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interviewFrançois Ruffin (sur YouTube)· 2 septembre 2024 41 minAutoproduit

Gagner partout, gagner vraiment - Le discours de rentrée de François Ruffin

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Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Présentateur

Mes premiers mots sont bien sûr des mots de remerciement. Il y a 140 militants qui, depuis mercredi, se sont animés sur le site pour mettre en œuvre les Barnum, pour que la sono fonctionne, et là qu'ils se sont précipités pour, compte tenu de la pluie, la rentrée à l'intérieur. Donc je vous remercie d'applaudir, de remercier Sabine, Mireille, Gouenola, Théo, Anne-Marie, Sandrine, Sébastien, Dadu, Gourcan, Céline, Clément, Stéphane, Clotilde, Mathias, Clara, Clara, Juliette, Christelle, Christelle et les autres. Un grand merci à eux tous.

Je dis d'autant plus merci qu'on fait ça moins de deux mois après une campagne usante, après une campagne éreintante, où il a fallu aller arracher les voies porte après porte, rue après rue, village après village, quartier après quartier, et que vous avez encore la force de venir reverser ça, là, ce 31 août. Je vous dis, mon sentiment c'est que je me dois d'être à votre hauteur. Je me dois d'être à votre hauteur. A la hauteur de votre énergie, à la hauteur de votre envie, et à la hauteur de votre espoir.

Je remercie aussi, bien sûr, tous ceux qui sont venus ici, de loin pour certains, avec des quarts de Paris, on va essayer que je termine à l'heure pour que vous soyez jusqu'à la fin du discours, de Bretagne, du Midi, de Lorraine, et ainsi de suite, ça n'arrange pas mon bilan carbone, et ici, jusque flic secours. Quand on a pensé cet événement, c'était, il y a quelques mois maintenant, cette kermesse qu'on voulait joyeuse, généreuse, à l'illustration de la gauche que nous voulons, c'était avant la dissolution, le dernier coup de folie de Macron, le NFP, Lucie Casté, mais nous avions un lieu, flic secours, et un slogan, gagné.

Un lieu, flic secours, parce que c'est au centre de ma circonscription, mais c'est au cœur de mon engagement. Je vais faire le guide touristique un peu, d'accord ? Quand vous êtes arrivé à flic secours, vous avez longé un immense mur de briques rouges. C'était une usine Saint-Frère, qui avait des milliers de salariés à l'intérieur, mais vous aviez une dizaine de filatures, comme ça, dans le Val-de-Nièvre. Et derrière vous, vous avez, vous l'avez vu cet après-midi, un château. C'était l'un des huit châteaux de la famille Saint, les propriétaires.

Et flic secours était ce lieu où la division sociale se voyait, où on avait ce château avec un grand parc, avec des allées, avec de l'espace, avec des grandes grilles. Et à côté, vous aviez les taudis ouvriers, surpeuplés, avec du sol en terre battue. Ça signifie quoi ? Ça veut dire que les ouvriers, tous les jours, ils avaient ce rapport capital-travail. Mais jusque dans la mort, au cimetière de flic secours, vous avez les ouvriers qui sont enterrés à même le sol, ou avec des petites tombes, et vous avez les immenses mausolées de la famille Saint.

Mais même si vous avez allé à l'église, et je sais qu'un certain nombre d'entre vous iront demain matin, si vous allez à l'église de flic secours, vous avez les chaises de paille pour les ouvriers, et vous avez le petit carré avec des grilles pour la famille Saint, et avec les petits sièges matelassés. Il y avait, avec du coup, des révoltes ouvrières, qui, les manifestations se donnaient rendez-vous devant le château pour les démarrer, et il y a un château qui a brûlé. 1975, c'est mon année de naissance, 1975, c'est le pic de la production textile dans la Somme. Ça va bien. Il y a de l'emploi, et il y a même de l'espoir.

Parce qu'il y a des luttes ouvrières qui ont permis de relever les salaires après mai 68. Ce sont les patrons qui sont sur le reculoir. Et en dix ans, tout va s'inverser. En dix ans, toutes les usines d'ici vont fermer. Ça va partir au Maghreb, ça va partir en Madagascar, ça va partir en Inde, ou en Chine. Et en 1984, un financier arrive et se propose de tout racheter pour, un franc symbolique, l'immense empire Boussac-Saint-Frère. Ce financier va recevoir, en plus des subventions du gouvernement d'alors, un gouvernement, je le dis, un gouvernement de gauche, un gouvernement socialiste. Je le dis.

