait
    « Ils font ce qu'ils veulent avec les 5 000 euros ? »
  • 45:44PrésentateurChiffre
    « Vous avez dépensé depuis 2019 25 millions d'euros. »
  • 46:49Invité politiqueFait
    « C'est ce que pratiquent nos voisins quand ils essayent de sortir de situations comme celles qu'on connaît depuis 30 ans. »

Temps de parole

  • Anne Hidalgo76 %
  • Présentateur14 %
  • Invité2 %
  • Invité 22 %

1,1 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:09
Présentateur

Bonjour Anne Hidalgo. Bonjour à vous. Merci de répondre à mes questions ce matin sur BFM TV et RMC pour une interview exceptionnelle, interview XXL puisqu'on est ensemble pour une heure. On va pouvoir parler bien sûr de l'actualité, de la campagne, de votre programme et des préoccupations des Français. Je voudrais commencer d'abord par, vous l'avez peut-être entendu, les propos de Martin Hirsch. Martin Hirsch qui est donc le patron de la PHP, les hôpitaux parisiens. Il pose la question, est-ce qu'il faudrait faire payer les soins d'hospitalisation aux non-vaccinés ? Qu'est-ce que vous en pensez ?

0:38
Anne Hidalgo

Non, je ne suis pas d'accord pour qu'on rentre dans ce type de démarche. On a défini une stratégie qui est celle de la vaccination, qu'il faut augmenter, poursuivre, parce qu'elle protège, parce qu'elle permet d'éviter des cas très graves. Il faut continuer cette pédagogie, il faut je pense aussi commencer à travailler sur comment on prévient ce type d'épidémie, comment notre système hospitalier répond, parce que là quand même la difficulté, je pense que Martin Hirsch, que j'apprécie beaucoup, qui est directeur général des hôpitaux de Paris, et je préside la PHP, est quelqu'un qui évidemment a le souci premier de comment répondre l'hôpital. Mais alors comment vous comprenez ces propos ?

Je ne vais pas commenter ces propos.

1:22
Présentateur

C'est un homme de gauche, en plus au départ, il vient du cabinet de Martine Aubry.

1:26
Anne Hidalgo

Peu importe qu'il soit de droite ou de gauche. C'est quand même une question quasi philosophique. C'est une question philosophique et moi je ne la résous pas de cette façon-là. Je pense qu'il faut au contraire dans notre pays, ça fait partie de mes propositions, avoir une vraie politique de santé publique que nous n'avons pas, pour permettre justement à nos concitoyens de vivre mieux. On sait qu'il y a des facteurs de comorbidité, les personnes qui sont obèses, les personnes diabétiques qui sont beaucoup plus vulnérables à ce virus. Il nous faut donc travailler sur des questions de santé publique à moyen et à long terme.

Dans le court terme, puisque nous sommes encore dans l'urgence d'une épidémie, il faut apporter les solutions par la vaccination et surtout permettre à l'hôpital de tenir.

2:11
Présentateur

Alors cela dit, on va évidemment prendre le temps tout à l'heure de revenir sur vos propositions, notamment pour lutter contre les déserts médicaux, qui est vraiment influx aujourd'hui pour les Français. Pardon, je reviens quand même un instant sur un mot que vous avez dit, il faut faire de la prévention. C'est exactement là-dessus que s'appuie Martin Hirsch pour sa proposition, parce qu'il dit, est-il logique de bénéficier de soins gratuits, de prévention justement, avec la vaccination ? Elle est gratuite, la vaccination, c'est de la prévention. Et donc ensuite, pourquoi continuer à être soigné si on n'a pas joué le jeu ?

2:40
Anne Hidalgo

Parce qu'on est dans un pays qui est fracturé, dans un pays où nos concitoyens s'affrontent, dans un pays où il y a beaucoup d'incompréhensions. Et je pense que la meilleure façon de sortir de ces incompréhensions, ce n'est pas de distinguer encore selon les populations, c'est de prendre les sujets rationnellement. On a été, et avec Martin Hirsch, extrêmement sur le front, pour que l'hôpital réponde.

Parce que ce qui s'est passé dès la première vague, dès mars 2020, c'est que l'inquiétude que nous avions, je me souviens d'un coup de fil que je lui ai passé à ce moment-là, ça devait être à peu près début mars 2020, et je lui ai dit, qu'est-ce qui se passe s'il nous arrive la même situation qu'en Chine ?

Il m'avait dit, je ne sais pas si ça tient, on va tout faire pour que ça tienne, parce qu'on n'avait pas les lits de réa suffisants, parce qu'on avait déjà des tensions sur l'hôpital, il y avait déjà eu un mouvement des hospitaliers expliquant qu'ils n'en pouvaient plus, que c'était vraiment de la souffrance, des conditions de travail extrêmement dégradées, parce qu'il n'y avait pas les personnels suffisants. L'hôpital a tenu sur, justement, l'abnégation, je tiens à le dire, de tous ces soignants qui sont allés bien au-delà de leur mission et de leur force. Et qu'est-ce qui s'est passé depuis mars 2020 ?

Ce gouvernement a supprimé 5700 lits, 5700 lits, au lieu de rajouter des lits, au lieu d'accompagner vers plus de moyens. Il y a eu le Ségur de la santé, mais le Ségur de la santé n'a apporté que quelques petits éléments, et pas du tout une approche plus structurante, plus solide, consolidant. L'hôpital, qui est un bien public, l'hôpital public est un bien public. On va parler aussi des fonctionnaires, on va parler... J'ai beaucoup de points d'accord avec Martin Hirsch, il m'inspire beaucoup sur beaucoup, beaucoup de sujets. Mais vivant, pas là-dessus. Pas là-dessus, parce que je pense que notre société est beaucoup trop fracturée, et qu'il faut réunir les Français. Encore un mot du...

C'est d'ailleurs, je dirais, le slogan de ma campagne.

4:38
Présentateur

Encore un mot sur la question du Covid. C'est aujourd'hui que la Grande-Bretagne lève toutes les restrictions. Le Danemark s'apprête aussi à le faire. En Espagne, c'est une vie normale, on ne teste même plus, ou en tout cas pas de manière systématique. Est-ce qu'il faudrait faire pareil ?

4:51
Anne Hidalgo

Je crois qu'il faut commencer à s'inspirer de ces pays qui considèrent qu'on met en place le vaccin, d'ailleurs, comme pour la grippe. On prévient, parce qu'on sait qu'il y a des personnes plus fragiles, les personnes âgées, les personnes avec des facteurs de comorbidité. On met en place une politique de prévention, avec les gestes barrières, une politique saisonnière. On voit bien qu'il y a une saisonnalité qui s'en met à cela. Mais ça ne veut pas commencer à s'inspirer. Et donc, commencer à s'inspirer, c'est de regarder comment on vit dans la durée avec ce virus. Comment on accompagne aussi, par la recherche, par le séquençage, la compréhension de ces mutations.

La France a toujours été en retard.

5:30
Présentateur

Mais précisément, ma question est assez précise sur les restrictions. La Grande-Bretagne qui l'élève, le Danemark qui l'élève, l'Espagne qui n'a plus de restrictions. Est-ce qu'on le fait ? Est-ce qu'on ne le fait pas ?

