L'Intégrale des questions au Premier ministre, François Bayrou | 17/12/2024
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 40 %Défensif 30 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 71 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 2:00OuverteRéponse directe
Quelles sont vos priorités face aux urgences (agriculture, pouvoir d'achat, hôpital, sécurité, immigration) ?
- 5:00ComplaisanteRéponse partielle
Comment comptez-vous répondre aux défis évoqués par la députée ?
- 8:00OuverteRéponse directe
Comment éviter les pillages et rétablir eau, électricité et sécurité à Mayotte ?
- 12:00RelanceÉludée
Pourquoi la loi de prévention des catastrophes naturelles en Outre-mer n'a-t-elle jamais vu le jour ?
- 16:00RelanceRéponse partielle
Serez-vous ouvert au compromis et comment comptez-vous obtenir la stabilité ?
- 20:00OuverteRéponse directe
Comment faire voter un budget vital face à la dette et au déficit ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 2:30Laure LavaletteFait
« Le 7 juillet dernier, par un jeu de désistements indigne, le président de la République a empêché une alternance largement réclamée par les Français. »
- 3:30Laure LavalettePromesse
« Nous vous proposons d'organiser l'examen et le vote d'une loi d'urgence agricole d'ici le 31 décembre et de stopper la folie du traité avec le Mercosur. »
- 7:30François BayrouChiffre
« Le bilan n'est pas encore établi. Le bilan, c'est aujourd'hui plus d'une vingtaine de morts et quelque chose comme 200 blessés graves et 1500 blessés en urgence relative. »
- 13:00Mathilde PanotChiffre
« 40% des habitations sont des habitations précaires. »
- 17:00Boris VallaudFait
« Nous voulons un bon budget pour le pays. Et vous? Nous voulons parler des retraites. Et vous? »
- 22:00Vincent JeanbrunChiffre
« Aujourd'hui, la dette approche les 6% du PIB. »
- 23:00Vincent JeanbrunFait
« Ce sont les Français qui payent la note. La censure du gouvernement n'a pas censuré notre déficit ni notre dette, dont les intérêts sont supérieurs au budget de la défense et bientôt supérieurs au budget de l'éducation. »
- 30:00Philippe VigierChiffre
« Il y a 20.000 enfants non scolarisés! »
- 34:00Félicie GérardChiffre
« Plus de 60 milliards d'euros sont à trouver pour 2025. »
- 42:00Mereana Reid ArbelotFait
« Dans un des plus grands déserts médicaux français, l'hôpital de Mayotte et son personnel dévoué ne peuvent faire face. »
- 46:00Hanane MansouriChiffre
« 40 milliards d'euros d'impôts. »
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- Yaël Braun-Pivet: La L'ordre du jour appelle les questions au Premier ministre. Il a été convenu en conférence des présidents qu'il y aurait une question par groupe politique dans l'attente de la composition du gouvernement. Monsieur le Premier ministre, merci de vous prêter au jeu de cette séance.
La première question va être posée par madame Laure Lavalette pour le Rassemblement National. - Laure Lavalette: Merci, madame la présidente. Le groupe RN et sa présidente Marine Le Pen s'associent au deuil national annoncé par le président Macron par rapport à ce que vit le département de Mayotte.
Compatriotes, recevez notre sollicitude et toute notre affection. Monsieur le Premier ministre, le 7 juillet dernier, par un jeu de désistements indigne, le président de la République a empêché une alternance largement réclamée par les Français. Alors qu'il prétendait redonner au pays le choix de son avenir, Emmanuel Macron l'a privé d'une majorité claire, au prix du chaos que nous vivons aujourd'hui.
Nous espérons sincèrement, parce que c'est l'intérêt fondamental d'un peuple qui ne vous a pas choisi, que votre action soit malgré tout salutaire face aux urgences qui s'amoncellent. L'urgence est pour nos agriculteurs, abandonnés par un gouvernement Attal qui n'a pas fait la moitié de ce qu'il avait promis. Nous vous proposons d'organiser l'examen et le vote d'une loi d'urgence agricole d'ici le 31 décembre et de stopper la folie du traité avec le Mercosur en gelant notre contribution financière à l'Union Européenne.
L'urgence démocratique est l'instauration de la proportionnelle. L'urgence toujours prégnante est celle du pouvoir d'achat et d'une fiscalité plus juste. L'urgence est celle de l'hôpital et de l'accès aux soins partout sur le territoire.
L'urgence est sécuritaire et migratoire. Face à cet Himalaya de défis, pouvez-vous décliner devant la représentation nationale les priorités qui seront les vôtres? Vous connaissez nos positions.
Vous nous trouverez ouverts aux compromis et hermétiques au chantage. Tachons d'être utiles à la France. - Yaël Braun-Pivet: Merci beaucoup.
La parole est à monsieur le Premier ministre. - François Bayrou: Merci, madame la présidente. D'abord un mot pour vous dire l'émotion qui est la mienne.
Il y a longtemps que je n'ai pas pris la parole dans cette Assemblée, que j'ai beaucoup aimée et à laquelle je veux dire quelque chose de simple, des sentiments et des expressions de respect à l'égard de chacune et chacun de ceux qui siègent sur ces bancs, d'un bout à l'autre de l'échiquier politique, et pour chacun des groupes. Parce que je suis partisan acharné du pluralisme en politique. Je pense que ce n'est pas parce que nous avons des opinions différentes, parfois des opinions opposées, que nous ne pouvons pas débattre et dialoguer ensemble.
Madame la députée, vous avez fait la liste des très nombreux défis qui existent devant nous. Vous avez utilisé une expression que j'avais moi-même employée, c'est un Himalaya. Ca paraît insurmontable, mais nous devons le surmonter.
