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Podcast / conversationLe Média (sur Podcast)· 27 mars 2025 24 minContradictoireActualité / polémiqueRetraitesTravail & emploiÉconomie & entreprisesSolidarités & famille

"Trahison" de Bayrou : pourquoi cette mascarade était prévisible

Source d'origine 2 locuteurs

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 10 %Attaque 70 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 2:32OuverteRéponse directe

    Comment tu vois ces départs des négociations sur les retraites ?

  • 4:07OuverteRéponse directe

    Est-ce que c'était prévisible dès le début ? Ou il fallait quand même y aller ?

  • 11:17OuverteRéponse directe

    Est-ce qu'il n'y a vraiment pas d'argent pour remettre la retraite à 62, voire 60 ans ?

  • 18:03OuverteRéponse directe

    Ces plans sociaux et taux de chômage sont-ils du fait de la conjoncture économique ou de choix politiques ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:03InvitéFait
    « L'espérance de vie à 60 ans, ces dix dernières années, elle n'a pas augmenté. »
  • 0:06InvitéFait
    « Ce qui veut dire que quand vous prenez deux ans aujourd'hui à quelqu'un, vous lui prenez deux ans très clairement sur sa retraite avant la mort. »
  • 0:09InvitéFait
    « Le débat, c'est seulement comment on économise aujourd'hui tant de milliards. »
  • 0:16InvitéFait
    « Pour être touché aux recettes, par exemple. »
  • 0:16InvitéFait
    « Parce que par pure idéologie, on a envie de taper sur les retraites. »
  • 9:15InvitéChiffre
    « Il avait dit 55 milliards. 55 milliards de déficit. »
  • 9:18InvitéChiffre
    « Alors qu'en fait, c'est 6,6. 50% de la dette les dix dernières années. »
  • 11:00PrésentateurChiffre
    « Si vous voulez passer de 64 à 63 ans, ça coûte 5,8 milliards d'euros. Si vous voulez revenir à 62 ans, ça coûte 10,4 milliards d'euros. »
  • 13:13InvitéFait
    « On est passé de 3 retraités pour 10 actifs à 6 retraités pour 10 actifs. »
  • 13:37InvitéChiffre
    « Si on reprend en compte tous ceux qui sont dans le halo du chômage, c'est-à-dire ceux qui voudraient travailler plus, mais qui sont en travail précaire, là, vous avez 14% de la population active. »
  • 17:32PrésentateurChiffre
    « un taux de chômage de 7,3% au quatrième trimestre 2024, selon l'INSEE »
  • 17:44PrésentateurChiffre
    « La Banque de France table sur 7,8% pour 2025-2026. Et l'OFCE évoque les 8% pour cette année, ainsi que 150 000 destructions d'emplois. »
  • 17:57PrésentateurChiffre
    « La CGT recense aujourd'hui 300 plans de suppression d'emplois depuis septembre 2023, avec 300 000 emplois menacés ou supprimés. »

Temps de parole

  • Invité68 %
  • Présentateur29 %
  • Invité 23 %

2,6 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Invité

L'espérance de vie à 60 ans, ces dix dernières années, elle n'a pas augmenté. Ce qui veut dire que quand vous prenez deux ans aujourd'hui à quelqu'un, vous lui prenez deux ans très clairement sur sa retraite avant la mort. Le débat, c'est seulement comment on économise aujourd'hui tant de milliards. Pourquoi ? On ne sait pas. On ne sait pas pourquoi. Pour être touché aux recettes, par exemple. Parce que par pure idéologie, on a envie de taper sur les retraites. Et les Français résistent.

0:22
Présentateur

Bonjour tout le monde, je suis ravie de vous retrouver pour un nouvel épisode de l'Instant Porsche. Avec tous les discours qu'on entend autour de nous, notre meilleure arme, c'est de les connaître et de les comprendre. Le Média change tout, ou presque. On débarque avec quatre nouveaux rendez-vous quotidiens, dont trois directs, Contre Matinal, Journal des Luttes à 13h et nos rendez-vous du soir. Vous le savez, Le Média ne vit que par votre soutien. C'est le prix d'une information libre et indépendante. Pour soutenir votre Média de manière pérenne, vous pouvez vous abonner à partir de 5 euros par mois ou même devenir sociétaire de notre coopérative.

