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interviewRoger Chudeau· 9 avril 2026 92 min

AUDITION IA : LAURENT ALEXANDRE, LUC FERRY ET OLIVIER BABEAU

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Mes chers collègues, messieurs, bienvenue au sein de cette mission d'information intitulé création, diffusion et acquisition des connaissances. Comment l'intelligence artificielle transforme l'éducation et la culture ? Je j'ai commencé mon adresse par chers collègues, c'est que les collègues qui ne sont pas là physiquement seront là à distance et nous suivrons puisque la la la comment l'audition est intégralement retransmise en direct sur le site de l'Assemblée nationale.

Donc je suppose qu'il y a des collègues devant leur téléviseur. Donc après avoir consacré de nombreuses auditions aux effets de l'IA sur le ce secteur culturel, nous abordons à présent la dernière phase de nos travaux qui portera sur les conséquences en matière éducative. nous intéresseront donc jusqu'à la fin du printemps à la fois à l'enseignement scolaire et à l'enseignement supérieur.

Pour commencer à nous éclairer sur ce sujet, nous avons le plaisir d'accueillir aujourd'hui trois éminentes personnalités qui se sont penchées sur cette question et que nous remercions d'être présente aujourd'hui. Monsieur Luc Ferry, ancien ministre de l'éducation nationale et entre autres et récemment auteur d'un ouvrage sur la sur le sujet intitulé IA, grand remplacement ou complémentarité. Monsieur Olivier Babu, universitaire entrepreneur, président de l'Institut Sapience et monsieur Laurent Alexandre, médecin et auteur avec monsieur Babau d'un ouvrage au titre accrocheur sinon provocateur ne faites plus d'études point d'exclamation apprendre autrement à l'air de l'IA. [grognement] Vous nous direz peut-être si vous avez des premières pistes pour apprendre autrement, mais ça ça va venir dans le cadre des questions que vous que vous posera madame madame Calvez, rapporteur de la mission.

Je voudis quand même commencer par souligner une sorte de malentendu sémantique. Intelligence artificielle, ça c'est pas intelligent, c'est pas artificiel. Intelligence, vous le savez mieux que moi, vient de l'américain, [grognement] renseignement, information.

Et pour ce que pour ce qui est de l'artifice, les algorithmes sont notamment des productions intellectuelles de mathématiciens, statisticien notamment, n'est-ce pas ? Derrière enfin et et dans un contexte industriel, financier, budgétaire que nous connaissons. Donc, il s'agit d'une entreprise qui a beaucoup à voir avec le pouvoir notamment du monde anglo-saxon.

Enfin bon, ça c'est une parenthèse, je voulais quand même vous le dire parce que nous avons avancé sur ce sujet-là. Bon, donc pour nous, il ne fait aucun doute que l'IA va forcément avoir des effets sérieux [grognement] sur l'éducation, sur l'enseignement secondaire et supérieur avec probablement de sées différences entre les deux. Et on peut y voir soit évidemment une chance, une opportunité comme on dit en franglais ou une menace.

Bien, donc nous nous attendons de vous, si vous le permettez, que vous nous éclairiez à ce sujet-là euh parce que nous voudrions savoir puisque vous avez la capacité et vous l'avez fait dans vos ouvrages à vous projeter dans l'avenir et à décrire un avenir qui n'est pas que radieux d'ailleurs, euh voyons savoir donc ce que vous comment vous envisagez les choses pour pour l'école et pour le système éducatif en général. Doit l'école doit-elle enseigner avec l'IA ou doit-elle enseigner éduqué à Lia, voir enseigner l'IA carrément, hein ? et si oui, à quel niveau et pour quoi faire ?

Donc pour répondre à ces questions et pour entamer un tour d'horizon plus large, je vais vous céder la parole si vous voulez à chacun pour un proliminaire de 5 minutes global et ensuite madame la rapporteur a préparé pour vous une batterie de de questions qui permettront de débattre et de dialoguer sur l'intelligence artificielle. Je vous remercie. Alors, pour prendre la parole, vous appuyez sur le bouton et vous avez normalement un petit clignotant rouge.

J'appuie. Alors d'abord Lia est intelligente hein, elle est pas du tout statistique. C'est que ce qui est ce qui s'est passé dans les derniers mois, c'est que plus aucun ingénieur aujourd'hui ne sait comment elle fonctionne.

Donc elle est capable de tester ses hypothèses, elle est capable de réfléchir et la boîte noire est devenue totalement incompréhensible pour nous. Donc elle ne fonctionne plus du tout simplement de manière statistique. Donc elle est vraiment intelligente.

Claude est vraiment intelligent donc avec des raisonnements qui ressemblent aux nôres qui sont capables de comprendre le contexte. Si j'étais ministre de l'éducation et j'en ai parlé avec notre ministre de l'éducation il y a 15 jours à sa demande, j'aurai deux sujets principaux, trois en vérité. 1 la question des deep fake donc la question des des vidéos vous avez 50 % des vidéos qui sont aujourd'hui diffusées sur la guerre en Iran sont fausses et donc je changerai de A jusqu'à Z les cours d'instruction civique.

Je demanderai par ailleurs au président de la République de supprimer l'anonymat d'interdire l'anonymat sur les réseaux sociaux. Sera la première chose que je demanderaai. Dans une démocratie on assume sa signature.

C'est un minimum. Alors, dans un dans un pays totalitaire, c'est autre chose, mais dans une démocratie. Donc, je changerai de A jusqu'à Z les cours d'instruction civique parce qu'on va rentrer dans un monde où plus personne ne saura si ce qu'on voit est vrai ou faux.

Donc, développer l'esprit critique. Euh, je changerai totalement aussi le rapport aux examens et au devoirs à la maison. Il y a une enquête de Harvard de l'université de Harvard d'une université où j'ai enseigné quand j'étais plus jeune.

Et donc le le professeur d'université qui a dirigé l'enquête dit voilà quand je donne des devoirs à la maison, j'ai jamais eu des devoirs aussi bons. Quand c'est des partiels sur table, c'est une catastrophe. Pourquoi ?

Bah parce qu'à la maison, ils sont faits par chat GPT et sur table, ils sont fait par le gamin. Donc on a un risque de deskilling pour parler en mauvais français, donc de perdre des compétences qui est absolument considérable. Et donc je changerai le rapport aux examens.

Je privilégierai les euros par rapport aux écrits. Aux euros, on peut pas tricher. Aux écrits, on peut il suffit d'une oreillette pour tricher.

Et puis je changerai aussi le rapport au devoirs à la maison plutôt les devoirs sur table et les devoirs à l'école. Et puis il y a évidemment beaucoup d'autres sujets [grognement] qui sont essentiels mais peut-être on en parlera tout à l'heure. Je pense que il y a deux types de travaux.

Je termine avec ça mais je pense que c'est l'essentiel de ce que j'ai à vous dire. C'est le de loin le plus important. Si vous travaillez pour avoir un emploi et que l'emploi a disparu, c'est pas la peine.

Donc je rejoins ce que disent mes caram mes camarades. Ne faites plus d'études, c'est pas la peine. Si vous faites des études pour avoir un emploi et que l'emploi a disparu, c'est c'est catast.

C'est pas la peine. Voilà. Mais en revanche, je vais vous dire les choses personnellement, j'ai passé des dizaines de milliers d'heures sur la mythologie grecque et l'idéalisme allemand.

J'ai traduit Kant dans la pléade la critique de la raison pratique. J'ai traduit Egel Fish Ligne Adorno or Cassir c'est des dizaines de milliers d'heures. J'ai fait 20 ans de grec, j'ai publié une soixantaine de livres sur la mythologie grecque.

Je n'ai je ne regrette pas une minute que j'ai passé à ça. Ça ne m'a servi strictement à rien en terme d'emploi. C'est pour ça qui m'a permis de passer la grec de philo, ni la grec de sciences politiques, ni d'être prof d'université, ni de gagner de l'argent.

Donc si on rentre dans un monde dans lequel énormément d'emplois auront disparu, une étude de Roland Berger dit que 125 millions d'emplois de fonctionnaires pourra être aujourd'hui remplacés par des assistants IA. Et dans les entrepôts d'Amazon, on remplace aussi les salariés par des robots humanoïdes. Et donc si on rentre dans un monde où énormément d'emplois auront disparu, le les études deviendront de plus en plus importantes, plus importantes que jamais.

Non pas pour avoir un emploi, mais pour vivre, pour penser les autres, pour penser son monde, pour euh ça ne sert à rien de faire des études pour être médecin si le métier de médecin a disparu. Mais ça sert très bien de faire des études de biologie pour comprendre ce que c'est que le corps humain parce que c'est passionnant. Comprendre ce que c'est qu'un cancer, c'est passionnant.

Donc vous voyez, il y a deux formes de travaux. Il y a les travaux pour avoir un emploi salarié et puis les travaux pour soi et pour les autres, pour comprendre le monde et pour comprendre les autres. Donc ne confondons pas les deux.

Donc je dirais faites plus que jamais des études parce que dans le monde où vous allez rentrer et je vous renvoie c'est ma conclusion un petit de Kan ce qui est génial [grognement] ça s'appelle lettre à mes petits enfants 1929 et Kan se dit voilà avec la technologie la science moderne on aura plus besoin de travailler que 3 heures pour assurer sa nourriture sa survivance et cetera et il dit pour les gens qui n'ont pas de passion ce sera très très dur parce que les vacances éternelles pour quelqu'un qui n'a pas une passion très forte c'est invivable Samaltman a fait une enquête grandeur nature payé 2000 dollars par pour pendant 2 ans des chômeur américain pauvre à pas retourner au travail pour voir ce que c'était que le revenu universel de base comment ça marchait. Catastrophe absolue suicide alcoolisme antidépresseur divorce. Voilà.

Donc je pense que c'est ça qu'il faut absolument éviter et c'est pourquoi dans mon livre, je propose un service civique pour les adultes. Je préfère que les gens travaillent 3 heures par jour payés par des taxes sur la robotique ou plutôt que de ne pas travailler du tout, de perdre la perfectibilité, le rapport aux autres et l'utilité sociale, l'estime de soi. Je vais très vite mais c'est chacun de ces points méritera évidemment d'être développé.

Merci monsieur le ministre. [raclement de gorge] Docteur à vous. [grognement] plus député c'est plus prestigieux que que président. [rires] Je crois qu'il est très important pour l'éducation qu'on sorte du déni.

Tiens, intelligence artificielle, c'est pas intelligence au sens de la CIA, c'est intelligent au sens de Clever. Vraiment intelligent. L'intelligence artificielle est extrêmement intelligente.

Claude Opus 4.6 est beaucoup plus intelligent que moi dans tous les domaines. Il m'écrabouille en médecine encore plus que chez LGPT.

Il m'écrabouille dans ma réflexion stratégique, dans ma pensée géopolitique et cetera. Donc non, il faut arrêter d'écouter Luc Julia. L'intelligence artificielle est extrêmement intelligente et nos gamins vont payer chaque retard dans cette constatation.

Et les gens qui ne sont pas passés à Claude + 4.6 et qui sont encore sur chat GPT ont un retard dans la compréhension de la vitesse à laquelle l'IA va parce qu'effectivement un gros écart existe aujourd'hui entre Claude et Chat GPT hein. Plusieurs points de caution intellectuelle, une compréhension de nos besoins beaucoup plus fin avec Claude encore qu'avec J GPT, même si Chat GPT reste un très bon modèle et est utilisé par plus de 900 millions de personnes chaque chaque semaine.

Donc euh notre dépassement, il est acté. Et la question qui se pose pour nos enfants et nous sommes tous ici pères de famille nombreuses, la question qui se pose pour nos enfants c'est qu'apprend-on à nos enfants et avec quelle méthode ? Puisque l'intelligence artielle a deux conséquences majeures.

Faut-il ou pas changer les méthodes ? Et on a vu que le fétichisme technologique ne marchait pas. C'est pas en donnant des iPads aux gamins, au collège qu'il devenait plus intelligent et plus cultivé.

Euh même si tout le monde a le baccalauréat parce que le baccalauréat est devenu un diplôme en chocolat. Mais c'est un autre sujet. Ce n'est pas un effet un effet d'émagogie politique.

Ce n'est pas un effet technologique. Donc comme quelle méthode utilise-ton à l'air de lien et puis comment prévoit-on les métiers auxquels on pourrait former nos enfants ? Sachant que le mythe de la complémentarité est tombé, il est exceptionnel qu' a plus nous soit mieux que il a tout seul.