Nous sommes rappelés par la catastrophe de Mayotte au respect de ce que nous avons de plus sacré, notre concitoyenneté, notre compatriotisme à l'égard de ceux qui sont atteints par les accidents de la vie. J'imagine que l'on aura tout à l'heure l'occasion de reparler de ce drame de Mayotte. Je sais que vous avez fait respecter, madame la présidente, hier, une minute de silence.
Je m'associe par la pensée, rétrospectivement, à cette minute de silence. Vous avez décrit les très nombreux obstacles qui sont devant nous. Vous me demandez de les décliner, je ne suis pas sûr que je vais décliner les réponses, mais je vais vous dire une chose simple: je ne vais rien dissimuler.
Je ne vais rien laisser sans traitement et sans réponse. Tous les problèmes que vous avez indiqués, qui tiennent à la dépense publique, aux fractures de la société française, j'essaierai de les résoudre, de les résorber, et j'essaierai de le faire en tenant compte de chacun des groupes qui siègent sur ces bancs. Je ne fais pas de différence entre les députés.
Je pense que qui que ce soit qui soit élu et franchit ce seuil et siège sur ces bancs a le droit au respect et à un traitement équitable. C'est ma vision, elle n'est pas d'aujourd'hui. Je l'ai défendue longtemps sur ces bancs.
Je l'ai défendue à l'extérieur. Pour moi, c'est très important. Quand je dis que je ne laisserai rien de côté, bien entendu, nous traiterons tous ces problèmes.
Je crois avoir montré dans ma vie politique que ces problèmes étaient pour moi essentiels. Il n'y avait pas de questions sur Mayotte, mais j'imagine qu'il y en aura d'autres. Je vous répondrai avec la précision que ce drame mérite.
J'ai bien compris les défis. J'ai bien compris l'impératif qui est le nôtre. Je vous promets d'essayer, pas seulement aujourd'hui, de le résoudre avec l'ensemble de la représentation nationale. - Yaël Braun-Pivet: Merci beaucoup, monsieur le Premier ministre.
La parole est à monsieur Gérald Darmanin. - Gérald Darmanin: Merci, madame la présidente. Monsieur le Premier ministre, le magnifique archipel qu'est Mayotte pleure ses morts, pleure la détresse de ses habitants, pleure la pauvreté et pleure sans doute la désolation.
Nous ici, qui aimons Mayotte, magnifique bout de France du bout du monde, où les Français sont de volonté, nous nous interrogeons. Nous nous interrogeons sur la capacité de notre pays à aider une population manifestement pleine de souffrance et de difficultés. Nous saluons votre engagement, monsieur le Premier ministre, pour répondre aux urgences au plus vite.
Ma première question est celle des urgences. Comment éviter les pillages? Comment lutter contre les maladies qui vont naître après ces bangas détruits, avec ces hôpitaux qui ont du mal à fonctionner et ces personnels de soins qui n'arrivent pas à atteindre les blessés?
Comment remettre l'eau, l'électricité et la sécurité pour chacun des habitants? Comment reconstruire Mayotte, son aéroport, ses infrastructures, ses écoles, son fonctionnement qui fait que la République y est partout chez elle? Il y a très longtemps, les Mahorais ont choisi d'être français.
Il y a plus de 40 ans, les Mahorais ont redit par deux référendums leur volonté d'être français. Aujourd'hui, par votre voix et celle du gouvernement, vous allez montrer qu'ils ont eu raison. Mayotte, c'est la France, mais c'est aujourd'hui le plus beau coin de France qui existe. - Yaël Braun-Pivet: Merci beaucoup, monsieur le député.
La parole est à monsieur le Premier ministre. - François Bayrou: Vous avez raison, monsieur le ministre...
Le drame de Mayotte a frappé une population qui, plus ce que d'autres, s'est engagée pour la France. J'ai tout à fait en mémoire les visages de ceux qui se sont battus pour Mayotte française et pour Mayotte département français. Plusieurs d'entre eux étaient mes aînés et mes amis.
C'étaient des hommes qui considéraient que la vocation de Mayotte, c'était d'être ce visage de la France là-bas. Ils ont fait confiance et ce que nous avons à prouver, c'est qu'ils ont eu raison de faire confiance. Vous m'interrogez d'abord sur le bilan.
Pour l'instant, le bilan est incertain. J'ai parlé tous les jours et à plusieurs reprises avec le préfet de Mayotte. Je veux lui rendre hommage.
J'ai parlé aussi avec les représentants de l'Etat, qu'ils soient basés à La Réunion ou à Mayotte. Le bilan n'est pas encore établi. Le bilan, c'est aujourd'hui plus d'une vingtaine de morts et quelque chose comme 200 blessés graves et 1500 blessés en urgence relative.
Ce bilan peut s'alourdir, nous le savons tous. Nous sommes tous anxieux devant le destin de ceux qui ont été pris dans la tourmente alors qu'ils n'étaient pas protégés contre la tourmente. Au-delà de ce bilan d'urgence, comme vous l'avez dit, il y a la question de la remise en route de la vie à Mayotte.
Vous avez parlé de l'hôpital. C'est 50% qui a retrouvé son activité. Vous avez posé la question de l'eau, essentielle, et les ministres des Outre-mer précédents ont eu à traiter cette question.
Aujourd'hui, deux des six usines ont été remises en route. La question des usines n'étant pas celle des mécanismes du traitement de l'eau, mais la question essentielle, c'est l'électricité, l'alimentation électrique de ces usines, qui permet à ces usines de traitement d'être remises en route. La question de l'électricité...