Je le dis parce qu'on ne comprend pas ce qui se passe aujourd'hui si on ne comprend pas ce qui s'est passé pendant quatre décennies. Quatre décennies d'une gauche qui a accompagné la mondialisation, qui a accompagné cette Europe-là, qui, avec Jacques Delors, ou Pascal Lamy, Jacques Delors à la Commission européenne, Pascal Lamy à l'Organisation mondiale du commerce, a permis que Magneti-Marilli, ici on avait Paris et au siège de France à côté, s'est parti en Roumanie, que Goudieur s'est parti en Pologne, Whirlpool, le lave-linge de Whirlpool, est parti en Slovaquie, le sèche-linge est parti en Pologne.

On ne comprend pas, évidemment, ce qui se passe si on ne voit pas que pendant quatre décennies, il y a eu une acceptation de cette mondialisation. Et je le dis, il y a des camarades socialistes ici, je le dis, et je le considère comme des camarades, je le considère que nous ouvrons une nouvelle page de notre histoire, que nous devons l'ouvrir ensemble, mais que nous devons l'ouvrir en conscience de cette histoire. Je le dis en disant vraiment, ce sont des camarades pleinement, chaleureusement, voilà. Ce financier arrive, Bernard Arnault.

Je pense que, Patrick, on devrait avoir, à l'entrée de Flix Secours, je te propose de l'inaugurer un de ces jours avec toi, un panneau qui nous dit, ici est née la fortune de Bernard Arnault. Parce qu'il se propose de garder tous les emplois, toute l'industrie. Il le promet à notre camarade Catherine Thierry, qui était déléguée CFDT, la bonne sœur rouge d'ici, les yeux dans les yeux aux ouvriers. Et finalement, il liquide tout, il ferme tout. Il ne garde qu'une seule chose, Dior, une pépite autour de laquelle il va construire son empire du luxe. Mais autre chose se produit. Autre chose se produit à partir de ce moment-là, c'est la disjonction entre les riches et les pauvres.

Les ouvriers, ils ne voient plus, en sortant de chez eux, le yacht de Bernard Arnault, la Madeus, le Symphonie, sur les quais de la Somme. Ils ne voient pas sa résidence à Saint-Tropez. Ils ne voient pas son île, dans le Pacifique, où il passe son réveillon. Ils ne voient pas tout ça. C'est effacé de leur quotidien. Alors, peut-être, un jour, ils tombent sur un bout de Paris Match, ou bien il y a Ruffin qui fait un discours, mais ça disparaît. Ça disparaît.

Mais si, alors que derrière, on laisse le désespoir, derrière, on laisse la misère, derrière, on laisse le chômage et tout ce qui va avec, de dépression, si jamais la cause du malheur n'est plus identifiée, si jamais on ne dit pas « Voilà, la cause du malheur, c'est la décision qui a été prise partout en haut, là-haut », eh bien, qu'est-ce qu'ils font les gens ? Ils se retournent vers le bas. Et l'adversaire, il devient le réfugié, il devient l'assisté, il devient l'immigré. Voilà à quoi nous avons à faire face. Et vous avez ici des gens de gauche qui tiennent.

René, Patrick, Christelle, Mickaël, tous ceux qui nous aident, Didier, qui tiennent bon, au plus près, au plus concret pour les gens, en essayant de remonter la pente. Vous avez les camarades de Picardie-Debout qui vont y aller avec la pente à remonter, avec le vent de face, mais je vais le dire, je vais le dire avec aussi souvent un sac à dos rempli de pierres sur les épaules. Il y a deux ans, dans mon livre, je vous écris « Les francs de la Somme », j'interrogeais la gauche. Je lui demandais, voilà, ici, nous avons un bastion. Qu'est-ce qu'on en fait ? Est-ce qu'on considère qu'il faut l'abandonner ? Ou est-ce qu'on considère que c'est la pointe avancée pour la reconquête ?

Je suis interrogé. On m'a répondu. On m'a répondu pendant ces deux années. On m'a répondu par le choix de l'abandon. Un choix acté. Un choix délibéré. Un choix théorisé. Un choix théorisé que ça n'était pas prioritaire. Et je ne demande pas que ça soit une priorité, mais je demande que ça soit égalité. Quand on nous parle de la Nouvelle-France, mais la Nouvelle-France, ce sont, nous dit-on, les métropoles, ce sont les quartiers populaires, c'est la jeunesse diplômée. Très bien. Mais on est où, alors ? On est dans la vieille France. Et je pense, moi, que nous avons un devoir moral.

