L'interview : Nadine Morano - 02/02
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Vous écoutez RMC, l'interview à Pauline de Valherbe. Il est 8h33 sur RMC et BFM TV. Bonjour Nadine Morano. Merci d'avoir accepté de répondre à mes questions. Vous êtes députée européenne, vous êtes conseillère internationale dans l'équipe de campagne de Valérie Pécresse. D'abord une question sur les propos d'Emmanuel Macron ce matin dans le journal La Voix du Nord. Il justifie d'attendre avant de se déclarer candidat. J'ai d'abord l'obsession que la phase aiguë de l'épidémie et le pic de la crise géopolitique actuelle soient derrière nous. Est-ce que vous comprenez qu'il attende ?
C'est sa stratégie, mais tout le monde a compris qu'il était candidat. Donc est-ce qu'il faut lever le voile sur un mystère qui n'en est pas un ? Tout le monde sait qu'il est candidat.
Donc ça ne sert à rien ? En fait vous n'attendez rien ? Vous n'attendez pas que ça...
Non mais tout le monde sait qu'il sera candidat. Donc il est pour nous le candidat, le président sortant est le candidat qui va se déclarer d'ici peu. Donc je pense qu'aucun Français n'est dupe de cette situation. Vous en tout cas, vous n'êtes pas dupe visiblement.
Et il dit qu'il y a donc deux crises majeures que la France est en train de traverser. La phase aiguë de l'épidémie et la crise géopolitique. Commençant par la phase aiguë de l'épidémie, on commence quand même à en voir la fin. Levé des restrictions aujourd'hui, fin du télétravail obligatoire, fin du masque en extérieur, fin des jauges. Est-ce que c'est le bon moment ?
Oui c'est sans doute le bon moment. Mais moi je l'ai interpellé lorsqu'il est venu à Strasbourg sur la question de la vaccination. Ça pour le coup ça ne bouge pas, le pass vaccinal demain. Là franchement, d'abord moi je n'aurais pas voté ce pass vaccinal déjà. Parce que faire un pass vaccinal aux enfants à l'âge de 16 ans, je trouve que c'est totalement excessif. Donc je me serais abstenue sur ce sujet, je ne l'aurais pas voté. Mais d'autre part, je suis dans la même situation que le président de la République. Je lui ai rappelé, j'ai eu le Covid, j'ai eu une dose de vaccin, j'ai été obligée d'avoir une deuxième dose sinon mon pass s'arrêtait.
Donc je considère que c'est une vaccination administrative, obligatoire, parce que j'ai fait une prise de sang. Donc j'ai demandé à avoir mon taux d'anticorps qui était très élevé, plus de 8175. Et donc j'entends les discours, oui mais la sérologie ne sert à rien, sauf que je constate qu'en Suisse, ils ont mis en place un pass sérologique qui est valable 90 jours. D'ailleurs Monaco a fait de même, je lui ai dit au président de la République, parce que franchement, avoir encore une dose tous les 4 mois, il faut changer de vocabulaire, ce n'est pas un vaccin. Et pourtant, je suis favorable au vaccin, je n'ai jamais été défavorable à la vaccination, je suis favorable à la vaccination.
Mais de là à nous faire une vaccination tous les 4 mois, ça commence à suffire. Et moi je suis pour qu'on puisse adapter la situation justement à contrôler par le biais d'une analyse.
En fait vous, vous seriez pour qu'il y ait une analyse sérologique de chacun avant de se faire vacciner. Mais franchement pourquoi refaire une dose ? Mais les médecins disent en effet que c'est très difficile de mesurer. Mais les médecins, non pas tous les médecins.
Alors le problème c'est que dans la communauté médicale... Chacun prend le sien un peu. Vous avez ceux que vous avez envie d'écouter. Non mais moi j'essaie d'écouter tout le monde, même le professeur Combe qui vient à votre antenne régulièrement. Et franchement, moi je me pose beaucoup de questions. Encore une fois, j'ai eu la maladie, j'ai été traité par Doliprane, enfin bon, comme beaucoup de personnes qui n'ont pas eu une forme grave de la maladie. Alors que ce vaccin protège contre la forme grave de la maladie ?