Il y a aujourd'hui à peu près 50% du réseau électrique qui a été remis en route. La partie haute tension du réseau n'a pas été détruite. Elle est en état.
C'est la basse tension, qui, selon l'endroit où on se trouve, a été plus endommagée. Les services de l'Etat considèrent que, d'ici la fin de la semaine, on pourrait atteindre 75% de remise en route du réseau électrique. Le réseau routier n'a pas été gravement atteint.
C'est, sur la surface, des arbres qui sont tombés. On considère aujourd'hui, peut-être ce jugement est-il un peu optimiste, qu'à peu près 80% du réseau routier est de nouveau accessible. Vous posez la question à plus long terme de la reconstruction.
C'est une question essentielle. L'espoir des populations est évidemment dans la reconstruction. Le gouvernement va lancer un appel à projets sur des conceptions d'habitations préfabriquées, faciles à monter, pratiques à mettre en place et pas trop chères.
Je suis persuadé qu'un grand nombre d'acteurs français, d'entreprises françaises, peut-être même d'écoles d'architecture, vont se passionner pour ces projets qu'il faudra très rapidement analyser et choisir. Il y a aussi la question des fonds pour aider tout cela. Il y a des fonds européens qui peuvent être activés.
Il y aura aussi la solidarité nationale. Nous sommes là pour ça. L'Etat, les pouvoirs publics, ils sont là pour manifester une aide réelle.
Il n'y a que 10% des foyers de Mayotte qui sont assurés. Vous voyez la dimension de ce que nous devons faire. L'idée, c'est de mettre en place, comme nous l'avons fait pour Irma, une équipe spécialement dédiée sous une autorité choisie par l'Etat.
Dans les prochaines heures, cette décision devrait être prise. C'est ainsi que nous ferons face à ce drame. Les Mahorais font déjà face à ce drame.
Ils sont déjà au travail et en train de reconstruire leur île, avec toutes les difficultés que nous connaissons, qui sont d'ordre économique et qui sont aussi d'ordre social. Merci beaucoup. - Yaël Braun-Pivet: Merci beaucoup.
La parole est à madame Mathilde Panot. - Mathilde Panot: Le cyclone Chido laisse Mayotte dévastée. La France pleure ces bien trop nombreuses vies arrachées au monde.
Nos pensées se tournent vers les familles des disparus et vers ceux qui attendent des nouvelles de leurs proches. Nous saluons le courage des secouristes. La situation des survivants est dramatique.
Des bidonvilles transformés en cimetières, plus de 100.000 personnes sans toit ni eau, plus de trois jours dans le noir, un système de santé réduit à néant. La faim et les épidémies menacent.
Cette catastrophe n'est pas naturelle mais politique. De nombreuses personnes ne se sont pas rendues dans les abris de la préfecture par peur d'un piège pour les expulser. Il y a des sous-investissement s chroniques depuis des années dans le département le plus pauvre de France. 40% des habitations sont des habitations précaires.
Le changement climatique ne vient pas de nulle part. Nous ne sommes pas devant le cyclone du siècle, nous sommes entrés dans le siècle des cyclones, des ouragans et de la montée des eaux. Pourquoi la grande loi de prévention des catastrophes naturelles en Outre-mer promise en 2018 par Emmanuel Macron n'a-t-elle jamais vu le jour?
Pourquoi la commission d'enquête que nous avions obtenue a-t-elle été sabotée? La République doit porter secours par tous les moyens à Mayotte et à ses habitants. Dans ce contexte, monsieur le Premier ministre, vous n'auriez pas dû vous rendre à Pau pour conserver un mandat, mais à la réunion de crise à l'Elysée pour assurer votre nouveau rôle.
Le mépris a été prouvé. Aimé Césaire disait: "Ce n'est pas par la tête que les civilisations pourrissent, c'est d'abord par le coeur." Notre coeur est tout entier tourné vers Mayotte.
Nous voulons que tout soit mis en oeuvre pour prévenir les cataclysmes suivants. - Yaël Braun-Pivet: Merci. La parole est au Premier ministre. - François Bayrou: Madame Mathilde Panot, vos mots sont justes sur la situation des Mahorais.
Il est vrai que c'est le département le plus pauvre de France et non sans raisons. Le développement de ce département, qui est le dernier à avoir rejoint la France, a commencé plus tard que les autres. Les conditions socio-économiques de cette région du monde ne sont pas favorables.
Je me joins aux regrets que vous avez exprimés, d'une certaine manière. Je regrette qu'il n'y ait pas eu plus tôt de prise en compte, dans les 30 ou 40 ans précédent l'adoption d'un modèle différent. Vous avez eu une petite phrase polémique à laquelle je voudrais répondre.
C'est extrêmement simple. J'ai été à la réunion de crise avec le président de la République. J'y ai participé de la première à la dernière minute.
Simplement, j'y ai participé par visio, comme le ministre de l'Intérieur y a participé par visio depuis l'île de La Réunion. Pau, c'est en France. Si j'étais allé présider...
Si j'étais allé au conseil municipal...
Il y avait hier soir, à peu près dans toutes les communes de France, des conseils municipaux pour voter les budgets. Si j'avais été dans une mairie du 7e arrondissement, ou la mairie de Neuilly, vous auriez considéré que c'était très bien. Excusez-moi, permettez-moi de vous dire...
Permettez-moi de vous dire qu'il y a une rupture que, peut-être, vous ne sentez pas, entre la vie de la province et le cercle des pouvoirs à Paris. Madame, ce n'est pas la peine de crier. Nous pouvons avoir des opinions différentes...
Excusez-moi, je suis de ceux qui pensent que l'on n'a pas le droit de séparer la province et le cercle des pouvoirs à Paris. - Rendez-nous Barnier! - François Bayrou: Vous pouvez vous égosiller...