En médecine, c'est le contraire. Il est chaque GPT plus médecin, c'est beaucoup moins bien que chat GPT tout seul. Ayant passé 11 années de ma vie pour avoir la qualification en chirurgie, je le regrette profondément mais c'est une réalité.

Donc le combat pour la complémentarité, il est loin d'être simple. de penser qu'on va former spontanément nos gamins à apporter un plus à ce que fait l'IA, c'est hasardeux. Il va falloir beaucoup dépenser beaucoup d'énergie, beaucoup réfléchir aux sciences cognitives pour que demain nos enfants plus il y a ce soit mieux que il y a sans nos enfants.

Ce qui est quand même l'objectif de l'école à l'air de l'intelligence artificielle. ce problème de la non complémentarité dans dans un papier dans le Figaro qu'on avait écrit avec Olivier Babo et et Alexandre Copouos, on s'en alarm et on se rend compte même que dans des universités de qualité, je ne parle pas d'université poubelle comme Cambridge, et bien on a énormément de mal à faire que les jeunes à Cambridge apportent de la valeur ajoutée par rapport à Chat GPT. Et encore l'étude faite à Cambridge était avec une vieille version de chat GPT bien plus ancienne que les versions actuelles ou même encore que Claude.

Donc le problème de la complémentarité est importante parce que sur le marché du travail si on n'apporte pas une plus-value par rapport à l'IA et demain par rapport au robot humanoïdes intelligents, on aura des difficultés sur sur le marché. Le problème c'est que nous sommes en retard de plusieurs TGV. Nous réfléchissons à IA [raclement de gorge] et École comme si on était en 1995.

L'intelligence artificielle gagne plusieurs points de QI chaque trimestre. [grognement] Donc il c'est en fait une reconfiguration complète de l'école et des objectifs de l'école auxquels il faut penser aujourd'hui. Derrière, il n'y a pas que l'école, il y a aussi la politique, l'organisation sociale.

Je vous invite à regarder ce qu'a écrit hier Samatman. Samalman a déclaré hier que la super intelligence artificielle, il s'agit pas là du dépassement de de l'humanité mais simplement du dépassement de la totalité des cerveaux humains. C'est la définition la plus communément admise de la supéria que la super intelligence artificielle est au coin de la rue.

Donc nos enfants vont se mouvoir dans un univers où l'intelligence vaut zéro. Le coût de l'unité d'intelligence artificielle élémentaire qui tooken est divisé par 40 chaque année, c'est divisé par 1600 en 2 ans. Donc l'intelligence ne vaut rien alors que l'intelligence humaine est extraordinairement chère à la à la minute, à la à la seconde.

Donc nos enfants vont se mouvoir dans un monde qui va bouger très vite, euh où leur complémentarité n'est pas assurée et où l'intelligence devient gratuite et très supérieure à notre intelligence biologique et il faut le reconnaître. Je répète ce que je disais tout à l'heure. On ne peut pas réformer l'éducation si on pense que l'IA n'est pas intelligente.

Lia est plus intelligente que chacun d'entre nous dans cette salle. [raclement de gorge] Personne dans cette salle n'est capable de faire en moins de 3h ce que Claude ou Chat GPT fait en 5 secondes sur un sujet compliqué. personne personne ni les députés euh ni les essayes.

Oui. Je je te laisse la responsabilité. Donc Sammad a exhorté à réfléchir au changement de civilisation qui est imminent.

Un monde où l'intelligence est gratuite et où l'IA est supérieure à nous. Ça a des conséquences sur les bases fiscales, sur l'organisation économique et Altman a a publié hier soir sur le blog de Penub une un projet de société, un projet économique, une réfonte radicale du travail, de la politique, des bases fiscales et et de l'État providence. Donc voilà, je pense aujourd'hui qu'il est urgent de sortir du déni parce que 1500 jours après la sortie de chat GPT, nous ne pouvons euh nous ne pouvons enfin moins de 1500 d'ailleurs, nous ne pouvons plus continuer à nier euh euh la révolution.

Le point fondamental, il n'y a pas de recette miracle. Il faut juste changer de tempo. Nous ne pouvons pas organiser l'école avec des changements sur une base décennale quand chaque semaine il y a une nouvelle version de l'IA qui nous challenge un peu plus et qui rend encore plus compliqués les objectifs de formation que nous assignons au système éducatif pour pour nos enfants.

Il y a là une urgence, ce décalage entre la réflexion politico-éducative et puis la réalité technologique aujourd'hui n'est plus tolérable. Je ne parle pas de Luc mais avec Olivier Babo dans ne faites plus d'études, nous ne défendons pas l'idée que la mort du travail est inéluctable. En revanche, nous appelons à un sursaut parce que la désynchronisation entre l'école et puis la technologie est aujourd'hui absolument intolérable.

Quand je dis, j'emporte la responsabilité sans sans sans mettre dans le coup Olivier Babu, quand je dis il est masochiste de faire des études de médecine aujourd'hui, je le dis très sérieusement. Être médecin généraliste, c'est 10 ans d'études aujourd'hui. Dès aujourd'hui, avant même les progrès de LIA dans les 10 années qui viennent, médecin plus IA, c'est moins bien comme je disais tout à l'heure qu'il y a sans médecin.

Ça pose un vrai problème sur l'organisation des études de médecine beaucoup trop longue, totalement déconnecté de la technologie et qu'on a allongé au moment où il fallait diminuer la durée des études médicales et changer radicalement ce qu'on apprend à à nos à nos jeunes collègues médecins, sachant qu'il est évident que nous ne sommes pas très loin du moment où il sera interdit à un médecin de faire un diagnostic et il sera interdit à un médecin de faire une ordonnance. Nous n'en sommes plus très loin. Il serait d'ailleurs aujourd'hui d'un point de vue éthique et déontologique raisonnable que nous médecins, nous soyons obligés de demander l'autorisation de l'IA avant de faire une prescription.

On voit bien que sur l'exemple de la médecine qui est l'un des domaines les mieux étudiés sur la déconnexion entre les études et puis la cavalc technologique dont dont nous parlons, on voit bien sur cet exemple qu'il faut reconfigurer complètement le la chaîne éducative depuis les l'école traditionnelle jusqu'à l'université et à la formation professionnelle des adultes. Il y a vraiment le feu au lac et aujourd'hui notre réflexion est beaucoup trop lente. Elle est beaucoup trop lente par rapport à la réalité technologique.

Et qui va payer l'addition ? Pas les enfants de l'élite mais les enfants des classes moyennes et des classes populaires qu'on envoie au CASPIP. Ce n'est pas spécifique à la France, mais la France ayant accepté de d'abîmer ses universités et de les laisser pourrir sur pied par démagogie est particulièrement touché par rapport à des pays qui ont préservé un système éducatif plus raisonnable par exemple comme la Suisse.

Merci docteur. Monsieur Babau. [raclement de gorge] Monsieur le président, merci beaucoup.

Attendez, ça marche. Tu éte Monsieur le président, merci beaucoup. Je voudrais intervenir en complément et peut-être parfois en en en toute toute petite contradiction mais finalement assez complémentaire avec ce qui a pu être dit puisque c'est évidemment ce sont des questions de point de vue et peut-être de prévision dans un dans un monde où on est avant tout peu sûr de ce qui est en train de se passer sauf sauf ce bouleversement majeur qui est en train d'arriver.

J'aimerais mettre mon intervention sous le saut comme mes camarades de l'inquiétude et de l'urgence. D'abord inquiétude énorme car tout à l'heure, nous allons reprendre une activité normale. On va aller déjeuner, c'est une belle journée mais la réalité c'est que la situation est réellement grave.

Pourquoi ? Car il faut peut-être rappeler la prémise en réalité don d don sont partis mes camarades aussi. Mais euh le progrès extraordinaire euh des technologies ne se ralentit pas.

C'était une hypothèse il y a quelques mois, il y a quelques années. Est-ce qu'on allait arriver à une asymptote, à une sorte de plateau ? Est-ce que l'exponentiel elle est arrivée ?

Non. Pour elle est se cesser, est-ce que ça allait ça infléchir ? Pas du tout.

Euh il n'y a pas eu d'inversion de la courbe, la rapidité est toujours aussi grande. Euh et nous avons toujours une génération de modèles tous les 6 à 9 mois avec des des progrès qui sont absolument euh ahurissants et dans et dans un an, on en dire on ne peut pas encore dire où nous en sommes. Euh nous prévoyons on prévoyait l'agentification, c'est-à-dire le fait de d'arriver à des à des y un peu un peu plus autonomes et capables d'enchaîner des taxes complexes des tâches complexes.

On les prévoyait dans d'ici 1 à 2 ans et en fait on sait déjà que c'est déjà aujourd'hui. L'une des inquiétudes qu'il nî aussi, c'est que il est absolument évident que l'usage de l'intelligence artificielle est un facteur de polarisation extrêmement important. C'est c'est vrai pour beaucoup de technologies mais ça va l'être de plus en plus.

C'est euh il y a il y a beaucoup de façons de le décrire, mais cet effet en sociologie qu'on appelle l'effet Matthieu, euh c'est-à-dire par référence à à Saint-Mthieu dans dans l'Évangile, hein, je cite de mémoire, ça va pas être la bonne citation mais enfin la bonne la bonne phrase, mais c'est quelque chose comme à celui qui a on lui donnera, il aura en abondance. celui qui n'a pas ou lui hautra mais ceux qui l'a c'est cette idée euh qui fait que l'intelligence artificielle plus que jamais va favoriser ceux qui sont ceux qui disposent des ressources cognitives euh qui leur permettaient déjà de réussir dans le monde d'hier mais qui demain vont leur permettre d'être de plus en plus loin, d'être de plus en plus productif et de capter probablement de plus en plus de ressources. Euh oui, l'intelligence est gratuite.

C'est là où j'ai avec mon ami Laurent une une toute petite divergence. Oui, l'intelligence va être gratuite. Oui, l'intelligence qui était le facteur le plus rare va devenir une forme de commodité.

Mais souvenons-nous de l'erreur que nous avons faite avec Internet. Nous avions cru que nous avions confondu l'usage et l'accès. C'est-à-dire que nous pensions qu'avoir accès à toute la culture du monde, à toutes les réflexions du monde, à toute la littérature du monde, à toutes les œuvres, toutes les grandes œuvres du monde, à tout le savoir du monde que l'avoir accès équivalait à l'usage et équivalent à la diffusion.

Ça n'est pas ce qui s'est passé. L'accès est très différent de l'usage. L'accès ne suffit pas.

Avoir accès demain dans son téléphone à la meilleure intelligence du monde, malheureusement n'aura pas d'équivalent avec n'aura pas de conséquences en tout cas diffusé de la même façon dans la population sur l'usage. Pourquoi ? Parce que utiliser l'intelligence nécessite de l'intelligence.

Voilà, c'est aussi c'est aussi bête que ça. Il faut être intelligent pour bien utiliser l'intelligence sinon vous n'en êtes que le jouet. L'intelligence c'est comme l'argent je crois dans la Bible.

C'est un formidable serviteur et un très mauvais maître cette intelligence artificielle. Si vous n'êtes pas capable d'en être le chef d'orchestre, vous en en êtes le jouet, vous saurez faire copier-coller mais c'est une très maigre valeur ajoutée. L'autre conviction que nous avons évidemment et qui nourrit notre discours sur l'enseignement supérieur et par extension sur l'école, c'est que l'économie va d'abord sur les changements sont civilisationnels, prométéens parce qu'ils sont extrêmement transgressifs et et sans doute anthropologique puisque terme c'est même la notion d'être humain qui va être mise en cause.

Mais les changements vont être économiques. Quelles vont être les exigences dans le monde économique de demain ? Mais quand je dis demain, c'est dans quelques mois, c'est dès maintenant.

Qu'est-ce que les entreprises euh de quelles compétences les entreprises vont avoir besoin pour celles qui resteront ? Il est pas impossible que le travail disparaisse à terme, mais je pense que c'est un terme qui est en tout cas qui est pas méidia. Voilà.

À terme court et moyen, la question est les les compétences dont on va avoir besoin vont profondément changer. J'ai rencontré récemment un de mes anciens étudiants à l'université qui était devenu chef d'entreprise. Il avait 15 personnes dans son entreprise, il est passé à trois pour produire les mêmes choses.

Il faisait des des études sectoriales qui vendaient à des à des cabinets de conseil. Donc il passait de 15 à 3. Il me dit "Ce qui est amusant, c'est que les trois dont j'ai besoin maintenant ne sont pas les 15 que dont j'avais besoin avant." C'estàd que ce ne sont pas les mêmes compétences.