5:40
Anne Hidalgo

Je pense que, et en tous les cas, c'est la proposition qui a été faite par le groupe socialiste, notamment au Sénat, qu'il faut des règles automatiques. Vous voyez, ce n'est pas le matin, on se lève et on se dit, « Ah bah tiens, on va lever les restrictions. Ah bah tiens, on va faire comme les autres, on va lever les restrictions. » Non, il faut partir de données scientifiques sur l'épidémie. Et donc, ce qui a été proposé, notamment par les sénateurs socialistes, c'était de dire, prenons un niveau de contamination en dessous duquel on déclenche justement plus de liberté, plus de possibilité de retrouver un peu la vie d'avant.

Et puis au-dessus d'un seuil de contamination, de façon automatique, on rebascule sur des mesures de protection, de prévention, voire même de limitation de nos libertés. Ce qui est très, comment dire, difficile dans cette affaire, c'est qu'on ne peut pas avoir des privations de liberté sans qu'elles soient vraiment discutées à partir des données scientifiques. Et le choix qu'a fait le président de la République de créer sur ce sujet de la gestion de la crise Covid, une forme de secret défense, puisqu'il décide tout seul en conseil de défense, c'est-à-dire en garantissant des informations complètement en dehors du regard public.

6:54
Présentateur

Mais vous diriez qu'aujourd'hui, il utilise en quelque sorte, certains, comme Marine Le Pen, parlent d'une campagne covidentielle, c'est-à-dire que le Covid sera en train d'écraser tout et presque dans un sens, il jouerait un peu les prolongations.

7:05
Anne Hidalgo

Je n'irai pas sur ce terrain-là, mais je pense que la façon dont il a géré cette crise Covid, par le secret, par cette infantilisation des Françaises et des Français, par l'absence de débat sur la question de nos libertés. Alors le débat, il a eu lieu aussi entre les médecins, le Conseil scientifique, à chaque fois. Moi, je parle de débat démocratique, et bien sûr qu'il y a le Conseil scientifique. Mais enfin, vous avez vu à certains moments comment le Conseil scientifique lui-même expliquait qu'il n'était même pas pris en compte dans ses avis par le président de la République et qu'il ne comprenait pas les décisions du président de la République dans le Conseil de défense.

Donc vous voyez très bien, c'est très difficile de gérer une crise comme celle-là. Je ne suis pas en train de vous dire que c'est facile et que n'importe qui aurait pu immédiatement faire mieux. Mais il y a des principes. Et pour moi, il y a un principe, et ça je l'ai appris avec les infectiologues, notamment de la PHP. Ils m'ont dit, une épidémie, ça se gère aussi par de l'information transparente. Et ça se gère non pas en infantilisant la population, mais en la mettant elle-même en situation d'être actrice de la réduction de cette épidémie.

8:08
Présentateur

Anne Hidalgo, on va rentrer dans le dur. On a du temps. On est dans cette interview exceptionnelle. On va être ensemble jusqu'à 9h30. Je dirais qu'on parle bien sûr du pouvoir d'achat. Mais pour comprendre un peu où est-ce que vous en êtes, je dirais qu'on écoute vos propres mots sur cette campagne. Est-ce qu'elle a commencé ou est-ce qu'elle n'a pas commencé ? On vous écoute.

8:30
Anne Hidalgo

Pour qu'on gouverne, il faut se rassembler. Et la meilleure façon de se rassembler, c'est la primaire. Il faut malheureusement le dire, sans la participation des Verts, la primaire de la gauche a perdu tout son sens. Alors, la page est tournée. Je défendrai notre projet. Et les Françaises et les Français franchement.

8:49
Présentateur

Alors, est-ce que vous allez à la primaire ou pas ? Parce qu'on ne comprend plus rien. Moi-même, je ne comprends pas tout à fait.

8:53
Anne Hidalgo

Je pense que vous comprenez très bien. Mais s'il faut clarifier...

8:56
Présentateur

Je crois qu'il faut clarifier parce que ce matin, il y a 400 000 personnes qui sont appelées à voter.

9:00
Anne Hidalgo

Très bien. Je vais clarifier. Est-ce qu'ils doivent voter pour vous ? Vous êtes sur les listes. Vous verrez et j'espère que vous comprendrez parce que beaucoup ont compris. Oui, il y a un problème de désunion de la gauche qui désespère le peuple de gauche. Oui, ça je l'ai entendu. Je l'ai tellement entendu qu'en décembre, j'ai pris cette initiative et ce risque de dire à celles et ceux qui voulaient gouverner ensemble, je pensais évidemment essentiellement au vert, de se réunir et de pouvoir ensemble faire une primaire. C'était aussi une façon de réoccuper l'espace médiatique et politique puisque, souvenez-vous, en décembre... Donc c'était un coup de bluff ?

Non, non, ce n'était pas un coup de bluff. C'était une orientation stratégique majeure à un moment où, historiquement, la gauche devait faire quelque chose parce que le peuple de gauche nous disait ne nous laissez pas dans cette situation. Mais rien ne s'est fait. Rien ne s'est passé. Ça ne s'est pas passé parce qu'effectivement, les partenaires, et je pense essentiellement au vert, ont refusé cela en disant non, nous on a eu notre primaire. Ok, ils avaient eu leur primaire, mais on n'avait pas eu ce moment-là. Et j'étais prête, évidemment, je l'ai dit, à prendre le risque aussi de perdre. Et de perdre et de travailler avec le vainqueur si ça n'avait pas été moi. Et de travailler comment ?

Non pas par un effacement, non pas en se mettant sous la coupe de qui que ce soit, mais en créant une dynamique. Ça n'a pas pu avoir lieu. Il y avait un autre processus. On ne peut pas dire une dynamique. Non, ça n'a pas pu avoir lieu. Il n'y a pas eu ni de primaire, ni de dynamique. Mais je pense que si Yannick Jadot, moi-même, Fabien Roussel, nous avions été candidats... Jean-Luc Mélenchon. J'ai dit ceux qui veulent gouverner ensemble. Je l'entends beaucoup dire qu'il ne veut rien avoir à voir avec ce qu'il appelle le vieux PS, dont lui-même est issu sans doute plus que moi. Voyez-vous, mais je l'ai entendu. Donc, cette primaire n'a pas eu lieu. Et la dynamique n'a pas eu lieu.

10:57
Présentateur

Sauf qu'il y a quand même cette primaire populaire qui commence aujourd'hui, qui commence à 9h. À 9h, ils sont appelés. Il y a 400 000 inscrits. Vous êtes inscrite, presque malgré vous, je dirais, si j'ai bien compris. Vous n'étiez pas vraiment candidat.

11:09
Anne Hidalgo

Oui, comme Jadot, Mélenchon. Et d'autres ne sont pas inscrits, malgré eux, comme Fabien Roussel. C'est quand même très compliqué. Oui, c'est compliqué, ça c'est sûr.

11:17
Présentateur

Vous êtes inscrite, malgré vous. Mais maintenant qu'il y a quand même 400 000 personnes qui se sont elles-mêmes inscrites pour voter, vous leur dites quoi ? Vous leur dites ne votez surtout pas pour moi parce que je ne veux pas participer ? Ou est-ce que vous leur dites, quitte à être là, allez.