A Mayotte, il y avait le ministre de l'Intérieur. C'est le président de la République qui a présidé la réunion de crise et j'y ai participé. Donc, j'ai présidé le conseil municipal de ma ville de 19h à 23h.
Ce faisant, j'étais aussi à ma place de citoyen. J'ai l'intention de défendre cette idée que la citoyenneté ne se divise pas entre être à Paris et occuper ses responsabilités de citoyen sur le terrain. Ca va être un très grand sujet pour notre avenir.
Merci beaucoup. - Yaël Braun-Pivet: Je vous remercie. La parole est à monsieur le président Boris Vallaud pour le groupe socialiste. - Boris Vallaud: Madame la présidente, monsieur le Premier ministre, nos premières pensées vont à nos compatriotes de Mayotte, aux victimes et à leurs familles, ainsi qu'aux services de secours.
Nous leur disons notre solidarité. Je le dis sans esprit de polémique mais avec gravité: votre place n'était pas à Pau. L'urgence n'était pas au retour du cumul des mandats, mais aux inquiétudes des Français et des Mahorais.
Votre seul devoir est d'y répondre sans attendre et le temps presse. Notre seul devoir d'opposition est d'y veiller. Nous leur devons d'être utiles à leur vie.
Notre devoir, dans l'intérêt du pays, est de chercher un chemin de stabilité et de progrès, d'être des parlementaires adultes à la recherche de majorités texte par texte, fidèles à l'élan du front républicain. Je vous adresse une forme d'avertissement républicain solennel. Nous voulons un bon budget pour le pays.
Et vous? Nous voulons parler des retraites. Et vous?
Nous voulons avancer sur la question de la vie chère en outre-mer, de l'école, de l'agriculture, du narcotrafic, des salaires. Et vous? Nous avions revendiqué un Premier ministre de gauche ouvert au compromis.
Vous n'êtes pas de gauche, mais serez-vous ouvert au compromis? Serez-vous disposé à autre chose qu'à la défense quoiqu'il en coûte du bilan d'Emmanuel Macron? Nous avons revendiqué le respect strict du front républicain, serez-vous bien un Premier ministre affranchi du Rassemblement National et de ses idées nauséabondes?
Comment comptez-vous obtenir la stabilité dans la justice, aider les Français et sortir de la crise tout en échappant à une nouvelle censure? Quelle est votre méthode? Quel est votre calendrier?
Quand allons-nous nous mettre au travail? Nous y sommes prêts dès aujourd'hui, et vous? - Yaël Braun-Pivet: Merci.
Monsieur le Premier ministre, vous avez la parole. - François Bayrou: Monsieur le président Boris Vallaud, je me joins aux mots qui ont été les vôtres et que je sais sincères, à destination des Mahorais et de ceux qui aujourd'hui essayent et réussissent à leur porter secours. Cette tonalité qui est unanime dans nos bancs est à mon sens très importante pour ceux qui nous écoutent.
Après, vous dites: "Où êtes-vous dans la crise que le pays traverse?" Je le répète, aucun des sujets que vous avez édictés ne sera mis de côté. Aucun ne sera exclu de l'action du gouvernement.
J'espère, comme vous l'avez fait verbalement, que nous participions tous à la mise au point des réponses. Ma méthode, c'est celle-là. - Ce n'est pas clair. - François Bayrou: C'est assez clair.
Est-ce que je fais aujourd'hui le discours de politique générale? Non. J'ai l'intention de proposer au président de la République de former le gouvernement dans les jours qui viennent.
Je le sais, je n'espère pas seulement. Nous le ferons dans les jours qui viennent. A ce moment-là, il y aura le discours de politique générale.
Ne soyez pas véhémente, madame. Nous allons le faire. Il y aura des réponses à toutes les questions que vous avez posées.
Je répète que la réponse sur la question des dépenses publiques, nous devons la trouver ensemble. Je ne laisserai pas la situation budgétaire sans réponse. Permettez-moi de vous dire que s'il n'y a pas eu de réponse, c'est parce qu'il y a eu censure, et ce n'est pas nous qui avons censuré.
Vous avez raison de dire que la censure n'a été acquise que parce qu'il y a eu des votes qui se sont additionnés sur les bancs des uns et des autres. La situation dans laquelle nous sommes, objectivement, c'est la conséquence du vote de censure qui a eu lieu. C'est la conséquence.
Nous allons réparer cette situation. J'espère que nous le ferons en trouvant des chemins d'entente entre le gouvernement et les différentes sensibilités qui formeront le gouvernement et aussi avec les élus responsables sur vos bancs. Cette certitude, je la garantis devant vous.
Est-ce qu'on sera d'accord sur tout? Sûrement pas. Mais je suis certain, monsieur le président vallaud...
Peut-être est-ce de l'optimisme irréaliste, mais que le chemin existe pour que les uns et les autres fassent un pas en avant. Je suis certain que l'on s'approche du consensus. N'entrez pas en colère les uns sur les autres.
Il faut que vous sachiez que les Français ne vous entendent pas pour des raisons qui tiennent aux micros. Je serai à ce rendez-vous, monsieur le président Boris Vallaud. - Yaël Braun-Pivet: Merci beaucoup, monsieur le Premier ministre.
La parole est à présent à monsieur Vincent Jeanbrun. - Vincent Jeanbrun: Merci, madame la présidente. Je veux d'abord dire solennellement, au nom du groupe et du président Laurent Wauquiez, toute notre solidarité avec Mayotte et ses habitants.
Nous sommes de tout coeur avec nos compatriotes. La question s'adresse à monsieur le Premier ministre. Je me rappelle de ces mots...