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1:00
Locuteur

Salut Lise.

1:01
Présentateur

Alors avec toi aujourd'hui au programme, le conclave sur les retraites promues par Bayrou commence à prendre l'eau et l'on décrypte la politique d'Emmanuel Macron sur les emplois qui faillit et permet surtout de licencier. C'est parti. Le fameux conclave sur les retraites promesses de François Bayrou pour éviter la censure tombe-t-il à l'eau ? De plus en plus de participants claquent la porte et dénoncent un jeu de dupe ou une mascarade. Force ouvrière le 27 février, l'union des TPE et PME, puis la CGT il y a quelques jours.

Le Premier ministre a annoncé qu'on ne reviendrait pas sur l'âge de départ à 62 ans au lieu de 64, qui était le point névralgique des contestations populaires et politiques. François Bayrou a trahi sa parole, a affirmé Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT. Au lendemain du départ du syndicat des discussions, les retraités se sont réunis à Paris pour manifester. On y a pu rencontrer la CGT.

1:54
Invité

Les propos du Premier ministre dimanche ont été la goutte d'eau qui fait déborder le vase. Nous devions pouvoir discuter librement sans totem et tabou. On était bien d'accord que le cadre était déjà insatisfaisant et que ce n'est pas avec un patronat qui veut nous faire partir à 65, 67 ou 70 ans qu'on allait obtenir grand-chose. Mais là, la porte a été complètement fermée par la position de François Bayrou qui a dit « Stop, vous ne toucherez pas aux 62 ans ».

Et donc, évidemment, comme c'est la mesure principale qui est la cause de toutes les mesures qui aggravent la pénibilité, qui aggravent les inégalités femmes-hommes, il n'était plus possible de discuter dans un cadre où on ne peut discuter dans ces cas-là que de miettes.

2:31
Présentateur

Allez, on roule ! Thomas, comment tu vois ces départs des négociations-là ?

2:40
Invité

C'était prévisible. Quand on a un Premier ministre qui, dans un discours général, vous dit que le vrai problème de la dette française, c'est ce qu'on a rappelé ici d'ailleurs, le vrai problème de la dette française, c'est les retraites, qui vous sortent des chiffres complètement farfelus. Et puis après, vous dit « On va faire un conclave avec les partenaires sociaux » et là, qu'il n'aura ni tabou ni totem et qu'on les laissera faire. Et puis qu'après, il leur envoie une lettre de cadrage. Puis qu'après, ils décident de l'âge.

Enfin, on avait bien compris que, voilà, c'était une façon peut-être d'avoir un accord politique, une façon de faire comme si on laissait parler la démocratie, mais qu'au final, on savait ce qu'on allait faire. Et c'est assez commun, en fait, en Macronie, puisque Macron l'a déjà fait, par exemple, pour l'assurance chômage. On dit « On va faire ci, on va faire ça. » C'est pour que les gens puissent retrouver leur travail plus facilement, etc. Et au final, c'est surtout pour faire des économies. On l'a fait avec la Convention pour le climat. On va laisser parler les gens. Et puis on va prendre les mesures. Et puis finalement, on ne prend que quelques mesures comme ça.

Et on laisse les autres tomber. Donc en réalité, on savait qu'il y avait un objectif derrière qui était politique. Et on savait qu'elle était, on va dire, l'avis du Premier ministre sur la question. Et même de Macron. Donc il ne faut pas faire qu'un semblant de ne pas savoir et faire comme si on voulait écouter la démocratie quand on sait vraiment ce que ces gens pensent des retraites.

3:51
Présentateur

Et il y a le syndicat solidaire qui n'avait pas du tout été invité autour de la table qui parle d'un jeu de dupe ou d'une mascarade. Mais ça, depuis le début, en fait, même avant que ça commence. Et depuis le début, je l'ai dit, plus le conclave avance, plus d'autres organisations arrivent à ce même constat. Tu le dis un peu, c'était du vent, etc. Mais est-ce que c'était prévisible dès le début ? Ou il fallait quand même y aller ? Enfin après, sans juger comment les organisations ont pris part aux discussions ou pas. Mais est-ce qu'il a fallu du temps pour s'en rendre compte ? Ou dès le début, c'était joué ?

