Contrôles à la frontière avec l'Allemagne : "c'est dommage, ça altère l'espace Schengen" estime Fabienne Keller
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 70 %Défensif 30 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 88 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:32OuverteRéponse directe
Est-ce que vous estimez que c'est vraiment trop ?
- 1:44OuverteRéponse partielle
Est-ce que c'est un argument que vous rejetez ce matin ?
- 2:29OuverteRéponse directe
Que fait l'Union européenne ?
- 4:34OuverteRéponse directe
Vous appelez les élus alsaciens à se remobiliser ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:36Invité politiqueFait
« Cette mesure, elle a été présentée comme temporaire au départ, or c'est déjà la quatrième prolongation. »
- 1:40Invité politiqueFait
« La raison invoquée, c'est la lutte contre l'immigration illégale. »
- 2:21Invité politiqueFait
« La légalité des contrôles au regard du droit européen a été interrogée par plusieurs pays frontaliers, dont la France et le Luxembourg. »
- 3:16PrésentateurFait
« La France l'a fait à la frontière espagnole. L'Italie l'a fait également. »
Temps de parole
- Présentateur65 %
- Fabienne Keller34 %
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8h moins le quart ici Alsace, la députée européenne Fabienne Keller et notre invitée ce matin Sophie.
Pour parler de ce sujet qui interroge, qui agace depuis deux ans les contrôles aux frontières reconduits entre l'Allemagne et la France avec des conséquences toujours bien concrètes pour les Alsaciens qui traversent régulièrement le Rhin pour aller travailler ou pour leurs loisirs. Bonjour Fabienne Keller. Bonjour. Vous êtes eurodéputée du groupe Renew. L'Allemagne a remis en place un contrôle à toutes ses frontières depuis septembre 2024, je le disais, deux ans et s'est reconduit à partir d'aujourd'hui pour six mois supplémentaires.
Est
-ce que vous estimez ce matin que trop c'est trop
? C
'est vraiment trop, oui. Comme vous le dites, c'est dommage parce que cela altère le fonctionnement de l'espace Schengen, c'est-à-dire ce grand espace européen qu'on a réussi à construire et où chacun peut aller y venir librement pour travailler comme vous l'évoquiez ou pour ses loisirs ou par plaisir. Donc c'est vraiment dommage. Et d'ailleurs, dans le nouveau règlement Schengen adopté il y a deux ans, on a prévu que des contrôles inopinés sont autorisés, mais de préférence binationaux. C'est-à-dire que l'idée, c'est d'oeuvrer dans l'esprit de Schengen, donc pas d'un côté de la frontière, mais des deux côtés ensemble. Des policiers
allemands et des policiers français ensemble éventuellement pour faire des contrôles de temps en temps.
Exactement, parce que l'essentiel de ces contrôles porte sur la migration. Donc ces personnes, soit elles sont en règle au regard du droit à séjourner sur le sol européen, soit elles ne le sont pas. Donc autant travailler ensemble, parce qu'en fait les renvoyer de l'autre côté de la frontière, ça ne sert à rien.
Et parce que nous allons
revenir à l'origine de cette mesure. Cette mesure, elle a été présentée comme temporaire au départ, or c'est déjà la quatrième prolongation. La raison invoquée, c'est la lutte contre l'immigration illégale. Est-ce que c'est un argument que, du coup, vous rejetez ce matin
? Je dis, alors, on ne peut pas rejeter, c'est une décision souveraine des Allemands, mais c'est dommage de ne pas le faire en européen, puisque les règles sont communes. Nous les avons adoptées il y a deux ans, s'agissant de la migration. Il faut faire les contrôles ensemble, de manière efficace, et pas forcément à la frontière physique, mais aussi un petit peu plus loin, dans le territoire. Donc, l'idée, c'est vraiment de garder l'esprit de cette libre circulation qui amène de la prospérité, de la liberté, de l'enrichissement mutuel, mais assurer la sécurité de nos concitoyens ensemble.
La légalité des contrôles au regard du droit européen a été interrogée par plusieurs pays frontaliers, dont la France et le Luxembourg, par exemple. Alors, j'allais vous dire, que fait l'Union européenne ? Est-ce qu'il n
'y
a pas des discussions possibles avec l'Allemagne pour éventuellement leur demander de réduire ces contrôles ou juste de les arrêter ?
Bien sûr,
il
y
a
des discussions possibles. Nous en parlons. Nous parlons de ces travailleurs qui, tous les matins, sont mis en difficulté pour rejoindre leur lieu de travail, ces voyageurs qui ont du mal à rejoindre de l'autre côté de la frontière. Nous en parlons aussi parce que le règlement prévoit qu'on peut exceptionnellement mettre en place des contrôles, mais que ça doit rester exceptionnel. Donc, j'ai encore mis ce sujet sur la table lors d'une réunion la semaine dernière dans la commission compétente. La question, c'est est-ce que l'Union européenne va accepter de faire une procédure dite d'infraction ? Puisque là, on ne respecte
pas... Vis-à-vis de l'Allemagne, du coup
? Vis-à-vis de
l
'Allemagne. Mais il faut être conscient que d'autres États membres mettent aussi en place ces contrôles. La France l'a fait à la frontière espagnole. L'Italie l'a fait également. Donc, voilà, c'est un problème de respecter l'esprit Schengen dans une vision plutôt communautaire. Alors, on pousse, on en débat pour encourager les États membres, surtout à coopérer entre eux.
On l'a entendu dans le journal de 7h, les contrôles ne sont pas les mêmes partout en Alsace. Alors, ils sont surtout importants sur le pont du Rhin, entre Strasbourg et Kelle. Et les contrôles sont souvent mobiles et plus seulement fixes qu'au début.
C
'est déjà mieux qu'avant, vous dites. On a quand même infléchi un petit peu la position de départ du côté de l'Allemagne.
Oui, je pense pour des raisons d'efficacité. Ils ont souhaité un peu s'adapter. Puis, ils ne sont pas continus pour ne pas créer des effets de bouchons qui sont quand même très pénalisants pour tous. Maintenant, à nouveau, je pense qu'il faut vraiment qu'on change de logiciel et qu'on fonctionne vraiment en coopération frontalière. On a d'ailleurs un magnifique centre de coopération policière et douanière à Kelle qui a de très beaux résultats en termes d'arrestation et de sécurité. Il faut continuer dans le même esprit pour que ce soit l'ensemble de notre espace rénant qui soit contrôlé.
Dernière question, des élus de Strasbourg, notamment capitale européenne, avaient demandé il y a deux ans la levée de ces contrôles. On a l'impression que les élus, finalement, se sont habitués à ces contrôles. Vous appelez peut-être les élus alsaciens se remobiliser pour demander à l'Allemagne de les arrêter ?
Oui, j'espère que nous pourrons tous ensemble convaincre les autorités allemandes tout en respectant leur droit qui est de protéger leurs concitoyens comme ils le souhaitent. Mais il y a peut-être des manières plus efficaces en travaillant ensemble. À nouveau, je crois que vraiment cette coopération, elle est centrale parce que les personnes dangereuses ont bien sûr compris que la frontière était un endroit de fragilité. Donc, travaillons ensemble pour mieux répondre à ce point.
Et notamment une coopération transfrontalière, comme vous l'appelez, de vos voeux. Merci Fabienne Caller d'avoir été en direct avec nous ce matin dans le studio d'ici Alsace. Je rappelle que vous êtes eurodéputée du groupe Renew au Parlement européen. Merci beaucoup.
Merci à vous et vive l'Europe. Et ce sujet, nous le développerons tout à l'heure entre 9h et 9h30.
Fabienne Keller