Sébastien Chenu : "Pour être respectés, il faut être forts !" (BFMTV)
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 88 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:18OuverteRéponse directe
Est-ce qu'il faut laisser négocier l'acquisition du Groenland ?
- 1:02OuverteRéponse directe
Quelle forme doit prendre la réaction à Trump ? Hausser le ton, sanctions, rupture ?
- 1:14OuverteRéponse directe
Quelle est la palette de réponses que vous réclamez ?
- 1:19FerméeRéponse directe
Vous faites partie des 4% des Français qui disent que les États-Unis sont nos alliés ?
- 1:50OuverteRéponse directe
Comment répondre à Trump ?
- 3:49RelanceRéponse partielle
Vous dites comme Trump que vous jouez les durs à cuire ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:21Invité politiqueFait
« Non mais la méthode et les objectifs de Donald Trump ne sont pas acceptables. »
- 0:26Invité politiqueFait
« La réalité c'est que Donald Trump poursuit une logique qu'il a entamée avec le Venezuela, que nous avons contesté. »
- 2:06Invité politiqueChiffre
« Celui qui est imposé aux produits européens, exporté vers les États-Unis, des taxes à 15%. »
- 3:17Invité politiqueFait
« Notre pays a été affaibli par des années de politique macroniste, que ce soit l'acceptation de normes qui tuent notre agriculture. »
- 3:35Invité politiqueChiffre
« L'année qui s'achève, 2025, 68 000 défaillances d'entreprises dans notre pays. »
- 6:03Invité politiqueChiffre
« S'il n'y avait pas eu les 25 voix, ça s'est joué à 10 voix. »
- 7:22Invité politiqueFait
« Vous pouvez avoir des fonctions dans un parti politique et avoir une fonction professionnelle ailleurs. »
Temps de parole
- Sébastien Chenu71 %
- Présentateur30 %
≈ 2,8 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Bonsoir M. Chenu. Bonsoir M. Merci d'être avec nous. Vous avez sans doute entendu la fin de nos échanges il y a quelques instants. Donald Trump qui s'en prend à nouveau à l'Europe aujourd'hui à Davos, qui redit qu'il veut mettre la main sur le Groenland, qui exige des négociations, c'est le terme qu'il a employé, pour l'acquérir. Est-ce qu'il faut le laisser négocier l'acquisition du Groenland ?
Non mais la méthode et les objectifs de Donald Trump ne sont pas acceptables. La réalité c'est que Donald Trump poursuit une logique qu'il a entamée avec le Venezuela, que nous avons contesté. On était un peu seul d'ailleurs à émettre quelques réserves sur la capacité qu'a eu Donald Trump à mettre la main sur le Venezuela, puisqu'on nous disait vous êtes moins trumpiste maintenant qu'Emmanuel Macron. Donc cette logique en fait elle se poursuit. Et donc il n'est pas logique, acceptable, correct de laisser Donald Trump nous imposer des règles du jeu, des règles commerciales, et bien entendu on doit réagir. On doit réagir, c'est ce que vous dites.
Quelle forme ça doit prendre ? Est-ce qu'il faut hausser le ton ? Est-ce qu'il faut rompre un peu les relations diplomatiques ? Est-ce qu'il faut des sanctions économiques ? Dans toute la palette qui est sur la table aujourd'hui, et on voit bien que l'Europe hésite, avant d'appuyer sur un bouton, qu'est-ce que vous vous réclamez ?
Bon d'abord les Etats-Unis restent un pays ami. Je pense que c'est important de le dire.
Vous vous faites partie, je ne sais pas si vous étiez en coulisses à ce moment-là, 4% des Français seulement aujourd'hui disent que les Etats-Unis sont nos alliés. Vous faites partie des 4% ?
J'ai dit ami, et je pense que c'est un pays allié en cas de coup dur. C'est-à-dire que je pense que si demain on a un énorme coup dur, une guerre, etc., les Etats-Unis nous donneraient le coup de main nécessaire. Je n'ai pas de doute là-dessus. Mais c'est un pays qui est dirigé par un président excessivement agressif, excessivement expansionniste, et qui a des véléités qui nous font du tort.