Brouahaha - Je me rappelle de ces mots: "Nous ne pouvons pas continuer à creuser le déficit de la France et à augmenter la dette de notre pays comme nous le faisons." Ces mots, ce sont les vôtres, monsieur le Premier ministre. Vous les avez prononcés lors de la campagne présidentielle de 2007.
A l'époque déjà, vous dénonciez le dérapage de nos comptes publics. A l'époque, nous avions 1200 milliards de dette. Aujourd'hui, c'est deux fois plus.
Aujourd'hui, la dette approche les 6% du PIB. Alors que La France Insoumise et le Rassemblement National fêtent main dans la main la chute du gouvernement, ce sont les Français qui payent la note. La censure du gouvernement n'a pas censuré notre déficit ni notre dette, dont les intérêts sont supérieurs au budget de la défense et bientôt supérieurs au budget de l'éducation.
La facture de la censure est bien réelle. Nos agriculteurs le savent bien, malheureusement. Quand la France voit sa note dégradée, ce sont les Français qui voient leurs impôts augmenter.
Monsieur le Premier ministre, la première tâche de votre gouvernement sera de faire voter un budget. Ce ne sera pas simple, mais c'est vital. Notre groupe est convaincu que dans notre pays, notre priorité doit être de faire des économies.
Tous les gouvernements en parlent depuis 15 ans et aucun n'a eu le courage de le faire. Ayons cette audace d'assumer que l'on peut faire mieux avec moins. Avec mon groupe, nous avons fait des propositions en ce sens. - Yaël Braun-Pivet: Merci beaucoup.
Merci. La parole est à monsieur le Premier ministre. - François Bayrou: Madame la présidente, il semble que j'ai oublié de vous saluer dans une réponse précédente et je vous réitère donc ce salut initial.
Monsieur le député Jeanbrun, vous avez dit quelque chose qui est très important à mes yeux et qui explique les combats que j'ai menés sur la question des finances publiques, sans être à l'époque totalement entendu par tous les bancs de cette Assemblée. C'est très important parce que je considère que la question des finances publiques n'est pas une question financière seulement, pas une question économique seulement, c'est une question morale. Nous ne pouvons pas passer d'année en année, de décennie en décennie, comme nous le faisons immémorialement, nous ne pouvons pas passer sous silence la lâcheté qui est la nôtre d'entretenir nos dépenses courantes en empruntant sur le dos des générations futures.
Je considère, pour ma part, que ceci n'est pas digne de parents et de citoyens. Est-ce que la réponse est facile à trouver? Elle aurait été trouvée depuis longtemps, si c'était le cas.
Comme vous le rappelez, ce débat, que j'ai amené en 2007, a donné ensuite lieu à un endettement important à partir de 2008. C'était votre courant politique qui était aux responsabilités principales. Et puis il y a eu cette succession de crises que nous avons vécues, les gilets jaunes et puis le Covid et puis la guerre et puis l'inflation, et avouez que cette cascade de crises n'était pas tout à fait anodine.
Vous avez fini sur une idée: il faut faire des économies. Vous avez raison de dire qu'il n'y aura pas de redressement sans faire des économies. C'est une responsabilité sur tous ces bancs partagée.
Je plaide pour que l'on prenne conscience de ce fait et que ceux qui supplient l'exécutif de dépenser plus comprennent que nous sommes en situation de coresponsabilité. Je vous assure que je vous suivrai dans ce sens dès l'instant que nous pourrons dépenser moins pour agir mieux. Je crois que c'est possible. - Yaël Braun-Pivet: Merci beaucoup, monsieur le Premier ministre.
La parole est à présent à monsieur Steevy Gustave. - Steevy Gustave: Merci. La situation à Mayotte est tragique et insoutenable.
Le cyclone Chido a laissé derrière lui un territoire en ruines. Il y a des habitations éventrées, des corps retrouvés sous les décombres et des vies brisées. Le bilan humain partiel est d'ores et déjà dramatique.
Le bilan définitif s'annonce pire. Potentiellement, des milliers de vies qui s'éteignent, même si ces corps restent enterrés sous la boue, même s'ils deviennent des fantômes administratifs, ils vont hanter notre histoire nationale. Je salue le courage et le dévouement des secours mobilisés sur place, les pompiers, les soignants et tous les bénévoles qui incarnent la solidarité et l'engagement de notre République.
Mais à Mayotte, il manquait déjà tout avant le cyclone. Pas d'eau potable, un seul hôpital saturé et des conditions de vie indignes. Le risque d'épidémies est réel.
Comment assurer la survie des sinistrés? Le cyclone n'est pas une exception. C'est l'incarnation de la crise climatique.
Les catastrophes vont se reproduire encore et encore et ce sont toujours les plus vulnérables qui vont payer le prix lourd. Pendant que Mayotte pleure ses morts, que tant de citoyens se mobilisent, il est incompréhensible que vous ayez privilégié un conseil municipal, monsieur le Premier ministre. Que doit penser le peuple mahorais d'un gouvernement qui regarde ailleurs ?
C'est indigne de nos valeurs républicaines. Les Mahorais et tout le peuple français attendent que vous soyez à la hauteur de ce drame. Quand comptez-vous vous rendre à Mayotte?
Comment allez-vous prévenir les épidémies? - Yaël Braun-Pivet: Merci. Merci de respecter le temps de parole qui est le vôtre.
La parole est à monsieur le Premier ministre. - François Bayrou: Madame la présidente, monsieur le député Steevy Gustave, je répète que vos mots sur les Mahorais sont sensibles et justes et méritent d'être partagés. Vous dites que le gouvernement n'était pas à Mayotte, ce n'est pas exact.