Vous savez, hier, il y a un journaliste de Mediapart qui a dit, François Ruffin, qui est attaché aux campagnes industrielles. À la France industrielle rurale, il a dit. Je ne suis pas attaché à la France industrielle rurale. Je suis attaché à la France. Je demande à la gauche de vouloir la France en entier et pas à moitié. Je demande à la gauche de conjuguer la France des Tours et la France des Bourgnes. Je demande à la gauche de conjuguer la France des quartiers et la France des clochers. Je demande à la gauche de n'abandonner personne. Je veux ma France en entier et pas à moitié. Dylan a parlé. Il y a un point qu'il n'a pas évoqué et qui m'a touché quand on en a discuté.

Dylan, son combat sur la voie professionnelle, il le mène dans les quartiers nord de Marseille, mais il le mène à côté d'ici, à Doulan. Il conjugue les deux dans son combat. Il conjugue la France des Tours et la France des Bourgnes, la France des quartiers et la France des clochers. Voilà la France que nous voulons. Voilà la gauche que nous voulons. Il nous faut gagner partout, gagner ici, gagner en Seine-Saint-Denis. Il nous faut non pas découper la France en tranches et en segments, mais la rassembler. Ce que nous voulons, c'est faire France ensemble. Nous voulons faire France ensemble sans taire le racisme.

Sans taire, quand même, parce qu'il y a des gamins qui n'ont pas la bonne couleur de peau, un maire leur refuse la douche. C'est évidemment scandaleux. Ne pas taire quand je vais à Amiens-Nord et que les mamans me racontent quoi ? Qu'elles ont peur parce que leur fils, quand il va au foot et qu'il prend sa Clio, il est contrôlé par la police. Quand il revient, il est contrôlé par la police. Quand il prend son vélo, il est contrôlé par la police et qu'elles ont peur que ça se termine mal. Il ne faut pas le taire. Il faut y trouver des solutions. Il faut réclamer un moratoire sur les contrôles d'identité.

Et sans opposer, ce moratoire sur les contrôles d'identité pendant notre campagne, c'était la sixième mesure et on l'a distribué, ce tract, autant à Amiens-Nord qu'à Flix-Secours. Il nous faut tout chercher, tous les chemins pour faire France ensemble. Vous avez une extrême droite qui veut faire quoi ? Qui veut construire des murs. Elle veut construire des murs entre les Français en disant qu'il y en a qui sont vraiment français et il y en a qui ne sont pas vraiment français et puis il y en a qui ne sont pas du tout français. Ils veulent construire des murs. Que doit faire la gauche ? La gauche ne doit pas en symétrie construire d'autres murs. La gauche doit être là pour détruire les murs.

La gauche doit être là pour mettre des ponts et pour bâtir des traits d'union. Je l'ai dit, ça n'éteint pas le particulier. Ça n'éteint pas le particulier sur ce que peuvent souffrir les personnes racisées, les musulmans, les noirs. Ça n'éteint pas ça. Mais regardons l'immense commun. Regardons ce qui nous rassemble sans terre le reste. Vous savez, il y a un sondage qui m'a bien marqué. Ça demandait en quartier prioritaire et hors quartier prioritaire quelles étaient les priorités des habitants. Le même thème pour les cinq premiers. Revenez et dans le même ordre en quartier prioritaire et hors quartier prioritaire. santé, éducation, vie chère, sécurité, logement.

Et ça ne se distinguait que sur le sixième thème avec, d'un côté, l'immigration, de l'autre, la police. Alors, oui, il y a un immense commun. il y a un immense commun sur lequel nous devons bâtir et bâtir la France ensemble et une gauche qui veut cette France ensemble, une gauche qui veut parler à tout le monde, une gauche qui veut parler au quartier comme elle veut parler au clocher. Donc, un lieu fixe court, un slogan gagner. Gagner parce que nous n'avons pas le choix, nous n'avons pas d'autre droit que de gagner, que d'ouvrir un chemin d'espoir et de victoire entre l'extrême argent et l'extrême droite. Nous n'avons pas le choix. Nous devons gagner. C'est pour nous désormais un devoir.

Gagner pour qui ? Vous savez, moi, je ne me bats pas pour des concepts contre le libéralisme, l'ultra-libéralisme, le non-libéralisme, le néo-ultra-libéralisme et ainsi de suite. On se bat d'abord pour des voix, pour des vies, pour des visages. Hier, je suis passé à France Bleu et la journaliste m'a un peu gonflé en disant oui, de toute façon, il n'y a que des politiques et tout ça. Je dis non. Moi, mes stars, ce sont les gens. Je suis très content de t'avoir, Stéphane. Je suis très content de t'avoir, les deux Sébastiens. Je suis très content de t'avoir. Mais pour moi, les stars, ce sont les gens. Pour moi, les stars, c'est Dylan. Pour moi, les stars, c'est Jérôme.

