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interviewFrance Inter — L'invité de 8h20· 16 juillet 2024 20 min

Candidature de Tubiana : "au nom de quoi la parole" de LFI "s'impose à tous les autres ?", dit Olivier Faure

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Présentateur

Bonjour Olivier Faure. Bonjour Céline Asselot. Merci d'avoir accepté notre invitation ce matin sur France Inter. Vous êtes le premier secrétaire du Parti Socialiste. Alors qui à Matignon ? C'est la question. L'ancidante qui se pose maintenant depuis un peu plus d'une semaine et des négociations qui semblent mener le nouveau Front Populaire au bord de la rupture. Vous allez nous dire si c'est effectivement le cas. Et je rappelle d'ailleurs aux auditeurs et aux auditrices qui voudraient vous interroger que leurs questions sont les bienvenues. 01 45 24 7000.

Alors hier soir Olivier Faure dans un communiqué vous avait indiqué avoir soumis une proposition de candidature commune soutenue par les communistes et par les écologistes. à leur communiquer qu'ils ne donnaient pas de nom. Mais ce nom a été rapidement révélé par la presse. Est-ce que vous nous confirmez que c'est bien Laurence Tubiana qui vous apparaît aujourd'hui comme la solution pour sortir de l'impasse ?

0:51
Olivier Faure

Je vous le confirme.

0:54
Présentateur

Pourquoi elle ?

0:55
Olivier Faure

Pourquoi elle ? Parce que d'abord j'imagine que vous la connaissez. Elle est celle qui a été l'architecte de la COP21. Elle a été ensuite missionnée pour être celle qui a présidé aux travaux de la commission, de la convention pour le climat. Elle est connue pour être une économiste, une diplomate engagée à la fois sur le terrain écologique et sur le terrain social.

Elle est aussi de ceux qui ont lancé cette initiative Taxes Rich avec Paul Magnette, avec Aurore Laluc pour faire en sorte que à l'échelon européen, nous puissions retrouver des marges de manœuvre pour financer la transition écologique, pour financer aussi la lutte contre les inégalités, pour financer nos services publics en faisant en sorte que les plus gros patrimoines, que les plus grandes fortunes, que les grandes entreprises, que les super profits soient aujourd'hui taxées pour permettre donc de retrouver des marges de manœuvre. Et donc elle correspond complètement à ce que nous portons depuis longtemps et depuis cette campagne singulièrement.

Donc faire en sorte d'arriver à avoir une république qui soit sociale et écologique.

2:03
Présentateur

Vous lui en aviez parlé, elle était partante.

2:05
Olivier Faure

Mais on n'aurait jamais livré son nom sans lui en avoir parlé, sans avoir vérifié qu'elle était prête à accepter cette mission, qui n'est pas une mission simple et qui n'est pas forcément un cadeau. Aujourd'hui, qui a envie d'aller à Matignon dans un pays qui est totalement fracturé, dont on connaît les difficultés ? Et donc il faut quelqu'un qui ait de l'engagement, qui ait envie, qui sache aussi ce qu'est l'État, qui ait déjà une expérience qui permette de dire qu'elle est en mesure de gouverner ce qui est le cas. Et ce sont les qualités que réunit à l'évidence Laurence Tubiana.

2:41
Présentateur

Alors vous avez forcément vu, Olivier Faure, que cette proposition ne fait pas sauter de joint les élus de la France insoumise. Dès hier soir, il y avait des premières réactions, lui reprochant notamment d'être trop Macron-compatible. Et puis il y a quelques minutes, Manuel Bompard qui dit que ce n'est pas une proposition sérieuse. Qu'en dites-vous ?

3:00
Olivier Faure

Moi je crois que c'est au contraire très sérieux. Maintenant qu'il y a un débat, c'est pas complètement fou. Et je comprends que les insoumis puissent avoir envie éventuellement de l'entendre. Ça n'est pas pour moi un obstacle à sa candidature. Je crois qu'au contraire, il faut cheminer, avancer, faire en sorte d'être à la hauteur de ce que les Français ont demandé. Puisqu'ils ont souhaité que nous gouvernions, nous sommes en tête de l'élection législative. Nous avons repoussé la perspective de l'extrême droite et donc maintenant il nous faut gouverner.

