Réfugiés afghans, trafic de drogue à Marseille, gendarme condamné pour violences conjugales... Le "8h30 franceinfo" de Gérald Darmanin
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Bonjour Gérald Darmanin. Bonjour. On va parler de Marseille avec vous, de la situation là-bas dans quelques instants. D'abord, l'Afghanistan, les services de renseignement ont placé ces derniers jours sous surveillance un afghan arrivé ces derniers jours en France. Il a reconnu qu'il était jusqu'à très récemment membre des talibans. Y a-t-il eu une faille et où se trouve cet homme aujourd'hui ?
Alors il n'y a pas eu de faille. Nous avons, vous le savez bien, plus de 1000 afghans, une centaine de français en quelques heures qui ont été pris de Kaboul, amenés à Abu Dhabi et d'Abu Dhabi à Paris et à Abu Dhabi. Tous ceux qui, dans la confusion, n'ont pas pu être criblés, comme on dit, par les services de sécurité, l'ont été à Abu Dhabi sur la base militaire française.
Parmi ces 1000 afghans, il y en a eu effectivement un qui était manifestement, je dis manifestement, en lien avec les talibans, mais qui a beaucoup aidé l'armée française, les français, vos collègues journalistes, plus d'une centaine aussi d'Afghans qui avaient des visages et qui ne pouvaient pas sortir dans l'ambassade de France.
Donc c'est peut-être un repenti ?
Écoutez, il nous a aidé à sortir des français, des journalistes, une centaine d'Afghans qui ont pu revenir sur le sol national parce qu'ils ont aidé les français. Nous le savions. Nous avons, parce que nous soupçonnons effectivement cette personne d'avoir ou d'avoir eu des liens avec sa famille, ses amis, peut-être avec le gouvernement afghan taliban, nous avons décidé de le mettre sous MICA. C'est une mesure de prévention administrative dès qu'il est arrivé sur le sol national. C'est-à-dire qu'il est aujourd'hui, lui et ses contacts, surveillé par la DGSI, géolocalisé. Il y a un certain nombre d'obligations qu'il doit tenir parce qu'il est surveillé humainement par les services...
Géolocalisé, c'est-à-dire il a un bracelet électronique ? Le service secret français. Écoutez, il y en a un de ces cinq qui a quitté, si j'ose dire, l'endroit qu'on lui avait demandé de rester. Il a été mis en garde à vue hier. Donc les services sont tout à fait, aujourd'hui, attentifs à ce sort de ces personnes.
Cela signifie que ces cinq personnes doivent désormais faire l'objet d'une surveillance resserrée, renforcée avec ce personnage qui a été en fuite cette nuit ?
Exactement. Il n'a pas été en fuite. Pendant quelques minutes, il est sorti de la zone que la DGSI lui avait demandé de garder. Donc il n'y a pas de problème particulier. Ils sont particulièrement surveillés.
Il y a un risque, aujourd'hui, Gérald Darmanin, d'infiltration de la part de certains Afghans qui seraient proches des talibans et qui se glisseraient parmi les réfugiés pour venir en France ?
Il faut toujours faire extrêmement attention, surtout quand la difficulté, vous savez bien ce qui s'est passé, pendant quelques heures, il a fallu, dans la confusion, amener des gens. Et c'est pour ça que nous avons souhaité que la plupart, la totalité des Afghans qui ont quitté Kaboul passent par la base militaire française d'Abu Dhabi pour faire ces criblages. Donc nous connaissons toutes les personnes qui sont arrivées sur notre sol, ramenées par l'armée française. Et donc aujourd'hui, sur les plus de mille Afghans, il y a une personne qui est surveillée par la DGSI. Nous le savons, nous le maîtrisons.
Et je veux d'ailleurs dire que, dans la confusion des esprits, parfois, de la vie politique française, ceux qui ont été au gouvernement et qui disent des énormités, puisque nous avons fait que notre travail de protection de nos concitoyens, nous savions qu'ils venaient sur notre sol, nous avons pris les mesures que par quelques-uns ont combattu, d'ailleurs, au Parlement, voilà, quelques jours. Et bien, je crois que ce n'est pas rendre service au très grand travail qu'a fait la police française ces derniers heures.
Mais vous ne craignez pas que cela donne raison à Marine Le Pen, la présidente du RN, qui affirme régulièrement qu'il y a des terroristes qui s'infiltrent à l'intérieur des flux de migrants ?
