Après Nicolas Sarkozy, Denis Podalydès est François Mitterrand
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 80 %Attaque 10 %Défensif 10 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
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Vous êtes décidément fait pour incarner des présidents de la République, aussi différents soient-ils.
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C'est un plaisir particulier, d'incarner des responsables politiques de premier plan?
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Vous étiez électeur de F.Mitterrand, avec une admiration particulière pour l'homme. Son parcours politique vous a particulièrement intéressé.
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Il luttait à ce moment-là contre un cancer qui le rongeait, un cancer qu'il avait réussi à mettre en sommeil pendant son 1er mandat, mais qui lui a donné une fin de règne à l'Elysée crépusculaire. Sa volonté de ne rien laisser paraître, son rapport à la douleur, ça vous a bluffé?
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A propos de vie privée, la série revient beaucoup sur ses relations avec les 2 femmes de sa vie: D.Mitterrand et A.Pingeot.
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Il y a beaucoup de scènes de famille où on voit Mitterrand faire des imitations. A.Pingeot et Mazarine ont été consultées? Elles ne se sont pas opposées?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« Il a réussi à amener la gauche au pouvoir à une époque où ce n'était pas du tout gagné. »
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« Le cancer repart à l'automne 94. »
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« J'ai lu cette correspondance. J'en avais lu beaucoup. Là, j'ai lu les lettres de la première à la dernière pour couvrir toutes ces années. »
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« C'est un amour qui s'est vécu... Ils ont été fréquemment séparés. La vie les a séparés. Ils ont toujours été réunis par ces lettres. »
Modèle mistralai/mistral-small-3.2-24b-instruct:floor · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Le sociétaire de la Comédie française nous avait déjà bluffés en devenant N.Sarkozy au cinéma dans "La Conquête". Décidément convaincant dans le costume d'un président de la République, il est ce soir notre invité, aux côtés de l'académicien P.Ory qui a été l'un des conseillers de cette série.
Bonsoir à tous les 2. Denis, vous êtes décidément fait pour incarner des présidents de la République, aussi différents soient-ils. - D.Podalydès: Je ne suis pas fait pour être président, mais pour jouer des présidents. - J.Balasko: C'est le grand écart, entre Sarkozy et Mitterrand. - A.-E.Lemoine: C'est un plaisir particulier, d'incarner des responsables politiques de premier plan? - D.Podalydès: Oui, parce que c'est des rôles...
Il y a quantité de situations...
Des situations très dures, d'autorité, intimes...
La vie d'un président de la République, c'est forcément dramatique, comique, tragique. Je pense que n'importe quel acteur ou actrice est intéressé par ces rôles. Le pouvoir, ça a toujours, avant même le cinéma ou la télévision, suscité des pièces de théâtre par centaines. - P.Cohen: Il n'a pas forcément toujours le pouvoir. - D.Podalydès: Non, justement. - A.-E.Lemoine: Vous étiez électeur de F.Mitterrand, avec une admiration particulière pour l'homme.
Son parcours politique vous a particulièrement intéressé. - D.Podalydès: Oui, parce que c'est un parcours singulier.
Une jeunesse de droite, voire très à droite. Il arrive à fédérer toute la gauche. Les grands fédérateurs m'ont toujours inspiré une grande admiration.
Il a réussi à amener la gauche au pouvoir à une époque où ce n'était pas du tout gagné. Il y a le congrès d'Epinay. Il a fédéré le PC et toutes les autres forces de gauche, le PSU...
Ca a demandé un grand art. L'art de la politique est très particulier à décrire. Toute cette trajectoire, même dans ces zones mystérieuses qui ne sont peut-être pas... - A.-E.Lemoine: Il y a encore des zones d'ombres qui sont évoquées dans la série, ses amitiés indéfectibles avec R.Bousquet, par exemple. - D.Podalydès: Il y a l'amitié avec Bousquet... - A.-E.Lemoine: On a fait toute la lumière sur le passé de F.Mitterrand, ses amitiés indéfectibles? - P.Ory: C'était un homme de clan. "A la vie à la mort." Je l'ai vérifié.
J'étais, dans les semaines 70, parmi ceux qu'on a qualifiés de "garde rapprochée de Mitterrand". C'est quelqu'un qui ne trahissait jamais. On peut surinterpréter ça, bien entendu. - A.-E.Lemoine: Vous avez pris un plaisir particulier à réinterpréter quelques-uns des grands discours de F.Mitterrand.
Vous avez évoqué le discours d'Epinay, qui lui permet de prendre la tête du PS, celui de Metz, mais aussi ses voeux de président, notamment les derniers adressés aux Français en 1994. - Mes chers compatriotes, l'an prochain, ce sera mon successeur qui vous exprimera ses voeux. Là où je serai, je l'écouterai, plein de reconnaissance pour le peuple français qui m'aura si longtemps confié son destin et plein d'espoir en vous.
Je crois aux forces de l'esprit et je ne vous quitterai pas. - A.-E.Lemoine: Josiane, vous avez cru que c'était la voix de F.Mitterrand. - J.Balasko: Oui, bien sûr. - D.Podalydès: J'ai un peu épousé les inflexions.
