Islamophobie, LFI, 2027... l'interview en intégralité de Karim Bouamrane, maire PS de Saint-Ouen
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 91 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:22OuverteRéponse partielle
Hier, vous étiez dans la rue avec d'autres élus de gauche pour dire stop aux actes anti-musulmans. Pourquoi la LFI n'était pas là ?
- 2:37RelanceRéponse directe
Pourquoi quand vous vous manifestez, ce n'est pas une récupération politique, quand ce sont les Insoumis, c'est de la récupération politique ?
- 3:29RelanceRéponse directe
Quand vous voyez Jean-Luc Mélenchon en larmes après avoir rencontré une femme musulmane inquiète, il n'est pas sincère ? Il est dans la récupération ?
- 4:54OuverteRéponse directe
Quand les républicains vous disent que l'emploi du mot islamophobie est polémique, de quel choix s'agit-il ?
- 5:35OuverteRéponse directe
Est-ce que c'est une discussion sémantique ou quelque chose d'important ?
- 6:33OuverteÉludée
Les actes antisémites ont explosé depuis le 7 octobre. Faut-il se concentrer sur les actes anti-musulmans ou sur les actes antisémites ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:43Invité politiqueFait
« Tout d'abord, merci de me donner la possibilité de m'exprimer. »
- 0:50Invité politiqueFait
« J'ai eu la chance et l'honneur d'échanger avec sa famille et de lui exprimer, au nom de la ville de Saint-Ouen, toutes nos condoléances. »
- 1:10Invité politiqueFait
« La communauté musulmane en a marre. »
- 1:39Invité politiqueFait
« Et marre aussi, et c'est l'objet de mon propos également, qu'une partie de la gauche instrumentalise justement cette colère, cette discrimination, à des fins de détricoter, de désagréger le ciment de la publique. »
- 1:54Invité politiqueFait
« Jean-Luc Mélenchon, les instruments instrumentalisent cette colère. »
- 2:55Invité politiqueFait
« Parce que moi, quand je fais un rassemblement à Saint-Ouen, il y a la gauche, il y a la droite, et à la fin, on entonne la Marseillaise. »
- 4:04Invité politiqueFait
« une partie des Français musulmans, une partie des Français musulmanes, dès qu'elles évoquaient, dès qu'ils évoquaient cette islamophobie et par voie de conséquence, ce racisme, on leur faisait un procès en disant que c'est de la victimisation, ça n'existe pas. »
- 4:29Invité politiqueFait
« aujourd'hui, il y a eu une partie de la LFI qui s'est introduite dans cet angle mort et qui a exploité cette colère pour fragmenter le ciment républicain. »
- 6:11Invité politiqueFait
« Je suis dans le réel. Il y a une partie des Françaises et des Français qui, parce qu'il y a une partie de la France qui a peur du fait que ces personnes soient musulmanes, ont de facto un comportement raciste. »
- 6:27Invité politiqueFait
« On ne peut pas être raciste contre les musulmans. Le concept de race, ce n'est pas du tout spirituel, ce n'est pas confessionnel. »
- 8:02Invité politiqueFait
« La droite extrême et l'extrême droite ont voulu instrumentaliser une partie des communautés françaises, à savoir les croyants, les non-croyants, les musulmans, les juifs, les unes contre les autres. »
- 8:17Invité politiqueFait
« La LFI joue sur ce sentiment d'islamophobie et l'inaction pour récupérer le vote du musulman. »
- 9:04Invité politiqueFait
« être de gauche aujourd'hui, ce n'est pas un quitus pour ne pas faire abstraction de la réalité des souffrances d'une partie de la communauté juive de France et musulmane de France. »
- 10:22Invité politiqueFait
« La gauche qui était supposée les rassembler, être le ciment, le lien, a fait complètement abstraction d'une partie de ces souffrances. »
Temps de parole
- Karim Bouamrane60 %
- Présentateur25 %
- Locuteur non identifié8 %
- Locuteur non identifié 23 %
- Locuteur non identifié 32 %
≈ 2,8 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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La suite de BFM Story, mon invité politique ce soir, c'est le maire socialiste de Saint-Ouen, en Seine-Saint-Denis, région parisienne, Karim Boimran. Bonsoir. Boimran. Oui, Boimran. Boimran, je dis. Boimran. Ça va ? Super, et vous ?