Comment on y répond donc ?
Alors d'abord c'est économique. Donald Trump, il comprend que le rapport de force. La réponse, elle doit d'abord être économique. Évidemment, il y a un accord cadre qui a été voté par l'Union Européenne entre les Etats-Unis et l'Union Européenne en juillet dernier. Je rappelle que nous... Celui qui est imposé aux produits européens, exporté vers les Etats-Unis, des taxes à 15%. Voilà, je rappelle que nous, avec Jordan Bardella, nos députés se sont opposés à l'époque à cet accord cadre. On devrait quand même faire pression, demander, la France devrait faire pression sur l'Union Européenne pour revenir sur cet accord cadre. Donc on revient, on supprime l'accord de protectionnisme américain ?
Oui. Il faut, je crois, aller montrer ce dont on est capable de faire. On devrait, de l'autre côté, faire en sorte de demander, de faire pression, d'avoir une politique qui incite les pays européens à se doter du matériel de défense français. Je pense que là aussi, je veux dire, j'ai vu quand même un gouvernement, en tout cas Emmanuel Macron, ne rien dire lorsque l'Australie a signé un achat de matériel de défense avec les Etats-Unis, alors que c'était avec nous qu'elle devait le signer au début. Je pense qu'il faudrait quand même... Parce qu'on active l'outil, le fameux outil anti-coercition qui prévoit de punir les entreprises américaines en Europe.
Bien sûr, ça fait partie des réponses, de la palette de réponses. Et puis, je vais vous dire, la réalité, c'est que puisque Donald Trump ne comprend que les rapports de force, il faut nous-mêmes être forts. Et notre pays a été affaibli par des années de politique macroniste, que ce soit l'acceptation de normes qui tuent notre agriculture, pas seulement l'agriculture d'ailleurs, que ce soit une politique de décroissance au sein de l'Union européenne qui est portée par certains et qui est relayée ici. Il faut retrouver de la force, de la vigueur, de la croissance, de la capacité à réindustrialiser le pays.
Je vous rappelle que l'année qui s'achève, 2025, 68 000 défaillances d'entreprises dans notre pays. Alors, ça aussi, Emmanuel Macron joue un peu les fiers à bras, mais il a beaucoup abîmé notre capacité France à être fort dans l'Europe. Vous dites un peu comme Donald Trump, il joue les dur à cuire, c'est ça ? Je ne me compare pas... Fiers à bras, dur à cuire, on n'est pas très loin. Non, mais je veux dire, Emmanuel Macron a abîmé notre capacité à être forte dans l'Europe, et du coup, abîme aussi la capacité à l'Europe à être elle-même forte vis-à-vis de Trump. Donc, vous voyez, la palette, elle est large, elle est nécessaire, mais j'ai noté quelques inflexions quand même de Trump ce soir.
La réalité, c'est qu'on l'a senti sur le Groenland reculer un peu, ce qu'il a reculé. L'avantage avec Donald Trump, c'est qu'il est très lisible. Il dit ce qu'il a envie de faire, et il fait ce qu'il dit. Quand il avait dit « je m'attaquerai au Groenland », il fallait le prendre au sérieux, c'est ce que nous avions dit. C'est très lisible, ça s'arrête à démonter,
parce qu'il change souvent d'avis. Vous dites que j'ai noté, Sébastien Chenu, des inflexions chez Donald Trump. Des inflexions, est-ce qu'il n'y en a pas en ce moment, au sein de votre parti, au sein du Rassemblement national, sur votre relation à Donald Trump ?
Écoutez, nous, quand on a contesté Donald Trump, par exemple, sur le Venezuela, ça c'était il y a 15 jours. Oui, d'accord, mais enfin, parce que c'était une question fondamentale. C'est il y a 15 jours que le RN a décidé de couper ? Non, non, je vous rappelle que lorsqu'il a été élu, je l'ai même dit, j'étais là le soir des élections présidentielles sur le plateau.