Pour moi, les stars, c'est Janine. Pour moi, les stars, c'est Louisa. Et ça fait 25 ans que c'est comme ça. Ça fait 25 ans, vous savez même, c'est un truc qui me gave. Si vous lisez les mémoires de Saint-Simon sur le siècle de Louis XIV, il n'y a que la cour qui existe. On ne voit pas un paysan. Mais quand vous écoutez l'actualité ou les questions des politiques, c'est Cazeneuve, c'est Macron, c'est Mélenchon, c'est Matignon. Où sont les gens ? Où est le réel ? Et à mon propos, on dit, voilà, Ruffin, il a une traversée du désert.

Franchement, le désert, si c'est ne pas être dans la tambouille, si c'est ne pas avoir à faire quand il est d'apparats chics, si c'est ne pas avoir à faire tout ça, mais d'avoir une traversée de désert avec Dylan, Jérôme et Janine, je signe et je signe pour les 25 prochaines années. Nos héros, nos stars, parce que, Sébastien l'a dit, pendant la crise du Covid, on a vu comment le pays a tenu, qui nous a sauvés ? Ce n'est pas les start-upers, ce n'est pas les publicitaires, ce n'est pas les actionnaires, c'est Louisa, ce sont les auxiliaires de vie, ce sont les charistes, ce sont les camionneurs, ce sont eux qui nous ont sauvés pendant la crise Covid.

Mais même là, maintenant, on a une dissolution, on n'a plus de Lemaire, on n'a plus de Attal, on n'a plus de Darmanin, mais franchement, on s'en porte bien. Plus de Jérôme, plus de Louisa, pendant deux mois, et le pays est à genoux. Et donc, pour les Louisa, vous savez, j'ai eu deux conflits pendant la dernière campagne, un à la déchetterie d'Aveville, l'autre à une clinique à Aveville. Et des deux côtés, au masculin et au féminin, c'était les mêmes histoires. C'était des gens qui se lèvent tôt, qui vont au boulot, qui ont mal au dos, et pourtant, le 5 du mois, quand les factures sont passées, c'est un SMS du Crédit Agricole pour le découvert.

C'est, comme on est père célibataire, devoir aller faire la manche parfois auprès de la famille pour les enfants. C'est trois années d'affilée, sans prendre de vacances, sans camping, sans la plage, sans la montagne. C'est, pour cette rentrée, une aide soignante qui dit, ben voilà, il n'y aura pas de poneys pour ma fille à cette rentrée. Tout ça dit deux choses qu'il faut bien comprendre. La première chose, c'est que ça produit quelque chose sur le plan matériel qui ne va pas, la difficulté à vivre, mais aussi quelque chose sur le plan spirituel. C'est une humiliation, c'est du ressentiment qui s'inscrit dans le cœur des gens.

Et nous avons, nous, la gauche, à travailler sur les deux volets, à travailler sur le volet matériel. Oui, il faut augmenter les salaires, il faut les indexer, il faut la retraite, il faut... et ainsi de suite. Mais on doit travailler aussi sur le volet spirituel, sur le volet de la fierté. Il faut dire que le travail, le travail qu'ils font, ils le savent, une immense utilité. Et faire ce que le Parti communiste avait réussi après-guerre en héroïsant, à l'époque, les métallos et les mineurs de fond, en disant que c'était eux qui reconstruisaient le pays. La gauche a un devoir d'apporter cette fierté à tous les travailleurs du pays. Alors, gagner pour qui ? Gagner pour eux, gagner pour vous.

Mais gagner quoi ? Gagner dans l'immédiat les deux ans de moins sur les retraites qui nous ont volés. Gagner le retour d'un opé de solidarité sur la fortune. Gagner le référendum d'initiative citoyenne. Vous savez, ce sont des mesures de décence et de bon sens qui font que 80% des Français les soutiennent et que je suis convaincu que, pris projet par projet, nous pouvons trouver une majorité à l'Assemblée nationale pour les passer. mais, par-dessus tout, ce principe que nous devons poser, les Français doivent pouvoir vivre de leur travail, bien en vivre et pas en survivre et bien le vivre. Là, ils ont réussi ce miracle pendant les années de Macron.

Ils ont réussi non pas seulement à geler les salaires mais à faire baisser les salaires de 5 à 7%. Une baisse de salaire. C'est-à-dire, on demande aux salariés de se serrer la ceinture quand en haut, ils se gavent. D'accord ? Qu'est-ce qui se passe ? Si on regarde le classement des 500 fortunes, en 25 ans, il y avait 5% du PIB qui allait aux 500 fortunes. A l'arrivée de Macron au pouvoir, c'était 20%. Aujourd'hui, on a dépassé les 40%. Oui. Le gavage pour les uns, le rationnement pour les autres. Donc, le partage. Mais aussi, le sens du travail. Il nous faut bâtir un horizon commun. Quel est cet horizon commun ? C'est le défi climatique qui nous porte ça.