Et bien qu'on le fasse en priorité aux personnes qui sont susceptibles de faire une forme grave de la maladie, les personnes qui sont âgées, les personnes atteintes de comorbidités. Mais que franchement, là, on dise aux gens... Donc vous ne ferez pas votre troisième dose ? Ah là non, moi je ne ferai pas de troisième dose. Non mais franchement, mais le problème c'est que... Quitte à ne plus avoir de passe. Mais le problème c'est qu'on ne peut plus circuler, on ne peut plus travailler, on ne peut plus rien faire. Alors déjà au départ, je ne voulais même pas faire la deuxième dose. Mais je ne pouvais plus rentrer au Parlement européen.
Enfin, vous vous rendez compte dans quelle situation on se trouve ? Et là, quand je vois... Moi je prends un exemple, mon fils, son pass vaccinal, dont c'est l'anniversaire aujourd'hui d'ailleurs, son pass vaccinal arrive à terme au mois d'avril. Mais là, s'il ne refait pas une vaccination avant le 15 février, il perd son pass vaccinal. Mais comme beaucoup de Français qui nous écoutent. Mais pourquoi ? Donc pourquoi c'est devenu ? Parce que le gouvernement a décidé que c'était 4 mois, non plus 7 mois. Donc on nous fait des doses de vaccins. J'ai dit au Président, j'ai dit, c'est plus possible. Il vous a répondu quoi ?
Il m'a répondu que pour la quatrième dose, il m'a dit qu'il était d'accord avec moi. Mais ça, il le dit à mon avis à beaucoup de gens. Parce qu'il a une forme de sympathie que chacun lui reconnaît. Mais moi, je n'attends pas ça de lui. Je n'attends pas de la sympathie. J'attends du bon sens et du pragmatisme. Et donc à un moment, qu'il comprenne que... Et il m'a dit que pour la quatrième dose, ils allaient prendre du recul, si j'ai bien compris. Donc vous, en tout cas, si je comprends bien, et vraiment, vous ne ferez pas la troisième dose. Mais là, mon pass s'arrête au mois d'août, normalement. Vous avez le temps d'y réfléchir. On a le temps de voir ce qui va se passer.
Mais pour ceux qui vont avoir leur dose obligatoire au 15 février, parce que M. Véran a décidé qu'il fallait au bout de 4 mois refaire une dose, alors que normalement, le délai aurait été plus long...
Vous en avez parlé avec Emmanuel Macron, mais est-ce que vous en avez parlé avec Valérie Pécresse ? Elle est d'accord avec ça ? Avec votre regard sceptique sur le pass vaccinal ?
Oui, je lui en ai parlé. Donc, elle est comme moi, favorable à la vaccination. Bon, elle est plutôt favorable au pass vaccinal. Voilà, c'est son choix. D'ailleurs, c'est une politique qui avait été décidée bien avant. Nos parlementaires qui se battent à l'Assemblée nationale... Mais vous, vous auriez aussi levé les autres restrictions plus vite ?
Il faudra attendre le 16 février pour la fin total.
Là, il me faudrait une heure pour expliquer, parce que moi, je n'aurais pas du tout fait la même politique. Donc, ce n'est pas la peine. Même sur le fait de fermer les magasins à 18 heures, plutôt que... Moi, j'aurais augmenté...
Vous auriez fait l'inverse. Vous auriez augmenté les horaires.
J'aurais augmenté l'amplitude horaire, pour permettre d'ailleurs aux jeunes de pouvoir trouver du boulot, les jeunes étudiants. Et ça aurait permis d'étaler la clientèle, plutôt que de dire on ferme à 18 heures, tout le monde se rue dans les magasins à 17 heures. Globalement, vous diriez que ça n'a pas été bien géré ? Ah non, mais tout a été une catastrophe. Les masques, les tests, le confinement... Enfin, moi, je... Le manque de moyens mis à la recherche, contrairement aux Etats-Unis. La recherche...
Oui, mais enfin, aux Etats-Unis, ils ont plutôt plus de morts que nous, par habitant. Donc, ils ont beau avoir mis de l'argent dans la recherche.
En termes de gestion de crise, vous diriez qu'ils ont été meilleurs ? Ah ben, je dirais que les moyens qui avaient été mis par Donald Trump sur la recherche. L'opération plus vite que la lumière a permis, justement, d'apporter les moyens pour avoir la recherche sur le vaccin. Donc, après, je trouve que c'est incroyable que la France, pays de Pasteur, ne mette pas autant de moyens sur la recherche, sur la découverte aussi du traitement, parce qu'on ne parle pas assez de traitement. Donc... On commence à en parler, hein. Il commence à rien avoir.