11:28
Anne Hidalgo

Je leur dis simplement, d'abord, il y a ce processus de primaire populaire qui pouvait être très sympathique parce que quand les citoyens se mêlent de démocratie, c'est toujours très important, surtout dans un moment de crise démocratique comme ce que nous vivons. Mais toujours est-il que les conditions de ce vote ne sont pas vraiment des conditions acceptées par ceux qui pourraient y participer. Et j'ai entendu ce qu'ont dit Mélenchon, Jadot, quelque chose quand même qui pour moi relève d'une erreur fondamentale qui jette quand même un peu de discrédit sur cette primaire populaire. Quelqu'un comme Fabien Roussel n'était même pas invité à participer à cette primaire populaire.

C'est une forme de hold-up un peu, de vous avoir inscrit malgré vous ? Écoutez, c'est comme ça, ils font cette primaire populaire, que ceux qui sont inscrits et qui veulent voter aillent et votent. Une chose est claire pour moi, et je l'ai dit, je l'ai dit à plusieurs reprises, la page est tournée, j'ai une proposition, un projet, une équipe avec des maires, des élus, avec beaucoup de femmes et d'hommes partout sur le territoire qui attendent que nous portions ces propositions, et donc je le ferai.

12:42
Présentateur

Je n'ai toujours pas compris quand même une chose, c'est que vous êtes inscrite malgré vous, vous dites la page est tournée, sauf qu'il va y avoir quand même ce vote, il y a Christiane Taubirin qui, elle, y participe activement, c'est-à-dire qu'elle n'est pas inscrite malgré elle, les résultats tomberont dimanche soir, est-ce que vous allez jeter ces résultats à la poubelle ? C'est-à-dire que c'est quand même ces 400 000 personnes qui se sont inscrites et qui vont sans doute participer, puisque s'ils sont inscrits, c'est qu'ils vont participer. Il y a quand même en ce moment que 22 000 inscrits au Parti Socialiste, c'est-à-dire qu'on n'est quand même pas du tout dans les mêmes proportions.

Et vous allez dire non, mais ça, ça ne me concerne pas ?

13:13
Anne Hidalgo

Je ne vais pas dire ça ne me concerne pas, je vais dire c'est intéressant, sympathique, mais moi je continue mon chemin, comme le diront d'ailleurs Mélenchon, Jadot et les autres, et nous continuerons notre chemin. Et vous savez, ce qui m'importe aussi, c'est que nous sommes dans ce moment d'élection présidentielle. L'élection présidentielle, c'est un moment qui est attendu par les Françaises et les Français pour poser les orientations vers où on va. C'est une question qui se pose aussi à la gauche. Je pense aussi à ce qui se passera dans cette élection présidentielle, mais aussi à la façon dont on peut reconstruire une offre politique de gauche, de gouvernement, qui est celle que je porte.

Et donc, pour construire cela, je le dis et je le redis, il faut une force centrale. Celle que j'incarne, que je représente, cette force centrale. Vous regardez tout ce qui s'est passé dans les pays européens, où il y a eu ces débats, il y a eu ces difficultés à gauche, il y a eu cet émiettement de la gauche qui a existé aussi, que ce soit dans les pays du Nord ou dans les pays du Sud. Eh bien, dans tous ces pays-là, où on nous a dit la social-démocratie est morte, la social-démocratie n'a plus de sens, eh bien, c'est quand même autour de la social-démocratie, de cette offre qui est une offre politique, centrale.

Mais là, on a l'impression que vous parlez dans un livre, de théorie politique, dans les faits. Non, non, ce que je suis en train de vous dire, c'est que dans les faits, si on veut qu'un jour la gauche gagne en France et gouverne à nouveau, c'est autour de cette force centrale que je représente, que cela pourra se reconstruire. Vous avez appelé Christiane Taubira ? Vous lui avez parlé ? Personnellement, elle m'avait appelée il y a quelques mois, avant Noël, pour me demander si elle pensait qu'elle était une solution. Elle avait appelé Jean-Luc Mélenchon. Et vous lui avez répondu quoi ? Elle avait appelé également Yannick Jadot. Je lui ai dit, viens et faisons équipe ensemble.

Mais sa solution, c'était de venir comme candidate. Je lui ai dit, si c'est pour ajouter une candidature, ce sera de la confusion supplémentaire. Et si elle sort confortable par un vote conséquent de ma pensée ?

15:14
Présentateur

Et bien, ce sera une candidature de plus. Ce sera une candidature de plus. Vous seriez plutôt, Anne Hidalgo, la baguette à 29 centimes chez Leclerc, ou la baguette à 90 centimes chez l'artisan boulanger ?

15:26
Anne Hidalgo

Il y a un vrai problème de pouvoir d'achat. Et donc, qu'un certain nombre de distributeurs s'y intéressent, je ne vais pas les critiquer. En revanche, le travail doit payer en fonction de ce qu'il coûte. Et je suis très, très soucieuse aussi que nos artisans, nos boulangers, celles et ceux qui sont dans ce travail artisanal et pas, je dirais, industriel, puissent continuer à vivre. Donc, c'est important. Et je ne vais pas faire grief à Michel-Édouard Leclerc de ne pas se préoccuper de pouvoir d'achat. C'est très bien que la grande distribution le fasse. Mais elle ne peut pas faire ça, la grande distribution, sans penser aux producteurs et sans passer à ceux qui fabriquent.

Et que les producteurs, c'est les agriculteurs. Et donc, on fait comment ?

16:12
Présentateur

Pour à la fois avoir des produits pas chers pour les plus modestes, et en même temps, rémunérer à sa juste valeur les producteurs ?

16:19
Anne Hidalgo

Eh bien, on augmente les salaires. Et tout part du salaire. Et on fait en sorte qu'il y ait plus de travail dans notre pays. On arrête cette désindustrialisation qui a été une stratégie de la France, et qui n'a pas été vraiment stoppée par le président Macron, qui, lui, a prôné la start-up nation, mais qui n'a pas du tout, même si dans son discours, de temps en temps, on entend le mot, qui n'a pas freiné, qui n'a pas du tout freiné les délocalisations. Il n'a pas du tout freiné la disparition de notre outil industriel. Donc, on augmente les salaires. Moi, je pense que le sujet français du pouvoir d'achat, c'est d'abord les salaires.

Nous sommes à des niveaux de salaire dramatiquement faibles, y compris par rapport à nos voisins européens. Vous serez dans la rue tout à l'heure ? Non, je suis sur un plateau, et j'essaye. Non, mais c'est plus tard, tout à l'heure, vous... J'adore manifester, et je serai très volontiers dans beaucoup de manifestations. Mais j'essaye de jouer mon rôle aussi, en apportant un éclairage sur ce qui se passe. Vous voyez, je vous dis, la réponse, elle n'est pas le salaire. Mais votre rôle, en tant qu'élu socialiste, est-ce que ce n'est pas justement d'être aux côtés de ceux qui vont manifester aujourd'hui pour la hausse des salaires ?

C'est ce que je fais, mais c'est ce que je fais aussi, en apportant des solutions. Mon rôle, en tant que responsable politique, c'est de ne pas confondre mon rôle avec les organisations syndicales, et je respecte évidemment leur indépendance. Mon rôle, c'est aussi de porter la parole des Françaises et des Français, et de trouver des solutions. Et la solution, et vous verrez que d'ailleurs dans mon programme, je démarre par ça, c'est la question du travail. Et je pense que dans notre pays, la désindustrialisation a été vraiment accompagnée par les pouvoirs publics, et nous nous sommes réveillés un matin dépendants sur beaucoup de sujets.