On dit que vous êtes l'espoir de la gauche. J'espère. On est plusieurs et on s'y attelle. On regarde des enjeux, ce qui est en train de se passer.
Alors justement, hier, vous étiez dans la rue, pas seul, avec d'autres élus de gauche, socialistes notamment, mais pas seulement. Il y avait des écologistes pour dire stop à ces actes anti-musulmans, et notamment après le drame, dans cette mosquée, ce jeune malien, ce fidèle qui a été poignardé à plusieurs reprises. Il y avait tout le monde à gauche, sauf ? Sauf la LFI. Et pourquoi ? Ils n'étaient pas là, les insoumis ?
Plusieurs choses. Tout d'abord, merci de me donner la possibilité de m'exprimer. Et j'ai une pensée vraiment pour la famille d'Abou Bikar Sissé. J'ai eu la chance et l'honneur d'échanger avec sa famille et de lui exprimer, au nom de la ville de Saint-Ouen, toutes nos condoléances. Hier, c'était une journée particulière pour nous, parce qu'il y a eu un avant et un après à Abou Bikar Sissé. Ça m'a fait penser, pour ce de notre génération, ce qui s'est passé avec Malik Koussékine dans les années 80. On a toutes et tous été traumatisés par le meurtre de cet étudiant. La communauté musulmane en a marre. La communauté française musulmane en a marre. Marre de quoi ?
Marre de cette islamophobie qui se traduit par un racisme. Marre de cette discrimination. Marre de devoir toujours être associé à des barbus terroristes. Marre des non-dits. Marre du fait que cette islamophobie rampante, exacerbée, n'est pas du tout prise en considération par une bonne partie de la classe politique. Et marre aussi, et c'est l'objet de mon propos également, qu'une partie de la gauche instrumentalise justement cette colère, cette discrimination, à des fins de détricoter, de désagréger le ciment de la publique. Elle est fille. Elle est fille. Jean-Luc Mélenchon, les instruments instrumentalisent cette colère.
Hier, chère madame, chère monsieur, une journée particulière, comme dirait Ettore Scola. À midi, j'inaugure une des premières maisons en France, en mémoire de la fameuse, de l'illustre Ginette Colinka. Centenaire juive, communiste, déportée. Elle était présente. Avec des jeunes, très jeunes, on est dans la transmission. Lutte contre l'antisémitisme, le racisme, la haine. Et le soir, 400 personnes, quel que soit son genre, quel que soit son orientation sexuelle, quel que soit ses croyances, quel que soit le nombre d'années passées en France, toutes et tous, françaises et français, pour condamner l'islamophobie, pour condamner le racisme et pour condamner...
D'accord, mais pourquoi vous dites que la France Insoumise récupère eux aussi ? Ils étaient dans la rue, ils étaient même avant vous, dimanche, ils étaient place de la République pour également dénoncer ce qui s'était passé dans cette mosquée. Je pourrais vous dire, vous récupérez politiquement en descendant dans la rue. Pourquoi quand vous vous manifestez, ce n'est pas une récupération politique, quand ce sont les Insoumis, c'est de la récupération politique ?
Très bonne question. Parce que moi, quand je fais un rassemblement à Saint-Ouen, il y a la gauche, il y a la droite, et à la fin, on entonne la Marseillaise. Il n'y a pas de PS sioniste. Il n'y a pas un sentiment de... C'est comme ça que Jérôme Gage, le dicté socialiste... J'ai une pensée pour mon ami Jérôme Gage. C'est fait insulter en allant en place de la République avec les Insoumis. Et moi, il y a la communauté musulmane, le représentant de la communauté musulmane à mes côtés. Il y a le représentant de la communauté juive à mes côtés. Il y a le représentant de la communauté catholique à mes côtés. Voilà l'ambiance.
Et c'est apaisé, c'est serein. D'accord, mais pardon, quand vous voyez donc Jean-Luc Mélenchon, je reviens à cette manifestation dimanche, place de la République, qui est en larmes, parce qu'il vient de rencontrer une femme de confession musulmane, qui lui fait part de son inquiétude et de sa crainte face à ses actes anti-musulmans. Il n'est pas sincère ? Il est dans la récupération ?
Je ne vais pas lui faire un procès en sincérité ou en insincérité.
Pourtant, vous le faites quand même. En creux, vous l'avez fait.
