CE NE SONT PAS LES SYNDICATS QUI BLOQUENT, C'EST LE GOUVERNEMENT
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Attaque 80 %Défensif 20 %
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:30Fait
« Plus le gouvernement dit qu'il faut que ça s'arrête plus l'opinion publique soutient le mouvement. »
- 1:00Fait
« Le retrait provisoire de l'âge pivot n'a pas convaincu les opposants à la réforme des retraites. »
- 4:30Chiffre
« On nous a parlé de 500 millions, pour l'instant évidemment ça ne suffit pas. »
- 6:30Fait
« L'opinion du pays est majoritairement contre le projet. »
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« Ceux qui vont gagner plus de 10 000 euros par mois, il y en a, au dessus de 10 000 euros, ils vont plus cotiser, ils vont capitaliser dans un autre système. »
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[Musique] On veut le retrait de la réforme des retraites. [musique] – Plus le gouvernement dit qu'il faut que ça s'arrête plus l'opinion publique soutient le mouvement. [musique] – Incontestablement ils étaient moins nombreux pour cette nouvelle journée de manifestation appelée par l'intersyndicale CGT, FO, CFE-CGC, Solidaires, FSU, la CGT a dénombré 250 000 personnes dans la capitale, une semaine plus tôt, elle en avait compté 370 000, le ministère de l'Intérieur lui n'a aperçu ce jeudi que 23 000 manifestants, mais si la participation était en baisse la détermination restait intacte.
Le retrait provisoire de l'âge pivot n'a pas convaincu les opposants à la réforme des retraites. – Alors [rires] non je rigole, voilà vous avez compris comme ça… non c'est complètement nul, c'est que de l'enfumage comme ils disent tous, ils ont raison, nous on est là depuis le début, ce n'est pas contre l'âge pivot, c'est contre la retraite, donc on veut le retrait de la réforme des retraites | [scandé : Le retrait ! le retrait ! … ] – Je me bats pour mes enfants, mes petits enfants et tous ceux qui sont dans la rue aujourd'hui, parce ce que c'est parce qu'il a fait… il a voulu nous séparer, il ne nous séparera pas, moi je suis née avant 75, mais je continuerai la lutte… | [fond de percussions et slogan "solidarité"] … par solidarité et mes enfants ont besoin d'avoir un bon monde. – Même son de cloche chez cet enseignant. – Moi je pense que ce sont des mesurettes qui cachent bien d'autres choses, qui sont là aussi pour gagner du temps, j'aimerais y croire mais compte-tenu du contexte, c'est difficile d'y croire. – Dans le carré de tête, on ne cache pas que la contrainte financière commence à peser fortement sur le mouvement. – C'est très dur financièrement, il y a des caisses de grève qui sont organisées localement par secteurs, la confédération évidemment, organise elle même une solidarité à l'égard de ses adhérents, de ses membres, donc voilà tout ça ça s'organise ainsi mais il n'en demeure pas moins que c'est dur.
La grève on ne la fait jamais par plaisir, elle gêne à la fois les salariés en grève, elle gêne bien évidemment les usagers, je comprends aussi l'activité économique, les commerçants, les artisans mais ce que nous portons, c'est le droit à la retraite de toutes et tous, aujourd'hui, demain, et après demain, donc la galère en ce moment, elle est réelle pour les grévistes, pour les usagers mais elle serait bien pire encore si ce projet de régime unique par points voyait le jour sur les retraites à venir. – Philippe Martinez, lui, souligne que l'opinion continue de soutenir la mobilisation. – On a l'impression que plus le gouvernement dit "il faut que ça s'arrête", plus le gouvernement nous explique que leur projet de loi est simple et juste et plus l'opinion publique soutient le mouvement, il y a jamais eu autant de solidarité financière. – Et le retrait de la CFDT du mouvement ne semble pas ébranler outre mesure le dirigeant syndical. – On déplore toujours l'absence d'unité, parce que chaque fois que le mouvement social, le monde du travail a gagné, et c'est valable en France comme dans d'autres pays, c'est quand il a été uni, mais vous voyez que malgré cela la mobilisation est importante et l'opinion publique est toujours aussi favorable à ce mouvement. – Quand aux annonces sur la revalorisation du traitement des enseignants, elles ne semblent pas avoir convaincu ces derniers bien au contraire. – Alors ce sont des annonces qui sont faites d'abord dans le contexte de la réforme des retraites et qui sont présentées comme des compensations à cette réforme, et ce que la FSU a toujours dit, c'est que rien ne viendra compenser une réforme qui est mauvaise, et du reste si on cherche déjà à la compenser, c'est qu'on reconnait qu'elle est mauvaise.