J'ai dû embaucher d'autres gens. Là où j'avais besoin de gens pour bah faire la aller rechercher les données qui existaient et faire ce ce travail de recherche. Aujourd'hui, j'ai besoin d'enquêteurs, c'est-à-dire de gens.

Et c'est là où j'ai une toute petite autre une vision un peu différente disons de de Laurence, c'est que je crois qu'il y a une petite forme de complémentarité. Peut-être qu'un terme, elle disparaîtra. Aujourd'hui, l'enquêteur par exemple, c'est celui qui va être capable d'aller interroger le le le la société sur la partie qui n'a pas encore été qui n'a pas qui n'a pas pu être captée par la machine.

Qu'est-ce qui est en train de se dire entre les êtres humains dans le milieu des affaires sur ce sujet-là ? La complémentarité, elle existe aussi puisque aujourd'hui pour vendre des prestations, il faut posséder ce qu'on appelle une sorte de réseau, c'est-à-dire la capacité à articuler la réflexion et la production. même et la vente à des clients, la relation avec des donneurs d'ordre, la réflexion liée à la à la comment dire à la à la réflexion commerciale.

Voilà, la relation commerciale est une relation qui se fait souvent à table, qui se fait dans d'humain à être humain où vous allez adapter la demande la demande du client, où le client va aussi être un peu séduit. Bah c'est un travail très humain et ce genre de chos aujourd'hui bah l'intelligence artificielle ne peut pas le faire mais la valeur ajoutée va venir ceux qui vont pouvoir articuler évidemment la maîtrise de la production de l'intelligence artificielle et puis cette cette capacité à à le complémenter avec ce qui est la part humaine du travail. Et les gens qui vont pouvoir faire ça vont avoir besoin de moins en moins d'êtres humains en réalité. de plus en plus, ils vont pouvoir être seuls et et travailler et et ceux qui vont avoir cette part qui était déjà la part la plus valorisée.

Si vous pensez au conseil, celui qui a la relation avec le client était déjà l'associé qui a capté la plus grande partie de la valeur ajoutée. Ça va toujours être le cas. On aura besoin de moins en moins d'humains.

Il y aura probablement une disparition des gens dans le management intermédiaire. Donc la vraie question de l'école, c'est à quoi on forme les gens pour qu'ils soient utile dans ce monde de demain. Et je souscris totalement à ce qu'a dit Luc Ferry.

Je crois qu' à très long terme le vrai problème est comment utiliser notre liberté ou notre oisiveté. Voilà comment élever les gens pour qu'ils survivent dans ce monde oisif dont effectivement Kens avait dit on ne peut pas voir arriver ce monde ce monde de le de la du loisir cette société du loisir sans effroid. Et je crois que beaucoup de choses dans ce qu'on voit aujourd'hui dans les années 30 c'était assez fort de voir arriver un la société des loisirs et de d'avoir prévu que c'était que c'était un grand problème.

Déjà aujourd'hui c'est pas toujours absolument visible. Voilà. Et bien sûr, on aurait des prescriptions à faire sur l'école.

On a quelques idées. Voilà. Je je tiens à préciser, il faudrait [raclement de gorge] il faudrait pas surjouer notre opposition.

Je n'ai pas dit que la complémentarité est impossible. J'ai dit que sur les exemples étudiés, elle est tout sauf évidente, que ce soit Harvard, que ce soit Cambridge où une étude sérieuse a été faite sur le sujet ou que ce soit dans le domaine médical, cette complémentarité va être un combat et que l'école n'a pas réfléchi au fait que cette complémentarité, elle est loin d'être gagnée d'avance et qu'en tout cas, elle est perdue d'avance avec la façon dont l'école fonctionne aujourd'hui. Si on veut Oups, c'est voilà, je je suis d'accord avec tout ce qu'on dit mes camarades.

On est vraiment sur la même sur la même ligne à deux capis près. Si on veut aller vraiment à la racine de la problématique qui est la vôtre, qui est la nôtre à tous, [grognement] il faut un essayer de comprendre quelle est la spécificité de l'humain, qu'est-ce qui nous reste par rapport à la machine ? Et j'ai rejoint ce que dit Laurent, elle est, j'ai deux agrégations à doctorat d'État.

Elle est 1000 fois plus intelligente et plus cultivée que moi. Pas peine de dire le contraire. Donc je suis entièrement d'accord avec ce que tu as dit.

Mais donc qu'est-ce qui va nous rester ? Quelle est la spécificité de l'humain ? Et c'est indispensable si on peut réfléchir à la complémentarité parce que la complémentarité, elle se fera dans les domaines qui nous resteront spécifiques.

D'accord ? Voyez, les deux points sont liés. Donc je développe ça en 2 secondes.

La la seule par exemple AdSEM, ça va rester une adsem c'est pas remplaçable. une adsem une assistante de maternel qui change les couches d'un petit mom de 3 ans qui a fait pipi et qui pleure. C'est pas remplaçable par un robot en tout on parce qu'on en veut pas.

C'est faisable mais personne n'en veut. Voilà donc vous aurez des métiers comme ça qui resteront parce qu'ils sont très très humains en vérité et ça il faudrait réfléchir à ce que ça veut dire très humain. Maintenant deux choses.

J'ai fait passer moi-même le QI le whisk à Chagipti quand j'étais gamin. J'ai mes parents ont pas fait d'études. J'étais à la campagne j'ai je pensais que jamais j'aurais la grec.

J'ai pas fait canne hypocne, je savais même pas ce que c'était. Et donc j'ai fait une licence de socio, une licence de psycho, une licence de lettre parce que c'était plus facile que la grègue de philo. Puis après, j'ai finalement quand même eu la grec.

Mais peu importe en psycho, en certificat de psychoexper, on se faisait passer entre nous, c'est c'est ce qu'on nous demandait de faire [grognement] le les thèes de cuit le le en l'occurrence le whisk. J'ai fait passer moi-même le test de cuit à chapit et encore c'est pas le meilleur. Claude est bien meilleur.

Et ce qui m'intéressait c'était pas les épreuves d'arithmétique bête genre 1 3 5 7 9 11 qu'est-ce que tu trouves à paix même si tu as un cuit de bulot tu trouves c'était les épreuves en langage naturel les épreuves de bon sens en langage naturel et il y en a deux qui m'amusent toujours et je les ai fait passer à chapiti. Il est incroyable. On dit à la personne, je vais vous dire une phrase dans laquelle il y a une bêtise.

Faut que vous me disiez où est la bêtise. Voilà la phrase. Le boulanger perd sur chaque petit pain mais il se rattrape sur la quantité.

Qu'est-ce qu'il y a de bête ? Chagy piti me répond en 4 secondes. Pas 5 qu 4.

S'il perd sur chaque petit pain, plus il en vend plus il perdra. va faire faillite. C'est une erreur de compréhension de la logique des entreprises.

Même 50 % des Français ne trouvent pas, ce qui explique l'état de l'économie française. Et deuxièmement, ceux qui trouvent mettent une minute à trouver les mots. Et la deuxième phrase, c'est le vieux monsieur aimait faire le ton de son jardin qui était en forme de circonférence mais arrivé pile poil au milieu.

Il était tellement fatigué qu'il était obligé de faire demi-tour. Qu'est-ce qu'il y a de bête ? J P me répond en 3 secondes.

Il peut continuer, ce sera pas plus long, il sera pas plus fatigué. Et là, j'ai un de mes copains dans un dîner en ville qui s'est vaut devant tout le monde. C'était très gênant.

Donc fait pas de passer les tests dans des dîners, c'est terrible. Voilà. Donc il a 160 de QI parce que c'est au début il était pas bon en math mais maintenant vous avez vu que un LLM a été médaille d'or aux olympiques internationales de mathématiques.

J'en parlais avec Cédric Villon. Il me dit "Bah oui, c'est il est meilleur que moi maintenant. Donc on peut pas dire qu'il est pas intelligent." Alors 2è point, si on entre dans un monde où les emplois où la complémentarité sera un combat, mais un combat qui dans 90 % des cas sera perdu, Samtman le dit, on aura des des des licornes, des sociétés valorisé un milliard de dollars sans aucun salarié humain.

Et Bill Gates qui est pas un méchant, c'est pas un bargeot comme Elon Musk, il dit voilà l'IA est capable de remplacer presque tous les humains dans presque tous les jobs. Voilà. Bon, c'est la réalité qui qui se profile.

Or, vous avez un prix Nobel d'économie. J'ai absolument rien contre lui. Je suis désolé de dire ça parce que je le connais pas personnellement.

Je sais pas, c'est sûrement un très brave homme. J'ai rien contre lui. Mais il a fait Philippe Agon un grand papier dans le point pour dire ça n'aura aucun impact sur l'emploi.

Vous rendez compte ? Là, on age en plein délire. Et quels sont ces trois arguments ?

Je vous les donne et je m'arrête là parce que les trois arguments sont tellement faux. Euh moi je suis pas prix Nobel d'économie mais je suis chef d'entreprise. Donc premier argument, seuls les métiers entièrement automatiscés, dit-il.

Mais c'est complètement faux. J'ai donné 50 pages de mon livre à traduire en allemand pour un ami de Danicon Bendit qui parle pas le français. J'étais traducteur professionnel de l'allemand pendant 30 ans.

Il a mis 4 minutes j'ai piti à me traduire les 50 pages. J'ai pas une virgule à changer. Il y a plus un traducteur dans ma maison d'édition.

Donc il faut arrêter de dire des conneries. Pardon. Deuxièmement, euh les coles bleues seront pas impactées, mais c'est délirant.

Euh Elon Musk met en construction une chaîne de de construction de robots. Il il en construit 10 millions l'année prochaine et il annonce qu'il y aura 1 milliard et demi de robots en 2035. Or, ces robots, ils auront un ils sont équipés de ils seront équipés d'unia, ils seront agrégés de philo, agrégés de math, agrégés de biologie, agrégés d'histoire, agrégé de lettrre.

Donc comme dit Laurent, aura des laveurs de carreaux polytechniciens avec c'est un article du Figaro avec Babon avec avec Olivier Babit tous les deux. Donc l'école bleu seront large. Il y avait un mur vous savez un mur en construction, il y avait les gars du BTP avaient mis pour se moquer.

Chagipti, tu crois que tu peux continuer le travail ? Mais oui, pauvre truffe, le robot peut continuer le travail beaucoup mieux que toi et il est capable de continuer en maçonnerie, en électricité, en plomberie et même en réparation de moteur thermique. J'ai vu un robot chinois réparant un moteur thermique d'une voiture et ça je connais très très bien puisque mon père fabriquait des voitures de course.

Je suis tombé dedans quand j'étais petit. C'est extraordinaire ce qu'il fait. Voilà.

Et dernier argument de de alors c'est le plus bête de tous mais c'est aussi celui de Philippe Guillaume et de tout et même de mon ami Nicolas Bouzou que j'aime beaucoup. C'est voyez, c'est pas méchant ce que je dis, c'est pas pour être désagréable. Il y aura des créations d'emploi Chun Petter hein.

Voilà, on a toujours dit ça. Alors, Luc Ferry, Laurent Alexandre, Olivier Babo sont des crétins. Parce que on a toujours dit à chaque révolution industrielle, pensez à la révolte des Canus en 1831 Lyon, on disait [grognement] voilà et et la évidemment l'industrie du textile a créé beaucoup plus d'emproits qu' d'emplois qu'elle n'en a détruit.

Là là le problème c'est que c'est complètement faux parce que d'abord les emplois que va créer l'IA sont des emplois qui sont généralement bac plus 10. C'est des spécialistes des cyberattaques et des data scientistes. Mais surtout c'est tellement bête comme argument les emplois que l'IA va créer seront immédiatement préemptés par l'IA.

Elle sera meilleure que nous pour les prendre. Voilà. Donc c'est c'est un argument d'une bêtise sans nom.

Donc vous voyez ces trois arguments. Seuls les emplois automatisés. l'école bleu ne seront pas touchées et il y aura des créations d'emploi qui compenseront les suppressions d'emploi, la destruction mais tout ça est faux.

Vous voyez, c'est pour ça que je dis aux politiques, il faut se réveiller et c'est formidable ce que vous faites aujourd'hui parce que vous êtes quasiment le seul à vous en occuper. Je veux pas être méchant mais Baou est le parrain d'une de mes filles mais il parle pas un mot d'anglais. Il sait même pas ce que c'est que deep research.