3:34
Présentateur

Est-ce que vous y croyez encore ? A la proposition de Laurence Tubiana, je précise, est-ce que ce n'est pas morné justement parce que les réactions des insoumis sont immédiates et ferment la porte ?

3:45
Olivier Faure

Mais je crois qu'ils ont essayé de poser ce qui ressemble à un refus. Mais nous sommes dans une discussion et dans cette discussion, il faut évidemment aller jusqu'au bout de la discussion. Je ne vois pas au nom de quoi il faudrait considérer que quand il y a trois formations politiques sur quatre, et en réalité une majorité de parlementaires du Front Populaire qui sont prêts à accepter cette candidature, je ne vois pas en quoi il faudrait considérer que la parole d'un seul s'impose à tous les autres. Moi je n'ai jamais imposé la parole des socialistes face à tous les autres. J'ai toujours considéré que quand il y avait un fait majoritaire qui s'exprimait, il fallait en tenir compte.

Donc voilà, il faut que maintenant on réfléchisse, qu'on se parle et qu'on reprenne la discussion dès aujourd'hui parce que nous ne pouvons pas attendre. Il y a une forme d'attente justement dans l'opinion publique. Les gens se disent mais est-ce qu'ils sont prêts à gouverner ? Nous sommes prêts à gouverner, nous sommes prêts à avancer, nous sommes prêts à mettre en œuvre ce programme du Front Populaire parce qu'il est aujourd'hui la seule façon de réparer un pays qui est un pays déchiré. Et donc il faut pour cela avancer, mettre le président de la République devant sa responsabilité puisqu'il joue de cette attente.

Il est celui qui fait semblant de ne pas voir qu'il y a aujourd'hui une évidence. Il y a une coalition qui est arrivée en tête et il doit maintenant l'appeler à Matignon.

5:11
Présentateur

Vous dites qu'il faut avancer Olivier Faure, sauf que le premier pas, on voit bien que vous avez du mal à le franchir. Pour revenir sur la proposition que vous avez faite de Laurence Tubiana, vous ne pouviez pas ignorer que ça allait crisper une partie de la France Insoumise qui avait déjà dit qu'on ne veut pas être quelqu'un de la société civile parce que ce n'est pas une garantie suffisante que le programme, notamment économique, du nouveau Front Populaire sera bien appliqué. On a vu que son nom avait circulé comme une potentielle première ministre d'Emmanuel Macron.

Il y a quelques années, vous saviez que ça, ça n'allait pas faire l'unanimité, en tout cas pas immédiatement, au sein de la France Insoumise ?

5:47
Olivier Faure

Mais je ne savais rien du tout et je pense au contraire que ce que vous dites là, qu'elle ait été un moment sollicité par Emmanuel Macron, qu'il ait cherché à la débaucher. C'est une réalité. Est-ce qu'elle a accepté ? La réponse est non. Ça prouve quoi ? Ça prouve au contraire que c'est quelqu'un qui a des convictions solides, qu'elle n'a jamais transigé avec ses convictions et qu'elle a, au contraire, cherché à dire que son camp, c'était la gauche. Elle a toujours été de ce camp-là.

Elle n'a jamais dévié et je ne vois pas au nom de quoi il faudrait disqualifier des gens qui ont précisément renoncé à une prise de pouvoir qui leur aurait été facile à un moment où Emmanuel Macron était encore majoritaire et largement majoritaire. Donc c'est la démonstration, au contraire, de sa capacité à tenir tête et à faire en sorte de ne jamais céder sur ses convictions et de faire en sorte d'avancer, au contraire, sur ce qu'elle croit juste, sur ce qu'elle croit utile pour le pays.

6:43
Présentateur

Alors elle a signé une tribune il y a quelques jours appelant le nouveau Front Populaire à « je cite tendre la main aux autres acteurs du Front Républicain ». Ça veut dire que vous choisissez quelqu'un qui est prêt à faire coalition avec d'autres partis, y compris avec le camp présidentiel ?