Après, les premières annonces qui ont été faites, c'est le résultat de la mobilisation, et pour l'instant ce qui est annoncé ne suffit évidemment pas, et en plus on ne sait pas exactement ce que ça signifie, on nous a parlé de 500 millions, pour l'instant évidemment ça ne suffit pas, et de toute façon on continue à demander le retrait de la réforme des retraites. – La CFE-CGC elle, pointe l'entêtement du gouvernement. – L'opinion du pays est majoritairement contre le projet, on ne comprend toujours pas pourquoi le gouvernement s'entête, pourquoi il bloque le pays, parce que c'est lui le responsable du blocage du pays alors que s'il respectait la démocratie, s'il respectait les partenaires sociaux, s'il tenait compte de la majorité de l'opinion, eh bien il reviendrait vers nous avec de meilleurs sentiments, il retirerait son projet et nous pourrions enfin travailler ensemble sur l'impact réel, chiffré, de son projet de réforme du système des retraites. – Du côté de la base, on voudrait que les organisations syndicales soient davantage à l'initiative comme nous l'explique ce salarié de la RATP pourtant non syndiqué. – Moi j'en appelle à toutes les organisations syndicales, la CGT, FO, samedi pourquoi ils n'appellent pas à manifester comme samedi dernier ?
Samedi dernier il y avait une manifestation, on était nombreux dans Paris, pourquoi aujourd'hui, où même dans Paris, et dans toute la France on n'est pas seuls, il n'y a pas que Paris, hein ! Parce que il y a Marseille, il y a toutes les grandes villes aujourd'hui qui manifestent, et là-haut, ils ne nous entendent pas ? Et les OS samedi, ils n'appellent pas à la grève la CGT, FO ?
C'est dommage ou alors… il n'y a pas qu'eux, l'UNSA et compagnie, mais bon voilà. La plupart, on est des non syndiqués, aujourd'hui on fait grève, oui, à la RATP, à la SNCF on a la possibilité de faire grève parce que malgré tout, il y a des pressions. Le nerf de la guerre aujourd'hui, c'est l'argent, c'est la finance, et la finance, je préfère perdre aujourd'hui peut-être 3 mois de salaire, si il faut 4 mois de salaire, qu'est-ce qu'on va perdre derrière ?
On est en train de tout perdre c'est la sécu c'est tout. La France c'est un beau pays. Au départ quand le gouvernement présentait leur système de retraite, disait on va mettre un truc universel parce qu'il est meilleur qu'aujourd'hui, on avait déjà le meilleur, le financement on sait qu'il va être encore pire avec leur nouveau système, ceux qui vont gagner plus de 10 000 euros par mois, il y en a, au dessus de 10 000 euros, ils vont plus cotiser, ils vont capitaliser dans un autre système, ils veulent qu'on rentre dans un système de capitalisation, des fonds de pension, des machins.
Eh c'est quoi ce monde ? C'est pas pour nous. – A contrario cette manifestation a également permis de vérifier que le comportement des forces de l'ordre joue une part très importante dans le caractère pacifique, ou non, de la manifestation.
Lorsque celles-ci ne font pas irruption au milieu du cortège sous prétexte de prévenir la formation d'un Black Block, eh bien il ne se produit pas d'incident. Omniprésents tout le long du cortège CRS, CSI et gendarmes avaient à l'évidence reçu des consignes de retenue. Sans doute la volte face du chef de l'état et du gouvernement sur les violences policières, a incité le préfet Lallemand à mettre entre parenthèses sa guerre contre tous les manifestants.
Ainsi cet incendie de poubelle, en temps ordinaire, il aurait donné lieu à une intervention musclée, là, la poubelle se consume et ceux qui l'avaient incendiée dans l'espoir de provoquer des affrontements en sont restés pour leurs frais. Une petite dégradation vaut mieux que de graves désordres c'est le principe premier du maintien de l'ordre. Un principe oublié par un préfet qui préfère délimiter des camps plutôt que de servir l'intérêt commun.
Il y avait bien un cortège de tête. Parvenu place d'Italie, il a remonté le défilé pour entraîner les manifestants sur un itinéraire non déclaré. [slogans de la foule] Échec complet puisque le groupe d'activistes s'est retrouvé avalé par la manifestation. [chant "et on ira jusqu'au retrait"] C'est la première fois en presque 14 mois qu'une manifestation d'envergure se termine à Paris sans qu'une grenade lacrymogène n'ait été tirée.
Cela méritait d'être remarqué.