4:19
Invité

Non, les partenaires sociaux ont eu raison d'aller négocier parce qu'il faut discuter, il faut être dans le dialogue. Après, si Beyrou avait tenu sa promesse, c'est-à-dire s'il n'y avait pas tout ça des jeux politiques pour avoir des accords et pour éviter la censure, notamment avoir le soutien du PS, c'est ça l'idée. Qu'est-ce qu'il aurait fait s'il avait une parole ? Il aurait, dans un premier temps, laissé le conclave et les partenaires sociaux discuter. Il en serait peut-être ressorti quelque chose. Chacun avait ses lignes rouges, etc. Mais après, on aurait peut-être pu aborder aussi des thèmes un peu plus...

Enfin, tout aussi intéressants comme le fait qu'il y ait des différences d'espérance de vie entre un cadre et un ouvrier, 7 ans, que les classes populaires mordent plus jeunes que les classes riches, que les femmes ont des carrières rachées et qu'elles n'ont des pensions de retraite beaucoup plus faibles que les hommes et qu'il y ait une vraie inégalité sur les thèmes. Donc, peut-être qu'il y aurait eu même des ajustements là-dessus. Et puis après, la question de l'âge aurait pu être aussi abordée. Parce qu'on sait très bien... Aujourd'hui, il faut vraiment dire les choses.

C'est-à-dire que quand vous décalez l'âge de départ à la retraite sans tenir compte des différences que je viens de dire entre cadre ouvrier, entre femmes et hommes, etc., de fait, ça va être très injuste pour une certaine partie de la population.

5:34
Présentateur

Et ça va grossir les inégalités déjà existantes.

5:36
Invité

Tout à fait. Ça va grossir... Très bien. Exactement. Ça va grossir les inégalités. Et il faut vraiment avoir en tête que quand vous donnez deux ans, en fait, quand vous prenez deux ans sur la retraite, vous rajoutez deux ans de travail qui sont extrêmement difficiles. Ça, c'est la vérité, parce que c'est les deux dernières années. Et en plus, vous empêchez aux gens de profiter des deux meilleures années de la retraite, qui sont les deux premières années après où vous êtes encore en bonne santé. Parce qu'après, vous arrivez et vous ouvrez, statistiquement parlant, à plus de chances d'avoir des maladies. Donc, c'est deux années qui sont très importantes, ces 62-64 ans.

Et donc, il aurait fallu à un moment que les gens en discutent réellement. Et là, avant même que ces discussions arrivent en mai, à leur fin, qu'est-ce qui se passe ? Vous avez le gouvernement qui envoie une lettre de cadrage, qui parle d'un âge, à la fin, qui décide de ce qu'il veut comme conclusion. Et donc là, c'est ça qui est problématique. C'est plutôt l'intervention du gouvernement sur une promesse qui était que le débat entre les partenaires sociaux pouvait avoir lieu.

6:30
Présentateur

Alors que le gouvernement lui-même nous disait, je ne me mêle pas du conclave sur les retraites. Je me rappelle très bien, nous-mêmes, on est allé voir la porte-parole du gouvernement au Conseil des ministres qui nous a dit, nous, on ne se mêle pas. C'est aux partenaires sociaux de choisir sur les retraites. Et en fait, on voit quand même qu'ils se mêlent. Et autre chose aussi, à rappeler que l'espérance de vie en bonne santé en France ne se repousse pas, contrairement à l'espérance de vie. Donc, c'est bien de rappeler ce genre de chiffre.

6:53
Invité

Rappelons aussi une chose, comme on l'a dit ici aussi la dernière fois, c'est l'espérance de vie à 60 ans. Parce que l'espérance de vie à 60 ans, ces dix dernières années, elle n'a pas augmenté. Pour les femmes, elle est restée stable. Pour les hommes, elle a augmenté de quelques mois. Ce qui veut dire que quand vous prenez deux ans aujourd'hui à quelqu'un, vous lui prenez deux ans très clairement sur sa retraite avant la mort. C'est ça, la réalité. Donc, l'espérance de vie augmente. Oui, l'espérance de vie, elle augmente pour les nouveaux-nés. Donc là, ils vivront plus longtemps.