Je me suis mis le rythme dans l'oreille. - P.Ory: Même les clignements d'oeil de Mitterrand... - A.-E.Lemoine: Sans chercher jamais à lui ressembler physiquement, mais en écoutant sans arrêt ses discours, à vous les mettre dans l'oreille. - D.Podalydès: Il y a un CD des éditions Frémeaux qui rassemble quantité d'extraits de ses discours.
C'était un homme de verbe. Je pense qu'il écrivait ses discours en grande partie. Il avait son propre style.
Ce sont des discours qui parlent, qui nous parlent encore...
Je pense à ses voeux...
On retient "les forces de l'esprit", mais il y a un plaidoyer social absolument magnifique. Il appelait de tout son coeur à une Europe sociale. Le discours de Strasbourg, c'est une merveille. - A.-E.Lemoine: Il luttait à ce moment-là contre un cancer qui le rongeait, un cancer qu'il avait réussi à mettre en sommeil pendant son 1er mandat, mais qui lui a donné une fin de règne à l'Elysée crépusculaire.
Sa volonté de ne rien laisser paraître, son rapport à la douleur, ça vous a bluffé? - D.Podalydès: Oui.
Avoir à jouer ça...
J'avais beaucoup de scènes où il avait des malaises. Je me demandais comment répéter tous ces malaises de séquence en séquence. C'était peut-être fastidieux.
Effectivement, il a vécu...
Le cancer repart à l'automne 94. C'est les 2 dernières...
On le voit d'ailleurs sur le visage de Mitterrand...
C'est un visage de luttes permanentes. - P.Ory: Contrairement à ce que certains ont pu prétendre, jusqu'au bout, il est absolument, sur le plan intellectuel, intact. - A.-E.Lemoine: Parce que la question s'est posée. - P.Ory: C'est ce que ses adversaires pensaient.
On ne peut pas en apporter la preuve. - D.Podalydès: Il disait même que Balladur l'énervait beaucoup.
A chaque fois qu'il lui demandait "vous allez bien, monsieur le président?", il sentait que l'autre faisait le décompte. Il n'attendait qu'une chose: prendre sa place.
A ce moment-là, il faisait 30 % dans les sondages. - P.Ory: Il faut se rappeler que G.Pompidou a aussi été dans une situation où il n'y a pas eu de publicité autour de son état de santé.
Ca devenait notoire. Mais on était encore dans une culture où ce secret devait être conservé. On est un vieux pays monarchique, sur ce plan-là.
La société a basculé. Aujourd'hui, ça se saurait au bout de 3 jours. Même chose pour la vie privée. - P.Lescure: A propos de vie privée, la série revient beaucoup sur ses relations avec les 2 femmes de sa vie: D.Mitterrand et A.Pingeot.
A.Pingeot, avec qui F.Mitterrand a échangé une correspondance personnelle et intime très importante et d'une grande beauté littéraire. - Anne, j'ai l'impression d'avoir voyagé avec vous dans un monde sans trace et sans itinéraire.
Si je me laissais aller, je vous écrirais chaque jour, car chaque jour, j'ai quelque chose à vous dire. Il y a que j'ai acquis le besoin de vous sur le plan le plus intérieur de mon action et de mon comportement. - "Vous avez à mesurer une disponibilité, une sensibilité, une pureté devant la vie et les êtres qui me donnent un nouvel élan, qui suscitent en moi un appel vers je ne sais quel approfondissement.
Je m'émerveille d'être gagné par vous et de retrouver ainsi, par votre jeunesse et votre clarté..." - Ce que je n'ai pas moi-même oublié au creux de moi. - D.Podalydès: J'ai lu cette correspondance.
J'en avais lu beaucoup. Là, j'ai lu les lettres de la première à la dernière pour couvrir toutes ces années. C'est un amour qui s'est vécu...
Ils ont été fréquemment séparés. La vie les a séparés. Ils ont toujours été réunis par ces lettres.
Il y a des lettres qui sont d'une splendeur tragique. Parfois, c'est très drôle. - P.Ory: Mitterrand était un grand lecteur, un amoureux de littérature et d'écrivains.
Il rêvait, à un certain moment, d'être reconnu comme tel. C'est dans sa correspondance amoureuse qu'il triomphe. C'est comme ça qu'il reste, sur le plan littéraire. - A.-E.Lemoine: Il y a beaucoup de scènes de famille où on voit Mitterrand faire des imitations.
A.Pingeot et Mazarine ont été consultées? Elles ne se sont pas opposées? - P.Ory: Oui, bien sûr.
Elles ne se sont pas opposées. Comme l'explique un carton au début, les dialogues privés sont écrits à partir de données mais ne sont pas certifiés. Tout ce qui est du domaine public...
C'est le croisement public-privé qui donne son sens à la série. Il y a des moments extraordinaires, comme ceux où D.Podalydès est Mitterrand, mais il dialogue avec Elkabbach, Giscard...
C'est tout à fait remarquable parce que ça passe très bien. - A.-E.Lemoine: Oui.
C'est-à-dire que l'image de Mitterrand à la télévision