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Discours / meetingÉlysée (sur YouTube)· 16 février 2021 8 minAutoproduitFond programmatiqueDéfenseSécuritéEurope & internationalInstitutions & élections

Visioconférence du Sommet du G5 Sahel à N'Djamena | Propos introductif du Président Emmanuel Macron

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Chapitres

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Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:30E. MacronFait
    « je regrette de ne pas partager avec vous physiquement, mais qui reflète très bien l'intensité de notre mobilisation collective pour le Sahel et le chemin parcouru »
  • 1:00E. MacronFait
    « vous avez déjà donné un gage éclatant de votre engagement avec la mise en route du bataillon qui rejoindra dans quelques jours la région des "trois frontières" »
  • 2:00E. MacronFait
    « nous avons réussi à mettre en place véritablement un mécanisme de commandement conjoint, une contribution remarquable du général Namata à cette nouvelle organisation »
  • 3:00E. MacronFait
    « l'ennemi que nous avions désigné à Pau comme prioritaire, à savoir l'Etat islamique au Grand Sahara, a perdu son emprise et subi de lourdes pertes »
  • 4:00E. MacronChiffre
    « nous avons identifié le besoin de 40 millions d'euros par an pour faire fonctionner cette force, pour payer les primes et pour le fonctionnement »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

-E. Macron: Président Déby, je disais que je vous remerciais pour la réunion que je regrette de ne pas partager avec vous physiquement, mais qui reflète très bien l'intensité de notre mobilisation collective pour le Sahel et le chemin parcouru. Et je félicitais aussi le président Ghazaouani pour l'impulsion décisive qu'il a su donner au G5 Sahel au cours de sa présidence.

Je sais combien le Tchad aura à coeur de démontrer le même volontarisme. Et d'ailleurs, cher président Déby, cher Idriss, vous avez déjà donné un gage éclatant de votre engagement avec la mise en route du bataillon qui rejoindra dans quelques jours la région des "trois frontières", ce qui est une décision forte et courageuse, que je salue et qui viendra conforter la force conjointe G5 Sahel. Il y a un an à Pau, vous l'évoquiez, nous avons collectivement marqué un sursaut collectif face à une situation qui avait beaucoup endeuillé nos pays, à la fois nos forces armées et nos civils.

Je me souviens du lourd tribut payé évidemment en novembre par les armées françaises, en décembre par les armées nigériennes, pour ne citer qu'elles. Et nous avons réussi à mettre en place véritablement un mécanisme de commandement conjoint, une contribution remarquable du général Namata à cette nouvelle organisation, de véritables résultats dans la zone des "trois frontières" et des acquis durant cette année écoulée. Je veux d'ailleurs ici souligner combien, il y a un an, nous n'aurions peut-être pas tous estimé possibles et si paisibles les transitions qui sont en train de se faire.

Et l'organisation d'élections libres et dans de bonnes conditions au Burkina Faso, ce qui me permet de féliciter le président Kaboré, et l'organisation dans de parfaites conditions d'élections au Niger, dont le 2e tour se fera dans quelques semaines, et ce qui me permet là aussi de féliciter le président Issoufou. L'ennemi que nous avions désigné à Pau comme prioritaire, à savoir l'Etat islamique au Grand Sahara, a perdu son emprise et subi de lourdes pertes. Avec l'appui de Barkhane, la force conjointe du G5 Sahel, des armées sahéliennes ont repris des postes et des zones qui avaient été occupés par des éléments terroristes.

Et maintenant, l'enjeu de N'Djamena est véritablement de passer une nouvelle étape, d'aller encore plus loin et plus fort sur la mobilisation collective en matière de lutte contre le terrorisme et de consolidation de notre structuration militaire, mais également d'avoir, sur le plan politique et civil, le même sursaut que celui que nous avons eu il y a un an. J'ai pour ça 3 messages très simples à passer. Le 1er message, c'est de souligner que nous ne devons pas relâcher la pression sur les groupes terroristes, poursuivre l'emprise sur les "trois frontières", avec en particulier l'apport du bataillon tchadien, mais mener, dès les prochains jours et prochaines semaines, des opérations concrètes dans cette zone pour retrouver le contrôle, et, dans la zone des "trois frontières", forcer véritablement notre action.

Je pense aussi au RVIM et à la katiba Macina dont la plus haute hiérarchie continue de nourrir un agenda et une idéologie djihadistes. Et là-dessus, nous réengageons nos forces pour véritablement essayer d'aller décapiter ces organisations avec une action renforcée. C'est aussi pourquoi, enfin, je me réjouis des perspectives d'opérationnalisation du fuseau ouest de la force conjointe, sous l'impulsion des présidents Ghazaouani et N'Daw.