Mais pour ceux qui ont 60 ans et à qui on prend tout de suite des semaines et d'ici à quelques années, on leur prendra les deux années, ceux-là, ça n'augmente pas.

7:28
Présentateur

Ça fait penser aussi à des députés qui avaient dit « Oui, mais maintenant, on vit très bien quand on est vieux, etc. » Ça aussi, c'est très social. Ça dépend énormément de la classe sociale et du métier qu'on a fait durant toute sa vie. Ce conclave aussi, cette volonté de discuter affichée de François Bayrou, en tout cas dans le discours, ça a permis au Premier ministre d'éviter la censure. On se rappelle de cet épisode comme sa promesse sur les enseignants, alors qu'on découvre après des fermetures de classes et des suppressions de postes. On a fait plusieurs reportages dessus, donc je vous invite à aller voir.

Est-ce que là, on voit la population et certains politiques face à une sorte d'autoritarisme libéral incapable d'écouter ?

8:06
Invité

Ça, on l'avait déjà constaté, en fait, quand on regardait ces dix dernières années. C'est-à-dire que ces dix dernières années, nous avons eu ce qu'on appelait des alternances politiques. C'est comme ça qu'elles s'appelaient, c'est-à-dire la droite, la gauche avec le PS, puis Macron. Et puis là, on retourne au centre droit avec Bérou. Et qu'en fait, malgré ces alternances politiques, il n'y a pas d'alternative économique.

8:25
Présentateur

En plus, là, on est avec, pour rappeler, on est avec un gouvernement qui n'a pas gagné les élections et sur une réforme qui est extrêmement impopulaire et qui est majoritairement impopulaire et que le peuple et les politiques rejettent.

8:36
Invité

Tout à fait. Voilà. Oui, parce qu'effectivement, il est passé en 49-3. Il ne faut jamais l'oublier. Il s'est passé en 49-3, sinon ça ne passait pas. Et la majorité des Français sont plutôt opposés à la réforme des retraites. C'est ça qui m'a étonné, moi. C'est-à-dire comment faire comme si on était surpris quand vous avez vraiment... Moi, j'étais étonné même qu'il fasse ça, parce que pour moi, c'était finalement une forme de bras d'honneur au parti de gauche qui avait soutenu, qui avait dit qu'il ne voterait pas la censure.

C'est-à-dire qu'il a commencé vraiment ce discours en disant le problème, c'est les retraites, en utilisant un chiffre fallacieux qui n'est pas reconnu par le corps, qui n'est pas reconnu par la Cour des comptes. Il avait dit 55 milliards. 55 milliards de déficit. Alors qu'en fait, c'est 6,6. 50% de la dette les dix dernières années. Donc les retraités sont le principal problème, selon François Béroud. Et après, il dit ça, il fait le conclave, et puis il s'en mêle, il s'en mêle. Et puis ce qui a amené au fait que... Et c'est pour ça que les syndicats ont raison aujourd'hui de quitter la discussion, parce que les discussions sont perturbées par des prises de positions politiques.

Et ça, c'est problématique. Alors que là, Béroud a été contredit et par la Cour des comptes et par le corps. Et il ne veut pas que la démocratie des partenaires sociaux s'exerce. Donc on savait, enfin moi je savais, enfin on savait tous, et lui-même je pense le savait. Il n'y a que le PS qui ne devait pas peut-être le savoir, ou qui le savait, mais qui l'a fait pour d'autres raisons qui nous échappent, en tous les cas pas économiques. On savait très bien qu'il n'y avait aucune volonté de la droite et de la Macronie qui est de droite de revenir sur cette réforme qu'ils ont passée au forcep, qui a été compliquée.

Je veux dire, la réforme de la retraite à points a été avortée dans le premier quinquennat de Macron. Et elle a été reprise avec le décalage de l'âge de départ à la retraite sous le deuxième quinquennat. Mais ça a été difficile. Alors là, revenir dessus, ça aurait été compliqué. Mais il fallait promettre d'en discuter pour avoir le soutien, je pense, d'une partie des forces politiques.