Parce que la transformation climatique, écologique, c'est du travail. Si on veut refaire toutes les canalisations, c'est du travail. Si on veut isoler les 5 millions de passoires thermiques, c'est du travail. Si on veut un atelier de réparation d'informatique, de mécanique, d'électronique par quartier ou par canton, c'est du travail. Si on veut remettre les camions sur des rails, c'est du travail. Tout ça, c'est immensément de travail. Et je le dis, je pense qu'il y a aujourd'hui un besoin du faire ensemble. Vous savez, il y a cette phrase d'Antoine de Saint-Exupéry qu'on lit parfois dans des assiettes en perso-laine.

s'aimer, ce n'est pas se regarder l'un l'autre, c'est regarder ensemble dans la même direction. Ben oui, un couple qui n'a pas de projet commun, qui ne veut pas partir, ne projette pas un voyage ensemble, ou des enfants ensemble, ou un pavillon ensemble, ou un truc ensemble, ça se regarde dans le blanc des yeux et à un moment, ça se termine par de la jalousie et pas mal de soucis. Ben la société, c'est pareil qu'un couple. La société, si elle n'est pas portée vers quelque chose, si on se regarde les uns les autres, ça va être des milliers de petites jalousies. Et donc, il faut porter vers cet horizon commun. Quel but on nous fixe depuis 40 ans ?

Rien, ou aucun, ou alors réduire les déficits, être compétitif dans la mondialisation. Ce sont des buts minables, d'accord ? Comment avec ça, avec ce vide, un vide presque métaphysique, comment espérer rassembler, fédérer, faire France ensemble ? Le pays craque par là aussi, je crois, par ce vide d'espérance, par ce trou noir au cœur de la société. Alors, un horizon commun, faire ensemble par le travail, mais aussi, le travail n'est pas toute la vie, ça n'est qu'une part de la vie. Évidemment qu'il faut, c'est l'histoire du mouvement ouvrier que dit associer le repos, la vie large, le droit au poney.

La joie, le bonheur, le beau même, moi je suppose que la faïence fabriquée à Sèvres, ça vienne une fois par an dans les quartines des ouvriers de chez Valeo. On veut gagner quoi ? On veut gagner ce droit au beau, ce droit au bonheur. On veut gagner contre qui ? Bon, j'ai assez fait dans la spiritualité, c'est Macron qu'il faut boxer. l'homme qui ose nous dire qu'il faut préserver la stabilité institutionnelle, il ose tout, c'est à ça qu'on le reconnaît. C'est un homme du chaos, l'homme du chaos institutionnel qui dégoupille une grenade dans les pattes du parti, des partis, dit-il, mais c'est dans les pattes du pays, de la démocratie qu'il la dégoupille.

Du chaos politique, lui qui promettait qu'il n'y aurait pas de voix en plus pour le Rassemblement national pendant son mandat et il y a 4 millions de voix supplémentaires. Du chaos fiscal qui ouvre un déficit budgétaire commercial comme on n'en a jamais connu et qui vient nous donner des leçons de sérieux. Un chaos social, jamais on a dû autant manifester que sous Macron. Un chaos, je dirais, jusque sur nos factures d'électricité, jusque dans la pharmacie avec une multiplication par 7 des pénuries. Et alors que les Français réclament quoi ? J'en suis profondément convaincu, ils réclament de la stabilité. Ils réclament d'être protégés. Ils réclament aussi d'être respectés.

Et d'être respectés, ça signifie la démocratie. Une démocratie, ça veut dire le pouvoir au peuple. Ça ne veut pas dire le pouvoir sans le peuple, le pouvoir contre le peuple. Mais je veux élargir au-delà de Macron. Ça fait maintenant 20 ans que ça fonctionne comme ça. Depuis le traité constitutionnel européen, ici en Picardie, au niveau national, c'était 55% de Français qui votent non. Au niveau Picard, c'était 65%. Et pour les ouvriers, qu'on s'en souvienne, c'était 80%. 80% à dire non à la concurrence libre et non faussée. Alors, on nous prénomme maintenant un gouvernement technique. Mais il n'y a pas de technique. Tout ça, c'est de la politique.

Faire des coupes dans les budgets, c'est de la politique. En fait, quand ils disent ça, on veut un gouvernement technique, ça veut dire qu'ils veulent juste poursuivre la même politique que celle qui se mène depuis 40 ans concurrence, compétitivité, mondialisation, et ainsi de suite. Nous devons gagner contre eux, contre cette classe qui se gave. Mais nous devons gagner quand ? Je vous le dis franchement. Je vous le dis franchement, aujourd'hui, nous n'avons pas la majorité à l'Assemblée, mais nous n'avons pas non plus la majorité dans le pays pour imposer de grands changements. Ce n'est pas vrai.