Mais là, il ne s'agit pas de flux de migrants. Il s'agit d'avoir rapatrié sur le sol national 600 d'abord, puis 1000 Afghans qui ont aidé la France. Des traducteurs, des juristes, des journalistes. C'est eux que nous avons ramenés. Il ne s'agit pas de flux de migrants. Il s'agit que la France protège ceux qui ont aidé les Français à pouvoir vivre dans ce pays, à pouvoir faire le travail de la diplomatie française, de protéger vos collègues journalistes, par exemple. Ils ont été parfois, pendant plusieurs jours, bloqués à l'ambassade de France, vous le savez bien. Ils ont été protégés par des policiers français et par des Afghans.
On devrait laisser ces Afghans-là, sur l'aéroport de Kaboul, se faire égorger par les talibans ?
Est-ce que vous dites, Gérald Darmanin, à tous les Afghans qui, aujourd'hui, patientent, parfois depuis plusieurs jours autour de cet aéroport de Kaboul et qui veulent venir en France ? Venez, vous y serez les bienvenus et vous serez protégés.
Écoutez, moi, mon travail en tant que ministre de l'Intérieur, c'est de faire ce qu'a décidé le président de la République, c'est-à-dire avec l'armée française, avec la diplomatie française, de pouvoir ramener sur le sol national des Français, des Français fonctionnaires, mais des Français journalistes, des Français des ONG, et qui puissent le faire. Il y a un Lillois qui va revenir dans quelques heures, retrouver sa famille, alors qu'ils ont fait leur travail même dans des conditions difficiles. Après, il y a les Afghans dont nous avons donné des visas.
C'est au ministère de l'Intérieur que nous avons donné, dans les toutes dernières minutes de la présence du gouvernement afghan, si j'ose dire légitime, des visas. Mais ça reste du cas par cas. Et ensuite, le travail du ministère de l'Intérieur, oui, ça reste du cas par cas. Et ensuite, le travail du ministère de l'Intérieur, c'est de regarder toutes ces personnes, de voir si elles ont eu un lien avec une entreprise que l'on pourrait qualifier de terroriste, que ce sont les talibans. On en a trouvé une. Cette personne et ceux qui sont en contact, que nous soupçonnons d'être en contact avec cette personne, aujourd'hui sont surveillées par la DGSI. Cela est maîtrisé par la police française.
Et regardez hier, pendant quelques minutes, une de ces personnes qui était soumiquée sous cette mesure administrative que j'ai décidée est sortie de son champ. Eh bien voilà, nous avons pu l'interpeller, le mettre en garde à vue et le surveiller physiquement.
La gauche s'est indignée des propos d'Emmanuel Macron lors de son allocution. Il y a huit jours, nous devons anticiper et nous protéger contre les flux migratoires irréguliers et importants, avait déclaré le chef de l'État. Et c'est-à-dire que tout le monde n'est pas le bienvenu.
Ce qui est évident, c'est que nous avons d'abord rabatrié des gens qui ont aidé la France. Ensuite, nous savons tous qu'il peut y avoir, et c'est peut-être aussi ce que fera le gouvernement taliban, une sorte de pression à nos frontières. Et quand je dis nos frontières, c'est nos frontières européennes. Vous savez, il y a 5 millions d'Afghans qui sont aujourd'hui en Iran. Il y a peut-être demain des millions d'Afghans qui peuvent être en Turquie. Pour plein de raisons géopolitiques, ces choses-là peuvent toucher l'Europe et singulièrement la France, puisque déjà les Afghans, avant l'arrivée des talibans, étaient la première nationalité de demande d'asile en France.
Donc nous savons bien qu'il peut y avoir une pression migratoire extrêmement forte. Et il s'agit en effet pour la France de pouvoir distinguer ceux qui ont le mérite d'avoir l'asile dans notre pays, parce qu'ils sont condamnés à mort par les talibans, parce qu'ils sont pourchassés en raison de l'orientation sexuelle, en raison de leur activité politique, de leur culture, des femmes que nous devons protéger, et de tous ceux qui viendraient sur le sol européen, mais comme toute autre nationalité, sans avoir le droit au droit d'asile. Et notre travail en tant que pays, c'est d'accepter ceux qui ont le droit d'asile, et de ne pas accepter ceux qui ne le méritent pas.