Il y avait deux ministres, le ministre de l'Intérieur et le ministre de l'Outre-mer, hier à Mayotte. Le président de la République a annoncé qu'il irait aussi. Il n'est pas d'usage que le Premier ministre et le président de la République quittent en même temps le territoire national, surtout que, disons-le, c'est la responsabilité de proposer au président un nouveau gouvernement et je le ferai dans les délais les plus rapides, comme nous en sommes d'accord avec le président.
Ce que vous avez effleuré comme situation ne doit pas être éludé. Il y a, à Mayotte, en plus du drame que nous vivons, une déstabilisation qui dure depuis des années et qui tient à ce que des afflux de populations sont vécus par la population mahoraise, pourtant avec des origines proches ou semblables...
Il y a des afflux de populations qui sont très mal vécus. On n'est pas obligés de s'accuser entre nous. C'est une situation sociale qui est une situation critique.
A cela aussi, nous devons apporter des réponses. Nous devons être attentifs à ce que les mahorais ressentent, parce qu'ils sont profondément déstabilisés. Ils ressentent comme une injustice dans leur propre espace de vie.
Je n'ai pas l'intention de l'oublier non plus, sans en faire une question d'accusations réciproques. Parce qu'une vie vaut une vie, mais le sentiment de la population de nos compatriotes Mahorais mérite d'être pris en compte. Ce qui a manqué, c'est la capacité de régulation.
C'est très important pour notre avenir. C'est peut-être un sujet que nous devrons encore traiter ensemble. - Yaël Braun-Pivet: Merci.
La parole est à monsieur Philippe Vigier pour le groupe démocrate. - Philippe Vigier: Merci. Monsieur le Premier ministre, l'archipel de Mayotte a été dévasté.
La France est en deuil. Je crois que cela exige de chacun un comportement à la hauteur et qui ne laisse pas de place à la polémique. Il y a deux mots qui reviennent, le mot urgence, d'abord.
Confirmez-nous que tous les moyens de l'Etat, des collectivités, des départements, des communes de Mayotte, sont mobilisés? Tous ceux qui sont en capacité d'accueillir les blessés, de soigner, tous ceux qui peuvent rétablir l'eau, l'électricité, faire en sorte que la vie puisse reprendre? Mais s'il y a l'espoir, il y a l'exigence.
Vous avez rappelé tout à l'heure que sous l'autorité d'Elisabeth Borne avec Gérald Darmanin, on avait commencé à résoudre la crise hydrique. Il nous faut, mes chers collègues, pour le logement, tout rebâtir. Nous avons détruit des bidonvilles courageusement avec Gérald Darmanin.
Il y a 20.000 enfants non scolarisés! Il faut que l'on soit à la hauteur des enjeux.
Il nous faut continuer ce que nous avons démarré. Il nous faut enfin donner des moyens à l'hôpital à Mayotte pour éviter une évacuation sanitaire. Il nous faut aussi la convergence des droits sociaux à Mayotte.
Le SMIC n'est pas le même que dans l'Hexagone. Etes-vous prêt, monsieur le Premier ministre, à nommer un délégué interministériel à la reconstruction, comme on l'a fait pour Irma, qui s'est abattue sur Saint-Martin et Saint-Barthélemy? Il faut que derrière l'émotion, il y ait de l'espoir.
Il faut dire aux habitants de Mayotte qu'on les aime et qu'on sera là pour eux. - Yaël Braun-Pivet: Merci. La parole est à monsieur le Premier ministre. - François Bayrou: Madame la présidente, monsieur le ministre Vigier, vous avez souligné l'action qui avait été entreprise par le gouvernement auquel vous apparteniez, sous l'autorité d'Elisabeth Borne, avec Gérald Darmanin comme ministre de l'Intérieur, pour résoudre la première crise hydrique.
L'action que vous avez conduite a permis de passer le cap. Le gouvernement s'est inspiré de cette action pour la mise en place d'un pont aérien avec des avions gros porteurs qui sont sur le point d'arriver à Mayotte, avec des bateaux qui vont prendre en charge des stocks de conteneurs importants d'eau et de nourriture. L'action que vous avez conduite a aidé.
Vous aviez mis en place un comité interministériel pour agir. La décision a été prise hier soir sous l'autorité du président de la République d'aller dans ce sens et de désigner un délégué interministériel. Je veux vous rassurer sur un point.
Vous demandez où en sont les personnels qui doivent nous rejoindre. 450 sont déjà sur place et plus de 800 sont sur le point d'être mobilisés pour rejoindre Mayotte. Le sujet de la reconstruction est très important.
L'appel à projets qui me paraissait nécessaire va être lancé. Je crois que l'assurance que l'Etat est là, déjà en place, que les progrès de remise en route du réseau électrique et du réseau de télécommunication sont en cours de prise en main. J'ai toujours pensé que l'on pouvait traiter de ces questions par des lois pluriannuelles d'investissements et de services publics.
C'est cette ligne qu'il est nécessaire de suivre pour que personne ne doute de la volonté unanime sur ces bancs, qui est de soutenir Mayotte. - Yaël Braun-Pivet: Merci. La parole est à monsieur le président, Stéphane Lenormand. - Stéphane Lenormand: Merci.
Monsieur le Premier ministre, je porte au nom du groupe LIOT la question de la députée de la 1re circonscription de Mayotte, notre collègue Estelle Youssouffa, qui est sur place. Je porte ici son cri du coeur. Trois jours après le passage du cyclone Chido, Mayotte est méconnaissable.
L'île est détruite à 90%, y compris les habitations en dur. Ses habitants ont déjà été éprouvés. Ils se retrouvent sans eau et sans électricité, sans possibilité de communication, souvent.