10:33
Présentateur

Justement, sur les arguments économiques, il y a Pierre Moscovici, qui est président de la Cour des comptes, qui reste confiant malgré tout sur ce conclave. Je le cite. Il y a une volonté de certaines organisations de continuer à discuter. D'ailleurs, nous allons leur présenter un deuxième rapport à la mi-avril sur les questions d'emploi et de compétitivité. Et comme ses pairs, Pierre Moscovici avance la question des comptes. Le premier président de la Cour des comptes estime qu'il n'est pas possible de revenir à un âge de départ à la retraite à 62 ans sans dégrader les comptes. Je le cite. On l'a chiffré de manière précise.

Si vous voulez passer de 64 à 63 ans, ça coûte 5,8 milliards d'euros. Si vous voulez revenir à 62 ans, ça coûte 10,4 milliards d'euros. C'est assurément un coût. Ça ne veut pas dire que c'est infaisable, mais il faudra payer. Il faudra payer. On sait souvent ce que ça veut dire. Thomas, est-ce qu'il n'y a vraiment pas d'argent pour remettre la retraite à 62, voire 60 ans ?

11:23
Invité

C'est toujours la même question. Il y a un problème de rentrée ou il y a un problème de sortie ? Là, on voit très bien que pour les gens, le problème de rentrée, on ne doit pas y toucher. C'est-à-dire le fait de consacrer une plus grosse partie de notre richesse aux retraités par des prélèvements, par de l'augmentation, des cotisations, ce n'est pas possible.

Ce n'est pas envisageable pour eux, alors que c'est ce qu'on a fait ces 30 dernières années pour préserver le système de retraite, pour faire en sorte que nous ayons le même taux de pauvreté dans les populations de retraités que dans les populations d'actifs, pour faire en sorte également que nous ayons le taux de pauvreté le plus faible au monde chez les retraités. Je ne dis pas que tous les retraités roulent sur l'or, mais nous avons le taux de pauvreté le plus faible. Les Allemands ont trois fois plus de retraités pauvres que nous.

Il a fallu qu'à un moment, on finance, on accompagne cette transition démographique qui a été très forte ces 30 dernières années, qui sera moins forte dans les années à venir. Sauf que dans les années à venir, on ne veut plus faire ça. Donc se pose la question de la dépense. Donc soit on bouge l'âge et on travaille plus longtemps, soit on diminue les pensions, soit on fait les deux. C'est un peu ce qui est fait, mais le vrai débat sur l'accompagnement du vieillissement de la population, il n'est pas dit. Je veux dire, à un moment, on a fait des choix. À un moment, on s'est dit, bon, un enfant qui naît en France va pouvoir avoir une éducation gratuite jusqu'à 16 ans.

Les gens ont dit, oh là là, c'est impossible, ça va coûter très cher, c'est un coût très élevé. Aujourd'hui, c'est rentré dans les mœurs, on a accepté. Puis c'est un investissement surtout. Voilà, c'est un investissement. Et là, on pourrait dire la même chose. À l'époque, nous étions un pays de jeunes. Quand on a fait ça, on a dit, c'est un investissement, on forme les gens, etc. Aujourd'hui, nous allons devenir un pays de vieux. Et c'est une bonne chose. Ça veut dire que les gens vivent plus longtemps. Voilà, c'est un fait. Il faut l'accepter.

Donc, il va falloir faire en sorte de financer, me semble-t-il, moi, une partie des retraites, ou la totalité des retraites pour accompagner cette transition démographique, ce vieillissement de la population.

13:07
Présentateur

Qui est déjà passé, en soi ?

13:09
Invité

Le choc démographique le plus gros s'est fait entre 70 et aujourd'hui. On est passé de 3 retraités pour 10 actifs à 6 retraités pour 10 actifs. Le prochain choc, on passe de 6 à 7. Donc, le grand choc était derrière nous. Donc, ensuite, voilà, il faut trouver des financements. On les trouve facilement. On augmente les cotisations. Il y a vraiment... Là, les solutions, elles ont été mises sur la table. Oui, les syndicats ont avancé.

13:32
Présentateur

Par exemple, si on payait mieux les femmes, déjà...