On va parler d'un autre dossier que vous avez à gérer en ce moment, Gérald Darmanin, dans quelques instants, c'est le pass sanitaire. On va voir comment il s'applique ces dernières semaines. Est-ce qu'il y a eu beaucoup de contraventions, dressées notamment par les forces de l'ordre ? D'abord, un coup d'œil au fil d'info à 8h40. Olivia Chandu. Si la Haute Autorité de Santé donne son feu vert, la campagne de rappel commencera dans une dizaine de jours. Les Français de plus de 65 ans pourront recevoir une troisième dose de vaccin contre le Covid-19, indique le ministre de la Santé, Olivier Véran. Les évacuations se poursuivent dans l'urgence à Kaboul.
Depuis la prise de pouvoir des talibans, il y a 10 jours, 48 000 personnes ont été exfiltrées d'Afghanistan. La France et le Royaume-Uni demandent que la date butoir fixée à mardi prochain soit repoussée pour procéder à plus d'évacuations. Emmanuel Macron se rendra à Marseille la semaine prochaine. C'est une information France Info. Le chef de l'État doit annoncer un plan pour la ville en proie de violents règlements de comptes. 12 personnes ont été tuées en deux mois. La Ligue de football professionnelle convoque l'Olympique de Marseille et Nice demain en commission de discipline après les incidents pendant le match de Ligue 1 avant-hier. Un homme de 28 ans est lui en garde à vue.
Il est soupçonné d'avoir frappé un des joueurs marseillais. France Info Le 8.30 France Info, Marc Fauvel, Jean-François Aquilin. Toujours avec le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin, cela fait deux semaines que le pass sanitaire a été mis en place dans les transports et dans les restaurants. Combien de PV les gendarmes et les policiers ont-ils dressé en France ?
Alors ce qu'il faut savoir, c'est que les policiers et les gendarmes, ils contrôlent ce qu'ils contrôlent. C'est bien ce que dit la loi. Ce n'est pas les policiers et les gendarmes qui contrôlent directement les gens qui sont dans le restaurant, mais ils contrôlent le restaurateur qui regarde les passes sanitaires. Donc nous avons eu un petit millier de verbalisations depuis le début. Je compte des discothèques avec, c'est-à-dire avant l'entrée définitive du pass sanitaire et généralisé, parce que nous avons d'abord choisi de pouvoir travailler dans la pédagogie. Donc pendant 15 jours, nous avons fait beaucoup de pédagogie, nous continuons à le faire.
Et puis pour les plus récassitrants, ceux qui manifestement font profession de ne pas respecter la loi de la République, pour qu'ils mettent en danger nos concitoyens, nous verbalisons.
Et là, ça va changer. Ce sera désormais tolérance zéro.
Moi, je suis, pour les policiers et pour les gendarmes, vis-à-vis des restaurateurs qui ont connu une période extrêmement difficile, vis-à-vis des bars, vis-à-vis de tout un tas de structures commerciales dont on voit bien que ce n'est pas forcément le métier, épinant par principe, de regarder les passes sanitaires. Je suis pour la pédagogie. Donc je suis pour que les policiers et les gendarmes puissent le faire de manière intelligente, se concentrer dans les lieux les plus touristiques, là où il y a le plus de contamination du Covid. Par exemple, dans mon département du Nord, en ce moment, il y a beaucoup de contamination avec le variant Delta et d'adapter la politique de contrôle.
Donc moi, je suis pour la pédagogie et le discernement. Et puis quand des gens, manifestement, ne souhaitent absolument pas contrôler le pass sanitaire et restent ouverts, malgré toutes les aides économiques qu'on a pu donner, effectivement, je suis pour la verbalisation.
Comment les policiers font-ils respecter le pass sanitaire pour ceux qui ne sont pas vaccinés, puisqu'ils n'ont pas le droit de rentrer dans les boîtes de nuit ou dans les restaurants ?
Mais le pass sanitaire, ce n'est pas simplement le vaccin. C'est aussi votre test PCR. Donc ils se font tester tous les deux jours ? Sinon, il n'y a pas de pass sanitaire.
Tous les policiers qui, aujourd'hui, vont au contact d'un commerçant pour vérifier, enfin d'un commerçant, d'un restaurateur, font un test tous les deux jours ou tous les trois jours. C'est comme ça que ça se passe.