Des familles entières demeurent sans nouvelles de leurs proches. La peur et le chaos vont s'installer. Des pillages ont débuté.
Mayotte est aujourd'hui défigurée, anéantie. Mayotte crie au secours. Mayotte est en détresse.
Les infrastructures publiques sont détruites. Les défunts sont enterrés à la hâte. Pourtant, hier, alors que se tenait une réunion de crise cruciale, vous avez préféré aller au conseil municipal de Pau.
Comment justifier auprès de la population de Mayotte cet abandon? Prenez enfin la pleine mesure de cette catastrophe humanitaire. Quand allez-vous déclarer l'état d'urgence et débloquer des fonds exceptionnels pour aider cette population au plus vite?
Quand allez-vous répondre enfin à l'appel de Mayotte? La France a su reconstruire Notre-Dame de Paris en moins de 5 ans. Il faut maintenant reconstruire Mayotte plus rapidement. - Yaël Braun-Pivet: Merci.
La parole est au Premier ministre. - François Bayrou: Madame la présidente, monsieur le président, je sais que l'art de la pédagogie, c'est la répétition, pour l'avoir pratiqué assez longtemps et souvent. Je vous répète que j'ai participé à la réunion de crise autour du président de la République.
Je l'ai fait par visio. Cette réunion a été fructueuse et précise, dans les décisions qu'elle a prises. Je partage l'expression qui est la vôtre.
On a été capables, magnifiquement, de reconstruire Notre-Dame en 5 ans. On a moins de temps que cela pour reconstruire et rendre à Mayotte...
Rendre Mayotte à ses habitants pour qu'ils aient des conditions de vie décentes. Cela ne pourra se faire que par un effort national. Cet effort a commencé à être déployé aujourd'hui.
Pour les difficultés des hôpitaux, un hôpital de campagne militaire est en train d'être mis en place, afin que les réponses sanitaires puissent être apportées. Comme l'a rappelé hier la ministre de la Santé, nous avons pu évacuer les malades en situation critique, notamment pour des dialyses. Nous les avons évacués à La Réunion.
Il y a eu un effort de réflexion, de programmation, qui implique tous les groupes de cette Assemblée. Nous n'y arriverons pas si nous nous laissons entraîner à être les uns contre les autres. Ce type de catastrophes montre que l'unité nationale est une condition de redressement. - Yaël Braun-Pivet: Merci.
La parole est à présent à madame Félicie Gérard pour le groupe Horizons. - Félicie Gérard: Merci. Le groupe Horizons s'associe aux pensées et aux hommages exprimés à nos compatriotes de Mayotte.
Monsieur le Premier ministre, la censure du gouvernement de Michel Barnier a plongé notre pays dans l'inconnu. De lois d'urgence en décrets inédits, l'appareil d'Etat se met en marche pour permettre à notre pays de continuer à tourner, mais aucun problème n'est aujourd'hui réglé. Nos entreprises sont dans l'inconnu le plus total.
Les commandes s'effondrent. Sans annonce concrète dès maintenant, les plans de licenciement ne feront que s'intensifier dès janvier. Des pans entiers de notre économie s'effondrent.
Je pense entre autres au secteur du bâtiment, de l'automobile ou de l'agriculture et du nucléaire qui attendent des réponses d'urgence. Je n'oublie pas nos collectivités locales qui se demandent si elles pourront continuer à agir dans de bonnes conditions en 2025. Ces difficultés ne datent pas de la censure, mais elles ne font qu'aggraver la situation.
Les cris d'alerte de nos chefs d'entreprise, de nos élus locaux, des Français qui se lèvent tous les matins pour aller travailler se multiplient. Tous me demandent de donner un cap à notre pays. Baisser le déficit et la dette de notre pays doit être la priorité absolue des prochains mois.
Nous devons doter notre pays d'un budget de redressement. Plus de 60 milliards d'euros sont à trouver pour 2025. Aucune ligne rouge ne doit être édictée.
Mais si certains pensent qu'il suffit de taxer toujours plus, nous considérons que la priorité doit être avant tout de baisser nos dépenses publiques. Monsieur le Premier ministre, comment comptez-vous mener ce redressement budgétaire? Quelle sera la méthode et le calendrier? - Yaël Braun-Pivet: Merci.
La parole est à monsieur le Premier ministre. - François Bayrou: Merci. Madame la députée, je partage votre préoccupation.
Je n'ai jamais cru que c'était dans la fiscalité que se trouvait la réponse à tous les problèmes du pays. Car si c'était le cas...
Car si c'était le cas, si la prospérité, la croissance et le bonheur d'un pays étaient indexées sur la fiscalité, nous serions le pays le plus heureux du monde. Applaudissements Je crois à la nécessité de l'assainissement, mais je crois qu'elle ne peut être que progressive et que nous entrons dans une phase qui doit nous permettre, étape par étape, de revenir à un équilibre plus sain. Nos compatriotes étaient tenus dans l'ignorance.
Je l'avais dit lors de la réforme des retraites. On annonçait que ce financement des retraites était équilibré et même légèrement excédentaire. Je n'ai jamais cru cela.
Je pense aussi que le souci de justice doit être pris en compte. La fiscalité ne s'accommode pas d'un sentiment d'injustice. C'est tout cela que nous allons avoir à traiter.
Je ne crois pas que ce soit uniquement par des impôts supplémentaires. Je pense qu'il est nécessaire que l'on envisage des économies, mais je sais que cet équilibre est nécessaire à la société française. - Yaël Braun-Pivet: Merci.