18:00
Présentateur

Le travail, Anne Hidalgo, c'est la très très belle nouvelle du jour, un baisse historique du chômage. François Hollande en a rêvé, inverser la courbe, c'était vraiment une obsession.

18:09
Anne Hidalgo

Ça y est, c'est Macron qui l'a fait. Oui, c'est Macron qui l'a fait. C'est un point, je ne dirais pas ça comme ça, je pense que c'est très bien, et je me réjouis quand il y a une baisse du chômage, parce que c'est une bonne nouvelle. Mais ce que je vous dis, si on veut que cela dure, si on veut être dans un pays qui retrouve aussi sa souveraineté industrielle, qui ne soit pas dépendant, on l'a vu. La pandémie a eu au moins cette vertu de montrer où étaient nos fragilités et nos dépendances sur les médicaments, sur les masques. Nous avons vu aussi que nous pouvions réindustrialiser le pays. En tout cas, c'est ma proposition.

Je propose quatre odyssées industrielles, une sur la santé, une autre notamment aussi sur les énergies renouvelables, une autre sur le numérique et une sur les mobilités. Je pense que sur ces grands quatre domaines, nous pouvons construire avec la recherche, avec les entreprises, les grandes, mais aussi les ETI et les PME, avec les salariés et les syndicats, nous pouvons reconstruire des stratégies industrielles qui remettent du travail et de l'emploi industriel, bien sûr décarboné, correspondant à ce que nous devons faire. Mais ça, là-dessus aussi, il y a des points qui ne sont pas forcément évidents, on va revenir sur l'essence, mais sur le nucléaire.

Je termine juste ma phrase, Apolline de Malherme. Et donc ce travail-là, il doit aussi rémunérer. Ce n'est pas du travail low-cost, ce n'est pas les bullshit jobs, d'accord ? Ce n'est pas ça le travail. Mais est-ce que ce n'est pas mieux d'avoir un bullshit job que pas de job du tout ? Eh bien, je ne crois pas, parce qu'in fine... Il ne vaut mieux pas de job du tout ? Ce n'est pas ça, c'est que le bullshit job, qu'est-ce qu'il fait ? Il détruit complètement l'économie. Alors vous vous appelez ça « bullshit job », c'est-à-dire... Il détruit l'économie, on pourrait dire « job de haine ».

19:47
Présentateur

Mais cela dit, en Allemagne, ils appellent ça les mini-jobs, c'est un peu moins dévalorisant que ce que vous en dites, et ça a été une des manières de remettre les gens au travail, non ?

19:55
Anne Hidalgo

Non, en Allemagne, ce qui a toujours été la base, qui a permis à l'Allemagne de se relever d'ailleurs plus vite que nous de la crise de 2008, c'est qu'ils ont compris plus tôt que nous qu'il fallait faire du chômage partiel massif pour éviter justement les chocs que pouvaient subir les entreprises et pour éviter les pertes d'emplois. Donc je vous le dis, ce qui est en train de se passer par exemple avec les travailleurs des plateformes numériques, qui sont des gens surexploités, dans des conditions de travail qui sont totalement indignes, eh bien ces emplois-là détruisent la valeur économique de notre pays

20:29
Présentateur

et détruisent aussi la confiance. On aura du temps justement pour y revenir, ce que vous appelez donc les mini-jobs. Non, non, non, non, je ne fais pas les mini-jobs. Vous ne préférez pas de mini-jobs. Les bullshit-jobs. Qu'un job tout court. On y revient tout de suite.

20:49
Invité

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24:22
Invité

SFR présente le départ en week-end idéal de Sophie. Ah bah déjà, que tout le monde soit prêt. Et ma série ? Et la 5G ? Ah, Brigitte, tout le monde est prêt. Ah bon ? On n'aura pas trop de bouchons. Allez, suivez-moi, je connais un raccourci. G2SFR est là, et elle n'a pas fini de vous étonner. SFR, enjoy. Je dirais qu'on est un collectif de designers. C'est important de pouvoir travailler partout. Surtout aujourd'hui. Avec Windows 11, on fait tous des choses différentes. Nils fait les illustrations. C'est génial de pouvoir dessiner avec le stylet et avec les doigts. Ferdi s'occupe du montage. C'est tellement plus rapide pour le rendu des vidéos. Carlos fait les animations.

Avec Snap Assist, c'est vraiment fluide. On travaille ensemble, de n'importe où. Avec Windows 11, on fait tout en mieux.

25:27
Auditeur

Beaux joueurs. C'est assez drôle. Arrête !

25:30
Invité

Meilleur amant. Meilleur ami. En un mot, c'est toi.

25:39
Auditeur

Par nature, nouveau renoir canin. Vos renoir canin et tech hybrides, prêts à partir des 239 euros par mois.

25:55
Invité

Il est bientôt 9h. Le meilleur de l'expresso avec des longues.

26:26
Présentateur

Et on poursuit avec vous, Anne Hidalgo, cette interview spéciale présidentielle. Une heure ensemble, on est ensemble jusqu'à 9h30. Je voudrais qu'on poursuive avec aussi des propos que vous avez tenus. Parce que, au fond, vous êtes en campagne depuis octobre. On est en janvier. Et pourtant, vous dites ça.

26:40
Anne Hidalgo

Tel est l'objet de la campagne qui s'ouvre dans les jours qui viennent. La vraie campagne, elle commence maintenant. Cette campagne démarre pour tout le monde. Cette campagne n'a pas encore démarré véritablement. Vous n'avez pas arrêté de dire que ça n'a pas démarré. Est-ce qu'on peut dire, au moment où on se parle, qu'elle a démarré ? Elle commence, mais elle n'a pas complètement démarré. Elle vous arrange un peu de dire qu'elle n'a pas démarré. Non, non, je pense qu'il y a des rythmes. Vous savez, d'abord, les Françaises et les Français sont quand même sous, je dirais, la pandémie et préoccupés par le pouvoir d'achat, la santé, l'avenir de leurs enfants, l'école, etc.

Oui, mais tout ça, c'est de la politique ? C'est de la politique, complètement. Je suis d'accord avec vous. Mais pour eux, ils ne l'ont pas encore traduite, je pense, en termes de quel choix pour avril prochain. Deuxièmement, le temps de campagne que l'on vient de vivre, parce que c'était quand même un temps de campagne, était un temps de préparation, d'organisation. Ce temps-là, je l'ai consacré à quoi ? À préparer mon équipe, mais aussi à préparer mon projet. Parce que pour moi, bien sûr, il s'agit d'arriver devant les Françaises et les Français en leur disant ce que je veux leur proposer, ce que je veux faire. Et j'ai tenu à ce qu'il y ait un projet sérieux, chiffré, etc.

Et là, maintenant, nous sommes en janvier. Et là, maintenant, effectivement, les Françaises et les Français commencent, je crois, à regarder, à se réintéresser à ce que nous proposons, à voir qui sont les candidats. Je le sens par quoi ? Par les sollicitations, par les rencontres que je peux avoir. Et donc, la campagne va démarrer. Elle démarrera... Va démarrer, vous en parlez encore au futur ! Absolument, parce qu'elle démarrera vraiment quand tout le monde sera sur la ligne de départ. Ça veut dire quoi ? C'est-à-dire qu'Emmanuel Macron, il faut quand même qu'à un moment, il le dise ? Oui, ça, il va falloir, parce que tout le monde sait qu'il est en campagne.