13:34
Invité

Si on équilibre le salaire homme-femme, c'est ça. Si on reprend en compte tous ceux qui sont dans le halo du chômage, c'est-à-dire ceux qui voudraient travailler plus, mais qui sont en travail précaire, là, vous avez 14% de la population. active. Vous voyez, donc là, c'est important. Là, on gagnerait si... Je veux dire, le but, ce n'est pas de faire travailler les mêmes personnes plus longtemps, dans la semaine ou dans le temps, dans la durée. C'est que les gens... Il y a plus de gens qui travaillent. C'est ça. Il y a 5 millions de chômeurs. Vous avez plein de gens qui sont en travail précaire, qui veulent plus travailler.

Vous avez des femmes qui ont des niveaux de salaire en dessous des hommes. Et si on rééquilibrait, effectivement, on compenserait tout en partie. Donc, il y a tout ou la totalité ou vraiment la majorité du déficit. Donc, il y a plein de solutions qui peuvent être mises sur la table. Mais la vraie question, c'est, est-ce qu'on veut les prendre ? C'est-à-dire... Et moi, je pense que c'est ça qu'il faudrait poser comme débat. Nous vieillissons. Est-ce qu'on veut se dire, bon, ben, nous vieillissons, tant pis. C'est-à-dire que les vieux doivent travailler plus longtemps, quel que soit l'emploi, parce que c'est ça, en fait, qu'on est en train de prendre comme voie.

Donc, vous allez avoir les plus pauvres qui vont mourir avant même l'âge de la retraite, ceux qui vont mourir très rapidement après, ceux qui vont continuer à travailler dans des conditions difficiles, et puis ceux qui auront les moyens de payer pour leurs parents, ceux qui auront un patrimoine et feront fructifier le patrimoine, ils encaisseront des loyers et ils ne pourront plus travailler. Et il y aura les autres qui devront subir. Moi, je ne pense pas qu'on fait société comme ça. Donc, à un moment, faire société, c'est-à-dire on produit beaucoup de richesses. Est-ce qu'on ne va pas en affecter une partie aux vieux, parce qu'il y a plus de vieux ?

Voilà, une partie à l'assurance-chômage, une partie à la santé. C'est ça, faire société. Mais aujourd'hui, les débats n'amènent pas à ce type de questions. Le débat, c'est seulement comment on économise aujourd'hui tant de milliards. Pourquoi ? On ne sait pas. On ne sait pas pourquoi. Pour être touché aux recettes, par exemple. Oui, pour être touché aux recettes.

15:12
Présentateur

Tu dis qu'on produit beaucoup de richesses, mais en fait, le commun des Français ne le voit pas, parce qu'il y a une financiarisation, en fait.

15:19
Invité

Oui, bien sûr, il y a des inégalités. Le gâteau qui est produit est capté par une plus grosse partie de la population, par une minorité de la population, mais qui en capte une plus grosse partie maintenant. Et ça, c'est la vérité. Il y a un vrai problème de partage des richesses qui a augmenté en faveur d'une minorité. Et ça, il faut le dire. Mais après, il faut la réformer, parce qu'il faut la réformer. Alors, on ne sait plus vraiment pourquoi. Parce que quand on a commencé à discuter de la réforme des retraites, le régime était excédentaire. Alors, vous vous rendez compte ?

Un régime excédentaire est sur des prévisions à 2030, alors que les prévisions du corps, bien qu'elles soient sérieuses, c'est des prévisions toutes choses étant égales par ailleurs. On a vu que plein de fois, ils ont dit qu'il y allait y avoir des déficits et il y a eu des excédents. Ça a été le cas en 2020 et d'autres années. Là, on avait un excédent. Donc, normalement, tu te dis, bon, s'il y a un excédent, il peut y avoir des petits déficits qui sont d'ailleurs dans l'épaisseur du trait. Vraiment, les déficits, là, 6 milliards de déficits sur 350 milliards de retraites.

Et puis, si on met ça en point de PIB, mais on est vraiment sur un tiers de point de PIB, on n'est vraiment sur rien du tout. Oui, c'est politique. Oui, voilà. Là, il y a une volonté. Ça va être grave. Ça va être dangereux. Donc, il faut absolument réformer pour gagner quelques milliards. Je ne sais pas. Enfin, moi, je ne comprends pas ça. Alors même que c'est un système qui fonctionne bien et que même dans les prévisions de long terme, on voit quand même que les déficits, à part sur un scénario, ce n'est pas des déficits en cascade comme ça qui deviennent incontrôlables.