Quand il a été élu, le numéro 2 du parti est allé à la cérémonie d'un restiturant.
Lorsqu'il a été élu, oui, mais ça, on peut aller aux cérémonies, je vous ai dit que les États-Unis étaient un pays ami. Je vous ai dit, le jour, j'étais même sur le plateau, j'ai dit « Donald Trump défend les intérêts des Américains, ne nous faisons aucune illusion ».
Ce sont vos propos, effectivement, sur ce plateau. Donald Trump incarne un vent de liberté qui souffle sur toutes les démocraties occidentales. Ça, c'est Jordan Bardella, il y a moins d'un an. Mais c'est vrai aussi, parce que Donald Trump, ce qui est… On sent bien le vent sur les démocraties occidentales.
Ce qui plaît chez Donald Trump, pour ceux qui sont très clients, j'ai jamais été très client, mais je reconnais un truc, c'est que sa capacité de liberté, c'est sa capacité à dire « J'ai envie de faire, je vais faire ». C'est à faire bouger les lignes, alors que nous, on a une Europe et une France qui croulent sous la dette et sous l'immigration et qu'on est tétanisés par les normes. Regardez sur le Mercosur, ce qui est intéressant de voir en ce moment. On a obtenu des victoires sur le Mercosur. Je dis « nous » parce que sans les députés Rassemblement National, il n'y avait pas de victoire. – Mais il y avait les autres groupes aussi, oui. – Non, mais non, on est 25 députés RN.
S'il n'y avait pas eu les 25 voix, ça s'est joué à 10 voix. Ça ne passait pas. Mais ce que je veux dire, c'est qu'à la fin, dans cette Union européenne, c'est les juges qui font la loi, c'est les juges qui décident, etc. Donald Trump, lui, il avance, il fonce, il défend les armes américains.
– Mais vous avouez que cette phrase « Donald Trump incarne avant de liberté » qui est sur toutes les démocraties occidentales, elle a mal vieilli.
– Attendez, je vous en donne une qui a mal vieilli, c'est quand Emmanuel Macron disait il y a 15 jours sur le Venezuela, grosso modo, il ne condamnait pas Trump. – Non, on ne parle pas de Emmanuel Macron, on parle du RN. – Oui, d'accord, mais M. Fauvel, Emmanuel Macron, il est président de la République, il est la voix de la France. Donc si vous voulez, quand j'entends Gabriel Attal, quand je dis ce que disait Gabriel Attal il y a 15 jours, l'ancien Premier ministre de la France, et aujourd'hui, il doit quand même être très mal, Gabriel Attal.
– Il nous reste un peu plus de 3 minutes pour évoquer le procès en appel. – Ça passe vite en bonne compagnie.
– Ça passe toujours très vite, 3 minutes, le procès en appel de Marine Le Pen qui est entendu hier et aujourd'hui, avec certains témoignages qui mettent un peu à mal sa défense, je pense notamment à un cas, c'est le cas de Julien Audoul, qui à l'époque était assistant parlementaire d'une députée européenne de votre parti, donc payé par l'Europe à Strasbourg ou à Bruxelles, et qui à la même époque était, on l'a découvert pendant le procès, également sur l'organigramme du parti à Paris, ce qui veut bien dire que c'est l'Europe qui a payé, il était même conseiller spécial de Marine Le Pen. Ça veut dire que c'est l'Europe qui a payé ?
– Non, c'est-à-dire que vous pouvez avoir des fonctions dans un parti politique et avoir une fonction professionnelle ailleurs.
– Vous avez raison, mais dans le procès, on a aussi appris, c'est Julien Audoul qui le dit, à la barre, « je n'ai pas travaillé pour ma députée européenne, car elle ne me donnait pas de travail ». – Mais ça, c'est leur relation de travail.