Aujourd'hui, les policiers sont à plus de 70% de vaccination. Ça en laisse 30%. Ça veut dire d'abord que nous avons des policiers qui sont entre 10 et 15% de plus vaccinés que les autres. Et puis ils continuent à le faire. Deuxièmement, ils font souvent des tests sanitaires pour aller travailler. Puis troisièmement, tous les policiers ne sont pas en contact avec le public. J'ai entendu à parler avec les gendarmes. Vous savez que le statut militaire permettait à la ministre des armées... Obligation vaccinale pour les gendarmes à la mi-septembre. Parce que c'est un statut militaire. Mais pour les gendarmes qui sont en contact avec le public. Voilà.
Donc tous les policiers qui sont en contact avec le public. Aujourd'hui, il y a une très grande couverture vaccinale de ces policiers. Et j'ai dit que tout début septembre, je referai un point avec les syndicats pour savoir si nous proposerions la vaccination obligatoire. Jusqu'à présent, je constate...
Votre opinion sur ce point, sur la vaccination obligatoire des policiers ?
Moi, je suis pour la vaccination de toute la population. Non, mais obligatoire ou pas pour les policiers ? Le président de la République a évoqué de le faire par étapes. J'ai décidé de la vaccination obligatoire des pompiers tout au début de cette crise. Les gendarmes le font par le statut militaire. Il nous faut une loi pour l'obliger pour les policiers. J'ai dit aux syndicats de police que si nous n'obtenons pas un chiffre plus important, 90% par exemple, de taux vaccinal. Oui, je passerai par la vaccination obligatoire. Mais je joue pour l'instant le jeu de la discussion sociale. Et je constate qu'elle fonctionne. On est à plus de 70% de policiers vaccinés.
10 à 15 points de plus que la population française. Et l'objectif, donc, les 90%, c'est pour quand ? C'est pour la rentrée ? C'est pour l'automne ? Voilà, je pense que le mois de septembre est un bon mois de rendez-vous. Surtout que nous sommes en train d'organiser pour les policiers qui rentrent de vacances, les policiers qui rentrent de congés maladie, pour les policiers qui sont en difficulté, d'une part parfois géographique, d'avoir accès aux vaccins et à la deuxième dose de vaccins. Mais j'ai grande confiance dans les serviteurs de la République que sont les policiers.
La situation à Marseille, Gérald Darmanin. Vous avez sans doute entendu hier les propos de la procureure de la République après cette nouvelle série de fusillades. Deux, le week-end dernier encore à Marseille, elles ont fait trois morts. La semaine dernière, c'était un adolescent de 14 ans qui avait été tué. Hier, la procureure de la République a dit « Je n'ai pas les moyens, aujourd'hui, de faire mon travail, de faire respecter la loi. » Est-ce qu'elle dit vrai ?
Ce n'est pas moi qui gère les procureurs de la République. C'est le monsieur le garde des Sceaux. Et je crois qu'il en déplaçant à Marseille, d'ailleurs, aujourd'hui ou demain, il aura l'occasion sans doute de pouvoir répondre à cette question. En ce qui concerne le ministère de l'Intérieur. Le ministère de l'Intérieur a mis beaucoup de moyens.
Mais vous savez que des moyens à l'intérieur, des policiers supplémentaires, comme c'est le cas, si la justice ne suit pas derrière...
Je ne connais pas la situation du parquet de Marseille. Je ne fais pas de management à la place des autres collègues du gouvernement. Ce qui est certain, c'est que nous faisons un travail très important à Marseille. Et on le fait en lien avec la justice. 300 policiers de plus, 2 unités de CRS, des opérations antidrogues avec des saisies extrêmement importantes. C'est vrai qu'il y a des règlements de comptes qui se sont accélérés depuis le mois de juin. Mais il faut aussi expliquer en perspective ce que sont ces règlements de comptes. C'est d'une part ces règlements de comptes liés directement au travail de la police et de la justice qui a mis en prison des gros caïds.