Mais enfin, pour le coup, les autres pays n'ont pas fait mieux pour un là-dessus sur le traitement. Personne, s'il avait été trouvé ailleurs, on en aurait sans doute profité à un moment ou un autre. Oui, mais ce n'est pas parce que les autres n'ont pas fait mieux que nous qu'on ne pouvait pas faire mieux que les autres. Ça, c'est évident. Et ça marche pour tout, Nadine Morano. Je voudrais qu'on parle de la question de la sécurité. Elle va être à la une aujourd'hui avec le syndicat Alliance qui va faire passer un grand entretien aux différents candidats. Valérie Pécresse, Israël. Les candidats de gauche, d'ailleurs, ont refusé de se présenter devant les policiers.
Il y a une question, notamment, qui est la question de la légitime défense. Le droit à se défendre. Aujourd'hui, il est très contraint. Il y en a un qui veut carrément aller très loin, c'est Éric Zemmour, qui propose un droit à la défense exclusable. C'est-à-dire qu'aujourd'hui, la riposte, elle doit être proportionnelle et immédiate quand vous vous faites attaquer. Pour lui, il faut qu'à un moment, vous puissiez vous défendre, y compris si vous êtes attaqué à main nue, vous défendre armé. Qu'est-ce que vous en pensez, vous ?
J'en pense d'ailleurs, si vous me permettez de faire une petite remarque, que ce sont les candidats qui sont auditionnés. Et vous avez remarqué que c'est M. Darmanin qui viendra s'exprimer devant le syndicat Alliance. Au nom, donc, d'Emmanuel Macron. Au nom de... Donc, du président sortant, déjà candidat. Parce que sinon, il aurait dû dire, puisque c'est réservé aux candidats, je ne viens pas à cette audition. C'est déloyal ? Non, c'est la démonstration qu'il se moque des Français, en fait. C'est la démonstration que M. Macron sera bien candidat et qu'il est représenté par son ministre de l'Intérieur. Donc, voilà.
Après, sur la question de la légitime défense, où Valérie Pécresse souhaite réformer aussi ce dispositif, puisque vous savez que là, il y a des contraintes, quand vous êtes cambriolé la nuit, elle voudrait que ça soit 24 heures sur 24, et que la réponse proportionnée, ça veut dire quoi ? Je vous ai entendu dire, un coup de couteau répond à un coup de couteau. C'est la règle aujourd'hui. Oui, mais quand vous êtes surpris et que vous avez peur et que vous êtes tétanisé par ce qui vous arrive et que vous avez des réflexes de prendre ce que vous avez à portée de main, je pense qu'il faut pouvoir regarder cette situation.
Est-ce que vous iriez carrément jusqu'à cette idée d'un droit à la défense excusable ?
Excusable ? Je ne trouve pas que le mot soit une défense excusable. Il faut une défense qui reste légitime. Voilà, excusable, une défense qui reste légitime. Vous ne redoutez pas que ce soit... Il faut améliorer ce dispositif. Mais nos parlementaires depuis des années se battent sur ce sujet. Donc je pense que maintenant, il faut y répondre. Mais il faut y répondre. Vous savez, la question de la sécurité, c'est au cœur de ce qu'attendent les Français. Ça devrait être une priorité.
Ça fait partie d'être en priorité pour les Français avec le pouvoir d'achat.
Et vous savez que Valérie Pécresse souhaite largement augmenter les moyens jusqu'à 5 milliards d'euros pour nos forces de sécurité et que nous, nous ne ferons pas une loi d'orientation pour la sécurité intérieure, une lopsie en fin de mandat, comme le proposent M. Macron et donc Gérald Darmanin, mais nous en début de mandat. Et je voudrais ajouter qu'au-delà des moyens techniques, technologiques, des moyens humains, si vous mettez des forces de sécurité sur le terrain, mais qu'ils ne sont pas équipés, c'est insuffisant.
Sauf que la réalité quand même aujourd'hui, Nadine Morano, c'est qu'il y a 1500 postes de policiers qui ne sont pas pourvus, qui sont ouverts en Ile-de-France, mais qui ne sont pas pourvus, faute de candidats.