On peut faire l'ISF, on peut faire la retraite, on peut faire une hausse de salaire, on peut faire des petits pas qui indiquent un horizon. Mais nous n'avons pas les manettes suffisantes, nous n'avons pas la latitude suffisante pour opérer aujourd'hui un grand changement. Il ne faut pas se mentir. Donc, il faut gagner pleinement, il faut gagner franchement, il faudra gagner partout. Au soir des élections, j'avais dit que c'était un répit, que c'était un sursis, que c'était une dernière chance pour la France.

Je dis ça parce que j'en vois qu'ils se tapent sur le torse comme des espèces de tarzans en disant « On a renvoyé le Rassemblement national à la niche » ou qu'ils disent « On a mis une tannée au Rassemblement national. » Je me demande dans quel pays ils vivent, sur quelle planète ils vivent. Nous, on sait où on vit. On sait que la lame de fond, elle ne s'est pas arrêtée le 7 juillet au soir. On sait que la lame de fond, elle continue. On sait qu'en vérité, au premier tour des élections législatives, il y a eu 1,5 million de voix en plus pour le Rassemblement national par rapport à tous les partis du nouveau Front populaire.

C'est la réalité aujourd'hui électorale de ce pays et si on veut la verser, il faut la dire pour pouvoir l'affronter, il faut la dire pour pouvoir l'affronter, pour se préparer parce que dans un an, si on doit y retourner, dans un an, il faudra gagner, gagner vraiment, gagner pleinement. Gagner, je termine sur gagner comment. nous avons un outil, le nouveau Front populaire. Là, ils y vont dans l'unité pour parler derrière Lucie Casté à l'Elysée. C'est une très bonne chose. C'est une très bonne chose que Fabien Roussel, Olivier Faure, Manuel Bompard, Marine Tondelier soient unis et on peut les applaudir aujourd'hui.

Pour la presse, pour la presse, vous voyez, j'ai aussi fait applaudir Manuel Bompard. Bon. Oui, mais qu'est-ce qui peut se passer ? Est-ce qu'on va reproduire l'ANUPS ? Est-ce qu'on va faire qu'un jour, on se fait des câlins, on se fait des bisous, il y a des mots doux et le lendemain, c'est la division, ce sont les coups bas et les insultes ? Ça ne peut pas recommencer comme ça. Je le dis, le nouveau Front populaire est né de votre volonté à vous. C'est vous qui avez imposé le nouveau Front populaire. C'est vous qui avez fait la unité. Mais comme en 1936, c'était les ouvriers qui avaient crié place de la nation, unité, unité, unité et qui avaient forcé le nouveau Front populaire.

Quand je prononce ce mot, ce n'est pas un trait de génie, c'est une évidence. Et ce sont des centaines de milliers de personnes qui, en 24 heures, font quoi ? Signent des pétitions, font des manifestations et disent oui, on veut le nouveau Front populaire, on veut l'unité. C'est sous cette pression que s'est fait le nouveau Front populaire. Si cette pression n'est pas maintenue et où vont... Je suis allé, je vois la tête de Baptiste comme qu'il est grand, qui dépasse de la foule. Je me suis rendu à 8 heures du matin en gare de Noyon pendant sa campagne pour le soutenir. Il y avait là 150 personnes.

Et pas, selon les syndicats, il y avait 150 personnes à Noyon, dans un coin où on savait, tout le monde savait que tu allais perdre, Baptiste. On savait que le Rassemblement National était bien installé, qu'ils avaient l'un de leurs cadors qui était là, bien enraciné. On le savait, mais les gens étaient là non pas pour gagner Cerf-Poissy, mais pour être ensemble et pour préparer la suite, pour que la défaite, peut-être, de 2024 prépare la victoire de 2025 ou de 2027. Les gens étaient rassemblés pour ça.

Alors, il y avait des communistes, il y avait des socialistes, il y avait des écologistes, il y avait des insoumis, il y avait tout ça ensemble, mais il y avait aussi plein de non-opcartés, d'isolés, de nulle part. Où ils vont, eux ? Ils n'ont pas de maison commune. Il nous faut une maison commune. Il nous faut un lieu commun. Comment gagner ? Comment gagner ? Il s'agit de se faire aimer et non pas de se faire détester. Et alors, pour se faire aimer, par exemple, à Picardie-de-Boue, on a Hayat, ma suppléante, et plein de camarades qui font le Noël solidaire et qui font qu'on raccolte des milliers de jouets qu'on distribue par le biais des associations.