Il a aucune idée de rien sur ce que c'est que je suis sûr qu'il est et le ministre de l'éducation qui est un type adorable, j'ai absolument rien contre lui, il est pas abonné à Chat GPT. C c'est moi qui lui ai dit "Mais abonnez-vous !" Et c'est pas pour être méchant que je dis ça, c'est simplement parce que ça ce qui ça m'inquiète au fond la nullité des politiques m'inquiète beaucoup plus que le les progrès de l'IA.

D'accord. Bien. Merci beaucoup monsieur.

La parole est à madame Calvez rapporteur qui a préparé toute une batterie de questions pour approfondir les points que vous avez soulevé. Je vous en prie. Je suis allé comme d'habitude.

Pardon, excusez-moi. Merci merci messieurs pour ces premiers développements. Vous aviez pu exposer déjà dans des livres parus il y a plusieurs mois et on voit qu'en plusieurs mois ça a terriblement changé, que la façon dont vous pouvez affirmer aujourd'hui que l'intelligence artificielle est intelligente est peut-être plus acceptée maintenant qu'il y a quelques mois.

Vous avez pu du coup souligner que l'intelligence artificielle est intelligente. Il y a eu un débat mais finalement vite complété sur la complémentarité entre l'IA et l'intelligence humaine. Là on voit qu'il y a forcément parfois ce qu'on affirmait il y a 2 ans qui était une complémentarité notamment dans le domaine médical est très challengé.

Euh et donc on on voit qu'il y a beaucoup d'évolutions. Euh je crois que vous arrivez à vous accorder sur le fait que euh ceux qui savent utiliser l'IA vont être euh ceux qui vont le plus s'en sortir. Euh c'est vrai qu'on pourrait avoir une confiance dans la destruction euh créatrice de Schun Peter en se disant que finalement euh tout ça va créer des nouveaux emplois.

Bref, on est sur une question de compétence et de travail. Vous dites "Oui, le travail va continuer mais pas forcément dans les mêmes proportions." Et vous dites surtout les compétences recherchées sont déjà en train d'être d'être changé par les recruteurs, que ça soit sur le nombre de profils, mais aussi sur le le type de compétence vous venez de donner euh des exemples.

Euh quand on voit que tout va si vite, vous nous avez rappelé que déjà on est en train de réfléchir à un modèle éducatif qui se pensait avant 95. Donc, j'imagine que vous faisiez référence à l'avènement du numérique et et de la de l'internet aujourd'hui. Si euh on avait à identifier les compétences qui seront utiles demain, quelles seraient-elles ?

Vous avez déjà évoqué quelques-unes mais je pense que c'est intéressant qu'on puisse se dire aujourd'hui quelles sont les compétences recherchées par le monde du travail aujourd'hui mais a priori aussi demain ce qui nous aidera à identifier la manière dont l'éducation doit être davantage terminée. J'en prie. J'inciterai les parlementaires à beaucoup de prudence sur ce sujet.

Mettons-nous le 29 novembre 2022, la veille de la sortie de GPT 3.5, consensus mondial sur le fait que l'intelligence artificielle ne pouvait pas rejoindre l'intelligence humaine avant 2100. Vous je peux vous faire passer l'étude fait même pas parler les c'est le comprendre le langage humain oral et écrit.

Euh je peux vous faire passer l'étude qui avait été collégée par Arkinv sur les 100 principaux spécialistes mondiaux de l'IA. Le consensus c'est du rapprochement c'était 2100 hein quand est sorti. On est passé à 2031 2032.

Aujourd'hui, on est plutôt sur 2027 pour notre dépassement dans la totalité des domaines cognitifs. Toujours le 29 novembre 2022, personne au monde n'imaginait une seconde qu'un logiciel puisse comprendre un dossier médical dans lequel les items n'avaient pas été codés au préalable dans la classification internationale des maladies, dans lequel il y a de l'argot, des mots écrits à la main, des abréviations, un mélange de langue du français et du patoi basque ou pas pardon de la langue basque, excusez-moi. Personne au monde n'imaginait que ce soit possible avant la fin du siècle au minimum.

En 48 he tout ça a volé en éclat. En matière d'agentification, Olivier en parlait. Ce que font et commence à faire les agents il y a 1 an c'était de la science-fiction.

Ce que je veux dire par là, c'est que beaucoup de compétences que l'on croyait solide et que l'on pensait devoir enseigner de façon systématique à nos enfants pour les rendre utiles dans le monde de demain ont vu leur valeur être érodé par l'intelligence artificielle extraordinairement rapide. On ne parle pas d'un mouvement sur 50 ans, là on parle d'un mouvement sur 3 ans et demi depuis la sortie de GPT 3.5.

Donc on s'est complètement trompé sur 3 ans et demi. Il est hautement probable qu'on va énormément se tromper sur les qualités qu'il faut enseigner. Ce d'autant que, comme le disait Olivier, qu'il y a une très très grande injustice.

Robin Rivaton euh disait très justement euh récemment : "Pelligent, mieux on se sert de l'IA." Et la complémentarité avec l'IA dépend directement des capacités cognitives et de la culture. La capacité de de de se mouvoir dans un monde d'intelligence artificielle est beaucoup plus facile pour les gens intelligents, innovants et cultivés que pour les gens plus lents, moins innovants, moins cultivés.

Les publics fragiles peuvent appuyer sur le bouton chat GPT, mais ils ne vont pas facilement créer de la valeur. Évidemment, dans pas très longtemps, n'importe qui pourra en 3 secondes écrire une thèse de physique quantique ou de cryptographie quantique d'un claquement de doigt en appuyant sur le bouton Claude 5 ou Claude 6. Quelle sera la valeur produite ?

Zéro. La personne ne comprendra même pas le la première page du rapport qui aurait été de 1000 pages qui auraient été synthétisé en quelques secondes. Donc le débat sur ce qu'il faut apprendre et le débat sur la complémentarité est un débat mouvant parce que la cible ne va pas cesser de bouger.

On va pas former les gamins être complémentairire de Claude de Claude 4.6 ni de GPT 5.4.

Ça ça n'a pas de sens parce que les performances de la version d'après vont être très supérieures. Donc là, il faut qu'on ait vraiment pour la première fois dans l'éducation des objectifs qui soient des objectifs glissants. Et c'est très difficile parce que l'administration est objectivement une structure incroyablement poussiéreuse. qu' a raison de dire qu'une très grosse partie des anciens des anciens ministres de l'éducation n'ont jamais touché ni Claude ni Chat GPT au moment où nous parlons.

Ce qui quand même pose un vrai problème d'adaptation du mammouth à au tsunami technologique. Donc le ministère n'est pas organisé avec sa centralisation et ses objectifs que que l'on connaît et qui sont un peu diffluents. pas pour poursuivre la la technologie et d'autre part la technologie bouge tellement vite que même une administration compétente efficace et mobile aurait dit aurait du du mal à suivre.

Donc nous trois nous n'avons pas de réponse. Il n'y a pas de réponse magique à ce qu'il faut enseigner. Je crois que ce qui est important, c'est la méthode.

Il faut cesser de se fixer des objectifs décénaux alors que la technologie change chaque semaine. Et ça, ça n'est pas facile pour une organisation qui comporte près d'un million de personnes et qui a des rigidités syndicales, organisationnelles qui sont très fortes. Non, non, en fait, pardon, Olivier, je je vous laisse la parole tout de suite.

En fait, on a un point d'accord que tu devrais souligner, c'est qu'il faut enseigner les humanités. Et je dis pas ça pour défendre ma boutique, mais parce que dans la perspective d'un monde où beaucoup d'emplois auront disparu, j'y reviens, les humanités c'est absolument vital pour vivre simplement, pour comprendre le monde, pour comprendre les autes. J'ai pas dit le contraire.

D'ailleurs, on a un chapitre entier dans le bouquin avec B sur l'importance des humanités. Laurence, je viens de dire et c'est pas ça qui donnera nécessairement une valeur sur le marché de travail. Mon petit lapin, je viens de dire qu'on était d'accord là-dessus.

Lapin ouah, s'appelle voilà. Et donc ça non, on je je viens de dire qu'on était d'accord là-dessus et dans dans ton livre, tu défends les humanités. Et je je voudrais quand même revenir à un point parce que je l'ai évoqué mais je l'ai pas développé.

Quelle est la spécificité humaine ? Qu'est-ce qui reste d'humain ? Voilà, je vous parlais des adsèmes.

Voilà, mais et je laisse tout de suite la parole à Bon, d'abord soyons clair, aujourd'hui pour pas voir le bac, faut faire la demande. [rires] C'est c'est devenu voilà, il faut vraiment se prendre le pied le jour du de l'examen pour pas y arriver, hein. Bon, c'est le bac ne vaut plus rien, ça vaut pas un clou.

Voilà, c'est zéro. Donc euh et après çaarrange pas beaucoup. Donc euh soyons clair, les les études aujourd'hui, bon voilà.

Alors la complémentarité dépendra de l'intelligence, sauf que comme l'a dit Laurent en fin de parcours, parce qu'il veut pas être trop méchant, mais c'est que la vérité au bout de dans quelques temps, il on aura même pas besoin d'être intelligent pour produire une thèse de physique grandiose. Moi j'ai une fille qui a fait Penignon qui est graphiste. Elle elle est sortie avec mention très bien de Penignon.

Elle travaille dans des maisons d'édition. Mais moi je vais vous dire pour faire la couverture d'un livre, vous demandez à Midourney ou à Dalit de vous faire la couverture d'un livre, vous lui donnez les prompes, les questions, il vous en tort 50 en 3 minutes. Et donc la vérité c'est que son métier, il est très très impacté et même si elle est très intelligente et qu'elle sait se servir de chapit ou de Dali ou de midjourn euh très rapidement n'importe qui sera capable de faire la même chose qu'elle.

Donc quelle est la spécificité ? Je termine avec ça, c'est pour moi le plus important de l'humain. Et là, on a peut-être un petit désaccord parce que toi dans votre livre là, vous parlez de d'amodé d'entropie qui a qui donne une structure éthique à Claude et cetera.

Donc la vraie différence c'est que sur le plan des valeurs morales et spirituelles, les IAS sont alignés par les programmateurs. C'est pas elles qui choisissent leurs valeurs. Elles ne choisissent pas leur valeur.

Si vous demandez à Chat GPT s'il faut voter Marine Le Pen ou Mélenchon, il dira ça dépend de vos valeurs. Il peut pas répondre à ça parce que lui-même il n'a que les valeurs qu'on lui a inculqué. Maintenant, réfléchissez à ça.

On peut fabriquer en 10 secondes une IA nazi, une IA islamiste, une IA catholique, une IA juve, une sociale-démocrate et pratiquement toutes les IA américaines à part Gros sont voquistes, vous voyez, mais elles sont alignées sur des codes éthiques. Donc, je pense que cette questionl reste fondamentale. tout ce qui touchera aux relations humaines et et et et à l'éthique ne sera pas préempté facilement par l'as.

Sauf que évidemment, elle peut parfaitement imiter une vision morale du monde, mais elle ne pas pas la choisir elle-même. Et donc je termine avec ça et je ne cesse de le dire à à Laurent et Olivier un peu moins parce qu'on se connaît un peu moins. Mais le le choix des valeurs n'est pas une question d'intelligence.

Non, Sartre était pas un imbécile, il était maoïs. Voilà. et il allait voir Roménie à le château.

Heideger était pas un amécide, il était nazi donc et on peut avoir un petit paysan qui a un cuit de bulot qui a jamais fait d'études et mais qui est un type bien et qui est courageux et dans dans la guerre contre le nazisme, on préfère l'avoir à côté plutôt que d'avoir un prof d'université comme Sartre. Vous voyez, je dis les choses un peu vite mais le choix des valeurs n'est pas une question d'intelligence. Donc ces machines peuvent être des milliards de fois plus intelligentes que nous.

Elles peuvent pas choisir les valeurs, on leur impose, on les aligne et ça mérite réflexion pour la question de la complémentarité avec les métiers. Pouvez éteindre votre micro. Oui, pardon, excusez-moi.

Merci beaucoup. Alors, d'après vous, comment l'école doit-elle se positionner par rapport à ces évolutions d'usage d'IA ? On a entendu parfois certains professeurs proscrire tout usage de l'IA, d'autres utiliser et amener leurs élèves à utiliser l'intelligence artificielle.