Oui, mais vous savez, quand vous décidez de vous engager pour servir la sécurité des Français, que vous êtes humiliés, stigmatisés, comme l'a fait d'ailleurs le Président de la République, vous vous rappelez de cette interview dans Brut, où il avait répondu face à un journaliste, oui, si vous voulez que je vous dise qu'il y a des violences policières, si ça vous fait plaisir que je vous dise qu'il y a des violences policières. Ça vous avait choqué ? Ah, moi, ça m'a profondément choqué. Il faut que la police...
Vous n'utiliseriez même pas le mot de violences policières ?
Il n'y a pas de violences policières ? S'il y a eu des actes non conformes à la déolotologie de la police, vous savez très bien qu'il y a tout de suite une enquête, des sanctions, la police des polices. Donc, je ne vois pas pourquoi, alors qu'on a des dispositifs qui peuvent mettre en cause, et puis où les enquêtes sont...
Mais est-ce qu'il y a quand même un malaise vis-à-vis de la police ? Alors là, pour le coup, c'est Jean-Luc Mélenchon qui dit « Oui, beaucoup de monde, beaucoup de Français détestent la police. » Il s'appelait au slogan « Tout le monde déteste la police », qui est un slogan qu'on entendait dans une manifestation Paris la semaine dernière.
Non, mais c'est insupportable. C'est assez insupportable. Moi, je l'ai trouvé face aux représentants de la BAC. Mais vraiment, j'ai regardé ce débat, j'étais outrée, choquée. Et comment on peut éduquer nos enfants dans le respect de l'autorité ? Moi, quand j'étais petite dans le quartier populaire où j'ai grandi, c'est les policiers qui nous faisaient traverser la route pour aller à l'école, chaque sortie scolaire. Et je peux vous dire qu'ils nous voyaient grandir, ils nous connaissaient par nos prénoms, et on les respectait. Parce qu'à l'époque, on craignait la police et les gendarmes. D'ailleurs, rappelez-vous, les parents, qu'est-ce qu'ils disaient ?
De toute façon, ce n'était pas ça, j'appelle les gendarmes. Aujourd'hui, les policiers sont...
On va toujours voir Guignol, et dans Guignol, il y a toujours le gendarme.
Oui, mais dans ces quartiers, je ne sais pas si on va en voir. On n'a plus peur du gendarme aujourd'hui ? Je trouve que la crainte de l'autorité n'est plus là. Et quand vous voyez dans les quartiers...
Mais comment vous ferez, vous, pour rétablir cette autorité ?
Ça marche comment ? Ça ne se décrète pas ? Ça ne se décrète pas, ce n'est pas que ça ne se décrète pas, c'est un choix politique. Le choix politique, c'est d'abord de soutenir la police. C'est de lui donner les moyens d'agir. C'est de la faire respecter. C'est que dans des quartiers, et d'ailleurs, même aussi d'un point de vue judiciaire, quand vous voyez qu'on a un refus d'obtempérer toutes les 30 minutes en France, il faut renforcer les sanctions sur les refus d'obtempérer. Ça n'est pas acceptable. Refus d'obtempérer, refus d'obéir aux forces de sécurité. Croyez-vous que c'est possible qu'on puisse laisser ça ?
Et je sais qu'en fait, Valérie Pécresse ait là cette fermeté sur les questions de sécurité. Vraiment, j'en ai beaucoup discuté avec elle. Je l'ai vu agir aussi en Ile-de-France, avec son bouclier de sécurité. Vous n'avez pas de doute sur cette campagne ? Vous n'avez pas de doute ? Sur sa fermeté, franchement, sur son autorité et sur sa pugnacité, je dois dire qu'elle m'impressionne. Ça vous a surpris ?
Ce n'était pas votre candidate au départ ?
Non, ce n'était pas ma candidate. En plus, on a été en conflit assez régulièrement, puisque j'avais beaucoup regretté qu'elle quitte notre famille politique. Elle a reconnu cette erreur, puisqu'elle est revenue, elle a réadhéré. Elle a participé à un débat qui était de bonne tenue. Et d'ailleurs, beaucoup de Français ont suivi ce débat.
Donc c'est de l'histoire ancienne, vous avez pardonné, Nadine Morano ?
C'est de l'histoire ancienne, surtout que je constate que toute notre famille politique est en ordre de bataille. Et ça, je peux vous dire que quand tout le monde est capable...