6:56
Olivier Faure

Ça veut dire que dans une situation où nous sommes arrivés en tête, mais où nous avons une majorité relative, trop relative, et nous n'avons évidemment pas de majorité absolue, ça veut dire tout simplement que quand nous serons devant le Parlement, nous présenterons le programme du Front Populaire, c'est pour cette raison-là que nous avons été élus, mais il faudra bien à un moment discuter avec le Parlement. Et c'est le Parlement qui dispose, puisque le pouvoir, évidemment, on croit toujours que c'est le pouvoir exécutif, mais la réalité, c'est que quand il n'y a pas de majorité claire à l'Assemblée, il faut discuter.

7:34
Présentateur

Donc ça veut dire que vous pensez déjà à l'après, c'est-à-dire qu'il faut déjà convaincre au sein du nouveau Front Populaire, mais au-delà aussi. Et Laurence Tubiana, elle pourrait vous aider à bâtir justement cette majorité.

7:43
Olivier Faure

Qu'avons-nous reproché à Emmanuel Macron ? Deux choses. La première, c'est d'avoir été élu grâce aux voix de la gauche pour faire face à l'extrême droite lors de l'élection présidentielle, et le président n'en a jamais tenu compte. Ensuite, il a gouverné avec une majorité relative, en procédant uniquement par coup de force successif, avec le 49-3. Alors, est-ce que nous voulons reproduire ce qu'Emmanuel Macron a lui-même réalisé pendant deux ans ?

Oublier ceux qui avaient voté pour lui, non pas par adhésion, mais simplement pour faire barrage à l'extrême droite, et procéder uniquement grâce aux outils de ce qu'on appelle parfois le parlementarisme rationalisé, donc ces outils, 49-3, ordonnance, tout ce qui permet de défier l'idéal démocratique. Eh bien moi, je crois au contraire que nous devons faire en sorte de faire marcher le Parlement. Nous sommes toutes et tous partisans d'une évolution de la Ve République, qu'on considère comme trop présidentielle. Et donc, on va même jusqu'à évoquer une VIème République.

Eh bien, cette VIème République, il faut la mettre en œuvre maintenant, en montrant que le fonctionnement normal d'une démocratie, c'est de respecter son Parlement, de faire en sorte que le débat puisse être nourri au Parlement, et qu'il puisse y avoir des majorités d'idées qui se dégagent au fur et à mesure. Il faudra demander au Parlement de prendre ses responsabilités. Et donc, quelle sera la charge d'une Première Ministre ?

Ce sera de partir avec ce que nous portons Front Populaire, de chercher à convaincre une majorité, et ensuite, de faire en sorte de trouver les compromis éventuels qui permettent d'avancer le plus loin possible pour permettre aux Françaises et aux Français, non pas d'avoir un gouvernement qui durerait trois semaines, mais d'avoir un gouvernement qui gouverne dans la durée, et qui permettent de grandes avancées pour permettre aux gens de vivre mieux.

9:26
Présentateur

Mais est-ce que ce n'est pas la fin du nouveau Front Populaire, tout simplement, qui est acté aujourd'hui ?

9:30
Olivier Faure

Mais pourquoi, vous voyez, moi je n'y vois pas, au contraire, j'y vois, non pas un crépuscule, mais une aube. J'y vois la possibilité, enfin, de mettre en œuvre nos propositions. La candidature de Laurence Liana, elle est irrécusable. Personne ne peut dire... Il est récusé, en l'occurrence. Non, je parle du chef de l'État. On ne peut pas, le chef de l'État ne peut pas dire c'est farfelu, c'est n'importe quoi, il est obligé de considérer cette candidature avec attention. Bien sûr que, constitutionnellement, il a le pouvoir de refuser qui il veut, et il peut encore jouer.

Et je vois bien qu'il cherchera à jouer aussi longtemps qu'il est possible parce qu'il a un mépris profond pour ce qui s'est passé le 7 juillet et qu'il a un mépris profond pour le choix des Français. Mais nous ne pouvons pas l'aider dans cette façon de considérer les Français.