Donc, il y a plus une volonté politique pour s'attaquer à une partie de la dépense sociale à laquelle les Français sont attachés et qu'une grosse partie, je ne sais pas pour des raisons parfois financières, parce que ce serait bien de mettre la main sur 300 milliards quand on est un fonds d'assurance ou parce que par pure idéologie, on a envie de taper sur les retraites. Et les Français résistent. Mais ça fait 10 ans qu'on leur ressort de manière régulière, quasiment tout le temps, cette histoire de retraite.

17:13
Présentateur

Le droit du travail est-il devenu une machine à licencier ? C'est ce que titre alternative économique dans un article qui analyse la législation autour du droit du travail depuis plusieurs années, surtout sous les années Macron, mais pas que. Alter Eco écrit que si l'emploi résiste encore à ce jour, un taux de chômage de 7,3% au quatrième trimestre 2024, selon l'INSEE, les conjoncturistes tablent sur une hausse future du chômage. L'INSEE prévoit en effet un taux qui atteindrait 7,6% mi-2025. La Banque de France table sur 7,8% pour 2025-2026. Et l'OFCE évoque les 8% pour cette année, ainsi que 150 000 destructions d'emplois.

Totalement à rebours des promesses d'Emmanuel Macron sur le plein emploi et la réindustrialisation, qui était son étendard. La CGT recense aujourd'hui 300 plans de suppression d'emplois depuis septembre 2023, avec 300 000 emplois menacés ou supprimés. Thomas, est-ce que ces plans sociaux, ces taux de chemin, etc., sont-ils du fait de la conjoncture économique et des difficultés, ou est-ce le résultat net de choix politiques ?

18:12
Invité

Bien sûr que la conjoncture s'est arrêtée, mais il y a eu des choix politiques qui ont fait en sorte que l'on puisse aujourd'hui se séparer plus facilement de ses salariés quand ça va mal. En fait, ce qui est assez marrant, c'est que la mondialisation a déjà été un choc. Pour beaucoup de salariés. On leur a parlé de modération salariale, parce qu'il fallait qu'ils soient aussi compétitifs que des Polonais ou des choses comme ça. Donc, il y a déjà eu un choc énorme. Et puis, il y a eu des fermetures d'usines. Beaucoup d'usines ont fermé pour ouvrir dans d'autres pays où le coût de la main-d'œuvre et les normes sociales et environnementales étaient moins élevés.

Et là, plutôt que d'avoir un droit du travail qui protège les salariés, qui était face à une forme de flexibilité, déjà du cadre, avec la mondialisation, avec la financiarisation, eh bien, le droit du travail a accompagné ces déséquilibres et a accompagné cette flexibilité. Donc, ce qui fait que la seule protection que devait être le droit du travail a été très largement modifiée pour s'adapter au désir de l'entreprise. Ce qui fait que... Alors, Macron a bien sûr contribué à ça, et même Hollande, avec la loi travail, la loi El Khomri, la loi travail XXL.

En fait, alors qu'en plus, ces lois ont été votées à un moment où la croissance commençait à repartir, c'est-à-dire qu'ils commençaient à y voir un peu plus clair, à ressortir de la crise. Et donc, c'est normalement une période où les entreprises emploient, parce que quand il y a des opportunités, les entreprises, elles emploient, elles ont besoin. Et on leur a fait croire, en fait, les entreprises ont été malignes parce qu'elles ont réussi à faire passer, enfin, croire, c'est un grand mot, mais elles ont réussi à faire passer à ces politiques qu'il fallait moins de protection pour qu'elles embauchent plus. Alors que c'était plutôt l'inverse.

C'était en fait, en réalité, quand il y a moins de protection, ce n'est pas que vous embauchez plus, c'est que vous allez, quand ça va aller mal, vous allez beaucoup plus licencier. Et là, on a un retournement de croissance. On a un retournement de croissance assez sérieux avec Trump, avec la hausse des taux pour lutter contre l'inflation, etc. Et donc, il y a, là, les entreprises se disent qu'on ne peut plus facilement licencier. La conjoncture est un peu plus sombre sur l'avenir. Donc, quand la conjoncture est sombre, c'est que je n'arriverai pas à augmenter mes ventes. Si je n'arrive pas à augmenter mes ventes, il faut que je compresse mes coûts.

