Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
InterviewC à vous (sur YouTube)· 16 novembre 2022 6 minComplaisantActualité / polémiqueDéfenseEurope & internationalInstitutions & élections

La guerre en Ukraine s’invite au G20 - Jean-Louis Bourlanges - C à Vous - 16/11/2022

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 10 %Défensif 60 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 90 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:00OuverteRéponse directe

    Jean-Louis Bourlange, est-ce que le monde s'est affolé un peu vite cette nuit quand a été découverte la frappe de ce missile en Pologne ?

  • 0:03OuverteRéponse partielle

    Quand a été découverte la frappe de ce missile en Pologne ?

  • 1:35ComplaisanteRéponse directe

    Non, ce qui impressionne, c'est simplement que les mécanismes d'alliance se mettent en place.

  • 2:49OuverteRéponse directe

    Et plus la guerre dure, plus ce genre d'incident risque de se généraliser, Jean-Luc Boulange ?

  • 5:07OuverteRéponse directe

    Cet air de missile, c'est aussi un avertissement, justement, aux membres du G20, comme le pense le président ukrainien ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:08Invité politiqueFait
    « Évidemment, on s'est affolé un peu vite, mais c'est normal. »
  • 0:28Invité politiqueFait
    « Les Russes, selon une formule célèbre, ne font la guerre actuellement qu'aux civils. »
  • 0:49Invité politiqueFait
    « Il avait dit, au bout du compte, c'est quand même une responsabilité russe. »
  • 3:00Invité politiqueFait
    « Je suis convaincu depuis longtemps que les Russes considèrent que ce qu'ils ont fait jusqu'à présent à l'Ukraine, c'est une guerre extrêmement douce. »
  • 5:55Invité politiqueFait
    « les choses ont profondément changé, qu'un certain nombre de puissances, et d'abord la Chine, mesure les conséquences collatérales énormes sur l'ordre économique »

Temps de parole

  • Jean-Louis Bourlanges81 %
  • Locuteur non identifié9 %
  • Présentateur7 %
  • Présentateur 22 %

0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Jean-Louis Bourlange, est-ce que le monde s'est affolé un peu vite cette nuit quand a été découverte la frappe de ce missile en Pologne ?

0:08
Jean-Louis Bourlanges

Évidemment, on s'est affolé un peu vite, mais c'est normal. On a une affaire comme ça, les médias s'y mettent, tout le monde est inquiet. On ne sait pas ce que c'est, on ne sait pas d'où ça vient. Donc il y a une espèce d'emballement qui s'est produit. Moi, je dois dire que je n'ai jamais été très impressionné par cette affaire-là. J'ai été beaucoup plus impressionné, comme l'a rappelé Patrick Cohen à l'instant, par l'ampleur des destructions qui ont été infligées par les Russes à la population ukrainienne. Les Russes, selon une formule célèbre, ne font la guerre actuellement qu'aux civils. C'est absolument...

Et là, il y avait un phénomène, et je crois qu'au bout du compte, je crois que monsieur, j'ai cru comprendre que le président Biden avait une formule assez heureuse. Il avait dit, au bout du compte, c'est quand même une responsabilité russe. Parce que c'est effectivement une contre... C'est une balle perdue, si je comprends bien. Ils ont envoyé un missile qui s'est égaré, etc., dans une stratégie de défense. Donc la responsabilité fondamentale, c'est celle-là. Alors moi, je n'ai jamais cru qu'il y aurait un risque d'emballement. Je pense que si ça avait été d'origine russe, ça aurait sans doute été une bavure, un échec, etc.

Peut-être que ça aurait pu entraîner une réaction proportionnée immédiate. Mais je ne pense pas qu'on soit du tout dans une situation comparable à celle que vous avez évoquée en 1er septembre 1939, où là, on avait vraiment une volonté très, très délibérée d'Hitler et de Staline, d'ailleurs, parce qu'ils avaient...

1:35
Présentateur

Non, ce qui impressionne, c'est simplement que les mécanismes d'alliance se mettent en place. On a vu la Varsovie...