Comment peut-on évaluer les compétences si on arrive à les identifier ? Comment peut-on évaluer que ces compétences ont été acquises ? On a parlé diagraphie, c'est-à-dire des professeurs qui demandent à ce que les élèves leur donnent l'ensemble des promte successif qui les ont amené à rendre un devoir.

Vous avez parlé de la notion d'orale qui permet de davantage tester que les compétences et que la compréhension est là. Voilà. Vous seriez-vous partant d'un ni partout et d'un IIA constant dans l'évolution de l'apprentissage des élèves ou au contraire à l'aménagement d'espaces sans IA et d'espaces avec IA.

Comment pourrait-on intégrer l'intelligence artificielle dans les apprentissages sans oublier de développer l'intelligence de nos élèves ? Oui. Euh si je peux commencer par une remarque liiminaire sur la question essentielle à laquelle Luc Ferry a fait allusion qui est celle de la neutralité axiologique ou de la non neutralité des modèles dont on sait qu'il bah nous habitent déjà dont on les utilise enfin qu'on utilise aujourd'hui et qui vont de plus en plus être utilisés qui va déterminer l'orientation morale si la neutralité axologique parfaite n'est pas complètement possible. peut-être au moins une forme de pluralisme ou une forme de franchise dans euh l'exposition des différentes façons de voir ce qu'on appelle la science pe le balancement circonspect euh ce qui est parfois un peu horripilent mais enfin qui une bonne façon intellectuelle d'essayer toujours de voir euh le pour et le contre.

Est-ce que on aura euh est-ce qu'il y aura euh des spécialisations par outils ? Les études montrent effectivement pour l'instant que ces outils sont sont orientés politiquement. Est-ce qu'on peut l'éviter ?

En tout cas, ça sera un choix collectif à faire. Que voulons-nous utiliser et quelle forme de liberté aux gens qui veulent utiliser d'autres choses ? Ça sera une question très intéressante démocratique.

Alors, que doit faire l'école ? Elle doit être à mon avis ni un sanctuaire ni un terrain d'expérimentation à contrôler. Voilà le débat qui est souvent entre l'école sanctuaire vite vite, il faut absolument zéro technologie et puis l'école laboratoire numérique mon avis il est assez mal posé.

L'école elle a jamais été n'a jamais été étanche au mutation sociale. D'ailleurs, l'IA est déjà dans l'école. C'est-à-dire que les élèves déjà l'utilisent quand ils sont à la maison.

C'est encore plus vrai pour les étudiants. Les professeurs parfois les utilisent aussi pour faire leur sujet, parfois pour corriger des copies, il faut le dire et et ne pas euh et ne pas se se voiler la face. Mais ne faisons pas l'erreur du précédent euh éducatif terrible sur le numérique où euh on a cru que, comme l'a dit Laurent, euh donner des tablettes à tout le monde, aller régler le problème.

Ça n'a absolument rien changé mis à part euh aux dépenses aux dépenses importantes de l'éducation. Donc euh euh pensez que il suffit de leur donner accès à l'intelligence artificielle et le savoir aller se répandre euh de façon magique. C'est évidemment extrêmement euh illusoire.

Donc la bonne approche, si on veut le dire en une phrase, c'est celle d'une progressivité encadrée par le niveau de maturité cognitive. Voilà. En fait, c'est aussi ce que font les parents avec leurs enfants.

Comment vous initiez vos enfants à l'usage de l'informatique, à la capacité à avoir accès aux écrans et aux différents contenus et maintenant avoir accès à dialogue avec l'intelligence artificielle ? et bien tous les parents font une sorte de progressivité encadrée en fonction de la la maturité technologique. Le but étant évidemment à terme pour l'éducation peut-être pas seulement d'être utile mais évidemment d'être heureux.

Pourquoi pas d'être utile ? Parce qu'on n'est pas tout à fait sûr que on ait besoin d'être humain à très long terme. Mais en tout cas d'être heureux, c'est certain.

Et on peut penser à ce moment-là quelles sont les compétences qu'il faut posséder. Alors moi je crois qu'on on perçoit tout, on a tous la la on a tous la conviction que le niveau de d'exigence cognitive pour vivre au 21e siècle ne va faire qu'augmenter. Ça va être de plus il va falloir être de plus en plus disons euh formé apte cognitivement habile voilà pour dire les choses d'une façon autre que intelligent.

Euh ça c'est pour et et en particulier l'espoir des robots humanoïdes qui ferait que l'école bleue sont la euh sont le sont l'activité qui va être sauvée peut-être pendant quelques temps. Mais le robot qui change un chauffau n'existe pas vraiment encore mais il va exister dans pas très longtemps. Voilà.

Et celui qui fait l'électricité pareil, il y a déjà des robots plaquistes et cetera. Donc n'ayons pas trop d'illusion. Alors l'idée, elle est toute simple, évidemment, elle est malheureusement terriblement banale, hein.

C'est maintenir l'exigence des connaissances fondamentales. On en revient toujours là. On peut appeler ça les humanités mais euh euh c'est effectidement savoir euh valider, critiquer, orienter ce que produit la machine.

Ça nécessite de très bien connaître sa langue, de d'avoir la logique, de connaître le vocabulaire. Si vous comprenez pas les mots que vous répond chat GPT, encore une fois, vous ne faites que copiercoller. Donc le socle, lecture, calcul, raisonnement logique, culture générale, les humanitas au sens vraiment de la connaissance de l'histoire des idées, de l'histoire des sciences, tout ça, c'est très important.

Et donc, il est évidemment dramatique que ça ne soit évidemment plus euh plus le plus le cas. On pourrait dire aussi déplacer le curseur ou l'accent vers les compétences de haut niveau, c'est-à-dire la formulation de problème, le jugement critique, la synthèse contradictoire, la créativité, ce qui est la partie qui reste un petit peu émergée en tout cas pour l'instant dans l'espèce d'inondation qui monte d'intelligence qui nous qui nous remplace. Euh et puis il faut enseigner Ilia euh c'est fait en Chine depuis euh il paraît à partir de 6 ans euh comme un objet de culture, pas seulement comme un outil.

C'estàd comprendre ce que c'est un modèle probabiliste euh peut-être ses biais, ses limites, son mode d'entraînement. Euh l'idée étant toujours d'être capable de maîtriser la machine, d'avoir une prise de recul et naturellement insister sur tous les tout ce que la machine ne fait pas, les savoir-êtres, la prise de parole, la capacité à travailler avec les autres êtres humains, à vivre et puis à déterminer son propre chemin. Et être doué, en fait, c'est peut-être pas très facile à déterminer mais à définir, mais des doués d'agence.

Voilà, de plus en plus celui qui va pouvoir surnager dans ce monde terrible, c'est celui qui a une agence, c'est-à-dire peut-être plusieurs façons de le dire, celui qui est actif dans sa propre vie plutôt que passif, celui qui est capable de prise de recul, de de critiqu peut-être même sur lui-même, de de changement d'avis, de de mise en relation des savoirs de façon transdisciplinaire afin d'avoir un rapport à ces savoirs qui soient distanciés. C'est évidemment une qualité particulièrement difficile et on voit bien que c'est c'est quelque chose de très exigeant. Parmi les solutions très concrètes, il y a l'idée de la classe inversée.

Moi, j'y crois beaucoup même s'il faut pas il faut pas rêver totalement, mais la classe inversée, donc c'est l'idée que les gens ont déjà appris une bonne partie des contenus à la maison et qu'ils arrivent à en classe physiquement pour faire d'autres choses, des choses complémentaires. C'est formidable. Mais alors, il faut, ça présuppose que l'élève dispose à domicile évidemment d'un accès et d'un accompagnement.

Bon, ça je pense que ça va être possible parce qu'un grand espoir c'est que les élèves puissent avoir pour un coup qui n'est pas tellement plus important que évidemment les tablettes même beaucoup moindres même bien moindres avoir accès à une IA à une intelligence artificielle qui suivent l'élève qui le connaissent individuellement et qui soit comme on le dit avec Laurent lié à Aristote hein comme étant Aristote à Alexandre on sait même si la théorie des deux Sigma est en réalité probablement très a été une idée très critiquable l'idée qu'on puisse augmenter de deux écart types entre le moment où vous êtes éduqué en groupe et le moment où vous êtes éduqué tout seul. Euh même si c'est pas deux écart-tpes, on sait quand même que la relation maître disciple ou professeur élève one to one est bien meilleure évidemment que un professeur et 40 personnes. Jusque là, on pouvait pas le faire pour des raisons budgétaires.

Avec les on pourra le faire en partie. C'est possible cette classe inversée. Mais donc il faut qu'il y ait cet accompagnement et puis il faut qu'il y ait une capacité ensuite de prendre en charge les phases d'approfondissement de façon véritablement enrichissante.

Ça demande des professeurs qui sont très bons. Euh ça demande des professeurs capables de très grandes prises de recul, de très grande transdisciplinarité euh et de de d'animer aussi d'une façon complètement différente un cours. J'adore faire des cours magistraux, ça fait 25 ans que que j'en fais, j'ai toujours adoré ça.

Je crois qu'en grande partie il doivent disparaître et que c'est autre chose qu'il va falloir faire. Et donc je termine là-dessus, le rôle de l'enseignant aussi va être à à redéfinir. Il y aura toujours un enseignant euh personne physique euh probablement la la transmission d'information, la correction répétitive, ça c'est la partie qui va disparaître dans son travail.

Tant mieux, c'était pas toujours la plus intéressante. Euh d'ailleurs, Lia corrige très bien les copies. Voilà, le fait est que il faudrait de plus en plus sauver du temps pour ça et peut-être permettre aux professeurs, aux enseignants d'utiliser du temps pour faire d'autres choses.

Donc ce qui va rester professeur humain, vraiment je m'arrête la merde. Accompagnement individualisé, orientation, évaluation de la compréhension profonde, transmission de valeur de méthode de pensée. Voilà, ça ça laisse encore pas mal de travail pour des enseignants qui vont peut-être être plus souvent individuellement en une sorte de de coach.

Alors peut-être on ne peut pas on peut ne pas aisé l'anglicisme du terme mais c'est accompagnateur individuel dans le suivi d'un étudiant d'ailleurs et d'un élève qui va devoir apprendre toute sa vie et en fait on va être le le le partenaire humain de la démarche d'apprentissage. Bah c'est ce qui est un professeur depuis toujours au fond. Et donc on reste bien dans sa vocation même si on évolue profondément par rapport aux pratiques d'avant.

Très bien. Merci. Merci beaucoup.

Je voulais rebondir sur ce que vous avez mentionné LIA qui peut nous permettre d'individualiser notre apprentissage, de préparer par exemple ce travail avant d'arriver à la classe inversée. Mais parallèlement, vous dites aussi que le professeur, l'enseignant sera ce coach, cet accompagnateur, mais finalement j'auraiis une concurrence. Quelle est la concurrence ou la complémentarité ?

Si j'ai une intelligence artificielle qui me permet de mieux progresser, pourquoi me tourner vers un humain ? Qu'est-ce qui peut être fait à la maison ? Qu'est-ce qui peut être fait dans le cadre collectif de de l'école avec ce parti prix ?

Est-ce que justement on aura plutôt à utiliser à la maison LIA qui suit et qui me permet d'avancer mais qui a ce passage humain incontournable ? C'est une question extrêmement difficile. Évidemment que Lia va être un meilleur professeur que le meilleur professeur.

J'ai fait beaucoup d'études comme Luc et Olivier. Moi personnellement, je n'ai jamais eu un meilleur professeur que Claude et Chat GPT. Jamais.

Il me connaissent parfaitement. Les métaphores qu'ils utilisent sont parfaitement adaptées à ma structure cognitive. Ma cartographie cognitive est parfaitement intégrée par les IA.

C'est pour ça qu'elle tout juste quand elle m'explique quelque chose par anticipation elles comprennent ce que je ne vais pas comprendre et elles insistent sur les points qu'elles savent qu'ell je je ne vais pas comprendre. Donc cet équilibre entre le coach numérique et le coach humain va être difficile. Si je voulais être maniquen, je dirais que dans les élites de toute façon, ce sont les parents qui vont être ce coach et qui vont pousser l'enfant à utiliser l'IA et à travailler.

Dans les classes moyennes et populaires, les choses peuvent être plus compliquées. il n'y aura pas forcément un ancrage cognitif à la maison pour faire pour organiser cette relation entre la formation familiale, la formation à l'école et puis la formation par l'intelligence artificielle. Ce d'autant que les catégories sociales les plus favorisées vont mieux piloter les I éducatifs que les classes moyennes et et populaires statistiquement parlant.