10:15
Présentateur

Mais je vous repose la question, si vous maintenez la proposition de Laurence Tubiana qui est soutenue par trois des quatre formations du nouveau Front Populaire, que vous dites, voilà, cela ne peut pas être refusé par Emmanuel Macron, est-ce que vous n'actez pas là la fin du nouveau Front Populaire qui englobe aujourd'hui, jusqu'à quand, on ne sait pas, mais la France Insoumise ?

10:35
Olivier Faure

Mais moi, j'ai toujours plaidé, depuis que je suis premier secrétaire, depuis six ans, j'ai toujours plaidé pour le rassemblement de toute la gauche et les écologistes. Je n'ai jamais adhéré à la thèse des gauches irréconciliables. J'ai toujours considéré que tout le monde devait avancer d'un même pas et que nous avions là un effort à produire les uns et les autres parce qu'évidemment, nous sommes différents, autrement, nous serions dans le même parti. Mais aujourd'hui, nous avons une opportunité. Une opportunité qui n'est pas une opportunité très large. Nous n'avons pas une majorité absolue.

Donc, nous devons forcément, d'abord, composer entre nous, mais faire aussi en sorte d'avancer dans des conditions qui ne sont pas les meilleures. Mais qu'est-ce qu'on cherche ? Est-ce qu'on veut simplement dire, eh bien, écoutez, on est maximaliste et on a tenu deux jours parce qu'on a été censuré au bout de deux jours ? Ou est-ce qu'on veut être, au contraire, en mesure de dire, nous gouvernons et tout ce que nous pourrons rapporter aux Français, nous le rapporterons. Sur les salaires, sur le climat, sur la démocratie, sur les services publics, sur la liberté de la presse, sur tous ces sujets-là, nous pouvons avancer et donc nous devons avancer.

11:38
Présentateur

Quand vous faites une proposition en disant, voilà, on a un nom, une proposition commune, vous vous adressez davantage à Emmanuel Macron qu'à vos partenaires insoumis, finalement.

11:46
Olivier Faure

Mais nous nous adressons aux Françaises et aux Français. C'est eux qui nous ont missionnés. C'est eux qui ont besoin de savoir que c'est possible. C'est eux qui ont besoin de comprendre que nous avons là une solution qui permet de changer leur vie. C'est ça, le sujet. Pour moi, c'est le seul sujet que sommes-nous. D'abord, le Front populaire, ça n'est pas uniquement un carteron de parti. Ça n'est pas vrai. Le Front populaire depuis le départ, c'est à la fois des partis politiques, mais c'est aussi la société civile organisée.

Ce sont des syndicats qui se sont mobilisés, ce sont des associations, ce sont des personnalités, des intellectuels, des économistes qui nous ont accompagnés et qui ont fait le choix de dire il y a une possibilité pour la gauche de gouverner, il faut chercher à l'accompagner et lui permettre un devenir. C'est ce qui se passe aujourd'hui et c'est la raison pour laquelle j'appuie ce matin effectivement la candidature de Laurence Tubiana.

12:34
Présentateur

On va aller au standard où nous attend Mickaël. Bonjour Mickaël. Oui, bonjour. Et bienvenue, vous nous appelez de Lyon. Olivier Faure écoute votre question.

12:42
Auditeur

Bonjour M. Faure. Bonjour Nicaël. En fait, j'avais deux questions à vous poser qui vont l'une avec l'autre. En fait, j'ai pensé pendant très longtemps et vous m'en avez également convaincu que les idées étaient plus importantes que les personnes et je constate que vous avez réussi à construire un programme en l'espace de quelques jours et que depuis, vous ne parvenez pas à trouver la personne pour porter ses idées. Donc ma première question est de savoir si finalement en fait les personnes sont plus importantes que les idées. Moi, j'avais le sentiment que c'était l'inverse.

Puis la deuxième question est simplement de savoir est-ce que vous avez conscience que pour les électeurs de gauche que je suis notamment, vous envoyez une image déplorable depuis plusieurs semaines en bataillant et en vous déchirant sur la nomination d'une personne.