Pas de lui, il y a une critique personnelle. Je suis en train de dire qu'il y a une partie de la LFI sur la question de l'islamophobie, sur la question du racisme, qu'une partie de la communauté musulmane subit depuis des années et des années, qui est réelle, qui est réelle, parce que pendant longtemps, une partie des Français musulmans, une partie des Français musulmanes, dès qu'elles évoquaient, dès qu'ils évoquaient cette islamophobie et par voie de conséquence, ce racisme, on leur faisait un procès en disant que c'est de la victimisation, ça n'existe pas.
Aujourd'hui, il y a eu une partie de la LFI qui s'est introduite dans cet angle mort et qui a exploité cette colère pour fragmenter le ciment républicain. C'est pour ça que j'ai toujours dit ce concept d'utiliser une partie des Français musulmans et en toile de fond Gaza, parce que c'est venu se rajouter. Et on a tout mélangé. Les gens des cités, des quartiers populaires, l'islam, Gaza, ça a créé cette espèce de fragmentation au sein du ciment républicain. C'est pour ça que je leur en veux.
– Hier, lors de votre rassemblement, il n'y avait pas de drapeau palestinien, par exemple ?
– Il y avait 400 personnes qui entonnaient la Marseillaise. Il n'y avait aucune prise de parole à part celle du maire et tout le monde a respecté, tout le monde a applaudi et tout le monde était ému. Il n'y avait pas de drapeau d'Israël, il n'y avait pas de drapeau de la Palestine. – Donc c'est comme ça qu'il faut répondre à l'islamophobie. – Il n'y avait qu'un seul drapeau, c'était bleu, blanc, rouge, et évidemment le drapeau européen. C'est ça, et c'est ça le ciment républicain. Pourquoi, monsieur, et pardonnez-moi madame, je vous ai interrompu, et toutes mes excuses, parce que c'est un travail de fond. Le comportement républicain, ça ne se décrète pas, ça se vit.
L'égalité, ça ne se décrète pas, ça se vit.
– Mais justement, quand les républicains vous disent que l'emploi du mot islamophobie est justement polémique et contestée.
– Notamment Manuel Vaz, Bruno Retailleau.
– Voilà, des républicains, des grands républicains qui vous disent qu'il ne faut pas employer ce concept-là, il faut en employer un autre. – De quel ? – Il faut dire haine anti-musulman. – Oui, absolument.
– Donc il y a une haine anti-musulman, une haine anti-musulman.
– La question, c'est que le choix que vous faites d'employer ce mot…
– Est-ce que c'est une discussion sémantique, est quelque chose d'important ou pas ? Parce que c'est une discussion sémantique.
– Est-ce que vous le savez, c'est-à-dire que vous le faites en conscience, quand vous employez ce mot-là, et peut-être que vous avez parfaitement le droit et peut-être totalement raison de le faire, mais la question, c'est que ça veut dire que vous ne voulez pas laisser ce concept à la France insoumise, par exemple ?
– Je suis dans le réel. Il y a une partie des Françaises et des Français qui, parce qu'il y a une partie de la France qui a peur du fait que ces personnes soient musulmanes, ont de facto un comportement raciste. On ne peut pas être raciste contre les musulmans. Le concept de race, ce n'est pas du tout spirituel, ce n'est pas confessionnel.
– Oui, mais quand on regarde les chiffres, aujourd'hui, les actes antisémites ont explosé depuis le 7 octobre. Il y a des actes anti-musulmans, mais beaucoup moins. Donc est-ce qu'il faut se concentrer sur les actes musulmans ou est-ce qu'au contraire, il faut mettre en avant les actes antisémites ? Ou est-ce qu'il faut condamner les deux ?
– Mais regardez la journée d'hier à Saint-Ouen, à midi, j'inaugure… – La maison de quartier, je n'aide qu'en un cas. – Ok, vous voulez réconcilier, vous ne voulez pas choisir… – Mais vous ne répondez pas à ma question. – Mais je réponds à votre question, mais je ne suis pas dans un benchmark de toutes celles et ceux qui subissent le racisme. Qu'est-ce qu'il y a dans le fronton républicain, cher monsieur, cher madame ? Liberté, égalité, fraternité, une démocratie unie et indivisible, la laïcité, mon combat pour les valeurs universelles de la République, elle n'est pas âgé motré variable. Je me dis, bah tiens, on va faire un classement.
Numéro 1, l'islam, numéro 2, les juifs, numéro 3, les chrétiens, non ? Numéro 4, les LGBT.