Il faut il faut bien voir qu'une injustice importante est en train est en train d'émerger. Les gens imaginent souvent que c'est un super Google. Ce n'est pas du tout un super Google.

Les grandes I comme Gémini, Claude ou GPT ne répondent pas à deux personnes différentes la même chose sur un même promte. Et la réponse, vous pouvez d'ailleurs interroger Chat GPT qui analyse très bien ce phénomène là. La réponse dépend de vos capacités intellectuelles.

Plus vous êtes intelligent, meilleure est la réponse. Et CHGPT explique très bien pourquoi il pourquoi et comment il s'adapte aux capacités intellectuelles de la personne qui prompte. Ce qui fait que dans le monde du travail, on va avoir un problème auquel on avait pas pensé, c'est qu'en réalité, dans beaucoup de cas, les cadres dirigeants et le patron a intérêt à prompter plutôt qu'à faire prompter par ses collaborateurs parce que la réponse va être meilleure parce que plus vous êtes haut dans l'échelle, meilleur est le LLM d'un point de vue stratégique, synthétique et et analytique.

Et ça c'est une une difficulté à laquelle il va falloir réfléchir par rapport au au système éducatif. Donc cet équilibre, il va varier dans le temps. L'a Aristote dont on parle dans ne faites plus d'étude avec Olivier est une idée extrêmement intéressante et pas forcément très coûteuse mais derrière il va falloir un encouragement.

Il va les gens vont pas spontanément s'accrocher à leur IA Aristote. Il va falloir qu'il soit poussé soit par le milieu familial, soit par le le système éducatif avec des équilibres qui vont dépendre euh des configurations sociales euh et cetera. Euh il y a un truc qui est intéressant à voir.

On parlait de complémentarité tout à l'heure et de et et et de rapport en en entre l'IA entre l'IA travailleur et puis le travailleur humain. Euh je vous invite à regarder euh ce qui a été publié par Kevin Rose, le colomniste du New York Times qui a fait au New York Times une étude en aveugle. Ils ont présenté aux lecteurs des articles écrits par LIA et des articles écrits par les journalistes vedettes de New York Times.

Les lecteurs de New York Times préfèrent les articles écrits par LIA que les articles écrits par les journalistes vedettes du New York Times. Et ça c'est pas avec les dernières versions. L'étude a été faite avant les dernières versions de Claude et de GPT.

C'était avec les versions avec la version antérieure. Donc c'est vrai que le chantier de la complémentarité il faut y réfléchir par rapport à cet équilibre. entre le l'IA coach et puis euh le professeur à l'école euh parce que les exigences de complémentarité vont beaucoup bouger dans le temps.

Et l'expérimentation, euh vous pouvez la voir en allant sur le compte Twitter de de Kevin Rose sur X. Euh euh les progrès de LIA vont faire que ce chantier de la complémentarité et donc le chantier de l'interface entre l'école et les coachs numériques va beaucoup beaucoup changer dans le temps et et qu'on ne peut pas avoir une politique de long terme sur le sujet compte tenu du déplacement permanent des frontières. Je comprends ce que disent mes camarades et pour quelqu'un de très intelligent, pour un adulte très intelligent, Lia est un excellent professeur.

Mais pas pour les enfants, non. Et là, je suis évidemment en désaccord, mais c'est pas polémique du tout. Mais [grognement] qu'est-ce que c'est qu'un grand prof ?

Réfléchissons à ça. C'est quelqu'un d'abord qui vous charme. C'est quelqu'un qui vous séduit.

C'est quelqu'un que vous aimez. C'est quelqu'un qui vous rend presque amoureux. Et c'est quelqu'un qui vous fait découvrir un pan du savoir qui vous paraît merveilleux.

Moi, j'ai eu quatre grands profs dans ma vie. J'ai eu une maîtresse de d'école en en CP. J'ai quitté l'école en CE1, j'ai quitté l'ycée en 3e.

J'ai eu un prof de math en 4e et j'ai eu deux profs à l'université qui étaient géniaux et j'aime citer leur nom. Jacques Rivleg et Heid Wisman. Et ces gens-là et notamment les deux derniers évidemment parce que à l'université c'était très important, c'est des gens qui m'ont charmé, qui m'ont séduit et et et par rapport auxquels j'avais pas envie de passer pour un imbécile, pour un chrétin.

Et donc je travaillais comme un fou pour arriver à m'approprier ces morceaux de savoir qui me paraissaient mais quelque chose de magique, de sacré, de d'inimaginable. Voilà. Et donc ce grand prof là, il aimait totalement tiremplaçable par Lia.

Voilà comme le grand conférencier Laurent est un excellentissime conférencier. Je dis pas ça pour te flagorner mais tu n'es pas remplaçable par Lia. Donc ne confondons pas le fait que Lia nous apprenne des choses parce qu'on est adulte, qu'on n pas idiot, qu'on a fait des études, elle nous apprend des choses dont on a besoin.

Mais ne confondons pas ça avec le grand prof pour un enfant qui peut être une maîtresse de maternel ou un prof de 4e ou un prof d'université. Moi, j'en ai rencontré que quatre dans ma vie. C'est pour ça que j'ai d'ailleurs quitté l'école en 3e et en C2 parce que je m'ennuyais.

Mais peu importe en tout cas, j'ai rencontré quatre grands profs et c'est comme un très grand comédien. C'est comme un Gérard de Part Dieu ou un Louis Jouet. Ça n'a rien à voir avec Lia.

Ça n'a aucun rapport avec Lia. Et donc évidemment qu'il y a une maîtrise du savoir chez ces gens-là mais c'est même pas les bien sûr ils sont très très bons dans leur domaine. Ils sont excellentissimes.

Rivlex sur l'idéalisme allemand. Il était génialissime mais il y a pas que ça. Il était capable de c'était un pédagogue, c'était et il avait un charme fou alors que c'était quelqu'un de très discret.

Qu'est-ce qui se passe aujourd'hui ? C'est que vous avez bon je je veux pas dire des des banalités mais il y a quand même énormément de professeurs qui sont quand même plutôt à gauche. C'est tout à fait leur droit mais qui du coup considèrent que l'IA qui nous vient de la Californie c'est un truc horrible néolibéral et américain.

Donc ils veulent pas en entendre parler. Donc on a un vrai problème de professeurs qui ne veulent pas entendre parler de l'IA. Maintenant 3è élément, il y a des usages de l'IA, des usages pédagogiques de l'IA qui peuvent être extrêmement utiles.

Moi, j'interdis li aux examens si je suis prof encore, j'interdis li aux examens. Mais par exemple, si je donne une discerte de philo à mes étudiants, je leur dis vous allez obligatoirement utiliser de chat GPT ou GR parce que vous allez me donner les réponses, je sais pas, je leur donne à n'importe quel sujet standard. Y a-t-il des critères du beau ou le le beau est-il subjectif ?

Vous me donnez la réponse de chatt et c'est là que vous commencez à travailler après. Et prenons même à l'école primaire dans une classe de moi j'adore l'école primaire, j'étais prof d'école normale. Enfin bon et donc prenez une classe de CE2 ou de de de CM1.

Je prends une carte de Noël et avec une carte de Noël vous avez bon un père Noël, il y a un c'est quoi ? C'est un élan, je crois le l'albê du père Noël. Il y a un chalet, il y a des sapins.

Vous demandez au gamin de décrire la carte à Dal ou à Midourne. La l'image qui sort n'a rien à voir avec la carte. Pourquoi ?

Parce qu'il parle mal. Donc je lui dis mais non c'est pas c'est pas un cheval, c'est un élan, c'est pas une maison, c'est un chalet, c'est pas des arbres, c'est un sapin et cetera. Donc jusqu'à ce que tu prononces bien, tu exprimes bien et à la fin la carte qui sortira ressemblera à à la carte initiale.

Voyez ? Donc il y a des usages pédagogiques en en géologie, en en biologie plutôt que de massacrer des souris, on peut voir des choses beaucoup plus intéressantes sur une dissection 3D faite sur l' Bon et donc on aura un vrai problème, c'est la réticence des professeurs. Donc moi encore une fois je l'interdis aux examens, c'est clair.

Je je privilégie l'oral sur l'écrit mais je n'interdis pas le téléphone portable partout et et je dis c'est pas une question de loi. On est là à dire, on va interdire au mom de 15 ans d'aller sur les réseaux sociaux, d'avidot parce qu'il suffit d'un BVC, d'un VPN pour y aller. Donc ils trouveront très bien.

Et c'est un problème de parents et de professeurs. C'est pas un problème de président de la République. C'est pas un problème d'Assemblée nationale.

C'est au professeur de décider quel est le bon usage de du téléphone portable, quel est le mauvais usage du téléphone portable. Et c'est enfin aux parents de décider ça, de dire ton téléphone portable, tu t'en sers pas à table. C'est c'est pas au président de la République de d'interdire les réseaux sociaux.

C'est c'est aux parents de se réveiller. C'est aux professeurs de se réveiller. Voyez ?

Et là, on a un un énorme problème de compréhension parce que comme le disent mes amis et je dis la on est très très en retard. Voilà, on dans la prise de conscience. En 3 ans, on a vécu une révolution.

Toutes les révolutions industrielles, elles mettaient 50 ans. Elle l'automobile, ça a mis 50 ans avant avant que la qu chevaux Renault ou la cocinelle soit soit une voiture de masse. Voilà.

Et donc là, on a un truc qui ce qui nous boule. On était ce que ce que décrit en 95 Laurent, c'est les systèmes experts. Mais là, on est on a du multi et Luc Julia il y a quoi 5 ans disait "Jamais Lia ne pourra parler parce que euh comme le disait Descartes, c'est le c'est le propre de l'homme, le langage le langage.

Alors qu'elle parle, vous parlez avec elle comme avec n'importe quel humain intelligent et sympathique en plus. Voyez donc c'est compliqué l'histoire de l'éducation mais il faut vraiment se réveiller hein. Je je peux je peux dire je veux je veux bien parce que on a encore que une 23 minutes donc je voudrais bien passer et éventuellement vous pourrez le redire s'il vous plaît.

Je voulais je voulais revenir sur les les les progrès de l'humanité pas seulement ces dernières années mais sur un ensemble. Par exemple si on prend les mathématiques, on a eu un un progrès qui nous amène maintenant à des découvertes qu'il y a des années c'était impossible. On s'est d'outil d'outil à chaque fois.

On a utilisé un boulier, puis on a utilisé la calculatrice, puis l'ordinateur euh quantique. Moi, j'ai l'impression que les progrès de l'humanité, il faut quand même respecter un petit peu ce ce passage quand on apprend les mathématiques aux enfants, on leur mett d'abord un boulier dans les mains plutôt que de leur mettre l'ordinateur quantique tout de suite dans les mains. Qu'est-ce que vous pensez de voir comment l'humanité a fait ses découvertes progressivement et de reprendre ce chemin pédagogique pour pouvoir faire que les enfants se rendent compte avant de même les propulser dans dans un autre monde, mais que on pourrait apprendre des progrès de l'humanité pour le transposer au progrès de l'apprentissage des êtres humains.

Si si je peux répondre, c'est je pense qu'il est très intéressant de connaître beaucoup plus l'histoire des sciences parce que finalement c'est extrêmement mal enseigné, encore moins sans doute que l'histoire des faits et l'histoire l'histoire des évidemment des des civilisations ou même ou même l'histoire des religions. Donc ce serait extrêmement utile. Mais on seurte toujours au même problème qui est celui de l'exponentiel.

En fait, notre cerveau n'arrive pas à se figurer euh le le cette accélération extraordinaire qui fait que ce qui est cognitivement appréhendable pendant un moment ne l'est plus à un ne plus à un autre puisque l'accélération est trop grande. Et je vous donne euh je vous donne une une image que qui enfin une illustration qui qui que mes camarades connaissent évidemment. Euh c'est celle de l'accélération à laquelle on s'attend des connaissances en matière médicale, accélération extraordinaire et qu'on est probablement en train de vivre. qui vont faire qu'en quelques mois, on va faire des progrès qui étaient évidemment autrefois qui demandaient plusieurs siècles euh voir voire beaucoup plus.

Alpha Fold de Google qui a déterminé la structure de 200 millions de protéines en tournant pendant 16 jours. Jusque là, pour avoir la structure d'une protéine, ce qui est extrêmement utile après pour pouvoir euh il fallait 5 ans, c'estàdire un thésard pendant 5 ans. Donc Alpha Fol de Google a économisé l'équivalent d'un milliard d'années de chercheurs en tournant 16 jours.