Il y a quand même Guillaume Pelletier qui était à votre micro hier,
il était quand même numéro 2 des Républicains, il est parti. Oui, mais franchement, il n'y a que lui. Et je le regrette, parce que c'est quelqu'un...
Vous n'avez jamais été tenté, vous, de rejoindre Éric Zemmour ?
Moi, je n'ai jamais été tenté de quitter ma famille politique. Je préfère batailler à l'intérieur de ma famille politique. Vous savez, moi, j'étais à l'école Nicolas Sarkozy. Même dans les difficultés, on ne quitte pas le navire. Mais il est où Nicolas Sarkozy, d'ailleurs ? Il est où ? Écoutez, il doit regarder beaucoup ce qui se passe au niveau international. Non, mais je veux dire là, pourquoi il ne s'engage pas ? Il hésite ? Il hésite à soutenir Valérie Pécresse ? Non, mais pourquoi je vous dis ça ?
C'est parce que je pense que sur les questions qui vraiment l'intéressent, c'est-à-dire ce qui se passe en Ukraine, rappelez-vous, lui, en 2008, avec Angela Merkel, il avait pris position contre l'entrée de l'Ukraine.
On va parler d'ailleurs de l'Ukraine et du Mali, parce que vous êtes conseillère internationale. Mais est-ce que ça veut dire que l'Ukraine l'intéresse davantage que Valérie Pécresse ? Et que la France, ou que la campagne française ?
Non, mais ça, c'est la France aussi, parce que la France exerce sa présidence française de l'Union Européenne. Donc c'est la France. Vous galérez un peu, là, quand même. Ah, pas du tout. Je ne galère pas. Nicolas Sarkozy, je vais vous dire...
Ça ne vous demande pas, vous ne vous dites pas, allez, il y va quand même.
Il y a un doute. Je vais vous dire, Nicolas Sarkozy est à jour de cotisation dans notre famille politique, donc il l'est dans notre famille politique. Et il s'engagera quand le moment, pour lui, sera venu de le faire. Mais il attend quoi ? Je sais qu'il parle avec Valérie Pécresse, ils se sont vus. Donc voilà, le temps, ce sera son timing à lui. C'est un ancien chef de l'État. Mais en tout cas, il n'hésite pas.
Pour vous, c'est sûr, il n'hésite pas. Il ne se dit pas, non, parce qu'on l'a quand même beaucoup vu aussi avec Emmanuel Macron.
Mais qu'un ancien président de la République soit aux côtés du président de la République ou réponde au président de la République actuel, ça me semble normal dans la tradition républicaine de pouvoir donner un avis, une expertise, d'avoir des discussions ensemble.
Entre Valérie Pécresse et Emmanuel Macron, son choix sera clair ? Je pense que son choix sera clair. Oui, bien sûr. Vous disiez, Nadine Morano, la question de la politique internationale. Vous êtes la conseillère internationale dans la campagne de Valérie Pécresse. Je voudrais d'abord qu'on parle du Mali. Notre ambassadeur en a été chassé, mais nos soldats y sont encore. Est-ce qu'il faut laisser nos soldats au Mali ?
La question se pose aujourd'hui. Mais c'est d'abord aussi la question de l'influence de la France en Afrique et notamment dans ce secteur. Quand on voit que notre ambassadeur est chassé, alors que nous avons eu plus d'une cinquantaine de nos soldats qui sont morts, qui ont donné leur vie, je suis outré à un moment, je pense, que la question du maintien de nos forces armées va se poser.
Mais elle ne se pose pas immédiatement. C'est-à-dire qu'en fait, on a chassé notre ambassadeur, mais nous, on laisse nos soldats.
C'est-à-dire qu'en fait, regardez ce qui s'est passé en Afghanistan. Lorsque vous partez brutalement, c'est le chaos qui s'installe. Et quand vous avez des poches de terrorisme qui sont pas très loin de chez nous quand même, c'est le continent africain, c'est notre continent voisin, c'est toujours... c'est dangereux, en fait. C'est dangereux, ce sont des poudrières. Donc on ne part pas, en tout cas, de manière... Et ça se pose, mais d'ailleurs, vous voyez que dans la force Takouba, on a certains de nos partenaires européens qui s'en vont, qui se désengagent.