Et vous savez bien que notamment la guerre de la drogue autour du cannabis, c'est une guerre de territoire. Et que certains essayent de remplacer le territoire des autres. A Marseille, parfois des points de deal, c'est 100 000 euros d'argent liquide par jour. Donc évidemment, le gâteau est très généreux. Et ce crime organisé, qui est très violent à Marseille comme ailleurs, essaie de reprendre ses parts. Et puis deuxièmement, c'est deux fois moins de règlements de comptes aujourd'hui qu'il y a 10 ans. Alors il est vrai que chaque règlement de compte est un drame. Notamment quand un gamin de 14 ans meurt, évidemment, au pied d'un immeuble où il y a un point de deal.
C'est une évidence absolue. Il faut sans doute davantage encore de moyens. Mais je peux assurer qu'au ministère de l'Intérieur, moi je vais à Marseille tous les deux mois, les moyens sont là. Et je crois que tout le monde le reconnaît pour pouvoir lutter contre cette merde qu'est la drogue.
Gérald Darmanin, quand Benoît Payan, le maire de Marseille, c'était au micro de Marc Fauvel hier, réclame la création d'un parquet spécial pour lutter contre le trafic de drogue, est-ce à dire que vous aurez beau ajouter 300 policiers supplémentaires, si la justice ne suit pas, ça ne sert à rien ?
D'abord la justice, je crois, suit. Les condamnations sont extrêmement fortes au parquet de Marseille et dans le ressort de Marseille. Encore une fois, je serai le garde des Sceaux à évoquer s'il ne faut pas un parquet spécialisé. Il y a des avantages et des inconvénients. Parce qu'en plus la drogue, elle est en lien avec d'autres sujets d'affaires, vous le savez bien. La drogue, ce n'est pas que la criminalité organisée comme on l'entend dans la grande criminalité. C'est aussi des cambriolages, c'est aussi des agressions physiques, c'est aussi du vol de véhicules, c'est aussi de l'argent qui part à l'étranger, c'est aussi du trafic de tabac, c'est aussi du trafic d'êtres humains.
Donc je laisserai le garde des Sceaux à évoquer ce que je connais le moins, c'est-à-dire la façon dont le parquet doit fonctionner. En revanche, j'ai dit au maire de Marseille que son idée est intéressante. Moi, je lui dis aussi de mettre des caméras de vidéoprotection dans sa ville. Marseille est une des villes où il y a moins de caméras de vidéoprotection. Des caméras ? Mais dans les quartiers nord de Marseille, où je vais tous les deux mois, en tant que ministre d'Intérieur, depuis que je suis ministre d'Intérieur, il n'y a quasiment pas, pas de caméras dans les quartiers nord de Marseille.
Il y en a plus à Tourcoing qu'à Marseille quasiment, des caméras dans ces quartiers nord-là, alors qu'il y a 300 000 habitants qui y vivent. Donc l'idée du parquet spécialisé est une bonne idée peut-être pour M. le maire de Marseille. Je lui dis à M. le maire de Marseille, dont c'est la compétence, qu'il doit mettre des caméras de protection dans sa ville. Et je lui dis que nous sommes prêts à financer une très grande partie de ces caméras qui, pourtant, sont de sa compétence.
Qu'est-ce que vous dites, Gérald Darmanin, aux consommateurs, et notamment aux fumeurs de cannabis ? Ils sont environ 5 millions de fumeurs réguliers aujourd'hui en France. Ça n'en sert à rien.
Comme par définition, c'est illégal, j'espère qu'on ne tient pas de comptage particulier.
Officiel. On dit souvent, sur les chiffres à peu près établis qui font consensus, 1 million de fumeurs quotidiens, 5 millions de fumeurs réguliers. Vous leur dites quoi ? Vous êtes complice de ce qui se passe ? Oui, je leur dis que la consommation... Fumer un joint, c'est être complice de ce qui se passe à Marseille.
Mais évidemment, pas qu'à Marseille, partout d'ailleurs. Vous savez ce que c'est un trafic de drogue ? D'abord, c'est de la drogue qui vient très souvent de l'étranger, dans des conditions où des enfants sont parfois exploités, où il y a de la traite d'êtres humains. Puis ensuite, c'est évidemment l'exploitation de personnes. Dans des bars HLM, par exemple, c'est la terreur que l'on impose à une brave famille qui n'a peut-être pas les moyens de payer son loyer ou en tout cas sa protection. Et qui se fait par ce qu'on appelle nourrice. C'est là où on met la drogue en attendant pour pas que les policiers arrivent et les attrapent tout de suite en grande quantité.