– Oui mais la France est en train de devenir cela, excusez-moi. – Exactement. – On est aujourd'hui, alors que justement on le refusait… – À qui la faute ? – …en train de créer un pays où chaque communauté s'affronte, se renvoie ses craintes, ses combats, etc. – Absolument. – C'est quand même d'ailleurs assez problématique parce que c'est tout ce qu'on voulait éviter en France. – Absolument.
– Donc c'est un échec ? – C'est un échec de qui ? – C'est un échec d'une bonne partie de la classe politique. La droite extrême et l'extrême droite ont voulu instrumentaliser une partie des communautés françaises, à savoir les croyants, les non-croyants, les musulmans, les juifs, les unes contre les autres. Et on le voit actuellement. Le RN joue sur la peur des juifs pour essayer de récupérer l'électorat des juifs. La LFI joue sur ce sentiment d'islamophobie et l'inaction… – Pour récupérer le vote du musulman ? – Le vote musulman, comme s'il y avait un vote homogène des musulmans.
– Et vous, c'est-à-dire vous, les partis traditionnels, le Parti socialiste, les LR, le Bloc central, vous avez fait quoi pendant ce temps-là ? Parce que peut-être vous avez laissé aussi le terrain ?
– Oui. – Aux autres ? – Mais vous avez complètement raison. Mais vous avez complètement raison. On a laissé le terrain aux autres. Il y a eu pendant longtemps…
– Si aujourd'hui les juifs se sont tous en sécurité avec Marine Le Pen, avec ceux qui gouvernent en ce moment, c'est pas la faute de Marine Le Pen, c'est peut-être ceux qui gouvernent en ce moment qui ne les ont pas rassurés.
– Mais comme aujourd'hui une partie des musulmans et des musulmans ne se sentent pas en sécurité, et donc trouvent une valeur refuge au sein du groupe porté par Jean-Luc Mélenchon, pour non pas trouver le ciment républicain, mais pour fragmenter, vous avez complètement raison. Et je vais même vous faire une confidence, si on veut parler de confidence, être de gauche aujourd'hui, ce n'est pas un quitus pour ne pas faire abstraction de la réalité des souffrances d'une partie de la communauté juive de France et musulmane de France. Depuis quand, en France, lorsqu'on est issu des classes populaires, on avait des problèmes entre les juifs et les musulmanes et les musulmans ? Jamais de la vie !
– Non, on ne connaissait même pas la religion, moi je suis d'une génération, où dans la cour de récréation, on ne connaissait pas la religion des camarades. – Exactement, exactement. – Ça ne nous intéressait pas et ce n'était pas mis en avant. Alors qu'est-ce qui s'est passé ? Pourquoi aujourd'hui on est tous dans des réflexes identitaires ?
Parce qu'il y a une partie de la classe politique qui a été bloquée au XXe siècle. Je vous donne un exemple. Mes enfants, métissés, j'en ai trois, deux qui sont musulmans et une qui est complètement non-croyante ou qui croit, mais bon, elle est encore jeune. Troisième génération, français, CSP+, aujourd'hui, ils en ont marre de sentir qu'une catégorie des français musulmans se sentent stigmatisés. Pareil, mes amis juifs, troisième génération, leurs enfants, je suis à leur barmise va, ils ont peur. Ils ont peur. Ils ont peur, pourquoi ? Parce que vous mettez le doigt sur le problème.
La gauche qui était supposée les rassembler, être le ciment, le lien, a fait complètement abstraction d'une partie de ces souffrances. Pas pudibonderie.
– Mais vos enfants eux-mêmes, puisque vous parlez de la religion, vos enfants, ils ont été victimes d'actes anti-musulmans ?
– Mes enfants, non. Mais leurs amis ou même mes amis.
– Et vous-même ? – Moi-même, non. – D'après que vous êtes médiatisé, est-ce que vous recevez aussi des insultes ? – Moi-même, non.
En revanche, je subis, comme une partie de mes collègues et de mes amis, et comme mes amis IES subissent le poids du patriarcat, je subis, nous subissons, une partie du conséquent du colonialisme. C'est-à-dire qu'on est tout le temps en train de se justifier pour éviter cet essentialisme. Et là, que ce soit la gauche ou la droite, on est toujours assigné à une espèce de résidence intellectuelle politique.