On ne peut pas être en campagne éternellement en utilisant les moyens de l'État tout en disant qu'on n'y est pas. Mais bon, ça, je pense qu'il résoudra ce problème-là, comme tous les présidents sortants. En général, ils se déclarent assez tard. Et puis, il faut que tout le monde soit sur la ligne de départ avec ses parrainages, ses équipes.

28:41
Présentateur

Vous disiez programme et j'ai pris le temps d'expliquer, de chiffrer, etc. Et pourtant, il y a un certain nombre de points qui étaient vraiment votre manière, justement, de lancer la campagne, dont on n'a pas très bien compris, finalement, où est-ce qu'on en était. Il y a eu une phrase, vous avez dit « je vais doubler le salaire des profs ». Est-ce que vraiment, vous allez doubler le salaire des profs ? Ou est-ce que finalement, vous avez peut-être parlé un peu trop vite ?

29:00
Anne Hidalgo

Alors, pour clarifier, dans mon livre, puisque j'ai fait un livre qui est sorti en septembre, dans ce livre, je dis trois choses. Les profs français sont parmi les plus mal payés en Europe, deux fois moins, par exemple, que leurs collègues allemands et que leurs collègues néerlandais, mais même beaucoup moins que leurs collègues espagnols ou portugais. Et donc, cette question du salaire des profs est un problème, parce que la qualité de l'école dépend aussi de la considération qu'on apporte aux enseignants.

Dans ce même livre, et dans la phrase qui suit, où je dis « il faudra, bien sûr, aller vers un doublement des salaires » et ça doit être un objectif et un cap, je dis « comment pouvons-nous nous y prendre ? » À tout le moins, nous pouvons et nous devons démarrer par les salaires des profs entrants. Ça veut dire quoi ? Un professeur des écoles, aujourd'hui, il démarre à 1700 euros. D'accord ? Sa grille indiciaire. Il termine sa grille indiciaire à 2500 euros.

Ce que je propose pour aller vers cet objectif de rattrapage des salaires des profs par rapport aux salaires des profs allemands qui sont payés deux fois plus, je propose que l'on démarre la carrière d'un professeur des écoles à 2300 euros. Pourquoi 2300 euros ? C'est pas doublé, hein ? Non, bien sûr, c'est pas doublé, mais j'ai dit « on démarre et ensuite on progresse ». 2300 euros au lieu de 1700. Pourquoi ? Parce que c'est le niveau de salaire qu'ont les personnes qui ont le même niveau de diplôme que nos enseignants, c'est un bac plus 5 en général, et ils termineront leur carrière dans la grille indiciaire à 4000 euros.

Et comment on fait pour entraîner toute une profession vers le haut ? C'est d'ailleurs pas la seule profession, et bien ensuite par des négociations. Et d'ailleurs, c'est ce que je dis dans mon programme. Donc un livre, ça fixe un cap, et un programme, ça précise la méthode.

30:53
Présentateur

Ça précise les choses, et dans l'interview également. Ça, c'est pour ce qui est du salaire, ensuite pour ce qui est des fonctionnaires et de tous ceux qui travaillent. Il y a eu ce moment où vous étiez dans la gare de Saint-Galtier, et je voudrais qu'on écoute ce que vous aviez dit.

31:05
Anne Hidalgo

Je suis à la gare de Saint-Galtier, je peux vous dire une chose. D'abord, c'est très beau Saint-Galtier, mais quand les machines remplacent les humains, ça va pas, quoi.

31:19
Présentateur

Alors, vous étiez à Saint-Galtier, et tout le monde vous est un peu tombé dessus, parce que vous aviez l'air de découvrir qu'il y avait des machines pour acheter des tickets, qu'il y en avait d'ailleurs dans les métros parisiens. Bon, mais sur le fond, vous allez remplacer chaque machine par un être humain ?

31:33
Anne Hidalgo

Sur le fond, qu'est-ce que je dis en disant cela ? Je dis qu'il faut remettre du service public et de l'humain partout. Vous savez, les personnes âgées, lorsque à Saint-Galtier ou dans d'autres lieux, elles sont obligées d'appeler au téléphone ou de passer par le numérique, avec lequel elles ne sont pas très, très, très à l'aise, et qu'elles n'ont personne. Quand vous appelez une plateforme téléphonique, qui est d'ailleurs souvent localisée très loin de chez nous, et que vous avez des gens qui vous demandent d'attendre, et qu'il n'y a personne, il n'y a pas d'humain, pas d'humain.

Alors, pendant la séquence pub, il y avait une pub pour une banque qui était exactement sur le même thème, et en la regardant depuis votre plateau, je me disais, tiens, ça me rappelle ce que j'ai dit à Saint-Vallier. Donc, qu'est-ce que je dis ? Qu'il faut remettre du service public partout. D'ailleurs, dans mes propositions... Très concrètement, ça veut dire des embauches de fonctionnaires. Ça veut dire qu'il faut remettre du service public pour faire tenir notre pays. Vous savez, certains ont cru qu'il suffisait de remplacer les hommes par des machines pour que tout aille bien. Et en fait, non, ça ne marche pas.

On a besoin d'abord de mettre du service public partout, et je pense notamment aux zones rurales, à un certain nombre de communes, qui sont des communes dans lesquelles le service public a disparu. Il y a une commune emblématique en France qui est Joigny. A Joigny, les services publics ont disparu parce que les entreprises ont disparu, et du coup, le centre-ville est un centre-ville dans lequel le maire fait un boulot extraordinaire avec les commerçants pour essayer de faire en sorte qu'il ne soit plus sinistré. Vous n'avez pas répondu à ma question. Je réponds à votre question.

Je ne vais pas vous donner le chiffre de combien de fonctionnaires a embauché, mais ce que je sais, c'est que dans deux grands services publics, que sont l'école et la santé, il faut recruter. Dans la santé, je l'ai dit, je donne des chiffres. Il nous faut 15 000 médecins par an formés. Il nous faut 25 000 infirmiers et infirmières par an. Dans d'autres services publics, qu'est-ce que je propose comme méthode ? C'est de nous appuyer sur les maires.

Au lieu de faire comme a fait Emmanuel Macron, c'est-à-dire dénigrer, considérer que les maires ne servaient à rien, sauf quand il fallait venir à la rescousse des conflits sur les Gilets jaunes, je propose qu'il y ait dans la décentralisation du pays, dans l'acte de décentralisation que nous devons prendre, un travail entre l'État et les maires pour remettre du service public là où on en a besoin. Mais moi j'adore, l'idée est très sympathique. Non, non, ce n'est pas juste une idée sympathique, c'est une idée pour que le pays aille mieux à Pauline de Malen.

34:01
Présentateur

Mais dans les faits, Anne Hidalgo, vous dites qu'il faut faire confiance aux maires pour embaucher là où il y a vraiment besoin.