On met cette famille en couple réglé. Puis quand ils ne payent pas ou quand ils ne veulent pas cacher la drogue ou quand ils parlent à la police, on tabasse le fils ou on violente le mari. C'est aussi des règlements de comptes avec des gamins de 14 ans qui meurent. C'est effectivement de l'argent sale qui va ensuite, parfois financer, nous le savons par les services de renseignement, le terrorisme.
La meilleure façon de régler tout ça, ce ne serait pas comme le propose l'un des adjoints du maire de Marseille, de l'égaliser. Mais vous voyez qu'il y a le défaite moral. Les filières, l'argent sale, les règlements de comptes. C'est Sébastien Barre, l'adjoint écologiste de Marseille.
Vous voyez d'abord la grande cohérence à Marseille. Le maire qui veut un parquet spécialisé, un de ses adjoints qui veut l'égaliser. Vous voyez pas l'insulte que ça peut être et la défaite morale que ça peut être qui est la légalisation de la drogue. D'abord, est-ce que vous pensez que quand des caïds, des voyous, vivent avec 100 000 euros d'argent liquide par jour, ils vont monter une petite échoppe, déclarer aux ursafs et aux impôts, payer des cotisations comme ça pour vendre le cannabis au coin de la rue, sur le vieux port de Marseille. C'est pas comme ça que ça se passe. D'abord, là où il y a du cannabis, il y a aussi de la cocaïne. On le sait tous. Vous n'avez pas légalisé la cocaïne.
Ensuite, on sait tous que les cannabis, c'est 500 morts sur la route par an. C'est des enfants qui sont totalement déscolarisés. C'est des gens qui rentrent dans la dépression. C'est un niveau de THC qui n'a rien à voir avec le joint de papa ou de maman il y a 30 ou il y a 40 ans. C'est un poison. Et nous devons lutter très fortement contre ce poison qui touche beaucoup de familles françaises. Et moi, je veux dire à la dame qui élève sans doute ces trois enfants tout seuls dans une barre HLM de Tourcoing ou de Roubaix ou de Marseille, qu'on ne va pas la laisser tomber.
Et qu'elle qui tous les matins dit à ses enfants « Tu dois bien travailler à l'école et tu ne dois pas tomber dans la drogue », je ne vais pas la décourager par des discours moraux parce que c'est très difficile de faire de la politique et de lutter contre la drogue. Mais ce n'est pas parce que c'est difficile qu'il ne faut pas le faire.
Le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, est l'invité de France Info. Le fil Info, 8h51 avec Olivia Chandiou. L'un des Afghans sous surveillance en France a été placé en garde à vue. C'est ce que confirme sur France Info le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin. En tout, ils sont cinq Afghans surveillés par les services de renseignement français. L'un d'eux a admis à appartenir au mouvement taliban. Une troisième dose de vaccin contre le Covid pour les plus de 65 ans. C'est ce qu'annonce le ministre de la Santé, Olivier Véran. Il précise que cette campagne de rappel doit commencer dans une dizaine de jours sous réserve du feu vert de la Haute Autorité de Santé.
Et aux Etats-Unis, le vaccin Pfizer reçoit une autorisation complète. Il bénéficiait depuis décembre d'une autorisation d'urgence. Et puis, c'est le début aujourd'hui des Jeux paralympiques de Tokyo. La cérémonie d'ouverture se tient à huit clous en raison de la situation sanitaire au Japon. La délégation tricolore compte 138 athlètes. Leur objectif, ramener 35 médailles, soit 7 de plus qu'à Rio. Les premières épreuves la nuit prochaine, notamment Japon-France en rugby fauteuil. France Info Le 8.30 France Info, Marc Fauvel, Jean-François Akili.
Gérald Darmanin, quelles sanctions après ces violences survenues lors du match Nice-OM dimanche en Ligue 1 ? Les patrons de clubs seront entendus par la commission de discipline de la Ligue. Comment finir avec cette violence dans les stades ? Jusqu'à présent, on ne peut pas dire... C'est le préfet qui autorise la reprise du match.
Oui, enfin le préfet. D'abord, j'étais arbitre de football. Et dans ma tendre jeunesse, j'étais arbitre de fédération. Et c'est toujours l'arbitre qui décide si on reprend ou on reprend pas un match.
Sauf dans le cas où apparemment, c'est ce qui s'est passé, le préfet dit attention si on renvoie tous les supporters ou les pseudos à la maison, il y a risque que ce soit pire.