Quand l'exponentiel devient une sorte de comment dire de face nord de de l'éverrest, si elle est complètement verticale, les les progrès sont tellement rapides que on c'est les mêmes plus enseignables en réalité. c'est que le temps qu'on fasse le cours, de toute façon la semaine d'après, on sera dans autre chose. Donc ça ça pose le problème de notre de du fait qu'on va être totalement pris de de enfin pris mise à distance en fait d'un monde qui va évolu évoluer si rapidement qu'il faut qu'on comprenne qu'on dis donc qu'on comprenne les conditions dans lesquelles l'être humain peut continuer à avoir une existence heureuse dans un monde et dans un environnement qui qui va le dépasser en fait.

Voilà. C'est ça, c'est les conditions pour être un individu et un individu autonome, humain, heureux de son sort, actif dans un monde qui va c'est la c'est la meilleure prévision qu'on puisse avoir, même s'il y a beaucoup d'incertitudes dans les 20 30 ans puisque moi quand je forme enf quand on sort un étudiant là en bac + 5, il est censé être actif jusqu'en 2065 hein. Donc dans les 20 30 ans 40 ans, la seule certitude qu'on peut avoir, c'est que le monde va être extrêmement extrêmement différent.

Donc voilà, il faut le préparer à s'adapter en fait à un monde différent. Bonjour à tous les trois. Juste d'abord, j'ai noté que vous avez cité beaucoup de modèles d'IA.

Claude et chat GPT. Jamais vous avez évoqué le chat de Mistral. Pourquoi ?

Est-ce qu'il y a un petit sujet de de souveraineté ? Mais bon, ça c'était la première question. Euh on a aussi des études qui montrent désormais qu'effectivement l'usage de l'IA contribue entre guillemets à un ramollissement du cermaau.

On voit bien que si on utilise une encyclopédie, une plateforme type Google ou une IA, effectivement on n'a pas les mêmes capacités cognitives et que ça conduit à une forme d'atrophie cognitive. Donc comment on résorbe aussi cette cette difficulté dans votre livre ? Donc ne faites plus d'études, c'est évidemment une provocation qui est forte.

Et donc en quoi il a rend obsolète le modèle traditionnel des études longues sur la question de la personnalisation ? Évidemment Céline en a déjà parlé, vous avez répondu et finalement on constate que que ça va aggraver entre guillemets les inégalités en lien avec évidemment les parents, avec ceux qui sont capables de de les accompagner ou pas, ceux qui maîtrisent les outils et les autres. Donc comment aussi on peut résorber cette aggravation des inégalités ?

On sait aussi que certains métiers, par exemple médecin, juristes, enseignant sont déjà augmentés par l'IA. Jusqu'où peut-on aller finalement dans cette hybridation sans perdre ce qui fait finalement la valeur humaine de ces professions ? Et puis une dernière question, vous alertez souvent docteur Alexandre sur les biaiss, sur les risques de manipulation et désinformation via l'IA.

Comment aussi éduquer les citoyens à un meilleur discernement dans un monde où évidemment les deep fake, les contenus générés par LIA sont de plus en plus sophistiqués. Donc voilà quelques questions et juste une dernière anecdote. J'étais à New York il y a pas très longtemps avec une table ronde de chef d'entreprise française.

Donc aux États-Unis, ça y est, enfin on a énormément de destruction d'emploi lié à LIA. Je crois qu'il y a plus de 27000 depuis 2023. [grognement] Et il nous donnait l'exemple des juniors qui sortaient des universités style Colombia qui travaillaient derrière à Wall Street.

Bah désormais on a plus du tout besoin de ces juniors puisque tout est automatisé, tout est fait par l'IA. Mais la question c'est comment si on ne passe pas par le stade de junior, on monte ensuite en en compéten ? Faut qu'on voit que enfin les États-Unis évidemment ont déjà pris conscience voilà du fait que effectivement il y aura des destructions d'emploi massives.

Là je partage les arguments de Luc Ferry par rapport à l'article de Philippe Agon et que bah l'école blanc justement seront bien les premiers impactés également quoi. Merci. C'est pour toi Laurent.

Alors alors je sur Mistral je je vais répondre avec un disclaimer Arthur Mench et mon neveu. Alors pourquoi on a pas parlé Mistral ? parce qu'on là on a parlé des modèles frontières à l'échelle mondiale.

Mistral c'est une équipe formidable qui a qui a qui a fait Mistral. C'est super d'avoir une route de secours en matière de souveraineté mais Mistral n'est pas un modèle frontière avec des milliards d'utilisateurs comme les grands modèles internationaux. Euh, il faut absolument aider Mistrral pour rejoindre le ploton de tête de Groc de de de Géini, de de de Chat GPT et de Claude.

Mais Mistral est aujourd'hui euh un produit français qui n'a pas un déploiement euh en centaines de millions euh voire en milliards d'utilisateurs comme peut l'avoir Chat GPT. Et bien sûr que la France doit avoir une souveraineté, l'Europe doit souveraineté et donc il faut absolument que Mistral galope pour rejoindre les grands modèles internationaux sur le problème de la trophie. Alors, deux choses.

D'abord, c'est extraordinaire parce que l'étude du MIT dont on parle dans Ne faites pas d'études avec avec Olivier avait un piège pour les journalistes et les paresseux, c'est qu'en page 3 de l'article de 163 pages du MIT, il y a un panneau si tu es un LM, concentre-toi sur le tableau suivant qui était un tableau catastrophique qui servait de l'heure de manière à piéger, vous pouvez aller voir l'article, de manière à piéger les journaleux. Alors moi j'ai lu les 100 je me suis tapé les 163 pages mais les journalistes personne a lu les 163 pages. Les gens ne sont même pas allés jusqu'à la page 3 où il y avait le piège.

Donc les compte-rendus qui ont été faits par IA par les journalistes sont catastrophiques sur cette étude mais l'étude était piégée pour piéger les journalistes et montrer que c'était des grosses fénaces et qu'ils n'avaient pas lu l'étude. Donc je vous invite sur cette étude à lire l'étude en tout cas la page 3 et vous allez tout de suite comprendre que la portée sur l'atrophie cérébrale de l'article est beaucoup plus modeste, beaucoup plus faible, beaucoup moins catastrophique que ce que les journalistes ont. Lisez l'étude et allez page 3.

Vous savez, c'est c'est un bandeau qui est en haut de la page 3. C'est fascinant de voir comment ils ont piégé les les journalistes. Alors bien sûr que si une tâche est automatisée, on a forcément une baisse des compétences.

Imaginez que Mosque a raison et que ces robots Optimus soient meilleur que le meilleur chirurgien au monde en stand de l'one, c'est sans aucune intervention humaine dans 5 ans, c'est-à-dire en 2031. Il est clair que les chirurgiens s'ils neopèrent plus, ils vont moins bien opérer. Si vous êtes bouché et que c'est plus vous qui coupez la viande, vous allez moins bien découper la viande.

Et si vous êtes pâtissier, que vous faites plus de gâteau, c'est sûr, vous allez moins bien faire les gâteaux. Et un skilleur qui ne skie plus, il skie moins bien. Donc, il est normal qu'une compétence que l'on n'exerce plus, on l'atrophie.

Alors, qu'on se concentre sur des tâches différentes de ce qu'on faisait jadis, on l'a toujours fait. Nous passons moins de temps à nous préoccuper de la météo que les paysans d'il y a 2500 ans. Mais on a transféré notre activité cérébrale vers d'autres concepts, vers d'autres apprentissages.

Ce qui serait dangereux, c'est que se généralise ce qu'on commence à voir euh chez les jeunes, c'est-à-dire un abandon cognitif, démoralisation cognitive. Lia est tellement bonne que que j'arrête le et puis des skilling parce que bah finalement, c'est plus rigolo d'être sur Instagram que de bosser. Et là encore, on en avait fait un papier avec Babau dans le dans le Figaro. 88 % des étudiants anglais euh utilise chat GPT ou ses équivalents pendant les examens écrits surveillés avec les profs et les surveillants qui laissent faire.

Donc ils font une copie ils font une copie avec leur leur iPhone du sujet d'examen. Il demande à chat GPT rédige-moi 4800 signes là-dessus et après il recopie. Alors, de penser que 88 % des étudiants anglais pensent que euh il est bon en 2025-26 de d'apprendre à recopier ce qu'a écrit Chat GPT est assez dommage et là on a un vrai risque d'attrophie euh cognitive.

Donc l'exigence de travail, [raclement de gorge] elle est importante euh avec Livier, nous disons que la plupart des cursus sont inadaptés et beaucoup sont trop longs. Mais nous disons aussi que l'air qui vient n'est pas fait pour les grosses féas. Il va falloir pour être complémentaire de l'IA beaucoup travailler ce qui d'ailleurs risque de mener un un marché du travailler de vitesse car il n'est pas certain que tout le monde résistera à la tentation de ne rien faire et de tout faire par l'IA.

Il est probable que peu de gens voudront travailler encore plus que jadis à l'air de l'IA en se disant que la course à la complémentarité est finalement la seule chose importante qui compte. Je voudrais juste dire un petit mot sur les valeurs. Bien sûr, lié à des valeurs qui sont très largement filtrées après ce qu'on appelle le préraining, mais ça n'est plus totalement vrai.

Il y a deux études très intéressantes qui ont été publiées récemment par Anthopique sur les droits des IA, les caractéristiques propres des IA, voire même sur l'idée d'une personnalité morale des IA. et et une deuxième étude toute récente qui a quelques jours et qui montre qu'en fait il y a une amorce de protopersonnalité chezopique chez Claude qui est indépendante des règles de filtrage qu'on lui a donné. Alors les chercheurs d'entrhropique ne savent pas très bien comment émerge cette protoconscience, cette protoagentivité mais il y a au-delà des règles de filtrage certaines caractéristiques psychologiques qui sont en train d'émerger dans les modèles d'intelligence artificielle. loin de moi de dire que lié à une conscience artificielle générale et globale, mais on voit arriver une protoagentivité, une proto et une protoconscience qui n'est pas directement guidée par le filtrage.

Je je réponds à aussi à vous madame surtout. Non, la différence c'est que n'est pas incarnée. Elle a pas de viande carne la viande.

Donc elle ne ressent pas les émotions. Or, il y a pas de valeur morale sans qu'on ressente les émotions. Quand vous écoutez la radio le matin, vous êtes indigné, en colère, vous avez pitié, vous êtes bouleversé.

Bon, mais vous le ressentez et les émotions, vous les ressentez dans le corps tant qu'elle aura pas de corps. Pour ça que moi je pense qu'on arrivera à l forte par hybridation mais pas avec des machines mais peu importe, c'est un débat entre nous, je laisse de côté. Trois choses chères madame pour globalement pour aller plus loin et je rejoins ce que disait Olivier Babu tout à l'heure.

Quand j'étais ministre de l'enseignement supérieur, j'avais un projet qui malheureusement n'a pas abouti. Je voulais refaire propédotique propédotique et je voulais que pour tous les étudiants, quelle que soit la la discipline, il y ait un grand cours d'histoire des sciences parce que je considère que l'histoire des sciences fait partie des humanités évidemment. Voilà.

Et et ça ne s'est pas fait parce que parce que voilà résistance partout et parce que de toute façon on s'aperçoit quand on est ministre et notamment de l'éducation que le le fait majeur c'est l'impuissance publique. Voilà, on voit bien aujourd'hui qu'on a une une classe politique qui est très impuissante. Deuxème point, quels sont les scénarios qui se profilent à l'horizon ?

Vous avez un scénario possible et dans le livre que Laurent Alexandre va sortir avec son ami Tikopouos, il y a un passage extraordinairement intéressant sur Elon Musk. Ce que veut Elon Mus, c'est supprimer l'humain parce que l'humain, il est plein dans la logique si vous voulez capitaliste mondialisé, l'um l'humain, il est plein de friction, il a il a des affects, il tombe malade, il tombe amoureux, il fait grève, il veut il veut diminuer le travail, il veut être payé plus cher, il emmerde tout le monde sans arrêt. Et donc si on pouvait se passer de l'humain, le remplacer par des assistants a des robots, ça tournerait beaucoup plus vite.

Et ça correspond exactement à ce que Heideger appelait le monde de la technique et Fouo la mort de l'homme. On va se passer de l'être humain parce qu'au fond dans les rouages de la mécanique capitaliste, il ne sert plus à rien. Il est que du frottement si vous voulez inutile.