1:43
Jean-Louis Bourlanges

Oui, mais il y avait beaucoup de retenues. Les Polonais, à qui on n'a pas l'habitude de reconnaître une réputation de modération énorme, ont été parfaits. C'est-à-dire qu'ils ont aussitôt demandé non pas la mise en œuvre de l'article 5, mais l'article 4, qui était simplement la réunion du Conseil de l'OTAN pour examiner la situation. L'article 5, il faut le préciser. Et les Américains, qui sont ceux qui détiennent l'information, ont eu l'habileté, à mon avis, de donner l'information aux Polonais, si bien que ce sont les Polonais eux-mêmes qui ont été amenés à dire que ce n'étaient pas les Russes.

Là, on voit quand même quelque chose qui me frappe depuis le début de cette affaire, depuis le 24 février. C'est l'extraordinaire maîtrise des Américains de toute la gestion de ce conflit. Du sang-froid. Du sang-froid. Il en fallait hier, comme depuis les années. À la fois de la rigueur, de la modération, de l'opportunité, etc. C'est sans doute, effectivement, le patron de la CIA, qui est un homme très remarquable, qui orchestre tout ça de façon assez magistrale. Ça contraste tellement avec les improvisations complètement fantasques du président Trump dans la période antérieure.

2:49
Présentateur

Et plus la guerre dure, plus ce genre d'incident risque de se généraliser, Jean-Luc Boulange ?

2:54
Jean-Louis Bourlanges

Je ne sais pas. Moi, je crois que ce qui est très grave, c'est la décision que les Russes... Je suis convaincu depuis longtemps que les Russes considèrent que ce qu'ils ont fait jusqu'à présent à l'Ukraine, c'est une guerre extrêmement douce. Alors, ce ne sont pas nos critères, mais ce sont les leurs, comparé à ce qu'ils ont fait à Grossny, ce qu'ils ont fait en Syrie. Et donc, ils sont décidés à infliger à la population ukrainienne des désastres, des dommages absolument énormes, et à pourrir véritablement la vie quotidienne de tous les Ukrainiens. Et il me semble, de ce point de vue-là, qu'on parle de reconstruction.

Mais je crois que le véritable enjeu pour nous, au-delà de l'aide militaire, il faut continuer à donner des armes, et même sans doute renforcer l'aide en matière de missiles, mais au-delà de ça, il faut véritablement faire quelque chose qui s'apparente un peu à ce qu'a été... Tout est différent, bien sûr, à ce qu'a été le pont aérien sur Berlin en 1948, c'est-à-dire une aide, je crois que les puissances occidentales doivent vraiment orchestrer une aide systématique en direction de l'Ukraine pour permettre à ces millions de gens de vivre pendant l'hiver sans crever de faim, sans crever de froid, en pouvant... Bon, ça, c'est un immense effort que nous devons entreprendre.

La guerre a changé de nature, et l'action civile sera aussi importante que l'action militaire dans les mois qui viennent.

4:25
Présentateur

Vous l'avez rappelé, tous les deux, l'Ukraine a été particulièrement touchée hier, ce qui a fait réagir en ces termes le président Volodymyr Zelensky.

4:32
Locuteur

...

4:32
Locuteur non identifié

... ... ... ... ... ... ... ... ... ...

5:07
Présentateur

Cet air de missile, c'est aussi un avertissement, justement, aux membres du G20, comme le pense le président ukrainien ?

5:13
Jean-Louis Bourlanges

Ou une réplique. Peut-être. Peut-être. Mais je suis tout à fait d'accord avec l'analyse de Patrick Cohen sur le fait qu'on avait une grande interrogation il y a quelques mois, notamment au printemps, savoir qu'on avait l'Ouest, l'Est et le reste. Le reste, c'était la Chine, c'était l'Inde, c'était l'Afrique, c'était le Brésil. Et on avait le sentiment, et les diplomates français avaient ce sentiment aussi, que le reste nous échappait, que le reste, au bout du compte, disait « Toutes ces affaires européennes, c'est des affaires de puissance coloniale, ça ne nous regarde pas, vous ne nous attirerez pas dans ce conflit entre l'Ukraine et la Russie ».

Et on a vraiment le sentiment que, depuis 2-3 mois, les choses ont profondément changé, qu'un certain nombre de puissances, et d'abord la Chine, mesure les conséquences collatérales énormes sur l'ordre économique, sur l'ordre mondial, sur la lutte climatique, enfin sur un ensemble d'enjeux de la poursuite de ce conflit. Et donc là, on a effectivement un isolement assez grand, de la part des Russes, par l'ensemble de la communauté. C'est ça que signifie effectivement le G20. C'est un élément vraiment nouveau par rapport à la situation il y a quelques mois.