Le 2e message que je souhaite passer, c'est que nous devons, et vous l'avez fait, président, à l'instant, nous devons obtenir le soutien collectif à la force conjointe du G5 Sahel. En 3 ans, le chemin parcouru est considérable, comme en attestent les récents succès des opérations Bourrasque et Eclipse. L'Union européenne a pris toute sa part dans ce soutien avec le financement des équipements, qui nous avait précédemment occupés.

L'UMOA a également apporté une contribution financière décisive. Je salue mes frères ici présents qui se sont beaucoup engagés. Si nous voulons maintenir cette dynamique, nous devons être au rendez-vous.

On a mis en place la force conjointe G5 Sahel, nous avons mis en place un fonds fiduciaire et nous avons identifié le besoin de 40 millions d'euros par an pour faire fonctionner cette force, pour payer les primes et pour le fonctionnement. Il nous faut maintenant continuer de solliciter l'ensemble de nos partenaires internationaux pour donner de la visibilité à nos forces conjointes, obtenir les financements dans la durée. Et je sollicite vraiment tous les partenaires européens, golfiques et internationaux qui sont là.

C'est pour nous la clé avec, en parallèle, un chantier diplomatique qui a été évoqué par le président Macky Sall à l'instant et le président Déby, qui est d'obtenir la mise sous chapitre, certes, évidemment, les Nations unies de la force conjointe G5 Sahel, mais nous ne pouvons pas attendre une telle décision qui, on le sait, va prendre plusieurs mois. On doit dès maintenant accélérer notre financement de la force conjointe. Enfin, c'est le 3e point, nous ne devons pas simplement lutter contre l'emprise des groupes terroristes, nous devons aussi donner une perspective aux populations du Sahel.

C'est le 2e sursaut que nous devons réussir, celui du retour de la sécurité et des services aux populations. Et là, nous devons avoir la même méthode que pour Pau : une impulsion au plus haut niveau de l'Etat, des objectifs mesurables et tangibles, un dialogue étroit avec les partenaires. Et je souhaite que l'Union européenne puisse être l'acteur clé de l'accompagnement, justement, de cette poussée, de ce sursaut civil et de son suivi au quotidien.

Et je veux vraiment saluer à cet égard l'implication personnelle du président N'Daw qui a, avec beaucoup de courage, repris ce flambeau, qui a su réunir, il y a quelques jours, le comité de suivi à Kidal, ce qui était inédit, ce qui marque un vrai retour de l'Etat, une reconquête justement politique, et saluer aussi les engagements récemment pris par le président Kaboré, qui a eu l'occasion de me les annoncer à Paris, et sa volonté aussi, justement, de signer avec EUTM pour qu'il y ait un retour aussi, une consolidation en termes de formation des armées, et le travail très rigoureux du président Issoufou pour que l'ensemble des zones, en particulier dans les "trois frontières", qui sont ainsi libérées, puissent être pleinement reprises en main par l'Etat, les associations et une action concrète pour donner des perspectives aux populations. Voilà. Je conclurai en soulignant que la mobilisation internationale en faveur du Sahel n'a au fond jamais été aussi puissante.

Et je veux remercier à ce titre les partenaires européens qui se sont engagés dans la montée en puissance de l'opération Takuba et qui acceptent ainsi de mutualiser le risque du sacrifice ultime que prennent nos soldats. Cette mobilisation n'est pas seulement militaire, comme en témoigne aussi le nombre toujours croissant de membres de l'Alliance pour le Sahel que nous avions créée à l'été 2017, et qui est aussi démontrée par l'engouement que provoque un projet comme la Grande Muraille verte, qui est un projet de développement essentiel pour toute la région et développer les projets d'agroforesterie. Je veux aussi souligner l'importance de la mobilisation de l'Organisation internationale de la francophonie.

Je sais que sa secrétaire générale est à vos côtés, chère Louise, et qui mène aussi beaucoup d'actions sur le terrain pour nous accompagner en matière d'éducation et en matière justement de soutien aux populations. Tout ça montre que c'est par le collectif et l'action concrète sur le terrain que nous réussirons. La France continuera d'y prendre sa part parce que je sais que chacun ici est pleinement mobilisé.

Voici, président, ce que je voulais vous dire, en félicitant aussi le docteur Djimet Adoum, pour sa désignation comme haut représentant de la coalition, l'assurer du plein soutien de la France, et remercier également la Cédéao et l'Union africaine de leur présence. Je sais que notre frère Hanana est avec vous et à vos côtés et que Moussa Faki est là également. Mais ce sont des acteurs essentiels de cette lutte avec tous les pays sahéliens.

Merci, cher Idriss, mon cher ami.