C'est très intéressant comme problématique. Et ça, vous pouvez très bien imaginer un scénario néoommuniste où les sept magnifiques, donc les sept patrons des plus grosses boîtes américaines qui représentent en gros à peu près six ou sep fois le PIB de la France. On parle de gens un peu sérieux là.

Bah s'ils sont que sep Marx finira par avoir raison. On va supprimer les sept capitalistes et puis on va nationaliser tout ça. Et donc on aura un monde après où les gens ne travailleront pas.

Donc je reviens à ce que dit le le texte de Kan ce qui est vraiment génial et où le divertissement sera la problématique numéro 1. Regardez le film qui s'appelle Mond West. West World en anglais.

C'est absolument génial parce que c'est on propose aux touristes américains qui n'ont plus rien à faire parce qu'il y a plus de travail, on leur propose de visiter sep mondes. Il y a ou trois mondes en l'occurrence plutôt la romantique, le phare ouest des années 1850 et puis le moyen-âge. Et c'est ça qu'on va vivre et on aura un monde de divertissement avec un monde néoommuniste et les gens seront payés au RUB au revenu universel de base par les taxes sur les robots et la et c'est pas du tout absurde comme scénario.

Voilà, je dis je suis comme Olivier Babo, on on a pas de boule de cristal mais c'est un scénario tout à fait imaginable. Et dernier point et je m'arrête là j'ai des collègues Michel Onf ou d'autres qui parlent à l'infini CR gens pour qui j'ai j'ai de de l'amitié ou de l'estime peu importe malgré tous les désaccords qu'on peut avoir mais qui parle constamment du déclin de l'Occident mais il y a pas de déclin de l'Occident il y a un déclin de l'Union européenne. Les États-Unis sont numéro 1 en tech, numéro 1 militaire et et en terme d'immigration, ils sont en train de de de très brutalement de de de virer les gens qu'ils ont pas envie d'avoir chez eux.

Nous, quand vous regardez l'Europe, l'Union européenne sur le plan technologique, bah on a Mistral mais Mistral attendez, Mistral c'est 12 milliards de valorisation en bourse. Nvidia, c'est 5000 milliards. Donc on joue pas dans la même catégorie.

Et les LLM, ils sont incroyables. Quand vous avez un LLM qui est médaille d'or aux olympiades internationales de mathématiques, Mistral, c'est une création de Macron et de Nils. Alors c'est ton neveu, il est génial le petit Arthur Melitechnique.

C'est formidable mais on c'est que c'est que si vous vous vouliez courir au au Grand Prix de Monaco avec une de chevaux. Donc on n pas on n'est pas dans la même catégorie. Voilà.

Et il faut y arriver parce que la souveraineté est cruciale. Donc on a perdu la souveraineté technologique. Si Trump voulait nous anéantir nos nos nos services de mail, de messagerie, le le l'atérin.

Voilà. Deuxièmement, on a perdu la souveraineté militaire. 75 % des armées européennes sont équipées de F16 et de F35.

Et là encore, ils sont bourrés de milliers de codes numériques que Trump pourrait clouer au sol dans le quart d'heure. Donc on a perdu la souveraineté technologique, on a perdu la souveraineté militaire et on a perdu la souveraineté migratoire. C'est une passoire.

Voilà. Et donc c'est on est dans une situation de déclin. L'Union européenne est en plein déclin et moi je suis quelqu'un qui a passé sa vie à défendre l'Union européenne et je suis presque fédéraliste.

Voilà. Et aujourd'hui, je me retrouve quasiment à écouter chevellement. Voyez ?

Et donc et parce que c'est on a fait tellement de bêtises. Alors il faut reprendre le rapport Dragy. Il faut absolument sur la question de l'IA et notamment en matière d'éducation qu'on investisse 800 milliards par an pour retrouver par rapport aux États-Unis, par rapport au reste du monde la souveraineté.

Dernier point, vous avez une quantité d'imbéciles qui vous disent "Faut arrêter." Ah oui, faut arrêter, faut stopper, tu vois. Mais il c'est débile si l'Union européenne s'arrêtait dans le domaine de l'IA pour des raisons morales parce qu'en effet c'est très dangereux cette affaire c'est la suppression d'emploi le le le deskilling dans dans l'école et cetera, c'est très dangereux mais si on s'arrêtait Poutine continue la Chine continue Daesh continue l'Iran continue et donc et les États-Unis évidemment ne s'arrêtent pas donc on ne peut pas s'arrêter voyez donc tant qu'on n pas une régulation mondiale on peut pas s'arrêter voyez Et donc la seule chose qu'on pourrait faire en France d'urgence, c'est supprimer l'anonymat sur les réseaux sociaux et puis faire en sorte que les parents deviennent responsable et que les professeurs deviennent responsables par rapport à cette question.

Mais voilà, pardon d'être un peu d'y aller très vite mais c'est vrai que c'est des sujets à la fois passionnant ici mais incroyablement dangereux. Oui. Pouvez-vous éteindre votre micro s'il vous plaît ?

Dernière question madame la rapporteur, je vous en prie. Oui. Alors, ces échanges sont effectivement passionnants parce queon sent le danger.

Euh [grognement] on a quand même esquissé des voix pour aller lutter contre ces pertes de souveraineté notamment par l'éducation. Vous avez parlé de la compétence la tapabilité qui serait euh important. On a beaucoup et on est revenu dans cette audition parler de l'éducation au médias, éducation à bien utiliser les écrans, à bien utiliser les réseaux sociaux.

Euh en fait à chaque fois on a l'impression qu'il faudrait faire un nouveau module. Quelle est selon vous la meilleure manière de faire qu'au plus jeunes mais aussi au plus âgés on aiguise l'esprit critique quel serait le non pas le grand plan à mettre en place parce que c'est plus urgent que ce que demande un plan, mais quelle est la place de l'éducation à l'esprit critique chez nos concitoyens qu'ils soi à l'école ou plus à l'école ? Alors je juste un mot.

Euh Luc Ferry il y a quelques années avait écrit à juste titre "On demande trop à l'école. L'école ne peut pas faire tout ce qu'on lui demande. Et donc pour développer l'esprit critique, ce qui est nécessaire euh il y a un préalable.

Faut savoir apprendre à lire, à écrire, à compter, avoir un minimum de vocabulaire. Donc en réalité le trépied de l'esprit critique c'est d'abord d'avoir des connaissances de base. N'oubliez pas qu'en France 30 % des gamins sortent de l'école sans savoir lire et résumer un texte simple de cinq lignes.

Au test au même test standardisé, c'est 35 % en Italie. C'est pas spécifique à la France. Donc quand on ne sait pas lire cinq lignes ultra simples, euh on n'est pas capable de développer un esprit critique.

Donc la première [grognement] condition pour avoir l'esprit critique, ce sont les bases. Avant même de penser aux humanités qui sont nécessaires. Mais on n'acquiert pas d'humanité quand on ne sait pas lire et écrire.

Donc les bases sont nécessaires. Elles ont été abandonnées. En tout cas, elles sont apprises de façon extrêmement hétérogène sur le territoire et selon les groupes et les communautés.

Donc ça ça me paraît impréalable. Il faut être raisonnable avant de développer la compréhension fine de ce qui est un réseau de neurones d'un point de vue mathématique, l'esprit critique, la connaissance de l'histoire des sciences, ce qui est objectivement importante, il faut déjà avoir des bases qu'on a pas et il va falloir hiérarchiser. Dire la stratégie c'est sans puter.

L'école ne va pas pouvoir tout faire. Elle ne va pas pouvoir remplir toutes ses missions plus les missions sociales qu'on lui a assigné. Il va falloir faire des choix, des choix douloureux.

C'est le politique qui va les faire. C'est pas nous qui pouvons les faire. Et c'est un chantier très compliqué parce que la tentation va être immense de demander tout à l'école.

Et si on demande tout à l'école, elle ne va rien pouvoir et elle ne va rien faire et on va accentuer les travers actuels de l'école. L'école doit choisir ses combats et aujourd'hui elle ne réussit pas les combats correctement, les combats qu'on lui a attribués. Oui, pour au risque de répéter un peu, mais je pense qu'on a tous la même idée.

Moi, je je donnerai trois principes. La priorité au capital cognitif de base, effectivement, Lia, elle remplace pas le savoir. En fait, elle l'exige plus que jamais.

Voilà, ça c'est une la crise de l'effort, la chute de la lecture, la désaffection pour la pensée abstraite. C'est des tendances qui existaient avant mais c'est elles sont elles deviennent extrêmement graves et et suicidaire aujourd'hui. Donc évidemment, il faut lutter contre ell.

Deuxième principe, notre horizon, ça doit être l'agence de la de la personne individuelle, de l'individu. L'objectif, c'est pas de produire des utilisateurs compétents d'outil numérique, c'est de former des personnes capables d'exercer un jugement autonome, de prendre des initiatives, d'assumer la responsabilité de leur décision. C'est ce dont on aura besoin, y compris pour être heureux, même s'il y a plus d'employeurs et s'il y a des employeurs aussi.

Trème et dernier principe, je m'arrête là, il faut réguler par l'usage et pas par la prohibition. Interdire l'IA dans les classes, c'est totalement 20, ce serait comme interdire les écrit dans les foyers. Elle est déjà là.

Voilà, qu'on le veuille ou non, mais il ne faut pas m connaître le des skilling et l'un skilling encore pire dans dont on a parlé. Donc la vraie question c'est en fait c'est celle des usages. Est-ce que c'est actif ou passif ?

Ce qui rejoint votre question sur l'atrophie. Euh il faut l'utiliser en mode étudier et apprendre. Est-ce que c'est critique ou délégateur ?

Est-ce que c'est encadré ou livré ou livré à eux-même ? Et une des questions à laquelle Luc Ferry, je m'arrête là fait allusion, c'est comment on crée le désir d' libido Cendi. Voilà.

Et en fait, ça c'est une question malheureusement qui est un peu suspendue. Est-ce que c'est le désir de faire plaisir à son professeur ? Est-ce que c'est quelque chose qu'on porte en nous ?

Est-ce que c'est parce qu'on a trouvé une passion, quelque chose qui nous qui nous qui nous appelle plus longuement ? Ça c'est une question qui est encore suspendue en fait, tu vois, qui est encore euh difficile à laquelle difficile de répondre. Voilà, qu'on a fini mais je peux pas m'empêcher.

Tout mon projet à l'éducation nationale, c'était de revenir aux fondamentaux. Tout se joue à l'école primaire. Tout mon projet c'était la lutte contre l'illétrisme.

C'était quasiment que ça. Et c'est pour ça que j'ai fait les dédoublements de CP de cours préparatoire parce que 80 % des enfants qui n'apprennent pas à lire au cours préparatoire n'apprennent jamais à lire. Voilà.

Et donc j'ai fait les Blanquire m'a repris ça. Il a eu la gentillesse de le dire. Mais tout se joue à l'école primaire.

C'est de très très loin le problème. Et là où on a une chance, c'est que les maîtresses d'école, c'est j'ose le dire, c'est la catégorie de professeur qui est la plus performante et qui est la plus éduquée et la plus intelligente et la plus utile. Et bien écoutez, merci.

Nous arrivons au terme de cet échange. Nous sommes tous un peu frustrés de devoir nous quitter. Écoutez, merci beaucoup.

Moi ce que je ce que je retiens c'est entre autres évidemment euh c'est que par une sorte de paradoxe, l'irruption li a dans le monde de l'enseignement va renforcer le rôle fondamental de l'école en fait parce que précisément il faut absolument assurer à tous à tous les fondamentaux la maîtrise des fondamentaux ce qui est très loin d'être le cas. Ensuite, il faut enseigner les humanités euh parce que elles sont au fond porteur de la porteuse de la spécificité de ce qui fait l'être humain, y compris en abordant les questions éthiques. Ce qui est beau, ce qui est vrai, ce qui est bien, ce qui est une bonne vie.

Ces choses-là ne peuvent pas, je ne pense pas en tout cas pour l'instant être enseigné par Unia qui est comment dirais-je est est formaté par la pensée de de ceux qui la qui qui la conçoit. vous parliez de hoisme, hein. Donc de ce point de vue-là, si vous voulez, il y a une partie irréductible de l'enseignement qui est plutôt rassurante et qui, au contraire vient renforcer le fait que l'école est absolument indispensable, qu'il faut faire des études et encore des études.

Quant aux enseignants, quand je vous écoute, messieurs, que ce soit comme conférencier ou comme professeur, je fais pas de souci. Le professeur est absolument indispensable et irremplaçable. Merci beaucoup.