On pourrait imaginer que cette année, partout où vous êtes, il y a un immense Noël solidaire qui fasse que vous ramassiez partout des jouets dont les gens n'ont plus besoin, qui jetteraient et que vous les distribuez par des associations. C'est un moyen de se faire aimer.

Mais, peut-être qu'il faut simplement se mettre dans les actions que font les autres, au plus près des gens, que quand il y a un vide-grenier, on soit aux côtés des gens pour tracer les lignes à 6 heures du matin, que dans le club de basketball, on aille tartiner les sandwiches pour la buvette après, qu'on soit là, aux côtés des gens, pour le téléthon, pour être aux côtés des gens, au plus près des gens, et pour que quand on leur parle, ça ne soit pas d'une extériorité, mais ça soit avec de la proximité. Vous savez, dans les allées, et puis depuis 3 jours, il y a pas mal de gens qui me disent « Bon, alors, nous, on veut le parti... » Je dis « Mais le parti, il existe.

» D'accord, excusez-moi, mais c'est Picardie debout. Alors, les Lorrains, ils me disent « Mais attendez, nous, Picardie debout... » Non, moi, je ne suis pas en Picard. Ça, c'est un grand désaccord avec Karim Adéli. Je ne sais pas comment on va faire pour le gérer, mais les Hauts-de-France, ça n'existe pas, d'accord ? La Picardie, ça existe. Voilà. Je ne suis pas en Picard et quand même, même quand je vois les camarades du Parti des travailleurs belges, je leur dis « Attention, les Wallons, on va vous rattacher, d'accord ? » À la grande Picardie socialiste. Bon. Donc, ils me disent « Mais non, mais nous, ce qu'on veut, c'est Bourgogne debout et ainsi de suite. » Bon. Jouons. Jouons. Pardon ?

Pour les assis. D'accord. Si nous avions un parti, si nous avions un parti, que pourraient faire les partis ? La première chose que je dirais, c'est « Engagez-vous moins sur Twitter et davantage avec les restos du cœur. » Si nous avions un parti, il pourrait y avoir l'obligation de militer, de participer à un club de foot, à une association de parents d'élèves et ainsi de suite. Vous savez, une des choses qui nous manquent pour reconquérir les campagnes, c'est qu'auparavant, il y avait toujours une ou deux figures bien marquées à gauche et qui structuraient un peu la vie du village. Il y avait l'instit, évidemment.

Et puis, il y avait le cheminot qui animait le club de foot en président ou trésorier et qui passait une parole. Ça nous manque. Eh bien, je pense qu'on pourrait dire « Obligation d'un engagement au plus près des gens comme ça. » On pourrait dire qu'il devrait y avoir le salaire moyen pour les élus afin qu'on attire des gens qui servent plus qui ne se servent. On pourrait dire que le parasitage soit interdit, qu'on n'ait pas des gens ni vus ni connus qui débarquent dix jours avant une élection. On pourrait demander la parité sociale. Il y en a la parité de genre. La parité sociale, c'est quoi ?

C'est de se dire que les ouvriers, les employés, si on l'impose, ne doivent pas toujours être éclipsés par les surdiplômés. On pourrait faire que quand il y a une cata sur le climat, quand il y a des coulées de boue et ainsi de suite, on dise à nos militants sans drapeau, sans slogan, juste comme ça aux côtés des gens, d'aller balayer, d'aller déblayer. On pourrait, bien sûr, mener des campagnes sur l'impôt, des campagnes sur la retraite et ainsi de suite. Mais bon, moi, je propose depuis longtemps une grande campagne sur les auxiliaires de vie. Pourquoi ? Pourquoi ? Parce que c'est un million de femmes qui, aujourd'hui, ne sont pas représentées.

On le sait, dans les métropoles, elles sont racisées, elles sont souvent d'origine immigrée. Dans les campagnes, elles sont blanches, pour parler franchement. Ça rassemble. Évidemment, elles sont aimées. Tout le monde, elles me les aident à domicile. Tout le monde. Donc, si on les défend, on perd au rien, on ne pourra que se faire aimer. Par ailleurs, j'ajoute, pour moi, c'est un média, les auxiliaires de vie. Parce qu'elles partent d'une personne âgée à l'autre, elles passent d'une famille aux voisins. Et donc, je suggérais une grande campagne sur les auxiliaires de vie.