– Je voudrais vous faire écouter justement Emmanuel Macron sur ce sujet. Il s'est exprimé aujourd'hui. Écoutez ce que dit le président de la République.
« La France, patrie de volonté et de bravoure, qui ne se définit ni par le sang, ni par une race, ni par une religion, ni par une identité figée, mais une volonté chaque jour recommencée d'accomplir de grandes choses avec une poignée de notre terre dans la main, un rêve d'universel, un idéal. »
– Voilà, la France ne se définit pas par une religion, une race ou une identité. Vous êtes d'accord avec ça ? – Totalement. La République, elle est unie et indivisible. C'est les principes républicains. – Mais ce sont des mots aujourd'hui. Or, on le voit sur le terrain, ce sont des fractures communautaires. – Mais relisons Rousseau.
Donc c'est bien d'être… – On va relire Rousseau. – Non mais je veux dire, nous sommes tous égaux et l'égalité, c'est un principe fondamental. Mais certains, malheureusement, sont partis avec un grand retard. Et si on fait abstraction de ceci, il y a un mot qui était intéressant, du moins il y a une phraseéologie où une rhétorique était importante dans l'intervention du président de la République, c'est l'aspect, la France est un pays qui s'inscrit dans une dynamique. Donc aujourd'hui, il faut comprendre que nos enfants rentreront dans le 22e siècle. Et 10% de la population a un lien direct ou indirect avec l'islam.
Et l'islam ne n'est pas du tout en opposition avec nos principes républicains.
– L'islam est compatible avec la République.
– Mais comme toutes les religions sont compatibles avec la République, et si jamais il y a une croyance,
quelle que soit… – Certaines, on les a réformées, notamment les juifs, je vais pas faire un peu d'histoire, mais enfin, à un moment donné, on a décidé que toutes ces religions, on a séparé aussi la religion catholique de l'État. – Bien sûr, mais ça c'est 1905. Mais heureusement.
– Toutes les églises même sont séparées d'État. – Mais bien sûr,
est-ce que l'islam doit aussi faire
un effort ? – On n'est pas en Iran, nous sommes pas en Arabie Saoudite, on est en France. Donc, et relisons… – On est où à la République ? – Mais c'est la laïcité, c'est très simple. La laïcité est très simple là-dessus. Dura l'ex, c'est de l'ex. – Un mot quand même,
parce que…
– Sur les socialistes, sur le congrès du Parti socialiste. – Oui, sur l'avenir de la gauche. – Voilà, l'avenir de la gauche. Vous avez été à la manœuvre pour réunir les opposants à Olivier Faure. Aujourd'hui, Olivier Faure sort un livre où il nous explique qu'au fond, le combat de sa vie et contre le Rassemblement national, c'est une affaire intime, il nous parle de son père, etc. Est-ce que là, vous… Est-ce que ça vous touche ? Est-ce que vous sentez…
– Son livre ou son parcours ?
– Son livre et son parcours et ce combat qu'il dit être le sien intimement contre le Rassemblement national.
– Non, le combat d'Olivier Faure contre le Rassemblement national, même si en interne, on est en opposition contre lui, il est sincère. Olivier Faure a des vrais principes. Jamais je ne me permettrais de lui faire un procès là-dessus, et en sincérité, et sur ce qu'il porte. Maintenant, la question, c'est qu'est-ce qu'on va écrire tous ensemble.
– Mais est-ce que c'est un révélateur politique ? Est-ce qu'aujourd'hui, vous vous dites que peut-être qu'il y a un chemin possible
avec lui, pour les socialistes ? – Non, il y a un chemin, s'il se met à côté de nous, mais il ne peut plus y avoir de chemin pour la reconstruction de la gauche, en termes d'espoir, en termes d'espérance, avec Olivier Faure, parce qu'il est trop associé à Jean-Luc Mélenchon. Et aujourd'hui… – Il ne faut pas faire autre chose. – Il faut rentrer résolument dans le XXIe siècle, il faut rassembler et il faut préparer une France humaine, une France forte. – D'accord, mais je vois bien
que vous voulez faire, en fait, sans Jean-Luc Mélenchon. Or, Jean-Luc Mélenchon était assis à votre place hier et je lui expliquais ça. Il lui dit, mais d'accord, je suis peut-être trop clivant, mais moi, j'ai fait plus que tous les autres à gauche. Écoutez ce qu'il disait. – Vous l'assumez d'être clivant, finalement ?