La parole est à présent à madame Mereana Reid Arbelot. - Mereana Reid Arbelot: Merci. Monsieur le Premier ministre, une dévastation totale, un silence assourdissant.
A Mayotte, une catastrophe naturelle se transforme en tragédie humanitaire. La violence du cyclone Chido et la grande pauvreté de la population font craindre de très lourdes pertes en vies humaines. La France est en deuil.
Une course contre la montre a commencé, contre la soif, contre la faim, contre le choléra et les épidémies, contre les traumas et tous les dangers post-cycloniques. Aider la population sinistrée est une priorité nationale et elle devrait être la vôtre. Dans un des plus grands déserts médicaux français, l'hôpital de Mayotte et son personnel dévoué ne peuvent faire face.
Le CHU de la Réunion réceptionne les évacués sanitaires. Les équipes médicales sont arrivées sur place, mais en quelques heures, tout est devenu extrêmement critique à Mayotte, particulièrement l'accès à des lieux d'accueil, à l'eau potable, aux soins et aux réseaux de télécommunications. Il faut mobiliser tous les secours au niveau international.
La France doit solliciter l'OMS, les grandes ONG. A-t-elle prévu d'augmenter les moyens de la plate-forme internationale de la Croix-Rouge de l'océan Indien? A-t-elle prévu de demander de l'aide aux navires des pays voisins?
Toutes les solidarités doivent se conjuguer avec l'engagement entier de l'Etat pour qu'une véritable politique de développement soit enfin lancée, en lien avec les Comores et tout l'environnement régional. La tragédie de Mayotte en appelle à la responsabilité de l'Etat pour venir au secours de tous, sans aucune distinction. Chaque vie compte. - Yaël Braun-Pivet: Merci.
La parole est à monsieur le Premier ministre. - François Bayrou: Merci. Vous avez abordé dans votre question la question sanitaire.
En effet, la crainte des épidémies est liée à la situation que nous connaissons aujourd'hui. Vous voyez bien les composantes que vous avez très bien indiquées de la situation, avec des victimes, avec des systèmes d'assainissement de l'eau en difficulté. Tout cela compose un paysage et multiplie les risques.
Nous avons demandé que se constituent des stocks de vaccins, qui sont en train d'être mis en place à La Réunion et immédiatement projetés à Mayotte. Le sentiment de gravité et de responsabilité que vous avez exprimé, je le salue. C'est le nôtre et je suis sûr que les Mahorais le partagent. - Yaël Braun-Pivet: Merci.
Madame la députée? - Mereana Reid Arbelot: La solidarité nationale, c'est bien. La coopération internationale, dans ce contexte, c'est mieux. - Yaël Braun-Pivet: Merci.
La parole est à madame Hanane Mansouri. - Hanane Mansouri: Merci. Le groupe UDR s'associe au deuil national.
Monsieur le Premier ministre, le groupe UDR vous souhaite d'abord la bienvenue dans vos nouvelles fonctions. Fidèle à notre esprit de responsabilité, nous refusons toute censure a priori, contrairement à la gauche. Toutefois, le cadre de notre Constitution garantit des moyens d'action pour défendre les intérêts du peuple et c'est ce que nous ferons.
Nous avons donc trois questions majeures qui sont aussi nos lignes rouges. Allez-vous rompre avec la logique budgétaire socialiste du précédent gouvernement qui prévoyait de racketter les Français avec 40 milliards d'euros d'impôts? Nous sommes convaincus que les économies doivent se faire dans les dépenses de l'Etat et non dans les poches des Français.
Il y a plus de 20 ans, avant ma naissance, vous parliez déjà du fardeau de la dette. Le visionnaire que vous êtes osera-t-il continuer à hypothéquer l'avenir des générations futures? La question de l'immigration de masse ne peut plus être mise sous le tapis comme le voudrait la gauche.
Je dis cela pour Lola, Thomas, Philippine, Nicolas, tous ceux qui ont été tués par notre laxisme d'Etat. Allez-vous répondre à cet appel des Français qui veulent que vous les protégiez? Allez-vous céder au chantage de la gauche en renonçant à cette loi immigration?
Les Français attendent des réponses claires pour l'avenir de notre pays. - Yaël Braun-Pivet: Merci. La parole est au Premier ministre. - François Bayrou: Madame la présidente...
Brouhaha Merci de votre mot de bienvenue. Il est sympathique. Il est pour moi chaleureux.
Je dois dire ensuite que l'accusation de socialisme pour le gouvernement qui m'a précédé n'était pas tout à fait arrivé jusqu'à ma conscience. Applaudissements Donc, c'est une occasion pour moi de saluer Michel Barnier, qui a eu le courage d'occuper les mêmes responsabilités... ...
Je vous promets que je ne le taxerai pas de socialisme, pour ne faire de peine ni sur les un, sur les autres de ces bancs. Est-ce que la question de l'immigration préoccupe nos concitoyens? Oui.
Est-ce que nous pouvons la traiter sur des données objectives, en essayant de trouver une ligne de conduite? Je crois que oui. Je serai naturellement heureux à cette tribune, dans quelques jours, quand le gouvernement sera formé, de défendre un point de vue.
Est-ce qu'il fera l'unanimité? Je n'en suis pas sûr. Mais je crois qu'il sera de bonne foi et qu'il pourra être analysé comme telle.
Nous avons besoin de cette bonne foi en même temps que de la mobilisation de tous, comme c'est le cas pour Mayotte, que nous avons longuement traité aujourd'hui. Cela me permet de ne pas oublier de saluer un membre du gouvernement mahorais qui mérite nos applaudissements. - Yaël Braun-Pivet: Merci.
La séance des questions au gouvernement est terminée. Merci à tous.
François Bayrou