C'est très difficile d'être arbitre de football. Et ce qui est certain, c'est qu'il y a beaucoup d'éléments. Et dans un match de Ligue 1, notamment lorsque nous avons des tensions extrêmement violentes et franchement inacceptables, chacun l'a dit, et je ne vais pas faire du café du commerce devant ce match, moi qui aime le football comme beaucoup de Français, l'arbitre y prend sa décision en fonction des difficultés qu'il a autour de lui. Ce qui est certain, c'est qu'après une année Covid où il n'y avait pas de personnes dans les stades, la violence dans les stades avait plutôt diminué. Et ce que nous avons vu est absolument inacceptable.
Et c'est pour ça que j'espère que la Ligue de football prendra des décisions extrêmement fortes et que nous prendrons un certain nombre de décisions qui concerneront sans doute le club de Nice, ce qu'a déjà pris le préfet d'ailleurs, et je l'en remercie. Et puis nous verrons si cette violence a tendance à revenir dans ces stades alors que nous avons fait énormément d'interdictions de stades, énormément de caméras de vidéoprotection, énormément d'actions d'éloignement de supporters violents. Et bien si nous devons continuer à mettre plus de policiers et de gendarmes pour permettre au préfet justement de tenir la paix publique, nous le ferons.
Le journal Mediapart, Gérald Darmanin, a révélé il y a quelques jours que le nouveau commandant de gendarmerie de Nouvelle-Calédonie avait été condamné en 2018, en première instance, puis en appel avec une peine allégée pour des violences conjugales. Suite à la révélation de cette information par Mediapart, le colonel a dit qu'il se mettait en retrait, il a demandé à être relevé de ses fonctions. Est-ce que vous étiez au courant de cette condamnation en première instance et en appel au moment de sa nomination ?
La nomination est faite par le directeur général de la gendarmerie. Mais ma vérité, c'est qu'effectivement, le directeur général de la gendarmerie, puisque j'ai fait une sortie médiatique, en demandant à tous les policiers et gendarmes qui avaient été condamnés à de la prison ferme ou de la prison avec sursis pour violences conjugales, de ne pas prendre de poste de responsabilité et de quitter la police nationale de la gendarmerie. Donc j'ai eu l'information que le colonel Seguer était concerné. Je n'y ai pas lu dans le dossier ce qu'a sorti le journal, je mets des guillemets, Mediapart. D'abord parce qu'il n'a pas été condamné à la prison ferme ni avec sursis.
En première instance, il n'est pas en appel. Non, c'est faux ce qu'est écrit à Mediapart. La justice n'a pas condamné de façon en prison avec ferme ou avec sursis le colonel Seguer, de façon définitive. Je reprends les mots. Moi, je ne suis pas pour les chasses aux sorcières et je déteste les chasses à l'homme ou à la femme. Et deuxièmement, son épouse, son ex-épouse, a également été condamnée, ce que n'a pas, je crois, souligné le journal Mediapart.
J'ai cependant demandé au directeur général de la gendarmerie d'avoir cette discussion avec le colonel Seguer pour savoir s'il se sentait resté en poste et considérant moi-même qu'il ne devait sans doute pas rester en poste vu la cabale en qu'il faisait l'objet et vu l'exigence que je demande au chef qui dirige. Et il a souhaité lui-même démissionner. Je salue son geste. Je mets des guillemets dans la salutation de son geste. Un nouveau général va être annoncé en Nouvelle-Calédonie dans quelques semaines.
Et je veux redire, et je l'ai redit au directeur général de la gendarmerie comme au directeur général de la police nationale, que nous ne pouvons pas mettre dans des postes de responsabilité, ni derrière des postes de plainte des commissariats ou des gendarmeries, des gens qui ont été condamnés de façon définitive à la prison avec sursis pour violences conjugales. Je comprends précisément les mots parce qu'ils sont importants dans ce qu'il a dit Mediapart, Germain Manin.
Six mois de prison avec sursis en première instance, c'est un jugement de février 2020. Jugement qui a été modifié en appel. Six mille euros d'amende, il n'y a plus de prison avec sursis. Oui, je précise, c'est ce qu'a écrit Mediapart.