13:20
Présentateur

Merci pour cette double question, Mickaël.

13:21
Olivier Faure

Merci Mickaël. Je vais répondre très simplement. Je suis d'accord avec vous. Les idées importent plus que les personnes et j'en donne une démonstration simple et je l'ai dit la semaine dernière et j'étais candidat à cette fonction. J'aurais pu marque-bouter et dire qu'après tout, le Parti Socialiste a gagné à gauche au moins les élections européennes, qu'il a le parti qui a le plus progressé dans l'élection législative. Nous avons un nombre de parlementaires qui a progressé de 110%. Donc je pourrais légitimement revendiquer et dire ça ne peut être un socialiste et ça ne peut être qu'un socialiste. Je fais l'inverse.

D'abord, pendant la semaine passée, j'avais proposé d'autres noms que le mien mais puisque je vois que ça n'avance pas, je cherche évidemment à faire en sorte qu'il y ait maintenant une personnalité qui peut mettre tout le monde d'accord qui n'est ni socialiste ni écologiste ni communiste ni insoumise qui est une personnalité qui a toujours eu un engagement à gauche mais qui n'appartient à aucun parti politique. Et sur une autre partie

14:20
Présentateur

de la question de notre auditeur qui était la partie moins agréable mais sur cette image déplorable a-t-il dit que donnent effectivement ces tractations qui semblent durer dont on ne voit pas l'issue qu'en pensez-vous ?

14:32
Olivier Faure

Alors je conçois que l'image ne soit pas la meilleure après là où il faut relativiser les choses c'est que dans tous les pays européens où il existe des coalitions le choix d'un premier ou d'une première ministre même y compris le choix d'un projet ça peut prendre quelques semaines ça peut prendre quelques mois ça peut même prendre un an chez nos voisins belges et même chez nos voisins allemands qu'on cite toujours en exemple ça prend des mois entiers donc qu'il y ait à un moment une discussion moi je préfère qu'on prenne le temps avant le démarrage plutôt que de constater une panne au bout d'une semaine deux semaines ou trois semaines donc l'enjeu est tellement important qu'il n'est pas inutile à un moment qu'on se parle et parfois qu'on s'engueule ça fait partie de la vie ça fait partie des difficultés mais il vaut mieux s'engoler avant qu'après pendant que le gouvernement gouverne

15:21
Présentateur

Sylvie nous attend au standard bonjour Sylvie oui bonjour je vous laisse poser votre question j'aurais voulu poser donc une question certains électeurs ont déploré que dès la période des législatives certains ont voulu faire des quasi élections exécutives on en était déjà à élire ce qu'on appelait un chef du gouvernement je me demande si en réalité dans cette idée que l'exécutif est un exécutif la gauche ne pourrait pas s'engager dans la définition approximative au moins d'une équipe gouvernementale c'est à dire on peut discuter de l'élection de l'exécutif c'est un problème constitutionnel mais dans la mesure où il s'agirait d'une équipe avec des directions des orientations qui pourraient être incarnées par plusieurs types de responsables de ministères est-ce que ce serait pas plus facile à ce moment-là le chef serait ce qu'il serait mais il y aurait en échange d'autres fonctions occupées par d'autres voilà non plutôt qu'un seul merci Sylvie pour votre question

16:20
Olivier Faure

Sylvie merci vous êtes la sagesse même la réalité c'est que oui bien sûr que dans un gouvernement il y aura des socialistes des insoumis des écologistes des communistes et aussi des personnalités issues de la société civile organisée et faire en sorte que nous représentions cette diversité et il ne s'agit pas de confier à un ou une Jupiter avoir quelqu'un qui dirige le pays seul de toute façon celui ou celle qui aura les commandes de Matignon devra aussi composer avec un parlement dans lequel nous ne sommes pas majoritaires absolus donc l'évidence c'est que et moi je plaide pour cela je plaide pour qu'il y ait la diversité du Front populaire Est-ce qu'on ne peut pas le dire tout de suite ?