Et donc, je pense que la question vraiment se pose, est-ce qu'il faut laisser uniquement des forces aériennes plutôt que des forces au sol ? Est-ce qu'il faut revoir notre format des forces armées ? Et est-ce qu'il faut qu'on garde l'ambassadeur du Mali en France ? C'est une question aussi qui se pose en termes de rétorsion.
Moi, je suppose, de fait, je vous la pose.
Oui, mais oui, j'ai vraiment une réponse. Ma réponse, c'est qu'elle se pose. Et ma réponse est que je pense que dans une démocratie, répondre à des méthodes qui sont peu démocratiques n'est jamais une solution.
L'Ukraine, ça vous inquiète ? L'Ukraine, c'est notre rôle, à nous, c'est quoi ?
Notre rôle, à nous... Enfin, moi, je m'étonne quand même que le président français qui exerce sa présidence française de l'Union Européenne n'ait déjà pas pris un avion pour aller parler de vive voix avec M. Poutine. Vous savez très bien, par téléphone. Non, mais d'accord. Mais un échange téléphonique, vous savez ce que c'est qu'un échange téléphonique. On ne se parle pas de la même façon lorsqu'on est au téléphone.
Mais est-ce que c'est au président français d'aller en Russie
ou est-ce que c'est au président russe de venir ? Vous voyez, moi, j'ai l'expérience de Nicolas Sarkozy en 2008 quand il y avait eu la crise en Géorgie. Il avait pris son avion. Il exerçait la présidence française de l'Union Européenne. Il n'a pas hésité à se rendre à Moscou, à rencontrer Medvedev à l'époque et à discuter, à dialoguer avec fermeté, mais à régler la situation et aussi à être, au-delà de cette initiative, une force d'entraînement de nos partenaires européens. Aujourd'hui, on a l'impression qu'Emmanuel Macron est seul. Alors, il parle au téléphone et il ne va pas. Il ne prend pas ses initiatives.
Alors, on nous parle d'un format normandie tel que l'avait mis en place François Hollande. Mais pour l'instant, rien de concret. Et d'ailleurs, j'ajoute, moi, je regrette que nous ayons des rapports aussi tendus avec la Russie. Franchement, enfin là, en ce moment, ça ne peut pas être autrement que tendu. Vous savez, ce sont les Américains qui incitent l'Ukraine, d'ailleurs depuis 2008, on le voit bien, à entrer dans l'OTAN, qui est quand même une forme de provocation vis-à-vis de la Russie. Ça veut dire quoi ? C'est-à-dire qu'ils l'ont bien cherché ? Non, ce n'est pas qu'ils l'ont bien cherché. Je pense qu'il faut un équilibre diplomatique.
Et concrètement, sur cette question, en 2008, rappelez-vous, l'Allemagne, la France avaient pris une position, étaient contre l'entrée de l'Ukraine dans l'OTAN, très fermement. Qu'est-ce qu'attend le président de l'Ukraine ? Donc, il ne faut pas laisser de flou, quoi ? Moi, je pense qu'il ne faut pas laisser de flou. Il faut une vraie discussion diplomatique. Et quand on exerce la présidence française de l'Union européenne, eh bien, on se déplace, on entraîne, on est à l'initiative, et on donne une image de la France qui est une vraie puissance. Ministre des Affaires étrangères, ça vous dirait ? Non, mais je ne suis pas là pour...
Non, mais ce sont des sujets sur lesquels je travaille, puisque je suis parlementaire européen. Et d'ailleurs, je vote très régulièrement contre toutes les résolutions qui passent au Parlement européen, qui sont d'une violence extrême à l'égard de la Russie. D'ailleurs, on a bien vu que toutes les sanctions qui ont été prises à l'égard de la Russie n'ont pas amené à détendre la situation. D'ailleurs, moi, je fais partie des parlementaires qui voudraient recevoir M. Poutine au sein de l'hémicycle du Parlement européen. Donc, vous, Emmanuel Macron, il y aille et que Poutine vienne ?
Oui, je veux de la discussion au sein de cette institution européenne, puisque nous recevons beaucoup de personnalités internationales, beaucoup de chefs d'État, et je voudrais que M. Poutine vienne s'exprimer devant nous.
Nadine Morano, merci d'avoir répondu à mes questions sur RMC et BFM TV, il est 8h53.
Nadine Morano