34:06
Anne Hidalgo

Non, non, je voudrais prendre un exemple. Il faut que l'État, avec les maires, décide de mettre le paquet sur ces services publics dont on a besoin. Il y a d'autres domaines de services publics. Mais je voudrais prendre un exemple, Anne Hidalgo, qui est un exemple que vous connaissez bien,

34:18
Présentateur

qui est la question de la police municipale. Vous avez évolué là-dessus, vous dites qu'il faut embaucher, sauf qu'au moment où on se parle... Je l'ai créé, c'est pas... J'ai créé une police municipale. Au moment où on se parle, Anne Hidalgo, il manque 1500 policiers municipaux en Ile-de-France, tout simplement parce qu'il n'y a pas d'embauche. Parce que les postes sont à pourvoir et qu'il n'y a personne pour les prendre. Et donc il faut... C'est super, mais s'il n'y a personne, s'il y a une pénurie...

34:42
Anne Hidalgo

Il y aura du monde, si effectivement... Il n'y en a pas aujourd'hui, mais il y en aura demain. Vous savez, je suis en train de créer une police municipale à Paris, donc je connais très très bien ce sujet-là. Si vous avez des emplois qui sont rémunérés, avec de bonnes conditions de travail, avec des possibilités d'évolution de carrière pour les personnes qui y rentrent, elles viennent. Vous savez, les Françaises et les Français, ce qu'ils préfèrent, c'est quand même travailler dans des vrais jobs, avec des vrais perspectives et avec des vrais salaires et avec des conditions de travail respectueuses. Donc là, s'ils ne viennent pas...

Parce que je crois que dans les métiers de la sécurité, on ne va pas parler aujourd'hui des métiers de la sécurité, mais il y a vraiment un effort à faire sur la professionnalisation de ces métiers. Et je pense, puisque vous parlez sécurité, que la police nationale doit assurer, bien sûr, des recrutements adaptés avec un diagnostic précis de où on a besoin de ces recrutements, dans les quartiers et dans les zones rurales, avec notamment la gendarmerie. recrutés mieux, recrutés mieux et augmentés les salaires. Et tout ça, ça crée de la valeur pour notre pays. Vous savez... Ça va commencer par coûter quand même.

35:46
Présentateur

Moi, je veux dire que ça a créé de la valeur,

35:47
Anne Hidalgo

mais d'abord, il va falloir qu'un pays... Oui, ça coûte et ça rapporte. Voilà. Parce que le fait de ne pas avoir, d'avoir des déserts médicaux, d'avoir des territoires entiers sinistrés, où il n'y a plus de services publics, où les gens ne peuvent plus aller se soigner, où les écoles ferment, où il n'y a pas de possibilité pour... Par exemple, puisque la question du grand âge et la question des EHPAD est à nouveau sur la table. Avec ce livre qui a fait l'effet d'une bombe. Où il nous faut mettre en place des services pour accompagner tout cela. Est-ce que vous créerez un vrai...

36:18
Présentateur

Tiens, prenons cet exemple. Est-ce que vous créerez un vrai service public des personnes âgées de la même manière qu'un service public de l'enfance ? Absolument.

36:25
Anne Hidalgo

Et il faut le faire. Et là aussi, je vais vous dire, Emmanuel Macron avait dit le grand projet social du quinquennat, ce sera la grande dépendance, le grand âge. En réalité, il n'y a eu absolument aucun projet social dans ce quinquennat. Et notamment, il ne s'est pas occupé de cela. Et vous voyez comment la situation explose dans les EHPAD. Donc bien sûr qu'il faut un accompagnement. Parce que c'est une très bonne nouvelle qu'on vive plus vieux. Qu'on vive en meilleure santé plus longtemps. C'est une très très bonne nouvelle pour notre pays. Encore faut-il qu'on puisse accompagner les familles, les personnes dans ce grand âge. Ça va passer par quoi ?

Vous allez ouvrir davantage de maisons de retraite ? Vous allez aider ? Ça passe par des lieux, c'est vrai. Ça passe par des lieux pour lorsqu'on ne peut plus rester à domicile. Ça passe par l'accompagnement à domicile avec quoi ? Avec qui ? Avec des personnels qui doivent être formés, qui doivent avoir là aussi de vrais métiers, de vraies perspectives. Mais là encore, on a beaucoup de mal à les trouver.

Oui, mais vous savez, chère Apolline de Malherme, comme par hasard dans notre pays, chaque fois qu'on parle de remettre du service public pour vivre mieux, parce qu'il ne s'agit pas de dépenser pour se faire plaisir de faire une dépense, mais pour vivre mieux sur les grands sujets qui sont les nôtres. L'éducation, la santé, le grand âge, la sécurité. Chaque fois que l'on évoque cela, on nous dit que ça va coûter cher. Essayez, essayez sans service public. C'est en gros ce qui nous arrive depuis quelques temps. Essayez une école dégradée. C'est quand même ce qui nous arrive depuis quelques temps. Essayez un hôpital dégradé. Et ça coûte combien à la société ? Ça coûte beaucoup plus cher.

Par ailleurs, je vous le dis, en termes de comptabilité publique, lorsque vous créez des services publics, c'est aussi de la valeur ajoutée. C'est aussi du PIB en plus. Donc moi, je suis vraiment dans mon approche économique du projet que je porte. Je considère que lorsque on met le travail au cœur de ce projet, avec la rémunération plus juste des travailleurs, on génère aussi de la valeur dans le pays. On n'est pas dans une approche malthusienne. Mais il y a cette question de... Et celles et ceux qui nous expliquent à longueur de journée que le service public coûte cher et que grosso modo, ça ne sert à rien, sont en général ceux qui ont suffisamment de moyens pour s'en passer.

Mais la grande majorité des Français ne peut pas se passer du service public.

38:44
Présentateur

Au moment, Anne Hidalgo, où en effet, le chômage n'a jamais été aussi bas depuis très longtemps, et notamment le chômage des jeunes, vous avez deux approches pour les jeunes. D'abord, vous voulez créer une sorte de cadeau pour les 18 ans. Le jour des 18 ans, tous les jeunes, et alors là, sans condition de recense, retoucheraient 5000 euros. Et à cela, vous ajoutez un revenu d'insertion sous condition de revenu, 850 euros par mois. Au moment où, justement, le chômage des jeunes n'a jamais été aussi faible, est-ce qu'il ne faudrait pas plutôt les aider à trouver du boulot et à aller travailler ?

39:18
Anne Hidalgo

D'abord, pour nos jeunes, il faut les accompagner. Les accompagner dans leur vie d'adultes et les accompagner d'une façon moins violente que ce qu'on connaît aujourd'hui. Qu'est-ce qu'ils trouvent avant d'arriver à 18 ans ? Parcoursup, un algorithme qui va décider de leur vie, qui va les orienter vers des filières pour lesquelles ils n'ont absolument aucun goût et pas, là encore, de rencontre avec des gens, des humains, qui pourraient leur dire « Voilà, quels sont tes goûts ? Comment on peut t'accompagner dans ta vie ? » Parce que vous le savez, comme moi, quand on fait un travail ou qu'on a une mission qu'on aime, en général, on est beaucoup plus heureux que quand on est contraint.