Une campagne qui soit, bien sûr, sur le statut, sur les revenus, sur comment on fait quand à 50 ans, on a mal aux épaules. Qu'est-ce que c'est la deuxième carrière qu'on peut s'offrir ? Mais, aussi, une campagne sur la fierté. On pourrait louer des bus et faire, comme ce qui vient d'être fait pour les personnes en situation de handicap, faire un défilé sur les Champs-Elysées. Voilà ce que nous pourrions faire. Cet immense travail de terrain, il est à faire. Il est à faire avec tous les partis. On doit pousser à ce que ce travail soit effectué. Maintenant, pour conclure, sur ce conjugué « gagner où ? » « Quand ? » « Comment ? » « Avec qui ?

» Et là, je le dis, depuis une terre où, en vérité, nous avons subi un revers. Je le dis avec douleur. Ma victoire n'était pas pleine et entière le dimanche 7 juillet. Nous devons tout faire pour maintenir une exception dans l'Europe continentale, pour ainsi dire. Jamais l'extrême droite et d'autres pays n'est arrivée au pouvoir par les urnes. Jamais. Jamais l'extrême droite n'est arrivée au pouvoir par les urnes. Ils ne sont arrivés au pouvoir qu'une seule fois. C'était par la défaite et ça n'a pas laissé de glorieux souvenirs dans notre histoire.

Il y a un auteur qui s'appelle Stéphane Hafner qui est un Allemand qui raconte sa jeunesse et en Allemagne, dans l'Allemagne nazie, et qui dit à un moment que c'est moins par la volonté des nazis que le pays a chuté que parce que les Allemands de l'époque ont sombré par millions dans la dépression. Je vous le dis, notre principal adversaire aujourd'hui, ce n'est pas Macron, ce n'est pas Le Pen, c'est mon adversaire, c'est toujours la finance, bien sûr, mais c'est surtout l'indifférence. C'est la résignation qui s'installe dans le cœur des gens et c'est ça qu'il nous s'agit de ranimer, de ranimer avec une conviction profonde, d'être actif sur tout le terrain.

Vous savez, animer, c'est un beau verbe, animer, ça veut dire réveiller les âmes. Je pense que nous avons pour devoir en permanence de réveiller les âmes. J'espère que ce soir, nous avons participé à réveiller les âmes, à redonner, comme dirait Johnny, de l'envie d'avoir envie. Avec cette conviction profonde, c'est que la gauche n'arrive pas au pouvoir dans une société gelée. Et même si elle arrive au pouvoir, elle ne pourra rien faire. Elle ne pourra rien faire dans une société gelée.

Ce n'est pas parce qu'on aura le meilleur des hommes ou des femmes, la meilleure des femmes, humanistes, écologistes, féministes, anti-racistes, tous les bons histes que vous voulez, purs et parfaits, à l'Elysée, des purs et parfaits pareils, des camarades dans les ministères, des camarades pareils à l'Assemblée. Mais si jamais, en bas, ça ne bouge pas, rien ne bougera. Et ça ne sera pas de leur faute à eux. Ça sera de notre faute à nous parce qu'on n'aura pas bougé. Parce qu'en face, il y aura toujours le MEDEF pour venir dire « je crois que ça ne va pas être possible ». Il y aura l'Organisation mondiale du commerce pour dire « je crois que ça ne va pas être possible ».

Il y aura la Commission européenne pour venir dire « je crois que ça ne va pas être possible ». Il y aura le Sénat pour venir dire « je crois que ça ne va pas être possible ». Et la seule chose qui le rend possible, c'est si jamais les gens sont en mouvement. Le Front populaire, puisque c'est à ça qu'on se rattache, ça n'est pas seulement Jean Zé, Léon Blum, Roger Salingro, des camarades socialistes et radicaux. Ça n'était pas seulement ça. c'est bien sûr s'il y a eu les 40 heures et s'il y a eu les congés payés, c'est parce qu'il y a eu des ouvriers, parce qu'il y a eu des grèves, parce qu'il y a eu des occupations d'usines. On doit...

Notre devoir aujourd'hui est de se demander tous les jours, tous les matins, comment on fait pour réchauffer la société, comment on fait pour embarquer avec nous les syndicats, comment on fait pour animer les associations et bien sûr les partis. Quand on instille, je dirais qu'il faut que la France soit traversée d'une grande espérance. Il faut que la France soit traversée d'une grande espérance qui vienne casser les cloisons et casser la division. Et si on fait tout ça, si on fait tout ça, alors à la fin, c'est nous qu'on va ? C'est nous qu'on va ? C'est nous qu'on va ?

39:40
Locuteur

C'est nous qu'on va ?

39:41
Présentateur

Un grand merci à vous, en tout cas à nouveau, d'être venus aujourd'hui à Flix Secours pour qu'on gagne demain, ici et à Saint-Denis. Merci à vous. Merci. Les tendances et à Saint-Denis.

40:10
Locuteur

Merci. Merci.

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