Non mais ce que je veux vous dire, et je le redis, c'est que la chasse à l'homme ou la chasse à la femme médiatique ne fait pas un tribunal. Et c'est le tribunal qu'a jugé M. Steger et son épouse, son ex-épouse. Donc moi je ne suis pas procureur au petit pied. Cette personne, de façon définitive, n'a pas été condamnée avec la prison avec sursis. J'ai cependant considéré que, vu ce que disaient les élus, vu ce que disait le directeur général de la gendarmerie, et vu ce que disait lui-même cet officier, qu'il valait mieux qu'il quitte ses fonctions. Mais je ne veux pas hurler avec les loups. Je pense que ce n'est pas ce que doit faire, à mon avis, un ministre de la République.
Une question, Gérald Darmanin, sur Xavier Bertrand. Il l'a dit au JDD qu'il veut interdire le salafisme en France et dissoudre toutes les organisations islamiques qui propagent des idéologies contraires à nos valeurs. Vous le suivez là-dessus ?
En fait, Xavier Bertrand comme Valérie Pécresse disent des choses que l'on ferait déjà. Et d'ailleurs, je suis très étonné parce que la loi séparatiste que nous avons portée, qui nous permet justement de pouvoir mettre fin à des mosquées radicales, séparatistes, nous les fermons d'ailleurs, et nous les enfermons souvent, je me suis souvent attaqué par les salafistes de ce point de vue, n'a pas été totalement soutenue par les LR qui soutiennent M. Bertrand et Mme Pécresse. D'ailleurs, le groupe LR au Sénat a même porté devant le Conseil constitutionnel la censure du texte qui nous permettait de faire ce que demande M. Bertrand à Mme Pécresse.
Nous le faisons déjà, c'est ça, ce que vous dites à Xavier Bertrand qui est votre ami, hein, Xavier Bertrand.
J'ai des amis, mais ça n'empêche que, politiquement, je considère que c'est un peu coq de Chanteclerc, là, on a l'impression de dire ce qu'on l'a fait déjà. Et puis, deuxième, je veux revenir à la cohérence politique. Monsieur Aki, la cohérence politique. Comment on peut, quand on est connu dans la présidentielle, demander de la fermeté à un gouvernement, des mesures à un gouvernement, et avoir des groupes parlementaires qui votent contre et qui portent au Conseil constitutionnel la censure du texte qui nous permet de faire ce qu'il nous demande. Vous lui avez dit à Xavier Bertrand ? Non, mais je ne lui ai pas dit, mais je sais très bien qu'il l'a vu. J'imagine qu'il l'a vu.
Il doit sans doute être en grande difficulté avec les Républicains puisque je comprends qu'il n'y a pas de primaire souhaitée par lui. Mais Mme Pécresse, comme M. Bertrand, ferait mieux de ne pas convaincre le gouvernement, mais de convaincre les LR, de convaincre M. Retailleau qui a mené une guerre assez forte au Sénat contre la loi séparatisme, de convaincre un certain nombre de parlementaires LR qui ont été au Conseil constitutionnel pour nous empêcher de dissoudre des mosquées salafistes. Donc un peu de cohérence ne nuit pas sans doute à l'activité politique.
Si un jour vous devez choisir votre ami Xavier Bertrand et le président Emmanuel Macron, vous choisirez quel camp, quel homme ?
J'ai dit d'abord, j'espère qu'Emmanuel Macron a de l'affection et je peux le considérer comme une relation amicale que je peux avoir avec lui. J'ai dit que je ferais campagne pour Emmanuel Macron et que je voterais pour Emmanuel Macron à l'élection présidentielle. Et je redis une nouvelle fois qu'il n'y a pas énormément de choses qui séparent Xavier Bertrand, me semble-t-il, d'Emmanuel Macron. C'est le mot qu'on puisse dire. Et moi je souhaite que Xavier Bertrand soutienne Emmanuel Macron. Le chômage baisse. Il a été un grand président, le meilleur des présidents, je crois, des pays européens dans le cas du Covid. Il donne les moyens à la sécurité des Français.
Il permet à la France d'avoir une place, retrouver une place dans le monde. Franchement, je ne vois pas ce qui nous sépare quand on est à droite d'Emmanuel Macron. Moi j'appelle chacune et chacun à se dire président de la République. Dans un grand geste gaullien.
Merci et bonne journée à vous Gérald Darmanin.
Gérald Darmanin