D'accord ? Ça, il n'y a aucun problème. Tout le monde est d'accord. Les accompagner de cette façon-là par l'éducation et par les parcours que l'on ouvre, notamment dans l'enseignement. par une aide aussi, par ce capital que l'on donne à ces jeunes pour qu'ils puissent... Et je leur fais confiance. Je leur fais confiance. À 18 ans, vous pouvez avoir envie d'aller apprendre une langue en faisant... Ils font ce qu'ils veulent avec les 5 000 euros ? Mais bien sûr... Ils n'auront pas besoin de prouver ce qu'ils ont pour eux ? Non, absolument. Vous leur donnez 5 000 euros ? Et je leur fais confiance.

Vous savez, là aussi, c'est très étonnant quand on me dit « Mais quand même, vous vous rendez compte ? Ils vont pouvoir dilapider cet argent n'importe comment. » Quand on a supprimé l'impôt sur la grande fortune, on n'a pas conditionné le fait qu'on supprimait cet impôt sur la grande fortune à l'usage de cet argent pour des choses pour lesquelles on serait d'accord. Donc arrêtons. Arrêtons de nous indigner quand il s'agit de faire confiance aux jeunes ou, je dirais, aux catégories populaires aux classes moyennes et jamais quand il s'agit de faire des cadeaux à ceux qui vont déjà très très bien. Donc oui, je leur fais confiance. Mais par exemple, je finis juste sur les 5 000 euros.

Vous pouvez aussi avoir des jeunes qui vont se regrouper à plusieurs et qui vont décider de créer ensemble une association, de créer ensemble un projet. Et je sais que beaucoup d'entre eux travaillent déjà de cette façon-là, se projettent dans leur vie future de cette façon-là. Donc je leur fais confiance. Et je sais que ce capital-là va leur permettre aussi de déployer leur créativité. et on a besoin de leur créativité et ils ont besoin de notre confiance. 850 euros par mois juste pour finir, ça c'est pour condition de ressources ? 850, ce n'est pas le chiffre que j'ai. Non, c'est pas ça ? Ce sera plus ou moins ? Non, c'est autour de 500 euros. Ah d'accord. Et c'est une aide d'urgence.

Une aide d'urgence parce que nous avons tous vu, nous avons tous vu, y compris pendant cette période de pandémie, que beaucoup de jeunes, notamment des étudiants qui avaient perdu leur petit job, vous voyez quand on perd le petit job, qui n'avaient plus les moyens de pouvoir se nourrir, on les a retrouvés et nous les maires, on a organisé avec les associations étudiantes cette aide alimentaire pour tous ces jeunes qui continue encore aujourd'hui cette aide alimentaire. Eh bien, il faut bien sûr une aide d'urgence pour qu'aucun jeune ne soit dans une situation de précarité telle qu'il ne puisse même pas se nourrir. Même pas se nourrir.

Mais bien sûr, dans le projet que je porte, l'idée c'est de donner à ces jeunes la possibilité de suivre la filière qu'ils veulent. Par exemple, et je reprends aussi cette proposition, je propose qu'après le bac, toutes les formations du supérieur puissent être faites notamment dans le cadre de l'alternance. Parce que dans le cadre de l'alternance...

42:31
Présentateur

Vous commencez à travailler tout en étudiant.

42:33
Anne Hidalgo

Oui, mais dans un cadre de parcours et de diplôme où le temps que vous passez à travailler vaut pour votre diplôme et ce temps-là est un temps dans lequel vous avez un statut, une rémunération, vous êtes respecté. Ce n'est pas un job que vous faites à côté pour essayer de payer vos études. c'est quelque chose qui vous permet aussi d'obtenir votre diplôme et je pense que c'est du gagnant-gagnant pour tout le monde. Pour les jeunes, évidemment, parce qu'ils ont besoin aussi de ce rapport aux adultes, de ce rapport au monde du travail. Pour les entreprises, parce que c'est très important pour les entreprises de pouvoir aussi bénéficier de ce regard des jeunes sur le monde qui vient. Comment ?

Ils ne se projettent pas du tout comme votre génération ou encore la mienne. C'est très important d'établir ce lien et d'avoir ce temps-là. Et puis, ça peut permettre aussi dans certaines entreprises de remettre ce tutorat. C'est-à-dire, puisque dans mon projet notamment sur... C'est quoi ? C'est l'idée d'un mentor ? Voilà. Notamment dans mon projet sur les retraites et notamment sur le financement des retraites, je dis qu'il nous faut aider aussi les seniors à pouvoir rester dans l'entreprise. Les 55-62 ans qui aujourd'hui sont quand même à un taux d'emploi très très faible.

Eh bien, ces seniors-là, ils ont des savoir-faire, ils ont des compétences, ils ont envie de transmettre leur savoir-faire et leurs compétences et ce serait aussi une façon très judicieuse de pouvoir les impliquer dans l'accompagnement des jeunes vers leur formation de supérieur. On poursuit évidemment

43:58
Présentateur

cette interview présidentielle sauf qu'il y a quand même aussi une réalité en tant que maire aussi qui vous rattrape aujourd'hui. C'est la question du krach. Les consommateurs de drogue qui continuent donc à zoner dans le nord de Paris. Le krach, on a l'impression un peu un éternel recommencement mais c'est assez simple. en tant que ça dure. C'est assez symptomatique quand même. Alors le préfet de Paris a annoncé hier que les toxicomanes seraient déplacés dans le 12e arrondissement sur d'anciens rails de la SNCF et vous refusez. Alors, moi je veux bien mais j'aimerais bien savoir

44:25
Anne Hidalgo

ce que vous proposez. Alors ce que nous refusons parce que nous sommes très nombreux à le refuser et hier il y avait une conférence de presse autour d'Emmanuel Grégoire avec aussi le maire de Charenton qui est votre premier adjoint. Non, non, le maire LR de Charenton Emmanuel Grégoire pardon, mon premier adjoint qui se sont élevés comme moi par rapport à cette méthode. Je l'ai dit au préfet de Paris. Mais moi je veux bien Non, non, je continue. Qu'est-ce que vous vous proposez ? Je vais vous dire ce que je propose. D'abord la politique qui consiste à déplacer... Vous n'êtes pas maire de Paris depuis hier ? Oui, et ça fait 30 ans en effet que le krach est un sujet sur le nord-est parisien.

Donc je dis et je redis au ministre de l'Intérieur et au préfet de police je ne suis pas d'accord. Nous ne sommes pas d'accord. Ce n'est pas juste moi, Anne Hidalgo. Les habitants, les élus de tous bords, les élus de la Seine-Saint-Denis nous ne sommes pas d'accord avec cette idée qu'on déplace le problème sans pour autant s'en occuper. Sans s'en occuper, ça veut dire quoi ? Le préfet de police déplace le problème, ne met en place aucune sécurité pour les riverains et c'est très compliqué pour les riverains de vivre sur des territoires où il y a finalement une zone de non-droit. C'est le cas aujourd'hui. C'est le cas aujourd'hui. Mais est-ce que vous trouvez juste qu'on vous dise...

Parce que c'est quand même ce que m'a dit le préfet de police. Il m'a dit écoutez, de trois mois en trois mois on va changer d'endroit. Vous trouvez ça juste ? Mais vous à Hidalgo, vous avez dépensé depuis 2019 25 millions d'euros. Absolument. Pour quel résumé ? Avec l'État puisque ce n'est pas ma compétence d'ailleurs. Il y a un plan crac sur lequel on travaille. Mais demain l'État, c'est vous si vous êtes présidente. Ça sera moi et je ne traiterai pas du tout de la même façon. Et la deuxième chose... Comment vous traiteriez ? Ce que je vous dis, c'est d'abord pas en déplaçant le problème. On peut dire quand même comment on ne traite pas. Vous dites comment vous feriez pas.