Si je compresse mes coûts, il faut que je commence à licencier. Voilà. À licencier des postes qu'on va après réemployer sur d'autres postes, peut-être en contrat partiel, je ne sais pas. Mais on peut plus facilement se séparer aujourd'hui de salariés, ça, c'est sûr. Donc, le droit du travail, en fait, plutôt que d'avoir, allez, comment vous dire, un effet contracyclique, c'est-à-dire quand la crise va mal, elle protège les salariés. Aujourd'hui, elle suit tous les cycles, en fait. Quand les cycles vont bien, les entreprises embaucheront de toute façon. Et puis, quand elles vont mal, on peut licencier plus facilement.

20:43
Présentateur

Surtout que ces plans de licenciement qui touchent des entreprises, il y en a quand même où c'est des entreprises qui sont bénéficiaires. Ce n'est pas des entreprises qui sont déficitaires. Au niveau mondial, bien sûr. Voilà. C'est ça aussi qui est assez surprenant. Enfin, surprenant. On se comprend. Emmanuel Macron misait sur la compétitivité, la réduction du coût du travail, la baisse des impôts de société, de production pour dire, voilà, ça va aider l'investissement, ça va aider l'emploi et prometter justement le plein emploi. On voit que ça prend le chemin averse. Pourquoi ?

21:10
Invité

Vous savez, il y a des pays qui ont beaucoup de réglementations sur le travail, sur la manière d'investir pour s'y installer. Et les entreprises, elles y vont quand même. Pourquoi elles y vont ? Parce qu'il y a des opportunités de business. Il y a des débouchés. Et puis, il y a d'autres pays qui ont des fiscalités mais vraiment proches de paradis fiscaux qui créent des zones franches, qui disent, vous avez une main d'oeuvre quasiment à foison qui va bosser comme vous voulez et a un coût très faible. Et les entreprises viennent timidement parce qu'il n'y a pas d'opportunités. Donc, ce qui est important, c'est aussi de voir s'il y a des opportunités de débouchés.

Et il n'y a pas que la question du cadre, de la baisse d'impôts. Je veux dire, il n'y a pas que le cadre à offrir aux entreprises. Et Macron, il n'a misé que là-dessus. Baisse d'impôts, flexibilité du marché du travail. J'invite les chefs d'entreprise. Très bien. Pourquoi pas ? Mais ce n'est pas suffisant. Et puis, il faut aussi à un moment essayer de savoir pour qui jouent ces grandes entreprises. Est-ce qu'elles ont des intérêts alignés avec l'intérêt national ? Si elles n'ont pas des intérêts alignés avec l'intérêt national, pourquoi continuer à les subventionner ? Pourquoi continuer à les faire signer des contrats quand on prend la vue avec le président de la République ?

Puisque si, au moindre revirement de conjoncture, elles sont prêtes à partir ou à faire autre chose, ce n'est pas possible. Ça aussi, c'est une question de fond qu'il faut poser. Et cette question de fond, normalement, elle se pose dans ce qu'on appelle la politique industrielle, la planification, le fait de protéger certains acteurs qui sont des acteurs que l'on considère justement comme alignés aux intérêts de la France de les protéger d'une concurrence internationale. Mais tout ça, aujourd'hui, n'est plus à l'ordre du jour. Nous, jadis, nous avons beaucoup parlé de ça, mais aujourd'hui, ce n'est plus du tout à l'ordre du jour chez nous.

22:38
Présentateur

Et puis, je le rappellerai à chaque épisode s'il le faut, mais on enregistre des records de plans sociaux mais aussi des records de dividendes. Donc, c'est important de le dire. Merci à vous chez vous d'avoir suivi cet épisode de l'Instant Porcher. J'attire une dernière fois votre attention avant de se quitter. La situation politique est inédite, historique et le média change tout ou presque. On débarque avec 4 nouveaux rendez-vous quotidiens dont 3 directs contre matinale, journal des luttes à 13h et nos rendez-vous du soir. Vous le savez, le média ne vit que par votre soutien. C'est le prix d'une information libre et indépendante.

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