– Bien sûr, notre société est comme ça. Je ne vous dis pas que ça a toujours été super performant, mais si c'était si contre-performant, on aurait vu à ma place surgir les belles personnes. Mme Hidalgo, 1,67. M. Jadot, si raisonnable, à peine 4. Ou bien M. Roussel, si fréquentable, puisqu'il est sur tous les plateaux, 2%. Et c'est moi qui fais 22. Pourquoi ? Parce que les gens savent qu'un homme politique sans défaut, ça n'existe pas. Mais des hommes politiques sans conviction, il y en a plein. Donc ils préfèrent celui qui a des défauts et des convictions que ceux qui n'ont pas de défaut et aucune conviction. – Là, il marque un point. – Il marque un point dans le sens
où il a raison. Il parle des chiffres. Et il a fait 22. On porte souvent les chiffres. Ça fait sa troisième élection, il n'a jamais passé le premier tour. Donc là, au bout d'un moment, je veux bien, mais il est capé à 22. Il est limité à 22.
– À 22, on peut se qualifier au second tour avec 22.
– Sauf qu'en attendant, il ne s'est pas qualifié.
– Jacques Chirac, il avait fait 17.
– Oui, mais d'accord. Mais là, ça fait trois élections et à chaque fois, il bloque au premier tour. – Il sera candidat, là. – Il sera candidat.
– Donc il faut un autre candidat de gauche avec quoi ? Une primaire qui irait des écologistes aux communistes pour trouver un candidat à côté de Jean-Luc Mélenchon ?
– Franchement, sur la méthode, comme dirait les techniciens, avoir une primaire ou pas une primaire. En tout cas, ce qui est sûr, c'est qu'il faut une candidature alternative à celle de Jean-Luc Mélenchon. – D'accord.
Donc il y aura deux candidats de gauche. – Minimum. – Et s'il y a deux candidats de gauche, il y a peu de chances que l'un des deux candidats soit qualifié pour le deuxième tour.
– Ça dépend. – Ah bon ?
– Ça dépend.
Ça dépasse, comme dirait la référence cinématographique.
– Jean-Luc Mélenchon, il dit que s'il n'y avait pas eu Fabien Roussel, c'était les 400 000 voix qui m'auraient permis d'acéder au deuxième tour.
– Oui, mais ça aussi, si, si, si, si, si, si, si. En attendant, ce qui est important, c'est qu'aujourd'hui, il y a un électorat qui est totalement orphelin et qui se dit « Je veux une France où je me sens protégé, je me dél'espoir. » – Et vous ? – Et vous, ça vous intéresse, vous ? – Oui, Boimran, 2027.
– Toujours parce qu'on sait que vous brûlez. – Non, je ne sais pas.
– Est-ce que vous brûlez ? Parce qu'à Nasset, moi, je ne sais pas.
– Mais si, on l'a vu depuis son émergence sur la scène médiatique.
– Je suis totalement calme, apaisé. – Est-ce que vous pourriez, justement, parce qu'on voit bien qu'il y a besoin de renouvellement, de nouveaux visages… – Vous brûlez d'envie de servir le pays ? – Oui, oui, vous servez le pays.
– Voilà, c'est une brûlure dont nous parlons.
– Vous pourriez y aller ? – Le sujet, honnêtement, celui qui est sans faire de la fausse monistie, vous connaissez mon franc-parler. Celui qui dit « Je suis candidat aujourd'hui », il est complètement à côté de ses pompes. Mais vraiment complètement.
– Mais vous ne dites pas « Je ne suis pas candidat ».
– Ce que je vous dis, Anna, c'est que je jouerai un rôle important dans l'élection de 2027. – D'accord. – Et ça passe par les élections de 2026 dans les différentes villes et ma municipalité, Saint-Ouen la première.
– Bien sûr. Un dernier mot, tiens, la proportionnelle, on va en parler dans un instant, puisque François Bayrou lance une grande consultation sur la proportionnelle. Il y est favorable, et vous ?
– Oui, je suis favorable. Je suis favorable parce que c'est aujourd'hui, il faudra un agendamento de l'outil politique, l'outil législatif, et éviter, paradoxalement, on pensait que c'est une instabilité, c'est ce qui va nous permettre un peu plus de stabilité et un peu plus de crédibilité à l'endroit des Françaises et des Français.
– Merci, M. le maire, d'avoir été sur le plateau de BFM Sourire.