Pas en déplaçant le problème. Et le préfet de police et le ministre de l'Intérieur veulent déplacer le problème. Je ne suis pas d'accord. Et comment on traite ce problème majeur ? On le traite en créant aussi des lieux pour les personnes toxicomanes qui sont des personnes qu'il faut traiter à l'hôpital. Ce qu'on appelle les salles de shoot. Non, à l'hôpital. Vous l'appelez comme vous. Enfin, salles de shoot. Eh bien non. Et non et non. Ce n'est pas cela. Parce qu'on est sur le sujet du krach. On n'est pas sur le sujet de l'héroïne. Et quand on connaît bien les sujets d'addiction, ça s'appelle la réduction des risques. La réduction des risques, c'est quoi ?

C'est les personnes qui sont toxicomanes. Elles vont dans un hôpital. Elles sont suivies par des structures, par des personnels. Il faut des psychiatres. Il faut des personnels qui accompagnent dans une politique de réduction des risques. Ça s'appelle comme ça. C'est ce que pratiquent nos voisins quand ils essayent de sortir de situations comme celles qu'on connaît depuis 30 ans et sur lesquelles ce gouvernement en particulier ferme les yeux et laisse quoi ?

Laisse des riverains, des maires, des élus et des personnes en situation de danger pour elles-mêmes parce que les toxicomanes sont aussi en situation de danger pour eux-mêmes, les laissent errer dans des zones de non-droit et en montrant quoi ? Que les pouvoirs publics seraient impuissants. Avec moi, présidente, les pouvoirs publics ne seraient pas impuissants.

Je ne réglerai pas le sujet de cette façon-là et je mènerai une véritable politique de réduction des risques et une politique de sécurité dans les quartiers où ces trafics ont lieu parce que vous savez ce qui est vraiment ce qui m'indigne et m'insupporte, c'est que quand on m'a expliqué et je suis allée sur place, quand on m'a expliqué qu'il fallait laisser et tous les trois mois changer de lieu et que j'ai dit aux ministres de l'Intérieur et aux préfets de police vous vous rendez compte que vous êtes en train de laisser là des dealers parce qu'ils ont leur stand, leur stand de boulettes de crack sous les yeux de tout le monde et que personne ne vient les interpeller et vous croyez que moi je vais endosser la responsabilité qui est la leur parce qu'ils n'assument pas la responsabilité qui est la leur en agissant ni sur la sécurité ni sur la réduction des risques, et bien non.

Et il y a un moment où cette chose-là finit par se voir. Ils ont essayé d'instrumentaliser ce dossier contre moi, ils ont essayé de me rendre responsable de cette situation et qu'est-ce qu'ils font ? Ils se retrouvent avec tout le monde contre eux aujourd'hui parce que personne n'accepte cette façon indigne et d'ailleurs je vais vous dire nous allons saisir la Cour européenne des droits de l'homme. Vous au nom de la mairie de Paris ? Au nom de la mairie de Paris parce qu'il y a deux sujets.

Il y a d'abord un sujet de non prise en compte de la sécurité des riverains et des personnes qui habitent à proximité de ces lieux de deal et de consommation et deuxièmement il y a une situation indigne qui n'a plus rien à voir avec le respect des droits humains sur le traitement de ces personnes toxicomanes. Anne Hidalgo,

48:48
Présentateur

je voudrais qu'on finisse quand même sur une archive. C'était il y a dix ans quasiment jour pour jour la campagne de François Hollande un meeting au Bourget.

49:00
Invité

Mon véritable adversaire, il n'a pas de nom pas de visage pas de parti il ne présentera jamais sa candidature il ne sera donc pas élu et pourtant il gouverne cet adversaire c'est le monde de la finance.

49:29
Présentateur

Ça c'était la campagne de François Hollande dix ans jour pour jour même département votre meeting.

49:38
Anne Hidalgo

Chaque échéance on m'a donné battu exclu illégitime renvoyé à l'opposition à tous ces prophètes de malheur je leur dis mais dans vos rêves

49:55
Présentateur

on n'est pas tout à fait dans la même tonalité il y avait quand même nettement moins de monde qu'est-ce qui s'est passé ? Oui on est sous Covid on est sous Covid non mais on ne veut pas dire un coup

50:02
Anne Hidalgo

la campagne n'a pas commencé un coup c'est à cause du Covid écoutez d'abord il y a une situation politique d'explosion politique en 2017 avec la gauche qui s'effondre avec François Hollande qui n'est pas candidat pour défendre son bilan et sa réélection avec une gauche qui s'est émiettée qui s'est divisée une droite qui était aussi très mal en point qui se reconstruit un peu plus rapidement que nous peut-être donc il y a cette situation politique et je la vois avec lucidité qui s'est passé aussi dans d'autres pays européens mais ils sont où

50:39
Présentateur

par exemple vous avez vu dans ces images on voit le premier rang du meeting de François Hollande ils sont où ceux qu'on appelait les éléphants il n'y a plus grand monde pour vous soutenir

50:47
Anne Hidalgo

je ne vous laisse pas dire ça parce que vous savez d'abord j'arrive dans un moment souvent les femmes arrivent dans des moments qui sont des moments difficiles pour relever le flambeau j'arrive dans un moment où moi je suis en situation de pouvoir parler et rassembler ce que je rassemble c'est rassembler encore plus une petite lune toute une nouvelle génération toute une nouvelle génération de maires d'élus cette équipe de France des maires qui a prouvé dans les élections locales qu'ils étaient là qu'ils avaient conquis la confiance de nos concitoyens et qu'ils avaient même réussi à élargir leur majorité et puis j'ai avec moi j'ai avec moi des personnalités des anciens ministres je suis très heureuse d'avoir deux belles personnalités qui sont à mes côtés dans cette campagne qui m'inspirent et qui participent à cette campagne au quotidien Martine Aubry et Bernard Cazeneuve mais beaucoup d'autres aussi beaucoup d'autres aussi est-ce qu'il y a des moments où vous êtes découragée ?

j'ai du mal à me décourager parce que ma vie je l'ai choisie vous savez je ne suis pas à plaindre je pense qu'on est là non pas pour se plaindre et parler de nous mais pour essayer d'apporter aux françaises et aux français ce qu'ils attendent du politique je crois dans la politique je pense qu'on ne peut pas se passer de politique notre pays et ce gouvernement d'Emmanuel Macron a beaucoup dépolitisé ces dernières années et je pense qu'on a besoin de la politique mais qu'il faut lui redonner des lettres de noblesse il faut dire aux françaises et aux françaises ce que l'on a compris de la distance qu'ils ont pu prendre avec nous et puis il faut construire bâtir c'est ce que je fais pour aujourd'hui et sans doute pour demain et les français désormais

52:24
Présentateur

ils pourront juger puisqu'effectivement il y aura ces élections merci à Nidalgo d'avoir pris le temps pour cette interview à XXL à Nidalgo sur BFM TV et RMC il est 9h25

52:33
Invité

merci