– Et du coup, ils travaillaient où ? S'ils n'avaient pas de travail à Strasbourg ? – Il était en télétravail, d'après ce que j'ai compris. Mais moi, j'ai des collaborateurs, si je leur donne du travail, ils vont être très occupés, et je pense qu'ils sont très occupés. Si je leur donne pas de travail, je pense qu'ils vont réussir à s'occuper. – Alors, j'entends ce que vous dites,
ce soir, il était en télétravail. Parce que quand on est en télétravail, on communique par texto ou par coup de fil. L'enquête, ça a été dit à la barre du tribunal de Paris, a établi qu'en un an et demi, il a eu, avec l'eurodéputé pour qui il travaillait, 12 communications, dont la plus longue a duré 4 minutes et 17 secondes. 12 communications en un an et demi, en télétravail ?
– Ça, au-delà du fait que ni vous ni moi ne soyons capables de refaire le procès, ça, c'est la relation entre Julien O'Doul, ce député, et une parlementaire qui ne l'est plus aujourd'hui. C'est leur relation d'employeur à employer. – Mais pour qui, très clairement, la voyer une... – Non, mais quel rapport avec Marine Le Pen ? Marine Le Pen n'a pas organisé la relation de travail entre cette députée et ce collaborateur, vous le voyez bien. C'est là aussi où, sincèrement, il faut dire la chose.
En fait, Marine Le Pen, ce qu'elle dit, elle dit « j'ai entendu ce que le tribunal nous reproche, ce que le jugement de première instance nous reproche, mais il n'y a pas d'intention délibérée de moi, de moi Marine Le Pen, présidente du Rassemblement national, de contourner la loi, ou plutôt les règles du Parlement européen, règles qui ont évolué, en plus, en cours de mandat.
– C'est exactement ce que j'entends parfaitement.
– Donc il n'y a pas de volonté de délibérer de commettre un délit.
– Il y a un autre élément qui a été rendu public pendant le procès, on est en juin 2014, c'est Jean-Luc Chaffozer, qui est eurodéputé, qui s'inquiète de... Je vous laisse ça, mais... – Qui s'inquiète de la possible illégalité de ce dispositif, il se demande si ce n'est pas des emplois fictifs, il écrit au trésorier du parti, Valrand de Saint-Just, en disant « on va se faire allumer ». Réponse du trésorier du parti, de votre parti, je crois bien que Marine sait déjà tout cela. – Et donc elle ne le valide pas. – Ça veut dire qu'elle était au courant, que vous alliez, entre guillemets, vous faire allumer.
– Non, ça veut dire qu'elle ne le valide pas, il n'y a pas la réponse de Marine Le Pen, d'ailleurs Marine Le Pen dit elle-même qu'elle n'a jamais répondu, il n'y a jamais de trace d'une réponse de sa part à ce genre de textos, etc., de quelqu'un qui ensuite, sincèrement, nous a quittés, nous contestés, etc. – Nous on ne peut pas, ni vous ni moi, refaire le procès ici, – Vous avez raison et pour cela il n'y a la justice. – Ni le front, mais simplement, ce qui est sûr dans ce procès, ce qui est sûr, pas d'emploi fictif, tous ces gens ont travaillé, vous parliez de Géodule, il a travaillé, il a travaillé, – Question c'est savoir pour qui il va travailler, avec quel argent ?
– Voilà, il a travaillé, il n'y a pas d'emploi fictif, il n'y a pas d'enrichissement personnel, il n'y a pas eu un rond, un euro qui est passé dans la poche de Marine Le Pen, il n'y a pas d'enrichissement personnel. Marine Le Pen dit, vous me dites que tout ça n'est pas conforme aux règles du Parlement européen, règles qui ont évolué, je l'entends, je vous dis qu'il n'y a aucune volonté délibérée de ma part de contourner des règles du Parlement européen.
Donc on a cette différence d'appréciation avec le Parlement européen, avouez que pour une différence d'appréciation sur des collaborateurs, donc encore une fois Marine Le Pen n'était pas l'employeur, on n'avait pas de relation directe avec eux, la sanction elle est quand même un peu lourde.
Sébastien Chenu