Est-ce qu'on ne peut pas

17:01
Présentateur

la montrer tout de suite cette diversité en disant voilà certes pour Matignon on propose un tel ou une telle mais il y aura aussi telle ou telle composante est-ce que ça ne peut pas

17:08
Olivier Faure

aussi atténuer certaines craintes ?

Il y aura toutes les composantes du Front populaire et aucune ne sera oubliée et il y aura des fonctions il ne s'agit pas de dire que certains occuperont des fonctions qui seraient des fonctions régaliennes ou des fonctions symboliquement importantes et d'autres seraient renvoyées au secrétariat d'Etat non il y aura un partage équitable en fonction de ce que chacun représente et en fonction des apports aussi y compris personnels que chacun peut mettre sur la table parce qu'il y a des gens qui sont plus ou moins connus pour leurs compétences sur tel ou tel sujet mais je souhaite évidemment que nous soyons tous représentés et je ne revendique pour nous-mêmes socialistes absolument pas aucune prééminence je souhaite que tout le monde soit là et que nous puissions former une équipe une belle équipe qui donne envie aux françaises et aux français de croire que c'est possible que le changement effectivement nous allons le réussir parce que c'est une obligation que nous avons nous avons obtenu avec l'élection du 7 juillet non pas une victoire mais un répit et peut-être même simplement un sursis si nous ne réussissons pas alors la seule alternative qui sera donnée au pays ce sera l'extrême droite et cette responsabilité je ne veux pas la prendre je veux au contraire que nous puissions montrer que nous pouvons maintenant changer la vie des françaises et des français

18:26
Présentateur

il y a un autre nom qui doit sortir du chapeau très rapidement c'est celui du nouveau président ou de la nouvelle présidente de l'Assemblée nationale et là c'est urgent puisque le vote c'est après-demain vous vous êtes mis d'accord hier soir sur l'idée d'une candidature unique du nouveau Front Populaire est-ce que la personne est trouvée ?

18:42
Olivier Faure

c'est une discussion qui a lieu entre les différents présidents de groupe donc c'est pour les socialistes Boris Vallaud c'est Mathilde Panot pour les insoumis c'est André Chassaigne pour les communistes et c'est Cyril Châtelain pour les écologistes et donc ils vont se retrouver à nouveau aujourd'hui et ils vont décider d'un nom mais ça ne pose pour nous aucune difficulté

19:03
Présentateur

donc ça sera l'un de ces quatre-là le candidat du nouveau Front Populaire

19:06
Olivier Faure

à l'un de ces quatre-là ou en tout cas l'un de ces quatre-là se mettront d'accord sur un nom et il n'y a pas de revendication marquée des uns ou des autres nous sommes tous d'accord pour dire que s'il y a un nom qui se détache et qui permet d'aller chercher le plus haut nombre de voix ce sera le bon et nous n'avons pas marqué il n'y a pas de point dur en réalité là-dessus nous sommes tous d'accord

19:28
Présentateur

mais est-ce que c'est un jeu à plusieurs bandes ? voilà on lâche sur Matignon ou sur tel ou tel poste ministériel pour mieux obtenir le perchoir est-ce que tout ça fait partie d'une seule et même négociation finalement ?

19:38
Olivier Faure

je crois que ce sont deux objets distincts la réalité c'est qu'il y a d'un côté un gouvernement à mettre en place et de l'autre il y a quelqu'un à mettre comme vous dites au perchoir qui présidera aux travaux de l'Assemblée mais c'est pas tout à fait la même histoire voilà donc je crois simplement que nous avons besoin maintenant d'incarner ensemble une forme de sérénité de stabilité de montrer que nous sommes en mesure désormais de gouverner et je crois que c'est le plus beau cadeau que nous puissions faire à celles et ceux qui nous ont fait confiance et qui ont besoin de croire que le changement est possible

20:14
Présentateur

bon l'histoire n'est pas terminée on l'a en tout cas compris avec vous merci Olivier Faure merci à vous secrétaire du parti socialiste invité ce matin du grand entretien de France Inter merci à vous